Les hommes clefs de la culture de mort
Publié : 21/06/2012 - 8:45
Dans l'ombre de la victoire de François Hollande, de dangereux idéologues s'agitent.
Le nouveau président de la République n'était même pas élu que, pariant sur sa victoire, certains de ses soutiens s'agitaient dans les coulisses pour radicaliser le discours de la gauche en matière d'« égalité », cette idéologie coupée des réalités qui sert de socle depuis deux siècles à la pensée démocratique. Une idéologie qui fait militer les défenseurs les plus radicaux de la social-démocratie en faveur de la suppression des héritages, ou des droits des beaux-parents dans le cadre des familles recomposées... Ainsi les conclusions du groupe « Nouvelles familles » du Laboratoire des idées du PS proposaient dès 2010 de réformer le droit de la famille pour le fonder, non plus sur la référence biologique classique (avec la vieille atténuation romaine qu'est l'adoption), mais sur l'« éthique de responsabilité » chère au philosophe octogénaire, marxiste et kantien à la fois, Jurgen Habermas. Des travaux pilotés par Gilles Bon-Maury, président de l'influente association « Homosexualités et socialisme » et chargé des questions LGBT(1) dans l'équipe de campagne de François Hollande...
Noirs et gays
Certains des hommes de l'ombre qui œuvrent dans les coulisses sont à la croisées de plusieurs luttes radicales contre la conception anthropologique occidentale classique. Né en 1974 en Martinique, Louis-Georges Tin, d'ascendance indienne caraïbe, est l'homme clef de la « diversité » telle que la pense la gauche française aujourd'hui. Sujet brillant, ancien élève de l'Ecole normale supérieure, il est agrégé et docteur es lettres. Chaque semaine, il tient une chronique d'ouvrages de sciences humaines très « orientée » dans le Monde des livres. Une lecture hebdomadaire fort instructive sur les centres d'intérêt et les convictions du bonhomme...
Louis-Georges Tin s'affiche surtout en première ligne de la lutte contre l'homophobie et pour la « cause noire ». Autrement dit, il s'attache à défendre de front les positions les plus radicales en faveur des revendications des homosexuels et des tenants du communautarisme noir. Cofondateur en 1997 à l'ENS de l'association « Homonormalités », il a dirigé aux PUF en 2003 un Dictionnaire de l'homophobie, préfacé par le maire de Paris, Bertrand Delanoë. Ses engagements dans ce domaine le conduisent à être désigné en 2 011 comme l'une des 25 personnalités du magazine homosexuel Têtu. Engagé, depuis sa fondation en 2005, au sein du Conseil Représentatif des Associations Noires de France, le CRAN, qui tire son inspiration du Conseil représentatif des institutions juives de France (le CRIF), Louis-Georges Tin succède en novembre dernier au militant centriste Patrick Lozès à la présidence dudit CRAN. Nul doute qu'il a déjà ses entrées auprès de la Guyanaise Christine Taubira, nouveau garde des Sceaux, ou du Guadeloupéen Victorin Lurel, nommé ministre des Outremers dans le gouvernement de Jean-Marc Ayrault. À côté de l'action problématique, car radicalement communautariste, de ce type d'individu, on regretterait presque la « négritude » chère au poète antillais Aimé Césaire...
Radicalisme
Le Parti Socialiste, qui conserve en son sein d'influentes minorités chrétiennes ou catholiques de gauche, a prévu de confier au Parti Radical de Gauche, son petit allié inconditionnel depuis les années 1970, le soin de faire voter au Parlement des propositions ou des projets de loi concernant l'évolution des mœurs et la destruction de la culture de vie : mariage homosexuel, euthanasie, extension des conditions contraceptives et abortives... Le PS s'appuiera sur la longue tradition laïcarde et anti-religieuse des radicaux, ainsi que sur l'interpénétration de cette famille politique avec les loges maçonniques, pour mener à bien des combats qu'il ne veut pas assumer seul. On avait déjà vu la chose au moment du PACS, avec l'action du député chevènementiste Jean-Pierre Michel. Quel courage chez les socialistes !
L'actuel président du PRG n'est autre que Jean-Michel Baylet, 65 ans, sénateur, président du Conseil général du Tarn-et-Garonne et patron du puissant quotidien régional La Dépêche du Midi. On connaît sa lutte quotidienne contre le maire de Montauban, le député « Droite populaire » Brigitte Barèges. De longs démêlés avec la justice, ainsi que des condamnations pour abus de biens sociaux, ont écarté Baylet du gouvernement de Jean-Marc Ayrault, mais il a pu y placer une de ses très proches collaboratrices, la jeune et inconnue Sylvia Pinel, député du Tarn-et-Garonne, devenue, à 34 ans seulement, ministre délégué à l'Artisanat, au Commerce et au Tourisme. L'influence du radicalisme cassoulet n'est pas mort !
Si les prochaines élections législatives se déroulent bien pour la gauche au mois de juin, le Parti Radical de Gauche devrait disposer de son propre groupe à l'Assemblée nationale, sachant qu'il contrôle déjà le groupe RDSE du Sénat. Le PRG sera alors en mesure d'être la tête de pont de la culture de mort au sein d'une éventuelle majorité parlementaire de gauche., On peut dès lors s'attendre à de graves dérives sociétales. Sans compter les coups qui pourraient être portés à l'enseignement libre...
Il n'est pas utile de se lamenter sur un avenir subi. Il s'agit dès maintenant de se mobiliser dans les urnes et sur les terrains médiatiques et intellectuels pour dénoncer une évolution de la société dans un sens fort dangereux pour la personne humaine et l'équilibre de notre société.
