Les dérisoires batailles de l’Occident en faillite

Tout ce qui concerne les rivalités de pouvoirs ou d'influence sur des territoires et les populations qui y vivent.
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Pat
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Les dérisoires batailles de l’Occident en faillite

Messagepar Pat » 06/09/2011 - 21:05

Les dérisoires batailles de l’Occident en faillite

Jamais les guerres de l'Occident, sur les fronts irakien, afghan, libyen et sur tous les théâtres affiliés où les tensions sont très vives et où des combats de plus ou moins basse intensité se poursuivent sans relâche (Pakistan, Kosovo, Syrie, Liban, Palestine, Soudan, Côte d'Ivoire, Somalie…) ne sont apparues aussi vaines, coûteuses et dangereuses à la fois sans que leurs principaux responsables n'en tirent la conclusion la plus sensée.

“Il faut savoir terminer une guerre” disait récemment en Afghanistan le président Sarkozy, l'un des principaux va-t-en-guerre de la coalition occidentale avec ses collègues Obama et Cameron, acculé par une opinion hostile et la perspective d'élections difficiles. Cette rhétorique du retrait ne fait que s'aligner sur celle des Anglo-saxons et de leurs alliés européens —notamment Allemands, Italiens et Espagnols— face au bilan clairement négatif sous tous rapports des opérations en cours. Mais le retrait annoncé en Afghanistan est lointain et partiel : 2013 pour une première tranche, fin 2014 pour le reste (hormis les services spéciaux, dont on ne parle pas, et les sociétés de mercenaires privées, redoutables armées parallèles non incluses dans le compte des troupes d'occupation). En outre, ce retrait ne devrait s'accomplir que si les régimes fantoches mis en place par les occupants occidentaux sont capables de prendre le relais et sans renoncer à les épauler par des interventions extérieures ou à partir des bases demeurées sur place pour ” encadrer et protéger ” les indigènes au cas où ils se révèleraient incapables de faire régner l'ordre par eux-mêmes. En clair, cela veut dire qu'on ne renonce pas à atteindre, avec des moyens moins coûteux, des objectifs qui n'ont pas été atteints au bout de moult années avec la plus grande armada jamais rassemblée depuis la deuxième guerre mondiale…

Quels sont ces objectifs ? Derrière le bla-bla des droits de l'homme, de l'humanitaire, de la libération des femmes, etc., il s'agit en fait d'éliminer une administration, une économie et des traditions locales jugées rétrogrades, c'est-à-dire incompatibles avec les “valeurs” occidentales, voire terroristes, “islamo-fascistes” ou “hitlériennes”, et de les remplacer par une démocratie à l'occidentale et, surtout, par un régime économique libéral favorisant l'implantation des multinationales habilitées à exploiter les ressources du cru ” pour le plus grand avantage de la population “. Dans la pratique, que l'on prenne la Bosnie, le Kosovo, l'Irak ou l'Afghanistan où les résultats sont palpables depuis des années, ce qui s'instaure en fait, sous la houlette des nouveaux maîtres, est une série de régimes corrompus et violents sans légitimité véritable aux yeux des peuples concernés mais soumis aux dictats de leurs ” protecteurs ” occidentaux. Non seulement les États qui ont osé résister au rouleau compresseur occidental ont été attaqués, détruits, pillés et occupés, mais ils ont été divisés contre eux-mêmes de façon à ne plus pouvoir recouvrer le statut de puissance moyenne qui était le leur avant l'agression occidentale. C'est le cas de la Serbie, contre laquelle on a redécoupé sa province Bosniaque et à laquelle on a arraché le territoire historique du Kosovo. C'est le cas de l'Irak dépecé et partagé entre chiites, sunnites et Kurdes, mais aussi du Soudan auquel on arrache sa partie sud, riche en hydrocarbures*1 avant de lui enlever, éventuellement, le Darfour, et maintenant de la Libye qu'on tente de diviser en deux ou trois pays dont les tribus promettent de se faire une guerre interminable que les US-occidentaux se feront un plaisir d'arbitrer, monnayant leurs services en nature, par exemple en s'appropriant quelques parcelles des États débiteurs pour y construire de gigantesques bases (Kosovo, Bahrein, Kirghizistan, Japon, Europe…) ou “ambassades” (Bagdad), et en captant les ressources locales d'énergies fossiles et autres minerais (Afghanistan, Irak, Soudan, Côte d'Ivoire, Libye…) pour leur propre usage et surtout pour en limiter l'accès aux puissances rivales, notamment la Chine qui a investi, entre autres, dans l'exploitation et l'acheminement des hydrocarbures du Soudan, de la Libye et de l'Iran, indispensables à sa forte croissance.

Cet Occident qui se gargarise quotidiennement aux ” valeurs “, aux droits de l'homme et à la démocratie, ne se gêne guère pour bafouer la souveraineté des États qui ne représentent aucune menace de rétorsion sérieuse pour lui. Il multiplie les victimes civiles, qu'il prétend venir protéger, à coup de Smart Bombes qui font de terribles dégâts en explosant, et longtemps après, lorsqu'elles contiennent de l'uranium appauvri, voire des sous-munitions…*2

Bien entendu, cet interventionnisme tous-azimuts est très coûteux. Pour la seule France en Libye, on parlait de 160 millions d'euros à la mi-juillet, soit un quart du budget alloué cette année aux engagements extérieurs, et à raison d'un million deux cent mille euros par jour, la facture ne cesse de grimper.

