Sida : « Le pape a peut-être raison »
Publié : 12/10/2009 - 13:57
Le Washington Post est le grand quotidien de la gauche américaine. La chute du président Nixon dans le cadre de l'affaire du Watergate lui est, par exemple, imputable. Pourtant, il n'hésite pas à titrer à la « une » que le Pape, en mettant en garde contre le préservatif, pourrait bien avoir raison.
« The Pope may be right » : le pape pourrait avoir raison, titre le Washington Post , dans son édition du 29 mars. A l'appui de ses dires, cette publication s'appuie sur l'étude du Dr Edward Green, chef de recherche à l'Université de Harvard, qui écrit dans ce journal : « C'est un fait que, lorsque les gens pensent qu'en se servant du préservatif au moins une partie du temps, ils sont saufs, ils s'engagent alors vers une sexualité plus risquée. »
Cette analyse rejoint exactement le communiqué, daté du 24 mars, que j'ai rédigé au nom de l'Association catholique des Infirmières et Médecins, et qui a été très largement commenté le 30 mars par L'Union, l'unique quotidien du Gabon : « Le préservatif donne une fausse sécurité aux gens. Ils pensent qu'avec le préservatif ils peuvent aller de droite et de gauche sans danger mais c'est faux. »
Vers la disparition de l'espèce humaine ?
Au-delà de la perméabilité du préservatif aux spermatozoïdes, c'est le principe même de son usage qu'Edward Green met en cause. Certes, tout le monde doit savoir que le préservatif n'est pas sûr à « 100 % », comme il est d'ailleurs spécifié sur les boîtes de Durex, premier producteur mondial de ce genre de produit. Le risque, en pratique, doit se situer autour de 4 % par année-femme. Le Figaro du 22 mars 2009 signale que « le préservatif est efficace à 87 % dans des conditions communes, et à 97 % dans les meilleures conditions. » Simple question : quel parent offrirait à son enfant un jouet présentant 3 % de risque mortel ?
Mais supposons même que la sécurité soit parfaite. Ignorons aussi ceux qui, de manière délibérée, notamment les homosexuels, refusent d'utiliser le préservatif parce qu'il diminue le plaisir. Il faut considérer une réalité simple : plus le préservatif a été diffusé, plus le sida a progressé. En 1975,on dénombrait 400 cas de sida. Tandis que, le 13 juillet 1986, Valeurs actuelles prônait un retour à la fidélité conjugale, Le Point préconisait l'usage de la capote (23 mars 1987). C'est ce dernier choix qui a été fait. On est ainsi passé à 4000, puis 40 000,400 000, 4 millions, 40 millions de cas recensés. Et la réponse est toujours la même : le préservatif... Faudra-t-il attendre que la pandémie touche 400 millions de personnes pour que la religion de la capote soit détrônée ? Il sera alors sans doute trop tard : l'espèce humaine serait mathématiquement vouée à la disparition.
Comment expliquer ce paradoxe ? Green fait référence à une série d'articles parus dans les meilleures revues médicales au monde : The Lancet (qui n'hésite pas à se contredire d'un article à l'autre), BMJ et Science. En 2008, dix chercheurs internationaux concluent dans cette dernière publication que « l'usage du préservatif n'a nullement fait la preuve de son efficacité contre la propagation du virus HIV, malgré une promotion agressive de plusieurs années qui n'a en aucun cas produit un ralentissement des nouvelles infections se généralisant à l'Afrique subsaharienne. »
Green explique la diminution spectaculaire du nombre des cas de sida en Thaïlande et au Cambodge par le fait que la maladie se répand uniquement par les milieux de la prostitution, qui ont été mis sous contrôle très sévère, avec effectivement une obligation draconienne d'utiliser le préservatif ; lequel était dans cette affaire une sorte de pis-aller. Mais à l'échelon de continents entiers, une telle politique est impossible à mener. Et le savant donne ensuite une explication reprise par un seul journal français, le quotidien Présent, dans son édition du 21 mars : par un mécanisme psychologique classique, le fait de savoir qu'un risque est limité entraîne l'homme à prendre plus de risques encore. Pour prendre une comparaison plus banale, supposons que soit commercialisée une voiture dont les qualités de sécurité sont présentées comme totales : les conducteurs se mettront à conduire comme des fous. On appelle cette réaction : « la compensation de risque ».
