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Re: EUTHANASIE: Face à la demande de légalisation

Publié : 19/11/2009 - 10:31
par Miroir
Prodeo a écrit :
Miroir a écrit :Désolé, mon ami, je ne vois pas en quoi le fait de préférer disparaitre avant de devenir une épave peut donner une indication sur la charité de la personne concernée.

La charité dont je parlais était surtout celle que doit avoir toute personne qui doit aider un malade.

C'est bien ce que je pensais, nous sommes bien d'accord là-dessus aussi. Les soignants dont je parlais évoquaient leur fin, pas celle de leurs malades. Tu avais une fois de plus lu ce que tu t'attendais à trouver au lieu de ce que j'avais écrit.
Prodeo a écrit :
Miroir a écrit :Pourquoi les médecins devraient-ils prendre une telle décision à la place de quelqu'un qui est encore capable de la prendre seul ?
D'ailleurs je pense que ce ne devrait jamais être à un médecin de prendre une telle décision.
En fait je n'évoquais pas ici une situation de douleur physique insupportable, il s'agissait simplement de dégénérescence du cerveau, hélas commune lorsque l'age avance.

En vertu de quel principe un médecin refuserait-il de me laisser piloter l'anti-douleur alors même que c'est la base des soins palliatifs ?
Je ne veux pas laisser au médecin le choix de me tuer ou pas. Je préfère qu'il fasse l'impossible pour m'aider à supporter la douleur jusqu'au bout.

C'est exactement ce que j'ai écrit, ce n'est pas au médecin de prendre cette décision, surtout si tu es capable de la prendre toi-même.
Prodeo a écrit :
Miroir a écrit :Si mon cerveau arrête progressivement de fonctionner, pour moi c'est un élément interne, je ne vois pas ce qu'on pourrait y faire de l'extérieur, à part prolonger un peu à coups de médicaments.

Si ton cerveau ne répond plus pourquoi te préoccupes-tu théoriquement de ton sort ? Laisse les choses se faire naturellement.

Entre le moment où mon cerveau commencera à me trahir et celui où il ne répondra plus du tout il peut se passer pas mal de temps... Je ne veux pas me sentir devenir progressivement un légume.
Je pense à une dame que je connais, qui fut maître de conférence à la Sorbonne, et qui subit ça en ce moment, elle se rend compte chaque jour que ses facultés ont baissé depuis la veille, je ne sais pas comment soulager une telle détresse.
Prodeo a écrit :
Miroir a écrit :Tu peux être certain que nous sommes d'accord sur bien plus d'un point. :D

Au fond des choses, je n'en doute pas. :wink:

Miroir a écrit :Que ceux qui croient que la vie doit être défendue à tout prix décident de vivre le plus longtemps possible quoi qu'il arrive est leur droit le plus strict, mais qu'ils n'imposent pas leur croyance à ceux qui préfèrent en finir plus tôt pour respecter ce qu'ils croient être leur dignité.

Comme tout le monde, chacun peut choisir entre le bien et le mal. De même, chacun peut choisir de porter atteinte à la loi sacrée de la vie. Qu'il le fasse simplement en parfaite connaissance de cause et qu'il en mesure pleinement les conséquences.
:wink:

Nous sommes donc d'accord là-dessus aussi, que chacun juge sa situation d'après sa conception du bien et du mal.
Quant à savoir s'il existe une loi sacrée de la vie et ce qu'elle est, là aussi à chacun d'en juger.

Re: EUTHANASIE: Face à la demande de légalisation

Publié : 19/11/2009 - 14:47
par Corinne
Quels échanges!!!!

je suis désolée d'en avoir raté car chez moi, je n'ai plus de connexion pour le moment...je suis à mon centre..

Nous sommes d'accord sur plusieurs points...

le premier c'est qu'en l'état actuel de l'état, il est bien difficile d'avoir confiance...j'en conviens...

Mon cher Prodéo...j'ai suivi plusieurs malades en fin de vie.Le problème n'est pas de savoir gérer les antalgiques ou non.Le problème est de savoir trouver une unité de soin ou on te laisserait le faire!