Le plus étonnant est de constater l'apparente unité de façade des parlementaires européens à quelques exceptions près, lorsque le pouvoir les interroge (constitution oblige), en faveur d'une poursuite des opérations, même quand celles-ci s'avèrent inefficaces au bout de 4 mois. En France, non seulement les deux grands partis d'alternance “UMPS”, se sont alignés sur le va-t-en-guerre en chef, mais les écologistes se sont prononcés aussi pour la poursuite des bombardements : Plus de 10 000 sorties, des milliers de tonnes d'explosifs, des milliers d'innocents tués ou blessés, de l'uranium appauvri polluant les sols pour les siècles des siècles… Qui peut encore voter pour ces écolo-bellicistes en peau de mouton ?!*3 Seuls, parmi les partis institutionnels, les communistes se sont opposés à ce blanc-seing accordé à ceux qui ont engagé et prolongé des conflits sans lien évident avec l'intérêt supérieur de la nation —à ceux qui sont donc les véritables fauteurs de guerre. Dont acte pour cette lucidité courageuse dont le PC avait déjà fait preuve au moment des bombardements massifs d'Israël sur Gaza (décembre 2008-janvier 2009).

Par contraste avec l'alignement quasi-consensuel d'une caste politico-médiatique aux ordres d'un gouvernement qui abuse clairement de ses responsabilités, l'opinion publique des nations participantes, pourtant volatile et facilement sujette aux manipulations, reste sceptique, voire carrément opposée (pour l'Afghanistan) à l'aventurisme sanglant de ses dirigeants (voir sondage de juillet à propos de la Libye). Mais le plus inquiétant est de constater que ce rejet populaire peut être ignoré par les décideurs sans conséquences significatives sur les décisions prises ou même sur la cote de popularité des responsables.

Marginalisation de l'esprit critique

Hormis dans les quelques cercles identifiés depuis longtemps pour leur anti-conformisme, aucune voix forte et virile ne s'élève pour questionner les bombardements quotidiens, leur coût, leurs victimes, leur efficacité, leur utilité pour la géopolitique française et européenne dans le bassin méditerranéen… Selon le code non-écrit de la guerre propre avec ses batailles zéro-mort, tant que les pertes de votre camp restent faibles, et surtout peu visibles, et tant que les massacres de civils de l'autre côté sont excusés par la surlégitimation de votre “juste cause” (on ne fait pas d'omelettes sans casser d'œufs), il n'y a pas à s'inquiéter. Kadhafi, quelle que soit l'appréciation que l'on puisse objectivement porter sur lui, a été suffisamment “benladenisé”, “hitlerisé” pour que la volonté délirante et tout à fait injustifiable de l'éliminer apparue au sein de la fine équipe Sarko-Juppé-Longuet suffise pour motiver une aventure militaire aussi absurde, coûteuse et dangereuse que celle-ci. Déjà loin est l'époque où un ministre de la Défense, en 1991, démissionnait pour signifier son désaccord avec l'implication de la France dans la coalition menée par Washington pour attaquer l'Irak; lointaine aussi cette année 2003, lorsque le président français et le chancelier allemand osèrent s'opposer ouvertement à l'invasion de l'Irak décrétée par Washington.

Plus réjouissant encore pour les hommes d'État, petit format, qui tiennent les destinées de l'Europe et de ses “alliés” entre leurs mains, le constat que la critique vigoureuse et pertinente qui leur est adressée par de courageux outsiders du pouvoir intellocratique comme le grand avocat Jacques Vergès, l'ancien ministres des affaires étrangères Roland Dumas, l'économiste états-unien Paul Craig Roberts ou même par l'ex-directeur de l'école française de guerre, le général Vincent Desportes, fraîchement mis à la retraite pour avoir rompu le silence obligatoire, peut être ignorée indéfiniment comme les aboiements de quelques chiens au passage des bombardiers. Face à l'ignominie de notre basse époque, aucun “j'accuse !” n'a de poids. Face au choc des propagandes qui entretiennent le cercle vicieux de la guerre à répétition, les jugements critiques les plus pertinents, tels ceux que nous résumons ci-dessous, passent inaperçus :

—<< Sur le fond, le député de la Manche note que la réintégration de la France dans le commandement de l'OTAN ne s'est pas traduite, comme le promettait pourtant l'Élysée, par une relance de la défense européenne. Bien au contraire, poursuit Bernard Cazeneuve, “ aucune autre intervention n'a été à ce point otanisée ” >> *4

—<< Les Afghans se plaignent des raids des forces spéciales… Les villageois ont plus peur des Américains que des talibans. >> *5

—<< Brutalement, on s'est aperçu que l'effacement du politique derrière le technique conduit à l'impasse […] L'Irak, l'Afghanistan, sont bien des preuves de l'impuissance finale de la trop grande puissance théorique des États-Unis […] Mais le constat est là : l'Europe mène sa guerre la plus longue qu'elle ait jamais menée; elle le fait avec des effectifs très importants. Et elle n'existe pas. Cela donne une résonance nouvelle aux propos du ministre de la Défense, Hervé Morin, qui affirmait fin octobre : “ L'Europe est devenue un protectorat des États-Unis”. Il est temps que l'Europe se prenne en main. >> ( Général Vincent Desportes*6 )

