SOMMET DU G20 : L'économie en mutation ? (archive 2009)

Tout ce qui concerne les rivalités de pouvoirs ou d'influence sur des territoires et les populations qui y vivent.
Avatar de l’utilisateur
Pat
Administrateur délégué
Messages : 25492
Inscription : 03/12/2006 - 23:46
Localisation : Les Alleuds dans le 49
Contact :

SOMMET DU G20 : L'économie en mutation ? (archive 2009)

Messagepar Pat » 25/08/2011 - 14:59

SOMMET DU G20 : L’économie en mutation ? (archive 2009)

L’UE et les dix-neuf États les plus riches du monde se concertent face la crise. Alors que l'attention se focalise sur une illusoire régulation supranationale du capitalisme, la Chine avance ses pions pour changer la donne.

Ce jeudi s'ouvre à Londres la rencontre des pays du G20. Dans leurs nombreuses déclarations d'intentions, les dirigeants des premières économies mondiales – détenant plus de 80 % des richesses de la planète – ont montré leur volonté d'agir pour lutter contre la crise actuelle et mettre en place les mesures qui éviteront la suivante. Au menu se trouvent l'encadrement des fonds spéculatifs et de la rémunération des banquiers, les paradis fiscaux dont une liste noire devrait être publiée et contre lesquels des sanctions encore non définies devraient être prises, ou encore les réserves des banques en capital et la valorisation des devises. Emmenés par certains membres de l'Union européenne, comme la France ou l'Allemagne, une large frange des participants présentent ce sommet comme un pas important vers une régulation planétaire du capitalisme.

Illusions

Un vaste programme en apparence mais dont on sait déjà qu'il n'en ressortira que peu de choses concrètes. Si certains paradis fiscaux, à l'image de la Suisse, ont fait récemment, sous la pression des grandes puissances économiques, quelques concessions sur la levée du secret bancaire, il est patent que les pratiques de dumping fiscal, permettant notamment aux grandes sociétés de faire échapper une partie de leurs bénéfices à l'impôt, perdureront tant que ne sera pas remis en cause la libre-circulation des capitaux. Nous pouvons être tout aussi sceptiques en ce qui concerne la mise en place d'une supervision des fonds spéculatifs par le Forum de stabilité financière (FSF) à la compétence élargie, regroupant tous les pays du G20 et renommé, pour l'occasion, Conseil de stabilité financière (Financial Stability Board).

Cette nouvelle instance, sans réel pouvoir de coercition, sera bien désarmée face à la formation d'une nouvelle bulle spéculative.

Révolte chinoise

En résumé, aucune régulation supranationale du capitalisme ne se mettra en place à court comme à long terme. Tout porte donc à croire que cette nouvelle rencontre du G20 ira rejoindre les précédentes aux oubliettes de l'histoire… Mais elle pourrait aussi bien marquer les mémoires pour avoir été le lieu où, pour la première fois, a été remis en cause le modèle de la mondialisation anglo-saxonne des années quatre-vingt-dix et 2000. Comble du coup de théâtre, cette remise en cause est le fait de l'une des pièces maîtresses du dispositif : la Chine.

L'Empire du milieu vient en effet de contester la position hégémonique des États-Unis sur le plan monétaire en demandant par la voix du gouverneur de sa banque centrale, Zhou Xiaochuan, l'adoption d'une nouvelle monnaie de réserve internationale pour remplacer le dollar. Celle-ci s'inspirerait des “droits de tirage spéciaux” (DTS), dont la valeur est liée à un panier de monnaie et qui ont été créés en 1969 comme avoir de réserve mondial par le FMI, pour compléter les réserves de ses pays membres alors que l'offre d'or et de dollars ne suffisait plus.

Dans l'immédiat, la proposition chinoise a très peu de chances d'aboutir, car les DTS ne peuvent raisonnablement concurrencer une monnaie souveraine, mais elle constitue un sérieux coup de semonce. La Chine, dont les énormes réserves de change comprennent près de 2 000 milliards de dollars, est en effet tout particulièrement concernée par la politique monétaire des États-Unis. Aujourd'hui, l'action de la Réserve fédérale américaine, qui fait tourner la planche à billets pour faire baisser les taux dans le cadre de la relance de l'économie, dilue jour après jour la valeur des avoirs chinois en dollars.

En clair, la Chine ne veut plus payer pour permettre à la consommation des ménages américains de rester à flot.

Vers un rééquilibrage du système ?

Cette révolte porte-t-elle en elle « la rupture structurelle du modèle de croissance », comme l'analysent certains économistes ?

Depuis plusieurs décennies, le monde a fonctionné sur un mode binaire : d'un côté, les pays émergents producteurs à bas coût salariaux ; de l'autre, les pays riches poussés par cette concurrence à délocaliser leurs usines et qui ont endetté leurs ménages. L'Asie a exporté sa production et la hausse de ses réserves de change a financé le crédit distribué dans les pays riches pour acheter, entre autres, des produits made in China. Cette montagne de dettes vient d'exploser lors de la crise des subprimes engendrant la récession actuelle. Le rééquilibrage du système que tente d'opérer la Chine peut donc être salutaire mais il est aussi le signe d'une nouvelle phase de la confrontation géopolitique et économique entre grandes puissances. Mais, le plus inquiétant est sans doute que le Vieux Continent, perdu dans ses illusions supranationales, semble totalement ignorant des enjeux et absent des débats.

PATRICE MALLET L’ACTION FRANÇAISE 2000 du 2 au 15 avril 2009
Image
Que les hommes d'arme bataillent et que Dieu donne la victoire! (Jeanne d'Arc) Patriotiquement votre.

Revenir vers « Géopolitique »

Qui est en ligne ?

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 1 invité