Au nom du fait qu'on ne doit pas tuer une personne, j'ai vu des gens souffrir le martyre et hurler des nuits entières...car on leur refusait une dose supplémentaire de morphine ou autre de peur de leur provoquer un arrêt cardiaque précoce !!!

Là, c'est une honte pour nous tous!

Il ne faut pas être utopiste..Il y a des centre où la douleur est , à peu près bien gérée, et d'autres où ce n'est pas le cas...Le soucis est le degré d'humanité des soignants et aussi leurs convictions religieuses, et c'est ça qui me fait hurler de rage parfois!

Comment peut -on refuser à une personne mourante une dose en plus d'antalgique pour ne pas risquer de la tuer plus tôt au nom de principes religieux?

ça dépasse ma capacité de raisonnement...
Une heure plus tôt ou plus tard...10 heures plus tôt...et alors?

Nous parlons en tant qu'adultes en théorisant sur le bien ou le mal, en nous projetant sur notre propre mort et ce que nous aimerions faire ou qu'il soit fait, parce que nous pensons être capables de prendre des décisions pour nous même , et les enfants alors?

Honte à l'humanité de laisser des enfants en fin de vie agoniser au nom de principes religieux!!!

Je pense que la médecine et la religion sont deux choses différentes et qu'il n'est pas bon de mélanger les deux...(pour soi, peut-être, mais pas pour l'ensemble)

Je suis croyante, à ma façon...je pourrais prier pour un être entrain de mourir en sachant que le médecin vient de lui donner une dernière dose fatale pour le soulager...parce que c'est bien.

J'ai vu des patients sur lesquels on continuait à s'acharner à effectuer des soins techniques alors que la vie(l'étincelle de vie) avait quitté le corps et que la personne encore vivante pour quelques minutes ne réagissait plus...juste pour ne pas être accusés d'euthanasie par la famille qui trainait le Prêtre comme un chien de garde...

Si ce n'est pas de l'abus lié à la religion, c'est quoi?

Tout le monde sait que l'euthanasie se pratique discrètement, car les équipes soignantes sont des humains qui ont leurs limites, et qui sont charitables...

On veut seulement mettre un cadre légal.
Là, je suis d'accord.

cependant, il faut faire attention car il peut y avoir des abus...supprimer mamy ou papy car la maison de retraite coute cher par exemple...

Il faut donc un cadre stricte.

Par extension, on peut aussi parler du droit au suicide...là aussi archi-tabou!

Que ce soit une mort donnée activement par soi-même ou passivement, par euthanasie... la société n'est pas capable d'assumer ses échecs.

Re: EUTHANASIE: Face à la demande de légalisation

Publié : 21/11/2009 - 13:22
par Prodeo
Miroir a écrit :C'est bien ce que je pensais, nous sommes bien d'accord là-dessus aussi. Les soignants dont je parlais évoquaient leur fin, pas celle de leurs malades. Tu avais une fois de plus lu ce que tu t'attendais à trouver au lieu de ce que j'avais écrit.

Je suis peut-être parfois trop fatigué pour te comprendre du premier coup. Raison de plus pour être encore plus clair. Mais, je ne cherche pas à tordre le sens de tes explications pour les faire coïncider avec mes vues. Tout au plus, j'essaie de me rappeler quels sont les paramètres qui m'ont conduit à passer de ton mode de pensée à celui que j'ai aujourd'hui, en sachant très bien qu'il est très présomptueux de penser que ce qui m'a servi peut servir à d'autres sans que des éléments qui me sont totalement indépendants viennent jouer un rôle dont je suis incapable.

Miroir a écrit :C'est exactement ce que j'ai écrit, ce n'est pas au médecin de prendre cette décision, surtout si tu es capable de la prendre toi-même.

De plus en plus les médecins prennent en compte les observations et désirs des malades, notamment en matière de soins palliatifs. Mais, il est certain qu'il y a encore beaucoup de choses à faire pour généraliser cette pratique à tout le monde médical.

Miroir a écrit :Entre le moment où mon cerveau commencera à me trahir et celui où il ne répondra plus du tout il peut se passer pas mal de temps... Je ne veux pas me sentir devenir progressivement un légume.

Il est donc nécessaire de mettre les choses au point avec les médecins et nos proches pour parer toute éventualité.

