La toxicomanie, entre « gestion des risques » et foi en l'ho

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La toxicomanie, entre « gestion des risques » et foi en l'ho

Messagepar Pat » 06/11/2010 - 21:50

La toxicomanie, entre « gestion des risques » et foi en l'homme

Le Conseil de Paris, cédant aux pressions de groupuscules activistes, ouvrira prochainement plusieurs « salles de shoot » (1) dans la capitale et en banlieue. Les toxicomanes pourront venir s'y injecter leur poison en toute « sécurité ». Ces lieux étaient réclamés, entre autres, par ASUD (2), ACT-UP et AIDES (3).
Cette transgression morale sous un prétexte humanitaire n'est pas, officiellement, le but avoué de la gauche majoritaire au Conseil de Paris qui parle d'urgence sanitaire. Mais on connaît la chanson et quand l'extrême gauche, qui est la locomotive idéologique de la gauche, fait pression et transgresse, les concessions qu'elle obtient ont ensuite force de loi.
Alors quelle est la réalité du problème et que valent leurs arguments ?
Depuis des années, face au manque de perspective des jeunes, à des souffrances spirituelles et humaines réelles, les tentations de fuite prospèrent dans notre société. Plutôt que de poser un juste diagnostic des causes et d'y apporter des réponses courageuses, semble être pris le parti systématique de « gérer les risques ».
Dans ce cas précis, on détourne l'attention d'un mal objectif, la toxicomanie, pour éviter une conséquence directe de ce mal, les infections liées à l'injection par les toxicomanes dans de mauvaises conditions. La consommation d'héroïne semble alors devenir acceptable. Médecins du Monde - association très à gauche - testait les drogues lors des rave parties, justifiant la défonce « propre » comme un « moindre mal ». Des experts leur ont heureusement réaffirmé que les drogues étaient dangereuses en soi, indépendamment des produits qu'on y mélangeait, ce que les faits ont confirmé.
Une injection d'héroïne, de cocaïne ou autre stupéfiant, est toujours dangereuse. Ayant vécu dans le monde de la drogue, j'ai côtoyé la déchéance humaine et la mort de jeunes qui avaient pourtant la vie devant eux.
Ce tour de passe-passe a pour but de tromper l'opinion par des arguments affectifs et une « morale hygiéniste » pour mettre en place une situation de fait. Un de leurs soucis est de vider les rues des XVIII et XIXe arrondissements de Paris de la déplorable présence de toxicomanes agressifs qui jonchent rues et halls d'immeuble de seringues et autres déchets souillés. Le problème n'aura pas disparu, juste déplacé, mais il ne dérangera plus visuellement le voisinage. Les dealers continueront leurs trafics, car la gauche n'aime pas la répression, mais Delanoë pourra dormir tranquille.
La liste est longue de ces escroqueries morales par une perversion du bien, depuis l'avortement qu'il faut rendre moins dangereux parce qu'on ne peut ni ne veut l'interdire, à la fin de vie qu'il faut abréger parce qu'elle est inhumaine, en passant par la vie d'un handicapé qu'il faut empêcher d'éclore parce qu'elle est indigne et qu'on ne veut pas l'accueillir.
Derrière une apparence de compassion et d'urgence qui singe la charité, on empêche à chaque fois une véritable réflexion de fond. Prétendre gérer une situation qui est toujours un échec permet surtout de valider la démission de notre société face à l'idéologie libertaire et le fourvoiement d'un certain corps médical.
De sujet qu'elle est et demeure malgré son esclavage, la personne devient objet au service d'une mauvaise cause et subit un mal déguisé en bien. Car on ne tue jamais par amour et l'on ne rend pas service à une personne en l'empoisonnant.
L'héroïne et autres dérivés morphiniques injectés sont toujours toxiques pour le consommateur, créant une forte dépendance physique, perte de sensations, dénutrition, troubles du sommeil, de la mémoire, de l'attention. Par la dépendance physique rapide, le besoin impérieux d'argent pousse le toxicomane à dépenser des fortunes pour son produit et négliger tout le reste pour éviter d'être en manque. Cela mène vite au trafic de drogue, à la rupture familiale et sociale, à toutes les combines possibles, à la violence ou à la prostitution pour payer sa drogue. Les réseaux de traite humaine « accrochent » de force à l'héroïne les femmes qu'ils prostituent - pour garantir leur docilité.
En cautionnant l'empoisonnement d'une personne, on se rend complice objectivement de tous ces parasites qui vivent de la drogue et de la déchéance humaine qui l'accompagne.
L'héroïne en circulation est toujours coupée, au lactose, caféine, médicaments, barbituriques, et même strychnine, et les effets conjugués peuvent être dévastateurs. Quand un mélange particulièrement toxique arrive sur le marché, il faut de longues semaines, et des victimes, avant de pouvoir réagir. Et il est impossible de deviner par avance quelle cochonnerie coupera ce que le drogué va s'injecter. Le monde de la toxicomanie, c'est un monde ou le pire est toujours possible.
Dans les « salles de shoot », vont-ils à chaque fois lui tester son poison ?
La prochaine étape sera logiquement la fourniture de produits « propres » par un État revendeur, seul moyen pour lui d'être cohérent dans sa démission.
Une héroïne un peu trop pure, l'organisme du drogué un peu trop délabré ou d'autres incidents et ça peut être l'overdose.
