EUTHANASIE: Face à la demande de légalisation
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EUTHANASIE: Face à la demande de légalisation
Aujourd’hui, l’euthanasie et le suicide médicalement assisté suscitent bien des discussions à travers le monde. Au Québec les médecins spécialistes viennent de se prononcer en faveur de la légalisation de l’euthanasie, d'autant plus qu'ils ont l'impression que celle-ci se pratique déjà, dans l'illégalité. (1) Nous sommes tous, de près ou de loin, concernés par cette problématique. Nous avons tous vu des gens que nous aimons souffrir et mourir lentement, sans trop savoir comment nous comporter et réagir.
Les dispositions du Code criminel canadien
Le projet de loi C-407 de décembre 2005 et celui de la loi de juin 2008 modifiant le Code criminel canadien n’ont jamais vu le jour. Ces lois modifiaient les articles 14 (Consentement à la mort), 222 ( Homicide) et 241 (Fait de conseiller le suicide ou d’y aider) de manière à ce que, sous réserve de certaines conditions, il soit établi que quiconque aide une personne à mourir dignement ne commet pas un homicide ni ne conseille ou aide la personne à se suicider. Mais pour le moment, nous sommes dans l’attente de cette révision du Code criminel.
- Le principal problème que soulève la légalisation de l’euthanasie réside dans le fait qu’on demande aux tribunaux de décider, à la place du corps médical et en bout de ligne à la place du patient et de sa famille. Comment légaliser ou punir des actes lourds de conséquence au niveau éthique et criminel? Comme chrétiens, nous ne pouvons pas nous contenter d’être bêtement contre l’euthanasie à tout prix, croyant pouvoir arrêter son processus de légalisation. La légalisation de l’euthanasie est un phénomène de plus en plus répandu à travers le monde et il n’est pas prêt de s’arrêter.
Le fondement de la législation de l’euthanasie
Il existe présentement plusieurs dispositions juridiques régissant les différentes formes d'euthanasie dans seize pays comme l'Allemagne, l'Angleterre, le Pays de Galles, la Belgique, l’Espagne, l’Italie, la Norvège, la Suède, le Danemark, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Suisse, la Grèce, la Turquie, l’Australie ainsi que les États-Unis.
- Le fondement de la justification que l'on invoque et que l’on fait valoir devant l'opinion publique repose principalement sur quatre motifs essentiels:
a) le principe de l'autonomie du sujet qui conduit certains à revendiquer le droit de pouvoir décider eux-mêmes du moment de leur mort;
b) le caractère insupportable et inutile de maintenir artificiellement en vie, parfois pendant de longues périodes, des personnes en fin de vie ou plongées dans un coma profond et irréversible;
c) la peur et le rejet de la douleur et de la souffrance qui accompagnent généralement le processus du mourir;
d) la pratique répandue de l’euthanasie, non règlementée dans certains centres de santé et hôpitaux.
Il apparaît donc important de légiférer et de définir des règles juridiques claires qui régissent, directement ou non, les différentes formes d'euthanasie pratiquée clandestinement et dans l’illégalité.
Le sens des termes euthanasie et suicide assisté
Dans le public en général, il règne une grande confusion entre l’euthanasie et le suicide assisté. Voilà pourquoi, je n’aime pas ajouter des adjectifs au mot euthanasie, comme euthanasie active ou euthanasie passive ou indirecte. Cela crée de la confusion entre des actes de soulagement légitimes et légaux et l’euthanasie. L’euthanasie est un acte médical qui a pour but de donner rapidement la mort par l’administration d’une drogue mortelle par sa nature et sa dose. La mort est causée délibérément, comme moyen de soulagement, à la demande du malade ou de sa famille. (3)
- Par contre le terne de suicide médicalement assisté désigne la mort que se donne une personne (qui n’est pas nécessairement en fin de vie, mais qui souffre d’une maladie dégénérative incurable) en prenant par voie buccale ou intraveineuse une drogue qui lui a été prescrite par un médecin ou mise à sa disposition par une tierce personne. (4)
- La distinction entre l’euthanasie et le suicide assisté doit être strictement tenue en compte dans les législations. Dans les deux cas, l’intention est la même, celle de provoquer la mort comme soulagement et d’en finir avec la souffrance; mais dans le cas de l’euthanasie l’exécution relève du médecin et dans le cas du suicide assisté elle relève du malade ou de la personne qui l’aide dans son geste ultime.
D’ailleurs cette distinction est explicite dans les législations des différents pays mentionnés plus haut.
Toute demande d’euthanasie est ambiguë
Le « Je veux mourir », adressé au médecin traitant de la part d’un malade ou des membres de sa famille, n’est pas nécessairement une demande d’euthanasie. Le Rapport Hennezel d’octobre 2003 (Mission : Fin de vie et accompagnement), affirme que derrière cette demande se cachent généralement diverses autres demandes d’attention, de réconfort, de soulagement, d’accompagnement, de recherche de sens aux souffrances, etc. Dans les milieux où les soins palliatifs sont établis dans l’organisation des soins, les malades et les familles sont soutenus par une équipe médicale qui tient compte de tous les besoins de la personne, au plan médical, pharmacologique, psychologique, social et spirituel. Même si la mort est au bout des soins palliatifs, l’intention n’est jamais euthanasique, mais d’agir dans le meilleur intérêt du patient.
- Il arrive, dans des cas bien précis, que l’équipe médicale ne parvienne pas à soulager adéquatement certaines douleurs chez des malades. Dans une thérapeutique de suivi, les médecins et les pharmaciens mettent à jour leur médication et cela peut accélérer le processus du mourir. Par une sédation suffisante, le malade est plongé dans un certain coma jusqu’à ce qu’il s’éteigne à son heure dans la mort. Ce qui est important, c’est de ne pas mourir avant notre heure, ni après notre heure. Pour moi, c’est cela le droit de mourir dans la dignité et je souhaite que la future législation de l’euthanasie demandée par les médecins soit très bien définie et encadrée pour éviter tout abus et dérapage.
La législation de l’euthanasie soulève bien des questions
L’accompagnement du malade et l’utilisation des antalgiques pour soulager la douleur sont en tout temps souhaitables, même si cela consiste à prendre des risques parfois mortels. Le but n'est pas ici de donner la mort au patient.
De plus, le maintenir artificiellement en vie, peut lui causer plus de souffrances que de bien-être.
- Sans législation, les pratiques sont hétérogènes. La tentation de répondre au vœu de mort d’une personne par un geste létal révèle très souvent un défaut de formation des médecins face à des fins de vie qu’ils ne savent pas accompagner. Ce n’est pas une loi qui fera d’eux de bons praticiens accompagnateurs. Par contre, elle peut leur fournir un bon guide d’intervention. Cependant elle ne devrait pas freiner leurs efforts pour améliorer leur pratique, pour la repenser, pour inventer une manière d’être humbles et humains auprès de ceux qu’ils ne peuvent plus guérir.
- Dans le cas d’une demande d’euthanasie, le principe d’autonomie individuelle va au-delà des limites du rationnel : « Si j’ai un droit de mort sur ma vie, pourquoi n’aurais-je pas un droit de mort sur la vie des autres? Le respect de ma vie vaut-il le respect de la vie des autres? » D’ailleurs l’Église catholique a toujours considéré la vie comme un don précieux à accueillir et à protéger du début à la fin. Elle s’oppose à toute forme d’euthanasie. (5)
- Devant une mort inévitable et imminente, il est toujours licite, en toute conscience, de décider de renoncer à des traitements agressifs et inutiles qui ne feraient que prolonger la vie, de façon précaire et pénible. Ici au Canada comme au Québec, on voit de plus en plus de gens se prémunir d’un Mandat en cas d’inaptitude et d’un Testament de fin de vie. Même si ces documents n’ont pas une valeur légale, ils demeurent très précieux dans l’orientation des décisions médicales et familiales. Plusieurs hôpitaux se sont dotés d’une feuille dans le dossier du malade, sur l’arrêt de traitements et de la non réanimation, signée par le malade lui-même ou un représentant légal en cas d’inaptitude.