Miroir a écrit :Je pense à une dame que je connais, qui fut maître de conférence à la Sorbonne, et qui subit ça en ce moment, elle se rend compte chaque jour que ses facultés ont baissé depuis la veille, je ne sais pas comment soulager une telle détresse.

Comme tu t'en doute, je ne peux pas valablement m'exprimer pour un cas particulier dont je ne connais pas tous les paramètres. Je suis sûr que tu es à même de résoudre ce problème avec elle, ses proches et l'équipe médicale qui lui prodigue ses soins.

Miroir a écrit :Nous sommes donc d'accord là-dessus aussi, que chacun juge sa situation d'après sa conception du bien et du mal.

Ce n'est pas ce que je dis. Ma conception ne peut être valable que si elle respecte certaine lois naturelles. Elle devient pernicieuse dès lors que je m'en écarte. Il y a un relativisme qui est vraiment dangereux. Il vaut mieux le savoir et tout tenter pour ne pas tomber dans ce travers.

Miroir a écrit :Quant à savoir s'il existe une loi sacrée de la vie et ce qu'elle est, là aussi à chacun d'en juger.

Pour que chacun puisse en juger, ne faut-il pas que tout le monde soit parfaitement informé sur tout ce qui doit constituer une analyse complète et juste ? Mais, même si ce but est atteint, peut-on être sûr d'en tirer les bonnes conclusions et les bonnes actions à mener ? Ne faut-il pas que des principes qui se sont élaborés auprès de millions de cerveaux particulièrement éclairés à travers les millénaires, viennent au secours d'un pauvre cerveau humain individuel qui n'a pas assez d'une vie pour faire le tour de toutes les questions ?
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Re: EUTHANASIE: Face à la demande de légalisation

Publié : 21/11/2009 - 13:52
par Miroir
Corinne a écrit :Nous parlons en tant qu'adultes en théorisant sur le bien ou le mal, en nous projetant sur notre propre mort et ce que nous aimerions faire ou qu'il soit fait, parce que nous pensons être capables de prendre des décisions pour nous même , et les enfants alors?

Je n'ai aucune expérience du suivi d'un enfant en fin de vie, heureusement d'ailleurs!
J'éviterai donc de donner une opinion sur un sujet que je ne connais pas.

Re: EUTHANASIE: Face à la demande de légalisation

Publié : 21/11/2009 - 13:58
par Miroir
Prodeo a écrit :
Miroir a écrit :Nous sommes donc d'accord là-dessus aussi, que chacun juge sa situation d'après sa conception du bien et du mal.

Ce n'est pas ce que je dis. Ma conception ne peut être valable que si elle respecte certaine lois naturelles. Elle devient pernicieuse dès lors que je m'en écarte. Il y a un relativisme qui est vraiment dangereux. Il vaut mieux le savoir et tout tenter pour ne pas tomber dans ce travers.

Tout dépend en effet de ce qu'on considère comme des lois naturelles. Il faut les respecter autant que possible, nous sommes d'accord, le tout est de les reconnaître, voir le point suivant.
Prodeo a écrit :
Miroir a écrit :Quant à savoir s'il existe une loi sacrée de la vie et ce qu'elle est, là aussi à chacun d'en juger.

Pour que chacun puisse en juger, ne faut-il pas que tout le monde soit parfaitement informé sur tout ce qui doit constituer une analyse complète et juste ? Mais, même si ce but est atteint, peut-on être sûr d'en tirer les bonnes conclusions et les bonnes actions à mener ? Ne faut-il pas que des principes qui se sont élaborés auprès de millions de cerveaux particulièrement éclairés à travers les millénaires, viennent au secours d'un pauvre cerveau humain individuel qui n'a pas assez d'une vie pour faire le tour de toutes les questions ?

Bien sûr, il faut s'aider de la réflexion des millions de cerveaux qui avant nous se sont penchés sur ces questions, seulement les conclusions auxquelles ils ont abouti varient suivant les cultures et les Traditions.

Re: EUTHANASIE: Face à la demande de légalisation

Publié : 21/11/2009 - 15:31
par Prodeo
Corinne a écrit :Quels échanges !!!

