SOCIÉTÉ BIOÉTHIQUE : le fœtus aura-t-il le droit à la vie ?
Publié : 09/10/2009 - 22:23
Alors que l'on a récemment trouvé un cadavre de fœtus dans une station d'épuration de Haute-Garonne, le débat sur la révision des lois sur la bioéthique montre que cette discipline reste à la remorque des progrès de la technoscience.
Les enjeux de l'actuelle révision des lois de bioéthique sont loin d'être uniquement d'ordre éthique. Diagnostic préimplantatoire, assistance médicale à la procréation, gestation pour autrui, recherche et stockage d'embryons, fécondation in vitro (FIV), gratuité et anonymat des dons de gamètes : des marchés considérables s'ouvrent pour les laboratoires pharmaceutiques. Pour répondre à la demande croissante de couples infertiles (1 sur 6) - et pourquoi ne pas répondre à leur détresse ? -, l'assistance médicale à la procréation (AMP) est remboursée par la Sécurité sociale, jusqu'à quatre tentatives. En 2003, le coût d'une FlV est estimé à 3.000 €, et celui de l'accouchement à 16.000 €. Sur 800.000 naissances annuelles, on compte actuellement 20.000 enfants nés par AMP et 120.000 tentatives de FlV sont réalisées chaque année. Il faut actuellement concevoir 17 embryons pour obtenir une seule naissance.
Dans le secret des laboratoires, certaines équipes de recherche scientifiques, aiguillonnées par les subventions et l'enjeu commercial des découvertes, s'affranchissent non seulement de toute considération éthique, mais aussi de la législation. Tugdual Derville(1) rappelait au Collège des Bernardins lors de la Journée santé, éthique et foi, le 7 février dernier : que comme d'autres « Louise Brown (en Grande-Bretagne) et Amandine (en France), sont nées après une période de troubles expérimentations » et que « ces enfants nés par fécondation artificielle sont issus d'une culture de la transgression (...) »
Parallèlement, la sacralisation de l'avortement fait oublier que, conçu dans la loi comme une mesure d'exception, il est devenu, avec plus de 200.000 avortements par an, un banal moyen de contraception. Le débat est depuis longtemps faussé par les tenants des « droits des femmes » et autres activistes d'un pseudo « progrès social », qui refusent de faire le bilan du massacre des innocents. Paradoxalement, alors que l'on connaît de mieux en mieux l'embryon, il n'a jamais été aussi menacé. L'enjeu de l'inscription du « droit à l'avortement » parmi les droits de l'homme vise aussi à permettre des dérives biologiques. S'il est autorisé de supprimer l'embryon, pourquoi empêcher d'en faire un objet d'expérimentations ? Pourtant on a pu constater que l'obstination à poursuivre les recherches, subventionnées, sur les cellules embryonnaires débouchait sur une impasse alors que celles engagées, sur fonds privés, sur les cellules souches adultes, permettent déjà de soigner plus de 80 maladies.
Dans les préalables qu'il pose au débat, Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune, rappelle la position de l'Église sur cette douloureuse question : d'une part, « la science est libre, mais ne saurait se retourner contre l'homme ». D'autre part, « l'homme commence au début et finit à la fin de sa vie ». Par conséquent, l'Église conclut que « si la technoscience attente à la vie et à la dignité de l'homme, de ses premiers instants à son dernier souffle, ce n'est pas un bien » : la congélation des embryons, par exemple, n'en est pas un. Il faut donc s'entendre sur ces fondamentaux qui « ne sont pas du ressort de la foi, mais de la bonne foi ».
Thierry Bouzard monde & vie 21 février 2009
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(1). La procréation par substitution, extrait du Guide politique de bioéthique, Alliance pour la vie.
Les enjeux de l'actuelle révision des lois de bioéthique sont loin d'être uniquement d'ordre éthique. Diagnostic préimplantatoire, assistance médicale à la procréation, gestation pour autrui, recherche et stockage d'embryons, fécondation in vitro (FIV), gratuité et anonymat des dons de gamètes : des marchés considérables s'ouvrent pour les laboratoires pharmaceutiques. Pour répondre à la demande croissante de couples infertiles (1 sur 6) - et pourquoi ne pas répondre à leur détresse ? -, l'assistance médicale à la procréation (AMP) est remboursée par la Sécurité sociale, jusqu'à quatre tentatives. En 2003, le coût d'une FlV est estimé à 3.000 €, et celui de l'accouchement à 16.000 €. Sur 800.000 naissances annuelles, on compte actuellement 20.000 enfants nés par AMP et 120.000 tentatives de FlV sont réalisées chaque année. Il faut actuellement concevoir 17 embryons pour obtenir une seule naissance.
Dans le secret des laboratoires, certaines équipes de recherche scientifiques, aiguillonnées par les subventions et l'enjeu commercial des découvertes, s'affranchissent non seulement de toute considération éthique, mais aussi de la législation. Tugdual Derville(1) rappelait au Collège des Bernardins lors de la Journée santé, éthique et foi, le 7 février dernier : que comme d'autres « Louise Brown (en Grande-Bretagne) et Amandine (en France), sont nées après une période de troubles expérimentations » et que « ces enfants nés par fécondation artificielle sont issus d'une culture de la transgression (...) »
Parallèlement, la sacralisation de l'avortement fait oublier que, conçu dans la loi comme une mesure d'exception, il est devenu, avec plus de 200.000 avortements par an, un banal moyen de contraception. Le débat est depuis longtemps faussé par les tenants des « droits des femmes » et autres activistes d'un pseudo « progrès social », qui refusent de faire le bilan du massacre des innocents. Paradoxalement, alors que l'on connaît de mieux en mieux l'embryon, il n'a jamais été aussi menacé. L'enjeu de l'inscription du « droit à l'avortement » parmi les droits de l'homme vise aussi à permettre des dérives biologiques. S'il est autorisé de supprimer l'embryon, pourquoi empêcher d'en faire un objet d'expérimentations ? Pourtant on a pu constater que l'obstination à poursuivre les recherches, subventionnées, sur les cellules embryonnaires débouchait sur une impasse alors que celles engagées, sur fonds privés, sur les cellules souches adultes, permettent déjà de soigner plus de 80 maladies.
Dans les préalables qu'il pose au débat, Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune, rappelle la position de l'Église sur cette douloureuse question : d'une part, « la science est libre, mais ne saurait se retourner contre l'homme ». D'autre part, « l'homme commence au début et finit à la fin de sa vie ». Par conséquent, l'Église conclut que « si la technoscience attente à la vie et à la dignité de l'homme, de ses premiers instants à son dernier souffle, ce n'est pas un bien » : la congélation des embryons, par exemple, n'en est pas un. Il faut donc s'entendre sur ces fondamentaux qui « ne sont pas du ressort de la foi, mais de la bonne foi ».
Thierry Bouzard monde & vie 21 février 2009
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(1). La procréation par substitution, extrait du Guide politique de bioéthique, Alliance pour la vie.