- La législation ne doit en aucun cas obliger un médecin à administrer un traitement médical qu’il pourrait juger ne pas être dans le meilleur intérêt du patient et, ainsi, à enfreindre le Code de déontologie médicale et du serment d’Hippocrate. C’est pourquoi qu’il est très difficile de concilier le fait que le médecin est là pour soigner, soulager et sauver des vies et en même temps qu’il puisse aussi pratiquer l’euthanasie, en donnant la mort.
- Dans une démarche de législation, on ne peut pas ignorer le coût de plus en plus élevé des soins de santé. Les politiciens et les législateurs savent que les coûts de soins de santé les plus élevés sont engagés dans les derniers jours de la vie. Cela illustre l’équilibre délicat qui s’établit entre le maintien de la vie et la volonté de contenir les dépenses en matière de soins de santé. La volonté qu’a la société d’assurer le respect, par les professionnels de la santé, de critères professionnels et déontologiques acceptables, de protéger les personnes vulnérables, de respecter le caractère sacré de la vie humaine, ce qui ne suppose pas le maintien de la vie à tout prix, va selon la capacité de payer de ses citoyens. On ne peut pas se permettre de vivre dans une société morale et éthique idéale, sans égard aux réalités socioéconomiques de sa population. L’idéal n’est jamais réalisable, il est toujours de l’ordre du souhaitable.
Conclusion
Le malade qui se sent accompagné d'une présence affectueuse, humaine et chrétienne, ne tombe pas facilement dans la dépression et dans l'angoisse. Je ne crois pas, qu’après une éventuelle législation de l’euthanasie, qu’il y ait une recrudescence de demandes d’euthanasie. Mais il y aura toujours des demandes de droit de mourir dignement dans des soins appropriés ou palliatifs. La mort ne peut pas être aseptisée et elle sera toujours traumatisante et souffrante, et elle fait partie de notre vie. La légalisation de l’euthanasie sera toujours un mal et une défaite pour qui l’idéalise, la décide et la pratique.
(1) C'est ce qu'indique une enquête publiée mardi, 13 octobre 2009, par la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), que la firme Ipsos Descarie a menée à la fin de l'été auprès des membres de celle-ci.
(2) Bibliothèque du gouvernement, Doc. 91-9F, L’euthanasie et l’aide au suicide, Ottawa, juillet 2008.
(3) L’article 14 du Code criminel canadien prévoit que : Nul n’a le droit de consentir à ce que la mort lui soit infligée, et un tel consentement n’atteint pas la responsabilité pénale d’une personne par qui la mort peut être infligée à celui qui a donné ce consentement. Dans le contexte médical, un médecin qui, à la demande d’un patient, injecterait à celui-ci une substance délétère serait criminellement responsable du décès du patient.
(4) En vertu de l’article 241 du Code criminel canadien : Est coupable d’un acte criminel et passible d’un emprisonnement maximal de quatorze ans quiconque, selon le cas, conseille à une personne de se donner la mort, aide ou encourage quelqu’un à se donner la mort, que le suicide s’ensuive ou non, même si le suicide lui-même a été décriminalisé depuis 1992.
(5) Nous rappellerons ici la Déclaration sur l'euthanasie (1980) publiée il y a 20 ans par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi; le document du Conseil pontifical "Cor Unum": Quelques questions d'éthique relatives aux grands malades et aux mourants (1981); l'Encyclique Evangelium vitae (1995) de Jean-Paul II (en particulier n. 64 et 67 et la Charte des personnels de la santé, rédigée par le Conseil pontifical pour la Pastorale de la Santé (1995). Plus récemment, l'Académie pontificale pour la Vie a publié les Actes de son Assemblée annuelle de 2000, sur "La dignité du mourant".
Marius Morin : Octobre 2009 mariusmorin@sympatico.ca
Source : http://www.alterinfo.net
Les dispositions du Code criminel canadien
Le projet de loi C-407 de décembre 2005 et celui de la loi de juin 2008 modifiant le Code criminel canadien n’ont jamais vu le jour. Ces lois modifiaient les articles 14 (Consentement à la mort), 222 ( Homicide) et 241 (Fait de conseiller le suicide ou d’y aider) de manière à ce que, sous réserve de certaines conditions, il soit établi que quiconque aide une personne à mourir dignement ne commet pas un homicide ni ne conseille ou aide la personne à se suicider. Mais pour le moment, nous sommes dans l’attente de cette révision du Code criminel.
- Le principal problème que soulève la légalisation de l’euthanasie réside dans le fait qu’on demande aux tribunaux de décider, à la place du corps médical et en bout de ligne à la place du patient et de sa famille. Comment légaliser ou punir des actes lourds de conséquence au niveau éthique et criminel? Comme chrétiens, nous ne pouvons pas nous contenter d’être bêtement contre l’euthanasie à tout prix, croyant pouvoir arrêter son processus de légalisation. La légalisation de l’euthanasie est un phénomène de plus en plus répandu à travers le monde et il n’est pas prêt de s’arrêter.
Le fondement de la législation de l’euthanasie
Il existe présentement plusieurs dispositions juridiques régissant les différentes formes d'euthanasie dans seize pays comme l'Allemagne, l'Angleterre, le Pays de Galles, la Belgique, l’Espagne, l’Italie, la Norvège, la Suède, le Danemark, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Suisse, la Grèce, la Turquie, l’Australie ainsi que les États-Unis.
- Le fondement de la justification que l'on invoque et que l’on fait valoir devant l'opinion publique repose principalement sur quatre motifs essentiels:
a) le principe de l'autonomie du sujet qui conduit certains à revendiquer le droit de pouvoir décider eux-mêmes du moment de leur mort;
b) le caractère insupportable et inutile de maintenir artificiellement en vie, parfois pendant de longues périodes, des personnes en fin de vie ou plongées dans un coma profond et irréversible;
c) la peur et le rejet de la douleur et de la souffrance qui accompagnent généralement le processus du mourir;
d) la pratique répandue de l’euthanasie, non règlementée dans certains centres de santé et hôpitaux.
Il apparaît donc important de légiférer et de définir des règles juridiques claires qui régissent, directement ou non, les différentes formes d'euthanasie pratiquée clandestinement et dans l’illégalité.
Le sens des termes euthanasie et suicide assisté
Dans le public en général, il règne une grande confusion entre l’euthanasie et le suicide assisté. Voilà pourquoi, je n’aime pas ajouter des adjectifs au mot euthanasie, comme euthanasie active ou euthanasie passive ou indirecte. Cela crée de la confusion entre des actes de soulagement légitimes et légaux et l’euthanasie. L’euthanasie est un acte médical qui a pour but de donner rapidement la mort par l’administration d’une drogue mortelle par sa nature et sa dose. La mort est causée délibérément, comme moyen de soulagement, à la demande du malade ou de sa famille. (3)
- Par contre le terne de suicide médicalement assisté désigne la mort que se donne une personne (qui n’est pas nécessairement en fin de vie, mais qui souffre d’une maladie dégénérative incurable) en prenant par voie buccale ou intraveineuse une drogue qui lui a été prescrite par un médecin ou mise à sa disposition par une tierce personne. (4)
- La distinction entre l’euthanasie et le suicide assisté doit être strictement tenue en compte dans les législations. Dans les deux cas, l’intention est la même, celle de provoquer la mort comme soulagement et d’en finir avec la souffrance; mais dans le cas de l’euthanasie l’exécution relève du médecin et dans le cas du suicide assisté elle relève du malade ou de la personne qui l’aide dans son geste ultime.
D’ailleurs cette distinction est explicite dans les législations des différents pays mentionnés plus haut.
