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Dossier sur le virus de la grippe

Publié : 08/08/2015 - 10:39
par Laurent de Lyon
Qu'est-ce qu'un virus ?

Il n'est pas évident que tous les lecteurs de cette page le sachent. C'est un être étrange, assez incompréhensible, dont on ne sait s'il a préexisté vis à vis des cellules, ou s'il représente une forme dégénérée de celles-ci. Ces virus peuvent prendre des formes diverses et variées. Leur comportement consiste à se fixer sur une cellule-cible, à l'aide de molécules appelées neuraminidases, puis une autre biostructure qui porte encore un nom compliqué, l'hémagglutinine, permet au bagage génétique, à la molécule d'ARN dont les virus est porteur, à l'intérieur de sa " capsule virale" de franchir la barrière constituée par la membre ne de la cellule.

Il existe un virus, prénommé T4, auquel toutes ces fonctions moléculaire confèrent une structure extrêmement parlante. Tout ceci a été photographié de longue date, et si un lecteur me retrouve ces clichés, je pourrai les enserrer dans cette page. Je reproduis de mémoire ces images (il ne s'agit évidemment pas de virus de grippes). Ce virus contient une molécule d'ARN dans une boite de forme polyèdrique. Ses molécules d'hémagglutinine ressemblent aux pattes d'un LEM. Elles lui permettent de se fixer solidement sur la membrane d'une cellule-cible. Puis sa molécule de neuramidase se comporte comme une seringue. Le but est d'injecter la molécule d'ARN à l'intérieur de la cellule que le virus va infecter. Dans ce cas précis, les choses se passent comme sur les figures A, B et C.



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Le virus reconnaît sa cellule-cible, s'y fixe et y injecte l'ARN contenu dans sa capsule



20 septembre 2009 : Voilà ce que mes lecteurs ont pu trouver sur le net. Il s'agit d'un virus bactériophage T4 ( "mangeur " de bactéries ). On a pu bien le photographier car pour un virus il est relativement grand.



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Virus T4



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Le même en photo

Une fois que la molécule d'ARN a été injectée, le reste du virus, enveloppe, pattes, seringue, ayant rempli son rôle, ne tarde pas à se désagréger.



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L'enveloppe virale se désagrège, une fois l'infection opérée. L'ARN virale se branche sur le ribosome-atelier de montage



La seconde phase commence alors. Dans les cellules se trouve des grosses molécules,qu'on appelle des ribosomes, qui peuvent compter jusqu'à 300.000 atomes, et qui sont des ateliers de montages de protéines (d'assemblages moléculaires), prêts à fonctionner à tout moment. Ces ateliers obéissent ordinairement aux ordres donnés par la cellule elle-même, correspondant à sa fonction. Mais après l'infection virale ces ribosomes vont se trouver placés sous le contrôle de l'ARN viral injecté. C'est lui qui va alors donner les ordres de montage. Complètement détourné de ses fonctions habituelles, le ribosome va se transformer en ... atelier de montage de virus.



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L'ARN viral a pris le contrôle absolu du ribosome, qui se met à fabriquer des clones du virus



Ce scénario est évidemment très schématique, mais dans le cas de ce virus " LEM ", alias " bactériophage T4 ", l'image G correspondait au schéma final. Dans ce cas, la cellule, transformée en incubateur, éclatait en libérant les clones du virus qui l'avait contaminée.



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Le ribosome, sous contrôle de l'ARN virale, fabrique des clones du virus, jusqu'à ce que la cellule éclate



La présence des virus dans les cellules est la cause de désordres et de dysfonctionnements divers. C'est pour cela qu'on est malade. Le corps (humain) réagit comme il peut contre cette attaque. Un des moyens de défense est la fièvre, qui permet de tuer les virus, souvent thermiquement fragiles.

Une petite remarque en passant, sur une image que j'utiliserai dans une bande dessinée sur la biologie, sous forme d'ébauche dans mes cartons depuis pas mal d'années. Les ribosomes fabriquent des protéines, qui sont des structures grosso modo linéaires ( des chaînes dont les maillons dont des molécules simples, des acides aminés . Il en existe 22 dans le monde animal, dont ils constituent les " briques ".

Comment un ribosome peut-il se débrouiller pour ques structures linéaires, filamenteuses, se muent en structures 3d parfois très complexes ?

