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De l'avortement à l'euthanasie

Publié : 04/11/2009 - 17:55
par Pat
Et toujours le même scénario

Dans notre société sur-médiatisée, l'émotion est devenue le vecteur principal des réformes politiques. Pour faire passer des lois qui pourraient heurter l'opinion publique, les lobbies ont compris qu'il faut jouer sur la corde sensible des Français. Avortement. Mariage homosexuel Euthanasie. Le scénario est, depuis trente ans, toujours le même.

- Le 5 octobre 1971, Le Nouvel Observateur publie le manifeste dit « des 343 salopes » qui contient l'appel à la désobéissance civile suivant : « Un million de femmes se font avorter chaque année en France. Elles le font dans des conditions dangereuses en raison de la clandestinité à laquelle elles sont confrontées, alors que cette opération, pratiquée sous contrôle médical, est des plus simples. On fait le silence sur ces millions de femmes. Je déclare que je suis l'une d'elles, je déclare avoir avorté. De même que nous réclamons le libre accès aux moyens anticonceptionnels, nous réclamons l'avortement libre. » Ce manifeste est notamment signé par Catherine Deneuve, Yvette Roudy, Marie-France Pisier ou Françoise Sagan. Chacun des signataires s'expose à des poursuites pénales.

Un drame réel, des témoins de « moralité », une émotion intense, une loi


Un an plus tard s'ouvre le procès de Bobigny. Cinq femmes se trouvent dans le box des accusés. Parmi elles Marie-Claire, une jeune fille de seize ans, qui a avorté après avoir été violée par un garçon de son lycée. A ses côtés, quatre autres femmes : sa propre mère, une modeste employée de la RATP, qui l'a conduite à l'hôpital pour qu'elle y subisse un avortement, et trois membres du corps médical qui ont pratiqué l'acte interdit par une loi de 1920. La justice se trouve face à un drame. Un drame humain épouvantable. L'horreur du viol. L'innocence d'une gamine souillée à tout jamais. Une mère démunie qui élève seule sa fille. Personne, même parmi les plus farouches adversaires de l'avortement, ne peut rester insensible face à cette tragédie.
- Le lobby de l'avortement, qui, depuis les événements de Mai 1968, tente de faire sauter le verrou, va l'instrumentaliser avec succès. La défense des accusées est assurée par Maître Gisèle Halimi. Le tribunal va lui servir de tribune pour prendre l'opinion publique à témoin. Son argument est simple. Une jeune fille, victime d'un viol, se retrouve face à la justice, pour avoir refusé de garder son enfant. Ce n'est pas elle qui est coupable, c'est la loi qui interdit l'avortement.
- Les témoins défilent. Le scientifique et académicien Jean Rostand. Les Prix Nobel et biologistes Jacques Monod et François Jacob. La comédienne Françoise Fabian. L'homme politique Michel Rocard. L'écrivain Simone de Beauvoir. Le professeur Paul Milliez, médecin et catholique, qui affirme à la barre : « Je ne vois pas pourquoi nous, catholiques, imposerions notre morale à l'ensemble des Français. » Aux termes de la plaidoirie de Gisèle Halimi, la jeune fille, est relaxée. Les autres accusées le sont également ou simplement condamnées à des peine de sursis.
- Dans tout le pays, l'émotion est intense. Pour ou contre l'avortement. Le débat est lancé. Chacun prend position. Articles de presse. Pétitions, livres. Le sujet n'est plus tabou. Il faut légiférer. Le 26 novembre 1974, Simone Veil monte à la tribune de l'Assemblée nationale. La discussion du projet de loi relatif à l'interruption volontaire de la grossesse peut commencer. Le 17 janvier 1975, la loi autorisant l'avortement est publiée au Journal officiel. En deux ans, l'exploitation d'un drame incontestable a permis de transgresser l'interdit absolu. Celui de se débarrasser de l'enfant à naître.