Jacques Cognerais monde&vie de juin 2012
1). LGBT : lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres.
Le nouveau président de la République n'était même pas élu que, pariant sur sa victoire, certains de ses soutiens s'agitaient dans les coulisses pour radicaliser le discours de la gauche en matière d'« égalité », cette idéologie coupée des réalités qui sert de socle depuis deux siècles à la pensée démocratique. Une idéologie qui fait militer les défenseurs les plus radicaux de la social-démocratie en faveur de la suppression des héritages, ou des droits des beaux-parents dans le cadre des familles recomposées... Ainsi les conclusions du groupe « Nouvelles familles » du Laboratoire des idées du PS proposaient dès 2010 de réformer le droit de la famille pour le fonder, non plus sur la référence biologique classique (avec la vieille atténuation romaine qu'est l'adoption), mais sur l'« éthique de responsabilité » chère au philosophe octogénaire, marxiste et kantien à la fois, Jurgen Habermas. Des travaux pilotés par Gilles Bon-Maury, président de l'influente association « Homosexualités et socialisme » et chargé des questions LGBT(1) dans l'équipe de campagne de François Hollande...
Noirs et gays
Certains des hommes de l'ombre qui œuvrent dans les coulisses sont à la croisées de plusieurs luttes radicales contre la conception anthropologique occidentale classique. Né en 1974 en Martinique, Louis-Georges Tin, d'ascendance indienne caraïbe, est l'homme clef de la « diversité » telle que la pense la gauche française aujourd'hui. Sujet brillant, ancien élève de l'Ecole normale supérieure, il est agrégé et docteur es lettres. Chaque semaine, il tient une chronique d'ouvrages de sciences humaines très « orientée » dans le Monde des livres. Une lecture hebdomadaire fort instructive sur les centres d'intérêt et les convictions du bonhomme...
Louis-Georges Tin s'affiche surtout en première ligne de la lutte contre l'homophobie et pour la « cause noire ». Autrement dit, il s'attache à défendre de front les positions les plus radicales en faveur des revendications des homosexuels et des tenants du communautarisme noir. Cofondateur en 1997 à l'ENS de l'association « Homonormalités », il a dirigé aux PUF en 2003 un Dictionnaire de l'homophobie, préfacé par le maire de Paris, Bertrand Delanoë. Ses engagements dans ce domaine le conduisent à être désigné en 2 011 comme l'une des 25 personnalités du magazine homosexuel Têtu. Engagé, depuis sa fondation en 2005, au sein du Conseil Représentatif des Associations Noires de France, le CRAN, qui tire son inspiration du Conseil représentatif des institutions juives de France (le CRIF), Louis-Georges Tin succède en novembre dernier au militant centriste Patrick Lozès à la présidence dudit CRAN. Nul doute qu'il a déjà ses entrées auprès de la Guyanaise Christine Taubira, nouveau garde des Sceaux, ou du Guadeloupéen Victorin Lurel, nommé ministre des Outremers dans le gouvernement de Jean-Marc Ayrault. À côté de l'action problématique, car radicalement communautariste, de ce type d'individu, on regretterait presque la « négritude » chère au poète antillais Aimé Césaire...
Radicalisme
Le Parti Socialiste, qui conserve en son sein d'influentes minorités chrétiennes ou catholiques de gauche, a prévu de confier au Parti Radical de Gauche, son petit allié inconditionnel depuis les années 1970, le soin de faire voter au Parlement des propositions ou des projets de loi concernant l'évolution des mœurs et la destruction de la culture de vie : mariage homosexuel, euthanasie, extension des conditions contraceptives et abortives... Le PS s'appuiera sur la longue tradition laïcarde et anti-religieuse des radicaux, ainsi que sur l'interpénétration de cette famille politique avec les loges maçonniques, pour mener à bien des combats qu'il ne veut pas assumer seul. On avait déjà vu la chose au moment du PACS, avec l'action du député chevènementiste Jean-Pierre Michel. Quel courage chez les socialistes !
L'actuel président du PRG n'est autre que Jean-Michel Baylet, 65 ans, sénateur, président du Conseil général du Tarn-et-Garonne et patron du puissant quotidien régional La Dépêche du Midi. On connaît sa lutte quotidienne contre le maire de Montauban, le député « Droite populaire » Brigitte Barèges. De longs démêlés avec la justice, ainsi que des condamnations pour abus de biens sociaux, ont écarté Baylet du gouvernement de Jean-Marc Ayrault, mais il a pu y placer une de ses très proches collaboratrices, la jeune et inconnue Sylvia Pinel, député du Tarn-et-Garonne, devenue, à 34 ans seulement, ministre délégué à l'Artisanat, au Commerce et au Tourisme. L'influence du radicalisme cassoulet n'est pas mort !
Si les prochaines élections législatives se déroulent bien pour la gauche au mois de juin, le Parti Radical de Gauche devrait disposer de son propre groupe à l'Assemblée nationale, sachant qu'il contrôle déjà le groupe RDSE du Sénat. Le PRG sera alors en mesure d'être la tête de pont de la culture de mort au sein d'une éventuelle majorité parlementaire de gauche., On peut dès lors s'attendre à de graves dérives sociétales. Sans compter les coups qui pourraient être portés à l'enseignement libre...
Il n'est pas utile de se lamenter sur un avenir subi. Il s'agit dès maintenant de se mobiliser dans les urnes et sur les terrains médiatiques et intellectuels pour dénoncer une évolution de la société dans un sens fort dangereux pour la personne humaine et l'équilibre de notre société.
Jacques Cognerais monde&vie de juin 2012
1). LGBT : lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres.