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L'embryon reste menacé

Publié : 27/06/2011 - 14:37
par Pat
L'embryon reste menacé

L'Assemblée nationale est revenue sur l'autorisation « encadrée » de la recherche sur l'embryon humain, souhaitée par le Sénat. Le principe de l'interdiction est maintenu, mais tout danger est loin d'être écarté.

Depuis la loi de bioéthique de 2004, le principe d'interdiction de la recherche sur l'embryon humain comporte certaines dérogations. À l'époque, les députés s'étaient donné un moratoire de cinq ans afin d'apprécier les effets d'un texte qui jonglait avec une dualité malsaine : une recherche sur les embryons officiellement restrictive et factuellement permissive.

La loi précisait en effet, après le rappel de l'interdit de principe, que « Les recherches peuvent être autorisées sur l'embryon et les cellules embryonnaires lorsqu'elles sont susceptibles de permettre des progrès thérapeutiques majeurs et à la condition de ne pouvoir être poursuivies par une méthode alternative d'efficacité comparable, en l'état des connaissances scientifiques. »
C'est précisément sur ce texte réétudié par les parlementaires, à l'occasion de la révision des lois de bioéthique, que tout va se jouer. Entre les tenants d'une libéralisation totale de la recherche sur les embryons et ceux décidés à préserver en l'état le principe d'interdiction, le match est lancé.
En première lecture à l'Assemblée nationale, les députés ont fait le choix de maintenir le principe d'interdiction, mais en vidant les dérogations de leur substance, c'est-à-dire en supprimant la dérogation relative à « l'alternative » et en substituant à la condition de « progrès thérapeutiques majeurs » celle de « progrès médical. » Peu satisfaisante pour qui croit à une vérité éthique, cette lecture a été aggravée par le choix des sénateurs qui ont tenté d'entériner le principe d'autorisation encadrée, avant que le palais Bourbon, en deuxième lecture, ne réaffirme sa position initiale.

Quelques-uns de ses membres ont même demandé la création d'une commission d'enquête sur les conflits d'intérêts relatifs aux biotechnologies.
Car, il ne fait aucun doute que derrière ce combat à l'apparence sémantique, se cachent des intérêts industriels énormes. Comme l'explique un communiqué de presse de la Fondation Jérôme Lejeune du 26 mai 2011, « La substitution des termes ouvre la porte à des pratiques et des domaines qu'avait explicitement écartés le législateur en 2004. Au 1er rang de ces pratiques, le criblage des molécules et la modélisation de pathologies, utiles d'abord à l'industrie pharmaceutique, trouveront donc dans la rédaction législative une assise nouvelle ».

Même registre, autre article de loi, mais qui n'en reste pas moins une cassette promise aux industriels et qui ne manque pas d'affaiblir toujours un peu plus le statut des embryons : la systématisation du dépistage prénatal. Le Docteur Leblanc, coordinateur du Comité pour Sauver la Médecine Prénatale, écrit dans Le Quotidien du Médecin : « Allons-nous devenir les agents d'un nouvel eugénisme d'État… 800000 femmes enceintes équivaudraient à 800 000 tests sériques par an en France. Ce serait une véritable manne pour les firmes de génie génétique... juteux marché. .. d'autres tests de dépistage suivront celui de la trisomie 21. »

Une manne pour les firmes de génie génétique
La libéralisation toujours plus grande de la recherche sur l'embryon humain obéit à la règle de la compétitivité lancée au niveau international. Ce fut une des premières mesures de Barack Obama, qui, à peine élu président des États-Unis, a levé l'interdiction imposée par son prédécesseur et autorisé le financement public de cette recherche, auparavant stimulée par des fonds privés. Mais elle est d'autant plus aberrante que la Grande Bretagne l'a autorisée depuis plus de vingt ans sans qu'aucun résultat thérapeutique ne soit intervenu. Et la récente découverte du professeur Yamanaka sur les cellules IPS - des celles souches adultes reprogrammées capables de reproduire n'importe quel tissu - renvoie aux oubliettes les rêves chimériques des apprentis sorciers qui ne juraient que sur les cellules embryonnaires.

Même le professeur Ian Wilmut, roi du clonage, premier scientifique à l'avoir réussi sur un mammifère, déclarait, à l'annonce de la découverte de la reprogrammation cellulaire, qu' il renonçait au clonage.

À un an des présidentielles, il est peu probable que la majorité qui souhaite, conserver un électorat sensible aux questions de bioéthique, fasse le choix de la réification absolue de la personne humaine à son plus jeune âge. Il n'empêche, si la version de la chambre basse est adoptée dans une formulation certes moins permissive que celle de la chambre haute, ce n'est qu'un pas de plus vers l'expérimentation libre à plus long terme sur l'embryon humain. Alfred Jarry aurait pu écrire une pièce sur cette situation démesurée, surtout lorsque l'on sait que même les cellules embryonnaires des ours polaires sont protégées...
Paul Nielson monde&vie du 4 juin 2011

Re: L'embryon reste menacé

Publié : 24/08/2011 - 10:08
par Eniotnar
Soleil vert en Chine ou les pilule d'endurance vs fœtus et nouveau-nés ! :vomil:
http://www.chine-informations.com/actua ... 33076.html