Les preuves du complot contre la Syrie
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Re: Les preuves du complot contre la Syrie
Thierry Meyssan sur l’agression de la Syrie et la diplomatie de François Hollande
Dans une interview pour la radio La voix de la Russie que le Reseau Voltaire reproduit dans ses colonnes, Thierry Meyssan revient sur les développements récents de l’opération de déstabilisation de la Syrie et la position du nouveau gouvernement français. Dans la continuité de l’ère Juppé-Levy-Kouchner, le Quai d’Orsay s’obstine jusqu’à présent à prendre la communication de guerre pour la réalité. Alors que la France ne brille que lorsqu’elle sait jouer de l’équilibre entre les grandes puissances, elle se prive de toute marge de manœuvre en s’enferrant dans un parti pris à courte vue.
La Voix de la Russie. Monsieur Meyssan, merci d’être avec nous sur les ondes de la Voix de la Russie. Vous êtes au cœur de l’actualité proche-orientale. Vous voyez les choses évoluer au jour le jour et pouvez témoigner de la situation à Damas. Que pensez-vous de la mise en pratique du plan de Kofi Annan qui, d’après vous, a largement puisé dans l’initiative d’un Serge Lavrov, chef du Quai d’Orsay russe ?
Thierry Meyssan. Le plan Kofi Annan est la reprise du plan Lavrov. On a juste modifié une clause qui concerne le statut de la presse. Et c’était une bonne manière de faire puisque M. Lavrov avait réussi à trouver un accord avec la Ligue arabe. Donc cela pouvait paraître une plateforme de discussion correcte. Cependant au moment même où Monsieur Lavrov avait négocié cela avec la Ligue arabe, le président de séance de la Ligue à ce moment-là, c’est-à-dire le représentant qatari, avait donné une conférence de presse, quelques minutes après celle de M. Lavrov, en tenant des propos en totale contradiction avec le contenu du plan. Et aujourd’hui on est toujours dans la même situation, c’est-à-dire que tout le monde se réclame du plan Lavrov, maintenant du plan Annan, mais certaines parties au conflit s’expriment d’une manière qui ne laisse aucun doute sur leur refus de l’appliquer. Parce que la base de cette idée, du plan de paix, est que tout le monde doit cesser le feu de manière unilatérale. On ne doit pas attendre que les autres fassent une démarche et descendre progressivement. Chacun doit s’arrêter de tirer. Or, l’armée syrienne a fait des efforts considérables, s’est retirée des grandes villes malgré les protestations des gens, des manifestations – non pas contre l’armée mais des manifestations pour l’armée ; des gens réclamant la protection militaire face aux groupes des mercenaires. Et puis en face il n’y a pas du tout d’arrêt, les actions commandos continuent. Il y a beaucoup d’actions ciblées soit pour détruire l’infrastructure, soit assassiner des responsables de l’État ou des personnes qui ont manifesté leur soutien au pays.
Est-ce que d’après vous il subsiste ne serait-ce qu’une infime chance de pacification de la Syrie ?
Oui ! La chance, elle est toute simple ! Si les armes et l’argent arrêtaient d’arriver de l’étranger… Si on arrêtait d’envoyer des mercenaires… Il y a constamment des mercenaires qui franchissent la frontière avec la Turquie comme l’a souligné le représentant russe au Conseil de Sécurité. On a transféré des combattants qui étaient en Libye vers la Turquie en utilisant d’ailleurs les moyens des Nations Unies. On a installé un camp des prétendus réfugiés qui est en fait une base arrière de cette pseudo-armée syrienne libre. Et puis constamment ces gens franchissent la frontière et viennent pour commettre des crimes sur le territoire syrien. Donc si on arrêtait ce soutien extérieur aux bandes armées, il ne resterait plus rien ! Après on va se retrouver dans une situation normale avec un gouvernement qui est largement majoritaire, une opposition qui existe, qui a les moyens de s’exprimer, qui fait sont travail d’opposition, qui propose des nouvelles choses, etc. Il y aurait un débat démocratique comme cela existe dans de nombreux pays. Là quand se réunit maintenant le groupe de contact initié par la Russie, la question est est-ce que les États-Unis qui sont la puissance titulaire à la fois de l’Occident et du Conseil de Coopération du Golfe, est-ce que les États-Unis vont demander à leurs alliés d’arrêter ce jeu en sous-main ? Ou est-ce qu’ils vont au contraire continuer à les encourager à jeter de l’huile sur le feu ?
Une autre question, cette fois-ci beaucoup plus délicate, plusieurs de nos confrères, journalistes d’une télévision locale, ont été sauvagement assassinés par la prétendue Armée libre syrienne soutenue par la Turquie et les Occidentaux. Croyez-vous qu’on s’attaque à la presse pour créer un blocus médiatique, pour priver les citoyens des pays occidentaux et arabes de toute information véridique ? Quels ont été les mobiles de ces criminels ?
Je pense qu’il y a deux éléments qui vont ensemble. D’une part, au cours des vingt dernières années, nous avons vu les mêmes scènes se reproduire successivement en Yougoslavie, en Afghanistan, en Irak, en Libye et maintenant en Syrie. Il y a des puissances qui systématiquement détruisent les médias des pays qu’ils attaquent. Et c’est simple. Il y a constamment derrière cela les États-Unis et l’OTAN. Personne d‘autre ne se comporte comme ça dans le monde. Il n’y a pas de plus grand ennemi de la liberté d’expression que les États-Unis et l’OTAN. Quoi qu’on en dise, ce sont les faits qui le montrent.
Deuxièmement, il était prévu dans le cas particulier de la Syrie une immense campagne en décrochant des satellites les canaux syriens et en leur substituant des canaux qui étaient des programmes qui ont été fabriqués par la CIA qui a créé plusieurs chaînes satellitaires au cours des derniers mois. Donc l’idée c’était qu’on allait diffuser des images fictionnelles tournées dans les studios, des images de synthèse pour faire croire à l’effondrement de l’État syrien et pour que les gens en Syrie quand ils avaient branché leur télévision, au lieu de voir leur chaîne habituelle, ils auraient vu autre chose avec de fausses images. Et ils auraient pensé – voilà ! c’est trop tard ! Il faut se résigner, la patrie est perdue, elle est occupée par des forces étrangères. Eh bien, ça ça n’a pas été possible parce qu’il y a eu d’abord une mobilisation incroyable dans le monde entier. Il y a des dizaines de très grands journaux qui ont consacré des pages entières à ce sujet. Il y a eu des centaines de sites internet qui ont véhiculé tous les détails de cette opération. Finalement NileSat avait refusé d’enlever les chaînes syriennes de son satellite. La Ligue arabe a été forcée de reculer avec ArabSat. Les Syriens ont installé sur de nouveaux satellites leur télévision. Enfin ils ont saisi le Conseil de Sécurité avec une lettre très importante sur ce sujet. Et surtout M. Lavrov a inscrit comme point numéro un à l’ordre du jour de la réunion du groupe de contact l’arrêt immédiat de la guerre médiatique contre la Syrie.
Alors l’OTAN s’est vengée comme ça. Ils ont envoyé un commando. Cette télévision était installée à une quinzaine de kilomètres à la sortie de Damas, à la campagne, en fait. C’était un lieu pas du tout défendu. Le commando était arrivé – des gens avec des systèmes de visée nocturne, avec tout ce qu’il faut. Ils ont tué les gardiens. Il y avait juste 4 gardiens. Ils sont rentrés. Ils ont arrêté 3 présentateurs qu’ils ont ligotés et qu’ils ont exécutés sur place. Et puis après ça ils ont mis le feu. Ils ont fait tout sauter. Maintenant ce ne sont que des gravois cet endroit-là. Il y a juste un bâtiment qui est encore debout.
Encore une fois ce n’est pas nouveau. Les États-Unis et l’OTAN font ça partout depuis 20 ans. C’est quelque chose d’incroyable. Parce que ce sont les mêmes personnes qui pratiquent ces actes barbares et qui dans les organisations internationales se présentent comme les défenseurs de la liberté d’expression ! C’est le monde à l’envers ! La réalité nous dit l’inverse de leurs paroles ! Et pour nous, journalistes, ceci devient impossible à vivre. C’est bien clair. Toute personne qui veut s’opposer à cet impérialisme et qui se retrouve dans un pays qui n’a pas les moyens importants pour se défendre est désormais en danger.
Et qu’en est-il de la position de la France par rapport à la Syrie. On voit François Hollande louvoyer à tous les vents et zigzaguer sans cesse comme s’il ne savait à quel saint se vouer… Qu’est-ce que vous en dites ?
Comme vous dites : François Hollande zigzague et louvoie. C’est-à-dire qu’il ne sait pas quelle est sa politique ; Il essaie de suivre son mouvement. Il se rend bien compte que la position officielle sur la Syrie n’est pas tenable. Mais en même temps il n’est pas capable d’en dégager une autre. Il n’est pas capable de ça parce qu’il n’a pas de marge de manœuvre. Il accepte que la France continue comme au cours du mandat de Nicolas Sarkozy à être le suiveur des États-Unis. Comment pourrait-il énoncer une nouvelle politique dans ces conditions ? Il a à côté de lui l’administration du Quai d’Orsay, les diplomates français qui ne cessent de lui répéter que nous commettons une erreur très grave avec la Syrie. Que normalement la France et la Syrie devraient être alliés comme c’était le cas dans le passé. La France a été la puissance mandataire pendant l’entre-deux-guerres ici. Il y a une incapacité à s’adapter. Cette incapacité, elle s’est exprimée clairement lors de la première rencontre de François Hollande et de Vladimir Poutine à Élysée. C’était quelque chose d’un peu grotesque en fait ! Les deux Chefs d’État ont fait une liste de sujets à aborder dont la Syrie qui occupait une grande part de la discussion. Et ils n’ont trouvé aucun point d’accord. C’est honteux ! Aucun point d’accord ! Pourquoi ? Parce que sur chaque sujet Vladimir Poutine exprimait les demandes de la Russie en les argumentant. Nous voulons ceci parce que cela… Et il donne ses arguments. Et en face il y avait un François Hollande qui lui répondait : « Nous pensons que… » Sans arguments.. ! C’est-à-dire il n’y a rien à négocier. C’est juste l’affrontement d’un point de vue borné en face d’une position ouverte. Et quand on a abordé plus précisément la question syrienne, ceci est devenu encore plus ridicule ! Puisque le Président français a évoqué seize mille morts dont serait responsable le gouvernement, etc. Le Président Poutine lui demanda : « Mais d’où tenez-vous ces chiffres ? De l’Observatoire syrien des droits de l’homme ? Mais nous avons envoyé notre ambassadeur à Londres. Il a vu ces gens –là : c’est un marchand de kebab avec une petite échoppe. C’est ça la source des renseignements français ? La Russie pendant ce temps, nous avons cent mille Russes qui sont déployés sur l’ensemble du territoire syrien ! Rien ne nous échappe ! Nous pouvons tout vérifier ! Et nous pouvons vous affirmer évidemment que ce que raconte ce marchand de kebab à Londres n’a aucune valeur ! »
http://www.contre-info.com
Dans une interview pour la radio La voix de la Russie que le Reseau Voltaire reproduit dans ses colonnes, Thierry Meyssan revient sur les développements récents de l’opération de déstabilisation de la Syrie et la position du nouveau gouvernement français. Dans la continuité de l’ère Juppé-Levy-Kouchner, le Quai d’Orsay s’obstine jusqu’à présent à prendre la communication de guerre pour la réalité. Alors que la France ne brille que lorsqu’elle sait jouer de l’équilibre entre les grandes puissances, elle se prive de toute marge de manœuvre en s’enferrant dans un parti pris à courte vue.
La Voix de la Russie. Monsieur Meyssan, merci d’être avec nous sur les ondes de la Voix de la Russie. Vous êtes au cœur de l’actualité proche-orientale. Vous voyez les choses évoluer au jour le jour et pouvez témoigner de la situation à Damas. Que pensez-vous de la mise en pratique du plan de Kofi Annan qui, d’après vous, a largement puisé dans l’initiative d’un Serge Lavrov, chef du Quai d’Orsay russe ?
Thierry Meyssan. Le plan Kofi Annan est la reprise du plan Lavrov. On a juste modifié une clause qui concerne le statut de la presse. Et c’était une bonne manière de faire puisque M. Lavrov avait réussi à trouver un accord avec la Ligue arabe. Donc cela pouvait paraître une plateforme de discussion correcte. Cependant au moment même où Monsieur Lavrov avait négocié cela avec la Ligue arabe, le président de séance de la Ligue à ce moment-là, c’est-à-dire le représentant qatari, avait donné une conférence de presse, quelques minutes après celle de M. Lavrov, en tenant des propos en totale contradiction avec le contenu du plan. Et aujourd’hui on est toujours dans la même situation, c’est-à-dire que tout le monde se réclame du plan Lavrov, maintenant du plan Annan, mais certaines parties au conflit s’expriment d’une manière qui ne laisse aucun doute sur leur refus de l’appliquer. Parce que la base de cette idée, du plan de paix, est que tout le monde doit cesser le feu de manière unilatérale. On ne doit pas attendre que les autres fassent une démarche et descendre progressivement. Chacun doit s’arrêter de tirer. Or, l’armée syrienne a fait des efforts considérables, s’est retirée des grandes villes malgré les protestations des gens, des manifestations – non pas contre l’armée mais des manifestations pour l’armée ; des gens réclamant la protection militaire face aux groupes des mercenaires. Et puis en face il n’y a pas du tout d’arrêt, les actions commandos continuent. Il y a beaucoup d’actions ciblées soit pour détruire l’infrastructure, soit assassiner des responsables de l’État ou des personnes qui ont manifesté leur soutien au pays.
Est-ce que d’après vous il subsiste ne serait-ce qu’une infime chance de pacification de la Syrie ?
Oui ! La chance, elle est toute simple ! Si les armes et l’argent arrêtaient d’arriver de l’étranger… Si on arrêtait d’envoyer des mercenaires… Il y a constamment des mercenaires qui franchissent la frontière avec la Turquie comme l’a souligné le représentant russe au Conseil de Sécurité. On a transféré des combattants qui étaient en Libye vers la Turquie en utilisant d’ailleurs les moyens des Nations Unies. On a installé un camp des prétendus réfugiés qui est en fait une base arrière de cette pseudo-armée syrienne libre. Et puis constamment ces gens franchissent la frontière et viennent pour commettre des crimes sur le territoire syrien. Donc si on arrêtait ce soutien extérieur aux bandes armées, il ne resterait plus rien ! Après on va se retrouver dans une situation normale avec un gouvernement qui est largement majoritaire, une opposition qui existe, qui a les moyens de s’exprimer, qui fait sont travail d’opposition, qui propose des nouvelles choses, etc. Il y aurait un débat démocratique comme cela existe dans de nombreux pays. Là quand se réunit maintenant le groupe de contact initié par la Russie, la question est est-ce que les États-Unis qui sont la puissance titulaire à la fois de l’Occident et du Conseil de Coopération du Golfe, est-ce que les États-Unis vont demander à leurs alliés d’arrêter ce jeu en sous-main ? Ou est-ce qu’ils vont au contraire continuer à les encourager à jeter de l’huile sur le feu ?
Une autre question, cette fois-ci beaucoup plus délicate, plusieurs de nos confrères, journalistes d’une télévision locale, ont été sauvagement assassinés par la prétendue Armée libre syrienne soutenue par la Turquie et les Occidentaux. Croyez-vous qu’on s’attaque à la presse pour créer un blocus médiatique, pour priver les citoyens des pays occidentaux et arabes de toute information véridique ? Quels ont été les mobiles de ces criminels ?
Je pense qu’il y a deux éléments qui vont ensemble. D’une part, au cours des vingt dernières années, nous avons vu les mêmes scènes se reproduire successivement en Yougoslavie, en Afghanistan, en Irak, en Libye et maintenant en Syrie. Il y a des puissances qui systématiquement détruisent les médias des pays qu’ils attaquent. Et c’est simple. Il y a constamment derrière cela les États-Unis et l’OTAN. Personne d‘autre ne se comporte comme ça dans le monde. Il n’y a pas de plus grand ennemi de la liberté d’expression que les États-Unis et l’OTAN. Quoi qu’on en dise, ce sont les faits qui le montrent.
Deuxièmement, il était prévu dans le cas particulier de la Syrie une immense campagne en décrochant des satellites les canaux syriens et en leur substituant des canaux qui étaient des programmes qui ont été fabriqués par la CIA qui a créé plusieurs chaînes satellitaires au cours des derniers mois. Donc l’idée c’était qu’on allait diffuser des images fictionnelles tournées dans les studios, des images de synthèse pour faire croire à l’effondrement de l’État syrien et pour que les gens en Syrie quand ils avaient branché leur télévision, au lieu de voir leur chaîne habituelle, ils auraient vu autre chose avec de fausses images. Et ils auraient pensé – voilà ! c’est trop tard ! Il faut se résigner, la patrie est perdue, elle est occupée par des forces étrangères. Eh bien, ça ça n’a pas été possible parce qu’il y a eu d’abord une mobilisation incroyable dans le monde entier. Il y a des dizaines de très grands journaux qui ont consacré des pages entières à ce sujet. Il y a eu des centaines de sites internet qui ont véhiculé tous les détails de cette opération. Finalement NileSat avait refusé d’enlever les chaînes syriennes de son satellite. La Ligue arabe a été forcée de reculer avec ArabSat. Les Syriens ont installé sur de nouveaux satellites leur télévision. Enfin ils ont saisi le Conseil de Sécurité avec une lettre très importante sur ce sujet. Et surtout M. Lavrov a inscrit comme point numéro un à l’ordre du jour de la réunion du groupe de contact l’arrêt immédiat de la guerre médiatique contre la Syrie.
Alors l’OTAN s’est vengée comme ça. Ils ont envoyé un commando. Cette télévision était installée à une quinzaine de kilomètres à la sortie de Damas, à la campagne, en fait. C’était un lieu pas du tout défendu. Le commando était arrivé – des gens avec des systèmes de visée nocturne, avec tout ce qu’il faut. Ils ont tué les gardiens. Il y avait juste 4 gardiens. Ils sont rentrés. Ils ont arrêté 3 présentateurs qu’ils ont ligotés et qu’ils ont exécutés sur place. Et puis après ça ils ont mis le feu. Ils ont fait tout sauter. Maintenant ce ne sont que des gravois cet endroit-là. Il y a juste un bâtiment qui est encore debout.
Encore une fois ce n’est pas nouveau. Les États-Unis et l’OTAN font ça partout depuis 20 ans. C’est quelque chose d’incroyable. Parce que ce sont les mêmes personnes qui pratiquent ces actes barbares et qui dans les organisations internationales se présentent comme les défenseurs de la liberté d’expression ! C’est le monde à l’envers ! La réalité nous dit l’inverse de leurs paroles ! Et pour nous, journalistes, ceci devient impossible à vivre. C’est bien clair. Toute personne qui veut s’opposer à cet impérialisme et qui se retrouve dans un pays qui n’a pas les moyens importants pour se défendre est désormais en danger.
Et qu’en est-il de la position de la France par rapport à la Syrie. On voit François Hollande louvoyer à tous les vents et zigzaguer sans cesse comme s’il ne savait à quel saint se vouer… Qu’est-ce que vous en dites ?
Comme vous dites : François Hollande zigzague et louvoie. C’est-à-dire qu’il ne sait pas quelle est sa politique ; Il essaie de suivre son mouvement. Il se rend bien compte que la position officielle sur la Syrie n’est pas tenable. Mais en même temps il n’est pas capable d’en dégager une autre. Il n’est pas capable de ça parce qu’il n’a pas de marge de manœuvre. Il accepte que la France continue comme au cours du mandat de Nicolas Sarkozy à être le suiveur des États-Unis. Comment pourrait-il énoncer une nouvelle politique dans ces conditions ? Il a à côté de lui l’administration du Quai d’Orsay, les diplomates français qui ne cessent de lui répéter que nous commettons une erreur très grave avec la Syrie. Que normalement la France et la Syrie devraient être alliés comme c’était le cas dans le passé. La France a été la puissance mandataire pendant l’entre-deux-guerres ici. Il y a une incapacité à s’adapter. Cette incapacité, elle s’est exprimée clairement lors de la première rencontre de François Hollande et de Vladimir Poutine à Élysée. C’était quelque chose d’un peu grotesque en fait ! Les deux Chefs d’État ont fait une liste de sujets à aborder dont la Syrie qui occupait une grande part de la discussion. Et ils n’ont trouvé aucun point d’accord. C’est honteux ! Aucun point d’accord ! Pourquoi ? Parce que sur chaque sujet Vladimir Poutine exprimait les demandes de la Russie en les argumentant. Nous voulons ceci parce que cela… Et il donne ses arguments. Et en face il y avait un François Hollande qui lui répondait : « Nous pensons que… » Sans arguments.. ! C’est-à-dire il n’y a rien à négocier. C’est juste l’affrontement d’un point de vue borné en face d’une position ouverte. Et quand on a abordé plus précisément la question syrienne, ceci est devenu encore plus ridicule ! Puisque le Président français a évoqué seize mille morts dont serait responsable le gouvernement, etc. Le Président Poutine lui demanda : « Mais d’où tenez-vous ces chiffres ? De l’Observatoire syrien des droits de l’homme ? Mais nous avons envoyé notre ambassadeur à Londres. Il a vu ces gens –là : c’est un marchand de kebab avec une petite échoppe. C’est ça la source des renseignements français ? La Russie pendant ce temps, nous avons cent mille Russes qui sont déployés sur l’ensemble du territoire syrien ! Rien ne nous échappe ! Nous pouvons tout vérifier ! Et nous pouvons vous affirmer évidemment que ce que raconte ce marchand de kebab à Londres n’a aucune valeur ! »
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Re: Les preuves du complot contre la Syrie
Ingérence impérialiste en Syrie : Le cœur de la diplomatie mondiale bat à Moscou…
Le CNS débouté à Moscou
Par Info Syrie
Le 11 Juillet 2012
url de l’article original : http://www.infosyrie.fr/actualite/le-cn ... -a-moscou/
C’est encore un signe, après tout, que le pôle magnétique de la diplomatie internationale s’est vraiment déplacé vers l’Est : une délégation du CNS a fait ce mercredi 11 juillet le déplacement de Moscou, avec son nouveau président Abdel Basset Sayda. Lequel a tenté de convaincre le redoutable chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, qu’une « révolution » était en cours en Syrie. Et, sans doute pour impressionner ou émouvoir son interlocuteur, Sayda a fait un parallèle entre cette « révolution » syrienne aux événements ayant entraîné la disparition de l »URSS en 1991.Pas qûre que la comparaison soit heureuse : quoiqu’il pense du bilan soviétique et de l’idéologie marxiste-léniniste, Lavrov – comme Poutine – est bien conscient que cet effondrement historique a entraîné pour une bonne dizaine d’années un recul géopolitique, social et moral pour l’essentiel du peuple russe et pour la Russie en tant que grande nation, toute l’oeuvre d’un Poutine consistant justement à faire remonter à son pays la pente vertigineuse des années Eltsine,soigneusement mises à profit par les Américains et l »OTAN. Vingt ans plus tard, Poutine est président, il a restauré la puissance russe et a réinstallé son pays au coeur du jeu international.
Le Titanic CNS conte l’iceberg Lavrov
Et c’est précisément sur le dossier syrien que les dirigeants russes ont enregistré, ces tous derniers mois, un nouveau « pic » d’influence internationale. Pour en revenir au CNS et à son président, Lavrov leur a poliment dit qu’il se réjouissait de leur visite, avant de leur poser la question à mille roubles : « Nous aimerions comprendre s’il y a de réelles perspectives d’union de tous les groupes d’opposition sur la base d’un dialogue avec le gouvernement, comme le prévoit le plan de Kofi Annan approuvé par le Conseil de sécurité ».
On peut dire que chaque segment de cette longue question était destiné à embarrasser la délégation du CNS : sur l’union de l’opposition, Lavrov sait très bien que dans le champ somme toute réduit de l’opposition radicale syrienne, le CNS est contesté par l’ASL, le CCCND de Haytham Manaa, les Comités locaux de coordination, le Forum démocratique de Michel Kilo, plus deux ou trois autres groupes, sans oublier son ex-président démissionnaire Burhan Ghalioun ! Et le ministre russe n’a pas oublié que le congrès de l’opposition organisé voici peu au Caire par la Ligue arabe a tourné à la foire d’empoigne, et pas seulement métaphoriquement.
Et puis sur le reste, Lavrov rappelle « malicieusement » à ses invités d’un jour qu’il sont tenus de se conformer au plan Annan, approuvé par le Conseil de sécurité, et affiné le 30 juin dernier à la réunion de Genève du Groupe d’action sur la Syrie. Lequel plan oblige les parties prenantes de la crise syrienne à s’asseoir à une table commune de négociations pour jeter les bases du fameux « gouvernement de transition ».Or le CNS ne veut pas entendre parler de négociation avec le gouvernement de Bachar, dont il continue à demander le départ comme préalable, alors que l’accord de Genève a écarté,, sous pression sino-russe, cette éventualité.
Voilà pourquoi Abdel Basset Sayda a parlé à Lavrov de « révolution » irrésistible en cours en Syrie, essayant peut-être de recycler le concept marxiste de « sens de l’Histoire« . Sans succès. À l’issue de la rencontre, M. Sayda s’est fendu d’un franc constat d’échec : « Je confirme au nom de toute l’opposition populaire syrienne (abus de langage manifeste, NdlR) qu’il ne peut pas être question d’un dialogue, tant qu’Assad ne sera pas parti ». Et Sayda d’en arriver à cette précision : « La Russie est d’un autre avis ». En effet, e l’on se demande ce qu’espéraient en arrivant à Moscou Sayda et ses comparses.
Et un bonheur n’arrivant jamais seul, un responsable de la coopération militaire russe annonçait, ce même mercredi, que la Russie allait poursuivre ses livraisons d’armes à la Syrie, et notamment des systèmes de DCA.
Il se confirme que le camp syrien et pro-syrien a gagné en assurance, quand les Occidentaux n’ont gagné qu’en arrogance. Quant au CNS, il a visiblement mangé son pain blanc, jusqu’à l’ultime miette….
http://resistance71.wordpress.com/
Le CNS débouté à Moscou
Par Info Syrie
Le 11 Juillet 2012
url de l’article original : http://www.infosyrie.fr/actualite/le-cn ... -a-moscou/
C’est encore un signe, après tout, que le pôle magnétique de la diplomatie internationale s’est vraiment déplacé vers l’Est : une délégation du CNS a fait ce mercredi 11 juillet le déplacement de Moscou, avec son nouveau président Abdel Basset Sayda. Lequel a tenté de convaincre le redoutable chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, qu’une « révolution » était en cours en Syrie. Et, sans doute pour impressionner ou émouvoir son interlocuteur, Sayda a fait un parallèle entre cette « révolution » syrienne aux événements ayant entraîné la disparition de l »URSS en 1991.Pas qûre que la comparaison soit heureuse : quoiqu’il pense du bilan soviétique et de l’idéologie marxiste-léniniste, Lavrov – comme Poutine – est bien conscient que cet effondrement historique a entraîné pour une bonne dizaine d’années un recul géopolitique, social et moral pour l’essentiel du peuple russe et pour la Russie en tant que grande nation, toute l’oeuvre d’un Poutine consistant justement à faire remonter à son pays la pente vertigineuse des années Eltsine,soigneusement mises à profit par les Américains et l »OTAN. Vingt ans plus tard, Poutine est président, il a restauré la puissance russe et a réinstallé son pays au coeur du jeu international.
Le Titanic CNS conte l’iceberg Lavrov
Et c’est précisément sur le dossier syrien que les dirigeants russes ont enregistré, ces tous derniers mois, un nouveau « pic » d’influence internationale. Pour en revenir au CNS et à son président, Lavrov leur a poliment dit qu’il se réjouissait de leur visite, avant de leur poser la question à mille roubles : « Nous aimerions comprendre s’il y a de réelles perspectives d’union de tous les groupes d’opposition sur la base d’un dialogue avec le gouvernement, comme le prévoit le plan de Kofi Annan approuvé par le Conseil de sécurité ».
On peut dire que chaque segment de cette longue question était destiné à embarrasser la délégation du CNS : sur l’union de l’opposition, Lavrov sait très bien que dans le champ somme toute réduit de l’opposition radicale syrienne, le CNS est contesté par l’ASL, le CCCND de Haytham Manaa, les Comités locaux de coordination, le Forum démocratique de Michel Kilo, plus deux ou trois autres groupes, sans oublier son ex-président démissionnaire Burhan Ghalioun ! Et le ministre russe n’a pas oublié que le congrès de l’opposition organisé voici peu au Caire par la Ligue arabe a tourné à la foire d’empoigne, et pas seulement métaphoriquement.
Et puis sur le reste, Lavrov rappelle « malicieusement » à ses invités d’un jour qu’il sont tenus de se conformer au plan Annan, approuvé par le Conseil de sécurité, et affiné le 30 juin dernier à la réunion de Genève du Groupe d’action sur la Syrie. Lequel plan oblige les parties prenantes de la crise syrienne à s’asseoir à une table commune de négociations pour jeter les bases du fameux « gouvernement de transition ».Or le CNS ne veut pas entendre parler de négociation avec le gouvernement de Bachar, dont il continue à demander le départ comme préalable, alors que l’accord de Genève a écarté,, sous pression sino-russe, cette éventualité.
Voilà pourquoi Abdel Basset Sayda a parlé à Lavrov de « révolution » irrésistible en cours en Syrie, essayant peut-être de recycler le concept marxiste de « sens de l’Histoire« . Sans succès. À l’issue de la rencontre, M. Sayda s’est fendu d’un franc constat d’échec : « Je confirme au nom de toute l’opposition populaire syrienne (abus de langage manifeste, NdlR) qu’il ne peut pas être question d’un dialogue, tant qu’Assad ne sera pas parti ». Et Sayda d’en arriver à cette précision : « La Russie est d’un autre avis ». En effet, e l’on se demande ce qu’espéraient en arrivant à Moscou Sayda et ses comparses.
Et un bonheur n’arrivant jamais seul, un responsable de la coopération militaire russe annonçait, ce même mercredi, que la Russie allait poursuivre ses livraisons d’armes à la Syrie, et notamment des systèmes de DCA.
Il se confirme que le camp syrien et pro-syrien a gagné en assurance, quand les Occidentaux n’ont gagné qu’en arrogance. Quant au CNS, il a visiblement mangé son pain blanc, jusqu’à l’ultime miette….
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Re: Les preuves du complot contre la Syrie
Les vrais raisons du conflit syrien : le dernier bastion de la Russie au Levant doit être éliminé !
Les médias occidentaux orchestrent une propagande qui campe le Président syrien Bachar El-Assad comme un despote enragé qui fait ouvrir le feu sur des civils innocents et désarmés et opprime une opposition née au sein même de son peuple. Mais il faut avoir la curiosité de jeter un oeil derrière le voile de ces mensonges propagandistes et de ces ragots colportés par les grandes agences de presse pour constater que le président syrien doit être éliminé, comme le veulent la “communauté occidentale des valeurs” et les services secrets des puissances occidentales, à l’instar de ce qui s’est déjà passé en Libye et en Irak. Le motif n’est pas tant que la Syrie soit considérée comme un allié étroit de l’Iran, lui aussi cible de l’Occident et menacé d’une attaque par Israël; c’est surtout parce que Damas est le dernier allié de la Russie au Levant.
L’influence de Moscou doit être repoussée partout où il est possible de la repousser: tel est le but, non officiellement avoué, des Etats-Unis, puissance dont les problèmes intérieurs et l’endettement démesuré ne sont pas niables et qui perd de plus en plus de terrain en politique étrangère. Ce sont les mêmes fondations, financées par les Etats-Unis et d’autres puissances occidentales, qui agitent une frange de l’opinion publique en Russie contre Poutine et qui soutiennent le parti de la guerre civile en Syrie, qui veut le départ d’El-Assad. Ces fondations fournissent des armes à l’opposition armée syrienne et mettent tout en oeuvre pour provoquer un changement de régime à Damas, assorti de la chute d’El-Assad et de son parti Baath, séculier et nationaliste panarabe.
Y a-t-il en Syrie une opposition “modérée” ?
Même au début de la mission de Nations-Unies en Syrie, la vague de violence ne s’est pas estompée dans le pays. Chaque jour des citoyens syriens perdent la vie dans les combats et dans les attentats à la bombe. On escamote bien le fait que ces victimes, souvent des femmes et des enfants, sont dues aux actions des “opposants” qui, fournis en armes et en explosifs par l’étranger, ne tiennent pas compte de la sécurité et de l’inviolabilité théorique des représentants des Nations-Unies. Récemment deux engins ont explosé à proximité d’un hôtel de la ville d’Idlib, où logeaient des observateurs des Nations-Unies. Au moins vingt-deux personnes ont perdu la vie lorsque des bombes ont explosé coup sur coup près de bâtiments abritant les services secrets de l’armée loyaliste et des forces aériennes. La plupart des victimes appartenaient, dit-on, aux services de sécurité.
Le Président du “Conseil National Syrien”, Burhan Ghalioun, qui parle soi-disant au nom d’une “opposition modérée”, justifie l’usage d’armes contre les instances de l’Etat, car de telles actions relèveraient de la “légitime défense”. Pour le “Conseil National”, mis sur pied par l’Occident, le régime d’El-Assad est sur le point de s’effondrer. Ghalioun le “modéré” déclare à ce propos: “C’est comme un cadavre puant qui attend d’être enterré”. Tandis que la “Communauté occidentale des valeurs” attend manifestement qu’El-Assad dépose les armes volontairement et agite le drapeau blanc face au parti de la guerre civile, armé principalement par les Etats-Unis, le ministre russe des affaires étrangères Serguëi Lavrov remarque en toute clarté que ce sont les poseurs de bombe, les paramilitaires et les terroristes de l’opposition militante qui barrent la route à tout processus de paix réellement stabilisant.
“L’armistice annoncé selon le plan Annan et soutenu par le Conseil de sécurité de l’ONU n’a pas encore permis une stabilisation définitive —en grande partie parce que les groupes armés de l’opposition tentent sans cesse de commettre leurs provocations: il s’agit principalement d’attentats à l’explosif et d’actes de terreurs ou encore de tirs contre les troupes gouvernementales ou contre des bâtiments publics”, a déclaré Lavrov dans un entretien accordé à la station de télévision russe “Rossiya-24”. La cible de l’opposition armée serait, d’après le ministre russe des affaires étrangères, de faire échouer le plan d’Annan, de susciter la colère de la communauté internationale et de provoquer ainsi une immixtion étrangère. Ensuite, Lavrov a mis les points sur les “i”: “Pour des raisons bien compréhensibles, nous travaillons principalement avec le gouvernement en place que nous tentons de persuader pour qu’il aille au devant des obligations strictes qu’impose le plan d’Annan”. “L’opposition, avec laquelle nous cherchons également à dialoguer se trouve, elle, en revanche, sous l’influence d’autres Etats”, a poursuivi Lavrov, dans une phrase apparemment anodine mais haute de signification. “De ces Etats, nous attendons une attitude responsable face aux obligations que le Conseil de Sécurité des Nations Unies demande de satisfaire”.
Les relations russo-syriennes
Le partenariat qui existe entre la Syrie et la Russie relève d’une vieille tradition: il a commencé quand Damas a plutôt penché vers l’Union Soviétique après s’être débarrassé de la double tutelle française et britannique après la seconde guerre mondiale. Bien qu’officiellement indépendante depuis 1941, la Syrie n’a vu le départ complet des troupes françaises et britanniques qu’en 1946. Dans la foulée, le pays a été secoué par une longue série de soulèvements et de coups d’Etat, situation instable due surtout à la défaite arabe face à Israël en 1948; en 1955, Choukri al-Kouwatli, tourné vers l’Egypte nassérienne, prend le contrôle du pays et sort victorieux de la période d’instabilité. Fin 1956, il rompt les relations diplomatiques avec la France et la Grande-Bretagne, s’envole vers Moscou et obtient d’importantes livraisons d’armes de la part des Soviétiques, pour une valeur totale de 60 millions de dollars.
La montée du chef panarabe légendaire, Gamal Abdel Nasser, en Egypte a également nourri les espoirs syriens de créer un Etat arabe commun. En octobre 1957, des troupes égyptiennes débarquent en Syrie; le 1 février 1958, Nasser et Al-Kouwatli proclament au Caire la fusion en un seul Etat de la Syrie et de l’Egypte ainsi que du Nord-Yémen sous le nom de “République Arabe Unie” (RAU). Cette confédération a toutefois cessé d’exister en 1961 suite au putsch perpétré par un groupe d’officiers syriens. Deux années plus tard, le parti arabe-national Baath prend le pouvoir à Damas puis, à la suite de conflits internes, l’aile gauche du parti fomente à son tour un putsch en 1966 et Noureddine El-Atassi, intransigeant face à Israël, devient le chef de l’Etat. Le premier voyage du nouveau président l’amène à Moscou. La Syrie participe du 5 au 10 juin 1967 à la fameuse “Guerre des Six Jours” contre Israël; elle est la dernière puissance arabe à déposer les armes mais perd les hauteurs du Golan près du Lac de Génézareth. En septembre 1967, El-Atassi préconise la fusion des “Etats arabes socialistes” (Egypte, Algérie, Irak et Syrie) et plaide pour la poursuite du boycott pétrolier contre l’Occident, surtout contre la Grande-Bretagne et les Etats-Unis. Un an plus tard commence la construction du barrage sur l’Euphrate avec l’aide financière et technique de l’URSS.
Sous le successeur d’El-Atassi, Hafez El-Assad, le père de l’actuel président syrien, le partenariat avec la Russie s’est largement poursuivi. Entre 1979 et 1989, l’Union Soviétique a livré des armes à la Syrie afin d’obtenir une parité stratégique face à Israël. Sur le plan quantitatif la Syrie a obtenu cette parité en 1989 mais sur le plan qualitatif les systèmes d’armement soviétiques étaient inférieurs à leurs équivalents américains dont disposaient les Israéliens. Toutefois, El-Assad, pendant les trente années de son règne, a pu établir la Syrie comme le principal adversaire d’Israël. Tirant profit du conflit Est/Ouest, il était parvenu à contrôler le Liban et à prendre une position dominante dans le monde arabe.