Je vous propose une petite expérience, au terme de laquelle vous aurez fabriqué une protéine. Etant gamin, je fabriquais des modèles réduits d'avions, en utilisant du balsa, de la corde à piano et du papier japon. On taillait les hélices dans des blocs de balsa, dont on polissait les pales avec du papier de verre. Les ailes comportaient un longeron et des nervures. Elles étaient entoilées avec du papier-japon. De nos jour les modélistes appelleraient des appareil des in-doors, (évoluant "à l'intérieur des portes"), des modèles réduits d'avions trop fragiles pour évoluer à l'extérieur des bâtiments. La motorisation était assurée par un bracelet d'élastique à deux brins, attaché à l'arrière par un crochet, figure H.



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Indoor JPP 1950



Je ne peux m'empêcher de me souvenir de mon enfance, au 5 de la rue Jean-Baptiste Dumas, au rez de chaussée, dans le dix-septième arrondissement de Paris. Ma chambre donnait sur une cour triste, ceinturées de hauts murs. Un grille la partageait en deux demi-cours, l'une se référant au numéro 5 et l'autre au numéro 7. Cela doit être toujours ainsi, je suppose. Quand j'avais une douzaine d'années je m'amusais à bombarder la concierge du 7 avec un appareil de ma fabrication, que je lançais depuis la fenêtre de ma chambre et qui était configuré pour revenir dans mes mains, une fois sa mission accomplie.



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Le bombardement de la concierge du 7 rue Jean-Baptiste Dumas, Paris 17°



La temporisation était assurée en glissant une mince baguette de balsa dans l'écheveau, avant torsion de l'élastique. Au cours du vol, alors que l'hélice effectuait une centaine de tours, la baguette n'en faisait qu'un quart, et ce faisant, le tirant sur un fil, actionnant le largage de la bombe sur la concierge. Une mini-bombe, de quelques grammes, symbolique. Ce qui n'empêchait pas la dite concierge d'essayer furieusement de descendre mon appareil avec son balai.



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Système de largage temporisé de la bombe ( 2 grammes )



[...]

Quand on remontait l'élastique un peu trop, il se rompait, et se tassait alors, en une fraction de seconde, sur son crochet d'amarrage.



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L'élastique, en se rompant, se boudine au niveau du crocher d'amarrage



La voilà, notre protéine, notre structure 3d, issue d'une structure linéaire, 1d. L'élastique se pelotonne à cause des forces qu'il subit. De même la protéine formée n'est pas un objet neutre, passif. Ses éléments subissent des forces attractives ou répulsives, de nature électromagnétique, qui la font se pelotonner sur elle-même. De nouvelles liaisons se forment et on pourrait dire qu'au résultat on ne trouve plus guère le souvenir de la structure linéaire qui a donné lieu à cet entrelacs tridimensionnel, aux multiples fonctions, aux multiples " sites actifs ".



Les virus de la grippe

Ils n'ont pas la forme de ce virus de tout à l'heure, mais ils conservent ces molécules, présentes à l'extérieur, les hémaglutinines et les neuraminidases, les premières assurant la fixation du virus sur sa cellule-cible et les secondes permettant d'opérer une rupture de la membrane cellulaire, et l'injection par cette brèche de l'agent infectieux, l'ARN, porteur du code de réplication.

Un virus est constitué, schématiquement, par quatre éléments.

- Une capsule, qui contient la molécule d'ARN à injecter, pour infecter une cellule-cible

- La molécule d'ARN contenue dans la dite capsule

- Sur la paroi extérieure de cette capsule, deux types de molécules avec des noms compliqués, les molécules d'hémaglutinine, désignés simplement par la lettre H, que le virus utilise pour se coller à la cellule-cible et les molécules neuraminidase, désignées par la lettre N

L'ARN des virus grippaux est divisé en huit segments distincts, dont chacun contient les ordres de montage pour une ou deux protéines (dix en tout).

Les virus grippaux sont répartis en trois types : A , B , C.

A ce stade intervient, entre différents types de virus, un mécanisme de recombinaison génétique. Deux virus peuvent interagir en échangeant des segments d'ARN. De cette échange émerge un virus différent, nouveau.

