Commerce hors UE : rapprochement croissant entre l’Asie, l’Amérique latine et l’Afrique australe (1/2)
Posté par jeromemoreno : le 8 septembre 2009
La crise systémique mondiale est loin d’être terminée dans l’UE des 27 ou sur d’autres continents. Néanmoins, ses effets les plus nocifs sont exacerbés au sein de l’eurozone et de l’UE (chômage structurel, baisse continue du PIB au Royaume-Uni, diminution des échanges commerciaux avec l’Asie et l’Amérique latine).
Hors UE, on assiste à une reprise économique partielle et progressive. Deuxième économie mondiale derrière les USA et devant le Japon, la Chine devrait connaître une croissance annuelle de 8 % en 2009 et 2010. Malgré le marasme mondial, la Chine a consolidé ses liens commerciaux avec l’Amérique latine, centrale et caribéenne.
Géant économique émergent et membre du BRIC, l’Inde a renoué avec la croissance lors du second trimestre de 2009 (6,1 % contre 5,8 % le trimestre précédent). Lors d’une commission ministérielle inter-étatique organisée le 1er septembre 2009, l’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud (IBAS) ont décidé d’augmenter le volume de leurs échanges commerciaux (25 milliards $ en 2015).
Chine : croissance de 8 % en 2009 et 2010
Conseiller de politique monétaire à la Banque centrale de Chine, Fang Geng a récemment dévoilé des estimations économiques pour 2009 et 2010. Réaliste et peu enclin à un optimisme démesuré, ce spécialiste prévoit pour la Chine une croissance annuelle de 8 % en 2009 et 2010.
Comme nous l’avons déjà évoqué dans de nombreux articles, un taux de croissance de 8 % constitue un seuil minimal en dessous duquel la Chine ne pourrait plus absorber une nombreuse main d’œuvre arrivant annuellement sur son marché du travail. En dessous de ce taux minimal, la Chine serait confrontée à de formidables défis politique (contestations internes au sein du PCC et extérieures avec la « Clique de Shanghaï » de l’ancien président Jiang Zemin), social (révoltes conjointes de jeunes diplômés aigris, politisés et des migrants ruraux devenus chômeurs, prolétarisés dans les mégalopoles industrielles) et ethnique (sécessionnisme larvé des extrémistes tibétains et des islamistes du Xinjiang, cf les émeutes d’Ürumqi du 5 juillet 2009 avec 197 morts et 1.680 blessés).
Néanmoins, ce scénario catastrophique devrait être évité puisque la Chine renoue progressivement avec la croissance économique, industrielle et commerciale. Fang Geng évoque un redémarrage en « V » ainsi qu’une reprise normale et durable à partir de 2011. Alors que l’économie chinoise semble plus réactive par rapport à celles de la France et de l’UE des 27, ces prévisions diffèrent radicalement de l’optimisme béat de l’américano-mondialiste Christine Lagarde ou de certains technocrates apatrides de Bruxelles.
Les investissements immobiliers progresseraient de 30 % en 2010, ce qui se traduirait par l’augmentation d’un point de croissance du PIB chinois. De même, les investissements des sociétés s’accroîtraient rapidement en 2010 avec l’amélioration progressive du commerce mondial et le rétablissement normal des exportations chinoises vers ses débouchés habituels (UE des 27, USA, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande, Japon, Corée du Sud et Pakistan).
Destiné à soutenir les secteurs agricole, industriel et commercial, un audacieux plan de relance de 4 milliards de Yuans fut mis en place en novembre 2008 par les dirigeants chinois. Au fur et à mesure de son application, ce plan fut complété dès janvier 2009 avec des aides financières ciblées et destinées à certaines branches des secteurs industriel et commercial. Contrairement à la France et aux 26 autres nations de l’UE, la Chine conserve une entière souveraineté sur son économie et sa monnaie. Par conséquent, ce plan de relance destiné à soutenir une économie ralentie et anémiée fut appliqué sans que la Chine subisse les foudres d’un organe supranational technocratique et totalitaire.
Ce plan continuera d’être appliqué jusqu’en 2010 avec le retour progressif d’une reprise normale de l’économie intérieure et internationale. Durant la phase transitoire de 2010 à 2011, le gouvernement chinois ajustera ses mesures macro-économiques.
Dans le même temps, les consommateurs chinois doivent adapter leurs comportements et attentes en fonction du taux de croissance de 8 %. Les experts saisissent toutes les opportunités pour expliquer au grand public qu’une reprise économique normale et durable ne se traduira pas automatiquement par une croissance à deux chiffres.
Chine-Amérique latine : consolidation des échanges commerciaux
Responsable du commerce international au sein de la Commission économique pour l’Amérique latine et Caraïbes (CEPALC), Osvaldo Rosales pense que l’économie chinoise sortira renforcée au niveau mondial de la crise systémique globale. Évoquant le poids commercial croissant du géant économique, ce responsable décrit la Chine comme « le moteur de l’économie mondiale au XXIe Siècle ».
Lors de la publication de son dernier rapport synthétique en août 2009, l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) met en lumière qu’au cours du premier semestre de 2009 la Chine a détrôné l’Allemagne au poste de premier exportateur mondial. L’importance commerciale de la Chine s’est récemment accrue sur le plan mondial et notamment en Amérique latine, centrale et caribéenne. Selon Rosales, le nombre de destinations et d’exportateurs illustre concrètement que la Chine est devenue un partenaire commercial privilégié pour l’Amérique latine. Rappelons que le Brésil constitue le premier partenaire commercial de la Chine sur le continent latino-américain.
