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Rapport sur la contraception des mineures

Publié : 20/05/2011 - 17:31
par Pat
Rapport sur la contraception des mineures

Le 17 mai 2011, Bérengère Poletti, députée des Ardennes, a présenté son rapport “La contraception des mineures : un paradoxe” à la délégation de l'Assemblée nationale aux droits des femmes. Elle y préconise un accès anonyme et gratuit à la contraception pour les mineures en France, estimant que cela permettrait de réduire le nombre élevé d'IVG pratiqué chaque année chez les moins de 18 ans. En 2007, 14 500 avortements ont été pratiqués chez des mineures. Cette idée a également été soutenue par Israël Nisand, gynécologue au CHU de Strasbourg (Cf. Synthèse de presse du 11/04/10) http://www.genethique.org/revues/revues ... 0411.3.asp.

Bérengère Poletti estime qu'il y a actuellement un paradoxe à répondre à une urgence par la délivrance de la pilule du lendemain et par l'accès anonyme et gratuit à l'IVG pour les adolescentes enceintes mais pas à la demande des mineures cherchant un moyen de contraception.

Parmi les 14 recommandations de son rapport, le député recommande d'assurer aux mineures une visite médicale auprès d'un professionnel de santé prescripteur (médecin, sage-femme, gynécologue) pour se faire délivrer une méthode contraceptive adaptée. Elle conseille d'engager des négociations avec les laboratoires pharmaceutiques afin de trouver un accord sur le remboursement des contraceptifs de troisième génération, tels les timbres contraceptifs et les anneaux vaginaux. D'autres propositions concernent l'information et l'éducation à la sexualité et la formation des professionnels dans ce domaine. Bérengère Poletti a expliqué que le coût de ce dispositif destiné aux jeunes filles entre 15 et 20 ans, devrait s'élever à 18,5 millions d'euros, dont 7 millions consacrés aux seules mineures. La députée déduit de cette somme générale le coût des avortements des mineures et des jeunes filles de 18, 19 ans, chiffré entre 9,2 et 10,3 millions d'euros.

Le député estime que le “pass contraception“, récemment lancé en Ile-de-France est “une avancée” et que “des mesures devraient être prises au niveau national et non régional” (Cf. Synthèse de presse du 26/04/11). Beaucoup jugent toutefois ce dispositif limité et lui reprochent de mettre à l'écart les parents, discrédités dans leur rôle d'éducateurs (Cf. Synthèses de presse du 27/04/11 http://www.genethique.org/revues/revues ... 0426.1.asp, du 29/04/11 http://www.genethique.org/revues/revues ... 0427.1.asp et du 11/05/11 http://www.genethique.org/revues/revues ... 0511.3.asp) . Bérengère Poletti s'est aussi interrogée sur les causes pouvant expliquer le fait que 2/3 des jeunes femmes de 16 à 25 ans qui sont tombées enceintes utilisaient un moyen de contraception. Elle incrimine le rôle des fausses idées sur la contraception circulant parmi les adolescents. Pour plusieurs spécialistes de santé, ce constat ne peut que faire douter sur l'efficacité de généraliser une contraception anonyme et gratuite.

Bérengère Poletti attend la réaction du ministre de la santé Xavier Bertrand sur ses propositions et espère présenter une proposition de loi en septembre prochain.

Lu sur Gènéthique http://www.genethique.org/revues/revues ... 0518.1.asp

Rappelons que la hausse de consommation de contraceptifs n'a jamais enrayé la hausse du nombre d'avortements, mais l'a au contraire accompagné (plus d'un avortement pour quatre naissance en France). Du reste, c'est ce qu'en attendait ses promoteurs, tel Pierre Simon (cofondateur du Planning familial et grand maître de la grande loge de France) : « La bataille de la contraception fut beaucoup plus longue et pénible que la lutte pour l’avortement.. Une fois la contraception entrée dans les moeurs et reconnue par la loi Neuwirth, l’avortement fut examiné en son temps. L’avenir nous donna raison. Pour inverser une formule célèbre : nous avions gagné la guerre, il ne nous restait plus qu’à livrer une bataille »

http://www.lacropole.info/