Toute demande d’euthanasie est ambiguë
Le « Je veux mourir », adressé au médecin traitant de la part d’un malade ou des membres de sa famille, n’est pas nécessairement une demande d’euthanasie. Le Rapport Hennezel d’octobre 2003 (Mission : Fin de vie et accompagnement), affirme que derrière cette demande se cachent généralement diverses autres demandes d’attention, de réconfort, de soulagement, d’accompagnement, de recherche de sens aux souffrances, etc. Dans les milieux où les soins palliatifs sont établis dans l’organisation des soins, les malades et les familles sont soutenus par une équipe médicale qui tient compte de tous les besoins de la personne, au plan médical, pharmacologique, psychologique, social et spirituel. Même si la mort est au bout des soins palliatifs, l’intention n’est jamais euthanasique, mais d’agir dans le meilleur intérêt du patient.
- Il arrive, dans des cas bien précis, que l’équipe médicale ne parvienne pas à soulager adéquatement certaines douleurs chez des malades. Dans une thérapeutique de suivi, les médecins et les pharmaciens mettent à jour leur médication et cela peut accélérer le processus du mourir. Par une sédation suffisante, le malade est plongé dans un certain coma jusqu’à ce qu’il s’éteigne à son heure dans la mort. Ce qui est important, c’est de ne pas mourir avant notre heure, ni après notre heure. Pour moi, c’est cela le droit de mourir dans la dignité et je souhaite que la future législation de l’euthanasie demandée par les médecins soit très bien définie et encadrée pour éviter tout abus et dérapage.
La législation de l’euthanasie soulève bien des questions
L’accompagnement du malade et l’utilisation des antalgiques pour soulager la douleur sont en tout temps souhaitables, même si cela consiste à prendre des risques parfois mortels. Le but n'est pas ici de donner la mort au patient.
De plus, le maintenir artificiellement en vie, peut lui causer plus de souffrances que de bien-être.
- Sans législation, les pratiques sont hétérogènes. La tentation de répondre au vœu de mort d’une personne par un geste létal révèle très souvent un défaut de formation des médecins face à des fins de vie qu’ils ne savent pas accompagner. Ce n’est pas une loi qui fera d’eux de bons praticiens accompagnateurs. Par contre, elle peut leur fournir un bon guide d’intervention. Cependant elle ne devrait pas freiner leurs efforts pour améliorer leur pratique, pour la repenser, pour inventer une manière d’être humbles et humains auprès de ceux qu’ils ne peuvent plus guérir.
- Dans le cas d’une demande d’euthanasie, le principe d’autonomie individuelle va au-delà des limites du rationnel : « Si j’ai un droit de mort sur ma vie, pourquoi n’aurais-je pas un droit de mort sur la vie des autres? Le respect de ma vie vaut-il le respect de la vie des autres? » D’ailleurs l’Église catholique a toujours considéré la vie comme un don précieux à accueillir et à protéger du début à la fin. Elle s’oppose à toute forme d’euthanasie. (5)
- Devant une mort inévitable et imminente, il est toujours licite, en toute conscience, de décider de renoncer à des traitements agressifs et inutiles qui ne feraient que prolonger la vie, de façon précaire et pénible. Ici au Canada comme au Québec, on voit de plus en plus de gens se prémunir d’un Mandat en cas d’inaptitude et d’un Testament de fin de vie. Même si ces documents n’ont pas une valeur légale, ils demeurent très précieux dans l’orientation des décisions médicales et familiales. Plusieurs hôpitaux se sont dotés d’une feuille dans le dossier du malade, sur l’arrêt de traitements et de la non réanimation, signée par le malade lui-même ou un représentant légal en cas d’inaptitude.
- La législation ne doit en aucun cas obliger un médecin à administrer un traitement médical qu’il pourrait juger ne pas être dans le meilleur intérêt du patient et, ainsi, à enfreindre le Code de déontologie médicale et du serment d’Hippocrate. C’est pourquoi qu’il est très difficile de concilier le fait que le médecin est là pour soigner, soulager et sauver des vies et en même temps qu’il puisse aussi pratiquer l’euthanasie, en donnant la mort.
- Dans une démarche de législation, on ne peut pas ignorer le coût de plus en plus élevé des soins de santé. Les politiciens et les législateurs savent que les coûts de soins de santé les plus élevés sont engagés dans les derniers jours de la vie. Cela illustre l’équilibre délicat qui s’établit entre le maintien de la vie et la volonté de contenir les dépenses en matière de soins de santé. La volonté qu’a la société d’assurer le respect, par les professionnels de la santé, de critères professionnels et déontologiques acceptables, de protéger les personnes vulnérables, de respecter le caractère sacré de la vie humaine, ce qui ne suppose pas le maintien de la vie à tout prix, va selon la capacité de payer de ses citoyens. On ne peut pas se permettre de vivre dans une société morale et éthique idéale, sans égard aux réalités socioéconomiques de sa population. L’idéal n’est jamais réalisable, il est toujours de l’ordre du souhaitable.
Conclusion
Le malade qui se sent accompagné d'une présence affectueuse, humaine et chrétienne, ne tombe pas facilement dans la dépression et dans l'angoisse. Je ne crois pas, qu’après une éventuelle législation de l’euthanasie, qu’il y ait une recrudescence de demandes d’euthanasie. Mais il y aura toujours des demandes de droit de mourir dignement dans des soins appropriés ou palliatifs. La mort ne peut pas être aseptisée et elle sera toujours traumatisante et souffrante, et elle fait partie de notre vie. La légalisation de l’euthanasie sera toujours un mal et une défaite pour qui l’idéalise, la décide et la pratique.
(1) C'est ce qu'indique une enquête publiée mardi, 13 octobre 2009, par la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), que la firme Ipsos Descarie a menée à la fin de l'été auprès des membres de celle-ci.
(2) Bibliothèque du gouvernement, Doc. 91-9F, L’euthanasie et l’aide au suicide, Ottawa, juillet 2008.
(3) L’article 14 du Code criminel canadien prévoit que : Nul n’a le droit de consentir à ce que la mort lui soit infligée, et un tel consentement n’atteint pas la responsabilité pénale d’une personne par qui la mort peut être infligée à celui qui a donné ce consentement. Dans le contexte médical, un médecin qui, à la demande d’un patient, injecterait à celui-ci une substance délétère serait criminellement responsable du décès du patient.
(4) En vertu de l’article 241 du Code criminel canadien : Est coupable d’un acte criminel et passible d’un emprisonnement maximal de quatorze ans quiconque, selon le cas, conseille à une personne de se donner la mort, aide ou encourage quelqu’un à se donner la mort, que le suicide s’ensuive ou non, même si le suicide lui-même a été décriminalisé depuis 1992.
(5) Nous rappellerons ici la Déclaration sur l'euthanasie (1980) publiée il y a 20 ans par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi; le document du Conseil pontifical "Cor Unum": Quelques questions d'éthique relatives aux grands malades et aux mourants (1981); l'Encyclique Evangelium vitae (1995) de Jean-Paul II (en particulier n. 64 et 67 et la Charte des personnels de la santé, rédigée par le Conseil pontifical pour la Pastorale de la Santé (1995). Plus récemment, l'Académie pontificale pour la Vie a publié les Actes de son Assemblée annuelle de 2000, sur "La dignité du mourant".
Marius Morin : Octobre 2009 mariusmorin@sympatico.ca
Source : http://www.alterinfo.net
Re: EUTHANASIE: Face à la demande de légalisation
J'ai une copine juge qui a répondu à ma question en sortant qu'une stage de formation à ce sujet...:que répondre face à une demande d'euthanasie...?
NON!
Pourquoi?
pour un truc archaïque qui existe encore dans notre législation...
Les lois à ce sujet datent de l'époque où l' Eglise faisait parti de l'Etat....
-Un humain n'a pas le droit de se donner la mort, ou par extension, on a pas le droit de l'aider...car il a une âme et seul Dieu peut donner un terme à sa vie...
pour les animaux, c'est différent, on peut les euthanasier car ils n'ont pas d'âme...
Voila la vérité sur ce débat qui ne trouve pas de solution...aussi stupide que cela puisse être.
NON!