On a classé les virus grippaux en trois types, A , B et C , parce que des virus de types différents s'ignorent, n'interagissent pas, n'échangent pas de segments d'ARN. On ne s'intéressera pas au type B et C, parce que seuls les virus de type A

- Sont responsables de la majorité des cas de grippe humaine annuelle dans le monde

- Sont plus virulents que les autres types B et C

- Se retrouve chez les animaux.



On peut trouver étrange qu'un bout d'ARN parvienne à coder la reconstruction du virus entier, en pilotant l'atelier de montage ribosome. Mais le monde du vivant est bourré de mécanismes d'auto-assemblage. Les biomolécules produites ne sont pas des objets passifs, qui attendent " qu'un Grand Architecte " veuille bien les saisir et les assembler comme des pièces de mécano. Elles sont pleines de crochets d'amarrage, spécifiques, qui font que certains protéines s'assemblent toutes seules.

Vous voulez un exemple parlant de ce mécanisme d'auto-assemblage, que j'ai déjà mentionné maintes fois. Allez acheter chez un marchand de bois des baguettes d'un centimètre de diamètre. Coupez des cylindres de 5 cm de long. Puis procurer-vous ces éléments que l'on peut visser, qui se terminent soir par un crochet, soit par un anneau; qu'on utilise pour fixer les rideaux sur les fenêtres. Mettez-en une vingtaine dans un sac et secouez. La probabilité pour qu'en vidant ce sac ils soient tous disjoints est ... nulle. Vous le constaterez. Il y aura des assemblages à deux ou trois éléments.



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Avec un système plus sophistiqué, constitué par exemple par des balles de polystyrène, à l'intérieur desquelles ont logerait un aimant, on convergerait vers des structures beaucoup plus organisées et contraintes : des tiges droites ou des anneaux :



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Dans les monde des biomolécules, ou même de la chimie minérale ( non-organique ) de tels auto-assemblages sont monnaie courante. Les molécules d'huiles, de graisses, on une partie hydrophyle et une partie hydrofuge. Elles se constitueront donc en gouttelettes. Et comme l'huile est plus légère que l'eau, vous verrez ces goutellettes surnager, en " 2d " à la surface d'une poêle :



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Puisqu'on en est à fournir quelques explications en chimie, comment fonctionne votre " produit vaisselle " ? C'est très simple, on utilise une molécule de détergent. Elle aussi a deux " bouts "; un côté présente une affinité pour les molécules d'huile ou de graisse et l'autre pour l'eau. Et le tour est joué.



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Revenons à notre virus de la grippe. La capsule membranaire se constitue par auto-assemblage de deux couches de protéines, par affinités chimiques réciproques. On peut le schématiser le virus une fois constitué comme ci-dessus, avec sa " capsule membranaire ", son ARN logé à l'intérieur et ses deux ensembles de molécules H (hémaglutinine) et N (neuraminidase), les premières permettant se se coller sur la cellule-cible et les seconde d'opérer injection de l'ARN.



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A droite, ce qu'on voit sous à l'aide d'un microscope de forte puissance (vous savez que les virus sont de très petits objets)



Pourquoi est-ce que les antibiotiques sont dans effets sur les virus ?

Question : comment fonctionne un antibiotique ? Commençons par voir à quoi ressemble une bactérie. Il en est de formes très variés, y compris sous forme de bâtonnets ( d'où leur nom ). Des flagelles peuvent leur donner une grande mobilité.



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Bactéries



On a vu que les virus se reproduisaient de manière fort originale : en demandant à un hôte infecté par leur ARN de faire tout le boulot. Les bactéries se reproduisent par mitose : elles se dupliquent :



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Reproduction - duplication d'une bactérie par mitose



Pour que la bactérie puisse ainsi se dupliquer il lui faut disposer de matériel biologique, qui permettent à son cytoplasme, à son enveloppe, de s'épaissir et de se distendre. Les antibiotiques, découverts par hasard, se fixe sur l'extérieur de la bactérie et empêchent sa membrane de se distendre. Aussi, en cherchant à se dupliquer, la bactérie éclate. Aucune efficacité, donc, d'un antibiotique sur un virus, qui se reproduit différemment.



