Quel est le sens du conflit Etats-Unis - Talibans ?

Tout ce qui concerne les rivalités de pouvoirs ou d'influence sur des territoires et les populations qui y vivent.
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Pat
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Quel est le sens du conflit Etats-Unis - Talibans ?

Messagepar Pat » 21/05/2010 - 18:14

L'homme a toujours recherché la certitude. Il y a deux sortes de réponses possibles à cette attitude. La certitude peut s'obtenir par la foi ou la religion ou se construire par la pensée sans référence divine. L'Occident, héritier des Grecs possède donc deux grandes traditions : la pensée platonicienne qui consista à établir une vision philosophique du monde, et qui donna naissance à toute la philosophie actuelle, la pensée aristotélicienne (d'Aristote) et son prolongement qui ont produit la pensée scientifique. Dans ces deux pensées il n'y a pas de référence aux mythes et à la religion. Depuis Descartes qui veut fonder la certitude sur le cogito en doutant de tout, Kant qui a voulu établir les conditions transcendales de la connaissance, Hegel et sa recherche du savoir absolu jusqu'à la phénoménologie d'Husserl, l'homme occidental (ou tout au moins ses représentants les plus distingués) a voulu établir le vrai, tâche infiniment plus ardue que de détruire le faux comme le reconnaîtrait lui-même le philosophe des sciences Popper. La philosophie analytique par exemple dissèque sans pitié tout énoncé pour savoir s'il a un sens ou une quelconque véracité. (les déconstructeurs de la pensée sont plus nombreux que les constructeurs).
La dernière grande religion absolue à dimension planétaire qui subsiste est l'Islam. Elle a décrété des dogmes intemporels et le socle de tous ceux-ci est la foi, certitude inébranlable envers laquelle on ne peut toucher ou douter. Les non religieux appellent cela du fanatisme. Le christianisme quant à lui s'est dissous dans les droits de l'homme, l'influence bouddhique, le politiquement correct, bref dans la modernité. Il a donc beaucoup perdu de sa religiosité. C'est d'ailleurs une critique fondée que font souvent les catholiques intégristes. La «religion» chrétienne est devenue par la force des choses mièvre et «femelle» face à un Islam guerrier et conquérant. Quant au bouddhisme, il est plus une philosophie orientale qu'une religion. Les Américains sont les héritiers des Grecs dans sa version la plus technico-scientifique ou aristotélicienne. La pensée occidentale fondée sur la science et la raison a été extraordinairement féconde en réalisations à la fois théoriques et appliquées et a permis un formidable développement économique. On a envoyé un homme sur la lune en appliquant la mécanique newtonienne même si les fondements ultimes de la loi de la gravitation n'ont jamais été donnés comme de toute loi physique.
Ceci est tellement évident que les ennemis de l'Occident sont contraints d'utiliser ses réalisations techniques jusqu'à la montre de Ben Laden. Ce développement technique et économique est apparu comme une supériorité et a engendré la jalousie et la haine. A ce sujet on ressasse sans cesse la période coloniale qui dans le fond a été très courte et serait responsable de «l'infériorité» du tiers-monde. Il est significatif que beaucoup des terroristes aux Etats-Unis qui ont participé aux attentats ont fait des études supérieures dans des pays occidentaux. Plutôt que de les occidentaliser, cela a sans doute été ressenti comme une humiliation supplémentaire comme si le «vrai» savoir ne pouvait être qu'occidental. Heidegger qui a repris la pensée de Husserl là où elle s'est arrêtée n'a pas réintroduit le religieux, mais par son retour aux présocratiques a essayé de sortir d'un nihilisme inhérent à notre pensée. Quant aux nazis, ils ont réintroduit la mythologie germanique avec sans doute plus de sentimentalisme que de conviction. Les pays communistes avaient voulu éradiquer la religion, synonyme d'obscurantisme et de frein au développement. La pensée occidentale areligieuse culmine dans l'athéisme obsessionnel avec Nietzsche et son fameux cri : « Dieu est mort ».
Les Islamistes reprochent sans cesse l'athéisme des Occidentaux et même s'ils sont croyants de vivre comme des athées dans une société où Dieu est exclu. Il est vrai que dans notre société technique et libérale, quelle est sa place ? Le croyant dans le fond n'a jamais supporté le non-croyant et ceci n'est pas spécifique à l'Islam. Dans tous les pays occidentaux à des époques diverses, du conflit entre religieux et non religieux sont résultées toutes sortes de compromis.
Huntington a donc bien vu l'incompatibilité entre la vision du monde occidentale et celle d'un Islam qui peut être radical. Il ne peut en résulter que son fameux choc des civilisations. Fukuyama quant à lui, a eu une lecture hégélienne de l'Histoire trop occidentalisée. Si en revanche, il fallait rester à l'école de Hegel et décrypter, donner un sens à toute bombe déversée ou balle tirée par des hommes sur d'autres, tout meurtre étant un acte métaphysique, les attentats de New-York et les bombardements sur Kaboul ne traduisent que le très vieux conflit, mais à une dimension planétaire entre les religieux et les non-religieux.
PATRICE GROS-SUAUDEAU STATISTICIEN-ECONOMISTE.
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Re: Quel est le sens du conflit Etats-Unis - Talibans ?