Pourquoi?
pour un truc archaïque qui existe encore dans notre législation...
Les lois à ce sujet datent de l'époque où l' Eglise faisait parti de l'Etat....
-Un humain n'a pas le droit de se donner la mort, ou par extension, on a pas le droit de l'aider...car il a une âme et seul Dieu peut donner un terme à sa vie...
pour les animaux, c'est différent, on peut les euthanasier car ils n'ont pas d'âme...
Voila la vérité sur ce débat qui ne trouve pas de solution...aussi stupide que cela puisse être.
Doucement mais sûrement.... Dr Jekyll est devenu Mr Hyde
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Pétition : Euthanasier c'est tuer !
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http://euthanasier-c-tuer.org/index.php
Euthanasier c'est tuer !
Monsieur le député,
Comme le pense un grand nombre de citoyens français, la vie est un trésor confié par Dieu et il nous est interdit de décider, nous-mêmes, de son commencement et de son terme. Le projet de loi sur l’euthanasie qui vient d’être déposé à l’Assemblée Nationale fait naître en nous d’immenses craintes car en confiant à l’homme le droit de juger de la durée d’une vie, il laisse la porte ouverte à tous les abus, depuis le meurtre déguisé jusqu’à la justification du suicide.
En faisant de la mort un tabou et en renonçant aux politiques de soins palliatifs qui sont en réalité les seules dispositions qui assurent la véritable dignité de l’être humain, les promoteurs de cette loi risquent grandement de voir la France sombrer dans l’eugénisme utopique du Meilleur des mondes. On ne fait pas disparaître la maladie en supprimant les malades.
Nous ne pouvons penser que nos représentants politiques puissent rester muets devant un tel bouleversement que l’histoire ne pourra que déjuger. Aussi, vous invitons-nous à mettre en œuvre tous les moyens, à commencer par votre pouvoir de vote et par votre parole, pour faire barrage au projet de loi sur l’euthanasie à l’Assemblée nationale.
La pétition : voir
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http://euthanasier-c-tuer.org/index.php
Code : Tout sélectionner
[img]http://euthanasier-c-tuer.org/images/banniere.jpg[/img]Euthanasier c'est tuer !
Monsieur le député,
Comme le pense un grand nombre de citoyens français, la vie est un trésor confié par Dieu et il nous est interdit de décider, nous-mêmes, de son commencement et de son terme. Le projet de loi sur l’euthanasie qui vient d’être déposé à l’Assemblée Nationale fait naître en nous d’immenses craintes car en confiant à l’homme le droit de juger de la durée d’une vie, il laisse la porte ouverte à tous les abus, depuis le meurtre déguisé jusqu’à la justification du suicide.
En faisant de la mort un tabou et en renonçant aux politiques de soins palliatifs qui sont en réalité les seules dispositions qui assurent la véritable dignité de l’être humain, les promoteurs de cette loi risquent grandement de voir la France sombrer dans l’eugénisme utopique du Meilleur des mondes. On ne fait pas disparaître la maladie en supprimant les malades.
Nous ne pouvons penser que nos représentants politiques puissent rester muets devant un tel bouleversement que l’histoire ne pourra que déjuger. Aussi, vous invitons-nous à mettre en œuvre tous les moyens, à commencer par votre pouvoir de vote et par votre parole, pour faire barrage au projet de loi sur l’euthanasie à l’Assemblée nationale.
La pétition : voir
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« Vae caecis ducentibus, vae caecis sequentibus !
[Malheur aux aveugles qui mènent ! Malheur aux aveugles qui suivent !] » Saint Augustin.
« On sait par quelle fatalité les grands talents sont, pour l’ordinaire, plus rivaux qu’amis ; ils croissent et brillent séparés, de peur de se faire ombrage : les moutons s’attroupent, et les lions s’isolent. » Comte A. de Rivarol.
Re: EUTHANASIE: Face à la demande de légalisation
Celui qui tenterait de m'empêcher de mourir lorsque je l'aurai décidé mettrait sa propre vie en jeu. 
Errare humanum est, perseverare diabolicum.
"Ce qui doit tomber, il ne faut pas le retenir. Il faut encore le pousser." Nietzsche
"Le problème de la plupart des gens n'est pas qu'ils se fixent des objectifs trop hauts,
c'est qu'ils se fixent des objectifs trop bas et qu'ils les atteignent." Léonard de Vinci
"Ce qui doit tomber, il ne faut pas le retenir. Il faut encore le pousser." Nietzsche
"Le problème de la plupart des gens n'est pas qu'ils se fixent des objectifs trop hauts,
c'est qu'ils se fixent des objectifs trop bas et qu'ils les atteignent." Léonard de Vinci
Re: EUTHANASIE: Face à la demande de légalisation
Je suis pour l'euthanasie à partir du moment où il s'agit d'un désir réel de la personne.Je ne vois pas pourquoi on insisterait pour maintenir en vie contre sa volonté une personne qui désire mourir...Si la personne se suicide , si elle se rate, c'est encore pire...autant rester humain ...
Une personne religieuse refusera cette solution...donc je ne vois pas pourquoi on imposerait la dictature religieuse à tout le monde.
Une personne religieuse refusera cette solution...donc je ne vois pas pourquoi on imposerait la dictature religieuse à tout le monde.
Doucement mais sûrement.... Dr Jekyll est devenu Mr Hyde
Re: EUTHANASIE: Face à la demande de légalisation
Cela dépend de la religion, la mienne ne s'y oppose pas!Corinne a écrit :Une personne religieuse refusera cette solution.
Errare humanum est, perseverare diabolicum.
"Ce qui doit tomber, il ne faut pas le retenir. Il faut encore le pousser." Nietzsche
"Le problème de la plupart des gens n'est pas qu'ils se fixent des objectifs trop hauts,
c'est qu'ils se fixent des objectifs trop bas et qu'ils les atteignent." Léonard de Vinci
"Ce qui doit tomber, il ne faut pas le retenir. Il faut encore le pousser." Nietzsche
"Le problème de la plupart des gens n'est pas qu'ils se fixent des objectifs trop hauts,
c'est qu'ils se fixent des objectifs trop bas et qu'ils les atteignent." Léonard de Vinci
Re: EUTHANASIE: Face à la demande de légalisation
Je parlais des personnes qui se basent sur la Bible pour donner réponse à toute chose...
Doucement mais sûrement.... Dr Jekyll est devenu Mr Hyde
Re: EUTHANASIE: Face à la demande de légalisation
Corinne a écrit :Je parlais des personnes qui se basent sur la Bible pour donner réponse à toute chose...
J'avais bien compris!
Je ne suis pas de ceux qui cherchent la Vérité dans un vieux livre, et toi non plus je crois.
Errare humanum est, perseverare diabolicum.
"Ce qui doit tomber, il ne faut pas le retenir. Il faut encore le pousser." Nietzsche
"Le problème de la plupart des gens n'est pas qu'ils se fixent des objectifs trop hauts,
c'est qu'ils se fixent des objectifs trop bas et qu'ils les atteignent." Léonard de Vinci
"Ce qui doit tomber, il ne faut pas le retenir. Il faut encore le pousser." Nietzsche
"Le problème de la plupart des gens n'est pas qu'ils se fixent des objectifs trop hauts,
c'est qu'ils se fixent des objectifs trop bas et qu'ils les atteignent." Léonard de Vinci
Re: EUTHANASIE: Face à la demande de légalisation
C'est clair!
je m'étais amusée à faire une nouvelle forme des 10 commandements mais version Natio....remis à neuf...
juste un extrait...le reste est impubliable en publique....
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-Tu ne porteras point de faux témoignage contre ton prochain, tu ne serviras point la cause des ennemis et ne renieras point tes Origines.
-Tu ne convoiteras point les coutumes de tes ennemis; tu ne te convertiras point, tu n'accepteras jamais de te soumettre, ni ta femme, ni ton fils, ni ta fille, ni aucun de ton espèce.
On peut refaire une Bible, c'est clair!