—<< Sur les malheurs du peuple libyen, la France a cherché à se refaire une virginité politique. Elle a fait du théâtre libyen une kermesse, distribuant des satisfactions d'amour propre aux principautés pétrolières en compensation des gracieusetés dont elle a bénéficié de leur part. Sous son parrainage, l'aviation d'Abu Dhabi a procédé en Libye à des exercices délocalisés en contrepartie des facilités militaires qu'elle a offertes à la France par l'octroi d'une base aéronavale face à l'Iran. >>*7

—<< Le résultat final sera que la Libye va se transformer en ce que les États-Unis et l’Europe de l’Ouest voulaient qu’elle soit depuis la fin de la seconde guerre mondiale en 1945. Leur objectif est de faire de la Libye un pays divisé. Ils sont experts en cela. Ce sont des experts à dresser les gens les uns contre les autres et à détruire des nations.

Ils ont divisé les Arabes qui devraient n’être qu’une seule nation. Ils ont contribué à diviser le peuple de l’Inde. Ils ont divisé les Slaves du sud dans les Balkans. Ils ont divisé les peuples de l’Asie du Sud-est. Ils ont travaillé à diviser l’île de Taiwan de la Chine continentale. Ils ont œuvré pour que l’Ukraine se batte contre la Russie. Avec Israël et l’Arabie Saoudite, ils ont divisé politiquement les Palestiniens et les Libanais. Maintenant les États-Unis et l’UE ont l’intention de diviser davantage les Arabes, et de créer aussi des divisions dans les pays d’Afrique et d’Amérique du Sud. Et ils continuent à diviser les musulmans en les identifiant comme chiites ou sunnites. Ils continuent aussi à travailler d’arrache-pied pour diviser la Russie, l’Iran et la Chine. […]

Le président Obama, le premier ministre Cameron, le président Sarkozy se cachent tous derrière le paravent de l’OTAN ; parce que l’OTAN est une organisation internationale qui échappe à toute forme de responsabilité politique. Il n’existe aucune circonscription d’électeurs vis-à-vis desquels l’OTAN doive rendre des comptes. Les États-Unis et la Grande-Bretagne peuvent bombarder la Libye pendant des mois et clamer que tout cela est dans les mains de l’OTAN, que l’OTAN est en charge de la guerre. >> *8

—<< En définitive, le peuple libyen a parlé. Pour lui, l’OTAN n’est pas venu le protéger, mais conquérir le pays. C’est Kadhafi qui le protège face à l’agression occidentale.

Dans ces conditions l’OTAN n’a plus de stratégie. Pas de « Plan B ». Rien. Les défections côté Conseil national de transition sont si nombreuses que, selon la plupart des experts, les « forces rebelles » ne comprennent plus qu’entre 800 et 1 000 combattants, certes surarmés par l’Alliance, mais incapables de jouer un rôle significatif sans soutien populaire. Il est probable que les commandos des forces spéciales déployés au sol par l’OTAN sont plus nombreux que les combattants libyens qu’ils encadrent.

Le retrait italien et les déclarations du ministre français de la Défense ne sont pas surprenantes. Malgré sa puissance de feu sans équivalent dans l’Histoire, l’armada de l’OTAN a perdu cette guerre. Non pas bien sûr au plan militaire, mais parce qu’elle a oublié que « la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens » et qu’elle s’est trompée politiquement. >> *9

—<< On utilise les Français en Afrique, on utilise les Britanniques en Afghanistan, ce sont des pantins. Ces pays ne sont pas indépendants. Sarkozy ne rend pas de comptes au peuple français — il rend des comptes à Washington. Ce sont des dirigeants fantoches d'un Empire, ils n'ont rien à voir avec leurs peuples qui les ont élus. La Grande-Bretagne, la France, l'Italie, l'Allemagne, sont des États pantins des Américains, tous appartiennent à l'empire américain. Donc ils font ce qu'on leur dit de faire. On a des troupes stationnées en Allemagne depuis 1945. Les Américains ont des bases militaires en Italie — est-ce un pays indépendant ? La France était d'une certaine façon indépendante jusqu'à ce que Sarkozy ait été placé au pouvoir. >> *10

Banalisation de la guerre en temps de paix

” Les Français sont des veaux ” regrettait naguère un général-président qui, à sa façon, savait, comme beaucoup d'autres, les conduire à la boucherie. Du moins, sous son règne, aucun boucher étranger n'eut l'ignoble privilège de conduire des veaux made in France à l'abattoir !