Une bulle dans le sang lors de l'injection, et c'est l'embolie.
Prétendent-ils garantir l'injection sûre ?
Nous sommes là dans l'irrationnel à prétendre garantir une prise de risque majeure que le drogué renouvelle plusieurs fois par jour, tous les jours. Ces « spécialistes » parlent des drogués avec une vision froide et idéologique, comme des cas sociaux qu'il faut fournir et gérer. Comme le Planning familial parle des femmes qui avortent.
La confiance nécessaire pour aider le drogué est très difficile car le mot de respect n'a plus de sens pour lui. Il ment aux autres comme il se ment à lui-même. Son horloge interne, c'est la drogue, et rien d'autre n'a de valeur pour lui.
Comment envisager un traitement suivi contre le sida et l'hépatite et une prévention des risques, sans confiance réciproque, sans la conscience de la personne de sa propre dignité ?
Ceux qui « accompagneront » les « shoots » des toxicomanes vont accompagner leur déchéance, et seuls les chanceux échapperont au sida, à l'hépatite et à l'overdose. Car quand on prive la personne de sa responsabilité, il ne lui reste plus que la chance. Et la vie est courte et aléatoire quand on s'injecte de la mort tous les jours.
S'ils leur proposent de choisir d'arrêter ou de continuer, combien auront le courage de risquer le sevrage ?
Il faut avoir côtoyé des toxicos pour imaginer à quel point la mort est déjà en eux : « arrêter » ne fait pas partie de leur programme. De cet esclavage qui conduit à la mort, seul un cheminement vertical peut les aider à se dégager, avec leur consentement, mais portés et entourés vers la vie par un accompagnement exigeant, parce qu'aimant.
Aucune autre perspective ne devrait même être envisagée.
Pour ce qui est des sevrages par substitution, des produits sont généreusement proposés. Si la prise de Méthadone (4) est contrôlée, le Subutex est distribué en pharmacie et devient source de trafic divers, d'abus, d'usage dangereux, ou crée une autre accoutumance, comme l'explique Jean-Luc Maxence (5), qui a dirigé un centre de désintoxication et fait le procès de l'échec des politiques publiques de distribution des produits de substitution sans accompagnement dans la durée, car sans foi dans l'homme.
Disons-le clairement, seul le sevrage total et sans substitution est réaliste et raisonnable. Il fait disparaître la dépendance, mais doit être accompagné sur le long terme pour que le drogué fasse la paix avec lui-même et les autres, et puisse reprendre sa place parmi nous. C'est précisément ce que font des associations catholiques qu'il faut aider et promouvoir (voir les adresses en fin d'article).
Exercer une violence, relative mais nécessaire, sur une personne, pour son bien, par le sevrage de drogue, est moins absurde que de lui fournir les moyens de s'injecter la mort.
Un drogué qui se dégage de cet engrenage redevient un citoyen, un être libre et une âme disponible pour la grâce.
Mais si la drogue tue et avilit, la fragilité humaine - comme pour le sida et la sexualité des jeunes - fait prospérer des associations dont les buts sont souvent pervertis par cet autre poison qu'est l'idéologie, et l'idée fausse qu'ils se font du bien des personnes.
Le révolutionnaire idéalise l'homme dans ses capacités et dans ses droits et veut le préserver de la dure réalité de sa responsabilité devant ses actes et dans sa vie. Mais comment retrouver sa dignité et grandir en devenant libre sans dépassement de soi et sans sacrifice ?
Dispensé d'office du principe de réalité, le pauvre se retrouve au bout du compte livré à une nature sans raison ni grâce, à dépendre du bon vouloir des associations et de « l'État fatalité ». Car la providence est pour les âmes capables de Dieu. Pour les autres, il reste les libertés illusoires et les prisons de l'esprit.
La perversion du bien et la singerie de la charité aboutissent finalement à la même résignation désespérée selon laquelle l'être humain, réputé bon sauvage, n'est pas capable de trouver le chemin de son bien sans l'aide de structures associatives bien-pensantes et de la manne étatique. Bien qui consistera à aménager leur prison et à faire prospérer des parasites qui vivent de la misère des autres.
Le développement de la toxicomanie est ainsi le symptôme de l'échec cuisant d'une société sans Dieu ni bien, où tout se vaut et se vend, où les êtres doivent subsister « hors sol », sans racine ni foi, ou la parole se monnaie et l'engagement se reprend, et dont le seul idéal proposé semble être celui de jouir et de consommer sans cesse pour évacuer l'angoisse d'une vie sans perspective éternelle. Ayant déjà renoncé à mener une guerre sans pitié à la drogue (6), notre société semble renoncer définitivement à mettre en œuvre les capacités de générosité, de force et d'espérance dont les êtres humains sont pourtant réellement capables.
Car notre dignité d'enfants de Dieu, créés pour aimer et être aimés de Lui, subsiste toujours en nous, ineffaçable malgré tous nos actes. C'est cette perspective retrouvée dans la joie libératrice du pardon accordé et reçu, qui réintègre tant d'anciens drogués dans leur dignité et leur procure enfin la paix du cœur après toutes ces souffrances provoquées par la drogue.
La grâce divine nous attend toujours pour reprendre le chemin du seul royaume qui vaille d'y sacrifier sa vie, celui de la libre respiration de notre âme en vue de la vie éternelle.
Dominique Morin PRESENT du 14 août 2010