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Action de molécules d'antibiotique sur une bactérie. Comment il la détruit



Comme les virus ne se multiplient pas par mitose, l'antibiotique est sans effet sur eux. A propos, une donnée dont j'ignorais l'existence. Nous vivons avec des commensaux, des bactéries qui vivent en symbiose, dans notre corps. Nous connaissons tous ces bactéries constituant la flore intestinale, sans lesquelles nous ne pourrions pas digérer. Des bactéries qui sont ... tuées par des antibiotiques que nous assimilons par voie buccale. Eh bien, figurez vous que quand on fait la somme de toute les bactéries qui vivent à l'intérieur de notre corps et à sa surface on dépasse numériquement le nombre des cellules du corps humain !

[...]



La grippe " saisonnière "

La grippe est une affection aiguë . Par opposition à chronique .

Aigüe ne signifie pas dangereuse, mais se réfère à une affection de courte durée, qui passe " par un épisode aigu ", qui ne dure que quelques jours. Alors qu'un affection chronique est permanente.

Pourquoi saisonnière ? Parce que la grippe sévit surtout à la saison froide, sans qu'on sache trop bien pourquoi. Plus exactement, le virus de la grippe serait plus actif dans une atmosphère sèche. Or on sait que plus la température de l'air est basse et plus la quantité d'eau de cet air est capable d'absorber est faible ( son degré d'hygrométrie ). Selon cette idée on n'attraperait pas la grippe à la suite " d'un coup de froid" , mais "d'un coup de sec". Une des explication est que la saison automnale et hivernale diminue la réponse immunitaire de l'ensemble de l'appareil respiratoire ( nez, gorge, trachée, poumons ).

La grippe n'est donc pas une affection majoritaire dans des pays chauds et humides ( qui ont alors toute une panoplie de maladie pour remplacer celle-là ), ce qui ne veut pas dire qu'elle en soit absente.

Dès l'automne, dans nos payés tempérés, la grippe saisonnière sévit. Celle-ci tue de 250.000 à 500.000 personnes chaque année ( mais, simple remarque, dont tout le monde se fout éperdument, la turberculose, affection bactérienne, tue deux millions et demi de personnes chaque année, principalement dans les pays pauvres ).

Ainsi la grippe saisonnière tue un demi million d'être humains chaque année dans le monde

Un exemple : aux Etats-Unis, pays peuplé par 300 millions d'habitants, la grippe saisonnière tue de 17.000 à 52.000 personnes chaque année, avec une moyenne de 32.000 décès annuels. Il y a en moyenne 200.000 hospitalisation pour cause de grippe. Une personne hospitalisée sur six décède, une personne affectée par la grippe sur mille décède.

Toutes les manifestations de la grippe sont pandémiques.

Pandémique signifiant " affectant une importante frange de la population et une zone géographique étendue. Cela découle du simple transport des agents infectieux par les transports aériens. La vitesse de propagation de l'affection n'apporte aucune information sur sa gravité.

En France le taux d'attaque de la simple grippe saisonnière et de 2,5 millions d'individus sur 63 millions d'habitants,

ce qui correspond à un taux de 4 % des individus.

Sur ces quatre pour cent, le taux de létalité est en moyenne de un pour mille. Ce qui signifie que :

La grippe saisonnière " normale " tue 2000 à 3000 français chaque année

Cette mortalité n'est qu'une moyenne, ces chiffres pouvant varier d'une année à l'autre d'un facteur 1 à 4.

Les jeunes enfants sont plus souvent hospitalisés que les adultes jeunes ( entre 5 et 49 ans ) mais le taux de létalité , le pourcentage de décès est 25 fois plus élevé chez les personnes âgées que chez les jeunes enfants. Ce sont donc eux qui payent le plus lourd tribut à la grippe saisonnière.

Ceci étant ( le pdf, page 2 )

- La grippe peut être inapparente, c'est à dire être si légère qu'elle passe inaperçue

- Beaucoup de cas ne sont pas signalés aux autorités et ne font pas l'objet de consultations chez des médecins ou en milieu hospitalier

- Pour les cas allégués, on ne peut pas faire d'examens permettant de s'assurer qu'il s'agit bien de la grippe, car cela serait à la fois complexe et coûteux.

- Plusieurs virus peuvent provoquer un syndrome grippal, c'est à dire déclencher des symptômes comparables à ceux de la grippe.

- Les formes les plus sévères se manifestent par leurs complications, entraînant des difficultés respiratoires, des pneumopathies ( affections des voies respiratoires ). Il est alors difficile de faire la distinction entre les pneumopathies primaires et celles qui seraient liées à la grippe, car au delà de quelques jours je virus grippal ne peut plus être détecté.