Dans un entretien avec “ARTE-Journal”, le politologue français, expert de la Russie, Jean-Sylvestre Mongronier a résumé comme suit la longue tradition de partenariat dans les relations syro-soviétiques puis syro-russes: “D’un point de vue historique, le pays se sentait plus proche de l’Union Soviétique. Depuis l’indépendance réelle de 1946, la Syrie a subi un processus de radicalisation et plusieurs coups d’Etat ont eu lieu. Les forces nassériennes, les éléments communistes et les baathistes ont tous été à l’oeuvre. En 1963, c’est le parti Baath qui commet un putsch; en 1970, c’est au tour d’Hafez El-Assad. Le tout a toujours été accompagné d’un rapprochement avec l’URSS. Celle-ci a joué un rôle important dans la construction de l’appareil militaire syrien et dans la reconstitution de celui-ci après la “Guerre des Six Jours” de 1967. En plus, en 1980, Syriens et Soviétiques signent un traité d’amitié et de coopération. La Syrie s’endetta, comme ce fut également le cas de la Libye, sauf que les dettes de Damas étaient sensiblement plus élevées: 13 milliards de dollars. Ces dettes ont partiellement été transformées en achats d’armements”.
Damas doit tomber !
Occupant une place centrale du point de vue géostratégique, entre les Etats arabes et l’Iran, au beau milieu de plusieurs identités religieuses, la Syrie détient donc une position unique dans l’agencement du Proche Orient. Il y a plus de trente ans déjà, Henry Kissinger reconnaissait que le pays avait la capacité de prendre en charge une fonction de stabilisation au Levant. Moscou continue à entretenir des relations étroites avec le gouvernement de Bachar El-Assad, y compris sur les plans technique et militaire, car, comme auparavant, la Syrie demeure un client important de l’industrie russe de l’armement. Récemment, des contrats ont été conclus pour l’obtention de missiles à courte portée.
Ce n’est donc pas un hasard si les “printemps arabes” ont été largement mis en scène par les Etats-Unis et les services secrets occidentaux. L’effervescence de ces “printemps” a ensuite été importée en Syrie car, si Damas tombe, ce sera non seulement l’allié le plus important de l’Iran, menacé par Israël, qui tombera mais aussi un partenaire de longue date de Moscou. La Russie n’est apparemment pas disposée à tolérer une hégémonie totale des Etats-Unis sur l’ensemble du Proche Orient et sur ses richesses minérales. Le ministre russe des affaires étrangères fait valoir l’influence qu’exerce la Russie par l’intermédiaire de la Syrie et trouve désormais les mots justes pour désigner l’opposition syrienne, qui est tout sauf pacifique car elle mène une guerre par procuration pour le compte des Américains.
Alexander Frisch http://www.voxnr.com
Les médias occidentaux orchestrent une propagande qui campe le Président syrien Bachar El-Assad comme un despote enragé qui fait ouvrir le feu sur des civils innocents et désarmés et opprime une opposition née au sein même de son peuple. Mais il faut avoir la curiosité de jeter un oeil derrière le voile de ces mensonges propagandistes et de ces ragots colportés par les grandes agences de presse pour constater que le président syrien doit être éliminé, comme le veulent la “communauté occidentale des valeurs” et les services secrets des puissances occidentales, à l’instar de ce qui s’est déjà passé en Libye et en Irak. Le motif n’est pas tant que la Syrie soit considérée comme un allié étroit de l’Iran, lui aussi cible de l’Occident et menacé d’une attaque par Israël; c’est surtout parce que Damas est le dernier allié de la Russie au Levant.
L’influence de Moscou doit être repoussée partout où il est possible de la repousser: tel est le but, non officiellement avoué, des Etats-Unis, puissance dont les problèmes intérieurs et l’endettement démesuré ne sont pas niables et qui perd de plus en plus de terrain en politique étrangère. Ce sont les mêmes fondations, financées par les Etats-Unis et d’autres puissances occidentales, qui agitent une frange de l’opinion publique en Russie contre Poutine et qui soutiennent le parti de la guerre civile en Syrie, qui veut le départ d’El-Assad. Ces fondations fournissent des armes à l’opposition armée syrienne et mettent tout en oeuvre pour provoquer un changement de régime à Damas, assorti de la chute d’El-Assad et de son parti Baath, séculier et nationaliste panarabe.
Y a-t-il en Syrie une opposition “modérée” ?
Même au début de la mission de Nations-Unies en Syrie, la vague de violence ne s’est pas estompée dans le pays. Chaque jour des citoyens syriens perdent la vie dans les combats et dans les attentats à la bombe. On escamote bien le fait que ces victimes, souvent des femmes et des enfants, sont dues aux actions des “opposants” qui, fournis en armes et en explosifs par l’étranger, ne tiennent pas compte de la sécurité et de l’inviolabilité théorique des représentants des Nations-Unies. Récemment deux engins ont explosé à proximité d’un hôtel de la ville d’Idlib, où logeaient des observateurs des Nations-Unies. Au moins vingt-deux personnes ont perdu la vie lorsque des bombes ont explosé coup sur coup près de bâtiments abritant les services secrets de l’armée loyaliste et des forces aériennes. La plupart des victimes appartenaient, dit-on, aux services de sécurité.
Le Président du “Conseil National Syrien”, Burhan Ghalioun, qui parle soi-disant au nom d’une “opposition modérée”, justifie l’usage d’armes contre les instances de l’Etat, car de telles actions relèveraient de la “légitime défense”. Pour le “Conseil National”, mis sur pied par l’Occident, le régime d’El-Assad est sur le point de s’effondrer. Ghalioun le “modéré” déclare à ce propos: “C’est comme un cadavre puant qui attend d’être enterré”. Tandis que la “Communauté occidentale des valeurs” attend manifestement qu’El-Assad dépose les armes volontairement et agite le drapeau blanc face au parti de la guerre civile, armé principalement par les Etats-Unis, le ministre russe des affaires étrangères Serguëi Lavrov remarque en toute clarté que ce sont les poseurs de bombe, les paramilitaires et les terroristes de l’opposition militante qui barrent la route à tout processus de paix réellement stabilisant.
“L’armistice annoncé selon le plan Annan et soutenu par le Conseil de sécurité de l’ONU n’a pas encore permis une stabilisation définitive —en grande partie parce que les groupes armés de l’opposition tentent sans cesse de commettre leurs provocations: il s’agit principalement d’attentats à l’explosif et d’actes de terreurs ou encore de tirs contre les troupes gouvernementales ou contre des bâtiments publics”, a déclaré Lavrov dans un entretien accordé à la station de télévision russe “Rossiya-24”. La cible de l’opposition armée serait, d’après le ministre russe des affaires étrangères, de faire échouer le plan d’Annan, de susciter la colère de la communauté internationale et de provoquer ainsi une immixtion étrangère. Ensuite, Lavrov a mis les points sur les “i”: “Pour des raisons bien compréhensibles, nous travaillons principalement avec le gouvernement en place que nous tentons de persuader pour qu’il aille au devant des obligations strictes qu’impose le plan d’Annan”. “L’opposition, avec laquelle nous cherchons également à dialoguer se trouve, elle, en revanche, sous l’influence d’autres Etats”, a poursuivi Lavrov, dans une phrase apparemment anodine mais haute de signification. “De ces Etats, nous attendons une attitude responsable face aux obligations que le Conseil de Sécurité des Nations Unies demande de satisfaire”.
Les relations russo-syriennes
Le partenariat qui existe entre la Syrie et la Russie relève d’une vieille tradition: il a commencé quand Damas a plutôt penché vers l’Union Soviétique après s’être débarrassé de la double tutelle française et britannique après la seconde guerre mondiale. Bien qu’officiellement indépendante depuis 1941, la Syrie n’a vu le départ complet des troupes françaises et britanniques qu’en 1946. Dans la foulée, le pays a été secoué par une longue série de soulèvements et de coups d’Etat, situation instable due surtout à la défaite arabe face à Israël en 1948; en 1955, Choukri al-Kouwatli, tourné vers l’Egypte nassérienne, prend le contrôle du pays et sort victorieux de la période d’instabilité. Fin 1956, il rompt les relations diplomatiques avec la France et la Grande-Bretagne, s’envole vers Moscou et obtient d’importantes livraisons d’armes de la part des Soviétiques, pour une valeur totale de 60 millions de dollars.
La montée du chef panarabe légendaire, Gamal Abdel Nasser, en Egypte a également nourri les espoirs syriens de créer un Etat arabe commun. En octobre 1957, des troupes égyptiennes débarquent en Syrie; le 1 février 1958, Nasser et Al-Kouwatli proclament au Caire la fusion en un seul Etat de la Syrie et de l’Egypte ainsi que du Nord-Yémen sous le nom de “République Arabe Unie” (RAU). Cette confédération a toutefois cessé d’exister en 1961 suite au putsch perpétré par un groupe d’officiers syriens. Deux années plus tard, le parti arabe-national Baath prend le pouvoir à Damas puis, à la suite de conflits internes, l’aile gauche du parti fomente à son tour un putsch en 1966 et Noureddine El-Atassi, intransigeant face à Israël, devient le chef de l’Etat. Le premier voyage du nouveau président l’amène à Moscou. La Syrie participe du 5 au 10 juin 1967 à la fameuse “Guerre des Six Jours” contre Israël; elle est la dernière puissance arabe à déposer les armes mais perd les hauteurs du Golan près du Lac de Génézareth. En septembre 1967, El-Atassi préconise la fusion des “Etats arabes socialistes” (Egypte, Algérie, Irak et Syrie) et plaide pour la poursuite du boycott pétrolier contre l’Occident, surtout contre la Grande-Bretagne et les Etats-Unis. Un an plus tard commence la construction du barrage sur l’Euphrate avec l’aide financière et technique de l’URSS.
Sous le successeur d’El-Atassi, Hafez El-Assad, le père de l’actuel président syrien, le partenariat avec la Russie s’est largement poursuivi. Entre 1979 et 1989, l’Union Soviétique a livré des armes à la Syrie afin d’obtenir une parité stratégique face à Israël. Sur le plan quantitatif la Syrie a obtenu cette parité en 1989 mais sur le plan qualitatif les systèmes d’armement soviétiques étaient inférieurs à leurs équivalents américains dont disposaient les Israéliens. Toutefois, El-Assad, pendant les trente années de son règne, a pu établir la Syrie comme le principal adversaire d’Israël. Tirant profit du conflit Est/Ouest, il était parvenu à contrôler le Liban et à prendre une position dominante dans le monde arabe.
Dans un entretien avec “ARTE-Journal”, le politologue français, expert de la Russie, Jean-Sylvestre Mongronier a résumé comme suit la longue tradition de partenariat dans les relations syro-soviétiques puis syro-russes: “D’un point de vue historique, le pays se sentait plus proche de l’Union Soviétique. Depuis l’indépendance réelle de 1946, la Syrie a subi un processus de radicalisation et plusieurs coups d’Etat ont eu lieu. Les forces nassériennes, les éléments communistes et les baathistes ont tous été à l’oeuvre. En 1963, c’est le parti Baath qui commet un putsch; en 1970, c’est au tour d’Hafez El-Assad. Le tout a toujours été accompagné d’un rapprochement avec l’URSS. Celle-ci a joué un rôle important dans la construction de l’appareil militaire syrien et dans la reconstitution de celui-ci après la “Guerre des Six Jours” de 1967. En plus, en 1980, Syriens et Soviétiques signent un traité d’amitié et de coopération. La Syrie s’endetta, comme ce fut également le cas de la Libye, sauf que les dettes de Damas étaient sensiblement plus élevées: 13 milliards de dollars. Ces dettes ont partiellement été transformées en achats d’armements”.
Damas doit tomber !
Occupant une place centrale du point de vue géostratégique, entre les Etats arabes et l’Iran, au beau milieu de plusieurs identités religieuses, la Syrie détient donc une position unique dans l’agencement du Proche Orient. Il y a plus de trente ans déjà, Henry Kissinger reconnaissait que le pays avait la capacité de prendre en charge une fonction de stabilisation au Levant. Moscou continue à entretenir des relations étroites avec le gouvernement de Bachar El-Assad, y compris sur les plans technique et militaire, car, comme auparavant, la Syrie demeure un client important de l’industrie russe de l’armement. Récemment, des contrats ont été conclus pour l’obtention de missiles à courte portée.
Ce n’est donc pas un hasard si les “printemps arabes” ont été largement mis en scène par les Etats-Unis et les services secrets occidentaux. L’effervescence de ces “printemps” a ensuite été importée en Syrie car, si Damas tombe, ce sera non seulement l’allié le plus important de l’Iran, menacé par Israël, qui tombera mais aussi un partenaire de longue date de Moscou. La Russie n’est apparemment pas disposée à tolérer une hégémonie totale des Etats-Unis sur l’ensemble du Proche Orient et sur ses richesses minérales. Le ministre russe des affaires étrangères fait valoir l’influence qu’exerce la Russie par l’intermédiaire de la Syrie et trouve désormais les mots justes pour désigner l’opposition syrienne, qui est tout sauf pacifique car elle mène une guerre par procuration pour le compte des Américains.
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Re: Les preuves du complot contre la Syrie
Bashar el Assad : dernier bastion contre le néo-ottomanisme d’Ankara
Le projet du Premier ministre turc Erdogan de faire de la Syrie aussi une “démocratie” islamo-modérée a échoué : Damas a dit “non” !
L’arabisme contre l’ottomanisme : tel est l’enjeu aujourd’hui au centre des débats au Proche Orient. Le défi est le suivant : pour être au diapason du grand projet occidental, il faudra forger une aire proche-orientale totalement rénovée et ravalée, avec partout des pays alliés à Washington, souples à l’égard d’Israël, qui, de surcroît, ne seraient plus que des réservoirs énergétiques, prompts à satisfaire les exigences de l’économie globale. Après les révolutions d’Afrique du Nord — qui ont été habilement déviées et orientées vers des objectifs fort différents de ceux qu’espéraient voir se réaliser les protagonistes premiers de ces effervescences révolutionnaires et populaires — la pièce maîtresse qui devait rapidement tomber, pour faire triompher le projet occidental, était la Syrie.
Cependant, il s’est vite avéré impossible de renverser El Assad par une simple révolte populaire téléguidée : une bonne partie des Syriens continue à appuyer le gouvernement, surtout quand on s’aperçoit, à l’évidence, que les “manifestations pacifiques” contre le régime ne sont en réalité et dans la plupart des cas que des actes terroristes de facture islamiste perpétrés contre les autorités du pays. Damas résiste donc à toutes les tentatives de déstabilisation intérieure comme à toutes les menaces extérieures. Et Damas résiste surtout aux pressions qui voudraient faire perdre au régime ses dimensions laïques pour faire du pays une nouvelle pièce dans la mosaïque d’États islamistes modérés, qui devraient tous devenir les meilleures alliés de l’américanosphère occidentale. Le modèle que l’on suggère aux Syriens est le modèle turc et c’est justement Ankara qui s’est mis en tête de gérer cette “islamisation modérée” que l’on peut parfaitement définir comme un “néo-ottomanisme”.
Il y a quelques semaines, le Premier ministre turc Erdogan s’est rendu dans les pays du “printemps arabe”, l’Égypte, la Tunisie et la Libye. Cette tournée diplomatique a été célébrée par les médias turcs comme une volonté d’amorcer de nouvelles relations avec les gouvernements issus de cette “révolution”, dans l’optique de réaménager les équilibres au Proche Orient. Au même moment, Erdogan a changé de ton vis-à-vis de la Syrie et, quelques jours plus tard, en marge de l’Assemblée Générale des Nations Unies à New York, il a, lors d’un entretien avec Obama, officialisé le “changement de front”, en annonçant « qu’il avait bloqué les pourparlers entamés avec Damas » et qu’il était désormais prêt à participer aux sanctions que l’on imposerait à la Syrie.
Mais ce ne sont pas les violences présumées que l’on attribue au régime syrien qui ont poussé Erdogan à se ranger contre un ancien allié de la Turquie, posé désormais comme ennemi. Il s’agit bien plutôt du “non” catégorique qu’a opposé Bashar El Assad au projet turc de subvertir subrepticement le caractère laïque de la république arabe syrienne. C’est au cours du mois de juin 2011 que la rupture réelle a eu lieu, quand « le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a proposé au Président syrien Bashar El Assad de réserver un quart voire un tiers des postes de ministre dans son gouvernement aux Frères Musulmans et d’user alors de toute son influence pour mettre un terme à la rébellion, si Assad s’exécutait ». Erdogan a essuyé un refus clair et net. C’est ce qu’a révélé un diplomate occidental à l’AFP, du moins d’après ce que rapportait, vendredi 30 septembre, le quotidien libanais en langue anglaise, The Daily Star.
Cette nouvelle a été confirmée par un autre diplomate européen, qui a, lui aussi, préféré garder l’anonymat : « Les Turcs, dans un premier temps, proposèrent que les Frères Musulmans occupassent 4 ministères importants, en arguant que les Frères sont une partie importante du paysage politique syrien ». Les Frères Musulmans, en réalité, ont été mis hors la loi en Syrie dès 1980, à la suite d’une campagne terroriste particulièremet sanglante que leurs affidés avaient menée à cette époque-là ; aujourd’hui, ils font partie de ceux qui, ouvertement de l’extérieur et clandestinement depuis la Syrie elle-même, sèment la terreur dans toutes les régions du pays. Le 9 août 2011, le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, a indirectement confirmé l’alliance de facto entre les Frères et les néo-ottomans turcs en confiant au Président syrien un message écrit par le Président turc Abdullah Gül, dans lequel ce dernier explique qu’avant de former le parti pour la Justice et le Développement, actuellement au pouvoir à Ankara, il avait appartenu à une organisation proche des Frères Musulmans. Dans un débat face à face avec le Président syrien, Davutoglu a, une fois de plus, « réclamé le retour des Frères Musulmans en Syrie ». El Assad a répondu qu’à titre individuel, certains Frères pourraient récupérer leur citoyenneté syrienne mais ne pourraient pas se constituer en parti politique parce qu’un tel parti serait basé sur « des principes religieux incompatibles avec le caractère laïque de la Syrie ».
Revenu en Turquie, dès son débarquement à l’aéroport d’Ankara, Ahmet Davutoglu, bien loin de révéler le contenu de ses discussions avec El Assad, a lancé un ultime message à Damas : « Nous espérons que certaines mesures seront prises dans les prochains jours pour mettre fin aux effusions de sang et pour ouvrir la voie à un processus de réformes politiques ». Vingt jours plus tard, le 28 août 2011, le Président turc Gül affirmait qu’Ankara avait « perdu confiance » en la Syrie. Peu de temps auparavant, lors d’une rencontre avec une délégations des associations chrétiennes du Moyen Orient, El Assad avait déclaré — et ses déclarations avaient été répercutées par de nombreux médias — « qu’il avait refusé que l’ottomanisme se substitue à l’arabisme et qu’Ankara redevienne le centre majeur de décision pour le monde arabe ». El Assad répétait ainsi son opposition à toute participation des partis religieux dans la politique syrienne, parce que « cela permettrait aux Frères Musulmans, qui ont un siège à Ankara, de contrôler toute la région ». Toutes les démarches qui ont suivi vont dans le sens d’un rejet par l’alliance américano-turque de ce laïcisme arabiste : les sanctions prises par la Turquie contre Damas ; la Syrie devenue un pays ennemi de l’Occident car trop laïque pour s’insérer dans le nouveau Moyen Orient islamo-modéré voulu par Washington et les projets atlantistes.
► Alessia LAI. (article paru dans Rinascita, 1 & 2 oct. 2011) http://vouloir.hautetfort.com
Le projet du Premier ministre turc Erdogan de faire de la Syrie aussi une “démocratie” islamo-modérée a échoué : Damas a dit “non” !
L’arabisme contre l’ottomanisme : tel est l’enjeu aujourd’hui au centre des débats au Proche Orient. Le défi est le suivant : pour être au diapason du grand projet occidental, il faudra forger une aire proche-orientale totalement rénovée et ravalée, avec partout des pays alliés à Washington, souples à l’égard d’Israël, qui, de surcroît, ne seraient plus que des réservoirs énergétiques, prompts à satisfaire les exigences de l’économie globale. Après les révolutions d’Afrique du Nord — qui ont été habilement déviées et orientées vers des objectifs fort différents de ceux qu’espéraient voir se réaliser les protagonistes premiers de ces effervescences révolutionnaires et populaires — la pièce maîtresse qui devait rapidement tomber, pour faire triompher le projet occidental, était la Syrie.
Cependant, il s’est vite avéré impossible de renverser El Assad par une simple révolte populaire téléguidée : une bonne partie des Syriens continue à appuyer le gouvernement, surtout quand on s’aperçoit, à l’évidence, que les “manifestations pacifiques” contre le régime ne sont en réalité et dans la plupart des cas que des actes terroristes de facture islamiste perpétrés contre les autorités du pays. Damas résiste donc à toutes les tentatives de déstabilisation intérieure comme à toutes les menaces extérieures. Et Damas résiste surtout aux pressions qui voudraient faire perdre au régime ses dimensions laïques pour faire du pays une nouvelle pièce dans la mosaïque d’États islamistes modérés, qui devraient tous devenir les meilleures alliés de l’américanosphère occidentale. Le modèle que l’on suggère aux Syriens est le modèle turc et c’est justement Ankara qui s’est mis en tête de gérer cette “islamisation modérée” que l’on peut parfaitement définir comme un “néo-ottomanisme”.
Il y a quelques semaines, le Premier ministre turc Erdogan s’est rendu dans les pays du “printemps arabe”, l’Égypte, la Tunisie et la Libye. Cette tournée diplomatique a été célébrée par les médias turcs comme une volonté d’amorcer de nouvelles relations avec les gouvernements issus de cette “révolution”, dans l’optique de réaménager les équilibres au Proche Orient. Au même moment, Erdogan a changé de ton vis-à-vis de la Syrie et, quelques jours plus tard, en marge de l’Assemblée Générale des Nations Unies à New York, il a, lors d’un entretien avec Obama, officialisé le “changement de front”, en annonçant « qu’il avait bloqué les pourparlers entamés avec Damas » et qu’il était désormais prêt à participer aux sanctions que l’on imposerait à la Syrie.
Mais ce ne sont pas les violences présumées que l’on attribue au régime syrien qui ont poussé Erdogan à se ranger contre un ancien allié de la Turquie, posé désormais comme ennemi. Il s’agit bien plutôt du “non” catégorique qu’a opposé Bashar El Assad au projet turc de subvertir subrepticement le caractère laïque de la république arabe syrienne. C’est au cours du mois de juin 2011 que la rupture réelle a eu lieu, quand « le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a proposé au Président syrien Bashar El Assad de réserver un quart voire un tiers des postes de ministre dans son gouvernement aux Frères Musulmans et d’user alors de toute son influence pour mettre un terme à la rébellion, si Assad s’exécutait ». Erdogan a essuyé un refus clair et net. C’est ce qu’a révélé un diplomate occidental à l’AFP, du moins d’après ce que rapportait, vendredi 30 septembre, le quotidien libanais en langue anglaise, The Daily Star.
Cette nouvelle a été confirmée par un autre diplomate européen, qui a, lui aussi, préféré garder l’anonymat : « Les Turcs, dans un premier temps, proposèrent que les Frères Musulmans occupassent 4 ministères importants, en arguant que les Frères sont une partie importante du paysage politique syrien ». Les Frères Musulmans, en réalité, ont été mis hors la loi en Syrie dès 1980, à la suite d’une campagne terroriste particulièremet sanglante que leurs affidés avaient menée à cette époque-là ; aujourd’hui, ils font partie de ceux qui, ouvertement de l’extérieur et clandestinement depuis la Syrie elle-même, sèment la terreur dans toutes les régions du pays. Le 9 août 2011, le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, a indirectement confirmé l’alliance de facto entre les Frères et les néo-ottomans turcs en confiant au Président syrien un message écrit par le Président turc Abdullah Gül, dans lequel ce dernier explique qu’avant de former le parti pour la Justice et le Développement, actuellement au pouvoir à Ankara, il avait appartenu à une organisation proche des Frères Musulmans. Dans un débat face à face avec le Président syrien, Davutoglu a, une fois de plus, « réclamé le retour des Frères Musulmans en Syrie ». El Assad a répondu qu’à titre individuel, certains Frères pourraient récupérer leur citoyenneté syrienne mais ne pourraient pas se constituer en parti politique parce qu’un tel parti serait basé sur « des principes religieux incompatibles avec le caractère laïque de la Syrie ».
Revenu en Turquie, dès son débarquement à l’aéroport d’Ankara, Ahmet Davutoglu, bien loin de révéler le contenu de ses discussions avec El Assad, a lancé un ultime message à Damas : « Nous espérons que certaines mesures seront prises dans les prochains jours pour mettre fin aux effusions de sang et pour ouvrir la voie à un processus de réformes politiques ». Vingt jours plus tard, le 28 août 2011, le Président turc Gül affirmait qu’Ankara avait « perdu confiance » en la Syrie. Peu de temps auparavant, lors d’une rencontre avec une délégations des associations chrétiennes du Moyen Orient, El Assad avait déclaré — et ses déclarations avaient été répercutées par de nombreux médias — « qu’il avait refusé que l’ottomanisme se substitue à l’arabisme et qu’Ankara redevienne le centre majeur de décision pour le monde arabe ». El Assad répétait ainsi son opposition à toute participation des partis religieux dans la politique syrienne, parce que « cela permettrait aux Frères Musulmans, qui ont un siège à Ankara, de contrôler toute la région ». Toutes les démarches qui ont suivi vont dans le sens d’un rejet par l’alliance américano-turque de ce laïcisme arabiste : les sanctions prises par la Turquie contre Damas ; la Syrie devenue un pays ennemi de l’Occident car trop laïque pour s’insérer dans le nouveau Moyen Orient islamo-modéré voulu par Washington et les projets atlantistes.
► Alessia LAI. (article paru dans Rinascita, 1 & 2 oct. 2011) http://vouloir.hautetfort.com
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Re: Les preuves du complot contre la Syrie
Ingérence impérialiste en Syrie: Le crime contre la paix d’Hillary Clinton !
Hillary Clinton doit démissioner
Les mentions de faux rapports en regard de “massacre” en Syrie afin d’en appeler au chapitre 7 de la charte des Nations-Unies. Une politique va t’en guerre irresponsable ont endommagé de manière irrévocable la crédibilité américaine.
Éditorial de Tony Cartalucci, le 15 Juillet 2012
url de l’article original : http://landdestroyer.blogspot.fr/2012/0 ... op-ed.html
~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~
La ministre des affaires étrangères américaine Hillary Clinton a tenté de nombreuses fois d’utiliser une série d’atrocités fabriquées afin de faire passer au forceps une résolution du conseil de sécurité de l’ONU pour autoriser la même campagne militaire tragique et destructrice contre la Syrie que celle qui fut menée contre la Libye. Sa dernière tentative fut tellement ouvertement frauduleuse et grossièrement mensongère, que la continuité de ses fonctions comme ministre des affaires étrangères fait risquer un déclin permanent et exponentiel de la légitimité américaine dans le monde entier.
…
Le 14 Juillet 2012 – L’état de déséquilibre profond de la politique étrangère américaine a été exemplifié cette semaine avec le “massacre” de Tremseh en Syrie. Avant que quelque forme de confirmation que ce soit n’ait pu être faite, et basée uniquement sur des rapports “d’activistes”, Hillary Clinton écrivit un communiqué du ministère des affaires étrangères qui disait ceci: a US State Department statement:
“J’ai été terriblement atristée et outragée d’apprendre par la voie de rapports un autre massacre commis par le régime syrien qui a pris la vie de 200 hommes, femmes et enfants dans le village de Traymseh. Des rapports crédibles indiquent que cet acte inommable fut commis par des tirs d’artillerie, de tanks et d’hélicoptères, preuve indiscutable que le régime massacre délibérément ses propres citoyens. La Syrie ne peut pas être en paix, stable ou démocratique tant qu’Assad ne quitte pas le pouvoir et qu’une politique de transition ne commence. Nous appelons à un cessez-le-feu immédiat dans et autour de Hama afin de permettre aux observateurs de l’ONU d’entrer dans Traymseh. Ceux qui ont commis ces atrocités seront identifiés et seront rendus responsables.
Tant que le régime Al-Assad continue de faire la guerre contre le peuple syrien, la communauté internationale doit continuer à mettre la pression sur le régime pour arrêter les violences et permettre à une solution politique d’aller de l’avant. Le conseil de sécurité devrait mettre tout son poids derrière le plan Annan pour un cessez-le-feu immédiat et une politique de transition et signifier clairement au régime qu’il y aura des conséquences s’il ne se soumet pas. L’histoire jugera ce conseil. Ses membres doivent se demander si Assad et son régime doivent continuer à commettre des violences sans nom contre leur propre peuple et si c’est l’héritage qu’ils veulent laisser.
Le Conseil de Sécurité bien entendu va mettre tout son poids derrière le plan de paix de Koffi Annan avec des provisions en place du chapitre 7 de la charte de l’ONU, ce qui veut dire que des sanctions et une intervention militaire, comme ce fut le cas en Libye, seront subséquemment mises en vigueur.”
Ce que la ministre des affaires étrangères américaine essayait de faire était de proposer une résolution du CS de l’ONU autorisant une intervention militaire (et par conséquent, un changement de régime en Syrie, après lequel ils sont engagés de longe date), puis d’utiliser des rapports fabriqués pour vendre la résolution aux opinions publiques et diplomatiques. Ceci constitue un crime évident contre la paix et une conspiration pour déclancher une guerre agressive, ces deux choses étant des chefs-d’accusation résultant du procès de Nüremberg.
Tremseh fut une bataille et non un massacre
Alors que les faits émergent peu à peu de ce qu’il s’est passé à Tremseh en Syrie, il devient de plus en plus évident que le ministère des affaires étrangères américain, avec ses contre-parties britannique, française, allemande et australienne, ont essayé de vendre une nouvelle guerre d’agression de l’OTAN, basée sur un prétexte complètement faux. Le New York Times dans son article , “New Details of a Battle Challenge Reports of a Syrian Massacre” a rapporté que des “activistes”, les soi-disants “Armée Syrienne Libre” (ASL) et le “Conseil National Syrien (CNS)”, soutenus par l’occident ont donné des rapports des faits contradictoires.
Ce qui put être vérifié sur place par les observateurs de l’ONU arrivés sur les lieux, est que la vaste majorité de ceux qui ont été “massacrés”, étaient des hommes en âge de combattre, avec des membres de l’opposition eux-mêmes concédant qu’ils étaient en fait des militants combattants tués. Le chiffre de “200” cité par Clinton, était en fait le nombre de militants qui s’étaient regroupés à Tremseh afin de planifier la prochaine étape de leurs activités terroristes. Des locaux ont passé l’information à l’armée syrienne, qui a encerclée la zone et neutralisée les combattants durant une bataille que l’ASL a finalement perdue.
Non seulement cela, mais l’ONU confirme que les opérations de sécurité syriennes ont ciblé des poches rebelles “spécifiques”, rendant les accusations de Clinton disant que le gouvernement avait “délibérément massacré des civils innocents” à leur niveau : un mensonge éhonté.
En d’autres termes, Hillary Clinton a falsifié son communiqué, qui fut divulgué à l’entière “communauté internationale”, clamant que “200 hommes, femmes et enfants” avaient été délibérément massacrés, alors qu’en réalité il s’agisssait de l’armée syrienne restorant l’ordre public face à des terroristes armés. Après que l’armée syrienne ait eu sécurisé la zone de Tremseh, ils mirent à jour une vaste cache d’armes trouvées dans la zone, ainsi que des militants de l’ASL faits prisonniers qui comprenaient à la fois des combattants turcs et des combattants libyens, ce qui voulait dire que ceux qui ne furent pas tués dans les combats, ne furent pas “exécutés” comme de faux rapports l’avaient également annoncé auparavant.
Hillary Clinton doit démissioner
La génération qui a précédée celle d’Hillary Clinton, ceux de la seconde guerre mondiale, avait juré “plus jamais” à la tragédie d’un conflit mondial. Ils avaient également juré “plus jamais” à tous les mensonges et manipulations qui ont manœuvrés des millions de personnes à travers le monde dans un conflit les uns contre les autres. Les fabrications d’Hillary Clinton et ses tentatives de fomenter encore une fois une guerre construite sur des trahisons et des mensonges, qui trahissent de fait les promesses faites par l’occident et mettent en danger la fondation même sur laquelle l’occident repose.
Hillary Clinton, continue, tout comme le gouvernement Bush avant elle, compromet et entâche pour toujours la crédibilité et l’intégrité des Etats-Unis d’Amérique. Il est ironique que cette même violence qui se déroule aujourd’hui en Syrie, dont Clinton voudrait que le monde croit qu’elle est “l’œuvre du régime syrien”, fut en premier lieu établie, planifiée et orchestrée par les Etats-Unis durant les présidences de Bush.
En fait, d’après un article du New Yorker de Seymour Hersh en 2007 , “The Redirection”, les Etats-Unis, Israël et les despotes des monarchies du Golfe avaient comploté pour rassembler et làcher un front de sectaires extrémistes afin de renverser le régime syrien. Ce fut durant cette période que la confrérie musulmane syrienne commença à recevoir soutien et financements de l’occident alors que des combattants et des armes étaient assemblés au Liban-nord sous la supervision de Saad Hariri.
Non seulement le gouvernement Obama et Hillary Clinton comme ministre des affaires étrangères ont hérité et perpétué ce complot violent contre le peuple syrien, mais également hérité et perpétué le déshonneur et l’étiolement de ce qui restait de l’intégrité américaine et de sa bonne volonté globale. Pour l’économie américaine qui ne peut absolument pas soutenir une autre aventure militaire, pour l’honneur de l’Amérique qui n’a plus de place pour aborer une nouvelle cicatrice, Hillary Clinton doit démissionner et ceux du congrès et de l’industrie doivent retirer leur soutien à ceux qui torpillent ce qui reste de l’ancien vaste potentiel de la nation pour la poursuite de l’hégémonie mondiale.
Il est certain que la démission de Clinton ne serait que symbolique et ne serait pas un coup sévère porté au système qui est en réalité piloté par les intérêts de la finance et de la grosse industrie, parmi les think-tanks, les réseaux de lobbying, les empires médiatiques, mais cela le début d’un nouveau paradigme qui signalerait que les jours d’impunité totale pour la satisfaction de ces intérêts particuliers, touchent à leur fin.
Pour le peuple américain, qui n’assistera pas à la démission de sa ministre des affaires étrangères dans le sillage de la disgrâce et des dégâts irréparables qu’elle a amenés sur son pays, il doit être plus que jamais résolu à identifier, exposer, boycotter et remplacer les intérêts corporatistes et financiers pour lesquels Hillary Clinton travaille. Nous, les peuples devons commencer à créer nos propres institutions qui servent directement nos intérêts et devons commencer à nous engager dans un activisme “pied de biche” au lieu du consumérisme béat actuel de notre attitude envers la politique et le progrès.
http://resistance71.wordpress.com/
Hillary Clinton doit démissioner
Les mentions de faux rapports en regard de “massacre” en Syrie afin d’en appeler au chapitre 7 de la charte des Nations-Unies. Une politique va t’en guerre irresponsable ont endommagé de manière irrévocable la crédibilité américaine.
Éditorial de Tony Cartalucci, le 15 Juillet 2012
url de l’article original : http://landdestroyer.blogspot.fr/2012/0 ... op-ed.html
~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~
La ministre des affaires étrangères américaine Hillary Clinton a tenté de nombreuses fois d’utiliser une série d’atrocités fabriquées afin de faire passer au forceps une résolution du conseil de sécurité de l’ONU pour autoriser la même campagne militaire tragique et destructrice contre la Syrie que celle qui fut menée contre la Libye. Sa dernière tentative fut tellement ouvertement frauduleuse et grossièrement mensongère, que la continuité de ses fonctions comme ministre des affaires étrangères fait risquer un déclin permanent et exponentiel de la légitimité américaine dans le monde entier.
…
Le 14 Juillet 2012 – L’état de déséquilibre profond de la politique étrangère américaine a été exemplifié cette semaine avec le “massacre” de Tremseh en Syrie. Avant que quelque forme de confirmation que ce soit n’ait pu être faite, et basée uniquement sur des rapports “d’activistes”, Hillary Clinton écrivit un communiqué du ministère des affaires étrangères qui disait ceci: a US State Department statement:
“J’ai été terriblement atristée et outragée d’apprendre par la voie de rapports un autre massacre commis par le régime syrien qui a pris la vie de 200 hommes, femmes et enfants dans le village de Traymseh. Des rapports crédibles indiquent que cet acte inommable fut commis par des tirs d’artillerie, de tanks et d’hélicoptères, preuve indiscutable que le régime massacre délibérément ses propres citoyens. La Syrie ne peut pas être en paix, stable ou démocratique tant qu’Assad ne quitte pas le pouvoir et qu’une politique de transition ne commence. Nous appelons à un cessez-le-feu immédiat dans et autour de Hama afin de permettre aux observateurs de l’ONU d’entrer dans Traymseh. Ceux qui ont commis ces atrocités seront identifiés et seront rendus responsables.
Tant que le régime Al-Assad continue de faire la guerre contre le peuple syrien, la communauté internationale doit continuer à mettre la pression sur le régime pour arrêter les violences et permettre à une solution politique d’aller de l’avant. Le conseil de sécurité devrait mettre tout son poids derrière le plan Annan pour un cessez-le-feu immédiat et une politique de transition et signifier clairement au régime qu’il y aura des conséquences s’il ne se soumet pas. L’histoire jugera ce conseil. Ses membres doivent se demander si Assad et son régime doivent continuer à commettre des violences sans nom contre leur propre peuple et si c’est l’héritage qu’ils veulent laisser.
Le Conseil de Sécurité bien entendu va mettre tout son poids derrière le plan de paix de Koffi Annan avec des provisions en place du chapitre 7 de la charte de l’ONU, ce qui veut dire que des sanctions et une intervention militaire, comme ce fut le cas en Libye, seront subséquemment mises en vigueur.”