Autre différence entre les dernières guerres coloniales et les conflits de conquête et annihilation d'aujourd'hui : la boucherie est acceptée par les opinions publiques à condition qu'elle se produise essentiellement dans le camp d'en face. C'est ce qu'on nomme l'impératif “zéro-mort”. Depuis bientôt 5 mois que nos rafales et nos hélicoptères de combat bombardent massivement et mitraillent les objectifs “ennemis” en Libye et que —secret de polichinelle— nos forces spéciales encadrent les rebelles au sol, a-t-on mentionné une seule perte, une seule blessure dans nos rangs ? On ne saura probablement jamais la proportion de vérité dans ce jeu qui consiste à masquer autant que possible ses propres pertes, surtout lorsqu'il s'agit de forces spéciales, professionnelles (mercenaires), sous ” secret-défense ” et fantomatiques par définition. Par contre, on peut voir sur Internet de nombreux films et photos émanant des hôpitaux de Tripoli entre autres—dont les rebelles sont encore loin— montrant l'efficacité, ciblée ou “collatérale”, des frappes sur les populations civiles que les troupes de l'OTAN sont censées venir protéger !

En fait, la Smart Guerre cherche essentiellement à protéger les combattants des traumatismes physiques et psychologiques liés à leurs tueries, et, à l'arrière, à protéger les opinions publiques du choc moral causé par les images de dévastations et de victimes des guerres de conquête, ou des simples opérations de police occidentales. Le principe fonctionnait déjà avec les bombardements atomiques d'Hiroshima et Nagasaki, où, du point de vue de l'assaillant, le ratio pertes infligées/pertes subies était idéal, quel qu'en fût le coût humain dans le camp ennemi. Si l'on ajoute le dommage psychologique (facteur de poids dans la décision de reddition du Japon, par exemple), la Smart Guerre, fondée sur la supériorité technologique occidentale, est apparemment gagnante sur tous les tableaux.

Mais cette victoire n'est qu'une illusion, comme l'ont montré les guerres coloniales d'Indochine-Vietnam et d'Algérie, et, plus récemment, les guerres d'Irak et d'Afghanistan, la réponse asymétrique, celle de la guérilla, lorsqu'elle s'appuie sur une résistance populaire, est irrésistible. Ce n'est qu'après la prise de Kaboul et de Bagdad au bout d'une avancée fulgurante de quelques semaines, que la vraie bataille a commencé, bataille que la plus forte armée du monde a ostensiblement perdu, mais elle ne s'en est rendu compte qu'au bout de plusieurs années, après avoir décimé les indigènes et subi de lourdes pertes humaines, matérielles et morales. Les batailles en cours en Libye mais aussi en Palestine, où tout un peuple est humilié quotidiennement par ses oppresseurs, ne peuvent échapper à cette riposte du terrorisme politique (appelons-le ainsi pour faire court, en laissant de côté les connotations idéologiques du mot), seule à même de trouver, d'exploiter les failles de l'invincibilité technologique, et de la vaincre à l'usure.

Des voix autorisées se sont pourtant élevées à plusieurs reprises pour avertir qu'il serait futile de croire que les hostilités cesseraient dès qu'on aurait abattu “l'incarnation du mal” destinée à la propagande électorale (Ben Laden, Saddam Hussein, Ahmadinejad, Kadhafi…), alors qu'en réalité, elles ne feraient que débuter vraiment, ou empirer ce jour-là pour la bonne raison que la guerre ne résout rien par elle-même parce qu'elle n'est que l'instrument éventuel —et pas le seul, il s'en faut— d'une solution politique… En les ignorant, les responsables politiques se sont préparés d'amers lendemains.

Qu'en est-il aujourd'hui ? Récemment, le plus haut gradé américain, l’amiral Michael Mullen, a estimé que l’OTAN est actuellement dans une « impasse » en Libye, tout en se montrant optimiste sur le « long terme » —sans donner la raison de cet optimisme, car il ne l'a pas… De même, le ministre français de la défense, Gérard Longuet, s'est montré sur la défensive en répondant à la question de savoir si la guerre s'installait dans la durée :

<< Je ne suis pas ministre des Affaires étrangères, je ne gère pas la solution politique du conflit libyen. Ce que je sais en revanche, en tant que ministre de la Défense, c’est qu’à aucun moment, la contrainte militaire ne doit empêcher nos diplomates et nos politiques de rechercher une solution politique. Si Kadhafi a le moindre sentiment que le temps joue pour lui, il usera de cette carte à fond. […] Nous affichons notre capacité à durer. Nous nous inscrivons dans la durée et par ce biais, nous facilitons une solution négociée. >>*11

(L'Esprit Européen : on savourera 1) le désir proclamé de solution négociée alors qu'on poursuit les bombardements sans relâche, et 2) la capacité à durer comme étant d'abord un “affichage” ).