Nous essayons d'avancer sur le chemin ingrat des connaissances toujours insuffisantes et qui, pourtant, nous demandent tout de même de faire des choix et de trancher, même la mort dans l'âme.

Corinne a écrit :je suis désolée d'en avoir raté car chez moi, je n'ai plus de connexion pour le moment... je suis à mon centre..

Tant que nous sommes vivants, nous aurons toujours l'occasion de parvenir à dialoguer.

Corinne a écrit :Nous sommes d'accord sur plusieurs points...

Espérons que ces points se multiplieront au fur et à mesure de réflexions communes.

Corinne a écrit :le premier c'est qu'en l'état actuel de l'état, il est bien difficile d'avoir confiance... j'en conviens...

Il est déjà très difficile d'avoir confiance en soi sans courir le risque d'être trop orgueilleux. Rappelons-nous la première leçon de Socrate : "Connais-toi, toi même !" Comme si déjà la chose était un exploit presque surhumain. La religion du Christ va encore plus loin. Après se connaître soi-même, elle nous demande de nous oublier assez pour aimer les autres comme nous-même. Ce qui, d'ailleurs en passant, laisse penser que le fait d'être parvenu à ce connaître laisse supposer qu'on est capable de s'aimer soi-même. Ce que, vous en conviendrez certainement, tout le monde ne semble pas parvenir à faire.
Comme je ne sais pas si j'aurais l'occasion de vous le dire encore une fois, je vous répète humblement que c'est pour cela que je suis revenu réfléchir à la religion chrétienne. Enfin comprendre déjà ce que voulait dire ce mot "religion". Enfin comprendre que cela veut dire qui relie. Mais qui, non seulement relie à Dieu, mais surtout relie à tous ceux qui, beaucoup plus éclairés que moi, nous font la joie d'éclairer un chemin obscur pour notre faible compréhension.
Tout cela pour vous dire que la tradition chrétienne ne vient pas se substituer à ma propre pensée, elle la nourrit avec tout ce que je n'ai pas encore pu apprendre et ne pourrait sans doute plus apprendre par faute de temps et d'assez de clairvoyance. Comme vous le voyez, pour moi la religion n'est pas un oracle magique, c'est une lanterne qui m'empêche de trébucher sur les pierres qui encombrent notre chemin.

Corinne a écrit :Mon cher Prodéo... j'ai suivi plusieurs malades en fin de vie. Le problème n'est pas de savoir gérer les antalgiques ou non. Le problème est de savoir trouver une unité de soin ou on te laisserait le faire !

Je sais. Raison de plus pour insister dans cette voie afin qu'elle s'élargisse considérablement.

Corinne a écrit :Au nom du fait qu'on ne doit pas tuer une personne, j'ai vu des gens souffrir le martyre et hurler des nuits entières... car on leur refusait une dose supplémentaire de morphine ou autre de peur de leur provoquer un arrêt cardiaque précoce !!!

Hélas, comme nous le savons, la perfection n'est pas de ce monde. Il sera toujours difficile d'avoir partout et en tout temps des hommes assez évolués pour faire ce qu'il faut quand il faut.

Corinne a écrit :Là, c'est une honte pour nous tous !

Nous avons mille raisons d'avoir honte pour la multitude de travers humains qui sont souvent à l'origine de la plupart de nos souffrances et de nos misères.

Corinne a écrit :Il ne faut pas être utopiste.. Il y a des centre où la douleur est, à peu près bien gérée, et d'autres où ce n'est pas le cas... Le soucis est le degré d'humanité des soignants et aussi leurs convictions religieuses, et c'est ça qui me fait hurler de rage parfois !

En principe, les convictions religieuses (si elle sont chrétiennes -car ailleurs je dois me montrer prudent-) et bien comprise devraient être une aide et non un obstacle. D'ailleurs, combien y a-t-il d'esprits médiocres qui ce cachent derrière cet écran commode pour tenter de masquer leurs faiblesses à comprendre et à aimer ?

Corinne a écrit :Comment peut-on refuser à une personne mourante une dose en plus d'antalgique pour ne pas risquer de la tuer plus tôt au nom de principes religieux ?

On ne le peut déjà pas humainement, ce n'est donc pas pour l'accepter sur un plan plus évolué encore.