- Les difficultés resporatoires peuvent être si intenses qu'elles peuvent justifier une mise sous tente à oxygène, voire une intubation.

[...]
Le contexte saisonnier



Les pays à climat dit tempéré, sont des pays où celui-ci est fortement influencé par l'impact saisonnier. Voici, sur cette carte, les zones climatiques de la planète :



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Au moment où nous écrivons ces lignes tous les pays de l'hémisphère sud, correspondant à un climat tempéré, de même évolution nature que celui de leurs équivalents de l'hémisphère nord ( Argentine, Australie, Nouvelle Zélande, Nouvelle Calédonie ) viennent de connaître leur hiver austral, en juin, juillet, août. En septembre-octobre, dans ces pays, c'est le printemps. L'hiver est derrière.

Dans les deux hémisphères, les saisons sont décalées de six mois. L'hiver chez les uns, c'est l'été chez les autres.

Je m'aperçois, en questionnant simplement mon entourage, que peu de gens connaissent l'origine du phénomène des saisons. Bien sûr, selon les lois de Kepler, la Terre décrit autour du Soleil une orbite qui n'est pas circulaire, mais en forme d'ellipse, le Soleil occupant d'un des foyers. Il en est de même pour toutes les planètes du système solaire. Si l'excentricité de l'orbite de Mercure est importante ( 0,2 ) et "visible à l'oeil nu " (sur une carte montrant les orbites de différentes planètes ) celle de la Terre, douze fois plus faible, est pratiquement négligeable. On peut donc considérer que le Soleil se situe pratiquement au centre de la trajectoire quasi circulaire, que la Terre parcourt autour de celui-ci. Le phénomène des saisons n'est donc pas dû à l'éloignement ou au rapprochement de notre planète vis à vis de l'astre du jour, comme certains ont tendance à le croire.

Il est dû à l'inclinaison de l'axe de rotation de la Terre par rapport à la perpendiculaire au plan dans lequel notre planète évolue. Si cette inclinaison était nulle il n'y aurait pas de saisons. La température au sol dépend de l'angle sous lequel le rayonnement solaire attaque l'atmosphère terre. Prenons l'exemple d'une planète imaginaire, dont l'axe de rotation serait parallèle à la perpendiculaire à son plan orbital (dit " plan de l'écliptique " ).



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- A l'équateur les rayons attaquent l'atmosphère perpendiculairement : l'insolation est maximale.

- Aux pôles ces rayons arrivent tangentiellement : l'insolation est minimale.

- A une latitude proche de 45 degrés ( pays de l'hémisphère nord ) les rayons attaquent les hautes couches atmosphériques sous un angle de 45°. Une partie atteint le sol et l'autre est réfléchie, et l'énergie que véhicule ce rayonnement va se perdre dans le vide interplanétaire.

Sur une telle planète, exempte de saisons, on aurait donc des régions polaires, très froides, une région équatoriale à température maximale, et sur les deux hémisphères une variation continue entre ces deux extrêmes. S'il existait une pandémie grippale sur une telle planète, celle-ci sévirait, dans les deux hémisphères, sans variations saisonnières particulières.

Introduisons maintenant une inclinaison de l'axe de rotation de la Terre :



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Cette inclinaison reste invariable, par effet gyroscopique. L'axe de rotation de la Terre, tout au long de l'année, pointe toujours vers la même direction, dans la voûte céleste. Il se trouve que dans l'hémisphère nord une étoile se trouve assez proche de cette direction, et nous l'appelons de ce fait l'étoile polaire. Si vous mettez un appareil photographique en pose, pointant dans cette direction du ciel, " pendant un certain temps ", vous obtiendrez ceci :



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A droite, des arbres. Le " pôle céleste " est ... vide. L'étoile polaire " tourne autour ". Elle en est simplement très proche



Les Argentins, les Australiens, ne disposent pas, pour se guider la nuit, d'une direction du ciel indiquée par une étoile. La région avoisinant le "pôle céleste sud" est plutôt vide. En 1750-1752 un français, Nicolas Louis de Lacaille, effectue une croisière dans l'hémisphère sud. Il groupe les étoiles en constellations, de manière tout à fait arbitraire, selon son bon vouloir, et leur donne les noms de son choix, à la hauteur de son imagination de Jésuite