Jamais la faiblesse militaire et politique des États-Unis et de leurs alliés, sur tous les fronts, n'est apparue de manière aussi ostensible. Partout, ils battent en retraite. Leur crédibilité s'effrite, leurs appuis s'effondrent, leurs ressources s'épuisent, leurs alliances se divisent… L'énorme machine de guerre qu'est l'OTAN, malgré le déploiement d'une impressionnante artillerie sur mer et dans les airs, appuyée par des auxiliaires qu'elle approvisionne en armes au sol, est tenue en échec par une petite armée du Tiers-monde, sans aviation ni marine significatives. En Libye, comme en Irak et en Afghanistan, on découvre tardivement qu'un marteau ne permet pas d'écraser un moustique. L'un après l'autre, les alliés de la Sainte cause des droits de l'homme, Allemagne, Norvège, Italie, Espagne… font défection. Et ceux qui sont encore dans le marigot ne savent plus comment faire pour en sortir sans perdre la face. Tout autour, par contre, la révolte gronde. Les révolutions arabes, qui n'en sont qu'à leur début, malgré les tentatives de récupération étasuniennes, tentent de reconstruire une résistance populaire à la domination “usraélienne” du Moyen-Orient en évinçant les pouvoirs corrompus et collaborateurs qui ont aliéné leur souveraineté depuis plusieurs décennies. On a naguère critiqué à juste titre une ministre française de l'intérieur qui avait proposé l'appui de ses services de police au dictateur tunisien juste avant sa chute, mais que dire alors des tyrans saoudiens qui contribuent à écraser sous leurs chars la révolte populaire au Bahreïn et auxquels l'Allemagne se prépare à vendre 200 chars de combat Léopard 2 avec l'aval d'Israël (sic) ? *12 Cette même Arabie saoudite d'où sont issus Ben Laden et ses émules, qui appuie la subversion des extrémistes wahhabites et salafistes à travers le monde, notamment dans les Balkans et le Caucase avec la complicité de l'allié usaméricain, et à laquelle les États-Unis envisagent de proposer une collaboration dans le domaine du nucléaire civil…*13

Cela crève les yeux que l'Occident fait tout pour décourager ou réorienter en sa faveur les révoltes qui affectent ses protégés (Égypte, Tunisie, Algérie, Maroc, Arabie Saoudite, Yemen, Bahreïn, Sud-Soudan) alors qu'il fait son possible pour déboulonner ceux qui sont, ou ont été peu ou prou des résistants à la Pax occidentalis (Libye, Syrie, Iran, Soudan, Somalie). Si la Chine et la Russie, semblent avoir lâché le fantasque Guide libyen aux prédateurs otaniens tout en protestant contre l'abus de la fameuse résolution 1973 du Conseil de sécurité de l'ONU n'autorisant qu'une zone d'exclusion aérienne, il n'en va pas de même pour la Syrie à propos de laquelle elles sont disposées à faire usage de leur veto (et où les contestataires ont fait savoir qu'ils s'opposaient à une intervention extérieure). À Damas, comme à Téhéran lors des dernières élections présidentielles *14, on espère que la révolution “colorée”, subventionnée par les fondations états-uniennes, triomphera comme en Ukraine, en Serbie et dans divers pays d'Asie centrale. Et pour en être plus sûr, on fait donner des milices islamistes armées, financées par certaines pétromonarchies, qui, en tuant de nombreux policiers et soldats, espèrent une riposte brutale, exacerbant cette stratégie de la tension auquel un pouvoir non préparé a bien du mal à résister.*15

Ailleurs, la dynamique des révolutions en cours ne semble pas tourner en faveur de la domination occidentale. En Égypte comme en Tunisie, la rébellion n'a pas désarmé et elle souhaite ardemment que les nouvelles orientations de politique internationale ne ressemblent pas aux anciennes. Outre l'octroi de libertés civiles et l'accès à un gagne-pain décent, la reconnaissance des droits inaliénables des Palestiniens au retour, à la liberté et à la souveraineté politique sur leur terre, la résistance à l'oppresseur israélien et à son protecteur états-unien comptent parmi les revendications majeures des manifestants de la Place Tahrir et de leurs alter ego du monde arabe. Il en va de la dignité des Arabes, qui, comme les autres révoltés de la terre, victimes d'un redoutable système de prédation et d'exploitation —les Grecs, les indignés espagnols comme les autres Européens, les Africains et et les Asiatiques, les Étasuniens et même les Israéliens, aujourd'hui *16— descendent dans la rue par millions parce qu'ils se révoltent contre la misère, mais aussi pour signifier qu'ils ne vivent pas que de pain et en ont assez de servir de sempiternels esclaves à l'intégrisme du Marché qui réduit l'homme à sa dimension économique, le stérilise politiquement et spirituellement.

L'Occident en pleine faillite économique, sociale et politique n'a plus d'autre recours que la fuite en avant dans la guerre, son seul point fort grâce à sa quincaillerie militaire inégalée, mais aussi, nous l'avons vu, son grand point faible face aux réponse asymétriques, à la guérilla, aux commandos suicides et aux peuples en révolte qui ne craignent pas la mort…

L'attaque de la Libye, comme celles qui l'ont précédée contre la Serbie, l'Afghanistan et l'Irak, souligne la stratégie cynique de conquête et de destruction illégale —ou sous le paravent légal de résolutions complaisantes d'un Conseil de Sécurité verrouillé depuis sa fondation, sous l'emprise de Washington et ses affidés. La guerre en temps de paix pour des objectifs limités au départ qui s'accroissent avec le temps —de la zone d'exclusion on est passé à la liquidation d'un chef d'État; de quelques semaines on en arrive aux mois et aux années de prolongation— est ainsi banalisée, pérennisée, sans cesse renouvelée. Un tribunal de circonstance, celui des vainqueurs, la CPI est institué pour délivrer des sentences de crimes contre l'humanité ad libitum, d'abord pour Milosevic et ses lieutenants, puis pour le Soudanais, Béchir, enfin pour Kadhafi, afin de conforter la légitimité douteuse des attaques contre leurs pays. Mais bien entendu la possibilité de citer à comparaître un Ariel Sharon, un Netanyahu, un George Bush pour les mêmes, parfois bien pires raisons, ne risque pas d'effleurer cette auguste assemblée ni ses commanditaires!