Corinne a écrit :ça dépasse ma capacité de raisonnement...
Une heure plus tôt ou plus tard... 10 heures plus tôt... et alors ?

Comme dans l'avortement, le temps est utilisé comme une tromperie. Comme il est évident qu'un enfant n'est pas un amas de cellules pendant quelques semaines pour devenir dès le lendemain enfin un être à part entière, la souffrance et la fin de vie ne se décrète pas. Elle se voit et ce sent et doit recevoir la réponse adaptée à la dignité de chacun, à commencer par celle de la personne la plus fragile : le malade.

Corinne a écrit :Nous parlons en tant qu'adultes en théorisant sur le bien ou le mal, en nous projetant sur notre propre mort et ce que nous aimerions faire ou qu'il soit fait, parce que nous pensons être capables de prendre des décisions pour nous même, et les enfants alors ?

Les enfants, plus que nous encore, ne demandent qu'à vivre. Lorsque ce n'est plus possible, ils sont comme les adultes, ils doivent recevoir toute notre attention et tout notre amours envers les autres.

Corinne a écrit :Honte à l'humanité de laisser des enfants en fin de vie agoniser au nom de principes religieux !!!

A ma connaissance, aucun principe chrétien permet de rendre insupportable l'agonie d'un quelconque mourant. Ceux qui veulent entretenir ces fables pour nuire à la religion du Christ sont des criminels et des traitres à l'Eglise.

Corinne a écrit :Je pense que la médecine et la religion sont deux choses différentes et qu'il n'est pas bon de mélanger les deux... (pour soi, peut-être, mais pas pour l'ensemble).

Non ! C'est illogique ! La religion accompagne tout acte de la vie humaine pour aider chaque être à voir plus loin qu'il ne peut lui-même le faire en une seule vie. Si tu refuses cette aide précieuse au nom de je ne sais trop quelle doctrine athée ou laïciste, tu ouvres vraiment la boîte de Pendore où chacun pourra amener sa petite conception étriquée comme on entre dans une auberge espagnole.

Corinne a écrit :Je suis croyante, à ma façon... je pourrais prier pour un être en train de mourir en sachant que le médecin vient de lui donner une dernière dose fatale pour le soulager... parce que c'est bien.

Le simple fait que nous disions "je crois à ma façon" est d'un orgueil démesuré. Nous manquons par là d'humilité. Qui sommes-nous donc pour dire une telle chose ?

Corinne a écrit :J'ai vu des patients sur lesquels on continuait à s'acharner à effectuer des soins techniques alors que la vie (l'étincelle de vie) avait quitté le corps et que la personne encore vivante pour quelques minutes ne réagissait plus... juste pour ne pas être accusés d'euthanasie par la famille qui trainait le Prêtre comme un chien de garde...

Hélas, nous trouverons toujours sur notre chemin des gens si imparfaits qu'ils nous feront souffrir. La religion chrétienne a fait ce qu'elle a pu depuis deux mille ans pour civiliser tous ces rapports humains. Hélas, alors qu'elle était près à aboutir, des forces obscures et sataniques ont surgit pour retourner le processus. En sortirons-nous ? Je le crois, mais que de souffrances allons-nous encore vivre avant d'atteindre cet âge d'or.

Corinne a écrit :Si ce n'est pas de l'abus lié à la religion, c'est quoi ?

C'est la faible conscience de l'esprit humain lorsqu'il est livré à lui-même sans garde-fou.

Corinne a écrit :Tout le monde sait que l'euthanasie se pratique discrètement, car les équipes soignantes sont des humains qui ont leurs limites, et qui sont charitables...

Non ! L'euthanasie ne se pratique pas discrètement. Je connais juste des médecins qui soulagent la douleur jusqu'à ce que le coeur et d'autres organes n'en puissent plus...

Corinne a écrit :On veut seulement mettre un cadre légal.
Là, je suis d'accord.

Dès lors qu'il faut légiférer, c'est le signe d'une impuissance à résoudre ce qui devrait être une évidence pour tous.

Corinne a écrit :cependant, il faut faire attention car il peut y avoir des abus... supprimer mamy ou papy car la maison de retraite coute cher par exemple...

