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Le nazisme, à l’heure de la Modernité

Publié : 24/10/2014 - 8:08
par Pat
Michaël Foessel, professeur de philosophie à l’école Polytechnique, a lu pourLibération l’essai de l’historien allemand Götz Aly, les Anormaux (Flammarion). Sa thèse : « Le national-socialisme, loin d’être un phénomène antimoderne, accomplit certaines des tendances les plus fortes de la modernité. » Le discours des nazis sur l’élimination des handicapés et les arguments d’aujourd’hui en faveur de l’euthanasie ne sont guère éloignés : il y a toujours des « vies indignes d’être vécues ». Extraits :

"En 1922, l’assemblée annuelle des neurologues de Saxe se réunit autour de la question : « Le médecin a-t-il le droit de tuer ? » Dans l’ambiance libérale de la République de Weimar, les réflexions se multiplient sur les vies qui ne sont pas « dignes d’être vécues ». Il s’agit surtout des handicapés mentaux dont certains médecins envisagent, avec les meilleures intentions du monde, d’abréger les souffrances. On retrouvera beaucoup de ces médecins pétris d’humanisme scientiste au sein de l’opération T4 qui, à partir de 1939 et sur ordre de Hitler, mettra en œuvre l’élimination dans des chambres à gaz des malades mentaux.

À l’heure où, par exemple à propos de Heidegger, il est de bon ton de se demander comment des esprits supérieurs ont pu adhérer au national-socialisme, vient de paraître en France un livre troublant sur cet assassinat des malades mentaux sous le IIIe Reich. Son auteur, Götz Aly, compte parmi les meilleurs spécialistes du nazisme et de la Shoah, mais son travail n’est pas seulement celui d’un historien. Sa thèse est que le national-socialisme, loin d’être un phénomène antimoderne, accomplit certaines des tendances les plus fortes de la modernité : hygiénisme militant, promotion du « progrès » même par la violence, rationalité instrumentale, efficacité bureaucratique.

Dans ce cadre, l’euthanasie des malades mentaux, au cours de laquelle plus de 200.000 Allemands et autant de Slaves furent assassinés légalement, prend une dimension vertigineuse. Les militants politiques, qui s’engagèrent dans les années vingt pour l’aide à mourir, s’élevaient aussi contre la peine de mort et pour le droit à l’avortement. Un certain nombre d’entre eux furent des adversaires acharnés du nazisme, mais, à l’instar de l’Association des médecins socialistes allemands, ils apportèrent leur soutien à « l’opération Mort miséricordieuse » (Aktion Gnadentod) décrétée par Hitler. Götz Aly reconstitue minutieusement la biographie de Paul Nitsche, le principal responsable médical de l’euthanasie forcée. Avant de mettre sa science au service des SS, il fut un psychiatre réformateur, soucieux du bien-être des patients et partisan d’une politique du soin bannissant l’usage de la camisole de force et des châtiments corporels. [...]"

Aujourd'hui, nous avons le CCNE.

Michel Janva http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

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Re: Le nazisme, à l’heure de la Modernité

Publié : 01/11/2014 - 18:41
par Fyrest
Loin de moi l'idée de défendre le Nazisme, mais devons-nous totalement condamner le national-socialisme ? Attention, je ne parle pas d'Hitler, mais de l'union de deux concepts : d'un côté, la défense de la nation, comme nous-mêmes, les nationalistes ou les patriotes ; et d'un autre côté, le désir d'obtenir une société égalitaire, quasi-parfaite, sans meurtre, sans débauche, sans violence. Mais alors que cette belle et attirante idée naissait, et tendait à donner de belles preuves de sincérité et d'avenir, des assassins en prirent les rennes... Bafouant alors tous les beaux idéaux et idéals du national-socialisme, les dérives sanglantes et meurtrières apparurent... Triste constat des choses, car maintenant, nous ne pouvons pas nous prétendre national-socialiste sans être compris comme étant hitlérien... Et le génocide des handicapés mentaux est-il excusable ? Bien sûr que non, car les vies que Dieu a créé sont toutes respectables. Alors quant à parler de modernité du Nazisme, c'est assez étonnant en fait, car ce parti appartient au passé, et, que Dieu nous en préserve, il ne reviendra pas à notre époque. Mais les concepts fondamentaux de ce parti -- ou devrions-nous parler d'idéologie ? -- ne sont-ils pas défendables, désirant obtenir une société parfaite ? Et aussi, pouvons-nous juger de la dignité de vivre une vie ? Car pouvons-nous seulement vivre dignement ? Je n'en suis pas sûr. Car avant de s'occuper du cas des handicapés mentaux, il y a d'autres taches à accomplir, comme retrouver le total respect de la nation par exemple.

Mais pour être franc, ce n'est pas le CCNE qui va nous prémunir d'un nouvel Hitler... Je dois cependant avouer que sa présence demeure rassurante.

A méditer sur la légitimité de prétendre avoir autorité sur le contrôle de la vie des innocents (je ne parle pas de la peine de mort pour les criminels, qui n'aurait jamais du être supprimée selon moi !)