Conseils aux scénaristes en manque d'imagination

Le 16 janvier 2004, un homosexuel, Sébastien Nouchet, est grièvement brûlé par trois individus qui, affirme-t-il, l'auraient attaqué en raison de son orientation sexuelle. La machine médiatique se met en branle. Un homme a été brûlé vif en France parce qu'il est homosexuel. On évoque Himmler et son fameux discours contre les pédérastes. La France, patrie des droits de l'Homme, ne peut pas tolérer de tels actes. Quelle que soit l'opinion de chacun sur l'homosexualité, personne ne peut accepter qu'un jeune soit brûlé pour une telle pratique. Il faut donc légiférer. Le 8 décembre, les parlementaires votent une loi créant la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité et incluant un dispositif contre l'homophobie.
- En janvier 2005, le député UMP, Christian Vanneste, donne son point de vue sur l'homosexualité : « L'homosexualité est une menace pour la survie de l'humanité. [...] Je n'ai pas dit que l'homosexualité était dangereuse. j'ai dit qu'elle était inférieure à l'hétérosexualité. Si on la poussait à l'universel, ce serait dangereux pour l'humanité. [...] Pour moi leur comportement est un comportement sectaire. » Ça ne vous rappelle rien ? Himmler bien sûr : « Si j'admets qu'il y a un à deux millions d'homosexuels, cela signifie que 7 à 8 % ou 10 % des individus de sexe masculin sont homosexuels. Et si la situation ne change pas, cela signifie que notre peuple sera anéanti par cette maladie contagieuse. A long terme, aucun peuple ne pourrait résister à une telle perturbation de sa vie et de son équilibre sexuel. »
- Le 14 janvier 2006, Vanneste est condamné en premier instance pour ses propos. L'élu, qui est la première victime de la loi, fait appel. Le 25 janvier 2007, suivant en cela les réquisitions du parquet, la cour d'appel de Douai confirme, et même aggrave la décision des premiers juges. Forts du pacs et d'une loi qui interdit toutes remarques qui ne constituerait l'éloge de la sodomie, le lobby homosexuel entend passer à la vitesse supérieure. L'ultime étape est clairement annoncée : la reconnaissance du mariage entre homosexuels et le droit à l'adoption d'enfant, par ces derniers. Le scénario est déjà écrit. D'ici quelques mois, les médias nous présenteront un enfant abandonné dans un orphelinat (Mieux choisi que Sébastien Nouchet ? Sa plainte a débouché sur un non-lieu. Le magistrat instructeur a conclu à « l'absence d'élucidation des circonstances dans lesquelles sont survenues les brûlures ». Il a fait appel.
- Alors imaginez. Le regard désespéré d'un enfant sans parent. L'ambiance lugubre d'une maison d'accueil pour un enfant seul. Son désir légitime d'être aimé. Personne ne veut de lui. Personne ? Si, justement, deux femmes veulent l'adopter. Elle sont belles. Elles travaillent. Elle sont maternelles. Elles lui apportent du réconfort depuis des années. Va-t-on le laisser grandir loin de leur affection ? Ce n'est pas envisageable. Des adultes viendront témoigner. Ils ont été élevés par deux hommes ou deux femmes. Ils ont toujours été heureux. Epanouis. Choyés. L'enfant tentera de mettre fin à ses jours. Il n'en pouvait plus d'être seul. Séparé de celles qui veulent l'élever. Comme deux vraies mamans. Le législateur interviendra. Et l'impossible se réalisera. Les homosexuels pourront adopter.

L'euthanasie s'invite dans les urnes... funéraires

Le 24 septembre 2000, le jeune Vincent Humbert devient tétraplégique, aveugle et muet à la suite d'un accident de voiture. Une vie brisée. Une vie désormais privée de toute espérance terrestre. Un drame ignoble pour le jeune homme. Un calvaire pour sa mère. La France découvre cette souffrance incommensurable. Chacun se sent concerné. Le 24 septembre 2003, la mère tente d'abréger ses souffrances en lui injectant un produit mortel. Il sombre clans le coma. Elle est arrêtée.
- Les médias se saisissent de l'affaire. Deux jours plus tard, son médecin traitant met un terme définitif à ses souffrances. Vincent Humbert décède. Le 2 janvier 2006, le parquet requiert un non-lieu à l'encontre de la mère et du médecin. La campagne en faveur de la dépénalisation de l'euthanasie est lancée. Toutefois, elle patine. Le corps médical est réticent. Les parlementaires hésitent. L'opinion publique est incertaine. Le choc de Vincent Humbert n'a pas suffi.
- En 2007, la campagne électorale bat son plein. Air du temps : le compassionnel. La campagne pour l'euthanasie redémarre. Le 7 mars, deux mille soignants lancent un manifeste : « Nous soignants, avons aidé un patient à mourir. Parce que, de façon certaine, la maladie l'emportait sur nos thérapeutiques, parce que, malgré des traitements adaptés, les souffrances physiques et psychologiques rendaient la vie du patient intolérable, parce que le malade souhaitait en finir, nous, soignants, avons, en conscience, aidé médicalement des patients à mourir avec décence. Tous les soignants ne sont pas confrontés à ce drame, mais la majorité de ceux qui assistent régulièrement leurs patients jusqu'à la mort, utilisent, dans les circonstances décrites, des substances chimiques qui précipitent une fin devenue trop cruelle, tout en sachant que cette attitude est en désaccord avec la loi actuelle [...] Aussi nous demandons l'arrêt immédiat des poursuites judiciaires à l'encontre des soignants mis en accusation ; une révision de la loi dans les plus brefs délais, dépénalisant sous conditions les pratiques d'euthanasie, en s'inspirant des réformes déjà réalisées en Suisse, en Belgique et aux Pays-Bas ; des moyens adaptés permettant d'accompagner les patients en fin de vie, quels que soient les lieux, (domicile, hôpital, maisons de retraite) et les conditions de vie. Il s'agit là, d'accorder à chaque personne, une singularité, une valeur absolue, qui se nomme, selon le préambule et l'article premier de la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948 : la dignité. »
- Ce « manifeste des 2 134 » - cela ne vous rappelle rien ? - n'est pas dû au hasard. Il est intervenu trois jour avant l'ouverture, devant la cour d'assises de Périgueux, du procès de deux femmes, une infirmière et un médecin, accusées d'empoisonnement et encourant trente ans de réclusion criminelle pour avoir administré une dose mortelle de chlorure de potassium à une malade atteinte d'un cancer du pancréas en phase terminale.
- Une fois encore, le cancer est une maladie qui bouleverse tous ceux dont un proche en est mort. ta souffrance. La déchéance physique, lente, mais irrémédiable. Lorsque le cœur s'arrête de battre, c'est un corps décharné qui s'arrête de vivre. A quoi bon prolonger une vie qui ne vaut plus la peine d'être vécue ? L'euthanasie est donc nécessaire.
- 1975, la vie amputée à son commencement. 2007, la vie amputée à son terme. Le scénario a parfaitement fonctionné. A quoi servent les enfants handicapés ? A rien. Certains ont sans doute la solution.
Thierry Normand Le Choc du Mois Mars 2007

