Tout laisse à penser que l’euthanasie active sera légalisée dans notre pays très prochainement, sans doute dès cette année si la gauche l’emporte. Cette proposition est en effet au programme de François Hollande qui s’est par ailleurs officiellement engagé le 8 mars à ce que chaque établissement hospitalier ait un centre d’IVG et que l’avortement soit remboursé à 100 % par la Sécurité sociale. Il faut dire que les sectateurs de la culture de mort mettent en ce moment les bouchées doubles : depuis le 7 mars l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), composée pour l’essentiel de francs-maçons, a lancé une grande campagne publicitaire, commencée dans l’hebdomadaire Les Inrockuptibles et reposant sur des photomontages où François Bayrou, Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen, trois candidats (verbalement) opposés pour l’heure à l’évolution de la législation sur l’euthanasie, attendent la mort sur un lit d’hôpital. Une image choc à laquelle s’ajoute une interpellation : « M. le candidat, doit-on vous mettre dans une telle position pour faire évoluer la vôtre sur l’euthanasie ? » « On a interrogé tous les candidats à la présidentielle. On laisse tranquille ceux qui ont répondu favorablement et on interpelle ceux qui sont le plus farouchement opposés » à l’euthanasie, a déclaré à l’AFP le directeur général d’ADMD, Philippe Lohéac. L’ADMD avait diffusé fin février un texte, signé par une cinquantaine de personnalités, pour demander un engagement formel des candidats en faveur de la légalisation de l’euthanasie active et organisera le 24 mars un rassemblement et une réunion à Paris autour de ce même thème.
De plus l’on nous rebat les oreilles avec une batterie de sondages indiquant que l’immense majorité de nos compatriotes seraient favorables à la dépénalisation de l’interruption volontaire de vieillesse. La légalisation de l’euthanasie active serait ainsi approuvée par 91 % des Français, selon un sondage Harris Interactive pour le magazine Grazia publié le 12 mars. L’ADMD évoque une enquête d’opinion selon laquelle 94 % des personnes interrogées seraient favorables à l’évolution de la législation sur le sujet, ce qui est plausible et témoigne de la profonde déchristianisation et, disons-le, de la totale déshumanisation de notre société. De même que la légalisation de la pilule (en décembre 1967) a ouvert la voie à la dépénalisation de l’avortement (en janvier 1975) car l’IVG est inséparable d’une mentalité contraceptive, de même que l’institution du Pacte civil de solidarité (1999) ouvre d’évidence le chemin au mariage homosexuel et à l’adoption par les invertis, la loi Leonetti constitue le premier pas vers l’euthanasie active car elle permet depuis 2005 l’euthanasie dite « passive » de malades incurables, c’est-à-dire l’arrêt des traitements et l’administration d’antalgiques à des doses susceptibles d’être mortelles. Tout geste qui provoquerait directement la mort reste en revanche un crime passible des assises mais c’est un secret de polichinelle que dans les hôpitaux l’on donne couramment la mort sans le dire. Dans son livre Les 7 sujets dont les candidats à la présidentielle ne parlent pas (France-Empire), Jean-Claude Martinez regarde en face cette terrible réalité : « Les chiffres sont là, qui valent bien ceux du déficit budgétaire et de l’endettement public : quinze mille euthanasies actives chaque année, cent vingt-cinq mille passives, cent cinquante mille malades qui font l’objet d’un surdosage volontaire de neuroleptiques et d’antalgiques à effet progressivement éliminatoire et vingt-cinq mille bavures hospitalières. Il y aussi les témoignages ; par exemple celui du chef de service de gériatrie d’un hôpital de Marseille. Pour libérer les lits, en fin de semaine « on tue les vieux » (cf. le livre du professeur Jacques Soubeyran, On tue les vieux, Fayard, 2006). On a même vu en octobre 2011, dans un hôpital de Nîmes, une grand-mère de quatre-vingt-quatorze ans battue à mort, massacrée à coup de poing dans sa chambre. Sans que l’hôpital, après lessivage du sang sur les murs (cf. Midi libre du samedi 1er octobre 2011), daigne avertir la police, comme dans un Rwanda gériatrique des mille collines hospitalières et des maisons de retraite. »
Au-delà d’obsessions idéologiques, le débat sur la légalisation de l’euthanasie s’explique par de basses raisons économiques. Du fait de l’allongement de la durée de la vie
la question du financement des retraites devient chaque jour davantage un problème aigu. Comme l’on ne peut fortement augmenter les cotisations, les prélèvements obligatoires étant déjà à la limite du supportable ni réduire les pensions souvent déjà très modestes pour des millions de personnes âgées qui de surcroît votent, la solution est de réduire le nombre des retraités. Dès 1981 Jacques Attali, dans son livre L’Avenir de la vie (Seghers), avait théorisé l’euthanasie comme l’« un des instruments essentiels de nos sociétés futures », avec l’institution de « machines à tuer qui permettront d’éliminer la vie lorsqu’elle sera économiquement trop coûteuse ». Il faut toujours lire avec attention les penseurs israélites. Cela donne une idée de ce qui nous attend quelques décennies plus tard…
À la légalisation de l’euthanasie pourrait bientôt s’ajouter l’avortement post-natal et l’ectogenèse. Deux chercheurs en bioéthique, Francesca Minerva de l’Université de Melbourne et Alberto Giubilini, de l’Université de Milan, viennent en effet de co-signer un article dans le Journal of Médical Ethics où ils plaident pour le droit de supprimer des nouveau-nés de la même manière que l’on peut supprimer des enfants avant leur naissance : « Si des critères comme les coûts (sociaux, psychologiques, économiques) à supporter par les parents potentiels sont d’assez bonnes raisons pour recourir à l’avortement, même lorsque le fœtus est en bonne santé, si le statut moral du nouveau-né est le même que celui du nourrisson et si aucun des deux n’a de valeur morale du fait d’être une personne potentielle, alors les mêmes raisons qui justifient l’avortement doivent aussi justifier la mise à mort de la personne potentielle lorsqu’elle est au stade de nouveau-né » écrivent-ils le plus sérieusement du monde. Quant à la chercheuse au CNRS Marcela lacub elle plaidait le 25 février sur France Info en faveur de l’ectogenèse c’est-à-dire de la gestation artificielle en dehors de l’utérus. L’embryon et le fœtus se développeraient dans une machine. Ainsi, expliquait-elle, les grossesses ne nuiraient plus à la carrière professionnelle et à la liberté des femmes. Notre monde est décidément fou à lier…
RIVAROL du 16 mars 2012
< jeromebourbon@yahoo.fr >.
L’euthanasie bientôt légalisée ?
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