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Les armes de destruction massive de l’Occident
Un petit tour d'horizon... par Pascal SACRE
Le Grand Soir
29 septembre 2010

« L’Iran voudrait se doter de l’arme nucléaire. Et nous devons tout faire pour l’en empêcher. »
Effectivement, la majorité des médias et gouvernements occidentaux nous pousse à craindre cette menace qui ne ferait aucun doute. Ils sont très sûrs d’eux, péremptoires, catégoriques.
Pourtant, ces médias et gouvernements, toujours les mêmes, au Royaume Uni, et aux Etats-Unis en tête, nous ont déjà menti, de façon flagrante, ou ont substitué la propagande à l’information [1-2].
Par rapport au passé, la France a rejoint le groupe des gouvernements soumis au complexe militaro-industriel et au système financier anglo-saxons [3].
Ce complexe militaro-industriel et ce système financier veulent conquérir des marchés, détourner pour eux-mêmes des ressources énergétiques, dominer des populations, y compris les leurs, et surtout, justifier leur existence et préserver leur place, tout en haut de la chaîne alimentaire mondiale.
Dans la version psychologique de cette guerre contre la vérité, composante très importante de la guerre mondiale lancée par le tandem Bush-Cheney en septembre 2001, l’Iran est devenu une cible de choix, et subit des attaques de tous côtés.
Pour envahir la Yougoslavie, la faire éclater, et la soumettre au diktat occidental : diabolisation de la Serbie et de Slobodan Milosevic. Pour envahir l’Afghanistan, en faire une colonie anglo-saxonne et pouvoir voler ses précieuses ressources : diabolisation des Talibans, pourtant récemment connus comme très bons amis de l’administration US, jusqu’en août 2001.
Pour envahir l’Irak : diabolisation de Saddam Hussein, lui aussi un très bon ami des néoconservateurs US.
Pour ces deux derniers exemples, la créature mythique Ben Laden, sorte de Kraken moderne, et son club, Al-Qaida, sortis opportunément de leur boîte par l’Empire anglo-saxon, ont servi de mèche d’allumage… Maintenant, l’Iran.
Le gouvernement iranien aurait truqué le résultat des élections de juin 2009 [4].
Le président sortant, Mahmoud Ahmadinejad, aurait volé la victoire à son opposant, le favori des Occidentaux, Hossein Mousavi. Pour l’électeur occidental, tellement mieux loti, lui qui a la chance d’avoir des présidents comme Barack Obama, Nicolas Sarkozy ou des Premiers Ministres sincères, dévoués, et désintéressés, il est tout bonnement impensable de choisir le « terrible dictateur religieux antisémite » Mahmoud Ahmadinejad ! Comment est-ce possible ? Seul un bidouillage de l’élection peut l’expliquer.
Pourtant, de ce que nous savons grâce au travail de véritables journalistes et auteurs non inféodés aux puissances occidentales dominantes, il semble bien que la majorité du peuple iranien, 24,5 millions de voix (63,3% des suffrages), ait effectivement choisi de reconduire Ahmadinejad à leur tête [5].
Bien sûr, si cela est incompréhensible pour les Occidentaux, c’est tout à fait logique pour un grand nombre d’Iraniens.
Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, le système iranien d’accès aux soins de santé a permis de réduire de 70% la mortalité infantile dans ce pays, l’Iran islamiste, en 30 ans [6]. Contrairement aux Etats-Unis où malgré les dizaines de millions de dollars injectés par le gouvernement fédéral, les soins médicaux primaires dans beaucoup de régions sinistrées et pauvres sont restés très peu performants, avec une mortalité infantile énorme dans certaines régions (comme le delta du Mississipi) et où l’espérance de vie reste trop faible pour un pays soi-disant si évolué.
C’est au point que des pédiatres étatsuniens s’intéressent au système des maisons de santé iranien et voudraient l’importer dans les régions du Sud des Etats-Unis, les plus frappées par la misère et les maladies [7].
De cela, les médias et gouvernements occidentaux, acharnés à répandre le bobard de l’élection truquée en Iran, ne nous disent rien.
Ahmadinejad est beaucoup plus proche, dans son programme électoral, des millions d’Iraniens habitant dans les provinces, dans les villes, petites et moyennes, et dans les villages, que Mousavi, le champion des classes moyennes et aisées minoritaires et qui voudraient imposer à tout le pays le système à l’occidentale, le meilleur (pour elles) et cela ne se discute pas [8].