Re: De l'avortement à l'euthanasie

Publié : 06/11/2009 - 11:02
par Corinne
je suis contre l'avortement....Pour moi, il y a crime à partir du moment où le coeur du bébé bat....
Maintenant, il y a beaucoup de questions subsidiaires...en cas de viol ou d'inceste...il me semble que l'avortement est humain et normal...il ne faut pas bousiller complètement une femme en l'obligeant à porter un enfant issu de ce genre de rapport...et le bébé? la DASS?une vie de merde dans une famille qui ne le veut pas?
non, il faut réfléchir...

Pour l'Euthanasie, Je suis pour, en tant que soignant, j'ai trop vu de gens souffrir...et heureusement, beaucoup d'équipes sont humaines....

Maintenant attention aussi à la demande d'euthanasie pour se débarrasser de papy et avoir l'héritage plus vite...
j'ai déjà eu le cas avec un papy qui était arrivé, très très mal...la famille avait porté de costume mortuaire...mais on a sauvé le papy et on s'est fait engueuler par la famille!

penser aussi que l'humain est bien pourri....

Re: De l'avortement à l'euthanasie

Publié : 06/11/2009 - 14:14
par Miroir
D'accord avec Corinne.
Je suis contre l'avortement par principe, ce n'est jamais une bonne solution, il y a toujours des séquelles, qu'elles soient physiologiques ou psychologiques. Il n'en est pas moins vrai que dans certains cas c'est la solution la moins mauvaise.
En ce qui concerne l'euthanasie, je passe pas mal de temps dans une maison de retraite (ma mère et ma belle-mère y résident) et je vois trop de pépés et de mémés qui réclament depuis parfois vingt ans le droit de mourir. Bien sûr, il y a de gros risques de dérives, et c'est justement pour ça qu'il faut légiférer, donc légaliser.
Le principal problème, à mon avis, est que nous avons souvent pu constater que les gouvernements dégénérés et leurs auxiliaires du même acabit ne respectent jamais les garde-fou qu'ils ont eux-même mis en place pour faire accepter les lois qui présentent des risques de dérive.
En conclusion, je suis opposé à toute légalisation tant que ne seront pas aux commandes du pays des hommes et des femmes politiques en qui nous pourrons avoir totale confiance.

Re: De l'avortement à l'euthanasie

Publié : 06/11/2009 - 14:42
par Corinne
oui, c'est vrai...100%

Re: De l'avortement à l'euthanasie

Publié : 10/01/2010 - 19:13
par Pat
Loi sur l'avortement en Espagne : l'attitude musclée de l'épiscopat espagnol

Rien ne ressemble moins au scénario français de l'adoption et de l'aggravation de la loi sur l'avortement -loi Veil, puis lois Aubry - que celui qui se déroule actuellement en Espagne. Non pas que les arguments, les mensonges et les manipulations des pro-mort aient beaucoup changé : ce sont les mêmes. Mais en Espagne, la hiérarchie catholique se mobilise avec une forte énergie qui a été sans doute le premier moteur de la grande manifestation d'octobre. Un million et demi de personnes dans la rue : l'événement était organisé par des laïcs et les évêques n'étaient pas en première ligne dans ce combat civil, mais ils en avaient donné l'impulsion.

