Russie : l’élite religieuse et politique combat l’avortement
Bien que sur les bords de la Moskova et de la Neva, les États-Unis soient perçus comme un modèle d'immoralité, les mouvements américains anti-avortement sont devenus une source d'inspiration pour les défenseurs russes du droit à la vie : des pancartes sont ainsi brandies devant les cliniques qui tuent l'enfant à naître.
Les campagnes sont fortement influencées par l'Église orthodoxe russe qui bénéficie de l'aide de la Première dame, Svetlana Medvedeva et d'importants politiciens, tous rebutés par la pratique de l'avortement. Cyrill Ier, seizième patriarche de l'Église orthodoxe russe depuis janvier 2009 (après la mort d'Alexis II, ancien du KGB) émet même des craintes sur le fait que les Russes deviendraient ethniquement minoritaires dans leur propre pays : le taux de fécondité est extrêmement faible. En 2010, il était d'à peine 1,5 enfants par femme et était même tombé à 1,17 en 1999, son niveau le plus bas. Début juin, des politiciens ont présenté plusieurs projets de loi à la Douma visant à opérer des restrictions sur le droit à l'avortement. Le 20 novembre 2010, des manifestants ont célébré la Journée internationale des droits de l'enfant en distribuant des tracts sur les dangers de l'avortement et ont lâché des centaines de ballons à Oulyanovk, ville natale du tyran Lénine (à 900 km au sud-est de Moscou) pour soutenir une « Russie sans avortement ».
L'HOLOCAUSTE RUSSE : 6 MILLIONS D'AVORTEMENTS PAR AN
L'avortement était facilement accessible sous l'ère communiste. Ce droit était alors défendu au nom de la libération de la femme. L'Union soviétique fut la première à légaliser ce crime sur l'enfant à naître, avant que son accession soit restreinte par Staline (dont le vrai nom “Djougachvili” signifie en géorgien « fils de juive ») dans le but d'accroître la population du pays. Les statistiques officielles mentionnent qu'en 2009,13 million d'avortements ont été pratiques en Russie dans une population en déclin recensant 143 millions d'habitants. Les associations pour la vie ajoutent que l'avortement et la pilule du lendemain seraient responsables d'un grand nombre d'”interruptions” de grossesse. Valéry Draganov qui a proposé au Parlement une législation plus draconienne pour le droit à la vie, explique : « Le nombre des avortements dans notre pays atteint les six millions par an. Cela signifie que chaque minute, deux avortements sont effectués en Russie. Les complications médicales plongent 20 % des familles dans l'incapacité d'avoir des enfants. Une femme enceinte sur cinq meurt des suites d'un avortement. Ce sont des statistiques catastrophiques. »
Des opposants à la culture de mort s'expriment avec véhémence. Le révérend Dmitri Smirnov, prêtre de Moscou, professait en 2010 : « Les femmes qui ont avorté devraient être emprisonnées pour meurtre et être considérées comme étant pire qu'Himmler et Goebbels, qui n'ont jamais tué leurs propres enfants » (International Herald Tribune du 10/6/11). Bien entendu, les féministes - qui en France étaient financés par le lobby de la pornographie - ont condamné ces propos. Avant un avortement, les amendements prévoient une période d'attente allant de 48 heures à une semaine selon l'avancement de la grossesse. Les candidates signeront un document mentionnant les risques encourus, dont celui de l'infertilité. Les avortements seraient aussi la cause de 50 à 70 % des cancers du sein et des dépressions nerveuses. Nous constatons combien cet acte chirurgical est contre-nature et réellement satanique. Les femmes enceintes depuis plus de six semaines devront regarder l'embryon ou le fœtus par échographie, écouter les battements de son cœur et recevoir des conseils. Un autre amendement limitera la vente de la pilule du lendemain. Yelena Mizulina, présidente du Comité de la Douma, souligne que les Russes sont favorables à cette période de réflexion.
Mme MEDVEDEVA POUR LA VIE
En 2010, lors d'un forum, elle se disait radicalement opposée à l'avortement. Cette manifestation était menée par Sanctity of Motherhood (Sainteté de la maternité), une organisation présidée par Natalia Yakunina, l'épouse de Vladimir Yakunin. Ce représentant des chemins de fer russes est connu pour avoir créé plusieurs fondations soutenant l'Église orthodoxe et le nationalisme russe. L'association encourage les femmes à avoir au moins trois enfants, car le taux élevé de fécondité dans les républiques musulmanes russes inspire des craintes. En Tchétchénie, il est de 3,40 enfants par femme. L'épouse du Président Medvedev, dont la Fondation pour les initiatives sociales et culturelles promeut les valeurs familiales, évoque les « droits des enfants à vivre » et le manque de soutien qui habituellement conduit les femmes « à arrêter de manière artificielle leur grossesse ». Elle pense que l'« État doit aider les femmes à garder leurs bébés ». Tatyana Shumova, la vice-présidente de cette association, déclarait qu'« étant donné la nature de la fondation et de sa présidente, nous ne pouvons pas dire ouvertement que nous sommes contre l'avortement parce que nous serions accusés de court-circuiter la démocratie et de violer les droits de l'homme ». Cette déclaration démontre néanmoins la dépendance de la grande Russie à des groupes maçonniques liés au Club de Rome. Natalia Yakunina souligne que Sanctity of Motherhood a conduit un programme pilote à Krasnoïarsk, ville industrielle de Sibérie. Des médecins et des journalistes s'étaient mobilisés pour changer l'opinion publique, et plus particulièrement celle des femmes, pour qu'elles soient en faveur de la vie. Les avortements de cette ville industrielle de Sibérie ont chuté de 16 %. Cette baisse signifie qu'à l'échelle nationale deux cent mille bébés seraient sauvés.
Le mouvement russe pour la vie reste faible en dépit de son influence grandissante. Larry Jacobs, président de World Congress of Families basé à Rockford dans l'Illinois, a assisté aux réunions de Sanctify of Motherhood et fait l'éloge des nouveaux activistes russes défendant le droit à la vie. Il rencontra le Métropole Hilarion, responsable du patriarcat de Moscou pour les relations extérieures de l'Église orthodoxe, qui à ce titre a entrepris plusieurs voyages aux États-Unis. Celui-ci explique qu'une « position contre l'avortement serait un facteur d'unité entre l'orthodoxie russe et les évangéliques protestants pouvant aussi déboucher sur une alliance stratégique avec les Catholiques romains ».
Les oratoires pour la vie ont trouvé un nouveau terrain de prédilection en Russie. Début juin, un rassemblement anti-avortement s'est déroulé à Moscou. Des interventions du patriarche Cyrill Ier, de Mme Medvedeva, de Larry Jacobs et du Métropole Hilarion étaient programmées. De plus, des brochures présentant des textes du président Medvedev et du Premier ministre Vladimir Poutine sur les besoins d'augmenter le taux de natalité, étaient distribuées. L'archiprêtre Vsevolod Chaplin, président du département du patriarcat pour les relations avec la société, soulignait alors à l'agence de presse Novosti : « Il est clair que l'attitude de la société envers ce phénomène est en train d'évoluer. Je pense que nous avons besoin d'un changement radical de point de vue à l'égard de l'avortement, afin qu'il devienne totalement et moralement inadmissible. Il faut aussi que cela se reflète dans la politique et les lois ». Souhaitons que cette attitude courageuse finisse par ouvrir les yeux des évêques de la secte conciliaire et d'une classe politique maçonnique davantage soucieuse de servir les intérêts de Moloch.
Laurent BLANCY. Rivarol du 22 juillet 2011
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