L’ouragan d’austérité qui se prépare à fondre sur l’Europe, pulvérisant tous les garde-fous sociaux durement acquis et terrassant les plus faibles, les plus démunis, témoigne du contraire.
« Un sondage d’opinion publique effectué à l’échelle de tout l’Iran et de manière scientifiquement rigoureuse par deux experts états-uniens, trois semaines seulement avant le vote, […] montrait qu’Ahmadinejad avait une avance telle qu’il pouvait remporter plus du double des voix de son adversaire, c’est-à-dire une marge encore plus importante que celle de sa victoire électorale, le 12 juin.
Ce sondage montrait que chez les électeurs d’origine azérie [l’ethnie de Mousavi], Ahmadinejad bénéficiait de deux fois plus de voix que Mousavi, ce qui démontrait à quel point les intérêts de classe incarnés par un candidat sont capables d’occulter l’identité ethnique de l’autre » [9]
Mahmoud Ahmadinejad est le président légitime de la République d’Iran. C’est lui que la majorité des Iraniens a choisi. Pas tous les Iraniens, mais la majorité. Les électeurs de Ségolène Royal, en France, en 2007, ont-ils violemment manifesté dans la rue, par millions, quand le résultat du scrutin fut connu ? Par Twitter, Facebook et des millions de sms, ont-ils alerté le monde entier du vol de leurs élections, chose forcément évidente puisque leur candidat n’avait pas gagné ?
Pour ceux qui diraient qu’un trucage électoral ne risque jamais d’arriver en Occident, le paradis des cures d’austérité, des patrons et des ministres intègres, le film « Hacking Democracy » [10] (« La Démocratie Piratée ») nous démontre toutes les zones d’ombre qui entachent les élections US de 2000, celles qui ont mené au pouvoir Georges W. Bush. En France, lors de la dernière élection présidentielle de 2007, près de 1,7 millions de Français ont voté à l’aide de machines électroniques [11], des machines à frauder selon l’association à but non-lucratif www.BlackBoxVoting.org.
Les médias français et anglo-saxons nous dépeignent un Iran totalitaire et répressif. Les manifestations des partisans de Mousavi auraient été réprimées dans le sang. Les minorités juives seraient durement opprimées. Ahmadinejad nierait l’holocauste et voudrait détruire Israel. Les femmes sont traitées de façon inhumaine et les condamnés à mort le sont par les moyens les plus barbares comme la lapidation.
L’enjeu n’est pas de faire de l’Iran un pays champion des droits de l’homme, d’ignorer la souffrance d’un certain nombre de femmes iraniennes, de nier que des mises à mort inhumaines y sont pratiquées…
Ceci dit, connaissez-vous une mise à mort… humaine ?

Exécution aux USA photo: Le Post
Le concept de « balle à blanc » [12], pratiqué aux Etats-Unis, rend-il la mort plus « humaine » à nos yeux ?
L’enjeu est de rétablir le gris et toutes ses nuances, là où les médias ne voudraient nous montrer que du « blanc » (le système à l’occidentale), ou que du « noir » (le système iranien d’Ahmadinejad à renverser absolument).
Les pays défenseurs du système à l’occidentale, ou présentés comme « blancs », irréprochables parles médias, n’ont aucune leçon à recevoir de l’Iran en matière de répression violente de manifestations de populations civiles, même pacifiques. Ainsi les Israéliens sont coutumiers de répression dans le sang de Palestiniens osant défier, même pacifiquement, leurs oppresseurs [13].
Un Palestinien, sa vie, sa dignité, valent-elles moins que celles d’un Tibétain ou celle d’un Juif ?
La réponse à cette question est fondamentale car si c’était le cas, les gouvernements et les philosophes occidentaux ne sont alors vraiment pas les preux chevaliers qui voudraient sauver les femmes iraniennes, ou les condamnés à mort de la lapidation, mais seulement des démagogues hypocrites pour qui la vie de certains humains, dans un certain contexte, est plus importante que celle d’autres humains.
A chaque réunion du G20, les manifestations sont réprimées en Occident avec une violence inouïe, sans distinguer hommes, femmes, enfants ou vieillards, par des forces de l’ordre de plus en plus équipées.
Les policiers sont désormais encadrés par des paramilitaires, équipés de Hummers avec canons à ultra-sons et toutes sortes d’armes sophistiquées, non létales mais pouvant infliger de terribles souffrances [14].