En fin de semaine dernière, lors de la conférence de presse de clôture de l'Assemblée de la Conférence épiscopale espagnole, son secrétaire Mgr Juan Antonio Martinez Camino a lu à l'intention des journalistes une note sur le projet de loi libéralisant l'avortement dans ce pays, dite de « santé sexuelle et reproductive », qui venait de franchir sa première étape devant le Parlement. Rigoureuse et claire :

« 1. L'Assemblée plénière fait expressément sienne la Déclaration du 17 juin dernier de la commission permanente parue sous le titre Sur l'avant-projet de loi sur l'avortement : l'attentat contra la vie de ceux qui vont naître transformé en "droit". Les évêques recommandent chaleureusement sa lecture.

« 2. Comme le disait la commission permanente, ce projet de loi "constitue une grave régression par rapport à l'actuelle loi de dépénalisation, qui est déjà elle-même injuste". Nulle personne respectueuse des impératifs de la droite raison ne peut approuver ni donner sa voix à ce projet de loi. En particulier, les catholiques doivent se rappeler que s'ils le font, ils se mettent eux-mêmes publiquement dans une situation objective de péché et que, tant que dure cette situation, ils ne pourront être admis à la Sainte Communion (cf. la Lettre du préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, de juin 2004, au président de la Conférence épiscopale des États-Unis d'Amérique). »

Notons que le préfet de cette Congrégation était à l'époque un certain cardinal Joseph Ratzinger...

« 3. Nous catholiques sommes pour le "oui" à la vie des êtres humains innocents et sans défense qui ont le droit de naître ; pour le "oui" à une éducation affective-sexuelle adéquate qui rend capable d'amour véritable ; pour le "oui" à la femme enceinte, qui doit être efficacement soutenue dans son droit à la maternité ; pour le "oui" aux lois justes qui favorisent le bien commun et qui ne confondent pas l'injustice avec le droit. »

Mgr Martinez Camino a ensuite répondu aux questions des journalistes en apportant des précisions que les pro-mort français n'ont jamais entendues, ou du moins, pas publiquement.

Celui qui aura voté pour la loi actuellement débattue « devra se confesser et rectifier publiquement s'il veut recommencer à communier ». « La situation objective de péché se résout par la confession et par la réparation publique du dommage causé », a-t-il ajouté. Et de s'étonner de l'étonnement des journalistes puisque, a-t-il rappelé, il n'y a là aucune nouveauté, mais seulement un « rappel de la doctrine et de la manière de procéder dans le monde entier».

Mais pas toujours en France...

Par ailleurs, mercredi, les responsables de l'association pro-vie espagnole « Derecho a vivir » (« Droit de vivre ») ont remis au Congrès espagnol 350 exemplaires d'un livre sur l'avortement et ses liens avec l'Holocauste, destinés à être remis à chacun des élus appelés à voter la loi espagnole sur la « santé sexuelle et l'avortement ». Une lettre de mise en garde les accompagne : ces livres portent des illustrations insoutenables, des images de fœtus démembrés photographiés dans les poubelles des cliniques d'avortement espagnoles.

C'est l'idée des pro-vie aux Etats-Unis : « L'Amérique ne rejettera l'avortement que si l'Amérique voit l'avortement. »

On a pu vérifier l'idée par les référendums irlandais et portugais : en Irlande, la campagne n'hésita pas à montrer l'avortement tel qu'il est, et le «non» au «droit» de mettre fin à la vie des tout-petits l'emporta. Au Portugal, on fit une campagne plus souriante, axée sur les droits de la femme, évitant de «stigmatiser» quiconque. L'avortement aujourd'hui légal au Portugal a déjà fait des milliers de victimes avec la complicité des pouvoirs publics.

Les députés espagnols, eux, sont en train d'être mis devant leurs responsabilités. Ils ne pourront pas dire : « Je ne savais pas. »

JEANNE SMITS Présent du 5 décembre 2009
• Davantage d'informations sur leblogdejeannesmits.blogspot.com.

Re: De l'avortement à l'euthanasie

Publié : 10/01/2010 - 19:15
par Pat
L'avortement est-il un droit en France ?