C'est évident ! C'est exactement ce qui se passera avec ou sans une législation si l'esprit général d'un peuple va dans ce sens. Combien y a-t-il de lois non appliquées ? Tu connais aussi bien que moi la réponse.

Corinne a écrit :Il faut donc un cadre stricte.

C'est exactement le principal travers des socialistes depuis Robespierre. L'univers mental de ce dernier l'a conduit au suicide. Suicide qu'il n'a même pas été capable de réussir. Si bien qu'il souffrit le martyr pendant plus d'une dizaine d'heures, qui ont précédé sont exécution par ses adversaires politiques qui ne valaient pas mieux que lui.

Corinne a écrit :Par extension, on peut aussi parler du droit au suicide... là aussi archi-tabou !

Encore un vaste sujet à aborder. Je le garde pour plus tard, si j'ai encore la force et le temps.

Corinne a écrit :Que ce soit une mort donnée activement par soi-même ou passivement, par euthanasie... la société n'est pas capable d'assumer ses échecs.

Tu vois bien ! Alors, pourquoi veux-tu qu'elle légifère ? Pour qu'elle puisse, une fois de plus, se réfugier derrière un voile pudique pour masquer son impuissance ?
:wink:
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Re: EUTHANASIE: Face à la demande de légalisation

Publié : 23/11/2009 - 13:47
par Corinne
Tu vois Miroir, j'ai fait un stage une fois...je n'ai pas tenu...la théorie, ça allait...mais la pratique, j'ai craqué...j'ai fait 1/2 journée...

c'est insupportable...La souffrance des enfants, la mort des enfants est insupportable...

Re: EUTHANASIE: Face à la demande de légalisation

Publié : 23/11/2009 - 16:18
par Corinne
Prodéo a écrit :Il est déjà très difficile d'avoir confiance en soi sans courir le risque d'être trop orgueilleux. Rappelons-nous la première leçon de Socrate : "Connais-toi, toi même !" Comme si déjà la chose était un exploit presque surhumain. La religion du Christ va encore plus loin. Après se connaître soi-même, elle nous demande de nous oublier assez pour aimer les autres comme nous-même. Ce qui, d'ailleurs en passant, laisse penser que le fait d'être parvenu à se connaître laisse supposer qu'on est capable de s'aimer soi-même. Ce que, vous en conviendrez certainement, tout le monde ne semble pas parvenir à faire.
Comme je ne sais pas si j'aurais l'occasion de vous le dire encore une fois, je vous répète humblement que c'est pour cela que je suis revenu réfléchir à la religion chrétienne. Enfin comprendre déjà ce que voulait dire ce mot "religion". Enfin comprendre que cela veut dire qui relie. Mais qui, non seulement relie à Dieu, mais surtout relie à tous ceux qui, beaucoup plus éclairés que moi, nous font la joie d'éclairer un chemin obscur pour notre faible compréhension.
Tout cela pour vous dire que la tradition chrétienne ne vient pas se substituer à ma propre pensée, elle la nourrit avec tout ce que je n'ai pas encore pu apprendre et ne pourrait sans doute plus apprendre par faute de temps et d'assez de clairvoyance. Comme vous le voyez, pour moi la religion n'est pas un oracle magique, c'est une lanterne qui m'empêche de trébucher sur les pierres qui encombrent notre chemin.

Tu as fait un cheminement qui t'est personnel, tu es tellement plein de ta vérité que tu aimerais en inonder les autres...Tu te nourris de tes croyances, elle t'emplissent et c'est bien puisque ça te rend heureux, c'est l'essentiel...

Prodéo a écrit :Je sais. Raison de plus pour insister dans cette voie afin qu'elle s'élargisse considérablement.

Il y a un sacré travail à faire ! d'abord, désacraliser le médecin !

Prodéo a écrit :Hélas, comme nous le savons, la perfection n'est pas de ce monde. Il sera toujours difficile d'avoir partout et en tout temps des hommes assez évolués pour faire ce qu'il faut quand il faut.

Les services de santé devraient être "plus parfait " que les autres, leur pouvoir est immense !

