La planification du système de santé
Publié : 22/12/2007 - 0:22
par Pat
Au 1er janvier 2005, sont nés les nouveaux outils de la "gouvernance de la Sécurité sociale" (médecin traitant, forfait hospitalier, généralisation des génériques...), votés en catimini le 13 août 2004. Cette gouvernance se fera sous la houlette des syndicats (6 % de salariés syndiqués) et des mutuelles de salariés, du Medef; des assureurs privés, des mutuelles complémentaires aux mains de la CGT. Une fois de plus, les représentants des usagers et des professionnels de santé ne sont pas représentés et c'est bien sûr sans leur accord que les dispositions de cette réforme vont s'appliquer.
Les dispositions ne sont faites ni pour sauver la Sécurité sociale, ni faire des économies. Elles sont prévues pour encadrer et planifier le futur système de santé, habituer les consommateurs à la prévalence du financier sur la santé et, sous le faux couvert d'une maîtrise médicalisée, terminer d'instituer une maîtrise de comptable aveugle. On mêle sans cesse qualité de soins et rémunérations des soignants, ce qui est manifestement indépendant.
L'exemple du médecin traitant est symbolique: on institue dans la loi, en l'instrumentalisant dans un sens bien précis, une notion qui est depuis toujours le rôle fondamental des médecins de famille: être le pivot à côté et pour son patient d'un cercle de spécialistes choisis en confiance. Mais la mentalité des jeunes médecins "en service 35 h" (parfois leur trop faible présence humaine, leur docilité à la bureaucratie) a préparé l'opinion et justifié l'injustifiable.
La manœuvre
À qui profite la manœuvre? À court terme aux assureurs, c'est-à-dire le régime général et les assurances complémentaires qui se partagent un gâteau de 3000 milliards lourds de francs (70 milliards d'euros), de la protection sociale française, mais aussi dans tous les pays membres de l'Union européenne et aux gouvernants qui possèdent un outil de contrainte de plus. Mais cette réelle privatisation de la protection sociale avec apparente libre concurrence entre les organismes sociaux cache mal qu'ils ont été préalablement structurés et planifiés en interne selon le mode soviétique. Et que, demain, la mondialisation mettra la main sur ce marché, comme sur les autres et appliquera à nos aînés le même taux de vétusté qu'aux papiers peints inondés.
Ce n'est pas un hasard si M. Bertrand, secrétaire d'État à la Sécurité sociale, vient du monde de l'assurance privée, que l'ancien vice-président du Medef, M. Kessler était le n°2 d'AXA, que M. Teulade, secrétaire d'État à la Santé signataire en 1992 des directives européennes sur la libre concurrence de l'assurance avait été antérieurement président de la Mutualité française ...
Qu'aurait-il fallu faire ?
Le programme santé du Front National développe depuis plusieurs années les propositions en matière d'économie, d'emploi, d'immigration, de natalité ... destinées à créer les richesses, seules garantes d'une bonne protection sociale. Mais, parmi elles, il y en a une qui est fondamentale: contrôler les 5 à 10 % de personnes qui consomment de 60 à 70 % du budget de la Sécurité sociale et les contrôler en renforçant à leur égard le rôle et les honoraires du médecin généraliste. Mais curieusement, c'est à elles que ne s'applique pratiquement aucune des dispositions administratives et tarifaires de la nouvelle réforme.
Joëlle Melin Présidente de Force nationale santé Conseiller régional PACA.
Français d'Abord : février 2005 -
Publié : 22/12/2007 - 1:50
par hephaistos
un gâteau de 3000 milliards lourds de francs (70 milliards d'euros)
Quel est le bon chiffre??
3000GF représente plutôt 700GE, alors que 70GE représente 300GF. Il y a donc un facteur 10... Alors? un zéro de trop ou un zéro en moins? :)
Publié : 22/12/2007 - 15:58
par resistance
Oui,ces syndicats là se moquent vraiment de la population et de leurs propres adhérents pff.
Publié : 22/12/2007 - 23:14
par Pat
hephaistos a écrit :un gâteau de 3000 milliards lourds de francs (70 milliards d'euros)
Quel est le bon chiffre??