Sur le débat au sujet de l'Euthanasie, qu'on me parle de causes morales, oui, mais pas religieuses....
Je me dis que parfois, on a plus de pitié pour un chien que pour les nôtres...
je m'étais amusée à faire une nouvelle forme des 10 commandements mais version Natio....remis à neuf...
juste un extrait...le reste est impubliable en publique....
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On peut refaire une Bible, c'est clair!
Sur le débat au sujet de l'Euthanasie, qu'on me parle de causes morales, oui, mais pas religieuses....
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Re: EUTHANASIE: Face à la demande de légalisation
*
_ Pour l'euthanasie, mais pas pour le fait que l'on se débarrasse d'une personne encombrante
J'ai prévenu, pas de survie sous forme de légume, pas de greffe, et j'espère garder suffisamment de lucidité pour décider de mon départ, seul, à mon heure
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Re: EUTHANASIE: Face à la demande de légalisation
Quand on voit ce qu'est devenu la loi, dite loi Veil, qui a l'origine, n'autorisait que certains types d'avortement, alors que nous en sommes à un minimum de 200 000 par an ......
Re: EUTHANASIE: Face à la demande de légalisation
Bien sur que l'euthanasie doit être sévèrement règlementé..on ne doit pas pouvoir se débarrasser de quelqu'un pour l'héritage ou autre!
L'avortement, c'est une forme d'euthanasie qui a largement dépassé sa fonction...
On peut avorter d'un enfant anormal, ou suite à un viol ou un inceste...mais pas pour son confort....
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Re: EUTHANASIE: Face à la demande de légalisation
Pianoforte a écrit :L'euthanasie comme aventure personnelle, d'accord. Mais comme institution, non !
Exactement ! CQFD. Quoi de plus à ajouter ?
_

« Vae caecis ducentibus, vae caecis sequentibus !
[Malheur aux aveugles qui mènent ! Malheur aux aveugles qui suivent !] » Saint Augustin.
« On sait par quelle fatalité les grands talents sont, pour l’ordinaire, plus rivaux qu’amis ; ils croissent et brillent séparés, de peur de se faire ombrage : les moutons s’attroupent, et les lions s’isolent. » Comte A. de Rivarol.
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Re: EUTHANASIE: Face à la demande de légalisation
Corinne a écrit :Je suis pour l'euthanasie à partir du moment où il s'agit d'un désir réel de la personne. Je ne vois pas pourquoi on insisterait pour maintenir en vie contre sa volonté une personne qui désire mourir... Si la personne se suicide, si elle se rate, c'est encore pire... autant rester humain...
Une personne religieuse refusera cette solution... donc je ne vois pas pourquoi on imposerait la dictature religieuse à tout le monde.
Une telle dialectique est digne de nos adversaires. T'en rends-tu compte ?
La plupart des personnes qui souhaitent qu'on les euthanasie sont des personnes en grande détresse et dans une immense solitude. Les personnes bien entourées et bien soignées n'ont pas de telles aspirations. Elles se raccrochent à la vie parce que c'est la loi naturelle instinctive de tout être vivant.
Gardons-nous de toute littérature et d'avis de personnes bien portantes qui peuvent se permettre le luxe de théoriser un tel sujet.
En quoi une religion qui s'en remet à un simple bon sens envers les lois de la vie pourrait-être taxée de "dictature" sans commettre un abus de langage ?
Corinne a écrit :Je parlais des personnes qui se basent sur la Bible pour donner réponse à toute chose...
Même si je me base sur les Evangiles des Apôtres qui nous ont transmis la parole de Jésus-Christ, en l'absence de cette parole et suivant une logique pleinement humaine, je parviens aux mêmes conclusions acceptables. Le choix de la vie avant toute chose. Et, lorsque ce n'est plus possible, tout tenter pour apaiser le moral et les souffrances de la personne en fin de vie. Mais, pas l'euthanasie institutionnalisée si chère aux "marchands de vie".
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Re: EUTHANASIE: Face à la demande de légalisation
Je parle d'expériences en tant que soignant et d'expérience personnelle aussi...
Je ne suis pas entrain de faire le jeux de nos adversaires...
Lorsque je bossais en psy, on a eu à s'occuper brièvement d'un homme paraplégique à qui on refusait l'euthanasie(évidemment), il s'est ensuite tiré une balle dans la bouche et s'est raté...Il a fini prisonnier de son corps, nourrit par sonde parentérale puisqu'il n'avait plus de mâchoire, tétraplégique , et avec des escarres....
Juste une question....
Tu crois que c'est humain?
Je crois qu'il faut relativiser et faire au cas par cas...On a pas le droit de s'acharner à faire vivre une personne qui a un désir profond et de bonnes raisons d'en finir...
Ma propre Mère était dépressive, elle faisait tentative de suicide sur tentative de suicide...on la sortait de là à chaque fois...ça a commencé j'avais 10 ans...j'ai été "dressée" à surveiller les lames de rasoir, les médicaments, les armes(mon père en avait), etc...
Elle sortait de l'hôpital en signant des décharges et ça recommençait la fois suivante...
Elle a pourri la vie de son entourage, mon enfance et mon adolescence...
Franchement...
Le jour où elle a réussi, ça a été un soulagement.
Facile de théoriser, mais moi, je l'ai vécu.
et ensuite, pour se sortir de ce schéma, soit tu es fort, soit tu plonges, et la chaine peut se reproduire à l'infini...
Mieux vaut mourir dignement, en paix avec les siens...je ne suis pas là pour raconter mon expérience de soignant...C'est vrai que j'ai vu aussi partir des personnes de façon correcte...ou alors plongées dans ce qu'on appelle un coma artificiel...
Je suis profondément pour l'euthanasie, pas n'importe comment, ni pour n'importe quoi....certes...
Je ne suis pas entrain de faire le jeux de nos adversaires...
Lorsque je bossais en psy, on a eu à s'occuper brièvement d'un homme paraplégique à qui on refusait l'euthanasie(évidemment), il s'est ensuite tiré une balle dans la bouche et s'est raté...Il a fini prisonnier de son corps, nourrit par sonde parentérale puisqu'il n'avait plus de mâchoire, tétraplégique , et avec des escarres....
Juste une question....
Tu crois que c'est humain?
Je crois qu'il faut relativiser et faire au cas par cas...On a pas le droit de s'acharner à faire vivre une personne qui a un désir profond et de bonnes raisons d'en finir...
Ma propre Mère était dépressive, elle faisait tentative de suicide sur tentative de suicide...on la sortait de là à chaque fois...ça a commencé j'avais 10 ans...j'ai été "dressée" à surveiller les lames de rasoir, les médicaments, les armes(mon père en avait), etc...
Elle sortait de l'hôpital en signant des décharges et ça recommençait la fois suivante...
Elle a pourri la vie de son entourage, mon enfance et mon adolescence...
Franchement...
Le jour où elle a réussi, ça a été un soulagement.
Facile de théoriser, mais moi, je l'ai vécu.
et ensuite, pour se sortir de ce schéma, soit tu es fort, soit tu plonges, et la chaine peut se reproduire à l'infini...
Mieux vaut mourir dignement, en paix avec les siens...je ne suis pas là pour raconter mon expérience de soignant...C'est vrai que j'ai vu aussi partir des personnes de façon correcte...ou alors plongées dans ce qu'on appelle un coma artificiel...
Je suis profondément pour l'euthanasie, pas n'importe comment, ni pour n'importe quoi....certes...
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Re: EUTHANASIE: Face à la demande de légalisation
Miroir a écrit :Corinne a écrit :Je parlais des personnes qui se basent sur la Bible pour donner réponse à toute chose...
J'avais bien compris!
Je ne suis pas de ceux qui cherchent la Vérité dans un vieux livre, et toi non plus je crois.
Cela m'étonne de toi, cher Miroir. J'aurais cru que tu t'intéressais plus au contenu qu'au contenant. Veux-tu que nous demandions aux Apôtres de nous mettre tout cela sur CD-Rom ?