Si la Birmanie [15] et l’Arabie Saoudite ne menacent pas ouvertement Israel et ne veulent pas devenir nucléaires, ce sont des dictatures de type militaire, intolérantes à toute forme d’opposition, écrasant toute manifestation, traitant la femme comme un objet et mettant à mort leurs condamnés (parfois pour des broutilles) de la façon la plus barbare qui soit, par exemple en les décapitant avant de les crucifier, comme en témoigne certains rapports d’Amnesty International : « En Arabie saoudite, les peines de mort sont invariablement prononcées et appliquées à l’issue de procès iniques et secrets. » [16].

Décapitation en Arabie Saoudite, pays ami de la France photo : http://www.bivouac-id.com
Pour terminer, la dernière propagande en date lancée à propos de l’Iran, par le « défenseur des opprimés », sauf ceux de Guantanamo, le « philosophe » Bernard-Henry Levy [17], serait la condamnation à mort par lapidation de Sakineh Mohammadi-Ashtiani, pour adultère [18].
Cela fait penser à l’histoire des couveuses du Koweït, renversées sans ménagements, selon les médias de l’époque, par les soldats irakiens de Saddam, avant la première guerre du Golfe, en 1991, une véritable intoxication médiatique qui avait néanmoins réussi à emporter l’adhésion des peuples occidentaux à une effroyable guerre asymétrique de plus [19].
Cela fait aussi penser aux charniers de Timisoara [20], aux armes de destruction massives bactériologiques de Saddam Hussein, à tous les mensonges sur le 11 septembre 2001, à toutes les morts soi-disant causées par la grippe H1N1 lorsque les médias furent pris de fièvre hystérique en 2009, pour le plus grand bonheur des multinationales pharmaceutiques.
Comme pour le bobard de l’élection truquée, il semble qu’on ne nous dise pas tout. Toujours grâce au travail de véritables journalistes et d’auteurs non inféodés aux puissances occidentales dominantes, nous savons que Sakineh ne sera pas lapidée [21] et que sa condamnation à mort n’est pas pour adultère, mais pour meurtre [22]. Cela ne justifie pas de mettre à mort cette dame.
Rien ne justifie, nulle part, la mise à mort d’un être humain, hormis la légitime défense peut-être.
Le débat devrait donc se situer à ce niveau : êtes-vous pour ou contre la peine de mort ? Dans ce cas, nous pouvons nous intéresser à la Birmanie, à l’Arabie Saoudite, aux Etats-Unis, dont le système juridique inique et cynique est reconnu par certains acteurs de ce système lui-même, comme étant l’un des plus injustes au monde [23].
Dans ce cas, nous pouvons nous opposer, ainsi que tous les gouvernements occidentaux, Nicolas Sarkozy, Bernard-Henry Levy, à la condamnation à mort aux Etats-Unis de Teresa Lewis, une autre pauvre femme, déficiente mentale, dont la vie sera bientôt effacée de la surface de la Terre, dans l’indifférence générale… (Cette mise à mort a eu lieu, ce 23 septembre 2010)[24].
Finalement, peu importe, si, grâce à ce tapage, une vie, en Iran, peut-être sauvée. En fait, cela importe.
Ce n’est pas un point de détail, un hasard sans conséquences, si cette empathie soudaine des médias occidentaux pour une femme, une meurtrière, concerne l’Iran. Cette femme-là, cette condamnation-là, dans ce pays-là. A ce moment-là. Il n’y a rien de fortuit.
Rien de sincère. Vos émotions en sont l’enjeu.
Si aucun référendum populaire ne précédera la mise à feu des missiles vers l’Iran, cela paraît clair, il ne faut toutefois pas sous-estimer la réaction des populations, une fois l’ampleur des pertes civiles connues, bien que les médias, CNN, BBC, TF1, fassent tout pour en camoufler la portée. Comptez sur les journalistes « intègres » qui nous désinforment à longueur de journée, pour cela.
C’est le mouvement anti-guerre, aux Etats-Unis, qui a fait cesser la geurre au Vietnam et a fait reculer Nixon [25].
Ce n’est pas le manque de balles ou d’idées dans l’esprit des stratèges US. La réaction populaire occidentale, sa force, sa vitesse d’apparition, dans le cas d’une guerre finalement déclarée contre l’Iran, seront conditionnées par l’image que tous auront de l’Iran d’Ahmadinejad à ce moment.