Le Salon beige se faisait récemment l'écho du dernier article de Pierre-Olivier Arduin, responsable de la Commission bioéthique et vie humaine du diocèse de Fréjus-Toulon, dans La Nef, sur l’avortement. Il y écrit que l'avortement est en France simplement dépénalisé, et non un droit comme l'affirment les associations féministes. Cette affirmation ne me paraît pas exacte pour de multiples raisons que j'avais d'ailleurs développées dans Présent en 2001 lors de l'adoption des lois Aubry qui ont profondément remanié le droit de l'« interruption volontaire de grossesse ». C'est un débat d'une grande importance, sur le plan juridique, car de la manière dont on considère la question dépend largement la manière d'y réagir. Ci-dessous, voici l'article que je publie dans Présent daté de demain en réponse à La Nef, en toute confraternité et avec beaucoup de respect pour le travail et l'engagement de Pierre-Olivier Arduin, avec le souci d'arriver à un débat courtois sur la question.

La dernière livraison de La Nef contient une intéressante analyse de Pierre-Olivier Arduin, responsable de la Commission bioéthique et vie humaine du diocèse de Fréjus-Toulon, sur l’avortement. Sous le titre « Repenser le débat », il demande que la « chape de plomb » sur le « crime abominable » de l’avortement soit levée. Le débat, dit-il en substance, est aujourd’hui possible à propos de la tragique stabilité des chiffres de l’avortement, qu’aucune politique liée à la contraception ne modifie. Possible et facilité par la répugnance des plus jeunes médecins à pratiquer des « IVG ». Doit aussi « faire effraction dans l’espace public et médiatique » la souffrance engendrée par le syndrome post-avortement. Ce débat, « il appartiendrait d’ailleurs à l’Eglise de France, dans la richesse de toutes ses composantes, d’en être le principal protagoniste », assure Pierre-Olivier Arduin, discrètement critique.

Dans la mesure où « l’Etat n’est pas prêt à abolir la loi sur l’avortement », Arduin propose que les efforts immédiats portent sur la révision de la loi Veil-Aubry afin de l’assortir de mesures dissuasives et d’une exigence d’entretien obligatoire dont la fonction explicite serait dissuasive afin que la femme candidate à l’« IVG » connaisse toutes les aides publiques, actuelles et nouvelles, mises à sa disposition pour garder son enfant. Ce serait assurément un moindre mal. Et c’est, en somme, la position prise par nombre de « pro-vie » qui, pour des raisons diverses, ne veulent pas s’aventurer sur la revendication de l’abrogation des loi sur l’avortement.

Mais je reste perplexe devant la manière dont, au fond, Arduin justifie cette position. Voyez plutôt :

« Sur le plan juridique, écrit-il, nous ne devons pas oublier que la législation en vigueur, présentée fallacieusement par les lobbys pro-avortement comme un droit, ne constitue jamais qu’une dépénalisation de l’avortement. Nous sommes bien dans un régime dérogatoire, qui même si nous ne l’approuvons pas, ne saurait être confondu avec un régime d’autorisation. »

Cela était assurément vrai pour les deux premières moutures de la loi : celle de 1975 et 1979, qui prévoyaient une dépénalisation pour les femmes en état de « détresse » et ceux qui pratiqueraient des « IVG » sur elles dans les conditions définies par la loi, et maintenait les sanctions pénales frappant l’avortement au titre de l’article 317 du Code pénal.

Puis est venu nouveau Code pénal, entré en vigueur en 1994. Le délit d’avortement provoqué en tant que tel en a disparu. Il est remplacé par l’article 223-10 ainsi rédigé : « L’interruption de la grossesse sans le consentement de l’intéressée est punie de cinq ans d’emprisonnement et de 500 000 F d’amende. » La perspective est ainsi totalement renversée : le délit n’est plus réprimé en tant qu’il porte atteinte à l’enfant à naître, mais en ce qu’il ne respecte pas la volonté de la femme, qui donc a contrario s’exerce librement tant que les conditions de la légalité de l’« interruptions » sont respectées.

L’article 223-11, lui, réprime toute « interruption » illégale de la grossesse, mais seulement sur autrui, rien n’étant dit de la femme qui s’avorte elle-même ou qui demande et subit un tel avortement. Pour elle, le délit d’avortement n’existe plus.

La situation deviendra encore bien plus nette avec les lois Aubry entrées en vigueur en juillet 2001. L’article 223-10 est abrogé. Seul est donc considéré comme un délit le non-respect de la volonté de la femme.

