L'objection de conscience sauvée devant le Conseil de l'Euro
Publié : 07/11/2010 - 20:18
L'objection de conscience sauvée devant le Conseil de l'Europe
Il faut revenir plus longuement sur cette victoire brièvement annoncée dans notre numéro de samedi dernier : le 7 octobre, fête du Rosaire et anniversaire de Lépante, grâce au « lobbying » efficace de l'élu italien à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, Luca Volonté, le rapport McCafferty visant à limiter sévèrement le droit à l'objection de conscience en matière médicale a été rejeté et même remplacé par son exact contraire.
Nous en parlions depuis novembre dernier dans les colonnes de Présent : le rapport visait explicitement la « santé reproductive » et, dans ses textes connexes, l'euthanasie. Son adoption aurait ouvert la voie à l'obligation pour les médecins et les personnels de santé à participer à bien des pratiques : l'avortement en premier lieu, et notamment l'avortement dit « médical » d'urgence, mais aussi la procréation assistée, la prescription de contraceptifs ou de pilules du lendemain. Texte non contraignant certes, mais d'une influence certaine tant sur le plan général que par le biais de la Cour européenne des droits de l'homme qui façonne le droit dans les 47 pays membres du Conseil de l'Europe, comme on le voit actuellement avec l'affaire de la garde à en France.
La mobilisation de dizaines de milliers de personnes par voie de pétitions et de lettres aux élus a permis de souligner l'importance du vote. Et de donner un peu plus de poids encore aux démarches réussies ! - de Luca Volonté qui a su entre autres persuader les élus plus conservateurs de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (l'APCE, qui siège à Strasbourg) de rester jeudi soir pour le vote, comme l'a confié Grégor Puppinck, du Centre européen pour la justice et la loi (ECLJ - en pointe dans l'information et l'alerte des responsables dans cette affaire) à CFam, un organisme de veille catholique sur l'ONU et sur les autres organisations supra-nationales qui tentent d'imposer la culture de mort. C'est dire le rôle joué par les catholiques pour identifier et déjouer les attaques contre l'humanité au nom des « droits de l'homme ». Le rôle joué par la diplomatie du Vatican, aussi, qui a soutenu la candidature de Luca Volonté à la tête des conservateurs à l'ACPE.
Le nouveau texte qui a été adopté en remplacement du rapport de la socialiste britannique Christine McCafferty Commence ainsi (et c'est le premier article qui dans ce genre de résolution est déterminant) affirme ceci :
« Nul hôpital, établissement ou personne ne peut faire l'objet de pressions, être tenu responsable ou subir des discriminations d'aucune sorte pour son refus de réaliser, d'accueillir ou d'assister un avortement, une fausse couche provoquée ou une euthanasie, ou de s'y soumettre, ni pour son refus d'accomplir toute intervention visant à provoquer la mort d'un fœtus ou d'un embryon humain, quelles qu'en soient les raisons. »
C'est superbe ! Voilà d'un seul coup sauvés l'objection de conscience à toute participation à l'avortement, l'affirmation que l'embryon humain est un être vivant puisqu'il est possible de le mettre à mort, le droit de ne pas choisir entre deux vies (celle de la mère et de l'enfant dans le cas d'un avortement médical), le droit de ne pas subir de discriminations ou de pressions dans une carrière de gynécologie-obstétrique, par exemple, si l'on refuse tout acte de mort - or Dieu sait si ces spécialistes sont soumis à des pressions, et qu'ils sont freinés dans leurs carrières professionnelles dans de nombreux endroits parce qu'ils sont « pro-vie ».
A disparu du texte la référence à la santé reproductive, ce qui constitue aussi une victoire majeure.
Un bémol tout de même : le texte affirme l'obligation des États d'assurer à chacun « l'accès à des soins médicaux légaux », ce qui presque partout inclut l'avortement, et propose que des réglementations précises pour que les patients puissent toujours être envoyés chez un autre prestataire de soins de santé qui ne soit pas objecteur de conscience, ce qui ne concerne pas, évidemment, les opérations de l'appendicite, les accouchements ou les prescriptions d'antibiotiques...
On notera aussi qu'une initiative similaire à celle de Christine McCafferty se déploie actuellement à l'ONU ; la bataille n'est donc pas gagnée.
Néanmoins le mouvement français pour le Planning familial vient de dénoncer jeudi dans un communiqué le texte voté par le Conseil de l'Europe.
« Si les établissements publics n'ont plus l'obligation d'appliquer la loi, vers quel prestataire de soins un État orientera-t-il les femmes ? Vers le secteur privé (...) ? Vers l'étranger ? », s'inquiète le Planning (qui a déjà l'habitude d'y envoyer les femmes qui veulent avorter hors délais, et donc illégalement).
« Les partenaires européens pour le droit de choisir doivent clairement condamner cette résolution votée », ajoute le mouvement, car « la santé des femmes et leurs droits ne doivent pas être les otages de corporatismes rétrogrades ».
Le Planning familial eût-il réagi de même devant l'affirmation du droit à l'objection de conscience des médecins qui sous Hitler participaient à la mise en œuvre de l'eugénisme ? N'oublions pas que la fondatrice américaine du Planning, Margaret Sanger, prônait l'eugénisme...