Ahmadinejad et son gouvernement, démocratiquement élus, ne veulent pas détruire tous les juifs et effacer Israel de la surface de la Terre.
Par contre ils veulent, comme une majorité d’Iraniens qui ont voté pour eux, faire cesser les guerres impériales menées par les Etats-Unis et Israel, dans la région.
Ils veulent que le génocide pratiqué à l’égard des Palestiniens, leur déportation, leur emprisonnement dans d’énormes enclos à ciel ouvert, sans infrastructures civiles que n’importe quel état mérite, cesse !
Le principal obstacle entre ce souhait et la réalité, c’est Israel. Ce n’est pas le Hamas. Ce n’est pas Ben Laden. Ce n’est pas Ahmadinejad.
Le dernier massacre, celui de Gaza, à coup de plomb durci et d’uranium appauvri, a ravivé la tension entre les deux pays, et l’a mené à son paroxysme.
Dans la région, l’Iran et ce gouvernement-là sont les défenseurs les moins hypocrites et les plus intransigeants des Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza qui subissent, parce qu’ils sont dans le chemin des visées hégémoniques d’Israel, et non à cause de leurs roquettes artisanales, un véritable enfer.
Par ailleurs, plus de vingt-mille juifs vivent en Iran, sans subir la moindre humiliation de la part du régime dominant [26], même si, comme partout, en Iran moins que dans certains endroits du monde, des extrémistes se déchaînent parfois sur eux verbalement. Ces extrémistes, comme les médias en France ou aux Etats-Unis voudraient pourtant nous le faire croire, ne sont pas le régime au pouvoir.
Sur ce plan, si l’empathie occidentale pour Sakineh était vraiment sincère et non un coup de poker politique, les leaders européens et nord-américains devraient se joindre à l’Iran et faire cesser l’intolérable calvaire palestinien.
Un Iran nucléaire ne serait-il pas le meilleur antidote à la folie d’Israel (du gouvernement israélien actuel au pouvoir), une folie aujourd’hui insensible à tous les appels à la raison.
Israel est le véritable état religieux extrémiste de la région qui utilise des prétextes religieux pour justifier ses actes, son armement nucléaire clandestin et son attitude inhumaine vis-à-vis de minorités.
Ce n’est pas l’Iran.
Quant à ce désir d’armes nucléaires dont on accuse l’Iran, refusant de les croire quand ils disent vouloir disposer d’installations à visée civile [27], comme pour les armes de destruction massive irakiennes en son temps, ce projet militaire n’est pas prouvé aujourd’hui, ni par Israel, ni par les Etats-Unis, ni par l’AIEA, l’Agence Internationale de l’Energie Atomique.
Déjà en 1998, à l’époque, les inspecteurs des Nations Unies pour le désarmement en Irak avaient eu beau nier l’existence de cet arsenal fantasmé par les anglo-saxons, rien n’y a fait. La guerre était programmée de toute façon [28].
Petit voyage au paradis, les armes de destructions massives de l’Occident
Quittons l’Iran et visitons le fabuleux Occident, donneur de leçons et gardien de la morale mondiale.
La cure d’austérité préconisée par le FMI
Le Fonds Monétaire International, pas plus que la Banque Mondiale, n’ont rien d’International, ni de Mondiale.
Menés aujourd’hui par le « socialiste » Dominique Strauss-Kahn et par Robert Zoellick, deux « philanthropes » accomplis, le FMI et la Banque Mondiale sont toutes deux des organisations sous contrôle des Etats-Unis, et des Occidentaux [29].

Appelons un chat un chat. Ce sont le Fonds Monétaire Occidental et la Banque d’Occident. Tels sont les termes corrects, que tous les journaux honnêtes devraient utiliser. Ces organismes appliquent des mesures injustes et malhonnêtes à tout le monde (en ce sens, ils sont international, mondial) mais travaillent pour les riches, les 400 milliardaires étatsuniens et du reste du monde, un club transnational plus puissant que les gouvernements [30].
Louisiane
Pour que le monde comporte 400 supers milliardaires, comprenez-vous qu’il faut absolument des milliards de pauvres, et même très pauvres sur la Terre ?
Le FMI est un des nombreux moyens d’y arriver.

Une fillette en Haiti réapprend à marcher. photo : healthkut.com/blog
Après s’être occupé de nombreux pays, dont la Grèce récemment, il s’est jeté, tel un vautour affamé, sur le Pakistan déjà durement touché par des inondations [31].
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