Géopolitique de la voyoucratie internationale

De telles guerres de prédation s'apparentent aux pratiques du grand banditisme : on fait un “casse” contre la Serbie, contre l'Irak, contre la Libye, on saisit des provinces, les ressources, le pétrole, l'or, les avoirs à l'étranger des États présumés coupables. On détruit les infrastructures : centres de communications, routes, ponts, usines, terrains d'aviation et voies de chemin de fer sont rendus inutilisables. On tente de liquider les dirigeants, on encadre, arme et finance des bandes armées, souvent maffieuses comme au Kosovo, auxquelles on accorde sans hésiter le statut de gouvernement légitime contre le pouvoir en place, décrété hors la loi. Chaque jour et nuit, on fait régner la terreur parmi les habitants des grandes villes; on jette sur les routes des réfugiés par dizaine de milliers, condamnés à vivre dans des camps de concentration insalubres, sous-alimentés… L'assassinat ciblé, par drone ou agent interposé, est une pratique courante des forces spéciales et autres services secrets. Ainsi, en ce début aout 2011, le magazine allemand à grande diffusion, Der Spiegel, révèle que c'est bien le Mossad israélien qui vient d'assassiner un brillant jeune savant iranien et que cette organisation est responsable de toute une série de meurtres antérieurs perpétrés sur des personnels scientifiques. Israël ne dément pas. *17 À plus grande échelle encore, les “op. spé.” états-uniens entretiennent des groupes armés, kurdes et islamistes, qui, à partir de leurs bases en Irak et dans d'autres pays voisins, viennent commettre des attentats, des meurtres et des actes de sabotage en Iran comme ils l'ont fait naguère en Bosnie et en Tchétchénie…*18 Le terrorisme d'État pour répondre aux “États terroristes” ? Rien de bien nouveau si l'on se rappelle, entre autres, les barbouzes du général de Gaulle. Sauf que dans ce cas précis, ce sont les plus grands donneurs de leçon au monde qui mènent allègrement cette sale guerre.
Pour finir, on est étonné, en regardant par hasard une émission censée informer le public des enjeux de la guerre en Libye et de la répression en Syrie (C dans l'air, 2/08/11), de voir “experts”, journalistes et invités,

religieux, dissidents ou spécialistes arabes des États incriminés, répéter ad nauseam le schéma de la pensée occidentale unique selon lequel il n'y a, dans les deux cas, qu'un seul problème, le dirigeant tyrannique, et qu'une solution, qu'il cède à la subversion (la “révolution”) en quittant le pouvoir. Le journaliste naïf qui animait la soirée, un idiot utile plein de bonnes intentions, servant ses maîtres sans une once de doute, plaidait, plus encore que ses invités, pour une ingérence accrue. Au fond, est-ce si étonnant ? La télévision, à quelques rares exception près — hélas, un courageux et très éphémère Frédéric Taddei ne rachètera pas les cent larbins heureux qui l'entourent ! — comme les autres médias de masse, n'est que le miroir des mensonges dominants.

En guise de consolation, on peut penser que les jours de cet Occident belliciste sont comptés, qu'il vit au-dessus de ses moyens depuis longtemps, qu'il ne pourra pas toujours hypothéquer l'avenir de la planète entière et que des comptes de ses exactions et déprédations lui seront demandés plus tôt qu'il ne le pense. Déjà le sentiment confus que nous allons vers une ère nouvelle, un “renversement du monde” (Hervé Juvin), se répand. Des voix s'élèvent, timides encore mais demain plus fortes, pour pointer que derrière la faillite des petits emprunteurs, Icelande, Grèce, Irlande, Espagne… se profile celle du plus grand parasite de la planète, les États-Unis selon Vladimir Poutine. Le premier ministre russe nous invite à trouver ensemble un moyen de sortir de la dette faramineuse que les États-Unis mettent sur le dos des autres et à les priver de l'arme du crime, le dollar. *19 Nous délivrer de la dette et nous délivrer de la guerre —ce qui impliquerait, outre la rupture avec le dollar, une dissolution immédiate de l'OTAN—décisions de simple bon sens. Mais les pesanteurs dans l'autre (mauvais) sens sont telles, qu'il faut pour les prendre plus de courage, d'imagination, de volonté que n'en ont nos élites stipendiées par le système.