Le préservatif se présente donc, non pas comme une prophylaxie totale et fiable, mais plutôt comme un adjuvant. La seule mesure fiable qui devrait être promue à l'échelon international est en réalité le programme qui a fait s'effondrer le nombre des cas de sida en Ouganda de 15 % à 5 % de la population. Cette politique, actuellement mise en place par le Botswana et le Swaziland, est basée sur la fidélité au partenaire, l'abstinence, le retardement des premières relations sexuelles. L'Organisation mondiale de la santé écrivait d'ailleurs, dès 1986, que si chaque personne en âge d'avoir des relations sexuelles se contentait de quatre partenaires différents dans sa vie, le sida s'éteindrait spontanément sur toute la planète.
Le programme ABC
L'ONU elle-même conseille dans son programme de lutte contre le sida (réactualisé le 19 mars 2009), en évoquant le moyen de réduire le nombre des contaminations. de « retarder l'âge du premier rapport sexuel, s'abstenir sexuellement, prendre des risques moindres en étant fidèle à son partenaire lorsqu'aucun des deux partenaires n'est infecté, réduire le nombre des partenaires sexuels et... utiliser régulièrement des préservatifs ». La prophylaxie par le latex est donc bien présentée comme la dernière option possible.
Le 29 mars dernier, la conférence des évêques de l'Afrique de l'Ouest a publié un texte d'une violence incroyable, évoquant une véritable manipulation initiée contre le Pape par les pays occidentaux. On y lit : « Nous, évêques de l'Eglise catholique, nous exigeons qu'on cesse de penser pour nous... et amuser la galerie aux dépens de nos peuples ». Les évêques vont plus loin encore en évoquant « les forces obscures » qui s'en prennent au catholicisme et à l'Afrique. Ces mêmes forces, qui dominent nos médias, oublient de dire que 24 % des soins et des orphelinats liés à la propagation du sida sont assurés dans toute l'Afrique Noire par l'Eglise catholique.
Vouloir faire dire au Pape ce qu'il n'a pas dit, « voilà ce qui est vraiment criminel » conclut le quotidien L'Union.
Dr Jean-Pierre Dickès Président de l'ACIM monde & vie 4 avril 2009
(avec l'aimable autorisation de monde & vie)
« The Pope may be right » : le pape pourrait avoir raison, titre le Washington Post , dans son édition du 29 mars. A l'appui de ses dires, cette publication s'appuie sur l'étude du Dr Edward Green, chef de recherche à l'Université de Harvard, qui écrit dans ce journal : « C'est un fait que, lorsque les gens pensent qu'en se servant du préservatif au moins une partie du temps, ils sont saufs, ils s'engagent alors vers une sexualité plus risquée. »
Cette analyse rejoint exactement le communiqué, daté du 24 mars, que j'ai rédigé au nom de l'Association catholique des Infirmières et Médecins, et qui a été très largement commenté le 30 mars par L'Union, l'unique quotidien du Gabon : « Le préservatif donne une fausse sécurité aux gens. Ils pensent qu'avec le préservatif ils peuvent aller de droite et de gauche sans danger mais c'est faux. »
Vers la disparition de l'espèce humaine ?
Au-delà de la perméabilité du préservatif aux spermatozoïdes, c'est le principe même de son usage qu'Edward Green met en cause. Certes, tout le monde doit savoir que le préservatif n'est pas sûr à « 100 % », comme il est d'ailleurs spécifié sur les boîtes de Durex, premier producteur mondial de ce genre de produit. Le risque, en pratique, doit se situer autour de 4 % par année-femme. Le Figaro du 22 mars 2009 signale que « le préservatif est efficace à 87 % dans des conditions communes, et à 97 % dans les meilleures conditions. » Simple question : quel parent offrirait à son enfant un jouet présentant 3 % de risque mortel ?
