Prodeo a écrit :.
Ce qui m'effraie dans ce débat c'est l'aspect purement technique qui prime dans cet acte fait pour tuer un être à part entière et non pas entièrement à part.
La première question à se poser c'est à partir de quel moment un enfant devient-il une personne ?
Pour répondre à cette question je rejoins l'avis du Professeur Jérôme Lejeune : dès les tous premiers jours de la conception. Il est donc parfaitement fallacieux de décréter qu'un avortement est un acte médical les premières semaines, puis au lendemain de la date limite fixée arbitrairement cela devient un assassinat. Avec la science, nous savons parfaitement que dès qu'un spermatozoïde rencontre un ovule un nouvel être unique est créé. Décréter que jusqu'à plusieurs semaines on peut l'éliminer sans commettre un crime est d'une effroyable hypocrisie.
Tant que cette réalité n'est pas couramment admise, il devient surréaliste de ne traiter que de l'acte et de la mère en oubliant l'enfant. Pour moi, c'est monstrueux.
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Entièrement d'accord. D'autant plus qu'il faut aussi axer le dialogue sur la joie d'être mère et père et axer la politique sur l'aide familiale qui en découle.
Et puis, il faut aussi recentrer l'enseignement à l'école sur le danger des relations sexuelles sans protections, non seulement à cause des MST, mais aussi justement à cause du risque de tomber enceinte.
Je me souviens d'un prof de sciences naturelles (on appelait ça comme ça à mon époque!) qui était un Prof avec un "P" majuscule comme on en fait peu et qui nous avait fait en 3ème de collège un véritable enseignement sur la reproduction humaine, sur la contraception, sur les risques de tomber enceinte;il avait lourdement insisté sur le fait qu'en aucun cas il ne fallait tenter le "retrait", que c'était perdu d'avance (il avait même pris pour exemple le cas des filles qui enserrent les fesses du garçon pendant l'acte sexuel rendant encore plus improbable un retrait déjà peu évident!). Il insistait aussi lourdement sur le fait que la première goutte de sperme est la plus chargée en spermatozoïdes et qu'elle peut être libérée dans la vagin même si l'éjaculation en elle-même s'effectue en retrait.Bref, ce n'étaient nullement des cours d'éducation sexuelle mais juste de très sérieuses mises en garde qui faisaient bien peur!!!
On ressortait de ses cours savants sur la reproduction, savants sur la contraception (pillule, préservatif) et avec la peur au ventre de mettre une fille enceinte si "on ne faisait pas gaffe"! Mais, jamais, je ne l'ai entendu parler d'IVG. Et d'ailleurs, en respectant ses conseils, il n'y avait nullement besoin d'en arriver à cette extrémité!
C'est donc, je pense, toute une éducation qui est à refaire. Plus basée sur la peur de mettre une fille enceinte, sur la peur pour la fille de tomber enceinte. mais sans que celà nuise, ni à la sexualité en elle-même (protections) ni à l'enfantement (désir réel d'être enceinte).
Et puis, surtout, sans remettre en cause la loi sur l'IVG (je maintiens qu'elle a le mérite d'exister), axer, d'une manière générale, l'éducation sur la prévention et l'apprentissage de la reproduction biologique et bien faire comprendre que l'avortement "de confort" doit rester quelque chose d'exceptionnel dont on doit pouvoir se passer.