Disparaissent quasi toutes les dispositions du Code de la santé mettant une limite à l’avortement : l’entretien obligatoire préalable devient facultatif pour les majeures, le délit de provocation à l’avortement n’existe plus (puisque le délit d’avortement a disparu et que le mot « avortement » ne figure même plus au Code pénal), la publicité pour l’avortement est autorisée, l’objection de conscience est retreinte puisque les médecins refusant de pratiquer l’acte doivent non plus seulement en avertir leurs patientes mais les diriger vers un médecin qui accepte de pratiquer des avortements, et les chefs de services de gynécologie-obstétrique publics sont tenus de les organiser. Les sanctions qui subsistent pour les « IVG » pratiquées en dehors des conditions légales, ne s’appliquent pas aux femmes demandant l’avortement et leur répression est organisée par le Code de la santé publique. Il n’y a pas beaucoup d’exemples de procès à ce titre et il faut bien souligner que le fait qu’en certaines circonstances l’IVG demeure illégale ne change rien au fait qu’elle soit à tous égards traitée comme un droit tant qu’elle respecte les conditions de la loi.

Loin d’être considérées comme des délits éventuellement excusables, voire systématiquement excusés, les « interruptions volontaires de grossesse » pratiquées dans les conditions prévues par la loi bénéficient même d’une protection spécifique aggravée : les sanctions pour délit d’entrave à toute interruption légale de la grossesse ont été doublées sous le régime de la loi Aubry, et le champ de l’entrave a été fortement élargi, puisque toute pression, même morale ou psychologique, tendant à empêcher le projet d’une femme ayant choisi d’avorter, est passible de peines d’amende et de prison.

C’est ce qui me faisait écrire, dans Présent du 1er juin 2001, que le « droit à l’IVG » avait été « définitivement voté ». Parce que l’exception devenait la règle. Que la protection de l’enfant à naître, pour ténue et hypocrite qu’elle soit, cédait le pas à la protection absolue de la décision d’avorter de la femme. Que rien ne l’empêche, en fait ni en droit, d’avorter pendant les délais légaux : à l’époque la presse s’était focalisée sur leur allongement, mais ce n’était pas l’aspect le plus condamnable de la loi comme nous l’écrivions alors.

Ce débat est important. Il s’agit de savoir sur quoi on se bat, et pourquoi. J’espère que Pierre-Olivier Arduin sera prêt à s’y engager.

Source : www.present.fr.

Re: De l'avortement à l'euthanasie

Publié : 27/01/2010 - 13:59
par Pat
Le Pen et l’avortement (RTL)

Au cours du Grand Jury RTL Le Monde d’hier, Jean-Marie Le Pen a été interrogé à nouveau sur l'avortement. Voici ses propos, selon la retranscription qu’en a faite Philippe Carhon du Salon Beige (merci à lui - et on lira avec intérêt son commentaire).

Jean-Michel Aphatie : Concernant l'IVG, (…) je voulais savoir si vous y étiez toujours hostile ?

Jean-Marie Le Pen : Oui j'y suis hostile. Pour y être hostile, je ne suis pas pour autant de ceux qui pensent qu'il faut modifier la loi Chirac-Veil tout de suite. C'est une loi qui a tout à fait raté son objectif parce que la loi avait pour but avoué de diminuer le nombre des avortements en France qui était de 70 000 par an et il est maintenant de 220 000 par an. Je dis que dans ce domaine là, il faut se garder de faire du moralisme. Il faut essayer d'être efficace. Mon objectif est de diminuer le nombre des avortements en permettant aux femmes qui souhaitent garder leur enfant [de le faire] car il y en a beaucoup qui ne le gardent pas pour des raisons sociales, parce qu'elles n'ont pas le logement ou les ressources nécessaires. Je dis que l'Etat doit faire ce qu'il faut pour encourager les jeunes filles ou les jeunes femmes [à garder leur enfant] car ce sont souvent des mères de famille quelques fois de 2 ou 3 enfants qui procèdent à des avortements. Je considère l'avortement toujours comme un drame personnel et un drame national. Je m'efforce d'apporter à ce grand problème une solution qui soit à la fois humaine et politique.

Jean-Michel Aphatie : C'est une question importante parce qu'elle dit le regard qu'a le pouvoir sur des femmes et donc leur égalité dans la société et aussi le libre-arbitre qui est le (leur).

Jean-Marie Le Pen : Si vous étendez le libre-arbitre comme cela, vous pouvez l'étendre aux assassins. L'Etat corrige le libre-arbitre et cela s'appelle la Loi.

19 février 2007 http://yvesdaoudal.hautetfort.com

Re: De l'avortement à l'euthanasie

Publié : 27/01/2010 - 14:00
par Pat
Le Pen et la culture de mort

Le Salon Beige reproduit des propos de Jean-Marie Le Pen, interrogé en « chat » sur l’Express.fr. Ils résument très clairement son opinion d’homme politique sur l’avortement et l’euthanasie.