Ce que la ministre des affaires étrangères américaine essayait de faire était de proposer une résolution du CS de l’ONU autorisant une intervention militaire (et par conséquent, un changement de régime en Syrie, après lequel ils sont engagés de longe date), puis d’utiliser des rapports fabriqués pour vendre la résolution aux opinions publiques et diplomatiques. Ceci constitue un crime évident contre la paix et une conspiration pour déclancher une guerre agressive, ces deux choses étant des chefs-d’accusation résultant du procès de Nüremberg.
Tremseh fut une bataille et non un massacre
Alors que les faits émergent peu à peu de ce qu’il s’est passé à Tremseh en Syrie, il devient de plus en plus évident que le ministère des affaires étrangères américain, avec ses contre-parties britannique, française, allemande et australienne, ont essayé de vendre une nouvelle guerre d’agression de l’OTAN, basée sur un prétexte complètement faux. Le New York Times dans son article , “New Details of a Battle Challenge Reports of a Syrian Massacre” a rapporté que des “activistes”, les soi-disants “Armée Syrienne Libre” (ASL) et le “Conseil National Syrien (CNS)”, soutenus par l’occident ont donné des rapports des faits contradictoires.
Ce qui put être vérifié sur place par les observateurs de l’ONU arrivés sur les lieux, est que la vaste majorité de ceux qui ont été “massacrés”, étaient des hommes en âge de combattre, avec des membres de l’opposition eux-mêmes concédant qu’ils étaient en fait des militants combattants tués. Le chiffre de “200” cité par Clinton, était en fait le nombre de militants qui s’étaient regroupés à Tremseh afin de planifier la prochaine étape de leurs activités terroristes. Des locaux ont passé l’information à l’armée syrienne, qui a encerclée la zone et neutralisée les combattants durant une bataille que l’ASL a finalement perdue.
Non seulement cela, mais l’ONU confirme que les opérations de sécurité syriennes ont ciblé des poches rebelles “spécifiques”, rendant les accusations de Clinton disant que le gouvernement avait “délibérément massacré des civils innocents” à leur niveau : un mensonge éhonté.
En d’autres termes, Hillary Clinton a falsifié son communiqué, qui fut divulgué à l’entière “communauté internationale”, clamant que “200 hommes, femmes et enfants” avaient été délibérément massacrés, alors qu’en réalité il s’agisssait de l’armée syrienne restorant l’ordre public face à des terroristes armés. Après que l’armée syrienne ait eu sécurisé la zone de Tremseh, ils mirent à jour une vaste cache d’armes trouvées dans la zone, ainsi que des militants de l’ASL faits prisonniers qui comprenaient à la fois des combattants turcs et des combattants libyens, ce qui voulait dire que ceux qui ne furent pas tués dans les combats, ne furent pas “exécutés” comme de faux rapports l’avaient également annoncé auparavant.
Hillary Clinton doit démissioner
La génération qui a précédée celle d’Hillary Clinton, ceux de la seconde guerre mondiale, avait juré “plus jamais” à la tragédie d’un conflit mondial. Ils avaient également juré “plus jamais” à tous les mensonges et manipulations qui ont manœuvrés des millions de personnes à travers le monde dans un conflit les uns contre les autres. Les fabrications d’Hillary Clinton et ses tentatives de fomenter encore une fois une guerre construite sur des trahisons et des mensonges, qui trahissent de fait les promesses faites par l’occident et mettent en danger la fondation même sur laquelle l’occident repose.
Hillary Clinton, continue, tout comme le gouvernement Bush avant elle, compromet et entâche pour toujours la crédibilité et l’intégrité des Etats-Unis d’Amérique. Il est ironique que cette même violence qui se déroule aujourd’hui en Syrie, dont Clinton voudrait que le monde croit qu’elle est “l’œuvre du régime syrien”, fut en premier lieu établie, planifiée et orchestrée par les Etats-Unis durant les présidences de Bush.
En fait, d’après un article du New Yorker de Seymour Hersh en 2007 , “The Redirection”, les Etats-Unis, Israël et les despotes des monarchies du Golfe avaient comploté pour rassembler et làcher un front de sectaires extrémistes afin de renverser le régime syrien. Ce fut durant cette période que la confrérie musulmane syrienne commença à recevoir soutien et financements de l’occident alors que des combattants et des armes étaient assemblés au Liban-nord sous la supervision de Saad Hariri.
Non seulement le gouvernement Obama et Hillary Clinton comme ministre des affaires étrangères ont hérité et perpétué ce complot violent contre le peuple syrien, mais également hérité et perpétué le déshonneur et l’étiolement de ce qui restait de l’intégrité américaine et de sa bonne volonté globale. Pour l’économie américaine qui ne peut absolument pas soutenir une autre aventure militaire, pour l’honneur de l’Amérique qui n’a plus de place pour aborer une nouvelle cicatrice, Hillary Clinton doit démissionner et ceux du congrès et de l’industrie doivent retirer leur soutien à ceux qui torpillent ce qui reste de l’ancien vaste potentiel de la nation pour la poursuite de l’hégémonie mondiale.
Il est certain que la démission de Clinton ne serait que symbolique et ne serait pas un coup sévère porté au système qui est en réalité piloté par les intérêts de la finance et de la grosse industrie, parmi les think-tanks, les réseaux de lobbying, les empires médiatiques, mais cela le début d’un nouveau paradigme qui signalerait que les jours d’impunité totale pour la satisfaction de ces intérêts particuliers, touchent à leur fin.
Pour le peuple américain, qui n’assistera pas à la démission de sa ministre des affaires étrangères dans le sillage de la disgrâce et des dégâts irréparables qu’elle a amenés sur son pays, il doit être plus que jamais résolu à identifier, exposer, boycotter et remplacer les intérêts corporatistes et financiers pour lesquels Hillary Clinton travaille. Nous, les peuples devons commencer à créer nos propres institutions qui servent directement nos intérêts et devons commencer à nous engager dans un activisme “pied de biche” au lieu du consumérisme béat actuel de notre attitude envers la politique et le progrès.
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Re: Les preuves du complot contre la Syrie
Des combattants d’Al-Qaïda présents en Syrie, selon un rapport des service français et étasuniens
Sous le titre « Al-Qaida s’exporte aussi en Syrie », l’hebdomadaire français Le Canard enchainé révèle l’existence d’un rapport des services français et étasuniens qui établit la présence de plus d’une centaine de combattant de l’organisation terroriste sur le territoire syrien.
L’hebdomadaire cite des échanges entre des officiers français de la Direction du renseignement militaire (DRM) et leurs homologues américains, qui ont eu lieu le 6 juillet dernier et qui peuvent se résumer ainsi : La présence d’Al-Qaida en Syrie est en nette progression. Un analyste de la DGSE le confirme : « Le phénomène va en s’amplifiant. »
Venu notamment d’Irak, des combattants du mouvement de feu Ben Laden lancent des attaques contre les troupes du président Bachar El Assad et, parfois, prennent « l’avantage sur le chaos syrien ».
Autre commentaire désabusé de la DRM : « Cela ne permet pas d’espérer une stabilisation des affrontement après seize mois de guerre civile. »
Al-Qaida, que certains croyaient disparue depuis l’exécution de Ben Laden n’est d’ailleurs pas la seule à exporter des combattantes vers le front anti-Bachar. Plusieurs centaines de djiadhistes, certains formées au Kossovo (selon les services de renseignements russes) et d’autres salafistes arrivés de Lybie, d’Egypte, de Jordanie ou de Tripoli (Liban) seraient aussi présent sur le territoire.
lire la suite => http://swisecurity.ch/?p=55
http://www.mecanopolis.org
Sous le titre « Al-Qaida s’exporte aussi en Syrie », l’hebdomadaire français Le Canard enchainé révèle l’existence d’un rapport des services français et étasuniens qui établit la présence de plus d’une centaine de combattant de l’organisation terroriste sur le territoire syrien.
L’hebdomadaire cite des échanges entre des officiers français de la Direction du renseignement militaire (DRM) et leurs homologues américains, qui ont eu lieu le 6 juillet dernier et qui peuvent se résumer ainsi : La présence d’Al-Qaida en Syrie est en nette progression. Un analyste de la DGSE le confirme : « Le phénomène va en s’amplifiant. »
Venu notamment d’Irak, des combattants du mouvement de feu Ben Laden lancent des attaques contre les troupes du président Bachar El Assad et, parfois, prennent « l’avantage sur le chaos syrien ».
Autre commentaire désabusé de la DRM : « Cela ne permet pas d’espérer une stabilisation des affrontement après seize mois de guerre civile. »
Al-Qaida, que certains croyaient disparue depuis l’exécution de Ben Laden n’est d’ailleurs pas la seule à exporter des combattantes vers le front anti-Bachar. Plusieurs centaines de djiadhistes, certains formées au Kossovo (selon les services de renseignements russes) et d’autres salafistes arrivés de Lybie, d’Egypte, de Jordanie ou de Tripoli (Liban) seraient aussi présent sur le territoire.
lire la suite => http://swisecurity.ch/?p=55
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Re: Les preuves du complot contre la Syrie
Syrie : point de situation de Thierry Meyssan
Depuis le début de la bataille de Damas, nous attendions avec impatience la réaction de Thierry Meyssan (qui se trouve en Syrie). La bataille de Damas, mensonge ou réalité ? Le journaliste indépendant dresse un bilan sans appel de ce qui se passe en Syrie.
http://www.youtube.com/watch?v=bg10dDtz ... r_embedded
Voici cinq jours que Washington et Paris ont lancé l’opération « Volcan de Damas et séisme de la Syrie ». Il ne s’agit pas d’une nouvelle campagne de bombardements aériens, mais d’une opération de guerre secrète, comparable à celle conduite à l’époque Reagan en Amérique centrale.
40 à 60 000 Contras (NDLR : mercenaires/contractors), principalement libyens, sont entrés en quelques jours dans le pays, le plus souvent par la frontière jordanienne. La majorité d’entre eux sont rattachés à l’Armée « syrienne » libre, structure paravent des opérations secrète de l’OTAN, placée sous commandement turc. Certains sont affiliés à des groupes de fanatiques, dont Al-Qaida, placés sous commandement du Qatar ou d’une faction de la famille royale saoudienne, les Sudeiris. Au passage, ils ont pris quelques postes frontières, puis ont rejoint la capitale où ils ont semé la confusion en attaquant au hasard les cibles qu’ils trouvaient : groupes de policiers ou de militaires isolés.
Mercredi matin, une explosion a détruit le siège de la Sécurité nationale où se réunissaient quelques membres du Conseil de sécurité nationale. Elle aurait coûté la vie au général Daoud Rajha (ministre de la Défense), au général Assef Chawkat (ministre adjoint) et au général Hassan Turkmani (adjoint du vice-président de la République). Les modalités de l’opération restent incertaines : il pourrait s’agir aussi bien d’un attentat suicide que d’un tir de drone furtif.
Washington espérait que la décapitation partielle de l’appareil militaire conduirait quelques officiers supérieurs à faire défection avec leurs unités, voire à se retourner contre le gouvernement civil. Il n’en a rien été. Le président Bachar el-Assad a immédiatement signé les décrets nommant leurs successeurs et la continuité de l’État a été assurée sans faille.
À Paris, Berlin et Washington, les commanditaires de l’opération se sont livrés au jeu indigne consistant à condamner l’action terroriste tout en réaffirmant leur soutien politique et logistique militaire aux terroristes. Sans honte, ils ont conclu que la responsabilité de ces assassinats ne revenait pas aux coupables, mais aux victimes en ce qu’elles avaient refusé de démissionner sous leur pression et de livrer leur patrie aux appétits occidentaux.
Caracas et Téhéran ont adressé leur condoléances à la Syrie, soulignant que l’attaque a été commanditée et financée et par les puissances occidentales et du Golfe. Moscou a également adressé ses condoléances et affirmé que les sanctions requises au Conseil de sécurité contre la Syrie équivalaient à un soutien politique aux terroristes qui l’attaquent.
Les chaînes de télévision nationales se sont mises à diffuser des clips militaires et des chants patriotiques. Interrompant les programmes, le ministre de l’Information Omran al-Zou’bi a appelé à la mobilisation de tous : le moment n’est plus aux querelles politiques entre gouvernement et opposition, c’est la Nation qui est attaquée. Rappelant l’article de Komsomolskaïa Pravda dans lequel je décrivais l’opération médiatique de démoralisation préparée par les chaînes occidentales et du Golfe [1], il a alerté ses concitoyens sur son déclenchement imminent. Puis, il a démenti l’intox des chaînes du Golfe selon lesquelles une mutinerie aurait éclaté au sein de la 4ème division et des explosions auraient dévasté sa principale caserne.
Les chaînes nationales ont diffusé plusieurs fois par heure des bandes-annonces indiquant comment capter leurs programmes sur Atlantic Bird en cas d’interruption des satellites ArabSat et NileSat.
Au Liban, sayyed Hassan Nasrallah a rappelé la fraternité d’armes qui unit le Hezbollah à la Syrie face à l’expansionnisme sioniste, et a assuré l’Armée syrienne de son soutien.
L’attentat a été le signal de la seconde partie de l’opération. Les commandos infiltrés dans la capitale ont alors attaqué diverses cibles, plus ou moins choisies. Ainsi, un groupe d’une centaine de Contras a attaqué la maison qui jouxte mon appartement au cri d’Allah Akbar !. Un haut responsable militaire y réside. Dix heures de combat ininterrompu ont suivies.
Alors qu’au début de la nuit, l’Armée ripostait avec mesure, l’ordre parvenait un peu plus tard de faire usage de la force sans retenue. Il ne s’agissait plus de lutter contre des terroristes venus déstabiliser la Syrie, mais de faire face à une invasion étrangère qui ne dit pas son nom et de sauver la patrie en danger.
L’aviation est entrée en action pour anéantir les colonnes de mercenaires se dirigeant vers la capitale.
En fin de matinée, le calme revenait progressivement dans l’agglomération. Les Contras et leurs collaborateurs étaient partout obligés de se retirer. La circulation était rétablie sur les grands axes routiers, et des barrages filtrants étaient installés dans le centre ville. La vie reprenait. Cependant, on entend encore des tirs épars ici ou là. La plupart des commerces sont fermés, et il y a de longues files d’attente devant les boulangeries.
Chacun s’attend à ce que l’assaut final soit lancé dans la nuit de jeudi à vendredi et la journée de vendredi. Il ne fait guère de doute que l’Armée syrienne en sortira à nouveau victorieuse car le rapport de force est tout à son avantage, et que cette armée de conscription est soutenue par la population, y compris par l’opposition politique intérieure.
Comme prévu, ArabSat et NileSat ont déconnecté le signal de la télévision Ad-Dounia en milieu d’après-midi. Le compte Twitter d’Ad-Dounia a été piraté par la CIA pour diffuser de faux messages annonçant une retraite de l’Armée syrienne.
Les chaînes du Golfe ont annoncé un effondrement de la monnaie préludant la chute de l’État. Le gouverneur de la Banque centrale, Adib Mayaleh, est intervenu sur la télévision nationale pour démentir cette nouvelle intox et confirmer le taux de change de 68,30 livres syriennes pour un dollar US.
Des renforts ont été déployés aux alentours de la place des Omeyyades pour protéger les studios de la télévision publique qui sont considérés comme une cible prioritaire par tous les ennemis de la liberté. Des studios de remplacement ont été installés dans l’hôtel Rose de Damas où se prélassent les observateurs des Nations Unies. La présence de ceux-ci, qui ont laissé perpétrer l’attaque de la capitale sans interrompre leur farniente, sert de facto de protection pour les journalistes syriens qui tentent d’informer leurs concitoyens au péril de leur vie.
Au Conseil de sécurité, la Fédération de Russie et la Chine ont opposé pour la troisième fois leur veto à une proposition de résolution occidentale et du Golfe visant à rendre possible une intervention militaire internationale. Leurs représentants ont inlassablement dénoncé la propagande visant à faire passer l’attaque extérieure contre la Syrie comme une révolte réprimée dans le sang.
La bataille de Damas devrait reprendre cette nuit.
http://www.contre-info.com
Depuis le début de la bataille de Damas, nous attendions avec impatience la réaction de Thierry Meyssan (qui se trouve en Syrie). La bataille de Damas, mensonge ou réalité ? Le journaliste indépendant dresse un bilan sans appel de ce qui se passe en Syrie.
http://www.youtube.com/watch?v=bg10dDtz ... r_embedded
Voici cinq jours que Washington et Paris ont lancé l’opération « Volcan de Damas et séisme de la Syrie ». Il ne s’agit pas d’une nouvelle campagne de bombardements aériens, mais d’une opération de guerre secrète, comparable à celle conduite à l’époque Reagan en Amérique centrale.
40 à 60 000 Contras (NDLR : mercenaires/contractors), principalement libyens, sont entrés en quelques jours dans le pays, le plus souvent par la frontière jordanienne. La majorité d’entre eux sont rattachés à l’Armée « syrienne » libre, structure paravent des opérations secrète de l’OTAN, placée sous commandement turc. Certains sont affiliés à des groupes de fanatiques, dont Al-Qaida, placés sous commandement du Qatar ou d’une faction de la famille royale saoudienne, les Sudeiris. Au passage, ils ont pris quelques postes frontières, puis ont rejoint la capitale où ils ont semé la confusion en attaquant au hasard les cibles qu’ils trouvaient : groupes de policiers ou de militaires isolés.
Mercredi matin, une explosion a détruit le siège de la Sécurité nationale où se réunissaient quelques membres du Conseil de sécurité nationale. Elle aurait coûté la vie au général Daoud Rajha (ministre de la Défense), au général Assef Chawkat (ministre adjoint) et au général Hassan Turkmani (adjoint du vice-président de la République). Les modalités de l’opération restent incertaines : il pourrait s’agir aussi bien d’un attentat suicide que d’un tir de drone furtif.
Washington espérait que la décapitation partielle de l’appareil militaire conduirait quelques officiers supérieurs à faire défection avec leurs unités, voire à se retourner contre le gouvernement civil. Il n’en a rien été. Le président Bachar el-Assad a immédiatement signé les décrets nommant leurs successeurs et la continuité de l’État a été assurée sans faille.
À Paris, Berlin et Washington, les commanditaires de l’opération se sont livrés au jeu indigne consistant à condamner l’action terroriste tout en réaffirmant leur soutien politique et logistique militaire aux terroristes. Sans honte, ils ont conclu que la responsabilité de ces assassinats ne revenait pas aux coupables, mais aux victimes en ce qu’elles avaient refusé de démissionner sous leur pression et de livrer leur patrie aux appétits occidentaux.
Caracas et Téhéran ont adressé leur condoléances à la Syrie, soulignant que l’attaque a été commanditée et financée et par les puissances occidentales et du Golfe. Moscou a également adressé ses condoléances et affirmé que les sanctions requises au Conseil de sécurité contre la Syrie équivalaient à un soutien politique aux terroristes qui l’attaquent.
Les chaînes de télévision nationales se sont mises à diffuser des clips militaires et des chants patriotiques. Interrompant les programmes, le ministre de l’Information Omran al-Zou’bi a appelé à la mobilisation de tous : le moment n’est plus aux querelles politiques entre gouvernement et opposition, c’est la Nation qui est attaquée. Rappelant l’article de Komsomolskaïa Pravda dans lequel je décrivais l’opération médiatique de démoralisation préparée par les chaînes occidentales et du Golfe [1], il a alerté ses concitoyens sur son déclenchement imminent. Puis, il a démenti l’intox des chaînes du Golfe selon lesquelles une mutinerie aurait éclaté au sein de la 4ème division et des explosions auraient dévasté sa principale caserne.
Les chaînes nationales ont diffusé plusieurs fois par heure des bandes-annonces indiquant comment capter leurs programmes sur Atlantic Bird en cas d’interruption des satellites ArabSat et NileSat.
Au Liban, sayyed Hassan Nasrallah a rappelé la fraternité d’armes qui unit le Hezbollah à la Syrie face à l’expansionnisme sioniste, et a assuré l’Armée syrienne de son soutien.
L’attentat a été le signal de la seconde partie de l’opération. Les commandos infiltrés dans la capitale ont alors attaqué diverses cibles, plus ou moins choisies. Ainsi, un groupe d’une centaine de Contras a attaqué la maison qui jouxte mon appartement au cri d’Allah Akbar !. Un haut responsable militaire y réside. Dix heures de combat ininterrompu ont suivies.
Alors qu’au début de la nuit, l’Armée ripostait avec mesure, l’ordre parvenait un peu plus tard de faire usage de la force sans retenue. Il ne s’agissait plus de lutter contre des terroristes venus déstabiliser la Syrie, mais de faire face à une invasion étrangère qui ne dit pas son nom et de sauver la patrie en danger.
L’aviation est entrée en action pour anéantir les colonnes de mercenaires se dirigeant vers la capitale.
En fin de matinée, le calme revenait progressivement dans l’agglomération. Les Contras et leurs collaborateurs étaient partout obligés de se retirer. La circulation était rétablie sur les grands axes routiers, et des barrages filtrants étaient installés dans le centre ville. La vie reprenait. Cependant, on entend encore des tirs épars ici ou là. La plupart des commerces sont fermés, et il y a de longues files d’attente devant les boulangeries.
Chacun s’attend à ce que l’assaut final soit lancé dans la nuit de jeudi à vendredi et la journée de vendredi. Il ne fait guère de doute que l’Armée syrienne en sortira à nouveau victorieuse car le rapport de force est tout à son avantage, et que cette armée de conscription est soutenue par la population, y compris par l’opposition politique intérieure.
Comme prévu, ArabSat et NileSat ont déconnecté le signal de la télévision Ad-Dounia en milieu d’après-midi. Le compte Twitter d’Ad-Dounia a été piraté par la CIA pour diffuser de faux messages annonçant une retraite de l’Armée syrienne.
Les chaînes du Golfe ont annoncé un effondrement de la monnaie préludant la chute de l’État. Le gouverneur de la Banque centrale, Adib Mayaleh, est intervenu sur la télévision nationale pour démentir cette nouvelle intox et confirmer le taux de change de 68,30 livres syriennes pour un dollar US.
Des renforts ont été déployés aux alentours de la place des Omeyyades pour protéger les studios de la télévision publique qui sont considérés comme une cible prioritaire par tous les ennemis de la liberté. Des studios de remplacement ont été installés dans l’hôtel Rose de Damas où se prélassent les observateurs des Nations Unies. La présence de ceux-ci, qui ont laissé perpétrer l’attaque de la capitale sans interrompre leur farniente, sert de facto de protection pour les journalistes syriens qui tentent d’informer leurs concitoyens au péril de leur vie.
Au Conseil de sécurité, la Fédération de Russie et la Chine ont opposé pour la troisième fois leur veto à une proposition de résolution occidentale et du Golfe visant à rendre possible une intervention militaire internationale. Leurs représentants ont inlassablement dénoncé la propagande visant à faire passer l’attaque extérieure contre la Syrie comme une révolte réprimée dans le sang.
La bataille de Damas devrait reprendre cette nuit.
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Re: Les preuves du complot contre la Syrie
Qui est vraiment l’opposition syrienne ? Qui la finance ? Qui sont ses représentants ?
Alors que la tension internationale continue de monter, avec notamment l’arrivée de navires de guerre russes en Méditerranée, et que les médias français s’adonnent à une propagande éhontée, voici une enquête édifiante qui montre à quel point l’oligarchie mondialiste s’affaire en Syrie, via ses pions de l’opposition.
« Les médias ne sont pas très curieux lorsqu’il s’agit du mouvement d’opposition syrienne. Examinons donc leurs origines et leurs connexions politiques.
C’est un cauchemar qui se déroule à travers toute la Syrie, dans les maisons d’Al-Heffa, de Homs et les rues de Houla. Et nous savons tous comment l’histoire se termine : des milliers de soldats et de civils tués, des villes et des familles détruites, et le président Assad battu à mort dans un fossé. C’est l’histoire de la guerre syrienne.
Mais il y a une autre histoire à raconter. Un conte moins sanglant, mais néanmoins important. Il s’agit d’une histoire au sujet des conteurs : les portes-paroles, les “experts de la Syrie”, les “militants de la démocratie”. Ceux qui nous font l’état des lieux. Ces personnes qui “pressent” ,”avertissent” et “appel à l’action”.
C’est un conte sur quelques-uns des membres les plus cités de l’opposition syrienne et leur lien avec l’entreprise anglo-américaine d’élaboration de l’opposition. Les médias traditionnels ont, pour l’essentiel, été remarquablement passifs lorsqu’il s’agit des sources syriennes: les nommant tout simplement “porte-parole officiel” ou “militants pro-démocratie”, sans que la plupart du temps, leurs déclarations, leurs origines ou leurs connexions politiques ne soient vérifiées.
Il est important de préciser qu’enquêter sur un porte-parole syrien ne signifie pas que nous doutions de sa sincérité sur son opposition à Assad. Mais une haine passionnée du régime Assad n’est pas une garantie d’indépendance. En effet, un certain nombre de personnalités du mouvement d’opposition syrienne sont des exilés qui recevaient des fonds du gouvernement américain pour déstabiliser le gouvernement Assad, cela avant même que le printemps arabe n’éclate.
Bien que le gouvernement des États-Unis n’a pas encore appelé à renverser Assad par la force, ces portes-paroles sont les défenseurs de l’intervention militaire étrangère en Syrie et les alliés “naturels” des néo-conservateurs américains, qui ont soutenu l’invasion de Bush en Irak et qui font maintenant pression sur l’administration Obama pour intervenir. Comme nous le verrons, plusieurs de ces portes-paroles ont trouvé un soutien et, dans certains cas, ont développé des relations longues et lucratives avec les défenseurs de l’intervention militaire des deux côtés de l’Atlantique.
“Le sable s’écoule dans le sablier», a déclaré Hillary Clinton. Comme les combats en Syrie s’intensifient, et que les navires de guerre russes ont mis les voiles vers Tartous, il est grand temps de regarder de plus près ceux qui prennent la parole au nom du peuple syrien.
Le Conseil National Syrien
Ceux qui sont les plus abondamment cités sont les représentants officiels du Conseil National Syrien. Le CNS n’est pas véritablement le groupe d’opposition syrienne, cependant il est généralement reconnu comme la “principale coalition d’opposition”, selon les mots de la BBC. Le Washington Times le décrit comme “un groupe de coordination des factions rivales, basé en dehors de la Syrie”. Ce qui est certain, c’est que le CNS est le groupe d’opposition qui a les relations les plus fortes et les plus fréquentes avec les puissances occidentales et qui a ouvertement appelé à une intervention étrangère dès les premiers moments de l’insurrection. En Février 2012, à l’ouverture du Sommet des Amis de la Syrie en Tunisie, William Hague, a déclaré: “Je vais rencontrer les dirigeants du Conseil National Syrien dans quelques minutes … Avec les autres nations, nous traiterons désormais avec eux et les reconnaîtrons en tant que représentant légitime du peuple syrien.”
Le plus ancien porte-parole officiel de la CNS est l’universitaire syrienne Bassma Kodmani, vivant à Paris.
Voici Bassma Kodmani, aperçue entrain de quitter la réunion secrète du Groupe Bilderberg 2012, à Chantilly, en Virginie.
Kodmani est membre du bureau exécutif et chef des affaires étrangères pour le Conseil National Syrien. Elle est donc assez proche du cœur du pouvoir du CNS, et elle est la plus virulente porte-parole du conseil. “Aucun dialogue avec le régime en place n’est possible. Nous ne pouvons discuter sur la manière de passer à un autre système politique” a-t-elle déclaré la semaine dernière. Citée par l’AFP, elle annonça que : “La prochaine étape doit être une résolution en vertu du Chapitre VII, qui autorise l’utilisation de tous les moyens légitimes, les moyens coercitifs, l’embargo sur les armes, ainsi que l’usage de la force pour obliger le régime à se conformer.”
Cette déclaration s’est traduite par le titre suivant “Les Syriens demandent l’aide des casques bleus armés” (Australie Herald Sun). Lorsqu’une action militaire internationale de grande envergure est demandée, il semble raisonnable de se demander: qui la réclame exactement ? Nous pouvons dire, tout simplement, “un porte-parole officiel du CNS”. Ou bien, nous pouvons regarder d’un peu plus près.
Cette année, ce fût sa deuxième participation à la réunion du Groupe Bilderberg. Lors de la conférence 2008, Kodmani a été répertoriée dans la liste des français; en 2012, ceci avait disparu et fût inscrite dans la liste des “internationaux” – son pays natal était alors devenu le monde des relations internationales.
En 2005, Kodmani a travaillé pour la Fondation Ford au Caire, où elle a été directrice de sa gouvernance et du programme sur la coopération internationale. La Fondation Ford est une vaste organisation, dont le siège est à New York, et où Kodmani était déjà assez haut placée.
En Février 2005, les relations entre les États-Unis et la Syrie se sont effondrées, et le président Bush a rappelé son ambassadeur à Damas. Un grand nombre de projets de l’opposition datent de cette période. “L’argent des États-Unis pour les figures de l’opposition syrienne a commencé à couler sous la présidence de George W. Bush après qu’il ait effectivement gelé les relations politiques avec Damas en 2005″, explique le Washington Post.
En Septembre 2005, Kodmani a été nommée directrice exécutive de l’Initiative de Réforme Arabe (IRA) – un programme de recherche initié à l’origine par le puissant lobby américain lobby, le Council on Foreign Relations (CFR).
Le CFR est un think tank élitiste ayant pour but d’analyser la politique étrangère américaine et la situation politique mondiale, et l’Initiative de Réforme Arabe est décrit sur son site Internet comme un “projet du CFR”. Plus précisément, l’IRA a été initiée par un groupe au sein du CFR, le “US/Middle East Project” – un corps de diplomates de haut rang, d’officiers du renseignement et de financiers, dont l’objectif déclaré est “l’analyse politique” “pour prévenir les conflits et promouvoir la stabilité “. Le “US/Middle East Project” poursuit ses objectifs sous la direction d’un conseil international présidé par le général à la retraité, Brent Scowcroft.
Brent Scowcroft (président émérite) est un ancien conseiller à la sécurité nationale du président des États-Unis – il remplaça Henry Kissinger. Aux côtés de Brent Scowcroft au conseil international, son compatriote géostratège, Zbigniew Brzezinski, qui lui succéda en tant que conseiller à la sécurité nationale, et M. Peter Sutherland, le président de Goldman Sachs International. Ainsi, dès 2005, nous avons toute une direction d’anciens conseillers occidentaux du renseignement, ainsi que des établissements bancaires, qui ont choisi Kodmani pour exécuter un projet de recherche sur le Moyen-Orient. En Septembre 2005, Kodmani a été nommée directrice du programme à temps plein.
Auparavant, en 2005, le CFR attribué le “contrôle financier” du projet au Centre for European Reform (CER).
Le CER est supervisée par Lord Kerr, le vice-président du Royal Dutc Shell. Kerr est un ancien chef du service diplomatique et est un conseiller principal à Chatham House (un groupe de réflexion mettant en vedette les meilleurs cerveaux de l’establishment diplomatique britannique).
Le centre a été fondé en 1996 par Charles Grant, ancien rédacteur de la section “défense” du magazine The Economist et il est également un membre du Conseil européen des relations étrangères, un “think tank paneuropéen” conçu par des diplomates, des industriels, des professeurs et des premiers ministres. Sur sa liste des membres, vous trouverez : Bassma Kodmani, (France / Syrie) – Directrice exécutive – Arab Reform Initiative”.
Un autre personnage clé est sur la liste : George Soros – qui est le financier d’“Open Society Foundations”, la principale source de financement de l’ECFR. Les mondes de la banque, de la diplomatie, de l’industrie, du renseignement, les instituts des divers partis politiques et des fondations, forment un réseau étroitement lié, et au milieu de tout cela, il y a Kodmani.
Le fait est que Kodmani n’est pas une “militante pro-démocratie” qui se retrouve par hasard en face d’un microphone. Elle a d’irréprochables références en diplomatie internationale : elle occupe le poste de directrice de recherche à l’Académie Diplomatique Internationale – “une institution indépendante et neutre dédiée à la promotion de la diplomatie moderne”. L’Académie est dirigée par Jean-Claude Cousseran, ancien chef de la DGSE – les services de renseignement français.
Kodmani est en quelque sorte un fidèle lieutenant dans la promotion de l’industrie de la démocratie anglo-américaine. Sa “province d’origine” (selon le site Internet du CNS) est la région de Damas, mais elle garde d’étroites relations professionnelles avec précisément ces mêmes pouvoirs syriens dont elle demande le départ avec l’aide d’une intervention étrangère.
Et beaucoup de ses collègues portes-paroles sont tout aussi bien entourés.
Radwan Ziadeh
Un autre représentant du CNS souvent cité est Radwan Ziadeh – directeur des relations extérieures au sein du Conseil National Syrien. Ziadeh a un CV impressionnant : il est membre émérite d’un think tank financé par Washington, l’US Institute of Peace (le conseil d’administration de l’USIP est composé également d’anciens du département de la défense et du conseil national de sécurité. Son président est Richard Salomon, ancien conseiller de Kissinger au National Security Council).
En Février 2012, Ziadeh a rejoint un groupe d’élites, des faucons de Washington, pour signer une lettre demandant à Obama d’intervenir en Syrie : ses autres signataires incluent James Woolsey (ancien chef de la CIA), Karl Rove (conseiller de Bush Jr), Clifford May (Comité sur le Danger Présent) et Elizabeth Cheney, l’ancien chef du groupe des opérations du Pentagone pour l’Iran et la Syrie.
Ziadeh est un organisateur acharné, un initié de Washington de premier ordre, avec des liens vers quelques-uns des groupes de réflexion les plus puissants. Les liens de Ziadeh s’étendent jusqu’à Londres. En 2009, il est devenu un chercheur associé à Chatham House, et en Juin 2011, il reproduit sur un panneau au cours d’un de leurs événements “Envisager l’avenir politique de la Syrie” – partageant l’événement avec son compatriote porte-parole du CNS Ausama Monajed et un membre du CNS, Najib Ghadbian.
Ghadbian a été identifié par le Wall Street Journal comme un intermédiaire des débuts entre le gouvernement des États-Unis et l’opposition syrienne en exil: “Un premier contact entre la Maison Blanche et la FSN (Front de salut national) a été forgé par Najib Ghadbian, une université de Science Politique de l’Arkansas”. Ce fut en 2005.
Ces jours-ci, Ghadbian est un membre du secrétariat général du CNS, et est membre du conseil consultatif d’un corps politique, basé à Washington, appelé “Centre syrien pour les études politiques et stratégiques” (CSEPS) – une organisation co-fondée par Ziadeh.
Ziadeh a établi des liens de ce genre depuis des années. En 2008, Ziadeh a pris part à une réunion de personnalités de l’opposition dans un bâtiment du gouvernement des Etats-Unis, à Washington: une mini-conférence intitulée “La Syrie en transition”. La réunion a été co-parrainée par un organisme aux États-Unis appelé le “Conseil pour la Démocratie” (Democracy Council) et une organisation du Royaume-Uni appelée le “Mouvement pour la Justice et le Développement” (MJD). C’était un grand jour pour la MJD – leur président, Anas Al-Abdah, s’était rendu à Washington depuis la Grande-Bretagne pour l’événement, avec leur directeur des relations publiques. Vous pouvez lire ici sur le site du MJD une description de la journée: “La conférence a été un tournant exceptionnel puisque la salle allouée était bondée d’invités de la Chambre des représentants et du Sénat, des représentants des centres d’études, des journalistes et des expatriés syriens.”
La journée a débuté par un discours d’ouverture prononcé par James Prince, le chef du Conseil pour la Démocratie. Ziadeh appartenait à un groupe de travail présidé par Joshua Muravchik (l’auteur ultra-interventionniste de “Bomb Iran” en 2006). Le sujet était “L’émergence d’une opposition organisée”. Assis aux côtés de Ziadeh, le directeur des relations publiques de la MJD – un homme qui deviendra plus tard son compatriote porte-parole du CNS – Ausama Monajed.
Ausama Monajed
Avec Kodmani et Ziadeh, Ausama (ou parfois Oussama) Monajed est l’un des portes-paroles le plus important du CNS. Il y en a d’autres, bien sûr – le CNS est une grosse bête qui comprend également les Frères Musulmans.
L’opposition à Assad est vaste, mais celles-ci sont quelques-unes des voix clés de ce mouvement. Il existe d’autres portes-paroles officiels, avec de longues carrières politiques, comme George Sabra du parti démocrate populaire syrien. Sabra a été arrêté et emprisonné, alors qu’il luttait contre le “régime répressif et totalitaire en Syrie”. Et il y a d’autres voix de l’opposition en dehors du CNS, comme l’écrivain Michel Kilo, qui parle avec éloquence de la violence qui déchire son pays: “La Syrie est détruite, rue après rue, ville après ville, village après village. C’est ça la solution ? pour qu’un petit groupe de personnes demeurent au pouvoir, et que le pays tout entier soit détruit.”
Mais il ne fait aucun doute que l’organe principale de l’opposition du CNS est représenté (en particulier dans les pays anglo-saxons) par Kodmani, Ziadeh et Monajed. Monajed est fréquemment un commentateur sur les chaînes d’information. Ici, il est sur la BBC, parlant depuis ses bureaux de Washington. Monajed n’embellit pas son message: “Nous voyons des civils, des enfants qui se font tirer dessus et sont tués et des femmes se font violer sur les écrans de télévision tous les jours.”
Dans le même temps sur Al-Jazeera, Monajed s’exprime sur “ce qui se passe réellement, en réalité, sur le terrain” – sur “les miliciens d’Assad” qui “viennent violer leurs femmes, abattre leurs enfants, et tuer leurs aînés”.
On retrouve Monajed seulement quelques jours plus tard, en tant que blogueur sur Huffington Post du Royaume-Uni, où il explique: “Pourquoi le monde doit intervenir en Syrie” – appelant à “une assistance militaire directe” et à “une aide militaire étrangère”. Donc, une fois encore, la question qui serait légitime de se poser est : qui est ce porte-parole qui réclame une intervention militaire ?
Monajed est un membre du CNS, conseiller de son président, et selon sa biographie sur le site du CNS, “le fondateur et directeur du Barada Télévision”, un canal satellite pro-opposition basé à Vauxhall, au sud de Londres. En 2008, quelques mois après avoir assisté à la conférence sur la transition en Syrie, Monajed était de retour à Washington, invité à déjeuner avec George W. Bush, avec une poignée d’autres dissidents favorisés (vous pouvez voir Monajed sur la photo souvenir, troisième à partir de la droite, avec la cravate rouge, près de Condoleezza Rice – jusqu’à l’autre extrémité de Garry Kasparov).