Messagepar Prodeo » 11/11/2010 - 0:20

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Mercredi 27 octobre 2010
Des vétérans US : Ben Laden est mort en décembre 2001

Gordon Duff : les États-Unis reconnaissent ouvertement que Ben Laden est mort depuis longtemps.

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Gordon Duff, un ancien Marine US parle de sa honte et du déshonneur qu’ont représenté pour lui, et représentent encore aujourd’hui, les continuelles évocations par Bush et maintenant par Obama, de l’ennemi public numéro un, Oussama Ben Laden. Il revient sur le gâchis innommable de cette guerre faite au nom d’un simulacre de chasse à l’homme, puisque les administrations américaines successives, les Services Secrets et tant d’autres personnes même bien moins informées savent depuis longtemps que ben Laden est mort en décembre 2001 après avoir toujours nié être l’organisateur des attentats du 11-Septembre.

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Gordon Duff

Des années de mensonge : les États-Unis reconnaissent ouvertement que Ben Laden est mort depuis longtemps.
par Gordon Duff, Veterans Today, le 5 décembre 2009

Ben Laden absent du rapport de McChrystal et du discours d’Obama: "La traque de ben Laden", une honte nationale.
Il y a des années que le commentateur conservateur, l’ancien Colonel de Marine Bob Pappas, explique que Ben Laden est mort à Tora Bora et que l’affirmation du Sénateur Kerry selon laquelle Ben Laden a pu fuir avec l’aide de Bush est un mensonge. Nous savons maintenant que Pappas voyait juste. Entendre la Secrétaire d’État Clinton lors de son passage au Pakistan parler de Ben Laden était terriblement embarrassant. Ben Laden est mort le 13 décembre 2001 et maintenant enfin, Obama, McChrystal, Cheney, et tous ceux qui ne sont pas complètement stupides finissent par avouer ce qu’ils savaient depuis des années.

Cependant, puisque nous avons perdu entre 200 et 300 hommes au sein de nos meilleures troupes d’opérations spéciales alors que nous savions Ben Laden mort, quelqu’un va-t-il pour autant passer derrière les barreaux ? Et vu que nous avons dépensé 200 millions de dollars pour ces "Special Ops" à la recherche d’un homme dont on savait qu’il était mort, qui donc ira en prison pour cela ? Bush, Rumsfeld et Cheney, pour des raisons que l’on sait maintenant d’ordre POLITIQUE, parlaient continuellement d’un homme qu’ils savaient décédé, mais qui ira en prison pour cela ? Pourquoi en 2004, des vidéos qui s’avérèrent contrefaites ont-elles été brandies comme des preuves issues du Renseignement pour faire basculer des élections [américaines] à l’issue incertaine ? C’est un acte criminel, s’il en fut.

En 66 pages, le Général Stanley McChrystal ne mentionne pas une seule fois Oussama Ben Laden. Il n’y en a que pour "le Mollah Omar" à présent. Lors de son intervention à West Point, le Président Obama n’a jamais mentionné Oussama Ben Laden non plus. Pour le Colonel Pappas, c’est très clair : le vice-président Cheney "a laissé tomber" Ben Laden il y a longtemps. Ce dernier a été tué par des soldats américains il y a plusieurs années.

L’Amérique sait qu’Oussama Ben Laden est mort le 13 décembre 2001. Après cette date, son nom a servi moins à unir l’Amérique qu’à la diviser, à piper les dés. Une fois le cas de Ben Laden réglé, nous aurions pu commencer la reconstruction d’une Nation légitime en Afghanistan, au lieu d’affronter une insurrection sans fin que nous avons nous-mêmes inventée.

Sans une politique intoxiquée par de fausses informations nous aurions pu apporter une solution diplomatique pour l’Afghanistan dès 2002, ce que nous nous refusons à faire encore aujourd’hui, et investir l’argent dans la reconstruction du pays. Cette dépense-là représente 5 cents sur un dollar, comparé à ce que nous dépensons dans une guerre contre un ennemi que nous avons nous-mêmes créé en exploitant son ignorance

Le mensonge concernant Ben Laden est un des actes les plus honteux jamais commis contre le peuple américain. Nous ne savons même pas s’il était vraiment notre ennemi. En tout cas, il n’a jamais été le personnage dépeint par Bush et Cheney. En fait, les familles Bush et Ben Laden ont toujours été proches, et cela, depuis des années.

Quel genre d’homme était Oussama Ben Laden ? L’allié des Américains contre la Russie, fils d’une riche famille saoudienne, il s’est rendu en Afghanistan pour aider les Afghans à défendre leur liberté. L’Amérique l’a alors célébré comme un héros. Les transcriptions des propos du véritable Ben Laden le montrent beaucoup plus modéré que nous le prétendons, fâché contre Israël et contre le gouvernement américain, mais n’affichant aucune colère envers les Américains et ne proférant aucune des menaces alléguées. Tout cela appartient au domaine public, pour qui souhaite s’informer.