Plus sérieusement, le livre n'y est pour rien. Ce sont les paroles qui y sont rapportées qui sont essentielles. Comme celles de Confucius, par ailleurs, je trouve qu'elles n'ont pas pris une ride, même si, je te le concède, les livres sont un peu défraîchis.
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Re: EUTHANASIE: Face à la demande de légalisation
Pat a écrit :Quand on voit ce qu'est devenu la loi, dite loi Veil, qui à l'origine, n'autorisait que certains types d'avortements, alors que nous en sommes à un minimum de 200.000 par an...
Tu as parfaitement raison, Pat, de nous rappeler que la loi des hommes est bien souvent dévoyée et le moyen utilisé pour pervertir la loi naturelle qui s'impose pourtant à nous en toute logique.
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Re: EUTHANASIE: Face à la demande de légalisation
Prodeo a écrit :Miroir a écrit :Corinne a écrit :Je parlais des personnes qui se basent sur la Bible pour donner réponse à toute chose...
J'avais bien compris!
Je ne suis pas de ceux qui cherchent la Vérité dans un vieux livre, et toi non plus je crois.
Cela m'étonne de toi, cher Miroir. J'aurais cru que tu t'intéressais plus au contenu qu'au contenant. Veux-tu que nous demandions aux Apôtres de nous mettre tout cela sur CD-Rom ?
Plus sérieusement, le livre n'y est pour rien. Ce sont les paroles qui y sont rapportées qui sont essentielles. Comme celles de Confucius, par ailleurs, je trouve qu'elles n'ont pas pris une ride, même si, je te le concède, les livres sont un peu défraîchis.
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Je respecte ton point de vue tu le sais..
Cependant, je pense que toujours se baser sur des textes anciens pour définir notre conduite actuelle n'est pas forcement la meilleurs chose à faire....
Ne sommes nous pas capables de penser, nous les humains modernes ?
Avons nous régressé à ce point que nous ne puissions pas garder notre libre arbitre et définir des conduite à tenir ?
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Re: EUTHANASIE: Face à la demande de légalisation
Corinne a écrit :Je parle d'expériences en tant que soignant et d'expérience personnelle aussi...
Moi aussi ! Tu t'en doutes bien. Ce n'est pas pour te contredire sottement.
Corinne a écrit :Je ne suis pas entrain de faire le jeux de nos adversaires...
Il semble qu'inconsciemment si.
Corinne a écrit :Lorsque je bossais en psy, on a eu à s'occuper brièvement d'un homme paraplégique à qui on refusait l'euthanasie (évidemment), il s'est ensuite tiré une balle dans la bouche et s'est raté... Il a fini prisonnier de son corps, nourrit par sonde parentérale puisqu'il n'avait plus de mâchoire, tétraplégique, et avec des escarres...
Juste une question... Tu crois que c'est humain ?
Je trouve regrettable que dans l'entourage de cet homme, il n'y ait eu personne pour s'entretenir avec lui pour tenter de le dissuader de faire le geste qu'il a fait. Je suis persuadé qu'il y a des personnes capables de donner des raisons de vivre à ceux qui en ont le moins. Le seul problème c'est qu'il faut qu'elles soient là lorsqu'il le faut et comme il faut. Pour beaucoup de gens, il est bien plus simple d'éluder le problème en employant des moyens plus expéditifs.
Corinne a écrit :Je crois qu'il faut relativiser et faire au cas par cas... On a pas le droit de s'acharner à faire vivre une personne qui a un désir profond et de bonnes raisons d'en finir...
Je suis d'accord pour le cas par cas. Mais, sans aller jusqu'à l'acharnement, je suis pour le choix de la vie avant toute chose. Il faut vraiment être areligieux pour se convaincre qu'il n'y a pas d'autre solution que l'euthanasie pour régler le problème de fin de vie d'une manière décisive.
Corinne a écrit :Ma propre Mère était dépressive, elle faisait tentative de suicide sur tentative de suicide... on la sortait de là à chaque fois... ça a commencé j'avais 10 ans... j'ai été "dressée" à surveiller les lames de rasoir, les médicaments, les armes (mon père en avait), etc...
Elle sortait de l'hôpital en signant des décharges et ça recommençait la fois suivante...
Elle a pourri la vie de son entourage, mon enfance et mon adolescence...
Franchement...
Le jour où elle a réussi, ça a été un soulagement.
Justement, ton exemple est parfait.
Après la mort de frère ma mère était dans le même état. Les médecins l'ont assommé pendant trente ans sans obtenir de résultat probant. Jusqu'au jour où j'ai pu la prendre chez moi et la soigner moi-même. Cela fait bientôt dix ans qu'elle n'est plus dépressive et sans médicament autre que pour son diabète. Elle est encore là pour en témoigner.
Corinne a écrit :Facile de théoriser, mais moi, je l'ai vécu.
et ensuite, pour se sortir de ce schéma, soit tu es fort, soit tu plonges, et la chaine peut se reproduire à l'infini...
Moi aussi je te parle de vécu.
Lorsque tu n'es pas ou plus assez fort pour t'en sortir toi même, il est important d'avoir autour de soi des personnes qui, elles, sont solides et disponibles. Ca c'est vraiment humain !
Corinne a écrit :Mieux vaut mourir dignement, en paix avec les siens... je ne suis pas là pour raconter mon expérience de soignant... C'est vrai que j'ai vu aussi partir des personnes de façon correcte... ou alors plongées dans ce qu'on appelle un coma artificiel...
Heureusement qu'il y a encore des personnes pour faire la part des choses dignement sans avoir besoin de légiférer inutilement.
Corinne a écrit :Je suis profondément pour l'euthanasie, pas n'importe comment, ni pour n'importe quoi... certes...
Je suis profondément contre l'euthanasie, justement parce que je ne souhaite pas que ce soit n'importe comment, ni pour n'importe quoi ou qui...
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Re: EUTHANASIE: Face à la demande de légalisation
Prodeo a écrit :Corinne a écrit :Je suis pour l'euthanasie à partir du moment où il s'agit d'un désir réel de la personne. Je ne vois pas pourquoi on insisterait pour maintenir en vie contre sa volonté une personne qui désire mourir... Si la personne se suicide, si elle se rate, c'est encore pire... autant rester humain...
Une personne religieuse refusera cette solution... donc je ne vois pas pourquoi on imposerait la dictature religieuse à tout le monde.
Une telle dialectique est digne de nos adversaires. T'en rends-tu compte ?
La plupart des personnes qui souhaitent qu'on les euthanasie sont des personnes en grande détresse et dans une immense solitude. Les personnes bien entourées et bien soignées n'ont pas de telles aspirations. Elles se raccrochent à la vie parce que c'est la loi naturelle instinctive de tout être vivant.
Gardons-nous de toute littérature et d'avis de personnes bien portantes qui peuvent se permettre le luxe de théoriser un tel sujet.
En quoi une religion qui s'en remet à un simple bon sens envers les lois de la vie pourrait-être taxée de "dictature" sans commettre un abus de langage ?
Qui parle ici de théoriser?
Des personnes qui demandent depuis des années qu'on les autorise à mourir, j'en rencontre tous les jours, j'exprime simplement mon expérience.
Je suis certain qu'il en est de même pour Corinne, que son métier met au contact de personnes en détresse.
Et, de tous les soignants que je connais, il n'y en a pas un qui n'est pas décidé à en finir lui-même avant d'être trop diminué pour être capable de le faire.
Quand un esprit brillant se rend compte que ses capacités intellectuelles ne lui permettront bientôt plus qu'une vie de légume, comment lui imposer de continuer cette vie? Ce n'est même plus une question de soins ou d'entourage, c'est une situation purement interne.
La seule raison pour laquelle je m'oppose fermement à la légalisation, comme précédemment indiqué, est la certitude que les escrocs qui nous gouvernent en profiteraient pour aller au-delà de ce qui aurait été autorisé, pour pulvériser les barrières mises en place et achever ainsi notre anéantissement.