A cette époque, en 2008, le département d’Etat américain connaissait Monajed comme “directeur des relations publiques pour le Mouvement pour la justice et le développement (MJD), qui mène la lutte pour un changement pacifique et démocratique en Syrie”.
Regardons de plus près la MJD. L’année dernière, le Washington Post récupéra une histoire de Wikileaks, qui avait publié une multitude de câbles diplomatiques. Ces câbles semblent montrer un flux important d’argent du département américain d’État vers le “Mouvement pour la justice et le développement” basé en Grande Bretagne. Selon le rapport du Washington Post: “Barada TV est étroitement affiliée au “Mouvement pour la justice et le développement”, un réseau basé à Londres, d’exilés syriens. Les câbles diplomatiques américains montrent que le département d’Etat a canalisé 6 millions de dollars pour le groupe depuis 2006, afin de faire fonctionner le canal satellite et financer d’autres activités à l’intérieur de la Syrie.”
Un porte-parole du département d’Etat a répondu à cette histoire en disant: “Tenter de promouvoir une transformation vers un processus plus démocratique dans cette société n’est pas nécessairement porter atteinte à l’actuel gouvernement.” Et ils ont raison, pas «nécessairement».
Lorsqu’on lui a demandé concernant l’argent du département d’État, Monajed dit lui-même qu’il “ne pouvait pas confirmer” le financement du département d’État américain pour Barada TV, mais il dit: “Je n’ai pas reçu un penny par moi-même”. Malik al-Abdeh, qui fût jusqu’à très récemment le rédacteur en chef de Barada TV, a insisté: “nous n’avons pas eu de relations directes avec le département d’État américain”. Notez bien le terme “direct”.
Malik al Abdeh se trouve également être l’un des fondateurs du “Mouvement pour la Justice et le Développement” et le destinataire des 6 millions de dollars du département d’État, selon l’information du câble. Et il est le frère du président, Anas Al-Abdah. Il est aussi le co-titulaire de la marque MJD : ce que Malik al Abdeh ne veux pas admettre, c’est que Barada TV obtient effectivement une grande partie de son financement d’un groupe américain à but non lucratif : le “Conseil pour la Démocratie”. L’un des co-sponsors (avec le MJD) des conférences pour la transition en Syrie. Ce que nous voyons donc en 2008, à cette même réunion, ce sont les leaders de ces organisations précisément identifiées par Wikileaks, dirigées par le “Conseil pour la Démocratie” et dont le destinataire (le MJD) reçoit de grandes quantités d’argent du département d’État.
Le Conseil pour la Démocratie, ce distributeur de subvention états-uniens, dresse la liste du département d’État comme l’une de ses sources de financement. Cela fonctionne de la façon suivante: le Conseil pour la Démocratie sert d’intermédiaire entre l’administration d’octroi de subventions du Département d’État “Middle East Partnership Initiative” et les “partenaires locaux” , comme Barada TV.
Comme le rapporte le Washington Post:
“Plusieurs câbles diplomatiques américains de l’ambassade à Damas révèlent que les exilés syriens ont reçu de l’argent à partir d’un programme du Département d’État appelé “Middle East Partnership Initiative”. Selon les câbles, le Département d’État canalisé de l’argent pour le groupe par l’intermédiaire du Conseil pour la Démocratie, un groupe à but non lucratif basé à Los Angeles.”
Le rapport met en évidence un câble datant de 2009, de l’ambassade des États-Unis en Syrie qui dit que le Conseil pour la Démocratie a reçu 6,3 millions $ du Département d’État pour exécuter un programme en Syrie lié à l’ “Initiative civile de renforcement de la société”. Le câble décrit cela comme “un effort de collaboration entre le discret Conseil pour la Démocratie et des partenaires locaux” visant à produire, entre autres choses, “des concepts de diffusion différentes.” Selon le Washington Post: “Les autres câbles indiquent clairement que l’un de ces concepts a été Barada TV.”
Jusqu’à il y a quelques mois, le Département d’État a supervisé le “Middle East Partnership Initiative” par Tamara Cofman Wittes (elle est maintenant à la Brookings Institution – un influent groupe de réflexion de Washington). A propos de MEPI, elle a déclaré qu’il “a créé un effet positif grâce aux efforts américains de promotion de la démocratie”. Tout en travaillant là, elle a déclaré: “Il y a beaucoup d’organisations en Syrie et dans d’autres pays qui cherchent à changer leur gouvernement … C’est un programme auquel nous croyons et que nous allons soutenir.” Et par soutien, elle pense financements.
L’argent
Ce n’est pas nouveau. Au début de 2006, le département d’État annonce la “possibilité d’un nouveau financement” appelé le “Programme pour la démocratie en Syrie“. L’offre représente une subvention d’une valeur de “5 millions de dollars durant l’exercice fédéral de 2006″. L’objectif de ces subventions ? “Accélérer le travail des réformateurs en Syrie.”
Désormais, l’argent circule plus vite que jamais. Au début de Juin 2012, le Forum des Affaires Syriennes a été lancé à Doha par les dirigeants de l’opposition, dont Wael Merza (secrétaire général du CNS). “Ce fonds a été créé pour soutenir toutes les composantes de la révolution en Syrie”, a déclaré Merza. La taille du fonds ? 300 millions de dollars. C’est loin d’être clair sur la provenance de cet argent, même si Merza “fait allusion à un soutien financier important de pays arabes du Golfe pour le nouveau fonds” (Al Jazeera). Lors du lancement, Merza a affirmé qu’environ 150 millions de dollars avaient déjà été dépensés, en partie par l’Armée Syrienne Libre (ASL).
Les hommes d’affaires syriens du groupe de Merza a fait une apparition lors d’une conférence du Forum Economique Mondial intitulé la “Plate-forme de coopération internationale”, tenue à Istanbul en Novembre 2011. Tout cela fait partie du processus par lequel le CNS a gagné en réputation, pour devenir, selon les mots de William Hague, “un représentant légitime du peuple syrien” – et capable, ouvertement, de gérer son financement.
Construire la légitimité – de l’opposition, de la représentation, de l’intervention – c’est la bataille essentielle de cette propagande.
Dans le journal USA Today, en Février 2012, l’ambassadeur Dennis Ross a déclaré: “Il est temps d’élever le statut du Conseil National syrien”. Ce qu’il voulait, de toute urgence, c’est “créer une aura d’inévitabilité concernant le CNS comme l’alternative à Assad.” L’aura d’inévitabilité. Gagner la bataille par l’urgence.
Un combattant clé dans cette bataille pour les cœurs et les esprits est le journaliste américain et blogueur du Daily Telegraph, Michael Weiss.
Michael Weiss
L’un des experts les plus largement cités en Occident sur la Syrie – et un passionné de l’intervention occidentale – est Michael Weiss. Pour lui, “l’intervention militaire en Syrie n’est pas tant une question de préférence qu’une fatalité.”
Certains des écrits interventionnistes de Weiss peuvent être trouvés sur les sites Web appelés “NOW Liban” et “NOW Syria”, qui est une source importante d’information mises à jour sur la Syrie. “NOW Liban” a été mis en place en 2007 par Saatchi & Saatchi, dirigé par Eli Khoury. Khoury a été décrit par le secteur de la publicité comme “spécialiste dans la communication stratégique, spécialisé dans l’image de marque de gouvernements et du développement des marques”.
Weiss, a raconté en Mai 2012, que grâce à l’afflux d’armes aux rebelles syriens “nous avons déjà commencé à voir des résultats.” Il a montré une approbation semblable sur cette approche militaire quelques mois plus tôt, dans le New Republic: “Ces dernières semaines, l’armée syrienne libre et d’autres brigades rebelles indépendantes ont fait de grands progrès” – la suite de quoi, il a présenté son “Plan d’action pour une intervention militaire en Syrie”.
Mais Weiss n’est pas seulement un blogueur. Il est aussi le directeur des communications et des relations publiques à la Société Henry Jackson, un groupe de réflexion ultra-(ultra-)belliciste en politique étrangère.
Le Henry Jackson Society a comme clientèle internationale: James Woolsey “ex-patron de la CIA” , Michael Chertoff , William Kristol du PNAC, Robert Kagan du PNAC, Joshua Muravchick, le monsieur “Bomb Iran”, et Richard Perle. La société est gérée par Alan Mendoza, conseiller en chef du groupe parlementaire sur la sécurité transatlantique et internationale.
La Henry Jackson Society est intransigeante sur sa “stratégie avancée” vers la démocratie. Et Weiss est en charge du message. La Henry Jackson Society est fière de l’importante influence de son chef : “Il est l’auteur du rapport d’influence d’intervention en Syrie. Une évaluation de la légalité, de la logistique et des risques “, qui a été réaffecté et approuvé par le Conseil National Syrien.
Le rapport initial de Weiss a été rebaptisé “Zone de sécurité pour la Syrie” – et s’est retrouvé sur le site officiel de syriancouncil.org, dans le cadre de la littérature stratégique de leur bureau militaire. La réorientation du rapport HJS a été entrepris par le fondateur et directeur exécutif de la recherche stratégique et du Centre de Communication (CSRC) – Ausama Monajed.
Ainsi, le fondateur de Barada TV, Ausama Monajed, a édité le rapport de Weiss, pour ensuite le publier au sein de sa propre organisation, pour ensuite être repris par le Conseil National Syrien, avec le soutien de la Société Henry Jackson.
Les liens ne pouvaient pas être plus proches. Monajed finit même par traiter des demandes pour des interviews à la presse “avec Michael Weiss”. Weiss n’est pas le seul à avoir esquissé une feuille de route à cette guerre (les groupes de réflexion ont bien évidemment beaucoup réfléchi à ces questions, dont de nombreux faucons), mais une grande partie de cette stratégie est de lui.
L’Observatoire Syrien pour les Droits de l’Homme
La justification pour “l’inévitable” intervention militaire est la sauvagerie du régime du président Assad : les atrocités, les bombardements, les violations des droits de l’homme. L’information est cruciale ici, et une source domine toutes les autres quant à la fourniture d’informations sur la Syrie. Elle est citée à chaque fois : “Le directeur de l’Observatoire Syrien pour les Droits de l’Homme (OSDH) a déclaré à la Voice Of America que les combats et les bombardements avaient tué au moins 12 personnes dans la province de Homs.”
L’OSDH est communément utilisé comme unique source pour d’informations et de bilans statistiques. Cette semaine, par exemple, l’AFP a publié cette dépêche : “Les forces syriennes ont bombardé les provinces d’Alep et de Deir Ezzor et au moins 35 personnes ont été tuées dimanche dans tout le pays, dont 17 civils, a annoncé un organisme d’observation.” Différentes atrocités ainsi que des chiffres de pertes sont énumérés, tous en provenance d’une seule source : “Rami Abdel Rahman, le directeur de l’Observatoire a déclaré par téléphone à l’AFP.”
Des statistiques plus horribles les unes que les autres émanent en nombre de “l’Observatoire Syrien pour les Droits de l’Homme” (AP). Il est difficile de trouver une information de la presse sur la Syrie qui ne le cite pas.
Alors, qui sont-ils ? “Ils” c’est Rami Abdelrahman (ou Rami Abdel Rahman), qui vit à Coventry.
Selon une dépêche de Reuters en Décembre 2011: “Lorsqu’il n’est pas entrain de répondre aux appels des médias internationaux, Abdulrahman est en bas de la rue dans son magasin de vêtements, qu’il dirige avec sa femme.”
Ce nom l’ “Observatoire Syrien des Droits de l’Homme”, est si grand, si inattaquable, et donc forcément, objectif. Et pourtant, quand Abdulrahman et son “ONG basée en Grande-Bretagne” (AFP / NOW Liban) sont la seule source d’information sur un sujet aussi important, il semblerait raisonnable d’être prudent avec cet organisme et les informations qu’il propage.
Hamza Fakher
La relation entre Ausama Monajed, le CNS, les faucons d’Henry Jackson et les médias peuvent être regardés à partir du cas Hamza Fakher. Le 1er Janvier 2012, Nick Cohen a écrit dans l’Observateur: “Pour saisir l’ampleur de la barbarie, écoutez Hamza Fakher, un militant pro-démocratie, qui est l’une des sources les plus fiables sur les crimes masquées par le régime avec l’interdiction de la presse.”
Il poursuit en racontant des histoires horribles de Fakher sur la torture et les assassinats en masse. Il raconte la technique de torture de la plaque chaude dont il a entendu parler: “Imaginez toute la chair fondante atteignant l’os avant que le détenu tombe sur la plaque”. Le lendemain, Shamik Das, écrit sur le blog progressiste Left Foot Forward, citant la même source: “Hamza Fakher, un militant pro-démocratie, décrit la réalité nauséabonde …” – et les atrocités racontées par Cohen sont répétées.
Alors, qui est exactement ce “militant pro-démocratie”, Hamza Fakher ?
Il s’avère que Fakher est le co-auteur de la “Révolution en péril”, un “Henry Jackson Society Strategic Briefing”, publié en Février 2012. Il a co-écrit ce document avec le directeur des communications de la Henry Jackson Society, Michael Weiss. Et quand il n’est pas co-auteur pour la Henry Jackson Society, Fakher est le responsable de la communication du Centre de recherche stratégique et de Communication (SRCC) basé à Londres. Selon leur site, “Il a rejoint le centre en 2011 et a été en charge de la stratégie de communication du centre et de ces produits.”
Pour rappel, le SRCC est géré par Ausama Monajed: “M. Monajed a fondé le centre en 2010. Il est largement cité et interviewé dans la presse internationale et les médias. Il a travaillé auparavant comme consultant en communication en Europe et aux États-Unis et servait autrefois … en tant que directeur de la télévision Barada … “.
Monajed est donc le patron de Fakher.
De plus, le conseil d’administration du Centre de recherche stratégique et de Communication est situé au bureau de Murhaf Jouejati, professeur à l’Université de Défense Nationale à Washington DC – “le premier centre pour l’enseignement militaire mixte professionnel (JPME)” qui est “sous la direction du Président, et des chefs d’état-major.”
Si vous envisagez de voyager pour voir Monajed au “Centre de recherche stratégique et de communication”, vous le trouverez ici: Centre de recherche stratégique et de communication, Office 36, 88-90 Hatton Garden, Holborn, Londres EC1N 8PN.
A cette adresse vous trouverez également le siège londonien de la Société Faux Tan, Supercar 4 U Limited, Moola (une “société de confiance des prêts”), Ultimate, et la London School of attraction – “une société de formation basée à Londres qui aide les hommes à acquérir les compétences et la confiance nécessaires pour rencontrer et attirer les femmes.” Et environ une centaine d’autres entreprises encore. Il s’agit en fait d’un bureau virtuel.
N’est-ce pas étrange ? Un “centre de communication” qui n’a même pas de véritable siège – un grand nom, mais sans substance physique.
N’oublions pas, quelle que soit la déstabilisation qui a été menée dans le domaine de l’information et de l’opinion publique. Et n’oublions pas, la déstabilisation qui a été entreprise dans le domaine de l’information et de l’opinion publique l’est encore plus sur le terrain. Nous savons déjà que (au minimum) ” la CIA et le Département d’Etat… aident l’Armée Syrienne Libre de l’opposition à développer des routes logistiques pour acheminer des fournitures à l’intérieur de la Syrie et donnent une formation dans le domaine des [télé]communications.”
Les soutes à bombes sont ouvertes. Les plans ont été préparés.
Ces choses étaient en préparation depuis longtemps. L’énorme énergie et la planification méticuleuse qui ont été investies dans ce changement de régime – c’est à vous couper le souffle. La force de persuasion et les entrées politiques des grandes fondations et des think tanks politiques sont considérables, mais l’examen des sources ne se contente pas de titres pompeux, de bourses de recherche et de “briefings de stratégie”. On doit demander : directeur exécutif de quoi exactement. Le fait d’avoir les mots “démocratie” ou “droits de l’homme” dans l’intitulé de votre job ne vaut pas dispense de ce contrôle.
Et si vous êtes un “responsable de la communication”, cela implique que vos paroles doivent être accueillies avec une prudence extrême. Weiss et Fakher, tous deux responsables de communication sont des professionnels des relations publiques. Lors de l’évènement de Chatham House en juin 2001, Monajed était inscrit en tant que “directeur de la communication de la National Initiative for Change” et il était directeur des relations publiques pour le Mouvement pour la Justice et le Développement (MJD). Le craéteuutr du site web d’informations NOW Lebanon, Eli Khoury, est un cadre publicitaire de Saatchi. Ces responsables de la communication travaillent dur pour créer ce que Tamara Witts appelait une [image de] “marque positive.”
Ils vendent l’idée d’une intervention militaire et d’un changement de régime, que la presse grand public est pressée d’acheter.
Beaucoup de “militants” et de porte-paroles de l’opposition syrienne sont étroitement liés (souvent financièrement) aux Etats Unis et à Londres : à ceux-là mêmes qui feraient l’intervention. Ce qui veut dire que les informations et les chiffres donnés par ces sources ne sont pas nécessairement de la pure information ; ce sont des arguments de vente dans une campagne de relations publiques.
Mais il n’est jamais trop tard pour poser des questions, pour examiner des sources. Poser des questions ne fait pas de vous un admirateur d’Assad ; c’est un argument spécieux. Cela vous rend seulement moins susceptible d’être induit en erreur par la propagande.
La bonne nouvelle, c’est qu’il nait un sceptique par minute.
Un grand merci à Charlie Skelton.
Source : Reuters / PNAC / Henry Jackson Society / The New Republic / NOW Lebanon / Syria Democracy Program / The Democracy Council / Trademarken / State.gov / White House (G.W.Bush) / Huffington Post / Al-Jazeera / BBC / Movement for Justice and Development (MJD) / Syrian Center for Political and Strategic Studies / Wall Stree Journal /Chatman House /The Cable /Conseil National Syrien / ECFR / CER / Wikipedia / US/Middle East Project / CFR / The Washington Post / Ford Foundation / Herald Sun / AFP / The Telegraph / The Guardian »
Vu sur « Le journal du siècle« .
http://www.contre-info.com
Alors que la tension internationale continue de monter, avec notamment l’arrivée de navires de guerre russes en Méditerranée, et que les médias français s’adonnent à une propagande éhontée, voici une enquête édifiante qui montre à quel point l’oligarchie mondialiste s’affaire en Syrie, via ses pions de l’opposition.
« Les médias ne sont pas très curieux lorsqu’il s’agit du mouvement d’opposition syrienne. Examinons donc leurs origines et leurs connexions politiques.
C’est un cauchemar qui se déroule à travers toute la Syrie, dans les maisons d’Al-Heffa, de Homs et les rues de Houla. Et nous savons tous comment l’histoire se termine : des milliers de soldats et de civils tués, des villes et des familles détruites, et le président Assad battu à mort dans un fossé. C’est l’histoire de la guerre syrienne.
Mais il y a une autre histoire à raconter. Un conte moins sanglant, mais néanmoins important. Il s’agit d’une histoire au sujet des conteurs : les portes-paroles, les “experts de la Syrie”, les “militants de la démocratie”. Ceux qui nous font l’état des lieux. Ces personnes qui “pressent” ,”avertissent” et “appel à l’action”.
C’est un conte sur quelques-uns des membres les plus cités de l’opposition syrienne et leur lien avec l’entreprise anglo-américaine d’élaboration de l’opposition. Les médias traditionnels ont, pour l’essentiel, été remarquablement passifs lorsqu’il s’agit des sources syriennes: les nommant tout simplement “porte-parole officiel” ou “militants pro-démocratie”, sans que la plupart du temps, leurs déclarations, leurs origines ou leurs connexions politiques ne soient vérifiées.
Il est important de préciser qu’enquêter sur un porte-parole syrien ne signifie pas que nous doutions de sa sincérité sur son opposition à Assad. Mais une haine passionnée du régime Assad n’est pas une garantie d’indépendance. En effet, un certain nombre de personnalités du mouvement d’opposition syrienne sont des exilés qui recevaient des fonds du gouvernement américain pour déstabiliser le gouvernement Assad, cela avant même que le printemps arabe n’éclate.
Bien que le gouvernement des États-Unis n’a pas encore appelé à renverser Assad par la force, ces portes-paroles sont les défenseurs de l’intervention militaire étrangère en Syrie et les alliés “naturels” des néo-conservateurs américains, qui ont soutenu l’invasion de Bush en Irak et qui font maintenant pression sur l’administration Obama pour intervenir. Comme nous le verrons, plusieurs de ces portes-paroles ont trouvé un soutien et, dans certains cas, ont développé des relations longues et lucratives avec les défenseurs de l’intervention militaire des deux côtés de l’Atlantique.
“Le sable s’écoule dans le sablier», a déclaré Hillary Clinton. Comme les combats en Syrie s’intensifient, et que les navires de guerre russes ont mis les voiles vers Tartous, il est grand temps de regarder de plus près ceux qui prennent la parole au nom du peuple syrien.
Le Conseil National Syrien
Ceux qui sont les plus abondamment cités sont les représentants officiels du Conseil National Syrien. Le CNS n’est pas véritablement le groupe d’opposition syrienne, cependant il est généralement reconnu comme la “principale coalition d’opposition”, selon les mots de la BBC. Le Washington Times le décrit comme “un groupe de coordination des factions rivales, basé en dehors de la Syrie”. Ce qui est certain, c’est que le CNS est le groupe d’opposition qui a les relations les plus fortes et les plus fréquentes avec les puissances occidentales et qui a ouvertement appelé à une intervention étrangère dès les premiers moments de l’insurrection. En Février 2012, à l’ouverture du Sommet des Amis de la Syrie en Tunisie, William Hague, a déclaré: “Je vais rencontrer les dirigeants du Conseil National Syrien dans quelques minutes … Avec les autres nations, nous traiterons désormais avec eux et les reconnaîtrons en tant que représentant légitime du peuple syrien.”
Le plus ancien porte-parole officiel de la CNS est l’universitaire syrienne Bassma Kodmani, vivant à Paris.
Voici Bassma Kodmani, aperçue entrain de quitter la réunion secrète du Groupe Bilderberg 2012, à Chantilly, en Virginie.
Kodmani est membre du bureau exécutif et chef des affaires étrangères pour le Conseil National Syrien. Elle est donc assez proche du cœur du pouvoir du CNS, et elle est la plus virulente porte-parole du conseil. “Aucun dialogue avec le régime en place n’est possible. Nous ne pouvons discuter sur la manière de passer à un autre système politique” a-t-elle déclaré la semaine dernière. Citée par l’AFP, elle annonça que : “La prochaine étape doit être une résolution en vertu du Chapitre VII, qui autorise l’utilisation de tous les moyens légitimes, les moyens coercitifs, l’embargo sur les armes, ainsi que l’usage de la force pour obliger le régime à se conformer.”
Cette déclaration s’est traduite par le titre suivant “Les Syriens demandent l’aide des casques bleus armés” (Australie Herald Sun). Lorsqu’une action militaire internationale de grande envergure est demandée, il semble raisonnable de se demander: qui la réclame exactement ? Nous pouvons dire, tout simplement, “un porte-parole officiel du CNS”. Ou bien, nous pouvons regarder d’un peu plus près.
Cette année, ce fût sa deuxième participation à la réunion du Groupe Bilderberg. Lors de la conférence 2008, Kodmani a été répertoriée dans la liste des français; en 2012, ceci avait disparu et fût inscrite dans la liste des “internationaux” – son pays natal était alors devenu le monde des relations internationales.
En 2005, Kodmani a travaillé pour la Fondation Ford au Caire, où elle a été directrice de sa gouvernance et du programme sur la coopération internationale. La Fondation Ford est une vaste organisation, dont le siège est à New York, et où Kodmani était déjà assez haut placée.
En Février 2005, les relations entre les États-Unis et la Syrie se sont effondrées, et le président Bush a rappelé son ambassadeur à Damas. Un grand nombre de projets de l’opposition datent de cette période. “L’argent des États-Unis pour les figures de l’opposition syrienne a commencé à couler sous la présidence de George W. Bush après qu’il ait effectivement gelé les relations politiques avec Damas en 2005″, explique le Washington Post.
En Septembre 2005, Kodmani a été nommée directrice exécutive de l’Initiative de Réforme Arabe (IRA) – un programme de recherche initié à l’origine par le puissant lobby américain lobby, le Council on Foreign Relations (CFR).
Le CFR est un think tank élitiste ayant pour but d’analyser la politique étrangère américaine et la situation politique mondiale, et l’Initiative de Réforme Arabe est décrit sur son site Internet comme un “projet du CFR”. Plus précisément, l’IRA a été initiée par un groupe au sein du CFR, le “US/Middle East Project” – un corps de diplomates de haut rang, d’officiers du renseignement et de financiers, dont l’objectif déclaré est “l’analyse politique” “pour prévenir les conflits et promouvoir la stabilité “. Le “US/Middle East Project” poursuit ses objectifs sous la direction d’un conseil international présidé par le général à la retraité, Brent Scowcroft.
Brent Scowcroft (président émérite) est un ancien conseiller à la sécurité nationale du président des États-Unis – il remplaça Henry Kissinger. Aux côtés de Brent Scowcroft au conseil international, son compatriote géostratège, Zbigniew Brzezinski, qui lui succéda en tant que conseiller à la sécurité nationale, et M. Peter Sutherland, le président de Goldman Sachs International. Ainsi, dès 2005, nous avons toute une direction d’anciens conseillers occidentaux du renseignement, ainsi que des établissements bancaires, qui ont choisi Kodmani pour exécuter un projet de recherche sur le Moyen-Orient. En Septembre 2005, Kodmani a été nommée directrice du programme à temps plein.
Auparavant, en 2005, le CFR attribué le “contrôle financier” du projet au Centre for European Reform (CER).
Le CER est supervisée par Lord Kerr, le vice-président du Royal Dutc Shell. Kerr est un ancien chef du service diplomatique et est un conseiller principal à Chatham House (un groupe de réflexion mettant en vedette les meilleurs cerveaux de l’establishment diplomatique britannique).
Le centre a été fondé en 1996 par Charles Grant, ancien rédacteur de la section “défense” du magazine The Economist et il est également un membre du Conseil européen des relations étrangères, un “think tank paneuropéen” conçu par des diplomates, des industriels, des professeurs et des premiers ministres. Sur sa liste des membres, vous trouverez : Bassma Kodmani, (France / Syrie) – Directrice exécutive – Arab Reform Initiative”.
Un autre personnage clé est sur la liste : George Soros – qui est le financier d’“Open Society Foundations”, la principale source de financement de l’ECFR. Les mondes de la banque, de la diplomatie, de l’industrie, du renseignement, les instituts des divers partis politiques et des fondations, forment un réseau étroitement lié, et au milieu de tout cela, il y a Kodmani.
Le fait est que Kodmani n’est pas une “militante pro-démocratie” qui se retrouve par hasard en face d’un microphone. Elle a d’irréprochables références en diplomatie internationale : elle occupe le poste de directrice de recherche à l’Académie Diplomatique Internationale – “une institution indépendante et neutre dédiée à la promotion de la diplomatie moderne”. L’Académie est dirigée par Jean-Claude Cousseran, ancien chef de la DGSE – les services de renseignement français.
Kodmani est en quelque sorte un fidèle lieutenant dans la promotion de l’industrie de la démocratie anglo-américaine. Sa “province d’origine” (selon le site Internet du CNS) est la région de Damas, mais elle garde d’étroites relations professionnelles avec précisément ces mêmes pouvoirs syriens dont elle demande le départ avec l’aide d’une intervention étrangère.
Et beaucoup de ses collègues portes-paroles sont tout aussi bien entourés.
Radwan Ziadeh
Un autre représentant du CNS souvent cité est Radwan Ziadeh – directeur des relations extérieures au sein du Conseil National Syrien. Ziadeh a un CV impressionnant : il est membre émérite d’un think tank financé par Washington, l’US Institute of Peace (le conseil d’administration de l’USIP est composé également d’anciens du département de la défense et du conseil national de sécurité. Son président est Richard Salomon, ancien conseiller de Kissinger au National Security Council).
En Février 2012, Ziadeh a rejoint un groupe d’élites, des faucons de Washington, pour signer une lettre demandant à Obama d’intervenir en Syrie : ses autres signataires incluent James Woolsey (ancien chef de la CIA), Karl Rove (conseiller de Bush Jr), Clifford May (Comité sur le Danger Présent) et Elizabeth Cheney, l’ancien chef du groupe des opérations du Pentagone pour l’Iran et la Syrie.
Ziadeh est un organisateur acharné, un initié de Washington de premier ordre, avec des liens vers quelques-uns des groupes de réflexion les plus puissants. Les liens de Ziadeh s’étendent jusqu’à Londres. En 2009, il est devenu un chercheur associé à Chatham House, et en Juin 2011, il reproduit sur un panneau au cours d’un de leurs événements “Envisager l’avenir politique de la Syrie” – partageant l’événement avec son compatriote porte-parole du CNS Ausama Monajed et un membre du CNS, Najib Ghadbian.
Ghadbian a été identifié par le Wall Street Journal comme un intermédiaire des débuts entre le gouvernement des États-Unis et l’opposition syrienne en exil: “Un premier contact entre la Maison Blanche et la FSN (Front de salut national) a été forgé par Najib Ghadbian, une université de Science Politique de l’Arkansas”. Ce fut en 2005.
Ces jours-ci, Ghadbian est un membre du secrétariat général du CNS, et est membre du conseil consultatif d’un corps politique, basé à Washington, appelé “Centre syrien pour les études politiques et stratégiques” (CSEPS) – une organisation co-fondée par Ziadeh.
Ziadeh a établi des liens de ce genre depuis des années. En 2008, Ziadeh a pris part à une réunion de personnalités de l’opposition dans un bâtiment du gouvernement des Etats-Unis, à Washington: une mini-conférence intitulée “La Syrie en transition”. La réunion a été co-parrainée par un organisme aux États-Unis appelé le “Conseil pour la Démocratie” (Democracy Council) et une organisation du Royaume-Uni appelée le “Mouvement pour la Justice et le Développement” (MJD). C’était un grand jour pour la MJD – leur président, Anas Al-Abdah, s’était rendu à Washington depuis la Grande-Bretagne pour l’événement, avec leur directeur des relations publiques. Vous pouvez lire ici sur le site du MJD une description de la journée: “La conférence a été un tournant exceptionnel puisque la salle allouée était bondée d’invités de la Chambre des représentants et du Sénat, des représentants des centres d’études, des journalistes et des expatriés syriens.”
La journée a débuté par un discours d’ouverture prononcé par James Prince, le chef du Conseil pour la Démocratie. Ziadeh appartenait à un groupe de travail présidé par Joshua Muravchik (l’auteur ultra-interventionniste de “Bomb Iran” en 2006). Le sujet était “L’émergence d’une opposition organisée”. Assis aux côtés de Ziadeh, le directeur des relations publiques de la MJD – un homme qui deviendra plus tard son compatriote porte-parole du CNS – Ausama Monajed.
Ausama Monajed
Avec Kodmani et Ziadeh, Ausama (ou parfois Oussama) Monajed est l’un des portes-paroles le plus important du CNS. Il y en a d’autres, bien sûr – le CNS est une grosse bête qui comprend également les Frères Musulmans.
L’opposition à Assad est vaste, mais celles-ci sont quelques-unes des voix clés de ce mouvement. Il existe d’autres portes-paroles officiels, avec de longues carrières politiques, comme George Sabra du parti démocrate populaire syrien. Sabra a été arrêté et emprisonné, alors qu’il luttait contre le “régime répressif et totalitaire en Syrie”. Et il y a d’autres voix de l’opposition en dehors du CNS, comme l’écrivain Michel Kilo, qui parle avec éloquence de la violence qui déchire son pays: “La Syrie est détruite, rue après rue, ville après ville, village après village. C’est ça la solution ? pour qu’un petit groupe de personnes demeurent au pouvoir, et que le pays tout entier soit détruit.”
Mais il ne fait aucun doute que l’organe principale de l’opposition du CNS est représenté (en particulier dans les pays anglo-saxons) par Kodmani, Ziadeh et Monajed. Monajed est fréquemment un commentateur sur les chaînes d’information. Ici, il est sur la BBC, parlant depuis ses bureaux de Washington. Monajed n’embellit pas son message: “Nous voyons des civils, des enfants qui se font tirer dessus et sont tués et des femmes se font violer sur les écrans de télévision tous les jours.”
Dans le même temps sur Al-Jazeera, Monajed s’exprime sur “ce qui se passe réellement, en réalité, sur le terrain” – sur “les miliciens d’Assad” qui “viennent violer leurs femmes, abattre leurs enfants, et tuer leurs aînés”.
On retrouve Monajed seulement quelques jours plus tard, en tant que blogueur sur Huffington Post du Royaume-Uni, où il explique: “Pourquoi le monde doit intervenir en Syrie” – appelant à “une assistance militaire directe” et à “une aide militaire étrangère”. Donc, une fois encore, la question qui serait légitime de se poser est : qui est ce porte-parole qui réclame une intervention militaire ?
Monajed est un membre du CNS, conseiller de son président, et selon sa biographie sur le site du CNS, “le fondateur et directeur du Barada Télévision”, un canal satellite pro-opposition basé à Vauxhall, au sud de Londres. En 2008, quelques mois après avoir assisté à la conférence sur la transition en Syrie, Monajed était de retour à Washington, invité à déjeuner avec George W. Bush, avec une poignée d’autres dissidents favorisés (vous pouvez voir Monajed sur la photo souvenir, troisième à partir de la droite, avec la cravate rouge, près de Condoleezza Rice – jusqu’à l’autre extrémité de Garry Kasparov).
A cette époque, en 2008, le département d’Etat américain connaissait Monajed comme “directeur des relations publiques pour le Mouvement pour la justice et le développement (MJD), qui mène la lutte pour un changement pacifique et démocratique en Syrie”.
Regardons de plus près la MJD. L’année dernière, le Washington Post récupéra une histoire de Wikileaks, qui avait publié une multitude de câbles diplomatiques. Ces câbles semblent montrer un flux important d’argent du département américain d’État vers le “Mouvement pour la justice et le développement” basé en Grande Bretagne. Selon le rapport du Washington Post: “Barada TV est étroitement affiliée au “Mouvement pour la justice et le développement”, un réseau basé à Londres, d’exilés syriens. Les câbles diplomatiques américains montrent que le département d’Etat a canalisé 6 millions de dollars pour le groupe depuis 2006, afin de faire fonctionner le canal satellite et financer d’autres activités à l’intérieur de la Syrie.”
Un porte-parole du département d’Etat a répondu à cette histoire en disant: “Tenter de promouvoir une transformation vers un processus plus démocratique dans cette société n’est pas nécessairement porter atteinte à l’actuel gouvernement.” Et ils ont raison, pas «nécessairement».
Lorsqu’on lui a demandé concernant l’argent du département d’État, Monajed dit lui-même qu’il “ne pouvait pas confirmer” le financement du département d’État américain pour Barada TV, mais il dit: “Je n’ai pas reçu un penny par moi-même”. Malik al-Abdeh, qui fût jusqu’à très récemment le rédacteur en chef de Barada TV, a insisté: “nous n’avons pas eu de relations directes avec le département d’État américain”. Notez bien le terme “direct”.
Malik al Abdeh se trouve également être l’un des fondateurs du “Mouvement pour la Justice et le Développement” et le destinataire des 6 millions de dollars du département d’État, selon l’information du câble. Et il est le frère du président, Anas Al-Abdah. Il est aussi le co-titulaire de la marque MJD : ce que Malik al Abdeh ne veux pas admettre, c’est que Barada TV obtient effectivement une grande partie de son financement d’un groupe américain à but non lucratif : le “Conseil pour la Démocratie”. L’un des co-sponsors (avec le MJD) des conférences pour la transition en Syrie. Ce que nous voyons donc en 2008, à cette même réunion, ce sont les leaders de ces organisations précisément identifiées par Wikileaks, dirigées par le “Conseil pour la Démocratie” et dont le destinataire (le MJD) reçoit de grandes quantités d’argent du département d’État.
Le Conseil pour la Démocratie, ce distributeur de subvention états-uniens, dresse la liste du département d’État comme l’une de ses sources de financement. Cela fonctionne de la façon suivante: le Conseil pour la Démocratie sert d’intermédiaire entre l’administration d’octroi de subventions du Département d’État “Middle East Partnership Initiative” et les “partenaires locaux” , comme Barada TV.
Comme le rapporte le Washington Post:
“Plusieurs câbles diplomatiques américains de l’ambassade à Damas révèlent que les exilés syriens ont reçu de l’argent à partir d’un programme du Département d’État appelé “Middle East Partnership Initiative”. Selon les câbles, le Département d’État canalisé de l’argent pour le groupe par l’intermédiaire du Conseil pour la Démocratie, un groupe à but non lucratif basé à Los Angeles.”
Le rapport met en évidence un câble datant de 2009, de l’ambassade des États-Unis en Syrie qui dit que le Conseil pour la Démocratie a reçu 6,3 millions $ du Département d’État pour exécuter un programme en Syrie lié à l’ “Initiative civile de renforcement de la société”. Le câble décrit cela comme “un effort de collaboration entre le discret Conseil pour la Démocratie et des partenaires locaux” visant à produire, entre autres choses, “des concepts de diffusion différentes.” Selon le Washington Post: “Les autres câbles indiquent clairement que l’un de ces concepts a été Barada TV.”
Jusqu’à il y a quelques mois, le Département d’État a supervisé le “Middle East Partnership Initiative” par Tamara Cofman Wittes (elle est maintenant à la Brookings Institution – un influent groupe de réflexion de Washington). A propos de MEPI, elle a déclaré qu’il “a créé un effet positif grâce aux efforts américains de promotion de la démocratie”. Tout en travaillant là, elle a déclaré: “Il y a beaucoup d’organisations en Syrie et dans d’autres pays qui cherchent à changer leur gouvernement … C’est un programme auquel nous croyons et que nous allons soutenir.” Et par soutien, elle pense financements.
L’argent
Ce n’est pas nouveau. Au début de 2006, le département d’État annonce la “possibilité d’un nouveau financement” appelé le “Programme pour la démocratie en Syrie“. L’offre représente une subvention d’une valeur de “5 millions de dollars durant l’exercice fédéral de 2006″. L’objectif de ces subventions ? “Accélérer le travail des réformateurs en Syrie.”