JEANNE SMITS PRESENT du 16 octobre 2010
Il faut revenir plus longuement sur cette victoire brièvement annoncée dans notre numéro de samedi dernier : le 7 octobre, fête du Rosaire et anniversaire de Lépante, grâce au « lobbying » efficace de l'élu italien à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, Luca Volonté, le rapport McCafferty visant à limiter sévèrement le droit à l'objection de conscience en matière médicale a été rejeté et même remplacé par son exact contraire.
Nous en parlions depuis novembre dernier dans les colonnes de Présent : le rapport visait explicitement la « santé reproductive » et, dans ses textes connexes, l'euthanasie. Son adoption aurait ouvert la voie à l'obligation pour les médecins et les personnels de santé à participer à bien des pratiques : l'avortement en premier lieu, et notamment l'avortement dit « médical » d'urgence, mais aussi la procréation assistée, la prescription de contraceptifs ou de pilules du lendemain. Texte non contraignant certes, mais d'une influence certaine tant sur le plan général que par le biais de la Cour européenne des droits de l'homme qui façonne le droit dans les 47 pays membres du Conseil de l'Europe, comme on le voit actuellement avec l'affaire de la garde à en France.
La mobilisation de dizaines de milliers de personnes par voie de pétitions et de lettres aux élus a permis de souligner l'importance du vote. Et de donner un peu plus de poids encore aux démarches réussies ! - de Luca Volonté qui a su entre autres persuader les élus plus conservateurs de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (l'APCE, qui siège à Strasbourg) de rester jeudi soir pour le vote, comme l'a confié Grégor Puppinck, du Centre européen pour la justice et la loi (ECLJ - en pointe dans l'information et l'alerte des responsables dans cette affaire) à CFam, un organisme de veille catholique sur l'ONU et sur les autres organisations supra-nationales qui tentent d'imposer la culture de mort. C'est dire le rôle joué par les catholiques pour identifier et déjouer les attaques contre l'humanité au nom des « droits de l'homme ». Le rôle joué par la diplomatie du Vatican, aussi, qui a soutenu la candidature de Luca Volonté à la tête des conservateurs à l'ACPE.
Le nouveau texte qui a été adopté en remplacement du rapport de la socialiste britannique Christine McCafferty Commence ainsi (et c'est le premier article qui dans ce genre de résolution est déterminant) affirme ceci :
« Nul hôpital, établissement ou personne ne peut faire l'objet de pressions, être tenu responsable ou subir des discriminations d'aucune sorte pour son refus de réaliser, d'accueillir ou d'assister un avortement, une fausse couche provoquée ou une euthanasie, ou de s'y soumettre, ni pour son refus d'accomplir toute intervention visant à provoquer la mort d'un fœtus ou d'un embryon humain, quelles qu'en soient les raisons. »
C'est superbe ! Voilà d'un seul coup sauvés l'objection de conscience à toute participation à l'avortement, l'affirmation que l'embryon humain est un être vivant puisqu'il est possible de le mettre à mort, le droit de ne pas choisir entre deux vies (celle de la mère et de l'enfant dans le cas d'un avortement médical), le droit de ne pas subir de discriminations ou de pressions dans une carrière de gynécologie-obstétrique, par exemple, si l'on refuse tout acte de mort - or Dieu sait si ces spécialistes sont soumis à des pressions, et qu'ils sont freinés dans leurs carrières professionnelles dans de nombreux endroits parce qu'ils sont « pro-vie ».
A disparu du texte la référence à la santé reproductive, ce qui constitue aussi une victoire majeure.
Un bémol tout de même : le texte affirme l'obligation des États d'assurer à chacun « l'accès à des soins médicaux légaux », ce qui presque partout inclut l'avortement, et propose que des réglementations précises pour que les patients puissent toujours être envoyés chez un autre prestataire de soins de santé qui ne soit pas objecteur de conscience, ce qui ne concerne pas, évidemment, les opérations de l'appendicite, les accouchements ou les prescriptions d'antibiotiques...
On notera aussi qu'une initiative similaire à celle de Christine McCafferty se déploie actuellement à l'ONU ; la bataille n'est donc pas gagnée.
Néanmoins le mouvement français pour le Planning familial vient de dénoncer jeudi dans un communiqué le texte voté par le Conseil de l'Europe.
« Si les établissements publics n'ont plus l'obligation d'appliquer la loi, vers quel prestataire de soins un État orientera-t-il les femmes ? Vers le secteur privé (...) ? Vers l'étranger ? », s'inquiète le Planning (qui a déjà l'habitude d'y envoyer les femmes qui veulent avorter hors délais, et donc illégalement).
« Les partenaires européens pour le droit de choisir doivent clairement condamner cette résolution votée », ajoute le mouvement, car « la santé des femmes et leurs droits ne doivent pas être les otages de corporatismes rétrogrades ».
Le Planning familial eût-il réagi de même devant l'affirmation du droit à l'objection de conscience des médecins qui sous Hitler participaient à la mise en œuvre de l'eugénisme ? N'oublions pas que la fondatrice américaine du Planning, Margaret Sanger, prônait l'eugénisme...
JEANNE SMITS PRESENT du 16 octobre 2010