Lorsque notre nation formera de nouveau un groupe solidaire, guidé par des personnes intègres et dévouées à défendre son intérêt, il sera temps de revoir la question.
Errare humanum est, perseverare diabolicum.
"Ce qui doit tomber, il ne faut pas le retenir. Il faut encore le pousser." Nietzsche
"Le problème de la plupart des gens n'est pas qu'ils se fixent des objectifs trop hauts,
c'est qu'ils se fixent des objectifs trop bas et qu'ils les atteignent." Léonard de Vinci
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Re: EUTHANASIE: Face à la demande de légalisation
Corinne a écrit :Prodeo a écrit :Miroir a écrit :Corinne a écrit :Je parlais des personnes qui se basent sur la Bible pour donner réponse à toute chose...
J'avais bien compris!
Je ne suis pas de ceux qui cherchent la Vérité dans un vieux livre, et toi non plus je crois.
Cela m'étonne de toi, cher Miroir. J'aurais cru que tu t'intéressais plus au contenu qu'au contenant. Veux-tu que nous demandions aux Apôtres de nous mettre tout cela sur CD-Rom ?
Plus sérieusement, le livre n'y est pour rien. Ce sont les paroles qui y sont rapportées qui sont essentielles. Comme celles de Confucius, par ailleurs, je trouve qu'elles n'ont pas pris une ride, même si, je te le concède, les livres sont un peu défraîchis.
Je respecte ton point de vue, tu le sais..
Cependant, je pense que toujours se baser sur des textes anciens pour définir notre conduite actuelle n'est pas forcement la meilleurs chose à faire....
Ne sommes nous pas capables de penser, nous les humains modernes ?
Avons nous régressé à ce point que nous ne puissions pas garder notre libre arbitre et définir des conduite à tenir ?
Ma chère Corinne, Le résultat des élections depuis au moins trente ans répondent à ta question. Tu le sais bien. Cela ne t'indique-t-il pas le niveau de médiocrité de pensée du plus grand nombre ? Voudrais-tu que ces mêmes personnes décident de la vie et de la mort de chacun ? Moi pas !
Ce n'est pas parce que les textes sont anciens que je suis pour. C'est parce qu'il n'y en a pas encore de meilleurs que j'adopte ceux-là.
Je suis sûr que tu saisis très bien la différence.
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Re: EUTHANASIE: Face à la demande de légalisation
Prodeo a écrit :Après la mort de mon frère ma mère était dans le même état. Les médecins l'ont assommé pendant trente ans sans obtenir de résultat probant. Jusqu'au jour où j'ai pu la prendre chez moi et la soigner moi-même. Cela fait bientôt dix ans qu'elle n'est plus dépressive et sans médicament autre que pour son diabète. Elle est encore là pour en témoigner.
En effet, il est souvent possible de soigner autrement.
Récemment, une relation qui était sous anti-dépresseurs depuis la mort de sa fille il y a huit ans m'a demandé de l'aider. Après la première séance d'hypnose elle a arrêté de prendre des médicaments, elle n'en ressentait plus le besoin. Une deuxième séance a permis de consolider.
Je dois m'occuper bientôt d'une personne agée qui ne sort quasiment plus de sa chambre, de puis le décès de son épouse il attend la mort...
Il est vrai aussi qu'une nourriture adaptée aiderait dans de nombreux cas (40 % des personnes internées en psychiatrie y sont à cause d'une allergie alimentaire non diagnostiquée qui provoque un oedème cervical) mais pour faire comprendre ça aux professionnels...
Cependant il reste aussi de nombreuses situations sans issue, pour lesquelles la moins mauvaise solution serait le départ pour l'au-delà.
Errare humanum est, perseverare diabolicum.
"Ce qui doit tomber, il ne faut pas le retenir. Il faut encore le pousser." Nietzsche
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Re: EUTHANASIE: Face à la demande de légalisation
Miroir a écrit :Prodeo a écrit :Corinne a écrit :Je suis pour l'euthanasie à partir du moment où il s'agit d'un désir réel de la personne. Je ne vois pas pourquoi on insisterait pour maintenir en vie contre sa volonté une personne qui désire mourir... Si la personne se suicide, si elle se rate, c'est encore pire... autant rester humain...
Une personne religieuse refusera cette solution... donc je ne vois pas pourquoi on imposerait la dictature religieuse à tout le monde.
Une telle dialectique est digne de nos adversaires. T'en rends-tu compte ?
La plupart des personnes qui souhaitent qu'on les euthanasie sont des personnes en grande détresse et dans une immense solitude. Les personnes bien entourées et bien soignées n'ont pas de telles aspirations. Elles se raccrochent à la vie parce que c'est la loi naturelle instinctive de tout être vivant.
Gardons-nous de toute littérature et d'avis de personnes bien portantes qui peuvent se permettre le luxe de théoriser un tel sujet.
En quoi une religion qui s'en remet à un simple bon sens envers les lois de la vie pourrait-être taxée de "dictature" sans commettre un abus de langage ?
Qui parle ici de théoriser ?
Moi ! Je crois que vous êtes tous deux dans une logique théorique qui fait l'impasse sur certaines réalités surnaturelles de l'homme et son milieu.
Miroir a écrit :Des personnes qui demandent depuis des années qu'on les autorise à mourir, j'en rencontre tous les jours, j'exprime simplement mon expérience.
Oui, bien sûr ! Moi aussi ! Mais, lorsque j'ai l'occasion d'approfondir les choses avec elles, je sens très bien la fragilité de leur conviction qui est plus le résultat d'une trop grande lassitude que celui d'un raisonnement. Pendant deux mois j'étais le voisin de chambre d'un homme de plus de 80 ans qui était désespéré par sa 3e rechute qui voyait son cancer se généraliser et atteindre le foie. Cet ancien parachutiste dynamique et intelligent savait très bien qu'à son âge, avec cette maladie, les chances de survie en parfaite condition sont minces. Pourtant, bien entouré par sa famille, bien soigné par une équipe médicale compétente et des aides-soignants motivés, en plus des attentions que j'essayais de lui témoigner, ont suffit à lui faire oublier les idées noires qu'il avait en arrivant. Je ne sais hélas pas ce qu'il est devenu depuis mon départ de cette clinique.
Miroir a écrit :Je suis certain qu'il en est de même pour Corinne, que son métier met au contact de personnes en détresse.
C'est évident ! Corinne et toi ne manquez certainement pas d'expérience, de jugeotte, de savoir-faire et d'un très grand dévouement pour autruit. Néanmoins, êtes-vous sûrs d'être aussi bien armés spirituellement ? Vous savez, de cette foi qui abat des montagnes...
Miroir a écrit :Et, de tous les soignants que je connais, il n'y en a pas un qui n'est pas décidé à en finir lui-même avant d'être trop diminué pour être capable de le faire.
En présentant, à travers ce que tu dis, la pauvreté de l'univers mental et de la charité qui semble régner autour de toi, je suis peiné que tu n'ais pas plus de chance.
Miroir a écrit :Quand un esprit brillant se rend compte que ses capacités intellectuelles ne lui permettront bientôt plus qu'une vie de légume, comment lui imposer de continuer cette vie ?
J'espère avoir l'esprit assez brillant pour demander à mes médecins de ne pas chercher à m'euthanasier, mais de bien vouloir consentir à me confier le bouton de commande de la morphine et autres drogues pour que je puisse régler jusqu'au bout l'équilibre entre la douleur supportable et celle qui ne l'est plus. Et, si mon coeur doit finir par claquer c'est qu'il était bien à la fin de sa course.
Miroir a écrit :Ce n'est même plus une question de soins ou d'entourage, c'est une situation purement interne.
Tu sais très bien que les éléments externes sont aussi importants que les éléments internes. C'est un tout très complexe qui échappe à toute législation humaine aussi intelligente soit-elle.