Si, sur le Champ de Mars à Paris, au lieu des 500 000 badauds idéologiquement corrects qui se sont pressés cet été pour swinguer à la mauvaise musique du concert pour l'égalité de SOS-racisme, il s'en trouvait, quelque jour, autant pour exiger la vraie liberté de l'Europe et du monde, pour mettre à la porte les vrais esclavagistes et les traîtres, la fête des indigènes de Paris, puis celle de Londres, Madrid, Rome, Athènes, Berlin… seraient dignes de celle que nous offre depuis quelques mois la place Tahrir au Caire. Un commencement d'espoir pourrait naître. Mais l'heure de cette libération ne semble pas encore venue chez nous. Jacques Marlaud http://www.esprit-europeen.fr/

Pour approfondir, on pourra lire du même auteur :

1) ” Choc des civilisations ou résistance à la civilisation terroriste ? ” in Interpellations - Questionnements métapolitiques, Dualpha, Paris, 2004

2) ” De l'expérience intérieure au robot de guerre. Survol de l'Occident militaire. ” in Krisis - La guerre (2), n°34, Paris, juin 2010

3) Sur l'Occident comme un ensemble de superstitions (étymon : croyances demeurées) en voie de disparition, on peut lire l'article provocateur de Patrick Keridan publié sur L'Esprit Européen le 11 septembre 2010 : Jésus, Auschwitz et le 11 septembre : Trois étranges superstitions de l'Occident matérialiste moribond ?

Notes et références

*1 Voir à ce propos l'article informatif de Léon Camus sur le dépeçage du Soudan (à peu près 5 fois la France) auquel on s'apprête à prendre le Darfour —autre pays fétiche du vieux nouveau philosophe botuliste, BHL— après lui avoir arraché sa partie sud, et l'intérêt particulier qu'y prend Israël, cherchant à constituer un glacis d'États “amis”, sinon serviles, face à la colère du monde arabe : http://www.geopolintel.fr/article380.html

*2 Sur l'usage probable d'uranium appauvri dans l'actuelle campagne de bombardements sur la Libye, voir : http://www.dailymotion.com/video/xhw3gj ... mbediframe

*3 En France, par exemple, non seulement la candidate écologiste aux élections présidentielles, Eva Joly, partisane de l'abolition du traditionnel défilé militaire du 14 juillet, appuie les bombardements de la Libye par l'OTAN, mais elle s'est déclarée en faveur d'une intervention terrestre pour venir à bout du régime Kadhafi. (cf. http://www.gaullisme.fr/2011/07/16/eva-joly-armee/ ). En Allemagne, la prude chancelière Merkel, qui s'est abstenue de la curée initiale, n'a pas hésité, à la demande du protecteur étasunien, à livrer des bombes aux pulvérisateurs de Tripoli lorsqu'ils étaient à court de munitions, sans soulever de protestation de la part de l'important parti écologiste local. En Italie, le pitre-président Berlusconi, tout en disant qu'il n'était pas d'accord avec l'agression, et en craignant la vengeance de son “ami” Kadhafi sur sa personne, prête ses avions, ses navires et ses bases aux assaillants. Là aussi, la mouvance écologiste se révèle complice par défaut

*4 Libération, 12 juillet 2011

*5 Le Figaro, 15 juillet 2011

*6 Éléments pour la civilisation européenne, n°140, juillet-septembre 2011

*7 René Naba, Les révolutions arabes & la malédiction de Camp David, Bachari, Paris, 2011

*8 Mahdi Darius Nazemroaya, chercheur associé au Centre de recherche sur la mondialisation (CRM), spécialisé en géopolitique et stratégie, entretien accordé à Xu Jingjing pour le magazine chinois Life Week ( Traduction de l’anglais en français par Résistance 71 . Source : http://www.silviacattori.net/article1604.html )

*9 Thierry Meyssan, ” L'OTAN face à l'ingratitude des Libyens “, 11 juillet 2011, http://www.voltairenet.org/

*10 Paul Craig Roberts, ex-secrétaire d'État états-unien, économiste ; entretien accordé à la chaîne iranienne Press TV, cité par Flash, 2 juin 2011

Du même auteur : L'Armageddon économique mène le monde à la troisième guerre mondiale (http://www.alterinfo.net/Armageddon-eco ... 61801.html)

*11 Gérard Longuet, entretien accordé au Journal Du Dimanche, 31 juillet 2011

*12 cf. http://www.rfi.fr/moyen-orient/20110706 ... e-saoudite

*13 AFP, 30 juillet 2011

*14 Voir à ce sujet l'article de Thierry Meyssan sur l'échec de la révolution colorée en Iran ( http://www.esprit-europeen.fr/perspecti ... ionUS.html)

*15 Selon le général Leonid Ivashov, président de l'Académie russe des sciences géopolitiques, la Syrie est confrontée à une campagne forte et vaste exécutée par le Mossad et les pays d'Occident, en particulier les États-Unis et la France, dans le but de la démembrer en raison de sa politique indépendante, de son soutien à la résistance contre Israël et de ses relations étroites avec l'Iran. La Syrie reste, selon lui, le seul pays arabe qui a échappé au pouvoir des régimes américain et israélien. Tous les pays de la région du Moyen Orient sont, ajoute-t-il, sous la main des Etats-Unis d'Amérique et de son allié israélien, à l'exception de la Syrie.