Désormais, l’argent circule plus vite que jamais. Au début de Juin 2012, le Forum des Affaires Syriennes a été lancé à Doha par les dirigeants de l’opposition, dont Wael Merza (secrétaire général du CNS). “Ce fonds a été créé pour soutenir toutes les composantes de la révolution en Syrie”, a déclaré Merza. La taille du fonds ? 300 millions de dollars. C’est loin d’être clair sur la provenance de cet argent, même si Merza “fait allusion à un soutien financier important de pays arabes du Golfe pour le nouveau fonds” (Al Jazeera). Lors du lancement, Merza a affirmé qu’environ 150 millions de dollars avaient déjà été dépensés, en partie par l’Armée Syrienne Libre (ASL).
Les hommes d’affaires syriens du groupe de Merza a fait une apparition lors d’une conférence du Forum Economique Mondial intitulé la “Plate-forme de coopération internationale”, tenue à Istanbul en Novembre 2011. Tout cela fait partie du processus par lequel le CNS a gagné en réputation, pour devenir, selon les mots de William Hague, “un représentant légitime du peuple syrien” – et capable, ouvertement, de gérer son financement.
Construire la légitimité – de l’opposition, de la représentation, de l’intervention – c’est la bataille essentielle de cette propagande.
Dans le journal USA Today, en Février 2012, l’ambassadeur Dennis Ross a déclaré: “Il est temps d’élever le statut du Conseil National syrien”. Ce qu’il voulait, de toute urgence, c’est “créer une aura d’inévitabilité concernant le CNS comme l’alternative à Assad.” L’aura d’inévitabilité. Gagner la bataille par l’urgence.
Un combattant clé dans cette bataille pour les cœurs et les esprits est le journaliste américain et blogueur du Daily Telegraph, Michael Weiss.
Michael Weiss
L’un des experts les plus largement cités en Occident sur la Syrie – et un passionné de l’intervention occidentale – est Michael Weiss. Pour lui, “l’intervention militaire en Syrie n’est pas tant une question de préférence qu’une fatalité.”
Certains des écrits interventionnistes de Weiss peuvent être trouvés sur les sites Web appelés “NOW Liban” et “NOW Syria”, qui est une source importante d’information mises à jour sur la Syrie. “NOW Liban” a été mis en place en 2007 par Saatchi & Saatchi, dirigé par Eli Khoury. Khoury a été décrit par le secteur de la publicité comme “spécialiste dans la communication stratégique, spécialisé dans l’image de marque de gouvernements et du développement des marques”.
Weiss, a raconté en Mai 2012, que grâce à l’afflux d’armes aux rebelles syriens “nous avons déjà commencé à voir des résultats.” Il a montré une approbation semblable sur cette approche militaire quelques mois plus tôt, dans le New Republic: “Ces dernières semaines, l’armée syrienne libre et d’autres brigades rebelles indépendantes ont fait de grands progrès” – la suite de quoi, il a présenté son “Plan d’action pour une intervention militaire en Syrie”.
Mais Weiss n’est pas seulement un blogueur. Il est aussi le directeur des communications et des relations publiques à la Société Henry Jackson, un groupe de réflexion ultra-(ultra-)belliciste en politique étrangère.
Le Henry Jackson Society a comme clientèle internationale: James Woolsey “ex-patron de la CIA” , Michael Chertoff , William Kristol du PNAC, Robert Kagan du PNAC, Joshua Muravchick, le monsieur “Bomb Iran”, et Richard Perle. La société est gérée par Alan Mendoza, conseiller en chef du groupe parlementaire sur la sécurité transatlantique et internationale.
La Henry Jackson Society est intransigeante sur sa “stratégie avancée” vers la démocratie. Et Weiss est en charge du message. La Henry Jackson Society est fière de l’importante influence de son chef : “Il est l’auteur du rapport d’influence d’intervention en Syrie. Une évaluation de la légalité, de la logistique et des risques “, qui a été réaffecté et approuvé par le Conseil National Syrien.
Le rapport initial de Weiss a été rebaptisé “Zone de sécurité pour la Syrie” – et s’est retrouvé sur le site officiel de syriancouncil.org, dans le cadre de la littérature stratégique de leur bureau militaire. La réorientation du rapport HJS a été entrepris par le fondateur et directeur exécutif de la recherche stratégique et du Centre de Communication (CSRC) – Ausama Monajed.
Ainsi, le fondateur de Barada TV, Ausama Monajed, a édité le rapport de Weiss, pour ensuite le publier au sein de sa propre organisation, pour ensuite être repris par le Conseil National Syrien, avec le soutien de la Société Henry Jackson.
Les liens ne pouvaient pas être plus proches. Monajed finit même par traiter des demandes pour des interviews à la presse “avec Michael Weiss”. Weiss n’est pas le seul à avoir esquissé une feuille de route à cette guerre (les groupes de réflexion ont bien évidemment beaucoup réfléchi à ces questions, dont de nombreux faucons), mais une grande partie de cette stratégie est de lui.
L’Observatoire Syrien pour les Droits de l’Homme
La justification pour “l’inévitable” intervention militaire est la sauvagerie du régime du président Assad : les atrocités, les bombardements, les violations des droits de l’homme. L’information est cruciale ici, et une source domine toutes les autres quant à la fourniture d’informations sur la Syrie. Elle est citée à chaque fois : “Le directeur de l’Observatoire Syrien pour les Droits de l’Homme (OSDH) a déclaré à la Voice Of America que les combats et les bombardements avaient tué au moins 12 personnes dans la province de Homs.”
L’OSDH est communément utilisé comme unique source pour d’informations et de bilans statistiques. Cette semaine, par exemple, l’AFP a publié cette dépêche : “Les forces syriennes ont bombardé les provinces d’Alep et de Deir Ezzor et au moins 35 personnes ont été tuées dimanche dans tout le pays, dont 17 civils, a annoncé un organisme d’observation.” Différentes atrocités ainsi que des chiffres de pertes sont énumérés, tous en provenance d’une seule source : “Rami Abdel Rahman, le directeur de l’Observatoire a déclaré par téléphone à l’AFP.”
Des statistiques plus horribles les unes que les autres émanent en nombre de “l’Observatoire Syrien pour les Droits de l’Homme” (AP). Il est difficile de trouver une information de la presse sur la Syrie qui ne le cite pas.
Alors, qui sont-ils ? “Ils” c’est Rami Abdelrahman (ou Rami Abdel Rahman), qui vit à Coventry.
Selon une dépêche de Reuters en Décembre 2011: “Lorsqu’il n’est pas entrain de répondre aux appels des médias internationaux, Abdulrahman est en bas de la rue dans son magasin de vêtements, qu’il dirige avec sa femme.”
Ce nom l’ “Observatoire Syrien des Droits de l’Homme”, est si grand, si inattaquable, et donc forcément, objectif. Et pourtant, quand Abdulrahman et son “ONG basée en Grande-Bretagne” (AFP / NOW Liban) sont la seule source d’information sur un sujet aussi important, il semblerait raisonnable d’être prudent avec cet organisme et les informations qu’il propage.
Hamza Fakher
La relation entre Ausama Monajed, le CNS, les faucons d’Henry Jackson et les médias peuvent être regardés à partir du cas Hamza Fakher. Le 1er Janvier 2012, Nick Cohen a écrit dans l’Observateur: “Pour saisir l’ampleur de la barbarie, écoutez Hamza Fakher, un militant pro-démocratie, qui est l’une des sources les plus fiables sur les crimes masquées par le régime avec l’interdiction de la presse.”
Il poursuit en racontant des histoires horribles de Fakher sur la torture et les assassinats en masse. Il raconte la technique de torture de la plaque chaude dont il a entendu parler: “Imaginez toute la chair fondante atteignant l’os avant que le détenu tombe sur la plaque”. Le lendemain, Shamik Das, écrit sur le blog progressiste Left Foot Forward, citant la même source: “Hamza Fakher, un militant pro-démocratie, décrit la réalité nauséabonde …” – et les atrocités racontées par Cohen sont répétées.
Alors, qui est exactement ce “militant pro-démocratie”, Hamza Fakher ?
Il s’avère que Fakher est le co-auteur de la “Révolution en péril”, un “Henry Jackson Society Strategic Briefing”, publié en Février 2012. Il a co-écrit ce document avec le directeur des communications de la Henry Jackson Society, Michael Weiss. Et quand il n’est pas co-auteur pour la Henry Jackson Society, Fakher est le responsable de la communication du Centre de recherche stratégique et de Communication (SRCC) basé à Londres. Selon leur site, “Il a rejoint le centre en 2011 et a été en charge de la stratégie de communication du centre et de ces produits.”
Pour rappel, le SRCC est géré par Ausama Monajed: “M. Monajed a fondé le centre en 2010. Il est largement cité et interviewé dans la presse internationale et les médias. Il a travaillé auparavant comme consultant en communication en Europe et aux États-Unis et servait autrefois … en tant que directeur de la télévision Barada … “.
Monajed est donc le patron de Fakher.
De plus, le conseil d’administration du Centre de recherche stratégique et de Communication est situé au bureau de Murhaf Jouejati, professeur à l’Université de Défense Nationale à Washington DC – “le premier centre pour l’enseignement militaire mixte professionnel (JPME)” qui est “sous la direction du Président, et des chefs d’état-major.”
Si vous envisagez de voyager pour voir Monajed au “Centre de recherche stratégique et de communication”, vous le trouverez ici: Centre de recherche stratégique et de communication, Office 36, 88-90 Hatton Garden, Holborn, Londres EC1N 8PN.
A cette adresse vous trouverez également le siège londonien de la Société Faux Tan, Supercar 4 U Limited, Moola (une “société de confiance des prêts”), Ultimate, et la London School of attraction – “une société de formation basée à Londres qui aide les hommes à acquérir les compétences et la confiance nécessaires pour rencontrer et attirer les femmes.” Et environ une centaine d’autres entreprises encore. Il s’agit en fait d’un bureau virtuel.
N’est-ce pas étrange ? Un “centre de communication” qui n’a même pas de véritable siège – un grand nom, mais sans substance physique.
N’oublions pas, quelle que soit la déstabilisation qui a été menée dans le domaine de l’information et de l’opinion publique. Et n’oublions pas, la déstabilisation qui a été entreprise dans le domaine de l’information et de l’opinion publique l’est encore plus sur le terrain. Nous savons déjà que (au minimum) ” la CIA et le Département d’Etat… aident l’Armée Syrienne Libre de l’opposition à développer des routes logistiques pour acheminer des fournitures à l’intérieur de la Syrie et donnent une formation dans le domaine des [télé]communications.”
Les soutes à bombes sont ouvertes. Les plans ont été préparés.
Ces choses étaient en préparation depuis longtemps. L’énorme énergie et la planification méticuleuse qui ont été investies dans ce changement de régime – c’est à vous couper le souffle. La force de persuasion et les entrées politiques des grandes fondations et des think tanks politiques sont considérables, mais l’examen des sources ne se contente pas de titres pompeux, de bourses de recherche et de “briefings de stratégie”. On doit demander : directeur exécutif de quoi exactement. Le fait d’avoir les mots “démocratie” ou “droits de l’homme” dans l’intitulé de votre job ne vaut pas dispense de ce contrôle.
Et si vous êtes un “responsable de la communication”, cela implique que vos paroles doivent être accueillies avec une prudence extrême. Weiss et Fakher, tous deux responsables de communication sont des professionnels des relations publiques. Lors de l’évènement de Chatham House en juin 2001, Monajed était inscrit en tant que “directeur de la communication de la National Initiative for Change” et il était directeur des relations publiques pour le Mouvement pour la Justice et le Développement (MJD). Le craéteuutr du site web d’informations NOW Lebanon, Eli Khoury, est un cadre publicitaire de Saatchi. Ces responsables de la communication travaillent dur pour créer ce que Tamara Witts appelait une [image de] “marque positive.”
Ils vendent l’idée d’une intervention militaire et d’un changement de régime, que la presse grand public est pressée d’acheter.
Beaucoup de “militants” et de porte-paroles de l’opposition syrienne sont étroitement liés (souvent financièrement) aux Etats Unis et à Londres : à ceux-là mêmes qui feraient l’intervention. Ce qui veut dire que les informations et les chiffres donnés par ces sources ne sont pas nécessairement de la pure information ; ce sont des arguments de vente dans une campagne de relations publiques.
Mais il n’est jamais trop tard pour poser des questions, pour examiner des sources. Poser des questions ne fait pas de vous un admirateur d’Assad ; c’est un argument spécieux. Cela vous rend seulement moins susceptible d’être induit en erreur par la propagande.
La bonne nouvelle, c’est qu’il nait un sceptique par minute.
Un grand merci à Charlie Skelton.
Source : Reuters / PNAC / Henry Jackson Society / The New Republic / NOW Lebanon / Syria Democracy Program / The Democracy Council / Trademarken / State.gov / White House (G.W.Bush) / Huffington Post / Al-Jazeera / BBC / Movement for Justice and Development (MJD) / Syrian Center for Political and Strategic Studies / Wall Stree Journal /Chatman House /The Cable /Conseil National Syrien / ECFR / CER / Wikipedia / US/Middle East Project / CFR / The Washington Post / Ford Foundation / Herald Sun / AFP / The Telegraph / The Guardian »
Vu sur « Le journal du siècle« .
http://www.contre-info.com
Re: Les preuves du complot contre la Syrie
Un prêtre Syrien adresse une lettre à Hollande.

Un prêtre syrien écrit à Hollande
« Je nourrissais le vague espoir de voir définitivement tournée, la politique de cirque de votre burlesque prédécesseur. À vous écouter, je me suis rapidement surpris à m’interroger sur le bienfondé de mon attente. Il m’a fallu vite déchanter. Je restais ébahi devant votre visage bon enfant, pendant que vous vous permettiez de prononcer des jugements péremptoires, sur tout et sur tous, sans la moindre nuance, ni hésitation.
Mais quand je vous ai entendu parler de la Syrie et de son président, j’ai bien cru entendre la voix même des Maîtres qui vous ont juché sur ce premier poste de France, dans l’unique but de mener à bien le projet de destruction de la Syrie, que votre prédécesseur a été incapable de conduire jusqu’au bout.
Pour une première à la Télévision, c’en était bien une ! Je vous attends de pied ferme, lors des tout proches désenchantements des français. Pour ma part, vieux connaisseur de la France et des français, je me suis surpris à me dire : quelle dégringolade, depuis le départ du Général de Gaulle !
Mr le Président, Avant de poursuivre, il est une coïncidence historique que je me dois de vous signaler, et que vous ignoriez sans aucun doute. Sinon vous auriez évité de vous laisser interviewer, un 29 Mai ! En effet, il est un autre 29 Mai, au cours duquel la France s’est misérablement déshonorée.
C’était en 1945. En ce jour même, la France «MANDATAIRE», s’est permis de bombarder le Parlement Syrien à Damas, pour, ensuite, laisser ses soldats noirs, assassiner les 29 gendarmes, en poste, dans ce haut-lieu de la démocratie. Le saviez-vous ?
Mr le Président, N’est-il pas temps, pour la France, et, donc, pour vous-même, de réfléchir pour de bon sur cette ignoble politique qui, depuis 1916, année des accords aussi secrets que honteux, appelés depuis «Accords Sykes-Picot», la conduit sur les ordres du Sionisme, à détruire la Syrie et le Monde Arabe ? N’y avait-il de clairvoyant et de noble, dans toute la France d’alors, que Mr Aristide Briand, ministre des Affaires étrangères, pour avoir donné à votre Consul Général à Beyrouth, Mr Georges Picot, en date du 2 Novembre 1915, en prévision de ces accords, cette consigne claire et perspicace : «Que la Syrie ne soit pas un pays étriqué… Il lui faut une large frontière, faisant d’elle une dépendance pouvant se suffire à elle-même» ?
Pour une Syrie «se suffisant à elle-même», et telle que l’avait, déjà, tracée, en 1910, une carte géographique émanant de ce même ministère des Affaires étrangères, vous devez savoir ce qu’il en fut, après qu’elle fût amputée, au Nord-Ouest de la Cilicie, au Nord-Est de la région de Mardine, dans ce qui est l’Irak actuel, de Mossoul, à l’Ouest du Liban, au Sud de la Jordanie et de la Palestine, pour être décapitée, en 1939, d’Antioche et du golfe d’Alexandrette, offerts en cadeaux à la Turquie !
[...]
Mr le Président, Il est aussi une question capitale, que je me dois, en tant que citoyen arabe de Syrie, de vous poser, ainsi qu’à tous les «leaders» occidentaux : «Pourquoi vous faut-il systématiquement assassiner les peuples arabes et musulmans ?»
Vous l’avez déjà fait en dressant, entre 1980-90, l’Irak contre l’Iran, cet Irak, dont le malheureux Saddam Houssein se faisait traiter de «Grand ami», tant par Donald Rumsfeld que par Jacques Chirac ! Ce fut aussitôt après, le guet-apens du Koweït, entraînant la guerre contre l’Irak, suivi d’un blocus de (13) ans, qui a causé à lui seul, d’après les rapports américains mêmes, la mort de 1.500.000 enfants irakiens ! Ce fut ensuite la chevaleresque «guerre contre le terrorisme»… en Afghanistan ! Aussitôt suivie d’une nouvelle guerre contre l’Irak.
Quant à l’immortelle épopée de l’OTAN, en Lybie, conduite par «le général-philosophe», Bernard Henri Lévy, elle vint, à nouveau, compléter ces horreurs, sous prétexte de protection des droits de l’homme ! Et voici que, depuis 15 mois, tout l’Occident s’acharne contre la Syrie, oubliant une infinité de problèmes très graves, à commencer par le Conflit israélo-arabe, qui menacent, réellement, la survie de l’humanité !
Or, toutes ces tragiques politiques occidentales, vous les pratiquez sans honte et sans vergogne, sous couvert de tous les mensonges, de toutes les duplicités, de toutes les lâchetés, de toutes les contorsions aux Lois et Conventions Internationales. Vous y avez en outre engagé ces Instances Internationales, que sont les Nations-Unies, le Conseil de Sécurité et le Conseil des droits de l’homme, alors qu’elles n’ont existé que pour régir le monde entier vers plus de justice et de paix !
Seriez-vous donc, en Occident, en train de nourrir l’espoir stupide de mettre fin de cette façon à l’Islam ? Vos savants et vos chercheurs ne vous ont-ils pas fait comprendre que vous ne faites que provoquer un Islam outrancier, que vous vous obstinez d’ailleurs à financer, à armer et à lâcher avec nombre de vos officiers, un peu partout dans les pays arabes, et surtout en Syrie ? Ne vous rendez-vous pas compte que ce faux Islam se retournera, tôt ou tard, contre vous, au coeur de vos capitales, villes et campagnes ?
Pour tout cela, laissez-moi vous rappeler, moi simple citoyen de Syrie, que cet Islam que vous armez et dressez contre le Monde Arabe, en général, et la Syrie, en particulier, n’a rien à voir avec le véritable Islam, celui-là même que la Syrie a connu, lors de la Conquête arabe, ainsi que l’Égypte et, enfin, l’Espagne. Faut-il vous rappeler que les historiens occidentaux, dont des historiens juifs, ont dû reconnaître que l’Islam conquérant s’est révélé être le plus tolérant des conquérants ?
Ou ne seriez-vous, leaders occidentaux, dans vos différents pays, repus d’opulence et de «grandeur», que les vils exécuteurs des projets sionistes, depuis ces fameux Accords Sykes-Picot, et l’ignominieuse «Promesse Balfour», jusqu’à ce jour, et pour longtemps, semble-t-il, toujours empressés d’apporter à Israël, tous les soutiens possibles, connus et secrets, à tous les niveaux, aussi bien politiques et diplomatiques, que militaires, financiers et médiatiques ?
Oui, pourquoi vous faut-il assassiner et détruire des peuples entiers, pour qu’ISRAËL, SEUL, puisse enfin vivre et survivre ? Est-ce de la sorte que vous cherchez à réparer votre terrible complexe de culpabilité vis-àvis des juifs, dû à un antisémitisme plus que millénaire et proprement occidental ? Vous faut-il le faire au prix de l’existence même de ces peuples arabes et musulmans, au milieu desquels les juifs avaient mené une vie quasi normale, faite de cordialité, voire, de riche collaboration ?
Si mes interrogations vous paraissent exagérées ou outrancières, permettez-moi de vous prier de lire ce qu’ont écrit sur l’emprise du Sionisme aux États-Unis, des hommes comme John Kennedy et Jimmy Carter, et des chercheurs courageux et connus, comme Paul Findley, Robert Dole, David Duke, Edward Tivnan, John Meirsheimer, Stephen Walt, Franklin Lamb, et surtout Noam Chomsky.
Pour ce qui concerne l’emprise du Sionisme en Europe, je m’en tiens aujourd’hui à la France seule. Vu la responsabilité qui est la vôtre, vous est-il permis d’oublier ou d’ignorer ce qu’ont, si courageusement, écrit : Roger Garaudy, Emile Vlajki, Pierre Leconte, Régis Debray, et surtout les juifs Michel Warshawsky, Stéphane Hessel, Serge Grossvak et le Professeur André Noushi ?
Si par impossible, tous ces noms ne vous disaient rien, laissez-moi vous rappeler quelques noms si connus en Israël même, qu’il serait malhonnête de les ignorer et d’ignorer ce qu’ils ont osé dire depuis quarante, voire, cinquante ans, et certains bien avant la «création» d’Israël : Martin Buber, Albert Einstein, Yshayahou Leibowitz, Israël Shahak, Susan Nathan, Tanya Rheinhart.
Pour finir, laissez-moi vous rappeler un texte trop connu pour passer inaperçu. Il date du mois de février 1982. À lui seul, il constitue et condense l’implacable dictat sioniste, imposé depuis des dizaines d’années, à toute la politique occidentale. Il a paru dans la revue sioniste «KIVOUNIM», publiée à Jérusalem. Il s’agit d’un article intitulé « Stratégie d’Israël dans les années 1980″, et il porte la signature de Mr Oded Yinon. Je me contente d’en citer un seul paragraphe, reproduit (p.62) dans un livre récent, intitulé «Quand la Syrie s’éveillera…», paru, à Paris, chez Perrin, en 2011. Ses auteurs sont Richard Labévière et Talal El-Atrache. On y lit textuellement :
«La décomposition du Liban en cinq provinces, préfigure le sort qui attend le monde arabe tout entier, y compris l’Égypte, la Syrie, l’Irak et toute la péninsule Arabe. Au Liban, c’est un fait accompli. La désintégration de la Syrie et de l’Irak en provinces ethniquement ou religieusement homogènes, comme au Liban, est l’objectif prioritaire d’Israël, à long terme, sur son front est ; à court terme, l’objectif est la dissolution militaire de ces États. La Syrie va se diviser en plusieurs États, suivant les communautés ethniques, de telle sorte que la côte deviendra un État alaouite chi’ite ; la région d’Alep un État sunnite ; à Damas, un autre État sunnite hostile à son voisin du nord ; les druzes constitueront leur propre État, qui s’étendra sur notre Golan peut-être, et en tout cas dans le Hourân et en Jordanie du Nord. Cet État garantira la paix et la sécurité dans la région, à long terme : c’est un objectif qui est maintenant à notre portée».
[...]
Mr le Président, Pour finir, laissez-moi vous prier vivement de chercher à vous rendre personnellement compte, de tout ce dossier, et à mesurer la responsabilité que vous y assumez, avant qu’il ne soit trop tard.
Un ami, prêtre français, fin connaisseur de la Syrie, le Père Jean-Paul Devedeux, vient de vous écrire en ce jour même. Sa lettre est une invitation pressante qu’il vous adresse, pour une meilleure connaissance des Arabes, en général, et de la Syrie, en particulier. L’enjeu est de taille.
Veuillez, donc, vous libérer du «rôle» que vous êtes en droit de rechercher, et, surtout, de celui que l’on cherche, immanquablement, à vous imposer.
La Syrie, « seconde patrie de tout homme civilisé » comme l’a si bien dit votre grand savant «André Parot», et terreau de toutes les civilisations, mérite une visite. Elle ne manquera pas de vous étonner, et même de vous captiver. Ayez le courage de la connaître de près. Vous en reviendrez porteur d’un projet de politique nouvelle, clairvoyante et juste, faite d’équilibre humain, qui repose sur les droits et devoirs de TOUS, à l’égard de TOUS ! La vie, la liberté et la dignité sont, pour TOUS !
Nouveau Président de la France, Je vous souhaite d’en prendre l’initiative. Vous n’y serez pas perdant autant que vous l’êtes, en ce moment, et moins que vous le serez demain, si vous vous défilez !
Mr le Président, En vous confiant cet espoir, je vous dis mon respect.
Pr. Elias ZAHLAOUI Église Notre-Dame de Damas Koussour – Damas
http://networkedblogs.com/A03qu

Un prêtre syrien écrit à Hollande
« Je nourrissais le vague espoir de voir définitivement tournée, la politique de cirque de votre burlesque prédécesseur. À vous écouter, je me suis rapidement surpris à m’interroger sur le bienfondé de mon attente. Il m’a fallu vite déchanter. Je restais ébahi devant votre visage bon enfant, pendant que vous vous permettiez de prononcer des jugements péremptoires, sur tout et sur tous, sans la moindre nuance, ni hésitation.
Mais quand je vous ai entendu parler de la Syrie et de son président, j’ai bien cru entendre la voix même des Maîtres qui vous ont juché sur ce premier poste de France, dans l’unique but de mener à bien le projet de destruction de la Syrie, que votre prédécesseur a été incapable de conduire jusqu’au bout.
Pour une première à la Télévision, c’en était bien une ! Je vous attends de pied ferme, lors des tout proches désenchantements des français. Pour ma part, vieux connaisseur de la France et des français, je me suis surpris à me dire : quelle dégringolade, depuis le départ du Général de Gaulle !
Mr le Président, Avant de poursuivre, il est une coïncidence historique que je me dois de vous signaler, et que vous ignoriez sans aucun doute. Sinon vous auriez évité de vous laisser interviewer, un 29 Mai ! En effet, il est un autre 29 Mai, au cours duquel la France s’est misérablement déshonorée.
C’était en 1945. En ce jour même, la France «MANDATAIRE», s’est permis de bombarder le Parlement Syrien à Damas, pour, ensuite, laisser ses soldats noirs, assassiner les 29 gendarmes, en poste, dans ce haut-lieu de la démocratie. Le saviez-vous ?
Mr le Président, N’est-il pas temps, pour la France, et, donc, pour vous-même, de réfléchir pour de bon sur cette ignoble politique qui, depuis 1916, année des accords aussi secrets que honteux, appelés depuis «Accords Sykes-Picot», la conduit sur les ordres du Sionisme, à détruire la Syrie et le Monde Arabe ? N’y avait-il de clairvoyant et de noble, dans toute la France d’alors, que Mr Aristide Briand, ministre des Affaires étrangères, pour avoir donné à votre Consul Général à Beyrouth, Mr Georges Picot, en date du 2 Novembre 1915, en prévision de ces accords, cette consigne claire et perspicace : «Que la Syrie ne soit pas un pays étriqué… Il lui faut une large frontière, faisant d’elle une dépendance pouvant se suffire à elle-même» ?
Pour une Syrie «se suffisant à elle-même», et telle que l’avait, déjà, tracée, en 1910, une carte géographique émanant de ce même ministère des Affaires étrangères, vous devez savoir ce qu’il en fut, après qu’elle fût amputée, au Nord-Ouest de la Cilicie, au Nord-Est de la région de Mardine, dans ce qui est l’Irak actuel, de Mossoul, à l’Ouest du Liban, au Sud de la Jordanie et de la Palestine, pour être décapitée, en 1939, d’Antioche et du golfe d’Alexandrette, offerts en cadeaux à la Turquie !
[...]
Mr le Président, Il est aussi une question capitale, que je me dois, en tant que citoyen arabe de Syrie, de vous poser, ainsi qu’à tous les «leaders» occidentaux : «Pourquoi vous faut-il systématiquement assassiner les peuples arabes et musulmans ?»
Vous l’avez déjà fait en dressant, entre 1980-90, l’Irak contre l’Iran, cet Irak, dont le malheureux Saddam Houssein se faisait traiter de «Grand ami», tant par Donald Rumsfeld que par Jacques Chirac ! Ce fut aussitôt après, le guet-apens du Koweït, entraînant la guerre contre l’Irak, suivi d’un blocus de (13) ans, qui a causé à lui seul, d’après les rapports américains mêmes, la mort de 1.500.000 enfants irakiens ! Ce fut ensuite la chevaleresque «guerre contre le terrorisme»… en Afghanistan ! Aussitôt suivie d’une nouvelle guerre contre l’Irak.
Quant à l’immortelle épopée de l’OTAN, en Lybie, conduite par «le général-philosophe», Bernard Henri Lévy, elle vint, à nouveau, compléter ces horreurs, sous prétexte de protection des droits de l’homme ! Et voici que, depuis 15 mois, tout l’Occident s’acharne contre la Syrie, oubliant une infinité de problèmes très graves, à commencer par le Conflit israélo-arabe, qui menacent, réellement, la survie de l’humanité !
Or, toutes ces tragiques politiques occidentales, vous les pratiquez sans honte et sans vergogne, sous couvert de tous les mensonges, de toutes les duplicités, de toutes les lâchetés, de toutes les contorsions aux Lois et Conventions Internationales. Vous y avez en outre engagé ces Instances Internationales, que sont les Nations-Unies, le Conseil de Sécurité et le Conseil des droits de l’homme, alors qu’elles n’ont existé que pour régir le monde entier vers plus de justice et de paix !
Seriez-vous donc, en Occident, en train de nourrir l’espoir stupide de mettre fin de cette façon à l’Islam ? Vos savants et vos chercheurs ne vous ont-ils pas fait comprendre que vous ne faites que provoquer un Islam outrancier, que vous vous obstinez d’ailleurs à financer, à armer et à lâcher avec nombre de vos officiers, un peu partout dans les pays arabes, et surtout en Syrie ? Ne vous rendez-vous pas compte que ce faux Islam se retournera, tôt ou tard, contre vous, au coeur de vos capitales, villes et campagnes ?
Pour tout cela, laissez-moi vous rappeler, moi simple citoyen de Syrie, que cet Islam que vous armez et dressez contre le Monde Arabe, en général, et la Syrie, en particulier, n’a rien à voir avec le véritable Islam, celui-là même que la Syrie a connu, lors de la Conquête arabe, ainsi que l’Égypte et, enfin, l’Espagne. Faut-il vous rappeler que les historiens occidentaux, dont des historiens juifs, ont dû reconnaître que l’Islam conquérant s’est révélé être le plus tolérant des conquérants ?
Ou ne seriez-vous, leaders occidentaux, dans vos différents pays, repus d’opulence et de «grandeur», que les vils exécuteurs des projets sionistes, depuis ces fameux Accords Sykes-Picot, et l’ignominieuse «Promesse Balfour», jusqu’à ce jour, et pour longtemps, semble-t-il, toujours empressés d’apporter à Israël, tous les soutiens possibles, connus et secrets, à tous les niveaux, aussi bien politiques et diplomatiques, que militaires, financiers et médiatiques ?
Oui, pourquoi vous faut-il assassiner et détruire des peuples entiers, pour qu’ISRAËL, SEUL, puisse enfin vivre et survivre ? Est-ce de la sorte que vous cherchez à réparer votre terrible complexe de culpabilité vis-àvis des juifs, dû à un antisémitisme plus que millénaire et proprement occidental ? Vous faut-il le faire au prix de l’existence même de ces peuples arabes et musulmans, au milieu desquels les juifs avaient mené une vie quasi normale, faite de cordialité, voire, de riche collaboration ?
Si mes interrogations vous paraissent exagérées ou outrancières, permettez-moi de vous prier de lire ce qu’ont écrit sur l’emprise du Sionisme aux États-Unis, des hommes comme John Kennedy et Jimmy Carter, et des chercheurs courageux et connus, comme Paul Findley, Robert Dole, David Duke, Edward Tivnan, John Meirsheimer, Stephen Walt, Franklin Lamb, et surtout Noam Chomsky.
Pour ce qui concerne l’emprise du Sionisme en Europe, je m’en tiens aujourd’hui à la France seule. Vu la responsabilité qui est la vôtre, vous est-il permis d’oublier ou d’ignorer ce qu’ont, si courageusement, écrit : Roger Garaudy, Emile Vlajki, Pierre Leconte, Régis Debray, et surtout les juifs Michel Warshawsky, Stéphane Hessel, Serge Grossvak et le Professeur André Noushi ?
Si par impossible, tous ces noms ne vous disaient rien, laissez-moi vous rappeler quelques noms si connus en Israël même, qu’il serait malhonnête de les ignorer et d’ignorer ce qu’ils ont osé dire depuis quarante, voire, cinquante ans, et certains bien avant la «création» d’Israël : Martin Buber, Albert Einstein, Yshayahou Leibowitz, Israël Shahak, Susan Nathan, Tanya Rheinhart.
Pour finir, laissez-moi vous rappeler un texte trop connu pour passer inaperçu. Il date du mois de février 1982. À lui seul, il constitue et condense l’implacable dictat sioniste, imposé depuis des dizaines d’années, à toute la politique occidentale. Il a paru dans la revue sioniste «KIVOUNIM», publiée à Jérusalem. Il s’agit d’un article intitulé « Stratégie d’Israël dans les années 1980″, et il porte la signature de Mr Oded Yinon. Je me contente d’en citer un seul paragraphe, reproduit (p.62) dans un livre récent, intitulé «Quand la Syrie s’éveillera…», paru, à Paris, chez Perrin, en 2011. Ses auteurs sont Richard Labévière et Talal El-Atrache. On y lit textuellement :
«La décomposition du Liban en cinq provinces, préfigure le sort qui attend le monde arabe tout entier, y compris l’Égypte, la Syrie, l’Irak et toute la péninsule Arabe. Au Liban, c’est un fait accompli. La désintégration de la Syrie et de l’Irak en provinces ethniquement ou religieusement homogènes, comme au Liban, est l’objectif prioritaire d’Israël, à long terme, sur son front est ; à court terme, l’objectif est la dissolution militaire de ces États. La Syrie va se diviser en plusieurs États, suivant les communautés ethniques, de telle sorte que la côte deviendra un État alaouite chi’ite ; la région d’Alep un État sunnite ; à Damas, un autre État sunnite hostile à son voisin du nord ; les druzes constitueront leur propre État, qui s’étendra sur notre Golan peut-être, et en tout cas dans le Hourân et en Jordanie du Nord. Cet État garantira la paix et la sécurité dans la région, à long terme : c’est un objectif qui est maintenant à notre portée».
[...]
Mr le Président, Pour finir, laissez-moi vous prier vivement de chercher à vous rendre personnellement compte, de tout ce dossier, et à mesurer la responsabilité que vous y assumez, avant qu’il ne soit trop tard.
Un ami, prêtre français, fin connaisseur de la Syrie, le Père Jean-Paul Devedeux, vient de vous écrire en ce jour même. Sa lettre est une invitation pressante qu’il vous adresse, pour une meilleure connaissance des Arabes, en général, et de la Syrie, en particulier. L’enjeu est de taille.
Veuillez, donc, vous libérer du «rôle» que vous êtes en droit de rechercher, et, surtout, de celui que l’on cherche, immanquablement, à vous imposer.
La Syrie, « seconde patrie de tout homme civilisé » comme l’a si bien dit votre grand savant «André Parot», et terreau de toutes les civilisations, mérite une visite. Elle ne manquera pas de vous étonner, et même de vous captiver. Ayez le courage de la connaître de près. Vous en reviendrez porteur d’un projet de politique nouvelle, clairvoyante et juste, faite d’équilibre humain, qui repose sur les droits et devoirs de TOUS, à l’égard de TOUS ! La vie, la liberté et la dignité sont, pour TOUS !
Nouveau Président de la France, Je vous souhaite d’en prendre l’initiative. Vous n’y serez pas perdant autant que vous l’êtes, en ce moment, et moins que vous le serez demain, si vous vous défilez !
Mr le Président, En vous confiant cet espoir, je vous dis mon respect.
Pr. Elias ZAHLAOUI Église Notre-Dame de Damas Koussour – Damas
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Je chante pour mon vallon en souhaitant que dans chaque vallon un coq en fasse autant.( Edmond Rostand)


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Re: Les preuves du complot contre la Syrie
Syrie : Les images que les médias ne vous montrerons pas.
Alors que l’on nous parle tous les jours des (bien souvent fausses) atrocités commises par le régime syrien, que l’on nous montre les rebelles, en oubliant de préciser qu’il n’ont rien de syrien mais sont en réalité des mercenaires étrangers; nos médias s’abstiennent de nous montrer les images des supporters de l’actuel régime syrien.
Sur ces images on peut voir des millions de Syriens de toutes confessions rassemblés et unis autour de leur président en soutien à leur patrie.
http://www.youtube.com/watch?v=vKnrb4O4 ... r_embedded
http://fr.altermedia.info/
Alors que l’on nous parle tous les jours des (bien souvent fausses) atrocités commises par le régime syrien, que l’on nous montre les rebelles, en oubliant de préciser qu’il n’ont rien de syrien mais sont en réalité des mercenaires étrangers; nos médias s’abstiennent de nous montrer les images des supporters de l’actuel régime syrien.
Sur ces images on peut voir des millions de Syriens de toutes confessions rassemblés et unis autour de leur président en soutien à leur patrie.
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Re: Les preuves du complot contre la Syrie
Alep et les enjeux de la lutte anti-impérialiste
L’issue de la bataille d’Alep ne fait guère de doute. L’importance de cette ville industrielle et commerçante, non loin de la frontière turque, explique que son contrôle est vital. La Syrie est conservée par là, plus que par Damas. C’est sa faiblesse et sa force. Bachar El Assad n’ignore pas, en outre, qu’il n’est guère de possibilités pour lui et les troupes loyalistes, contrairement aux mercenaires islamiques, de se retirer et se réfugier dans un arrière pays, un espace où reprendre un second souffle. Le fait d’être cerné par des pays hostiles, dont certains, comme Israël et la Turquie, sont des ennemis déclarés, ne donne guère le choix : vaincre ou mourir est le seul dilemme qui se pose à de nombreux syriens, alaouites, chrétiens, chiites etc., tous ceux enfin qui ont tout à perdre, liberté, dignité et même la vie si les fanatiques djihadistes, salafistes et terroristes d’Al Kaïda, l’emportent. Ce ne serait même pas la valise ou le cercueil, mais une tuerie sans mesure, et un étouffement brutal de toutes les libertés de mœurs, de la coexistence pacifique entre les communautés, que l’Etat républicain baasiste syrien avait réussi à maintenir, malgré la montée de l’islamisme fondamentaliste.