Prodéo a écrit :En principe, les convictions religieuses (si elle sont chrétiennes -car ailleurs je dois me montrer prudent-) et bien comprise devraient être une aide et non un obstacle. D'ailleurs, combien y a-t-il d'esprits médiocres qui ce cachent derrière cet écran commode pour tenter de masquer leurs faiblesses à comprendre et à aimer ?

Pour le moment, les services de soin partent du principe de la tradition chrétienne sauf si le nom laisse à supposer autre chose.

Chacun a sa propre interprétation de ses propres convictions, même si la religion est la même...les uns font ceci, les autres font cela...
Mais finalement, ce n'est pas ça qui est important...

Je ne vois pas pourquoi toujours considérer que les esprits sont médiocres s'ils ne "captent" pas la nécessite de l'esprit saint dans un milieu médical..on peut aimer, connaitre ses faiblesses sans pour cela avoir la religion au bec à chaque parole...c'est un travail perso à faire...certain ne le feront jamais.

Prodéo a écrit :On ne le peut déjà pas humainement, ce n'est donc pas pour l'accepter sur un plan plus évolué encore.

Une fois de plus, tu fais entrer les convictions religieuses dans la souffrance et la mort... Quel plan évolué ? le plan spirituel ?
Je ne vois pas en quoi la souffrance serait un passage obligé....on peut se détacher, prier, etc...si on a l'esprit libre...se mettre en phase avec sa propre mort si la souffrance n'est pas présente...mais si tu es torturé 24/24 sur ton lit, tu finis par maudire tous les beaux principes que tu avais quand tu n'avais pas mal...
Un moment, il faut arrêter de se croire sur un chemin de croix, de souffrir pour expier(quoi?), et de penser que l'agonie amène une place au paradis...

Prodéo a écrit :Comme dans l'avortement, le temps est utilisé comme une tromperie. Comme il est évident qu'un enfant n'est pas un amas de cellules pendant quelques semaines pour devenir dès le lendemain enfin un être à part entière, la souffrance et la fin de vie ne se décrète pas. Elle se voit et ce sent et doit recevoir la réponse adaptée à la dignité de chacun, à commencer par celle de la personne la plus fragile : le malade.

On pond des chartes, comme celle du malade hospitalisé, justement quand il y a des abus... et que les humains ne sont plus capables de se situer correctement dans une démarche...
Le malade est le principal intéressé, c'est à lui de choisir ce qui est bon pour lui et ce qu'il veut...s'il veut aller jusqu'au bout, il en a le droit, s'il veut en finir, il doit aussi pouvoir le faire... de quel droit peut-on dire non ?

Prodéo a écrit :Les enfants, plus que nous encore, ne demandent qu'à vivre. Lorsque ce n'est plus possible, ils sont comme les adultes, ils doivent recevoir toute notre attention et tout notre amours envers les autres.

Les enfants ne demandent qu'à vivre oui, mais certains naissent pour agoniser et mourir...il ne faut pas faire semblant de croire que ce n'est pas vrai...
Alors , dans ce cas, c'est encore pire...les laisser ainsi et attendre ...c'est ignoble.

Prodéo a écrit :A ma connaissance, aucun principe chrétien permet de rendre insupportable l'agonie d'un quelconque mourant. Ceux qui veulent entretenir ces fables pour nuire à la religion du Christ sont des criminels et des traitres à l'Eglise.

On ne rend pas insupportable l'agonie, on la cultive, on la laisse venir... on la regarde progresser, on l'assiste, on la maintient...

Prodéo a écrit :Non ! C'est illogique ! La religion accompagne tout acte de la vie humaine pour aider chaque être à voir plus loin qu'il ne peut lui-même le faire en une seule vie. Si tu refuses cette aide précieuse au nom de je ne sais trop quelle doctrine athée ou laïciste, tu ouvres vraiment la boîte de Pendore où chacun pourra amener sa petite conception étriquée comme on entre dans une auberge espagnole.