Dans quelle mesure la tragédie de l’Amérique est-elle liée au destin de ces deux enfants de familles fortunées, longtemps liées par l’argent et l’amitié, les clans Bush et Ben Laden ?

L’un des deux fils est mort au milieu de montagnes éloignées de tout, l’autre vit dans une banlieue de Dallas espérant que personne ne soit envoyé pour venir le chercher. L’un est vétéran de combat, l’autre n’a jamais montré de courage si ce n’est depuis son confortable bureau sécurisé. L’Islam a pu voir en Ben Laden un grand leader. À présent on l’a pratiquement oublié.

Qu’a décidé l’Amérique à propos de Bush ?

Nous le savons : Ben Laden a toujours nié être impliqué dans les attentats du 11 Septembre pour lesquels en réalité il n’a jamais été inculpé. Non seulement quand il était encore en vie a-t-il nié y avoir participé, mais il l’a fait à quatre reprises, et en condamnant vigoureusement ceux qui ont perpétré ces attaques.

Cela est du ressort du domaine public, enfin public dans tous les pays sauf le nôtre. Au lieu de cela, nous avons fabriqué des films et payé des acteurs qui devaient ressembler plus ou moins à Ben Laden, lesquels acteurs ont contredit les déclarations connues de Ben Laden, jouant Ben Laden longtemps après sa mort.

Ces vidéos ont servi à justifier des budgets, des lois répressives, la torture et le vol pur et simple.

Pendant des années, nous avons reproché au gouvernement pakistanais de ne pas pourchasser un individu que tous savaient mort. Dès le 15 décembre 2001 au Pakistan, les journaux font état de sa mort. Comment pensez-vous que notre allié se soit senti alors qu’il se faisait continuellement tirer l’oreille après ses échecs répétés à capturer et à livrer quelqu’un qui n’existait plus ?

Quel effet pensez-vous que cela a pu avoir sur la crédibilité de l’Amérique au Pakistan et dans tout le monde musulman ? Étions-nous vus comme des criminels, des menteurs ou simplement comme des imbéciles ? Qu’est-ce qui vaut mieux ?

Cela aussi est une trahison.

Dans quelle mesure la mort de Ben Laden, la défaite et l’annihilation de la capacité de nuisance d’Al-Qaïda influeront-elles sur les évaluations du Renseignement, partiellement basées sur l’activité de Ben Laden, mais aussi d’Al-Qaïda en Irak qui non seulement n’a jamais existé, mais que l’on savait par ailleurs parfaitement impossible ?

Combien d’"experts du Pentagone" sont coupables de ces crimes, tous ces officiers retraités qui ont vendu leur honneur en nous envoyant en guerre pour ce que l’on sait maintenant être un très sale tour de politique intérieure, sans rapport avec la sécurité nationale ?

Je ne suis pas toujours d’accord sur tout avec le Colonel Pappas. Je crois que son engagement politique a parfois tendance à obscurcir son jugement. Cependant, si nous sommes d’accord en ce qui concerne Ben Laden, nous ne le sommes pas sur ce que cela signifie. D’après moi, envoyer des hommes se faire tuer au front en se basant sur un mensonge est une trahison.

Falsifier des renseignements militaires secrets et dépenser des milliards de dollars pour des opérations militaires inutiles est une abomination. Pensez-y: c’est pure folie que de donner ces milliards pour des contrats à ses amis du Parti républicain afin d’aller remplir les caisses de campagne, et tout cela à partir de renseignements falsifiés. Cela s’est fait pendant des années.

Nous avons passé huit ans à poursuivre un mort, dépensant des milliards, envoyant des agents du FBI, de la C.I.A., des Forces spéciales de nageurs de combat de l’US Navy, des Unités de reconnaissance de la Navy, des Unités de Forces spéciales, dont beaucoup y ont laissé la vie, payant le prix d’une campagne politique visant à faire accepter l’explosion de la dette du pays, à enrichir une bande de copains du même bord et des profiteurs de guerre, et à faire applaudir une clique de fanfarons au Pentagone et leurs planqués de patrons à la Maison Blanche.

Combien de lois passées grâce à un mort ?
Combien de centaines de personnes torturées pour rechercher un mort ?
Combien de morts pour rechercher un mort ?
Combien de milliards dépensés à poursuivre un mort ?

Chaque fois que Bush, Cheney ou Rumsfeld se sont tenus devant des soldats et ont parlé de la traque du défunt Ben Laden, ce fut une honte, un déshonneur. Mentir aux hommes et aux femmes qui mettent leur vie en jeu n’est pas une plaisanterie.

Qui donc va répondre aux familles qui ont perdu un proche à cause de ces calculs politiques et financiers cachés derrière le prétexte de la traque de Ben Laden ?

traduit par C.Doure pour ReOpenNews

Note ReOpenNews : Gordon Duff est un ancien soldat des Marines, et désormais principal éditorialste sur le site Veterans Today :

http://www.veteranstoday.com

Source: http://www.reopen911.info 22 décembre, 2009

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Source : internationalnews
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