La comparaison avec le sort tragique de la Libye s’impose. D’un côté, les forces nationales d’un pays récalcitrant ont été défaites par une armada disproportionnées. La maîtrise du ciel a été déterminante. L’adoption par les Nations Unies de la résolution 1973, qui permettait la constitution d’une « zone d’exclusion aérienne », a donné le prétexte machiavélique aux alliés de l’Amérique, France et Grande Bretagne, qui, en même temps que l’honneur, on abdiqué leur indépendance, de détruire les défenses aériennes et terrestres des forces du colonel Kadhafi. Qui contrôle le ciel contrôle la terre.
Or, c’est bien l’armée républicaine syrienne qui est maîtresse de son propre espace aérien. Ce facteur déterminant est, bien sûr, la conséquence des vetos russes et chinois, qui ont bloqué toutes les velléités d’intervention des américano-sionistes et de leurs alliés. Les chancelleries, relayées par le chœur des pleureuses journalistiques, ont eu beau déclamé leur indignation dans le style bouffon qui est désormais le leur, mélange de rhétorique mélodramatique et de cris hystériques qu’on ne trouve guère que dans les zoos, personne n’a eu la présence d’esprit, et pour cause, d’effectuer une comparaison avec les dizaines de résolutions relatives à la situation humanitaire catastrophique condamnant l’Etat d’Israël, accusé de spoliation de terres, d’apartheid, de crimes de guerre, etc. A notre souvenir, l’opération « Plomb fondu », au début 2008, n’avait pas non plus soulevé ces jérémiades hyperboliques, bien que des centaines d’enfants eussent été liquidés par les forces héroïques de Tsahal. Vérité en-deçà du Jourdain, mensonge au-delà ? L’on est bien obligé de constater que la plupart des « acteurs » et des « commentateurs », du moins ceux qu’on entend, ont choisi leur camp. Peut-être serait-il intéressant d’en chercher les raisons profondes…
Car un autre point de comparaison avec la situation libyenne est à souligner : c’est la sidérante et écrasante présence d’une propagande bétonnée dans le même ciment, qui saisit les cerveaux, quand bien même on voudrait garder quelque distance. Comme dans un concert où les décibels sont montés jusqu’à faire éclater les oreilles, on a lâché les bondes, ouvert grand les écluses, submergé les consciences et les cœurs. Ajoutées à cela les références aux mêmes sources grotesques et peu fiables, et cette répétition incessante et stéréophonique, stéréotypée et balisée, digne de 1984, qui fait passer la propagande des années 30 pour du travail d’amateur. Difficile, pour les citoyens peu soucieux de s’informer vraiment de se faire une idée adéquate de ce qui se passe vraiment. C’est là, à vrai dire, un phénomène, certes attendu, mais inquiétant, que de constater que nos sociétés prétendument instruites et éduquées, s’avèrent si crédules et perméables au bon gros mensonge étatique, peut-être davantage qu’il y a quelques dizaines d’années, où coexistaient des visions du monde différentes. La contestation contre la Guerre du Vietnam ne serait plus guère possible maintenant. Il faut se demander pourquoi si l’on envisage une lutte efficace contre le système, et élargir le champ de l’action en ne le cantonnant pas aux frontières nationales.
Quoi qu’il en soit, l’élément déterminant des évènements de l’année écoulée est l’émergence de plus en plus efficace d’une force de résistance à l’hégémonie américaine et sioniste à l’échelle planétaire. La Syrie est la porte de l’Asie, les Russes l’ont bien compris. Ils ont sans doute fait passer dans les pertes et profits le destin malheureux de la Libye, parce que cette bataille-là ne semblait pas pouvoir être gagnée. En revanche, on se félicitera non seulement de leur fermeté, mais aussi de la manière astucieuse, « professionnelle », fine et efficace avec laquelle ils ont accompagné ce qui constitue l’essentiel, à savoir le coup d’arrêt à la logique impérialiste dans la région. La diplomatie russe n’a pas perdu, contrairement à la nôtre, qui est un désastre et a oublié complètement des siècles d’expérience internationale, toute la maîtrise qui faisait sa force. Jouant avec des adversaires, il est vrai singulièrement abêtis par leur obsession et un pathos d’amateur, ils ont rusé avec eux comme avec des enfants. Peut-être seront-ils plus sages à l’avenir.
Enfin, il faut dire un mot de ceux qui applaudissent la liquidation de Mérah, et vilipendent un « régime odieux et tyrannique » qui ne fait que se défendre contre une agression terroriste d’obédience islamiste. Comment par exemple une Christine Tasin, et tous ses émules, peuvent-ils soutenir l’entité sioniste, qui, elle-même appuie des fondamentalistes islamistes, lesquels s’en prennent à la société française ? Il faudrait expliquer par quelle acrobatie on arrive à justifier une telle gymnastique, sachant au passage que des Français musulmans combattent au milieu des mercenaires djihadistes en Syrie.
Claude Bourrinet http://www.voxnr.com
L’issue de la bataille d’Alep ne fait guère de doute. L’importance de cette ville industrielle et commerçante, non loin de la frontière turque, explique que son contrôle est vital. La Syrie est conservée par là, plus que par Damas. C’est sa faiblesse et sa force. Bachar El Assad n’ignore pas, en outre, qu’il n’est guère de possibilités pour lui et les troupes loyalistes, contrairement aux mercenaires islamiques, de se retirer et se réfugier dans un arrière pays, un espace où reprendre un second souffle. Le fait d’être cerné par des pays hostiles, dont certains, comme Israël et la Turquie, sont des ennemis déclarés, ne donne guère le choix : vaincre ou mourir est le seul dilemme qui se pose à de nombreux syriens, alaouites, chrétiens, chiites etc., tous ceux enfin qui ont tout à perdre, liberté, dignité et même la vie si les fanatiques djihadistes, salafistes et terroristes d’Al Kaïda, l’emportent. Ce ne serait même pas la valise ou le cercueil, mais une tuerie sans mesure, et un étouffement brutal de toutes les libertés de mœurs, de la coexistence pacifique entre les communautés, que l’Etat républicain baasiste syrien avait réussi à maintenir, malgré la montée de l’islamisme fondamentaliste.
La comparaison avec le sort tragique de la Libye s’impose. D’un côté, les forces nationales d’un pays récalcitrant ont été défaites par une armada disproportionnées. La maîtrise du ciel a été déterminante. L’adoption par les Nations Unies de la résolution 1973, qui permettait la constitution d’une « zone d’exclusion aérienne », a donné le prétexte machiavélique aux alliés de l’Amérique, France et Grande Bretagne, qui, en même temps que l’honneur, on abdiqué leur indépendance, de détruire les défenses aériennes et terrestres des forces du colonel Kadhafi. Qui contrôle le ciel contrôle la terre.
Or, c’est bien l’armée républicaine syrienne qui est maîtresse de son propre espace aérien. Ce facteur déterminant est, bien sûr, la conséquence des vetos russes et chinois, qui ont bloqué toutes les velléités d’intervention des américano-sionistes et de leurs alliés. Les chancelleries, relayées par le chœur des pleureuses journalistiques, ont eu beau déclamé leur indignation dans le style bouffon qui est désormais le leur, mélange de rhétorique mélodramatique et de cris hystériques qu’on ne trouve guère que dans les zoos, personne n’a eu la présence d’esprit, et pour cause, d’effectuer une comparaison avec les dizaines de résolutions relatives à la situation humanitaire catastrophique condamnant l’Etat d’Israël, accusé de spoliation de terres, d’apartheid, de crimes de guerre, etc. A notre souvenir, l’opération « Plomb fondu », au début 2008, n’avait pas non plus soulevé ces jérémiades hyperboliques, bien que des centaines d’enfants eussent été liquidés par les forces héroïques de Tsahal. Vérité en-deçà du Jourdain, mensonge au-delà ? L’on est bien obligé de constater que la plupart des « acteurs » et des « commentateurs », du moins ceux qu’on entend, ont choisi leur camp. Peut-être serait-il intéressant d’en chercher les raisons profondes…
Car un autre point de comparaison avec la situation libyenne est à souligner : c’est la sidérante et écrasante présence d’une propagande bétonnée dans le même ciment, qui saisit les cerveaux, quand bien même on voudrait garder quelque distance. Comme dans un concert où les décibels sont montés jusqu’à faire éclater les oreilles, on a lâché les bondes, ouvert grand les écluses, submergé les consciences et les cœurs. Ajoutées à cela les références aux mêmes sources grotesques et peu fiables, et cette répétition incessante et stéréophonique, stéréotypée et balisée, digne de 1984, qui fait passer la propagande des années 30 pour du travail d’amateur. Difficile, pour les citoyens peu soucieux de s’informer vraiment de se faire une idée adéquate de ce qui se passe vraiment. C’est là, à vrai dire, un phénomène, certes attendu, mais inquiétant, que de constater que nos sociétés prétendument instruites et éduquées, s’avèrent si crédules et perméables au bon gros mensonge étatique, peut-être davantage qu’il y a quelques dizaines d’années, où coexistaient des visions du monde différentes. La contestation contre la Guerre du Vietnam ne serait plus guère possible maintenant. Il faut se demander pourquoi si l’on envisage une lutte efficace contre le système, et élargir le champ de l’action en ne le cantonnant pas aux frontières nationales.
Quoi qu’il en soit, l’élément déterminant des évènements de l’année écoulée est l’émergence de plus en plus efficace d’une force de résistance à l’hégémonie américaine et sioniste à l’échelle planétaire. La Syrie est la porte de l’Asie, les Russes l’ont bien compris. Ils ont sans doute fait passer dans les pertes et profits le destin malheureux de la Libye, parce que cette bataille-là ne semblait pas pouvoir être gagnée. En revanche, on se félicitera non seulement de leur fermeté, mais aussi de la manière astucieuse, « professionnelle », fine et efficace avec laquelle ils ont accompagné ce qui constitue l’essentiel, à savoir le coup d’arrêt à la logique impérialiste dans la région. La diplomatie russe n’a pas perdu, contrairement à la nôtre, qui est un désastre et a oublié complètement des siècles d’expérience internationale, toute la maîtrise qui faisait sa force. Jouant avec des adversaires, il est vrai singulièrement abêtis par leur obsession et un pathos d’amateur, ils ont rusé avec eux comme avec des enfants. Peut-être seront-ils plus sages à l’avenir.
Enfin, il faut dire un mot de ceux qui applaudissent la liquidation de Mérah, et vilipendent un « régime odieux et tyrannique » qui ne fait que se défendre contre une agression terroriste d’obédience islamiste. Comment par exemple une Christine Tasin, et tous ses émules, peuvent-ils soutenir l’entité sioniste, qui, elle-même appuie des fondamentalistes islamistes, lesquels s’en prennent à la société française ? Il faudrait expliquer par quelle acrobatie on arrive à justifier une telle gymnastique, sachant au passage que des Français musulmans combattent au milieu des mercenaires djihadistes en Syrie.
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Re: Les preuves du complot contre la Syrie
SCOOP SCANDALE : RMC Jean-Jacques Bourdin LA VERITE SUR LA SYRIE
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Re: Les preuves du complot contre la Syrie
La Syrie aurait éliminé Bandar ben Sultan en représailles de l’attentat de Damas
Bien que non annoncée par les autorités saoudiennes, la mort du prince Bandar ben Sultan ben Abdelaziz Al Saoud vient d’être confirmée au Réseau Voltaire de source officieuse.
Le prince Bandar venait d’être nommé chef des services secrets saoudiens, le 24 juillet. une promotion interprétée comme une récompense pour avoir organisé l’attentat du 18 juillet à Damas. Les services saoudiens, avec l’appui logistique de la CIA, étaient parvenus à faire exploser le siège de la Sécurité nationale syrienne lors d’une réunion de la cellule de crise : les généraux Assef Chaoukat, Daoud Rajha et Hassan Tourkmani étaient morts sur le coup. Le général Hicham Ikhtiar décédait peu après des suites de ses blessures. Cette opération, dite « Volcan de Damas » avait donné le signal de l’attaque de la capitale par une armée de mercenaires, principalement venue de Jordanie.
Le prince Bandar a lui-même été victime d’un attentat à la bombe, le 26 juillet, ainsi que l’avaient annoncé les médias yéménites. Il aurait succombé plus tard à ses blessures.
Personnalité brillante et cynique, le prince Bandar était âgé de 63 ans. Il était le fils du prince Sultan (inamovible ministre de la Défense de 1963 à sa mort en 2011) et d’une esclave. Homme de confiance du roi Fadh, il avait été son ambassadeur à Washington tout au long de son règne (1983-2005). Il s’était alors lié à George H. Bush (alors vice-président des États-Unis) et était devenu pour lui un « fils adoptif » ; raison pour laquelle la presse US l’avait surnommé « Bandar Bush ». Doué d’un véritable génie de l’action secrète, il avait organisé le contrat d’armement Al-Yamamah, parvenant à détourner plus d’un milliard de livres sterlings, selon les sources officielles britanniques. Il avait alors utilisé cette manne, et bien d’autres encore, pour financer l’action de groupes jihadistes partout dans le monde, y compris Al-Qaida.
Début 2010, le prince Bandar tenta de renverser le roi Abdallah pour placer son père Sultan sur le trône. Le complot échoua et il fut banni du royaume, mais la santé du monarque déclinant, il parvint à rentrer en Arabie saoudite un an plus tard. Depuis la mort du prince Sultan, il était devenu de facto le chef de la maison des Sudeiris, le clan des faucons au sein de la famille royale.
Sa mort porte un coup terrible à tout le dispositif d’action secrète des Occidentaux dans le monde musulman. Il aura fallu seulement une semaine à la Syrie pour monter cette spectaculaire opération de représailles.
http://www.voltairenet.org
Bien que non annoncée par les autorités saoudiennes, la mort du prince Bandar ben Sultan ben Abdelaziz Al Saoud vient d’être confirmée au Réseau Voltaire de source officieuse.
Le prince Bandar venait d’être nommé chef des services secrets saoudiens, le 24 juillet. une promotion interprétée comme une récompense pour avoir organisé l’attentat du 18 juillet à Damas. Les services saoudiens, avec l’appui logistique de la CIA, étaient parvenus à faire exploser le siège de la Sécurité nationale syrienne lors d’une réunion de la cellule de crise : les généraux Assef Chaoukat, Daoud Rajha et Hassan Tourkmani étaient morts sur le coup. Le général Hicham Ikhtiar décédait peu après des suites de ses blessures. Cette opération, dite « Volcan de Damas » avait donné le signal de l’attaque de la capitale par une armée de mercenaires, principalement venue de Jordanie.
Le prince Bandar a lui-même été victime d’un attentat à la bombe, le 26 juillet, ainsi que l’avaient annoncé les médias yéménites. Il aurait succombé plus tard à ses blessures.
Personnalité brillante et cynique, le prince Bandar était âgé de 63 ans. Il était le fils du prince Sultan (inamovible ministre de la Défense de 1963 à sa mort en 2011) et d’une esclave. Homme de confiance du roi Fadh, il avait été son ambassadeur à Washington tout au long de son règne (1983-2005). Il s’était alors lié à George H. Bush (alors vice-président des États-Unis) et était devenu pour lui un « fils adoptif » ; raison pour laquelle la presse US l’avait surnommé « Bandar Bush ». Doué d’un véritable génie de l’action secrète, il avait organisé le contrat d’armement Al-Yamamah, parvenant à détourner plus d’un milliard de livres sterlings, selon les sources officielles britanniques. Il avait alors utilisé cette manne, et bien d’autres encore, pour financer l’action de groupes jihadistes partout dans le monde, y compris Al-Qaida.
Début 2010, le prince Bandar tenta de renverser le roi Abdallah pour placer son père Sultan sur le trône. Le complot échoua et il fut banni du royaume, mais la santé du monarque déclinant, il parvint à rentrer en Arabie saoudite un an plus tard. Depuis la mort du prince Sultan, il était devenu de facto le chef de la maison des Sudeiris, le clan des faucons au sein de la famille royale.
Sa mort porte un coup terrible à tout le dispositif d’action secrète des Occidentaux dans le monde musulman. Il aura fallu seulement une semaine à la Syrie pour monter cette spectaculaire opération de représailles.
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Re: Les preuves du complot contre la Syrie
Ce que combat l’armée à Alep, et ailleurs…
Lu sur Infosyrie :
Si l’on en croit l’OSDH, les insurgés ont attaqué cette nuit (de lundi à mardi) le siège du tribunal militaire d’Alep, un poste de police et du local du parti Bas dans le quartier de Salhine. Des combats seraient également intervenus, selon la même source pro-ASL, dans les parages du bâtiment des services de renseignements de l’armée de l’Air.
Salaheddine & Anadan
On notera que l’OSDH ne parle pas de l’éventuelle prise de des différents objectifs. Un groupe local de l’opposition radicale, la « Commission générale de la révolution syrienne« , prétend que le quartier de Salaheddine, principal point d’appui ASL dont l’armée avait revendiqué la reconquête hier matin, avait été mitraillé ce matin encore par des hélicoptères, et que les rebelles en contrôlent toujours la majeure partie. Mais inventer des succès et nier des échecs, c’est le mode opératoire habituel de la communication opposante. Sinon l’OSDH parle encore de bombardements, cette nuit, des quartiers de Ferdous, d’al-Machad et d’Ansari, qui tous se situent dans le sud et le sud-ouest d’Alep..
Sana, dans son édition du 30 juillet, rend compte de la destruction de quatre véhicules 4×4 équipés de mitrailleuses lourdes et de l’annihilation de leurs équipages. Et de l’interception, dans le secteur d’Oram al-Kubra, dans les environs de la ville, d’un camion chargé d’explosifs et de détonateurs.
On n’a pas de nouvelles de la petite ville d’Anadan, située à une dizaine de kilomètres au nord-ouest d’Alep sur la route menant à la frontière turque, et dont l’ASL a revendiqué la prise hier. Il ne s’agit pas vraiment, en tous cas, de cette « base stratégique » ou de ce « verrou » qu’ont évoqué par psittacisme les chaînes françaises, loin de là. Et sa prise par l’ASL n’a rien d’une victoire à la Stalingrad : à Anadan il y avait tout au plus une petite base de soutien et d’appuis feu, avec pour unique garnison une petite unité de réserve – une trentaine d’hommes – de l’armée syrienne, avec de vieux t-55 utilisés comme artillerie autopropulsé.
D’après ce que l’on sait, cette trentaine de réservistes, complètement encerclés, ont résisté héroïquement pendant dix heures aux assauts de forces de l’ASL dix fois supérieures en nombre. Cinq réservistes ont été tués dans ces combats et les autres, plus ou moins blessés, ont fini par se rendre. On peut s’étonner qu’ils n’aient pas été secourus par l’armée toute proche, et l’on peut s’inquiéter quant au sort des prisonniers. Mais il n’est pas douteux que les insurgés ne conserveront pas longtemps leur « verrou« , l’armée étant présente en force à faible distance d’Anadan.
Bref, les combats se poursuivent et, quoi qu’ils prétendent, les rebelles sont toujours bloqués dans les quelques quartiers, ou bouts de quartiers, qu’ils contrôlent, et l’armée, lentement mais sûrement, resserre l’étau.
Derrière les sourires de l’ASL les tribunaux islamistes d’exception
Il est bon de rappeler, suite aux opérations de relations publiques de l’ASL réalisées par les correspondant du Figaro et du Monde à Alep, quel genre d’individus affronte l’armée syrienne. On a déjà évoqué ici la brigade salafo-wahhabite, Liwaa al-Tawhid, Dans la vidéo ci-dessous, on voit ses affiliés installer dans une école d’Alep sous leur contrôle un tribunal religieux, tout comme en Afghanistan et Somalie. Et ce sont des Alépins, suspectés d’opposition à la « révolution », qui y sont « déférés ». Une justice, comme on s’en doute, de « tribunaux d’exception » : toute personne ne partageant pas leurs idées est considérée chabiha, et la sentence est sévère et immédiatement exécutoire. Un certain nombre d »habitants de Homs l’ont vérifié à leurs dépens entre l’été 2011 et le mis de février 2012… (merci à Cécilia).
http://www.dailymotion.com/video/xshvb9 ... mbediframe
C’est bien un système de terreur politico-religieuse qu’instaurent, partout où ils le peuvent, les rebelles qu’un Adrien Jaulmes ou une Florence Aubenas nous présentent comme de braves jeunes gens en colère. Encore s’agit-il ici de procédure, même parodique, de justice. Combien d’exécutions sommaires à Salaheddine et dans les autres secteurs (provisoirement) « libérés », pour leur malheur, par l’ASL ?
Ce fanatisme, cet obscurantisme politico-religieux qui fleure bon l’Arabie séoudite ou la talibanisme afghan, on en a des démonstrations quotidiennes dans les vidéos réalisés par les groupes armés. Ainsi, dans celle qui suit, ce n’est pas tant ce qu’elle montre – un djihadiste blessé sans doute mortellement et évacué par un de ses camarades – que le commentaire qui fait sens : à la fin de la vidéo, une voix nous dit en effet que Dieu réserve sept récompenses à ses martyrs dont voici la sixième « Et il (le martyr) sera marié à 72 épouses ». Ce chiffre est conforme à un « hadith » – texte religieux – qui promet au »shahid » (martyr) 70 ou 72 « vierges aux yeux noirs« .
Cette interprétation littérale du Coran et des traditions religieuses, cet intégralisme ou intégrisme archaïque et vétilleux, c’est bien la marque de ce salafisme, de ce wahabbisme, de cette idéologie partagée avec des nuances par la dynastie séoudienne ou al-Qaïda, et que les groupes armés, quelle que soit leur affiliation, s’efforcent d’implanter dans un pays certes très majoritairement musulman, mais moderne et dont le laïcisme institutionnel garantit la coexistence de plusieurs communautés religieuses.
Et c’est bien pourquoi, selon nous, quels que soient les avatars à court terme du combat, cette révolution là n’a aucune chance de vaincre en Syrie : les barbus n’ont pas été accueillis en libérateurs à Damas, ils ne le sont pas d’avantage à Alep. La sociologie de ce pays n’est pas celle, tribale et ultra-traditionaliste, de l’Afghanistan. Et la « révolution » syrienne butera toujours sur cet obstacle-là.
http://www.youtube.com/watch?v=Zm1DajgkdDQ&feature=plcp
http://www.contre-info.com
Lu sur Infosyrie :
Si l’on en croit l’OSDH, les insurgés ont attaqué cette nuit (de lundi à mardi) le siège du tribunal militaire d’Alep, un poste de police et du local du parti Bas dans le quartier de Salhine. Des combats seraient également intervenus, selon la même source pro-ASL, dans les parages du bâtiment des services de renseignements de l’armée de l’Air.
Salaheddine & Anadan
On notera que l’OSDH ne parle pas de l’éventuelle prise de des différents objectifs. Un groupe local de l’opposition radicale, la « Commission générale de la révolution syrienne« , prétend que le quartier de Salaheddine, principal point d’appui ASL dont l’armée avait revendiqué la reconquête hier matin, avait été mitraillé ce matin encore par des hélicoptères, et que les rebelles en contrôlent toujours la majeure partie. Mais inventer des succès et nier des échecs, c’est le mode opératoire habituel de la communication opposante. Sinon l’OSDH parle encore de bombardements, cette nuit, des quartiers de Ferdous, d’al-Machad et d’Ansari, qui tous se situent dans le sud et le sud-ouest d’Alep..
Sana, dans son édition du 30 juillet, rend compte de la destruction de quatre véhicules 4×4 équipés de mitrailleuses lourdes et de l’annihilation de leurs équipages. Et de l’interception, dans le secteur d’Oram al-Kubra, dans les environs de la ville, d’un camion chargé d’explosifs et de détonateurs.
On n’a pas de nouvelles de la petite ville d’Anadan, située à une dizaine de kilomètres au nord-ouest d’Alep sur la route menant à la frontière turque, et dont l’ASL a revendiqué la prise hier. Il ne s’agit pas vraiment, en tous cas, de cette « base stratégique » ou de ce « verrou » qu’ont évoqué par psittacisme les chaînes françaises, loin de là. Et sa prise par l’ASL n’a rien d’une victoire à la Stalingrad : à Anadan il y avait tout au plus une petite base de soutien et d’appuis feu, avec pour unique garnison une petite unité de réserve – une trentaine d’hommes – de l’armée syrienne, avec de vieux t-55 utilisés comme artillerie autopropulsé.
D’après ce que l’on sait, cette trentaine de réservistes, complètement encerclés, ont résisté héroïquement pendant dix heures aux assauts de forces de l’ASL dix fois supérieures en nombre. Cinq réservistes ont été tués dans ces combats et les autres, plus ou moins blessés, ont fini par se rendre. On peut s’étonner qu’ils n’aient pas été secourus par l’armée toute proche, et l’on peut s’inquiéter quant au sort des prisonniers. Mais il n’est pas douteux que les insurgés ne conserveront pas longtemps leur « verrou« , l’armée étant présente en force à faible distance d’Anadan.
Bref, les combats se poursuivent et, quoi qu’ils prétendent, les rebelles sont toujours bloqués dans les quelques quartiers, ou bouts de quartiers, qu’ils contrôlent, et l’armée, lentement mais sûrement, resserre l’étau.
Derrière les sourires de l’ASL les tribunaux islamistes d’exception
Il est bon de rappeler, suite aux opérations de relations publiques de l’ASL réalisées par les correspondant du Figaro et du Monde à Alep, quel genre d’individus affronte l’armée syrienne. On a déjà évoqué ici la brigade salafo-wahhabite, Liwaa al-Tawhid, Dans la vidéo ci-dessous, on voit ses affiliés installer dans une école d’Alep sous leur contrôle un tribunal religieux, tout comme en Afghanistan et Somalie. Et ce sont des Alépins, suspectés d’opposition à la « révolution », qui y sont « déférés ». Une justice, comme on s’en doute, de « tribunaux d’exception » : toute personne ne partageant pas leurs idées est considérée chabiha, et la sentence est sévère et immédiatement exécutoire. Un certain nombre d »habitants de Homs l’ont vérifié à leurs dépens entre l’été 2011 et le mis de février 2012… (merci à Cécilia).
http://www.dailymotion.com/video/xshvb9 ... mbediframe
C’est bien un système de terreur politico-religieuse qu’instaurent, partout où ils le peuvent, les rebelles qu’un Adrien Jaulmes ou une Florence Aubenas nous présentent comme de braves jeunes gens en colère. Encore s’agit-il ici de procédure, même parodique, de justice. Combien d’exécutions sommaires à Salaheddine et dans les autres secteurs (provisoirement) « libérés », pour leur malheur, par l’ASL ?
Ce fanatisme, cet obscurantisme politico-religieux qui fleure bon l’Arabie séoudite ou la talibanisme afghan, on en a des démonstrations quotidiennes dans les vidéos réalisés par les groupes armés. Ainsi, dans celle qui suit, ce n’est pas tant ce qu’elle montre – un djihadiste blessé sans doute mortellement et évacué par un de ses camarades – que le commentaire qui fait sens : à la fin de la vidéo, une voix nous dit en effet que Dieu réserve sept récompenses à ses martyrs dont voici la sixième « Et il (le martyr) sera marié à 72 épouses ». Ce chiffre est conforme à un « hadith » – texte religieux – qui promet au »shahid » (martyr) 70 ou 72 « vierges aux yeux noirs« .
Cette interprétation littérale du Coran et des traditions religieuses, cet intégralisme ou intégrisme archaïque et vétilleux, c’est bien la marque de ce salafisme, de ce wahabbisme, de cette idéologie partagée avec des nuances par la dynastie séoudienne ou al-Qaïda, et que les groupes armés, quelle que soit leur affiliation, s’efforcent d’implanter dans un pays certes très majoritairement musulman, mais moderne et dont le laïcisme institutionnel garantit la coexistence de plusieurs communautés religieuses.
Et c’est bien pourquoi, selon nous, quels que soient les avatars à court terme du combat, cette révolution là n’a aucune chance de vaincre en Syrie : les barbus n’ont pas été accueillis en libérateurs à Damas, ils ne le sont pas d’avantage à Alep. La sociologie de ce pays n’est pas celle, tribale et ultra-traditionaliste, de l’Afghanistan. Et la « révolution » syrienne butera toujours sur cet obstacle-là.
http://www.youtube.com/watch?v=Zm1DajgkdDQ&feature=plcp
http://www.contre-info.com
Re: Les preuves du complot contre la Syrie
Propagande OTAN en Syrie.
Voilà une photo prise par l’agence EPA le jeudi 26 juillet 2012. Un jeune couple et leur bébé. Maman porte le nécessaire habituel pour son bébé, et quelques affaires personnelles.
Le soleil est très haut. Le magasin est fermé parce que c’est l’heure chaude.
Que font-ils ? Reviennent-ils d’un déjeuner chez des amis ou chez les beaux-parents ? Nul ne le sait.

Maintenant, voilà l’image qui est parue dans Krone, deux jours plus tard.
Le décor trop paisible a été supprimé grâce à l’outil de base de tout illustrateur : le logiciel de retouche Photoshop. A la place, on a copié-collé un décor de ville en guerre, prise ailleurs. Cela pourrait être au Liban, en Irak ou à Mogadiscio. Les immeubles ont subi un bombardement et des tirs nourris, pendant plusieurs jours.
L’illustrateur a fait un travail de cochon. Comme le sol n’était pas raccord, il a coupé les pieds des deux personnages, rendant son travail infiniment plus facile. Pas besoin de rapporter les ombres portées sur le sol. Mais il aurait dû, quand même, choisir une image de fond où la lumière venait de la même direction. Ce collage est pitoyable…
Mais les hommes de la Universal Propaganda Gmbh au service de l’OTAN ne font pas dans le détail. L’OTAN, vous savez… cette armée de mercenaires et supplétifs européens, dirigée par l’aile néo-nazi (on dit néo-cons) du Pentagone, elle-même asservie aux ploutocrates de International Sionist Banksters Corp, World Oil United et de Big Weapon Inc.

Le propriétaire et éditeur en chef de Krone, le tabloïd le plus vendu en Autriche avec 2.970.000 lecteurs, est Hans Dichand, dont le fils Christopher est éditeur adjoint.
Dés sa création, Krone est une gazette qui vise les masses, avec des articles courts utilisant un vocabulaire simple pour une clientèle populaire. Dichand est un voyou en affaire, à la manière de John Pierpont Morgan ou du fondateur de la dynastie Rockefeller, toute proportion gardée évidemment. Biographie riche à lire entre les lignes sur wiki.
Journaliste avant guerre, il va être fait prisonnier par les Anglais, qui vont le garder sous le coude à sa libération en octobre 1945. Il travaille alors pour le service d’information britannique au sein de Allied-occupied Austria. Là aussi, lisez entre les lignes et pensez aux réseaux stay-behind, gladio et autres.
Il faut se souvenir que l’Autriche était après la guerre coupée en 4 et occupée par les vainqueurs (France, GB, USA et URSS). Les “Alliés” avaient plus peur des soviétiques que des anciens nazis autrichiens. Le pays était ruiné par la guerre et le peuple dans une misère noire. Les occidentaux craignant que cette situation ne fasse basculer les populations dans le camp communiste, lancèrent le plan Marshall, qui avait pour but d’endiguer le communisme ( “containment”) et bien sûr de trouver un débouché pour l’industrie américaine. Sans nous attarder sur ce plan, qui a déclenché la “guerre froide”… revenons à Hans Dichand.
Dichand travaille d’abord pour un quotidien appartenant conjointement aux 3 partis opposés autrichiens (PS, PC et Parti conservateur). En 1954, il devient rédacteur en chef du Courrier de Vienne, où très vite il se trouve en conflit ouvert et récurrent contre les membres de l’équipe de rédaction, à qui il interdit d’écrire des articles sur les criminels de guerre nazis ou sur les procès en cours les concernant.
En 1958, Dichand quitte le Courrier de Vienne, rachète un titre de presse tombé en désuétude, Krone, grâce à ses relations très proches avec l’ ÖGB. Ce syndicat, vous l’imaginez bien est soutenu et financé par cette agence de renseignement bien connue, chez qui émarge Son Altesse Sérénissime le Prince Malko Linge, autre autrichien réputé. Depuis, avec des soutiens occultes puissants, tant politiques que financiers, il a fait de sa feuille de chou, le tabloïde le plus lu d’Autriche.
J’écourte son panégyrique parce que sinon j’y suis encore demain. C’est un salaud, qui a massacré ses concurrents par des coups bas lamentables. Il semblerait aussi qu’il ait réussi à faire interdire toute biographie, si elle n’est pas passée au filtre et approuvée par ses soins. Triste Sire.
En 2007, Hans Dichand a reçu le Big Brother’s Award pour l’Autriche. Ce Prix est attribué aux personnes morales ou physiques, organisations privées ou gouvernementales, qui auront le plus œuvré à restreindre les libertés individuelles. Il a sans doute reçu son prix pour l’ensemble de son œuvre orwellienne… comme vient le démontrer le montage minable sur la Syrie, ci-dessus.
Par Mentaho (Excellent l'ami !)
Source: Liesi
Voilà une photo prise par l’agence EPA le jeudi 26 juillet 2012. Un jeune couple et leur bébé. Maman porte le nécessaire habituel pour son bébé, et quelques affaires personnelles.
Le soleil est très haut. Le magasin est fermé parce que c’est l’heure chaude.
Que font-ils ? Reviennent-ils d’un déjeuner chez des amis ou chez les beaux-parents ? Nul ne le sait.

Maintenant, voilà l’image qui est parue dans Krone, deux jours plus tard.
Le décor trop paisible a été supprimé grâce à l’outil de base de tout illustrateur : le logiciel de retouche Photoshop. A la place, on a copié-collé un décor de ville en guerre, prise ailleurs. Cela pourrait être au Liban, en Irak ou à Mogadiscio. Les immeubles ont subi un bombardement et des tirs nourris, pendant plusieurs jours.
L’illustrateur a fait un travail de cochon. Comme le sol n’était pas raccord, il a coupé les pieds des deux personnages, rendant son travail infiniment plus facile. Pas besoin de rapporter les ombres portées sur le sol. Mais il aurait dû, quand même, choisir une image de fond où la lumière venait de la même direction. Ce collage est pitoyable…
Mais les hommes de la Universal Propaganda Gmbh au service de l’OTAN ne font pas dans le détail. L’OTAN, vous savez… cette armée de mercenaires et supplétifs européens, dirigée par l’aile néo-nazi (on dit néo-cons) du Pentagone, elle-même asservie aux ploutocrates de International Sionist Banksters Corp, World Oil United et de Big Weapon Inc.

Le propriétaire et éditeur en chef de Krone, le tabloïd le plus vendu en Autriche avec 2.970.000 lecteurs, est Hans Dichand, dont le fils Christopher est éditeur adjoint.
Dés sa création, Krone est une gazette qui vise les masses, avec des articles courts utilisant un vocabulaire simple pour une clientèle populaire. Dichand est un voyou en affaire, à la manière de John Pierpont Morgan ou du fondateur de la dynastie Rockefeller, toute proportion gardée évidemment. Biographie riche à lire entre les lignes sur wiki.
Journaliste avant guerre, il va être fait prisonnier par les Anglais, qui vont le garder sous le coude à sa libération en octobre 1945. Il travaille alors pour le service d’information britannique au sein de Allied-occupied Austria. Là aussi, lisez entre les lignes et pensez aux réseaux stay-behind, gladio et autres.
Il faut se souvenir que l’Autriche était après la guerre coupée en 4 et occupée par les vainqueurs (France, GB, USA et URSS). Les “Alliés” avaient plus peur des soviétiques que des anciens nazis autrichiens. Le pays était ruiné par la guerre et le peuple dans une misère noire. Les occidentaux craignant que cette situation ne fasse basculer les populations dans le camp communiste, lancèrent le plan Marshall, qui avait pour but d’endiguer le communisme ( “containment”) et bien sûr de trouver un débouché pour l’industrie américaine. Sans nous attarder sur ce plan, qui a déclenché la “guerre froide”… revenons à Hans Dichand.
Dichand travaille d’abord pour un quotidien appartenant conjointement aux 3 partis opposés autrichiens (PS, PC et Parti conservateur). En 1954, il devient rédacteur en chef du Courrier de Vienne, où très vite il se trouve en conflit ouvert et récurrent contre les membres de l’équipe de rédaction, à qui il interdit d’écrire des articles sur les criminels de guerre nazis ou sur les procès en cours les concernant.
En 1958, Dichand quitte le Courrier de Vienne, rachète un titre de presse tombé en désuétude, Krone, grâce à ses relations très proches avec l’ ÖGB. Ce syndicat, vous l’imaginez bien est soutenu et financé par cette agence de renseignement bien connue, chez qui émarge Son Altesse Sérénissime le Prince Malko Linge, autre autrichien réputé. Depuis, avec des soutiens occultes puissants, tant politiques que financiers, il a fait de sa feuille de chou, le tabloïde le plus lu d’Autriche.
J’écourte son panégyrique parce que sinon j’y suis encore demain. C’est un salaud, qui a massacré ses concurrents par des coups bas lamentables. Il semblerait aussi qu’il ait réussi à faire interdire toute biographie, si elle n’est pas passée au filtre et approuvée par ses soins. Triste Sire.
En 2007, Hans Dichand a reçu le Big Brother’s Award pour l’Autriche. Ce Prix est attribué aux personnes morales ou physiques, organisations privées ou gouvernementales, qui auront le plus œuvré à restreindre les libertés individuelles. Il a sans doute reçu son prix pour l’ensemble de son œuvre orwellienne… comme vient le démontrer le montage minable sur la Syrie, ci-dessus.
Par Mentaho (Excellent l'ami !)