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Nicolas Louis Lacaille

Le Jésuite qui assembla les constellations de l'hémisphère sud et leur conféra des noms



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Le voisinage du pôle sud céleste. A proximité, la formation stellaire la plus remarquable, la " Croix du Sud "

La machine pneumatique
Le Burin
Le Compas
Le Fourneau
L'Horloge
La Table
Le Microscope
La Règle
L'Octant
Le Peintre
La Boussole
Le Réticule
Le Sculpteur
Le Télescope

Membre de l'observatoire de Marseille pendant trente ans, en tant " qu'astronome non-pratiquant ", c'est à dire astrophysicien orienté vers la cosmologie, donc affecté d'une presbytie astronomique prononcée, je m'étais toujours demandé d'où venaient des noms d'une telle banalité, aussi exempts de lyrisme. Je viens de l'apprendre aujourd'hui, et je vous fais profiter de ma découverte.

Toujours-est-il que cette inclinaison de l'axe de rotation de la Terre, de 23° crée le phénomène des saisons. Au passage, cette inclinaison est aussi responsable de l'allongement des jours durant l'été, et de leur raccourcissement pendant l'hiver. Ces jours de durées maximale ou minimale son appelés les solstices. Le 21 juin est dans l'hémisphère nord le jour le plus long, celui du solstice d'été. Mais pour les Australiens cela correspond à la journée la plus courte, à leur solstice d'hiver. Inversion analogue pour le 21 décembre, solstice d'hiver pour l'hémisphère nord et d'été pour l'hémisphère sud.

Quand l'axe de rotation de la Terre se situe dans un plan parallèle à la perpendiculaire au plan de l'orbite terrestre, les nuits et les jours sont de même longueur. Ce sont les équinoxes, qui se situent, pour les deux hémisphères ( au même moment ) le 20 mars et le 22 septembre.

Une animation réalisée par l'Ecole Nationale Supérieure de Lyon [ http://planet-terre.ens-lyon.fr/planett ... rement.swf ]

Les habitants de l'équateur vivent une situation d'équinoxe permanent. Tout au long de l'année, la durée des jours égale celle des nuits : 12 heures. S'il y a des phénomènes saisonniers (saison des pluies ) ceux-ci ne sont pas liés à la variation de l'orientation de l'insolation solaire au long de l'année.

Tout cela pour dire que pour les habitants de l'hémisphère sud, l'hiver correspond au mois de juin-juillet-août.
[...]

Source : http://www.jp-petit.org/Presse/curseur/curseur.htm

Comment se défend-t-on contre les virus, en particulier les virus de la grippe ?

Notre corps possède un système immunitaire, [ https://fr.wikipedia.org/wiki/Syst%C3%A8me_immunitaire ] Je vous renvoie vers ces liens qui évoquent tout un système qui représente la police d'un corps vivant, peuplé de cellules qui, tolérant des commensaux, symbiotiques, identifient tout agresseur et lui règlent son compte. Les macrophages les dévorent. Les lymphocytes sécrètent des substances cytotoxiques, tuant les cellules indésirables ou infectées. Mais cet ensemble de cellule réagit aussi lorsqu'il est confronté à la des antigènes, qui sont des protéines, des ensembles cellulaires, qui déclenchent des réactions immunologiques sous forme de fabrication et d'émission d'anticorps, lesquels sont aussi des ensemble moléculaires, des protéines.

En nous limitant à la grippe, sujet de ce dossier, les antigènes sont ces " spicules " présentes à la surface des virus, les molécules " H " et " N ". Nous allons représenter schématiquement les anticorps produits comme des sortent de chaussettes, de chapeaux, qui rendent ces antigènes inactifs. .

Quand un virus de la grippe est présent dans notre corps, ils se multiplie à une vitesse dépassant l'imagination. Mais en permanence des globules blancs, les lymphocytes (étymologiquement " cellules vivant dans la lymphe, dans le système lymphatique) fabriquent des anticorps, spécifiques, capables de rendre inopérantes les structures moléculaires superficielles des virus, les " spicules ", H et N. Ci-après un lymphocyte sécrétant des anticorps, schématisés par des sortes de petits chapeaux, venant recouvrir des spicules de type H, permettant l'accrochage des virus sur leurs cellules cibles. Si ces anticorps sont en nombre suffisant, l'action de ce virus grippal sera totalement neutralisée. En effet, même si les spicules de pénétration-injection, les spicules " N " ne sont pas neutralisées, elles ne pourront pas entrer en action car le virus ne réussira pas à s'amarrer sur la cellule.