« La vie humaine est sacrée et c'est un principe de notre civilisation. C'est pourquoi il faut résoudre ces problèmes. Les lois qui ont voulu encadrer l'IVG ont échoué. L'avortement est toujours un drame individuel et collectif car nous n'avons pas assez d'enfants. Il faut essayer d'aider ces femmes. Il y a 220 000 avortements maintenant. Ce que l'Etat peut faire et doit faire c'est favoriser l'accueil de la vie chez ces femmes en détresse. L'euthanasie est aussi un problème gravissime. En 50 ans nous avons gagné 15 ans de vie supplémentaire. Bien sûr il y a une dégénérescence physique et physiologique qui accompagne la vieillesse alors évidemment l'euthanasie c'est la solution facile. Dans certain pays à partir de 70 ans on ne rembourse plus les frais médicaux. Il ne faut pas d'acharnement thérapeutique et utiliser des méthodes antidouleur mais on ne peut pas accepter l'euthanasie. »

20 mars 2007 http://yvesdaoudal.hautetfort.com

Re: De l'avortement à l'euthanasie

Publié : 27/01/2010 - 15:16
par criquette92
Quand on pense à tous ces couples qui ne peuvent pas avoir d'enfants...
Ils seraient prêts à adopter les enfants non désirés.

Au lieu de cela, on les laisse adopter des enfants à l'étranger, après un parcours du combattant de plusieurs années.

Re: De l'avortement à l'euthanasie

Publié : 27/01/2010 - 15:19
par Pat
En France, on préfère assassiné les bébés plutôt que de les faire adopter.

Re: De l'avortement à l'euthanasie

Publié : 30/01/2010 - 21:31
par Prodeo
.
Le point de vue de Jeanne Smits, journaliste chez Présent :

http://leblogdejeannesmits.blogspot.com/

_

Re: De l'avortement à l'euthanasie

Publié : 30/01/2010 - 23:56
par supergaulois
criquette92 a écrit :Quand on pense à tous ces couples qui ne peuvent pas avoir d'enfants...
Ils seraient prêts à adopter les enfants non désirés.

Au lieu de cela, on les laisse adopter des enfants à l'étranger, après un parcours du combattant de plusieurs années.



en parlant de ça, ils font venir des haitiens pour etre adopter, un véritable commerce :shock:

Re: De l'avortement à l'euthanasie

Publié : 31/01/2010 - 0:56
par criquette92
ça me rappelle le film SOLEIL VERT avec charlton Heston fil de richard Fleischer

La merveilleuse scène où je ne sais plus quel personnage prend son ticket d'euthanasie pour mourir
dans un auditorium en visionnant un film de paysage bucolique avec vaches et prairies et cerisiers en fleurs, ou peut-être bien des pommiers.... je ne sais plus. :saoul:

Re: De l'avortement à l'euthanasie

Publié : 31/01/2010 - 10:35
par Miroir
criquette92 a écrit :ça me rappelle le film SOLEIL VERT avec charlton Heston fils de richard Fleischer

La merveilleuse scène où je ne sais plus quel personnage prend son ticket d'euthanasie pour mourir
dans un auditorium en visionnant un film de paysage bucolique avec vaches et prairies et cerisiers en fleurs, ou peut-être bien des pommiers.... je ne sais plus. :saoul:

C'est cette scène qui m'a fait découvrir la 6ème symphonie de Beethoven.
Non, la culture musicale n'est pas mon point fort...

P.S.: si mes souvenirs sont bons, c'étaient surtout des prairies et des troupeaux de moutons.

Re: De l'avortement à l'euthanasie

Publié : 31/01/2010 - 12:46
par criquette92
Miroir a écrit :
criquette92 a écrit :ça me rappelle le film SOLEIL VERT avec charlton Heston fils de richard Fleischer

La merveilleuse scène où je ne sais plus quel personnage prend son ticket d'euthanasie pour mourir
dans un auditorium en visionnant un film de paysage bucolique avec vaches et prairies et cerisiers en fleurs, ou peut-être bien des pommiers.... je ne sais plus. :saoul:

C'est cette scène qui m'a fait découvrir la 6ème symphonie de Beethoven.
Non, la culture musicale n'est pas mon point fort...

P.S.: si mes souvenirs sont bons, c'étaient surtout des prairies et des troupeaux de moutons.


oui c'est exact.

Une belle symphonie de blancs : la laine des moutons et les pommiers en fleurs. :cerf:

Re: De l'avortement à l'euthanasie

Publié : 31/01/2010 - 17:10
par Prodeo
.
Lorsque les moutons sont impliqués, les pigeons ne sont pas très loin.