Source: Liesi
Je chante pour mon vallon en souhaitant que dans chaque vallon un coq en fasse autant.( Edmond Rostand)


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Re: Les preuves du complot contre la Syrie
Difficile d'évaluer leur nombre exact, mais chaque semaine de jeunes musulmans tunisiens partent pour la Syrie. Beaucoup meurent dans les combats ou sont faits prisonniers. Des jeunes partis de Tunisie pour le djihad, quelques semaines ou quelques mois avant, pour affronter les forces de Bachar al-Assad, aux côtés de la rébellion. Les correspondants de France 24 ont rencontré leurs familles et leurs proches.
http://www.youtube.com/watch?v=I2B9Ykkm ... _embedded#!
http://www.theatrum-belli.com
http://www.youtube.com/watch?v=I2B9Ykkm ... _embedded#!
http://www.theatrum-belli.com
Re: Les preuves du complot contre la Syrie
Pressions sur la Syrie aux J.O de Londres
http://www.dailymotion.com/video/xsg6oe_rt-pressions-sur-la-syrie-aux-jo-de-londres-s-t_news
http://www.dailymotion.com/video/xsg6oe_rt-pressions-sur-la-syrie-aux-jo-de-londres-s-t_news
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Re: Les preuves du complot contre la Syrie
Syrie : une vidéo accuse les rebelles de « crime de guerre »
Une vidéo « dérangeante » a été postée sur Internet par les révolutionnaires syriens : elle montre l’exécution sommaire, mercredi, de prisonniers par les insurgés dans la ville d’Alep, en violation de toutes les règles internationales.
Les sept hommes exécutés dans un déluge de feu de tirs de Kalachnikovs, effectué par ce qui semble être des combattants de l’Armée syrienne libre (ASL), seraient des Chabbihas, des miliciens au service du régime de Bachar el-Assad, et pas des soldats de l’armée régulière syrienne.
Une première vidéo, tournée à l’intérieur d’un bâtiment, montre les prisonniers avant leur exécution. Certains ont le torse nu, ils ont le visage tuméfié, et ils donnent leur nom à la caméra. Quelques minutes plus tard, ils sont emmenés dans un endroit ouvert, et, tandis que la foule des combattants crie « Armée syrienne libre pour toujours » et « Allah Akbar » (Dieu est grand), on entend le crépitement des Kalachnikovs et on aperçoit les corps à terre. Un journaliste du Guardian affirme que les prisonniers ont été « jugés » sur place par des juges et des avocats liés à l’opposition. Si c’est le cas, le procès fut expéditif…
Selon un chercheur de l’ONG Human Rights Watch (HRW), cité par le New York Times : « Donner la mort de manière intentionnelle, même à un Chabbiha, une fois qu’il n’est plus en position de combattre, est un crime de guerre, quelle que soit l’horreur qu’inspire cette personne. Alors que l’opposition gagne du terrain, il est important d’exiger d’elle les mêmes standards que ceux qui sont attendus de toutes les parties ».
L’ASL, composée en partie de déserteurs de l’armée régulière syrienne, est la principale force organisée de l’opposition sur le terrain. Selon les explications de certains journalistes, cette ASL doit faire face à l’autonomie de certains de ses membres qui n’obéissent pas nécessairement à une chaîne de commandement unique, et à la présence de nombreux groupuscules armés, dont des intégristes et djihadistes étrangers, attirés par ce nouveau « front » de « guerre sainte ».
Les prisonniers avant leur assassinat
http://youtu.be/ZbFG-wUbMB0
Le massacre (attention, images très dures)
http://youtu.be/ey-0H7Y3v_I
http://www.nationspresse.info/
Source : http://www.rue89.com/2012/08/02/syrie-l ... rre-234341
Une vidéo « dérangeante » a été postée sur Internet par les révolutionnaires syriens : elle montre l’exécution sommaire, mercredi, de prisonniers par les insurgés dans la ville d’Alep, en violation de toutes les règles internationales.
Les sept hommes exécutés dans un déluge de feu de tirs de Kalachnikovs, effectué par ce qui semble être des combattants de l’Armée syrienne libre (ASL), seraient des Chabbihas, des miliciens au service du régime de Bachar el-Assad, et pas des soldats de l’armée régulière syrienne.
Une première vidéo, tournée à l’intérieur d’un bâtiment, montre les prisonniers avant leur exécution. Certains ont le torse nu, ils ont le visage tuméfié, et ils donnent leur nom à la caméra. Quelques minutes plus tard, ils sont emmenés dans un endroit ouvert, et, tandis que la foule des combattants crie « Armée syrienne libre pour toujours » et « Allah Akbar » (Dieu est grand), on entend le crépitement des Kalachnikovs et on aperçoit les corps à terre. Un journaliste du Guardian affirme que les prisonniers ont été « jugés » sur place par des juges et des avocats liés à l’opposition. Si c’est le cas, le procès fut expéditif…
Selon un chercheur de l’ONG Human Rights Watch (HRW), cité par le New York Times : « Donner la mort de manière intentionnelle, même à un Chabbiha, une fois qu’il n’est plus en position de combattre, est un crime de guerre, quelle que soit l’horreur qu’inspire cette personne. Alors que l’opposition gagne du terrain, il est important d’exiger d’elle les mêmes standards que ceux qui sont attendus de toutes les parties ».
L’ASL, composée en partie de déserteurs de l’armée régulière syrienne, est la principale force organisée de l’opposition sur le terrain. Selon les explications de certains journalistes, cette ASL doit faire face à l’autonomie de certains de ses membres qui n’obéissent pas nécessairement à une chaîne de commandement unique, et à la présence de nombreux groupuscules armés, dont des intégristes et djihadistes étrangers, attirés par ce nouveau « front » de « guerre sainte ».
Les prisonniers avant leur assassinat
http://youtu.be/ZbFG-wUbMB0
Le massacre (attention, images très dures)
http://youtu.be/ey-0H7Y3v_I
http://www.nationspresse.info/
Source : http://www.rue89.com/2012/08/02/syrie-l ... rre-234341
Re: Les preuves du complot contre la Syrie
Oui, mais la guerre est belle lorsqu'elle se justifie par une aussi belle cause que celle de la démocratie....................
http://www.gollnisch.com/
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Et pendant que dans la cage rats blancs et rats noirs s'entre-déchirent, le laborantin observe et modifie les conditions de l'expérience selon sa volonté, prêt à modifier l'équilibre des forces lorsque ça l'arrange. L'important est que tant que les rats se battent entre eux ils ne risquent pas de sortir de la cage pour s'en prendre à leur bourreau.
Miroir
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Et pendant que dans la cage rats blancs et rats noirs s'entre-déchirent, le laborantin observe et modifie les conditions de l'expérience selon sa volonté, prêt à modifier l'équilibre des forces lorsque ça l'arrange. L'important est que tant que les rats se battent entre eux ils ne risquent pas de sortir de la cage pour s'en prendre à leur bourreau.
Miroir
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Re: Les preuves du complot contre la Syrie
La bataille de France se joue aussi à Alep
Alors que la France accède le 1er août à la présidence du Conseil de Sécurité avec l’intention bien arrêtée d’entraîner par ses manœuvres la chute du régime baasiste et laïc de Damas, il importe d’évoquer brièvement quels sont, sur le fond, les enjeux politiques de la nouvelle bataille qui fait actuellement rage dans les faubourgs d’Alep… l’une des plus anciennes villes de la planète dont l’existence remonte à quelque deux millénaires avant JC, connue alors sous le nom de Halab et dont le centre historique a été inscrit en 1986 au patrimoine mondial de l’humanité.

Au moment de prendre congé de nos lecteurs pour la trêve estivale de l’information il est aussi opportun qu’urgent de tracer quelques lignes supplémentaires utiles à comprendre les événements en cours, particulièrement en Syrie où se joue une partie du destin du vieux Continent, Europe et Russie.
Ce serait tout à fait à tort que l’on considérerait cette guerre du Levant comme quelque chose de lointain ne nous touchant que très indirectement ou pas du tout, renvoyant dos à dos forces loyalistes et rebelles comme d’autres naguère croyaient malin de le faire pour les Palestiniens et les Israéliens… déclarant superbement que ces conflits ne nous concernent pas et que les Sémites juifs ou musulmans n’avaient qu’à s’expliquer entre eux. Car, ce serait trop simple et trop beau s’il suffisait de faire preuve d’un peu de chauvinisme égotiste pour se tirer à bon compte de l’arène sanglante des règlements de comptes internationaux.
Raisonnement qui dénote en effet une courte vue s’arrêtant à la Ligne bleue des Vosges. Même au temps - bien révolu - où la France, l’Allemagne, l’Angleterre pouvaient encore prétendre être au centre du monde, la périphérie des empires étaient balisés de points chauds où s’actualisaient les rivalités et se vidaient les querelles. Aujourd’hui les intrications d’intérêts entre État sont telles - notamment dans un univers de sociétés composites où les minorités anciennes et récentes pèsent d’un poids grandissant tout en important leurs antagonismes et leur “différence“ sur leur terre d’accueil - qu’il est difficile et même impossible, voire suicidaire, de se déclarer indifférent, ou pire, de rester ignorant de réalités géopolitiques terriblement incidentes et dramatiquement contraignantes.
Le candidat Républicain aux prochaines élections présidentielles, Mitt Romney, ne vient-il pas de se rendre en Israël afin d’y quémander les voix de la communauté juive ? Les élections américaines se joueraient-elles donc davantage sur la terre de Canaan que dans le Middle West ? Notons qu’à contresens de la légalité internationale, le candidat Romney s’est cru obligé de trancher dans le vif une question en suspens depuis quarante-cinq ans et la guerre de Six Jours, à savoir le statut de Jérusalem… ceci en déclarant la Ville capitale éternelle de l’État hébreu ! C’est aller un peu vite en besogne et montrer la partialité insensée - sur cette question comme sur tant d’autres - qui anime la classe politique américaine toutes obédiences confondues. Autrement dit l’Amérique forte de sa « Destinée manifeste » 1 soumise à un régime présidentialiste par lequel le chef de l’État peut à sa convenance décider de la vie ou de la mort des hommes 2, c’est-à-dire de la guerre, de la paix, s’engage au côté de l’État sioniste - idéologie à ne pas confondre avec la défense stricto sensu des intérêts fondamentaux du peuple hébreu mais qui prétend les servir - dans tous ses errements et ses excès.
Il n’est pas vraiment nécessaire de s’éterniser sur ce sujet. Oui, notre sort à nous autres Métros – Français de Métropole – se joue un peu beaucoup à Damas et à Alep… Comme il s’est joué à Belgrade en 1999 et à Bagdad en 2003, quand les derniers « verrous nationaux » situés à l’immédiate périphérie européenne ont sauté les uns après les autres et que ces souverainetés défuntes ont rejoint le grand pandémonium de l’Ordo ab chaos, nom véritable des sociétés éclatées et segmentées à l’infini que promeut le Nouvel Ordre mondial.
Que l’on ne nous fasse pas dire cependant ce que nous ne disons pas : nous connaissons les vices et les misères de régimes autoritaires qui maintenaient - voire imposaient - une cohésion pacifiante à ces confédérations de peuples que sont les Nations… Qu’est d’autre la France qu’une confédération en perpétuelle intégration depuis quelque mille ans ? Avant d’être aujourd’hui en état de “décomposition“ avancée ! Rappelons que Nouméa était française avant Nice la Sarde et que l’Hexagonie a soudé – parfois dans la douleur – au moins cinq langues vernaculaires et autant, si ce n’est plus, de peuples à la personnalité bien trempée !
Mais pour paraphraser feu M. Marchais - ancien volontaire du STO et ex Secrétaire général du Parti communiste français – à propos de l’Union soviétique poststalinienne, le bilan de ces dictature, aussi répressives 3 aient-elles pu se montrer en maintes circonstances, reste « globalement positif ». Nous évoquons ici plus particulièrement les deux régimes bassistes frères ennemis d’Irak et de Syrie : la sécurité des personnes et des biens y étaient assurées, celle des communautés religieuses, la liberté de culte et de voyager à l’étranger sans restriction, l’enseignement et les soins pour tous ou à peu près, un ordre économique stable assurant une certaine prospérité partagée… surtout en Irak.
Notre propos n’est cependant pas de faire l’apologie de régimes - syrien en particulier - d’une réelle brutalité 4 - encore que la brutalité aussi condamnable soit-elle, apparaisse a posteriori comme bien préférable aux ravages de la guerre - mais de défendre les actuels principes régissant les relations internationales. Des principes juridiques acceptés et partagés par la Communauté des Nations, garants jusqu’à présent pour tous d’un fort bénéfique maintien du statu quo international. La remise en cause de ces principes – souveraineté et intangibilité des frontières, principes auxquel se substitue désormais le droit des minorités à disposer d’elles-mêmes et le droit d’ingérence – ainsi que notre association aux politiques mortifères conduites par les Anglo-américains ces deux dernières décennies, hypothèquent notre propre sécurité et de la pérennité de l’édifice national résistiblement édifié au fil des siècles.
L’on peut en effet changer - en le bouleversant ? - l’ordre international mais à condition de maîtriser quelque peu les conséquences de cette transformation. Ce qui ne semble pas être le cas pour nos apprentis sorciers qui n’en continuent pas moins - en dépit de résultats consternants en Somalie, Kossovo, Afghanistan, Irak, Libye et cætera - de jouer avec le feu ! Ne soyons cependant pas naïfs : si l’Armée américaine croit encore apporter la Démocratie et l’émancipation des femmes dans les pays conquis, les promoteurs de ces guerres, passées, présentes et futures, savent de quoi il retourne… Ils ne veulent ni ne cherchent le bonheur des peuples libérés, mais bel et bien la destruction des nations, et peu importe la casse humaine. Destruction des États qui contrarient la puissance régionale d’Israël, tête de pont de la Cité et de Manhattan, et ses ambitions d’expansion territoriales, cela afin d’ouvrir sur leurs ruines le grand bazar du supermarché mondialiste.
En cela la « Bataille d’Alep » nous concerne au premier chef et la Russie nous indique maintenant la position à adopter, celle d’une défense intransigeante de la légalité internationale garante des souveraines indépendances nationales.
Les « État forts » qui ont été engloutis dans le feu et la fureur des guerres soi-disant humanitairiennes, ont vu aussitôt resurgir les guerres intestines… Cela est vrai du Kosovo, de la Macédoine et dans les Balkans en général où les plaies de façon générale restent mal cicatrisées. Inutile d’insister sur le cas de l’Irak martyr toujours en proie à de dramatiques tensions inter communautaires, évidemment attisées de l’extérieur, notamment par l’Arabie saoudite et le Qatar, ces deux bons alliés de Washington et de Paris, hier Sarkozy, maintenant Hollande, tous également empressés à se faire consentir quelque avantage sonnant et trébuchant pour sauver ci ou ça de la faillite à peine rampante qui sévit en Hexagonie !
À quoi bon s’échiner finalement à démontrer ce qui saute aux yeux ? Ceux qui ne voudront pas se rendre à l’évidence ne le feront jamais. Tant pis ! Parce que, volens nolens, force est de constater nous sommes plongés jusqu’au coup, par les politiques de nos gouvernements fantoches, hier Fillon/Juppé, maintenant Ayrault/Fabius, bancs bonnets et bonnets blancs, dans des conflits de plus en plus graves, potentiellement de plus en plus lourds de compétence… qui vont à l’encontre de nos intérêts continentaux à long terme et nous arriment toujours plus étroitement à la nef folle de la trilogie maléfique Londres-Washington-Tel-Aviv.
Citons ici Alain Chouet, ancien haut fonctionnaire du Renseignement français [Institut des Hautes Études de la Défense nationale Nice 27 juin 2012] : Face à « ces minorités syriennes menacées [Alaouites, Chrétiens, Druzes] l’Occident, France en tête, n’a opposé que la condamnation sans appel et l’anathème parfois hystérique tout en provoquant partout – politiquement et parfois militairement – l’accession des intégristes islamistes au pouvoir et la suprématie des États théocratiques soutenant le salafisme politique… Prompt à condamner l’islamisme chez lui, l’Occident se retrouve à en encourager les manœuvres dans le monde arabe et musulman… La France, qui n’a pas hésité à engager toute sa force militaire pour éliminer Kadhafi au profit des djihadistes et à appeler la communauté internationale à en faire autant avec Bachar el-Assad, assiste, l’arme au pied, au dépeçage du Mali par des hordes criminelles qui se disent islamistes parce que leurs rivaux politiques ne le sont pas… À défaut de logique, la morale et la raison nous invitent tout de même à nous interroger sur la curieuse schizophrénie de nos politiques et nos médias. L’avenir dira si notre fascination infantile pour le néopopulisme[politiquement correct]véhiculé par Internet et si les investissements massifs du Qatar et de l’Arabie dans nos économies en crise valaient notre complaisance face à la montée d’une barbarie dont nous aurions tort de croire que nous sommes à l’abri ».
Aussi lucide et intellectuellement non conformiste soit-il, M. Chouet ne répond pas aux questions qu’il pose pourtant avec une pertinence certaine… et auxquelles nous devrions nous-mêmes réfléchir avec acuité afin de ne pas tomber tête baissé dans les panneaux qui nous sont généreusement présentés. Oui, pourquoi condamner ici, sur le territoire national, un islamisme que nous encourageons, soutenons, entraînons et armons en dehors, contre des États qui justement tiennent en lisière le radicalisme musulman dans son expression la plus fanatique ? Par pure sottise ? Par masochisme ? Par imbécillité congénitale ? Que nenni ! Apportons un élément de réponse : parce que les théocraties, sous habillage démocratique aux États-Unis et en Israël - mais n’est-ce pas du pareil au même n’est-ce pas ? wag the dog ! - s’entendent entre elles et poursuivent, à quelques nuances près, les mêmes objectifs. Buts convergents des Israélo-américains avec les Royaumes du Qatar et d’Arabie Saoudite : détruire le Chiisme honni, syrien, irakien et iranien, bahreïni pour les wahhabites, éliminer tout autre pôle de puissance régionale concurrente pour tous, et in fine se partager la manne pétrolière et gazière… La messe est dite !
Alep-Benghazi même combat
Ce sont dans les vieux pots que l’on fait la meilleure cuisine… Certaines ficelles - les plus grosses - sont d’ailleurs inusables, cela fait parti de l’art de la guerre et des recettes de la Mère Poulard. Il y a ainsi un peu plus d’un an et demi (mars 2011), la presse unanime hurlait au « bain de sang » à propos de Benghazi. Une menace tétanisante ayant permis le vote de la Résolution 1970, laquelle commença par parler de sanctions, puis avec la Résolution 1973 l’on passa aux choses sérieuses, celle-ci évoquant « toutes les mesures nécessaires à protéger les populations ».
On sait ce qui s’ensuivit, sous couvert d’empêcher un « bain de sang », France et Royaume-Uni, main dans la main, instituèrent une zone d’exclusion aérienne qui se transforma illico presto en tapis de bombes. Les forces spéciales qataries au sol associées à des djihadistes, à des combattants issus de tribus hostiles au pouvoir central, encadrés par l’ex 11e Choc [officiellement dissout le 31 déc. 1993] et les SAS britanniques, firent de la figuration intelligente sous la houlette de l’Otan. Aujourd’hui M. Juppé remet la table [RTL 30 juillet] en déclarant sa crainte de voir se perpétrer un nouveau massacre à Alep, la deuxième ville du pays : « C’est un martyr que subit le peuple syrien et le bourreau s’appelle Bachar al-Assad » !
La même opération suivant un scénario presque identique, est donc en train de s’enclencher dans une guerre – enfonçons le clou – qui n’a rien de « civile » ! Les Syriens de toute évidence sont contraints et forcés sous la menace, le chantage et le racket, de soutenir, d’approvisionner voire d’assister les troupes rebelles composées de tous les jeunes gens un peu allumés et passablement désœuvrés qui ont été racolés en Somalie, en Tchétchénie, en Afghanistan, au Koweït, en Algérie, en Tunisie et même en France1… Ce n’est pas nous qui le disons mais France Culture reprenant une dépêche AFP 5.
M. Juppé en personne convient enfin, pour sa part, à l’antenne de RTL - parce qu’il est certes désormais difficile de faire autrement - que les armes affluent en Syrie de toutes parts : « Il y a des armes qui leur sont livrées, d’après les informations qu’on a, à la fois par le Qatar, l’Arabie Saoudite, probablement d’autres... Mais pas nous »… l’on pourra admirer à sa juste valeur le « d’après les informations qu’on a » comme si ce Monsieur n’était que très vaguement informé par des échos, des rumeurs ou même par des bruits de couloirs. La tartufferie à ce niveau mérite des claques et peut-être un peu plus au vu des enjeux et des cadavres amoncelés en seize mois grâce à ce brillant philanthrope et à son plus encore surdoué prédécesseur !
M. François Hollande quant à lui, trop occupé à « refiscaliser les heures supplémentaires 6 » - AFP samedi 28 juil.2012 - avait profité d’une journée dans le Gers dévolue à « la défense du foie gras français » assortie d’un concert de jazz, pour lancer, alors qu’il visitait un élevage de volaille et de production de pâté de foie à Monlezun, un brûlant appel en faveur d’une intervention rapide du Conseil de sécurité des Nations Unies « afin d’éviter de nouveaux massacres » en Syrie : « Le rôle des pays du Conseil de sécurité des Nations Unies est d’intervenir le plus rapidement possible »… Derrière le bonhomme joufflu se cache un redoutable animal à sang froid… Nos stupides contemporains ne savent vraiment pas ce qu’ils ont fait en le lâchant, en toute liberté et pouvoir, dans notre malheureux pré-carré !
Or « puisque la France prend la présidence du Conseil de sécurité des Nations unies au 1er août, nous allons demander avant la fin de cette semaine la réunion du Conseil de sécurité, probablement au niveau ministériel à la fois pour essayer d’arrêter les massacres et pour préparer la transition politique » [Fabius RTL]. Ça pour la partie visible de l’Iceberg… gageons que les dirty tricks – les coups tordus – seront au rendez-vous. Néanmoins au lieu de faire monter la pression, la diplomatie « occidentale » ferait mieux de regarder d’un œil plus attentif les trois bâtiments chinois qui viennent apparemment de passer le Canal de Suez 7 en route vers les côtes syriennes où ils pourraient faire leur jonction avec les éléments de la marine de guerre Russe déjà sur place ou en approche.
Car le ton monte également à Moscou où les États-Unis commencent à être mezzo vocce, mais tout à fait publiquement désignés comme “État voyou“ - rogue state - cela notamment par le ministre des Affaires Étrangère, Sergueï Lavrov 8… lequel considère que la réaction de Washington à l’attentat du 19 juillet à Damas contre l’état-major sécuritaire constituait une justification non équivoque du terrorisme : « Si nos partenaires soutiennent des terroristes qui s’emparent de territoires, nous aimerions savoir quelle est exactement leur position sur la Syrie.Quel objectif poursuivent-ils dans ce pays ? »… Soulignant par ailleurs l’extrême partialité dont à fait preuve la « Communauté internationale » dans la gestion de la crise !
Quant à M. Kofi Annan « médiateur international pour la Syrie » [AFP 29 juil. 2012], il s’est montré inquiet en proportion de « la concentration de troupes et d’armes lourdes autour d’Alep » alors que le chef militaire rebelle à Alep, le colonel Abdel Jabbar al-Oqaidi - retour à la case Benghazi - appelait l’Occident à « instaurer une zone d’exclusion aérienne au-dessus du nord de la Syrie afin d’éviter un massacre »… Ce qui signifie en clair détruire tout ce qui de près ou de loin ressemble à un appareil volant… Mais cela ne serait pas un acte de guerre, tout juste un geste de prophylaxie destiné à éviter fraternellement aux commandants syriens de l’armée d’être traduits à la Haye devant un tribunal pénal ad hoc !
Notons au passage que le terme de massacre ne saurait s’appliquer qu’à des civils désarmés et non au 2, 3, 4 ou 5000 francs-tireurs et partisans retranchés dans quelques quartiers de la ville d’Alep encerclée par les forces régulières. Rappelons également que le Droit et coutumes de guerre, ainsi que les conventions de Genève disposent que les « combattants du champ de bataille », c’est-à-dire sans appartenance à une armée constituée peuvent être exécutés sur le champ, sans que cela relève d’un quelconque crime de guerre. En octobre 2001, M. Rumsfeld, alors Secrétaire à la Défense du président GW Bush, ne s’en est pas privé en Afghanistan, lui même ayant déclaré que l’armée américaine « n’avaient pas les moyens de faire de prisonniers » 9. Nul à l’époque n’avaient rien trouvé à y redire et encore moins à s’émouvoir !
Enfin, les bons amis dévoués de la Syrie qui siègent à Ankara opèrent actuellement une très forte concentration de troupes à sa frontière ouverte désormais sur le territoire syrien et par où s’écoulent à flot continu, armes, munitions et matériels lourds… Alors faut-il continuer à croire ce que nous serine la presse serve, qu’il s’agit d’une « révolte spontanée » ou bien croire ce que nous disent nos yeux et nos oreilles, qu’il s’agit d’une vraie guerre… Or qui parle de guerre véritable doit garder présent à l’esprit que le risque existe de nous voir, à tout moment, entraînés dans l’abîme ?
par camus http://www.agoravox.fr
Notes :
(1) La « vocation » hégémonique de l’Amérique-monde théocratique et parlementaire, n’est pas seulement matérielle ou matérialiste. Elle se nourrit également de diverses dimensions idéologiques et religieuses telles la « Destinée manifeste », doctrine apparue en 1845 au moment de l’annexion du Texas et en vertu de laquelle la Nation américaine a pour mission quasi divine de diffuser la démocratie et la civilisation, à cette époque et pour commencer, à l’Ouest du Mississipi. La colonisation du Continent est alors assimilée à une expansion de droit divin selon le publiciste John O’Sullivan : « C’est notre destinée manifeste de nous déployer sur le continent confié par la Providence pour le libre développement de notre grandissante multitude ».
(2) Le Président Obama aurait signé de sa main l’ordre d’exécution, dans le cadre d’assassinats extrajudiciaires, d’une trentaine d’individus jugés dangereux pour la sécurité nationale. Pratique assumée en Israël par le Premier ministre, ou indirectement par le Mossad de sa propre initiative.
(3) L’État syrien bassiste syrien est un empilement de Services de Renseignement et de Sécurité, système hérité à la fois de l’histoire récente d’un pays en état de belligérance – littéralement en guerre ouverte – sans discontinuer depuis 1948 avec l’État hébreu. Alain Chouet, ancien chef du service de renseignement de sécurité de la DGSE - Institut des Hautes Études de la Défense nationale, Nice 27 juin 2012 - qui a été en poste trois années durant à Damas nous donne une image assez crue de ce dispositif : « Je me rends régulièrement en Syrie depuis 45 ans et y ai résidé pendant plusieurs années. Je ne prétends pas connaître intimement ce pays mais je pense quand même mieux le connaître que certains de ces journalistes qui en reviennent pleins de certitudes après un voyage de trois ou quatre jours. Mes activités m’ont amené à devoir fréquenter à divers titres les responsables des services de sécurité civils et militaires syriens depuis la fin des années 70. J’ai pu constater qu’ils ne font ni dans la dentelle ni dans la poésie et se comportent avec une absolue sauvagerie. Ce n’est pas qu’ils ont une conception différente des droits de l’homme de la nôtre. C’est qu’ils n’ont aucune conception des droits de l’homme. Leur histoire explique en grande partie cette absence. D’abord, ils puisent leur manière d’être dans quatre siècles d’occupation par les Turcs ottomans, grands experts du pal, de l’écorchage à vif et du découpage raffiné. Ensuite, ils ont été créés sous la houlette des troupes coloniales françaises pendant le mandat de 1920 à 1943, et, dès l’indépendance du pays, conseillés techniquement par d’anciens nazis réfugiés, de 1945 jusqu’au milieu des années 50, et ensuite par des experts du KGB jusqu’en 1990. Tout ceci n’a guère contribué à développer chez eux le sens de la douceur, de la tolérance et du respect humain ».
(4) Chouet encore – Ibidem : « Quant au régime syrien lui-même, il ne fait aucun doute dans mon esprit que c’est un régime autoritaire, brutal et fermé. Mais le régime syrien n’est pas la dictature d’un homme seul, ni même d’une famille, comme l’étaient les régimes tunisien, égyptien, libyen ou irakien. Tout comme son père, Bashar el-Assad n’est que la partie visible d’un iceberg communautaire complexe et son éventuel départ ne changerait strictement rien à la réalité des rapports de pouvoir et de force dans le pays ». Corrigeons une erreur minime, en Irak il existait un Parlement fonctionnel, le Majlis, et surtout Saddam Hussein prenait ses décisions collégialement en tant que président du Conseil de commandement de la révolution organe suprême de cette architecture sociétale que constituait le Baas.
(5) AFP 29 juil. 2012 - Al-Watan. Les jihadistes à Alep, deuxième ville du pays, sont de différentes nationalités : tunisienne, afghane, koweitienne, tchétchène, Saoudienne, égyptienne et française…
(6) Un coup dur pour l’économie, les revenus et le panier de la ménagère.
(7) Irib News 31 juil. 2012 – Il s’agirait de deux destroyers le Quingb 133 et le Noauio 83 accompagnés du transporteur Waishqnhu avec une cargaison utile de 11.000 Tonnes.
(8) « US position on Syria directly endorses terrorism » Lavrov - 25 juil. 2012. http://www.rt.com/news/us-position-...
(9) cf. archives Le Monde
Alors que la France accède le 1er août à la présidence du Conseil de Sécurité avec l’intention bien arrêtée d’entraîner par ses manœuvres la chute du régime baasiste et laïc de Damas, il importe d’évoquer brièvement quels sont, sur le fond, les enjeux politiques de la nouvelle bataille qui fait actuellement rage dans les faubourgs d’Alep… l’une des plus anciennes villes de la planète dont l’existence remonte à quelque deux millénaires avant JC, connue alors sous le nom de Halab et dont le centre historique a été inscrit en 1986 au patrimoine mondial de l’humanité.

Au moment de prendre congé de nos lecteurs pour la trêve estivale de l’information il est aussi opportun qu’urgent de tracer quelques lignes supplémentaires utiles à comprendre les événements en cours, particulièrement en Syrie où se joue une partie du destin du vieux Continent, Europe et Russie.
Ce serait tout à fait à tort que l’on considérerait cette guerre du Levant comme quelque chose de lointain ne nous touchant que très indirectement ou pas du tout, renvoyant dos à dos forces loyalistes et rebelles comme d’autres naguère croyaient malin de le faire pour les Palestiniens et les Israéliens… déclarant superbement que ces conflits ne nous concernent pas et que les Sémites juifs ou musulmans n’avaient qu’à s’expliquer entre eux. Car, ce serait trop simple et trop beau s’il suffisait de faire preuve d’un peu de chauvinisme égotiste pour se tirer à bon compte de l’arène sanglante des règlements de comptes internationaux.
Raisonnement qui dénote en effet une courte vue s’arrêtant à la Ligne bleue des Vosges. Même au temps - bien révolu - où la France, l’Allemagne, l’Angleterre pouvaient encore prétendre être au centre du monde, la périphérie des empires étaient balisés de points chauds où s’actualisaient les rivalités et se vidaient les querelles. Aujourd’hui les intrications d’intérêts entre État sont telles - notamment dans un univers de sociétés composites où les minorités anciennes et récentes pèsent d’un poids grandissant tout en important leurs antagonismes et leur “différence“ sur leur terre d’accueil - qu’il est difficile et même impossible, voire suicidaire, de se déclarer indifférent, ou pire, de rester ignorant de réalités géopolitiques terriblement incidentes et dramatiquement contraignantes.
Le candidat Républicain aux prochaines élections présidentielles, Mitt Romney, ne vient-il pas de se rendre en Israël afin d’y quémander les voix de la communauté juive ? Les élections américaines se joueraient-elles donc davantage sur la terre de Canaan que dans le Middle West ? Notons qu’à contresens de la légalité internationale, le candidat Romney s’est cru obligé de trancher dans le vif une question en suspens depuis quarante-cinq ans et la guerre de Six Jours, à savoir le statut de Jérusalem… ceci en déclarant la Ville capitale éternelle de l’État hébreu ! C’est aller un peu vite en besogne et montrer la partialité insensée - sur cette question comme sur tant d’autres - qui anime la classe politique américaine toutes obédiences confondues. Autrement dit l’Amérique forte de sa « Destinée manifeste » 1 soumise à un régime présidentialiste par lequel le chef de l’État peut à sa convenance décider de la vie ou de la mort des hommes 2, c’est-à-dire de la guerre, de la paix, s’engage au côté de l’État sioniste - idéologie à ne pas confondre avec la défense stricto sensu des intérêts fondamentaux du peuple hébreu mais qui prétend les servir - dans tous ses errements et ses excès.
Il n’est pas vraiment nécessaire de s’éterniser sur ce sujet. Oui, notre sort à nous autres Métros – Français de Métropole – se joue un peu beaucoup à Damas et à Alep… Comme il s’est joué à Belgrade en 1999 et à Bagdad en 2003, quand les derniers « verrous nationaux » situés à l’immédiate périphérie européenne ont sauté les uns après les autres et que ces souverainetés défuntes ont rejoint le grand pandémonium de l’Ordo ab chaos, nom véritable des sociétés éclatées et segmentées à l’infini que promeut le Nouvel Ordre mondial.
Que l’on ne nous fasse pas dire cependant ce que nous ne disons pas : nous connaissons les vices et les misères de régimes autoritaires qui maintenaient - voire imposaient - une cohésion pacifiante à ces confédérations de peuples que sont les Nations… Qu’est d’autre la France qu’une confédération en perpétuelle intégration depuis quelque mille ans ? Avant d’être aujourd’hui en état de “décomposition“ avancée ! Rappelons que Nouméa était française avant Nice la Sarde et que l’Hexagonie a soudé – parfois dans la douleur – au moins cinq langues vernaculaires et autant, si ce n’est plus, de peuples à la personnalité bien trempée !
Mais pour paraphraser feu M. Marchais - ancien volontaire du STO et ex Secrétaire général du Parti communiste français – à propos de l’Union soviétique poststalinienne, le bilan de ces dictature, aussi répressives 3 aient-elles pu se montrer en maintes circonstances, reste « globalement positif ». Nous évoquons ici plus particulièrement les deux régimes bassistes frères ennemis d’Irak et de Syrie : la sécurité des personnes et des biens y étaient assurées, celle des communautés religieuses, la liberté de culte et de voyager à l’étranger sans restriction, l’enseignement et les soins pour tous ou à peu près, un ordre économique stable assurant une certaine prospérité partagée… surtout en Irak.
Notre propos n’est cependant pas de faire l’apologie de régimes - syrien en particulier - d’une réelle brutalité 4 - encore que la brutalité aussi condamnable soit-elle, apparaisse a posteriori comme bien préférable aux ravages de la guerre - mais de défendre les actuels principes régissant les relations internationales. Des principes juridiques acceptés et partagés par la Communauté des Nations, garants jusqu’à présent pour tous d’un fort bénéfique maintien du statu quo international. La remise en cause de ces principes – souveraineté et intangibilité des frontières, principes auxquel se substitue désormais le droit des minorités à disposer d’elles-mêmes et le droit d’ingérence – ainsi que notre association aux politiques mortifères conduites par les Anglo-américains ces deux dernières décennies, hypothèquent notre propre sécurité et de la pérennité de l’édifice national résistiblement édifié au fil des siècles.
L’on peut en effet changer - en le bouleversant ? - l’ordre international mais à condition de maîtriser quelque peu les conséquences de cette transformation. Ce qui ne semble pas être le cas pour nos apprentis sorciers qui n’en continuent pas moins - en dépit de résultats consternants en Somalie, Kossovo, Afghanistan, Irak, Libye et cætera - de jouer avec le feu ! Ne soyons cependant pas naïfs : si l’Armée américaine croit encore apporter la Démocratie et l’émancipation des femmes dans les pays conquis, les promoteurs de ces guerres, passées, présentes et futures, savent de quoi il retourne… Ils ne veulent ni ne cherchent le bonheur des peuples libérés, mais bel et bien la destruction des nations, et peu importe la casse humaine. Destruction des États qui contrarient la puissance régionale d’Israël, tête de pont de la Cité et de Manhattan, et ses ambitions d’expansion territoriales, cela afin d’ouvrir sur leurs ruines le grand bazar du supermarché mondialiste.
En cela la « Bataille d’Alep » nous concerne au premier chef et la Russie nous indique maintenant la position à adopter, celle d’une défense intransigeante de la légalité internationale garante des souveraines indépendances nationales.
Les « État forts » qui ont été engloutis dans le feu et la fureur des guerres soi-disant humanitairiennes, ont vu aussitôt resurgir les guerres intestines… Cela est vrai du Kosovo, de la Macédoine et dans les Balkans en général où les plaies de façon générale restent mal cicatrisées. Inutile d’insister sur le cas de l’Irak martyr toujours en proie à de dramatiques tensions inter communautaires, évidemment attisées de l’extérieur, notamment par l’Arabie saoudite et le Qatar, ces deux bons alliés de Washington et de Paris, hier Sarkozy, maintenant Hollande, tous également empressés à se faire consentir quelque avantage sonnant et trébuchant pour sauver ci ou ça de la faillite à peine rampante qui sévit en Hexagonie !
À quoi bon s’échiner finalement à démontrer ce qui saute aux yeux ? Ceux qui ne voudront pas se rendre à l’évidence ne le feront jamais. Tant pis ! Parce que, volens nolens, force est de constater nous sommes plongés jusqu’au coup, par les politiques de nos gouvernements fantoches, hier Fillon/Juppé, maintenant Ayrault/Fabius, bancs bonnets et bonnets blancs, dans des conflits de plus en plus graves, potentiellement de plus en plus lourds de compétence… qui vont à l’encontre de nos intérêts continentaux à long terme et nous arriment toujours plus étroitement à la nef folle de la trilogie maléfique Londres-Washington-Tel-Aviv.