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Anticorps anti-H, neutralisant les spicules " H " permettant l'accrochage du virus sur sa cellule-cible



Les anticorps, anti - N ne suppriment pas toute possibilité d'infection, mais la retardent.

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Anticorps " anti-N ", neutralisant les spicules virales permettant la perforation du cytoplasme de la cellule-cible et l'injection de l'ARN



Un mot en passant sur le Tamiflu, qui agit à ce niveau. Ce ne sont pas des anticorps, mais des molécules qui viennent se loger de telle façon qu'elles contrarient le travail de pénétration et d'injection de l'ARN viral. Encore faut-il que cet antiviral puis être administré très tôt avant que les virus n'aient eu le temps de s'amarrer sur leurs cellules cibles.



Les vaccins

Les différentes grippes ( du groupe A, le plus important ) sont caractérisées par la structure moléculaire de leurs spicules H et N, qui sont des antigènes, c'est à dire des molécules qui déclenchent une réaction immunitaire, de la part des lymhocytes. Le vaccin antigrippal contient des virus "désarticulés", mais dans cette soupe sont présents les antigènes H et N qui vont provoquer la production des anticorps spécifiques correspondant.

Pourquoi l'efficacité des vaccins est-elle souvent contestable ? Parce que les virus mutent. Le système immunitaire réagit bien mais sécrète les anticorps correspondant aux antigènes-spicules (Ha, Nb) , qui ne seront peut être pas ceux qui tapisseront la capsule du nouveau virus , par exemple (Hc, Nd). alors l'efficacité du vaccin sera ... nulle, parce que les " chapeaux " ne pourront pas s'adapter sur les spicules du nouveau virus.



Un mot sur les différents croisements

Nous avons appris que différents animaux, oiseaux, porcs, chevaux, etc... pouvaient être atteints par des virus grippaux, ou être simplement porteurs. Eux aussi sont sensibles à des virus de type A, avec spicules H et spicules N.

Il se trouve également que l'on sait séquencer totalement les ARN viraux, les " lire ". Il existe une banque de donnée, tenue à jour par le CDC d'Atlanta, le Centre for Disease Control ( le centre de contrôle des maladies ). Toute apparition de nouvelles souches, de nouvelles variantes de virus de la grippe est aussitôt suivie. Une précision : des échanges de séquences génétiques entre virus humains et virus animaux ne constituent nullement une nouveauté. Il n'y a en effet pas de différences structurelles basales entre ces différents virus, ni de barrières entre des éléments pathogènes d'espèces différentes. On a dressé une sorte d'histoire des différents virus grippaux. Le plus célèbre est évidemment le virus de la grippe Espagnole, à l'origine une grippe aviaire, transmise à l'homme, qui fit des dizaines de millions de morts en 1918. C'est un thème qui est présent dans toutes les mémoires.

Comme nous l'avons dit plus haut, il n'est pas prouvé que les décès, dont la cause initiale est l'infection virale, soient dus au virus lui-même. Les spécialistes invoquent beaucoup les complication par surinfection bactérienne. En 1918 :

- Les antibiotiques (antibactériens) n'existaient pas

- Il y avait beaucoup de pauvreté, de précarité et de malnutrition

- Les notions d'hygiène telles que nous les connaissons aujourd'hui étaient pratiquement inexistantes

L'Europe venait de subir quatre années de guerre, qui avaient laissé ses populations affamées et affaiblies.

L'apparition des antibiotiques a fait considérablement diminuer le nombre des décès par infection grippale. Le monde a connu une pandémie, celle de la " grippe asiatique ", entre 1957 et 1958, provoquant la mort d'un million à un million et demi de personnes. Si les antibiotiques n'avaient pas existé, il est possible que cette pandémie ait pu s'avérer aussi meurtrière que celle de 1918.

En 1968-1969, " Grippe de Hong-Kong, 750.00 à un million de morts.

Source : http://www.jp-petit.org/nouv_f/pandemie/pandemie.htm