Source : http://www.letempsdz.com//content/view/60658/1/

Note de L'Esprit Européen : il ne s'agit pas ici de minimiser les énormes conflits internes auxquels est confronté le pouvoir autoritaire des Assad, fondé sur un ancien coup d'État laïc de la minorité alaouite (chiite) face à la rébellion de la majorité sunnite, structurée notamment par la confrérie des Frères musulmans, appuyée par les intégristes salafistes d'inspiration saoudienne, pouvoir qui tente de s'en sortir à la fois par des concessions démocratique et par une répression sanglante contre des opposants irréductibles. Il s'agit de montrer que derrière leurs cris d'orfraie, les Occidentaux, comme en Libye, loin de tenter une médiation objective, s'adonnent à une subversion qui contribue à pourrir la situation, au lieu de calmer le jeu, afin de renverser le régime et de récupérer cet État dans l'orbite du grand Moyen-Orient pro-sioniste que s'évertue à échafauder l'axe Washington-Tel-Aviv et ses collaborateurs européens. Un élément important de cette subversion est l'intoxication systématique de l'opinion occidentale à propos de l'ampleur réelle du soulèvement anti-gouvernemental en Syrie. Par exemple, on multiplie par 50 le chiffre des manifestants : Voir à ce sujet le récit d'un témoin oculaire, Pierre Piccinin sur le site Le Grand Soir : Syrie - Mensonges et manipulations « L’Affaire de Hama » ou comment 10.000 manifestants se multiplient en 500.000 dans les dépêches de l’AFP (http://www.legrandsoir.info/syrie-menso ... tions.html).

La récupération de la Syrie et du Liban par l'axe occidentiste, si elle réussit —ce qui est loin d'être acquis— serait un prélude à l'ultime assaut contre l'Iran et ses alliés au Liban. Si, par contre, la Syrie, avec ou sans Bachar el Assad, parvenait à surmonter ses divisions et à repousser l'assaut occidental contre son intégrité, il serait possible d'envisager le jeu de domino tombant dans l'autre sens, emportant les pétromonarchies réactionnaires, œuvrant en faveur d'un contre-grand Moyen-Orient alliant les résistants arabes avec l'Iran, la Syrie, la Turquie et la Russie au sein d'un ensemble géopolitique qui, en faisant sa jonction avec l'Asie centrale et la Chine par le biais de l'Organisation de coopération de Shanghai, conforterait l'indépendance continentale. C'est tout l'enjeu voilé des affrontements actuels en Syrie, tout comme de ceux qui agitent épisodiquement la Palestine, le Liban, l'Iran et aujourd'hui l'Égypte, les pays du Maghreb, le Bahreïn, le Yemen et l'Arabie.

Sur l'importance de la Syrie, et notamment du port de Tartous comme base navale de la Russie en Méditerrannée, et sur l'impressionnant système de défense aéronavale en train d'y être déployé —au grand dam de l'axe Washington-Tel-Aviv qui tente de retourner ce pays— on pourra lire un article édifiant sur : http://www.rusnavyintelligence.com/arti ... 88056.html

* 16 : http://www.2424actu.fr/actualite-social ... ad-2833089

voir aussi : http://www.iloubnan.info/politique/actu ... ns-en-Israël-depuis-1982

Dans cet article, on remarquera la critique adressée aux deux principaux postes responsables pour la cherté de la vie en Israël : la colonisation, qui dévore 51% du budget pour seulement 10% des habitants, et le budget exorbitant de la défense.

Le fait que l'État sioniste n'aura bientôt plus les moyens de se payer sa prison dorée militaire au détriment de son propre peuple, pourrait enfin le contraindre à réviser sa brutale politique de domination et d'oppression. En tout cas, cette perspective ne peut que réjouir les Palestiniens et leurs amis.

*17 “Israels mörderische Sabotage-Strategie”, Der Spiegel, 1/08/2011 ( http://www.spiegel.de/politik/ausland/0 ... 97,00.html )

*18 Voir à ce propos l'excellente analyse d'Alexandre Latsa sur les tentatives de démembrement de la Russie par lesdites révolutions colorées fomentées par les laboratoires néo conservateurs de Washington, dans leur version “soft” (soulèvements de masse) ou “hard” (attaques terroristes comme à Beslan en 2004) : http://www.alexandrelatsa.ru/2008/07/la ... risme.html

*19 “Les États-Unis parasitent l'économie mondiale” (Poutine), Ria Novosti, 1/08/2011, ( http://fr.rian.ru/world/20110801/190328884.html )

À propos, au moment où le colonel Kadhafi a été soudainement pris pour cible, dès la fin de l'année dernière à Paris, il s'apprêtait à lancer le dinar-or comme alternative au dollar-dette pour son pays et, au-delà, pour l'Afrique et le monde. Certains murmurent que ce serait la vraie raison de la curée contre celui qui fut, après tout, un partisan acharné de l'indépendance et de l'autosuffisance du continent africain (http://www.youtube.com/watch?v=WIeBvCgt ... dded#at=42). Cette hypothèse mérite d'être prise au sérieux.

Voir aussi l'amusant dessin animé (en américain) sur la manière dont le superman néo-colonial s'empare des pays riches en ressources énergétiques ou minières sous prétexte que leurs dirigeants sont des tyrans ou qu'ils hébergent des terroristes, exactement comme ça se passe en Libye : http://www.informationclearinghouse.inf ... e28719.htm
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Que les hommes d'arme bataillent et que Dieu donne la victoire! (Jeanne d'Arc) Patriotiquement votre.

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