3000GF représente plutôt 700GE, alors que 70GE représente 300GF. Il y a donc un facteur 10... Alors? un zéro de trop ou un zéro en moins? :)
Je vais essayer de retrouver le bon chiffre tout ensachant que depuis 3 ans ce chiffre a augmenté.
Publié : 29/02/2008 - 0:45
par Pat
Les problématiques de santé méritent des rapports sérieux
25-01-2008
Il ne se passe pas un jour sans que la réflexion ne se porte sur les nouvelles prises en charge, l’accès au soin et aux médicaments. Dernièrement, dans le cadre de la démarche « Libération de la Croissance » Luc Châtel a confié à Charles Beigbeder (Président de Poweo) la responsabilité d’un rapport sur le thème « Low cost, un levier pour le pouvoir d’achat ». On peut être étonné d’y trouver deux pages sur le médicament OTC au milieu de préconisations concernant principalement la téléphonie, le hard discount alimentaire et les compagnies aériennes. L’étonnement va grandissant quand on constate l’absence d’experts de santé (même appartenant à la société civile…) parmi les personnes auditionnées et il est à son comble quand on s’aperçoit que le rapport s’achève par 5 préconisations dont l’une porte – c’est étonnant- sur le médicament OTC ! Heureusement, comme l’a dit Madame La Ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports, « Il n’est pas question de banaliser le médicament. On ne va pas vendre des médicaments entre une boîte de petits pois et une boîte de carottes ». Dans ce rapport , il aurait été judicieux que cette question de santé publique ne fût pas traitée avec légèreté. Le médicament, comme la santé, requiert des avis sérieux.
Olivier Mariotte
http://www.infoguerre.fr/index.php?opti ... 0&Itemid=1
Re: La planification du système de santé
Publié : 31/05/2009 - 0:23
par Pat
Salauds de pauvres !
Tentant une énième fois, de stopper l'hémorragie des dépenses de la Sécurité Sociale, le gouvernement Jospin envisage la réforme en profondeur du système de santé. Malheureusement, l'idée géniale d'une enveloppe globale qui fixe un quota d'actes par médecin risque de conduire très vite à l'instauration d'une médecine à deux vitesses : la médecine des riches qui n'attendent rien de la Sécu, et la médecine des pauvres qui attendront six mois un rendez-vous chez le spécialiste.
Le gouvernement dénonce ces jours-ci avec véhémence la campagne de «désinformation», les « contre-vérités » et la «démagogie» des syndicats de médecins libéraux, partis en guerre contre la réforme en cours. Devant la menace de fermeture des cabinets, Bernard Kouchner, ministre de la Santé, n'hésite pas à parler de « prise d'otage » sur le public et les malades, quant au président de la CNAM, Jean-Marie Spaeth, il déclare qu'agiter le spectre du rationnement des soins « relève de la tromperie intellectuelle » et dément l'existence de quotas. Côté Mutualité française, enfin, Jean-Pierre Davant brandit l'argument de la lutte des classes et dénonce « le conservatisme profond » d'une caste privilégiée autant que son « absence totale de solidarité envers l'ensemble de la population ».
Avant d'examiner le dossier sur le fond, on fera remarquer au ministre et aux présidents de Caisse que, s'il y a "désinformation" du côté des médecins - ce qui reste à démontrer - il y a surtout une totale absence d'information de la part du gouvernement, ce dernier s'étant bien gardé de tout effort didactique en direction du public. Quant à la presse, il faut bien dire qu'elle est, dans son ensemble, étrangement silencieuse sur le sujet, les quelques mes papiers que l'on peut lire ayant été justement suscités par le mouvement des médecins. L'exemple du journal Le Monde est ainsi significatif : traitant de l'émoi de Madame Aubry devant la fronde du corps médical et donnant un large écho aux commentaires des défenseurs de la réforme dans sa livraison du 17 décembre, il semble non seulement n'avoir pas entendu l'autre partie, mais n'avait pas traité le sujet depuis le 10 août dernier. C'est dire qu'on ne considérait pas le sujet comme "porteur".
Reprenons maintenant les faits.