Miroir a écrit :La seule raison pour laquelle je m'oppose fermement à la légalisation, comme précédemment indiqué, est la certitude que les escrocs qui nous gouvernent en profiteraient pour aller au-delà de ce qui aurait été autorisé, pour pulvériser les barrières mises en place et achever ainsi notre anéantissement.
Nous sommes au moins totalement d'accord sur un point, mon cher Miroir. C'est encourageant.
Miroir a écrit :Lorsque notre nation formera de nouveau un groupe solidaire, guidé par des personnes intègres et dévouées à défendre son intérêt, il sera temps de revoir la question.
Je reste persuadé que, même ces conditions parfaitement remplies, elles resteront nécessaires, mais très insuffisantes. L'homme peut essayer de faire l'impasse sur la dimension spirituelle des choses. Il aurait tort de s'y complaire, de s'en contenter et d'y rester.
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« On sait par quelle fatalité les grands talents sont, pour l’ordinaire, plus rivaux qu’amis ; ils croissent et brillent séparés, de peur de se faire ombrage : les moutons s’attroupent, et les lions s’isolent. » Comte A. de Rivarol.
Re: EUTHANASIE: Face à la demande de légalisation
Prodeo a écrit :Miroir a écrit :Je suis certain qu'il en est de même pour Corinne, que son métier met au contact de personnes en détresse.
C'est évident ! Corinne et toi ne manquez certainement pas d'expérience, de jugeotte, de savoir-faire et d'un très grand dévouement pour autruit. Néanmoins, êtes-vous sûrs d'être aussi bien armés spirituellement ? Vous savez, de cette foi qui abat des montagnes...
La foi est une croyance particulièrement puissante, et en tant que telle peut venir à bout du désespoir et de la maladie, c'est pourquoi j'ai appris à m'appuyer sur ce levier.
Prodeo a écrit :Miroir a écrit :Et, de tous les soignants que je connais, il n'y en a pas un qui n'est pas décidé à en finir lui-même avant d'être trop diminué pour être capable de le faire.
En présentant, à travers ce que tu dis, la pauvreté de l'univers mental et de la charité qui semble régner autour de toi, je suis peiné que tu n'ais pas plus de chance.
Désolé, mon ami, je ne vois pas en quoi le fait de préférer disparaitre avant de devenir une épave peut donner une indication sur la charité de la personne concernée.
Prodeo a écrit :Miroir a écrit :Quand un esprit brillant se rend compte que ses capacités intellectuelles ne lui permettront bientôt plus qu'une vie de légume, comment lui imposer de continuer cette vie ?
J'espère avoir l'esprit assez brillant pour demander à mes médecins de ne pas chercher à m'euthanasier, mais de bien vouloir consentir à me confier le bouton de commande de la morphine et autres drogues pour que je puisse régler jusqu'au bout l'équilibre entre la douleur supportable et celle qui ne l'est plus. Et, si mon coeur doit finir par claquer c'est qu'il était bien à la fin de sa course.
Pourquoi les médecins devraient-ils prendre une telle décision à la place de quelqu'un qui est encore capable de la prendre seul?
D'ailleurs je pense que ce ne devrait jamais être à un médecin de prendre une telle décision.
En fait je n'évoquais pas ici une situation de douleur physique insupportable, il s'agissait simplement de dégénérescence du cerveau, hélas commune lorsque l'age avance.
Prodeo a écrit :Miroir a écrit :Ce n'est même plus une question de soins ou d'entourage, c'est une situation purement interne.
Tu sais très bien que les éléments externes sont aussi importants que les éléments internes. C'est un tout très complexe qui échappe à toute législation humaine aussi intelligente soit-elle.
Si mon cerveau arrête progressivement de fonctionner, pour moi c'est un élément interne, je ne vois pas ce qu'on pourrait y faire de l'extérieur, à part prolonger un peu à coups de médicaments.
Prodeo a écrit :Miroir a écrit :La seule raison pour laquelle je m'oppose fermement à la légalisation, comme précédemment indiqué, est la certitude que les escrocs qui nous gouvernent en profiteraient pour aller au-delà de ce qui aurait été autorisé, pour pulvériser les barrières mises en place et achever ainsi notre anéantissement.
Nous sommes au moins totalement d'accord sur un point, mon cher Miroir. C'est encourageant.
Tu peux être certain que nous sommes d'accord sur bien plus d'un point.
Prodeo a écrit :Miroir a écrit :Lorsque notre nation formera de nouveau un groupe solidaire, guidé par des personnes intègres et dévouées à défendre son intérêt, il sera temps de revoir la question.
Je reste persuadé que, même ces conditions parfaitement remplies, elles resteront nécessaires, mais très insuffisantes. L'homme peut essayer de faire l'impasse sur la dimension spirituelle des choses. Il aurait tort de s'y complaire, de s'en contenter et d'y rester.
Que ceux qui croient que la vie doit être défendue à tout prix décident de vivre le plus longtemps possible quoi qu'il arrive est leur droit le plus strict, mais qu'ils n'imposent pas leur croyance à ceux qui préfèrent en finir plus tôt pour respecter ce qu'ils croient être leur dignité.
Errare humanum est, perseverare diabolicum.
"Ce qui doit tomber, il ne faut pas le retenir. Il faut encore le pousser." Nietzsche
"Le problème de la plupart des gens n'est pas qu'ils se fixent des objectifs trop hauts,
c'est qu'ils se fixent des objectifs trop bas et qu'ils les atteignent." Léonard de Vinci
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Re: EUTHANASIE: Face à la demande de légalisation
Miroir a écrit :Désolé, mon ami, je ne vois pas en quoi le fait de préférer disparaitre avant de devenir une épave peut donner une indication sur la charité de la personne concernée.
La charité dont je parlais était surtout celle que doit avoir toute personne qui doit aider un malade.
Miroir a écrit :Pourquoi les médecins devraient-ils prendre une telle décision à la place de quelqu'un qui est encore capable de la prendre seul ?
D'ailleurs je pense que ce ne devrait jamais être à un médecin de prendre une telle décision.
En fait je n'évoquais pas ici une situation de douleur physique insupportable, il s'agissait simplement de dégénérescence du cerveau, hélas commune lorsque l'age avance.
En vertu de quel principe un médecin refuserait-il de me laisser piloter l'anti-douleur alors même que c'est la base des soins palliatifs ?
Je ne veux pas laisser au médecin le choix de me tuer ou pas. Je préfère qu'il fasse l'impossible pour m'aider à supporter la douleur jusqu'au bout.
Miroir a écrit :Si mon cerveau arrête progressivement de fonctionner, pour moi c'est un élément interne, je ne vois pas ce qu'on pourrait y faire de l'extérieur, à part prolonger un peu à coups de médicaments.
Si ton cerveau ne répond plus pourquoi te préoccupes-tu théoriquement de ton sort ? Laisse les choses se faire naturellement.
Miroir a écrit :Tu peux être certain que nous sommes d'accord sur bien plus d'un point.![]()
Au fond des choses, je n'en doute pas.
Miroir a écrit :Que ceux qui croient que la vie doit être défendue à tout prix décident de vivre le plus longtemps possible quoi qu'il arrive est leur droit le plus strict, mais qu'ils n'imposent pas leur croyance à ceux qui préfèrent en finir plus tôt pour respecter ce qu'ils croient être leur dignité.
Comme tout le monde, chacun peut choisir entre le bien et le mal. De même, chacun peut choisir de porter atteinte à la loi sacrée de la vie. Qu'il le fasse simplement en parfaite connaissance de cause et qu'il en mesure pleinement les conséquences.
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« Vae caecis ducentibus, vae caecis sequentibus !
[Malheur aux aveugles qui mènent ! Malheur aux aveugles qui suivent !] » Saint Augustin.
« On sait par quelle fatalité les grands talents sont, pour l’ordinaire, plus rivaux qu’amis ; ils croissent et brillent séparés, de peur de se faire ombrage : les moutons s’attroupent, et les lions s’isolent. » Comte A. de Rivarol.
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