Avant le Catholicisme, l'Europe était civilisée, je suis désolée de te le rappeler... La religion du Christ s'est imposée par la terreur, a torturé, a massacré, a détruit des écrits précieux, etc... Les Celtes, les Hyperboréens n'étaient pas des incultes qui mangeaient leur enfants... :wink:
Je ne suis pas contre le catholicisme, je suis contre le fait qu'on considère que rien n'existait avant, et que tout doive être fait en fonction de cette doctrine , parce que c'est une manipulation de la vérité...et un bourrage de crane qui a bien marché...
Le catholicisme a de bons principes, mais c'est une religion importée, venue d'une zone géographique qui n'a rien à voir avec notre Europe...
je ne suis pas d'accord avec le fait qu'on puisse prendre comme seule référence cette religion, et ne pas prendre en compte les Traditions existant auparavant et étant réellement de chez nous...

Actuellement on prend plus de précautions pour parler de nos envahisseurs muslims et leurs cousins...que de nos propres racines que l'on traine dans la boue pour imposer des principes, qui tout en n'étant pas forcément mauvais, sont aussi importés.

je ne remets pas en cause le Catholicisme, je remets en cause la façon dont les Chrétiens parlent avec dégout de ce qu'il y avait avant...Je préfère faire une part belle à nos vrais Traditions que de regarder se construire des mosquées par exemple...

Je suis contre le principe religieux dans la médecine, car le principe religieux doit être et rester quelque chose de personnel, il ne doit pas influer sur la façon de prendre en charge un patient.

Prodéo a écrit :Le simple fait que nous disions "je crois à ma façon" est d'un orgueil démesuré. Nous manquons par là d'humilité. Qui sommes-nous donc pour dire une telle chose ?

Juste des gens qui veulent garder leur libre arbitre...

Je ne manque pas d'humilité, je ne suis pas orgueilleuse... Je suis capable de laver les pieds d'un patient, ou le laver s'il s'est souillé, même si ce n'est pas mon rôle, juste pour le soulager... Il y a bien des grenouilles de bénitier qui partiraient ventre à terre, dégoutées, demander à une aide soignante de se mettre les mains dans la merde car elle n'ont pas l'humilité de le faire elle -même, et ensuite venir vous donner des bons conseils sur ce qui doit être fait....

Prodéo a écrit :Hélas, nous trouverons toujours sur notre chemin des gens si imparfaits qu'ils nous feront souffrir. La religion chrétienne a fait ce qu'elle a pu depuis deux mille ans pour civiliser tous ces rapports humains. Hélas, alors qu'elle était près à aboutir, des forces obscures et sataniques ont surgit pour retourner le processus. En sortirons-nous ? Je le crois, mais que de souffrances allons-nous encore vivre avant d'atteindre cet âge d'or.

c'est vrai qu'avant les Chrétiens, comme je te disais , on mangeait les enfants!
Mon Dieu Prodéo, toi qui est un être cultivé, fin et lettré , comment peux tu avoir gobé ça ?
je crois que nous nous en sortiront le jour où nous aurons fini de falsifier l'histoire... et quelle que soit l'époque....

Prodéo a écrit :Non ! L'euthanasie ne se pratique pas discrètement. Je connais juste des médecins qui soulagent la douleur jusqu'à ce que le coeur et d'autres organes n'en puissent plus...

Tu plaisantes là ? :D

Prodéo a écrit :Encore un vaste sujet à aborder. Je le garde pour plus tard, si j'ai encore la force et le temps.

Tu vas rester là longtemps :houra:

Prodéo a écrit :Tu vois bien ! Alors, pourquoi veux-tu qu'elle légifère ? Pour qu'elle puisse, une fois de plus, se réfugier derrière un voile pudique pour masquer son impuissance ?

Il est bon de ne pas toujours rester dans le flou artistique.
Si on légifère, on donne un cadre, qu'il soit appliqué ou non, puisque le jeu sera forcement de faire le tour, comme pour tout, tu le sais bien.

En fait, je crois que ce qui gène le plus dans le fait de légiférer autour de la mort par Euthanasie, c'est que si on donne un cadre purement légal et médical, on vire toute la sauce religieuse, et une fois de plus, c'est une perte de terrain pour les gens qui font passer le principe religieux avant l'humain...
Depuis que l'on parle de l'euthanasie, on a toujours la religion aux fesses, comme je te le disais plus haut, c'est un principe qui doit rester personnel.
Le médical doit rester technique et humain, la religion doit rester à sa place... dans le coeur des hommes...