On peut avancer une explication à ce silence médiatique : le gouvernement Jospin est actuellement dans le creux de la vague et l'aura du Premier ministre commence sérieusement à pâlir. Aussi la presse, très socialisante dans son ensemble, ne tient-t-elle pas sans doute à rajouter aux désagréments de son "champion".
En route pour le collectivisme
La loi de financement de la Sécurité sociale, votée par le Parlement le 3 décembre dernier, repose sur l'instauration de l'« enveloppe globale ». Les dépenses de soins y sont déterminées sur des critères purement financiers, réalisant une enveloppe fermée indépendante des besoins sanitaires de la population. En cas de dépassement de cette enveloppe, les médecins (tous les médecins, il faut le souligner) devront reverser aux caisses l'intégralité de ce dépassement, c'est-à-dire le montant des soins - honoraires et prescriptions - qu'ils auront prodigués à leur patients. Cela sans que soit pris en compte le bien-fondé des dits soins et prescriptions. Si les médecins dénoncent violemment ce nouveau système, c'est parce qu'il induit, à l'évidence, des effets pervers. L'instauration d'une filière de soins « option médecin référent » va créer, de fait, une médecine à deux vitesses, disent-ils. Il y aura d'une part, les malades, les plus pauvres qui seront prisonniers du système, d'autre part les plus riches auxquels leurs revenus permettront un accès libre aux soins. Autre effet pervers : celui des sanctions collectives, injustes par définition, et de surcroît démotivantes.
Ce système existe autour de nous, notamment chez nos voisins anglais, où il n'est pas rare de devoir attendre plus d'un an un rendez-vous chez le spécialiste, et parfois davantage pour une intervention à l'hôpital. A moins, bien sûr, d'avoir les moyens d'échapper au système.
La loi de financement de la Sécurité sociale qui a été votée au début de ce mois institue donc le reversement des honoraires et frais en cas de dépassement de l'enveloppe globale, et a donc fixé son montant - appelé « l'objectif quantifié national » - à 629,8 milliards de francs. Ce montant correspond, pour les médecins, à leurs honoraires de 1997 + 2,2 %. Ce budget est d'ores et déjà "consommé", c'est pourquoi les médecins, ayant atteint leurs quotas, ont décidé la fermeture de leurs cabinets. Afin, disent-ils, de respecter la loi instituant le rationnement des soins. Selon eux, l'année 1999 risque de les voir confrontés à une croissance zéro, voire négative. D'après les estimations des syndicats, le montant à reverser serait de l'ordre de 60 000 F à 90 000 F par praticien. Faux, répond le ministère qui déclare : « si l'on est pessimiste, la clause de sauvegarde ne s'appliquera que sur un dérapage de 1 milliard », ce qui générerait un surplus d'honoraires de 36 600 F par spécialiste au titre du dérapage, sur lesquels les Caisses récupéreraient 20 000 F.
Le gouvernement maintient donc sa pression sur la profession. Les syndicats, après avoir rassemblé une grande manifestation le 20 décembre, appellent à la fermeture. La plupart des cabinets de spécialistes devraient donc fermer à la date du 23 décembre pour ne rouvrir qu'en janvier prochain. Dans certains départements, c'est déjà chose faite depuis la mi-décembre.
Marie-Claire ROY
A qui la faute ?
L'argument qui consiste à prétendre que les médecins libéraux sont hostiles à toute réforme est totalement fallacieux. Ils sont, dans leur très grande majorité, favorables à la maîtrise des dépenses, mais pas sous la forme que le gouvernement tente de leur imposer.
Dans une brève interview au Parisien (21/12), Claude Maffioli, président de la Confédération des syndicats médicaux français, plaide pour une maîtrise des dépenses fondée sur une logique médicale et non pas « purement comptable ». En effet, dit-il, « un système qui se donne pour objectif un équilibre budgétaire sans tenir compte des besoins des patients ne peut conduire qu'au rationnement des soins », Ce que souhaitent les médecins, c'est une forme de sanction individuelle appliquée en cas de prescription d'« actes inutiles ou médicalement injustifiés ». Quant à la baisse autoritaire des tarifs évoquée par Martine Aubry, elle équivaut aussi pour eux à une sanction collective et repose sur le même principe que celui du reversement d'honoraire. Seule la technique change.