Mais supposons même que la sécurité soit parfaite. Ignorons aussi ceux qui, de manière délibérée, notamment les homosexuels, refusent d'utiliser le préservatif parce qu'il diminue le plaisir. Il faut considérer une réalité simple : plus le préservatif a été diffusé, plus le sida a progressé. En 1975,on dénombrait 400 cas de sida. Tandis que, le 13 juillet 1986, Valeurs actuelles prônait un retour à la fidélité conjugale, Le Point préconisait l'usage de la capote (23 mars 1987). C'est ce dernier choix qui a été fait. On est ainsi passé à 4000, puis 40 000,400 000, 4 millions, 40 millions de cas recensés. Et la réponse est toujours la même : le préservatif... Faudra-t-il attendre que la pandémie touche 400 millions de personnes pour que la religion de la capote soit détrônée ? Il sera alors sans doute trop tard : l'espèce humaine serait mathématiquement vouée à la disparition.
Comment expliquer ce paradoxe ? Green fait référence à une série d'articles parus dans les meilleures revues médicales au monde : The Lancet (qui n'hésite pas à se contredire d'un article à l'autre), BMJ et Science. En 2008, dix chercheurs internationaux concluent dans cette dernière publication que « l'usage du préservatif n'a nullement fait la preuve de son efficacité contre la propagation du virus HIV, malgré une promotion agressive de plusieurs années qui n'a en aucun cas produit un ralentissement des nouvelles infections se généralisant à l'Afrique subsaharienne. »
Green explique la diminution spectaculaire du nombre des cas de sida en Thaïlande et au Cambodge par le fait que la maladie se répand uniquement par les milieux de la prostitution, qui ont été mis sous contrôle très sévère, avec effectivement une obligation draconienne d'utiliser le préservatif ; lequel était dans cette affaire une sorte de pis-aller. Mais à l'échelon de continents entiers, une telle politique est impossible à mener. Et le savant donne ensuite une explication reprise par un seul journal français, le quotidien Présent, dans son édition du 21 mars : par un mécanisme psychologique classique, le fait de savoir qu'un risque est limité entraîne l'homme à prendre plus de risques encore. Pour prendre une comparaison plus banale, supposons que soit commercialisée une voiture dont les qualités de sécurité sont présentées comme totales : les conducteurs se mettront à conduire comme des fous. On appelle cette réaction : « la compensation de risque ».
Le préservatif se présente donc, non pas comme une prophylaxie totale et fiable, mais plutôt comme un adjuvant. La seule mesure fiable qui devrait être promue à l'échelon international est en réalité le programme qui a fait s'effondrer le nombre des cas de sida en Ouganda de 15 % à 5 % de la population. Cette politique, actuellement mise en place par le Botswana et le Swaziland, est basée sur la fidélité au partenaire, l'abstinence, le retardement des premières relations sexuelles. L'Organisation mondiale de la santé écrivait d'ailleurs, dès 1986, que si chaque personne en âge d'avoir des relations sexuelles se contentait de quatre partenaires différents dans sa vie, le sida s'éteindrait spontanément sur toute la planète.
Le programme ABC
L'ONU elle-même conseille dans son programme de lutte contre le sida (réactualisé le 19 mars 2009), en évoquant le moyen de réduire le nombre des contaminations. de « retarder l'âge du premier rapport sexuel, s'abstenir sexuellement, prendre des risques moindres en étant fidèle à son partenaire lorsqu'aucun des deux partenaires n'est infecté, réduire le nombre des partenaires sexuels et... utiliser régulièrement des préservatifs ». La prophylaxie par le latex est donc bien présentée comme la dernière option possible.
Le 29 mars dernier, la conférence des évêques de l'Afrique de l'Ouest a publié un texte d'une violence incroyable, évoquant une véritable manipulation initiée contre le Pape par les pays occidentaux. On y lit : « Nous, évêques de l'Eglise catholique, nous exigeons qu'on cesse de penser pour nous... et amuser la galerie aux dépens de nos peuples ». Les évêques vont plus loin encore en évoquant « les forces obscures » qui s'en prennent au catholicisme et à l'Afrique. Ces mêmes forces, qui dominent nos médias, oublient de dire que 24 % des soins et des orphelinats liés à la propagation du sida sont assurés dans toute l'Afrique Noire par l'Eglise catholique.
Vouloir faire dire au Pape ce qu'il n'a pas dit, « voilà ce qui est vraiment criminel » conclut le quotidien L'Union.
Dr Jean-Pierre Dickès Président de l'ACIM monde & vie 4 avril 2009
(avec l'aimable autorisation de monde & vie)