Citons ici Alain Chouet, ancien haut fonctionnaire du Renseignement français [Institut des Hautes Études de la Défense nationale Nice 27 juin 2012] : Face à « ces minorités syriennes menacées [Alaouites, Chrétiens, Druzes] l’Occident, France en tête, n’a opposé que la condamnation sans appel et l’anathème parfois hystérique tout en provoquant partout – politiquement et parfois militairement – l’accession des intégristes islamistes au pouvoir et la suprématie des États théocratiques soutenant le salafisme politique… Prompt à condamner l’islamisme chez lui, l’Occident se retrouve à en encourager les manœuvres dans le monde arabe et musulman… La France, qui n’a pas hésité à engager toute sa force militaire pour éliminer Kadhafi au profit des djihadistes et à appeler la communauté internationale à en faire autant avec Bachar el-Assad, assiste, l’arme au pied, au dépeçage du Mali par des hordes criminelles qui se disent islamistes parce que leurs rivaux politiques ne le sont pas… À défaut de logique, la morale et la raison nous invitent tout de même à nous interroger sur la curieuse schizophrénie de nos politiques et nos médias. L’avenir dira si notre fascination infantile pour le néopopulisme[politiquement correct]véhiculé par Internet et si les investissements massifs du Qatar et de l’Arabie dans nos économies en crise valaient notre complaisance face à la montée d’une barbarie dont nous aurions tort de croire que nous sommes à l’abri ».
Aussi lucide et intellectuellement non conformiste soit-il, M. Chouet ne répond pas aux questions qu’il pose pourtant avec une pertinence certaine… et auxquelles nous devrions nous-mêmes réfléchir avec acuité afin de ne pas tomber tête baissé dans les panneaux qui nous sont généreusement présentés. Oui, pourquoi condamner ici, sur le territoire national, un islamisme que nous encourageons, soutenons, entraînons et armons en dehors, contre des États qui justement tiennent en lisière le radicalisme musulman dans son expression la plus fanatique ? Par pure sottise ? Par masochisme ? Par imbécillité congénitale ? Que nenni ! Apportons un élément de réponse : parce que les théocraties, sous habillage démocratique aux États-Unis et en Israël - mais n’est-ce pas du pareil au même n’est-ce pas ? wag the dog ! - s’entendent entre elles et poursuivent, à quelques nuances près, les mêmes objectifs. Buts convergents des Israélo-américains avec les Royaumes du Qatar et d’Arabie Saoudite : détruire le Chiisme honni, syrien, irakien et iranien, bahreïni pour les wahhabites, éliminer tout autre pôle de puissance régionale concurrente pour tous, et in fine se partager la manne pétrolière et gazière… La messe est dite !
Alep-Benghazi même combat
Ce sont dans les vieux pots que l’on fait la meilleure cuisine… Certaines ficelles - les plus grosses - sont d’ailleurs inusables, cela fait parti de l’art de la guerre et des recettes de la Mère Poulard. Il y a ainsi un peu plus d’un an et demi (mars 2011), la presse unanime hurlait au « bain de sang » à propos de Benghazi. Une menace tétanisante ayant permis le vote de la Résolution 1970, laquelle commença par parler de sanctions, puis avec la Résolution 1973 l’on passa aux choses sérieuses, celle-ci évoquant « toutes les mesures nécessaires à protéger les populations ».
On sait ce qui s’ensuivit, sous couvert d’empêcher un « bain de sang », France et Royaume-Uni, main dans la main, instituèrent une zone d’exclusion aérienne qui se transforma illico presto en tapis de bombes. Les forces spéciales qataries au sol associées à des djihadistes, à des combattants issus de tribus hostiles au pouvoir central, encadrés par l’ex 11e Choc [officiellement dissout le 31 déc. 1993] et les SAS britanniques, firent de la figuration intelligente sous la houlette de l’Otan. Aujourd’hui M. Juppé remet la table [RTL 30 juillet] en déclarant sa crainte de voir se perpétrer un nouveau massacre à Alep, la deuxième ville du pays : « C’est un martyr que subit le peuple syrien et le bourreau s’appelle Bachar al-Assad » !
La même opération suivant un scénario presque identique, est donc en train de s’enclencher dans une guerre – enfonçons le clou – qui n’a rien de « civile » ! Les Syriens de toute évidence sont contraints et forcés sous la menace, le chantage et le racket, de soutenir, d’approvisionner voire d’assister les troupes rebelles composées de tous les jeunes gens un peu allumés et passablement désœuvrés qui ont été racolés en Somalie, en Tchétchénie, en Afghanistan, au Koweït, en Algérie, en Tunisie et même en France1… Ce n’est pas nous qui le disons mais France Culture reprenant une dépêche AFP 5.
M. Juppé en personne convient enfin, pour sa part, à l’antenne de RTL - parce qu’il est certes désormais difficile de faire autrement - que les armes affluent en Syrie de toutes parts : « Il y a des armes qui leur sont livrées, d’après les informations qu’on a, à la fois par le Qatar, l’Arabie Saoudite, probablement d’autres... Mais pas nous »… l’on pourra admirer à sa juste valeur le « d’après les informations qu’on a » comme si ce Monsieur n’était que très vaguement informé par des échos, des rumeurs ou même par des bruits de couloirs. La tartufferie à ce niveau mérite des claques et peut-être un peu plus au vu des enjeux et des cadavres amoncelés en seize mois grâce à ce brillant philanthrope et à son plus encore surdoué prédécesseur !
M. François Hollande quant à lui, trop occupé à « refiscaliser les heures supplémentaires 6 » - AFP samedi 28 juil.2012 - avait profité d’une journée dans le Gers dévolue à « la défense du foie gras français » assortie d’un concert de jazz, pour lancer, alors qu’il visitait un élevage de volaille et de production de pâté de foie à Monlezun, un brûlant appel en faveur d’une intervention rapide du Conseil de sécurité des Nations Unies « afin d’éviter de nouveaux massacres » en Syrie : « Le rôle des pays du Conseil de sécurité des Nations Unies est d’intervenir le plus rapidement possible »… Derrière le bonhomme joufflu se cache un redoutable animal à sang froid… Nos stupides contemporains ne savent vraiment pas ce qu’ils ont fait en le lâchant, en toute liberté et pouvoir, dans notre malheureux pré-carré !
Or « puisque la France prend la présidence du Conseil de sécurité des Nations unies au 1er août, nous allons demander avant la fin de cette semaine la réunion du Conseil de sécurité, probablement au niveau ministériel à la fois pour essayer d’arrêter les massacres et pour préparer la transition politique » [Fabius RTL]. Ça pour la partie visible de l’Iceberg… gageons que les dirty tricks – les coups tordus – seront au rendez-vous. Néanmoins au lieu de faire monter la pression, la diplomatie « occidentale » ferait mieux de regarder d’un œil plus attentif les trois bâtiments chinois qui viennent apparemment de passer le Canal de Suez 7 en route vers les côtes syriennes où ils pourraient faire leur jonction avec les éléments de la marine de guerre Russe déjà sur place ou en approche.
Car le ton monte également à Moscou où les États-Unis commencent à être mezzo vocce, mais tout à fait publiquement désignés comme “État voyou“ - rogue state - cela notamment par le ministre des Affaires Étrangère, Sergueï Lavrov 8… lequel considère que la réaction de Washington à l’attentat du 19 juillet à Damas contre l’état-major sécuritaire constituait une justification non équivoque du terrorisme : « Si nos partenaires soutiennent des terroristes qui s’emparent de territoires, nous aimerions savoir quelle est exactement leur position sur la Syrie.Quel objectif poursuivent-ils dans ce pays ? »… Soulignant par ailleurs l’extrême partialité dont à fait preuve la « Communauté internationale » dans la gestion de la crise !
Quant à M. Kofi Annan « médiateur international pour la Syrie » [AFP 29 juil. 2012], il s’est montré inquiet en proportion de « la concentration de troupes et d’armes lourdes autour d’Alep » alors que le chef militaire rebelle à Alep, le colonel Abdel Jabbar al-Oqaidi - retour à la case Benghazi - appelait l’Occident à « instaurer une zone d’exclusion aérienne au-dessus du nord de la Syrie afin d’éviter un massacre »… Ce qui signifie en clair détruire tout ce qui de près ou de loin ressemble à un appareil volant… Mais cela ne serait pas un acte de guerre, tout juste un geste de prophylaxie destiné à éviter fraternellement aux commandants syriens de l’armée d’être traduits à la Haye devant un tribunal pénal ad hoc !
Notons au passage que le terme de massacre ne saurait s’appliquer qu’à des civils désarmés et non au 2, 3, 4 ou 5000 francs-tireurs et partisans retranchés dans quelques quartiers de la ville d’Alep encerclée par les forces régulières. Rappelons également que le Droit et coutumes de guerre, ainsi que les conventions de Genève disposent que les « combattants du champ de bataille », c’est-à-dire sans appartenance à une armée constituée peuvent être exécutés sur le champ, sans que cela relève d’un quelconque crime de guerre. En octobre 2001, M. Rumsfeld, alors Secrétaire à la Défense du président GW Bush, ne s’en est pas privé en Afghanistan, lui même ayant déclaré que l’armée américaine « n’avaient pas les moyens de faire de prisonniers » 9. Nul à l’époque n’avaient rien trouvé à y redire et encore moins à s’émouvoir !
Enfin, les bons amis dévoués de la Syrie qui siègent à Ankara opèrent actuellement une très forte concentration de troupes à sa frontière ouverte désormais sur le territoire syrien et par où s’écoulent à flot continu, armes, munitions et matériels lourds… Alors faut-il continuer à croire ce que nous serine la presse serve, qu’il s’agit d’une « révolte spontanée » ou bien croire ce que nous disent nos yeux et nos oreilles, qu’il s’agit d’une vraie guerre… Or qui parle de guerre véritable doit garder présent à l’esprit que le risque existe de nous voir, à tout moment, entraînés dans l’abîme ?
par camus http://www.agoravox.fr
Notes :
(1) La « vocation » hégémonique de l’Amérique-monde théocratique et parlementaire, n’est pas seulement matérielle ou matérialiste. Elle se nourrit également de diverses dimensions idéologiques et religieuses telles la « Destinée manifeste », doctrine apparue en 1845 au moment de l’annexion du Texas et en vertu de laquelle la Nation américaine a pour mission quasi divine de diffuser la démocratie et la civilisation, à cette époque et pour commencer, à l’Ouest du Mississipi. La colonisation du Continent est alors assimilée à une expansion de droit divin selon le publiciste John O’Sullivan : « C’est notre destinée manifeste de nous déployer sur le continent confié par la Providence pour le libre développement de notre grandissante multitude ».
(2) Le Président Obama aurait signé de sa main l’ordre d’exécution, dans le cadre d’assassinats extrajudiciaires, d’une trentaine d’individus jugés dangereux pour la sécurité nationale. Pratique assumée en Israël par le Premier ministre, ou indirectement par le Mossad de sa propre initiative.
(3) L’État syrien bassiste syrien est un empilement de Services de Renseignement et de Sécurité, système hérité à la fois de l’histoire récente d’un pays en état de belligérance – littéralement en guerre ouverte – sans discontinuer depuis 1948 avec l’État hébreu. Alain Chouet, ancien chef du service de renseignement de sécurité de la DGSE - Institut des Hautes Études de la Défense nationale, Nice 27 juin 2012 - qui a été en poste trois années durant à Damas nous donne une image assez crue de ce dispositif : « Je me rends régulièrement en Syrie depuis 45 ans et y ai résidé pendant plusieurs années. Je ne prétends pas connaître intimement ce pays mais je pense quand même mieux le connaître que certains de ces journalistes qui en reviennent pleins de certitudes après un voyage de trois ou quatre jours. Mes activités m’ont amené à devoir fréquenter à divers titres les responsables des services de sécurité civils et militaires syriens depuis la fin des années 70. J’ai pu constater qu’ils ne font ni dans la dentelle ni dans la poésie et se comportent avec une absolue sauvagerie. Ce n’est pas qu’ils ont une conception différente des droits de l’homme de la nôtre. C’est qu’ils n’ont aucune conception des droits de l’homme. Leur histoire explique en grande partie cette absence. D’abord, ils puisent leur manière d’être dans quatre siècles d’occupation par les Turcs ottomans, grands experts du pal, de l’écorchage à vif et du découpage raffiné. Ensuite, ils ont été créés sous la houlette des troupes coloniales françaises pendant le mandat de 1920 à 1943, et, dès l’indépendance du pays, conseillés techniquement par d’anciens nazis réfugiés, de 1945 jusqu’au milieu des années 50, et ensuite par des experts du KGB jusqu’en 1990. Tout ceci n’a guère contribué à développer chez eux le sens de la douceur, de la tolérance et du respect humain ».
(4) Chouet encore – Ibidem : « Quant au régime syrien lui-même, il ne fait aucun doute dans mon esprit que c’est un régime autoritaire, brutal et fermé. Mais le régime syrien n’est pas la dictature d’un homme seul, ni même d’une famille, comme l’étaient les régimes tunisien, égyptien, libyen ou irakien. Tout comme son père, Bashar el-Assad n’est que la partie visible d’un iceberg communautaire complexe et son éventuel départ ne changerait strictement rien à la réalité des rapports de pouvoir et de force dans le pays ». Corrigeons une erreur minime, en Irak il existait un Parlement fonctionnel, le Majlis, et surtout Saddam Hussein prenait ses décisions collégialement en tant que président du Conseil de commandement de la révolution organe suprême de cette architecture sociétale que constituait le Baas.
(5) AFP 29 juil. 2012 - Al-Watan. Les jihadistes à Alep, deuxième ville du pays, sont de différentes nationalités : tunisienne, afghane, koweitienne, tchétchène, Saoudienne, égyptienne et française…
(6) Un coup dur pour l’économie, les revenus et le panier de la ménagère.
(7) Irib News 31 juil. 2012 – Il s’agirait de deux destroyers le Quingb 133 et le Noauio 83 accompagnés du transporteur Waishqnhu avec une cargaison utile de 11.000 Tonnes.
(8) « US position on Syria directly endorses terrorism » Lavrov - 25 juil. 2012. http://www.rt.com/news/us-position-...
(9) cf. archives Le Monde
Re: Les preuves du complot contre la Syrie
Syrie : La Bataille d’Alep stratégiquement différente de celle de Damas, mais significativement identique !
http://www.mondialisation.ca/index.php? ... leId=32190
Les Russes ont une grande expérience (Tchétchénie) de guerre urbaine et sont sans doute très bons conseilleurs...
http://www.mondialisation.ca/index.php? ... leId=32190
Désormais, il est certain que la bataille d’Alep ne se conclura pas en faveur de « l’Axe agresseur de la Syrie » et ce, en dépit de tous les moyens réunis, de toutes les énergies mobilisées, et de tous les objectifs invoqués… Mais avant de passer en revue les principales raisons qui ont conduit à cette certitude, nous nous devons de rappeler l’extraordinaire violence de l’attaque menée contre ce pays !
Les Russes ont une grande expérience (Tchétchénie) de guerre urbaine et sont sans doute très bons conseilleurs...
"Condamner l'Immigration de Remplacement ( et ses conséquences) sans jamais dénoncer les Responsables de cette Immigration c'est faire preuve d'inintelligence et de lâcheté !"
Re: Les preuves du complot contre la Syrie
chris84 a écrit :Syrie : La Bataille d’Alep stratégiquement différente de celle de Damas, mais significativement identique !
http://www.mondialisation.ca/index.php? ... leId=32190Désormais, il est certain que la bataille d’Alep ne se conclura pas en faveur de « l’Axe agresseur de la Syrie » et ce, en dépit de tous les moyens réunis, de toutes les énergies mobilisées, et de tous les objectifs invoqués… Mais avant de passer en revue les principales raisons qui ont conduit à cette certitude, nous nous devons de rappeler l’extraordinaire violence de l’attaque menée contre ce pays !
Les Russes ont une grande expérience (Tchétchénie) de guerre urbaine et sont sans doute très bons conseilleurs...
En termes de moyens, nous savons que le « Haut commandement des agresseurs » a mobilisé plus de 12 000 combattants armés de diverses nationalités : des syriens certes, mais aussi des arabes musulmans venus de tous les horizons !
Je ne suis pas Islamophile mais je trouve qu'ils ont quand même bon dos les arabes-musulmans... Les termes "Apatrides-Islamistes" et "Idiots-Utiles", créés pour le NOM, auraient été plus justes. Ces gens ne sont rien d'autres que des marionnettes de l'Empire Atlanto-Sioniste !
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Re: Les preuves du complot contre la Syrie
Syrie : La CIA aide les rebelles
Le président américain Barack Obama a signé un document secret autorisant l'aide américaine aux rebelles syriens, qui tentent de renverser le régime de Bachar el-Assad, ont rapporté des chaînes de télévision américaines hier.
La directive était incluse dans une "conclusion" - un instrument permettant aux services secrets américains (CIA) d'agir clandestinement, ont affirmé NBC et CNN. Des représentants de la Maison Blanche ont refusé de commenter ces informations mais n'ont pas explicitement exclu l'idée que Washington apportait plus de soutien en termes de renseignement aux forces anti-Assad qu'il avait été précédemment admis officiellement.
Washington avait auparavant dit que les Etats-Unis offraient une assistance médicale et logistique aux rebelles syriens mais refusaient de fournir des armes, avertissant qu'il serait contre-productif d'"armer" davantage le conflit.
En juin, le New York Times révélait la présence en Turquie d'agents de la CIA, qui apporteraient un soutien logistique aux insurgés combattant le régime de Bachar el-Assad.
http://www.theatrum-belli.com
Le président américain Barack Obama a signé un document secret autorisant l'aide américaine aux rebelles syriens, qui tentent de renverser le régime de Bachar el-Assad, ont rapporté des chaînes de télévision américaines hier.
La directive était incluse dans une "conclusion" - un instrument permettant aux services secrets américains (CIA) d'agir clandestinement, ont affirmé NBC et CNN. Des représentants de la Maison Blanche ont refusé de commenter ces informations mais n'ont pas explicitement exclu l'idée que Washington apportait plus de soutien en termes de renseignement aux forces anti-Assad qu'il avait été précédemment admis officiellement.
Washington avait auparavant dit que les Etats-Unis offraient une assistance médicale et logistique aux rebelles syriens mais refusaient de fournir des armes, avertissant qu'il serait contre-productif d'"armer" davantage le conflit.
En juin, le New York Times révélait la présence en Turquie d'agents de la CIA, qui apporteraient un soutien logistique aux insurgés combattant le régime de Bachar el-Assad.
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Re: Les preuves du complot contre la Syrie
Syrie : Qu'allons-nous faire dans cette galère ?
La semaine dernière s’est tenue à Paris la réunion des « Amis du peuple syrien », à laquelle assistaient une centaine de représentants de pays occidentaux et arabes. La Russie et la Chine étaient évidemment absentes.
« Bachar Al-Assad doit partir. C'est ce que veut son peuple. C'est l'intérêt de la Syrie, de ses voisins, et de tous ceux qui veulent la paix dans la région », a déclaré François Hollande, à l'ouverture de la réunion. La France à l’évidence, souhaite pour Al-Assad le sort de Saddam Hussein et de Kadhafi.
Mais si Al-Assad tombe qui le remplacera ? Le Conseil National Syrien (CNS) est complètement discrédité, les différents courants de l'opposition n'arrivant pas à s'unir. La place prédominante faite aux Frères musulmans au sein du CNS par l’AKP turc et le Département d’État américain a fini par exaspérer à peu près tout le monde. La conférence a décidé d’accroitre massivement l’aide à l’opposition, c’est à dire aux combattants.
Persécution des Alaouites
Pour comprendre la situation en Syrie il faut savoir comment les Alaouites sont arrivés au pouvoir.
Les minorités de Syrie – en particulier, les Alaouites qui sont en possession des appareils de contrainte de l’État – sont des minorités inquiètes pour leur survie qu’elles défendront par la violence. Faire sortir le président syrien du jeu peut à la rigueur avoir une portée symbolique mais ne changera rien au problème. Ce n’est pas lui qui est visé, ce n’est pas lui qui est en cause, c’est l’ensemble de sa communauté qui se montrera encore plus violente et agressive si elle perd ses repères et ses chefs.
Reprenons le texte d’une conférence prononcée récemment par Alain Chouet, ancien chef du service de renseignement de sécurité de la DGSE, reconnu bien au-delà de l'Hexagone pour son expertise du monde arabo-musulman.
« Tout comme son père, Bashar el-Assad n’est que la partie visible d’un iceberg communautaire complexe et son éventuel départ ne changerait strictement rien à la réalité des rapports de pouvoir et de force dans le pays. Il y a derrière lui 2 millions d’Alaouites encore plus résolus que lui à se battre pour leur survie et plusieurs millions de minoritaires qui ont tout à perdre d’une mainmise islamiste sur le pouvoir.
Les Alaouites sont une communauté sociale et religieuse persécutée depuis plus de mille ans. Issus au 10ème siècle aux frontières de l’empire arabe et de l’empire byzantin d’une lointaine scission du chiisme, ils pratiquent une sorte de syncrétisme mystique compliqué entre des éléments du chiisme, des éléments de panthéisme hellénistique, de mazdéisme persan et de christianisme byzantin. Ils se désignent eux-mêmes sous le nom d’Alaouites – c’est à dire de partisans d'Ali, le gendre du prophète - quand ils veulent qu’on les prenne pour des Musulmans et sous le nom de Nosaïris – du nom de Ibn Nosaïr, le mystique chiite qui a fondé leur courant – quand ils veulent se distinguer des Musulmans. Et – de fait – ils sont aussi éloignés de l’Islam que peuvent l’être les chamanistes de Sibérie.
Les Alaouites sont considérés par l’Islam sunnite comme les pires des apostats. Cela leur a valu au 14 ème siècle une fatwa du jurisconsulte salafiste Ibn Taymiyya, l’ancêtre du wahhabisme actuel, prescrivant leur persécution systématique et leur génocide. Bien que Ibn Taymiyyah soit considéré comme un exégète non autorisé, sa fatwa n’a jamais été remise en cause et est toujours d’actualité, notamment chez les salafistes, les wahhabites et les Frères musulmans. Pourchassés et persécutés, les Alaouites ont dû se réfugier dans les montagnes côtières arides entre le Liban et l’actuelle Turquie tout en donnant à leurs croyances un côté hermétique et ésotérique, s’autorisant la dissimulation et le mensonge pour échapper à leurs tortionnaires ».
Les Alaouites accèdent au pouvoir
« Il leur a fallu attendre le milieu du 20ème siècle pour prendre leur revanche. Soumis aux occupations militaires étrangères depuis des siècles, les bourgeois musulmans sunnites de Syrie ont commis l’erreur classique des parvenus lors de l’indépendance de leur pays en 1943. Considérant que le métier des armes était peu rémunérateur et que l’institution militaire n’était qu’un médiocre instrument de promotion sociale, ils n’ont pas voulu y envoyer leurs fils. Résultat : ils ont laissé l’encadrement de l’armée de leur tout jeune pays aux pauvres, c’est à dire les minorités : Chrétiens, Ismaéliens, Druzes, Chiites et surtout Alaouites. Et quand vous donnez le contrôle des armes aux pauvres et aux persécutés, vous prenez le risque à peu près certain qu’ils s’en servent pour voler les riches et se venger d’eux. C’est bien ce qui s’est produit en Syrie à partir des années 60.
Dans les années 70, Hafez el-Assad, issu d’une des plus modestes familles de la communauté alaouite, devenu chef de l’armée de l’air puis ministre de la défense, s’est emparé du pouvoir par la force pour assurer la revanche et la protection de la minorité à laquelle sa famille appartient et des minorités alliées – Chrétiens et Druzes - qui l’ont assisté dans sa marche au pouvoir. Il s’est ensuite employé méthodiquement à assurer à ces minorités – et en particulier à la sienne - le contrôle de tous les leviers politiques, économiques et sociaux du pays selon des moyens et méthodes autoritaires.
Face à la montée du fondamentalisme qui progresse à la faveur de tous les bouleversements actuels du monde arabe, son successeur se retrouve comme les juifs en Israël, le dos à la mer avec le seul choix de vaincre ou mourir. Les Alaouites ont été rejoints dans leur résistance par les autres minorités religieuses de Syrie, Druzes, Chiites, Ismaéliens et surtout par les Chrétiens de toutes obédiences instruits du sort de leurs frères d’Irak et des Coptes d’Égypte. »
La résistance à la rébellion
« Alors, proposer aux Alaouites et aux autres minorités non arabes ou non sunnites de Syrie d’accepter des réformes qui amèneraient les islamistes salafistes au pouvoir revient très exactement à proposer aux Afro-américains de revenir au statu quo antérieur à la guerre de sécession. Ils se battront, et avec sauvagerie, contre une telle perspective ».
On a fini par reconnaître qu’il ne s’agissait pas de manifestants pacifiques sévèrement réprimés mais d’une guerre civile et que l’armée syrienne menait donc en fait des opérations de maintien de l’ordre comme nous le fîmes en Algérie.
L’armée dans son ensemble montre son loyalisme hormis certaines défections montées en épingle comme celle du général Manaf Tlass, un sunnite, qu’on peut supposer avoir été largement sollicitée. Il avait été écarté, il y a plus d'un an de ses responsabilités, car jugé peu fiable, toute sa famille se trouverait déjà à l'étranger. Il est le beau-frère d’Akram Ojjeh.
L’insurrection est loin d’être générale, les minorités en particulier, nombreuses en Syrie craignent l’arrivée au pouvoir des islamistes. En Syrie les différentes communautés vivaient en paix sans qu’il y eût de tension religieuse, musulmans et chrétiens cohabitaient en bonne intelligence souvent dans le même quartier.
L’information diffusée en Occident n’est absolument pas crédible. La source de référence est l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), en fait un rédacteur syrien exilé à Londres et une traductrice. « Cet organisme est devenu la source quasi unique de l’information sur le terrain, reprise in extenso par l’Agence France-Presse (AFP) et les médias français ». Il est financé par les médias panarabes et est un instrument de propagande favorable aux frères musulmans. C’est à lui qu’on doit le décompte des victimes et l’attribution des massacres, souvent fort improbable.
L’Arabie saoudite et le Qatar, via leurs chaînes de télévision par satellite, Al-Arabiya et Al-Jazira, diffusent aussi une information largement partisane.
L’Armée Syrienne Libre qui mène le combat contre l’armée syrienne, compterait à peu près 40 000 combattants dispersés à travers le pays, n’obéissant pas toujours à une chaine de commandement précise. On trouve de nombreux étrangers, des Libyens, des Libanais, des Qatari, des Saoudiens et même des Afghans, des Turcs et des Français. Nombreux sont les salafistes, les djihadistes et les membres d’Al Quaida. Ils ont vu leurs moyens renforcés par des fournitures d’armes venues du Qatar, d’Arabie Saoudite via le Liban et la Turquie.
Les sanctions contre la Syrie, le renforcement des moyens de l’ASL finiront peut être par venir à bout de Al-Assad. Par qui sera-t-il remplacé ? On ne peut guère croire qu’à une prise de pouvoir par les islamistes, les frères musulmans étant les mieux structurés. Qu’y gagnerons-nous ? La France n’a-t-elle pas d’autres affaires à régler que la situation en Syrie ?
« Que les monarchies réactionnaires défendent leurs intérêts et que les forces politiques fondamentalistes cherchent à s’emparer d’un pouvoir qu’elles guignent depuis près d’un siècle n’a rien de particulièrement surprenant. Plus étrange apparaît en revanche l’empressement des Occidentaux à favoriser partout les entreprises intégristes encore moins démocratiques que les dictatures auxquelles elles se substituent et à vouer aux gémonies ceux qui leur résistent.
Prompt à condamner l’islamisme chez lui, l’Occident se retrouve à en encourager les manœuvres dans le monde arabe et musulman. La France, qui n’a pas hésité à engager toute sa force militaire pour éliminer Kadhafi au profit des djihadistes et à appeler la communauté internationale à en faire autant avec Bashar el-Assad, assiste, l’arme au pied, au dépeçage du Mali par des hordes criminelles ».
François JOURDIER http://www.polemia.com/
Contre amiral (2S)
Magistro
18 juillet 2012
Les sous-titres sont de la rédaction
Voir aussi du même auteur : Information, désinformation http://dejudasatartuffelettresaumonde.hautetfort.com/
Le contre amiral Jourdier a été notamment Directeur du Centre d'Essais de la Méditerranée (1981-1986) et attaché à l’Inspection des Armements nucléaires (1978-1980).
Il est l’auteur de trois ouvrages : La désinformation et le journal Le Monde (2004) ; Indochine 1952-1954 - Les Luc Binh - Souvenirs d'un marin du fleuve (2008) ; De Judas à Tartuffe - Lettres au Monde (2009).
La semaine dernière s’est tenue à Paris la réunion des « Amis du peuple syrien », à laquelle assistaient une centaine de représentants de pays occidentaux et arabes. La Russie et la Chine étaient évidemment absentes.
« Bachar Al-Assad doit partir. C'est ce que veut son peuple. C'est l'intérêt de la Syrie, de ses voisins, et de tous ceux qui veulent la paix dans la région », a déclaré François Hollande, à l'ouverture de la réunion. La France à l’évidence, souhaite pour Al-Assad le sort de Saddam Hussein et de Kadhafi.
Mais si Al-Assad tombe qui le remplacera ? Le Conseil National Syrien (CNS) est complètement discrédité, les différents courants de l'opposition n'arrivant pas à s'unir. La place prédominante faite aux Frères musulmans au sein du CNS par l’AKP turc et le Département d’État américain a fini par exaspérer à peu près tout le monde. La conférence a décidé d’accroitre massivement l’aide à l’opposition, c’est à dire aux combattants.
Persécution des Alaouites
Pour comprendre la situation en Syrie il faut savoir comment les Alaouites sont arrivés au pouvoir.
Les minorités de Syrie – en particulier, les Alaouites qui sont en possession des appareils de contrainte de l’État – sont des minorités inquiètes pour leur survie qu’elles défendront par la violence. Faire sortir le président syrien du jeu peut à la rigueur avoir une portée symbolique mais ne changera rien au problème. Ce n’est pas lui qui est visé, ce n’est pas lui qui est en cause, c’est l’ensemble de sa communauté qui se montrera encore plus violente et agressive si elle perd ses repères et ses chefs.
Reprenons le texte d’une conférence prononcée récemment par Alain Chouet, ancien chef du service de renseignement de sécurité de la DGSE, reconnu bien au-delà de l'Hexagone pour son expertise du monde arabo-musulman.
« Tout comme son père, Bashar el-Assad n’est que la partie visible d’un iceberg communautaire complexe et son éventuel départ ne changerait strictement rien à la réalité des rapports de pouvoir et de force dans le pays. Il y a derrière lui 2 millions d’Alaouites encore plus résolus que lui à se battre pour leur survie et plusieurs millions de minoritaires qui ont tout à perdre d’une mainmise islamiste sur le pouvoir.
Les Alaouites sont une communauté sociale et religieuse persécutée depuis plus de mille ans. Issus au 10ème siècle aux frontières de l’empire arabe et de l’empire byzantin d’une lointaine scission du chiisme, ils pratiquent une sorte de syncrétisme mystique compliqué entre des éléments du chiisme, des éléments de panthéisme hellénistique, de mazdéisme persan et de christianisme byzantin. Ils se désignent eux-mêmes sous le nom d’Alaouites – c’est à dire de partisans d'Ali, le gendre du prophète - quand ils veulent qu’on les prenne pour des Musulmans et sous le nom de Nosaïris – du nom de Ibn Nosaïr, le mystique chiite qui a fondé leur courant – quand ils veulent se distinguer des Musulmans. Et – de fait – ils sont aussi éloignés de l’Islam que peuvent l’être les chamanistes de Sibérie.
Les Alaouites sont considérés par l’Islam sunnite comme les pires des apostats. Cela leur a valu au 14 ème siècle une fatwa du jurisconsulte salafiste Ibn Taymiyya, l’ancêtre du wahhabisme actuel, prescrivant leur persécution systématique et leur génocide. Bien que Ibn Taymiyyah soit considéré comme un exégète non autorisé, sa fatwa n’a jamais été remise en cause et est toujours d’actualité, notamment chez les salafistes, les wahhabites et les Frères musulmans. Pourchassés et persécutés, les Alaouites ont dû se réfugier dans les montagnes côtières arides entre le Liban et l’actuelle Turquie tout en donnant à leurs croyances un côté hermétique et ésotérique, s’autorisant la dissimulation et le mensonge pour échapper à leurs tortionnaires ».
Les Alaouites accèdent au pouvoir
« Il leur a fallu attendre le milieu du 20ème siècle pour prendre leur revanche. Soumis aux occupations militaires étrangères depuis des siècles, les bourgeois musulmans sunnites de Syrie ont commis l’erreur classique des parvenus lors de l’indépendance de leur pays en 1943. Considérant que le métier des armes était peu rémunérateur et que l’institution militaire n’était qu’un médiocre instrument de promotion sociale, ils n’ont pas voulu y envoyer leurs fils. Résultat : ils ont laissé l’encadrement de l’armée de leur tout jeune pays aux pauvres, c’est à dire les minorités : Chrétiens, Ismaéliens, Druzes, Chiites et surtout Alaouites. Et quand vous donnez le contrôle des armes aux pauvres et aux persécutés, vous prenez le risque à peu près certain qu’ils s’en servent pour voler les riches et se venger d’eux. C’est bien ce qui s’est produit en Syrie à partir des années 60.
Dans les années 70, Hafez el-Assad, issu d’une des plus modestes familles de la communauté alaouite, devenu chef de l’armée de l’air puis ministre de la défense, s’est emparé du pouvoir par la force pour assurer la revanche et la protection de la minorité à laquelle sa famille appartient et des minorités alliées – Chrétiens et Druzes - qui l’ont assisté dans sa marche au pouvoir. Il s’est ensuite employé méthodiquement à assurer à ces minorités – et en particulier à la sienne - le contrôle de tous les leviers politiques, économiques et sociaux du pays selon des moyens et méthodes autoritaires.
Face à la montée du fondamentalisme qui progresse à la faveur de tous les bouleversements actuels du monde arabe, son successeur se retrouve comme les juifs en Israël, le dos à la mer avec le seul choix de vaincre ou mourir. Les Alaouites ont été rejoints dans leur résistance par les autres minorités religieuses de Syrie, Druzes, Chiites, Ismaéliens et surtout par les Chrétiens de toutes obédiences instruits du sort de leurs frères d’Irak et des Coptes d’Égypte. »
La résistance à la rébellion
« Alors, proposer aux Alaouites et aux autres minorités non arabes ou non sunnites de Syrie d’accepter des réformes qui amèneraient les islamistes salafistes au pouvoir revient très exactement à proposer aux Afro-américains de revenir au statu quo antérieur à la guerre de sécession. Ils se battront, et avec sauvagerie, contre une telle perspective ».
On a fini par reconnaître qu’il ne s’agissait pas de manifestants pacifiques sévèrement réprimés mais d’une guerre civile et que l’armée syrienne menait donc en fait des opérations de maintien de l’ordre comme nous le fîmes en Algérie.
L’armée dans son ensemble montre son loyalisme hormis certaines défections montées en épingle comme celle du général Manaf Tlass, un sunnite, qu’on peut supposer avoir été largement sollicitée. Il avait été écarté, il y a plus d'un an de ses responsabilités, car jugé peu fiable, toute sa famille se trouverait déjà à l'étranger. Il est le beau-frère d’Akram Ojjeh.
L’insurrection est loin d’être générale, les minorités en particulier, nombreuses en Syrie craignent l’arrivée au pouvoir des islamistes. En Syrie les différentes communautés vivaient en paix sans qu’il y eût de tension religieuse, musulmans et chrétiens cohabitaient en bonne intelligence souvent dans le même quartier.
L’information diffusée en Occident n’est absolument pas crédible. La source de référence est l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), en fait un rédacteur syrien exilé à Londres et une traductrice. « Cet organisme est devenu la source quasi unique de l’information sur le terrain, reprise in extenso par l’Agence France-Presse (AFP) et les médias français ». Il est financé par les médias panarabes et est un instrument de propagande favorable aux frères musulmans. C’est à lui qu’on doit le décompte des victimes et l’attribution des massacres, souvent fort improbable.
L’Arabie saoudite et le Qatar, via leurs chaînes de télévision par satellite, Al-Arabiya et Al-Jazira, diffusent aussi une information largement partisane.
L’Armée Syrienne Libre qui mène le combat contre l’armée syrienne, compterait à peu près 40 000 combattants dispersés à travers le pays, n’obéissant pas toujours à une chaine de commandement précise. On trouve de nombreux étrangers, des Libyens, des Libanais, des Qatari, des Saoudiens et même des Afghans, des Turcs et des Français. Nombreux sont les salafistes, les djihadistes et les membres d’Al Quaida. Ils ont vu leurs moyens renforcés par des fournitures d’armes venues du Qatar, d’Arabie Saoudite via le Liban et la Turquie.
Les sanctions contre la Syrie, le renforcement des moyens de l’ASL finiront peut être par venir à bout de Al-Assad. Par qui sera-t-il remplacé ? On ne peut guère croire qu’à une prise de pouvoir par les islamistes, les frères musulmans étant les mieux structurés. Qu’y gagnerons-nous ? La France n’a-t-elle pas d’autres affaires à régler que la situation en Syrie ?
« Que les monarchies réactionnaires défendent leurs intérêts et que les forces politiques fondamentalistes cherchent à s’emparer d’un pouvoir qu’elles guignent depuis près d’un siècle n’a rien de particulièrement surprenant. Plus étrange apparaît en revanche l’empressement des Occidentaux à favoriser partout les entreprises intégristes encore moins démocratiques que les dictatures auxquelles elles se substituent et à vouer aux gémonies ceux qui leur résistent.
Prompt à condamner l’islamisme chez lui, l’Occident se retrouve à en encourager les manœuvres dans le monde arabe et musulman. La France, qui n’a pas hésité à engager toute sa force militaire pour éliminer Kadhafi au profit des djihadistes et à appeler la communauté internationale à en faire autant avec Bashar el-Assad, assiste, l’arme au pied, au dépeçage du Mali par des hordes criminelles ».
François JOURDIER http://www.polemia.com/
Contre amiral (2S)
Magistro
18 juillet 2012
Les sous-titres sont de la rédaction
Voir aussi du même auteur : Information, désinformation http://dejudasatartuffelettresaumonde.hautetfort.com/
Le contre amiral Jourdier a été notamment Directeur du Centre d'Essais de la Méditerranée (1981-1986) et attaché à l’Inspection des Armements nucléaires (1978-1980).
Il est l’auteur de trois ouvrages : La désinformation et le journal Le Monde (2004) ; Indochine 1952-1954 - Les Luc Binh - Souvenirs d'un marin du fleuve (2008) ; De Judas à Tartuffe - Lettres au Monde (2009).
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