:mortderire:
_

Re: De l'avortement à l'euthanasie

Publié : 31/01/2010 - 19:34
par criquette92
:tchin1: :tchin1: :appaudir:

c'est ben vrai :pale:

Re: De l'avortement à l'euthanasie

Publié : 23/02/2010 - 13:34
par Pat
Les chiffres avant la loi Veil

Le nombre des avortements demeure presque constant !

Chiffre par définition difficile à évaluer puisque les actes sont clandestins on estime entre 150 000 et 500 000 le nombre d'avortements réalisés chaque année en France au début du XXe siècle. Et si la législation est très sévère, les juges acquittent alors dans 60 à 80 % des cas. Mais après les ravages de la Grande guerre et les menaces de dénatalité qui pèsent sur le pays, les poursuites sont plus fréquentes et la moyenne des acquittements passe alors sous les 20 %.

La loi de 1939, dite « Code de la famille », puis le gouvernement de Vichy font de l'avortement un crime d'État Ce qui n'empêche pas, là encore, les avortements clandestins. Selon l'Union nationale des caisses d'allocations familiales (UNCAF), le chiffre des décès est de 20 000 à 60 000 par an dans les années trente.

Lorsque le gouvernement de Valéry Giscard d'Estaing élabore son projet de loi sur l'Interruption volontaire de grossesse, en 1974, le chiffre officiellement retenu est de 300 000 avortements clandestins annuels. Loin du million avancé par les associations militantes, mais sans doute encore au-dessus de la réalité qu'on pense aujourd'hui avoir été autour de 250 000.

Nous n'entrerons pas ici dans le système des décomptes, les «pro» et les «anti» retournant chacun les chiffres à l'appui de leur démonstration. Une seule certitude, preuve d'un échec dramatique de toutes les politiques : le nombre d'avortements est demeuré presque constant, ne parvenant pas à descendre sous la barre des 200 000 actes annuels, ce que vient encore confirmer le rapport de l'IGAS remis à Roselyne Bachelot le 2 février dernier.

De 250 000 par an, le taux s'est légèrement infléchi jusque dans les années 80 pour remonter doucement dans les années suivantes. Le nombre total d'IVG, en France métropolitaine, a augmenté entre 2001 et 2007 de 5,5 %, passant de 202 180 à 213 382.
FLASH-magazine du 11 février 2010

Re: De l'avortement à l'euthanasie

Publié : 23/02/2010 - 13:35
par Pat
Qui a recours à l'avortement ?

En tête, les femmes de 20 à 24 ans, suivies par les femmes de 25 à 29 ans, puis celles âgées de 18 à 19 ans.
Concernant les adolescentes, ie nombre annuel d'IVG déclarées depuis la loi Veil de 1975 a stagné, voire augmenté (entre 8000 et 10 600), atteignant près de 6 % du nombre total d'IVG.
Le nombre d'IVG pour 1 000 femmes âgées de 15 à 49 ans atteint 14,7 en 2007. Les taux de recours se stabilisent après avoir progressé pour les femmes les plus jeunes jusqu'en 2006.
Les recours à l'IVG demeurent plus fréquents dans les DOM, dans le sud de la métropole et en Île-de-France. Dans ces régions, plus de 17 femmes sur 1000 sont concernées, contre moins de 10 en Pays-de-Ia-Loire ou en Normandie. En Paca, où l'on constate un fort accroissement des IVG (plus 26 % en huit ans) et où une grossesse sur quatre finit par un avortement, on tire la sonnette d'alarme. Pour le Planning familial et la Direction régionale des Affaires sanitaires et sociales (Drass), cette évolution "illustre un relâchement dans les pratiques contraceptives très préoccupant".
Le constat est le même en ce qui concerne les mineures, pour qui la loi Aubry (2001) prévoit, outre l'allongeent du délai légal d'IVG, la suppression de l'autorisation parentale. Pour beaucoup de professionnels de l'action sociale, ces mesures ne résolvent en ien la situation de jeunes filles en grande difficulté sociale ou famille, qui 'ont pas eu accès à la prévention ni à information, sont victimes de tabous Et parfois de violences sexuelles.
C'est aux âges extrêmes que la fréquence des avortements par rapport à celle des grossesses est la plus éleée. Aprês 40 ans, une grossesse sur deux se termine par une IVG.
Il apparaît que la moitié des femmes qui ont recours à l'avortement vivent en couple et, pour les trois quarts, il s'agit d'un premier avortement Seules 5 % en ont déjà eu deux ou plus. Très préoccupant également : 72 % des IVG ont réalisées sur des femmes qui taient sous contraception.
Enfin, ce sont chaque année 5 000 femmes qui vont avorter à l'étranger parce qu'elles ont dépassé le délai légal d'IVG.

M,C.-R. FLASH-magazine du 11 février 2010