Quant aux dérives des dépenses de santé, les médecins libéraux en rendent largement responsable le secteur public. Interrogé sut ce point, un cardiologue nous confie : « Il y a une inflation énorme du nombre d'examens pratiqués en milieu hospitalier, et cela on se garde bien de le dénoncer ». Les raisons de cette multiplication des actes sont simples : d'une part, « nombre des médecins exerçant à l'hôpital sont des médecins à diplôme étranger. Ils sont, dans l'ensemble, peu sûrs de leur diagnostic et multiplient les examens lourds pour se conforter ». D'autre part, « on assiste en France, depuis quelques années, à une dérive à l'américaine. Les plaintes et procédures pénales sont de plus en plus nombreuses et les médecins, là aussi, cherchent à se protéger en multipliant les examens coûteux ». Nous vivons dans une société qui veut absolument et en tout domaine évacuer le facteur risque, cela a donc un coût, mais il est évidemment plus simple, pour un gouvernement socialiste, de s'en prendre à la médecine libérale.
C'est également sous cet angle qu'il faut considérer le plan stratégique proposé par Gilles Johanet, le nouveau directeur de la Caisse nationale d'assurance maladie. Ce dernier envisage, d'ici à quatre ans, « un conventionnement sélectif des médecins selon les besoins » (Le Quotidien du médecin N°6357). Tous les praticiens n'auraient donc plus le droit d'être automatiquement conventionnés. M. Johanet explique en outre que la formation continue, désormais obligatoire (ce qui est évidemment justifié), est insuffisante, et qu'il faudra également, d'ici à quatre ans, mettre en place « un système de recertification régulière des médecins, ceux-ci devant prouver régulièrement qu'ils ont conservé leur compétence ». La périodicité serait de cinq années. Les internes fraîchement diplômés croient pouvoir s'en réjouir, s'estimant d'avance gagnants dans cette compétition au conventionnement. C'est, là encore, raisonner à court terme, car il est évident que la mesure vise à éliminer un certain pourcentage de médecins. D'ailleurs M. Johanet confirme que « le conventionnement sélectif pourrait s'appuyer sur une aide à la reconversion à partir d'un certain âge, celui de 45 ans (sic) est évoqué, sur les résultats du bilan de compétence, voire d'une recertification régulière... ». Après onze ans d'études en moyenne pour un spécialiste, on lui laissera donc la perspective d'une quinzaine d'années d'exercice. Après quoi, au beau milieu de sa carrière, alors qu'il sera aux prises avec les emprunts contractés pour financer le cabinet et le matériel - toujours à la pointe, lui aussi - on le renverra cultiver son jardin. Au prétexte, bien sûr, qu'il est devenu incompétent.
Imaginons qu'on demande aux énarques qui pondent de telles mesures de repasser le concours de l'ENA tous les cinq ans. Il n'est pas sûr que ça les ferait rire.
M.-C.R.
Dernière minute
A l'heure où nous bouclons ces pages, on apprend que le Conseil constitutionnel vient de rendre un arrêt annulant les articles de la réforme Aubry concernant le reversement en cas de dépassement des dépenses de santé. Le Conseil est en effet opposé à l'idée d'appliquer une sanction collective - injuste par nature - et souhaite qu'il soit tenu compte du « comportement individuel des médecins en matière d'honoraires et de prescriptions ».
Si l'arrêt du Conseil semble donc, à court terme, un cadeau fait aux médecins, il apparaît que le ministre n'est pas pour autant disposé à renoncer à son projet. La volonté des pouvoirs publics de mettre en place une « logique budgétaire stricte » demeure, et elle pourrait se traduire maintenant par la baisse des tarifs des actes médicaux. « De manière adaptée selon les spécialités médicales », dit Martine Aubry, comme cela fut fait en juillet avec les radiologues dont les tarifs ont été baissés arbitrairement de 13,5 %.
National Hebdo du 24 au 30 décembre 1998
Re: La planification du système de santé
Publié : 12/06/2009 - 18:50
par C.N.
La santé va devenir un luxe, merci sarko.
Pauvre France, déjà que ça va mal, nous perdons nos acquis fondamentaux.