(1) Se shooter veut dire, chez les drogués, se piquer avec une seringue.
(2) « Autosupport des usagers de drogue », association militant pour la légalisation de toutes les drogues.
(3) Les drogues sont très consommées dans les milieux homosexuels et ces associations politisées font feu de tout bois.
(4) Des produits permettant de calmer le manque de drogue comme Méthadone et Subutex, mais s'ils sont mal utilisés, ils risquent d'entraîner une dépendance, d'où le risque de rechute.
(5) Fondateur du centre DIDRO à Paris et auteur de Réponse aux tricheurs de la drogue aux Presses de Valmy et le flic et le thérapeute aux éditions Entrelacs.
(6) Pour récupérer les zones de non-droit, véritables enclaves trafiquantes, quelle est la volonté réelle de l'état ? Que risquent ceux qui donnent la mort en vendant de la drogue ? Il semble plus facile de « gérer » la toxicomanie que de remettre en cause les trafics et la démission morale de nos élites.
Cet article et d'autres sont sur mon blog : dominiquemorin.over-blog.com

De bonnes adresses pour aider des drogués
Communauté Saint Jean Espérance :
• Les Besses, 36180 Pellevoisin, tél. 02 54 39 03 10
• La Bretèche, 49410 Le Mesnil-en-Vallée, tél. 02 41 78 93 18
• Couesmé : tél. 02 47 93 28 74.
Communauté Le Cénacle :
• Fraternité Vierge de la Divine Providence : Chemin des Cousterés, 65100 Lourdes, tél. 05 62 94 77 27 (pour les garçons).
• Fraternité Sainte Bernadette : 5 rue du Rietord, 65100 Lourdes, tél. 05 62 94 24 02 (pour les filles).
• Fraternité Mère de Miséricorde : 15 rue de la Garde, 65100 Bartrès : 05 62 42 34 77 (pour les filles).
Association Le Phare :
• 133 boulevard de la Croix Rousse, 69004 Lyon, tél. 04 78 28 26 62, et un site internet : drogues.familles.free.fr.
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Que les hommes d'arme bataillent et que Dieu donne la victoire! (Jeanne d'Arc) Patriotiquement votre.

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