Dans le cadre du développement des échanges commerciaux sino-latino-américains, évoquons maintenant les importations chinoises depuis l’Amérique latine. La Chine constitue le premier marché d’exportation du Brésil et du Chili, et le second de l’Argentine, du Pérou, du Costa Rica, de Cuba. La Chine a impérativement besoin de produits alimentaires, énergétiques (pétrole, gaz), de métaux et de minéraux.
Malgré les effets néfastes de la crise systémique globale, l’économie chinoise a continué sur sa lancée dynamique. D’ailleurs, le rapport du CEPALC se base sur un taux de croissance de 8 % pour 2009.
Cette forte demande de la Chine en produits de base a directement profité aux exportations commerciales latino-américaines et a soutenu la croissance économique des différents pays de ce continent. D’ailleurs, le rapport du CEPALC n’hésite pas à souligner que « dans un sens, le marché intérieur chinois avait sauvé les exportations des pays d’Amérique latine ».
La crise systémique globale a provoqué une nette baisse des échanges commerciaux au niveau mondial et des exportations latino-américaines vers les autres continents. Néanmoins, le rapport du CEPALC met en lumière que lors du premier semestre de 2009, la baisse des exportations commerciales de l’Amérique latine, centrale et caribéenne fut moindre avec la Chine (-4,1 %) qu’avec l’UE des 27 (-36,3 %) et les USA (-35,3 %). Il s’agit encore d’une nouvelle illustration de la nocivité de l’euro-mondialisme apatride et technocratique sur les économies intérieures de l’eurozone et de l’UE. Quant à Barack Obama, il se retrouve confronté à de formidables défis économiques. De leur côté, la Chine et les différentes nations de l’Amérique latine, centrale et caraibéenne constituent des marchés solides et en plein essor économique.
Réaliste, Osvaldo Rosales évoque deux secteurs (exportations vers la Chine, investissements chinois et asiatiques) destinés à être progressivement améliorés.
Actuellement, les exportations latino-américaines se limitent à quelques produits et ressources naturelles. Par conséquent, Rosales plaide pour une diversification accrue des produits d’exportations destinés à la Chine.
De même, les investissements chinois sur le continent latino-américain se concentrent sur quatre secteurs : mines, pétrole, transports et télécommunications. Afin d’accroître les investissements chinois et asiatiques en Amérique latine, centrale et caribéenne, Rosales insiste sur l’importance des ressources minières, agricoles, forestières et halieutiques (pêche abondante au large du Pérou grâce aux eaux froides du courant de Humboldt).
Dans la même optique, Rosales préconise l’établissement de sociétés à capitaux mixtes dans de multiples domaines et une alliance commerciale entre entreprises locales (latino-américaines) et asiatiques.
À suivre.
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rapprochement croissant entre l’Asie, l’Amérique latine
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Re: rapprochement croissant entre l’Asie, l’Amérique latine
Mondialisme en marche : rapprochement croissant entre l’Asie, l’Amérique latine et l’Afrique australe (2/2)
Posté par jeromemoreno : le 9 septembre 2009
Dans un précédent article, nous avons évoqué les prévisions de croissance de la Chine pour 2009 et 2010 ainsi que la consolidation de ses échanges commerciaux avec l’Amérique latine, malgré les effets néfastes de la crise systémique globale. Il s’agissait d’échanges commerciaux bilatéraux entre nations souveraines du continent latino-américain.
Dans la deuxième partie, nous évoquerons l’Inde qui renoue avec la croissance économique (6,1 % lors du second trimestre de 2009 contre 5,8 % le trimestre précédent). Lors d’une commission inter-étatique organisée mardi 1er septembre 2009, l’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud (IBAS) ont décidé d’augmenter leurs échanges commerciaux annuels à 25 milliards $ d’ici 2015. Dans ce cadre, il s’agit de consolider des relations commerciales entre trois nations souveraines. Seulement les négociations se dérouleront mutuellement entre l’Inde et deux blocs supranationaux (MERCOSUR latino-américain et le SACU, union douanière de l’Afrique australe). En réalité, nous assistons à une imbrication progressive de grands ensembles économiques supranationaux, qui préfigurent l’amorce du Nouvel Ordre Mondial évoquée dans plusieurs ouvrages du géopolitologue Pierre Hillard.
Inde : croissance de 6,1 % au second trimestre 2009
Selon l’Organisation Centrale des Statistiques (CSO), l’Inde a enregistré une croissance de 6,1 % lors du second trimestre 2009. Il s’agit d’une légère progression du PIB indien par rapport au trimestre précédent (5,8 %, soit +0,3 %). Affecté par la crise systémique mondiale, l’Inde semble renouer avec la croissance économique. La baisse de la consommation mondiale avait provoqué une sérieuse chute des exportations commerciales indiennes vers ses habituels débouchés.
Au premier abord, une croissance de 6,1 % apparait comme une contre-performance économique par rapport au second trimestre de 2008 (7,8 %, soit -1,7 %). Actuellement, l’Inde se trouve dans une phase transitoire vers une reprise normale puis durable de sa croissance économique. La crise systémique globale n’est pas entièrement responsable de ces chiffres mitigés. Provoquée par une insuffisance des habituelles pluies de mousson, une sécheresse très marquée a plombé le secteur agricole dont la croissance tomba à 2,4 %. Dans le même temps, le secteur des services a enregistré une croissance supérieure à 8 %.
Premier ministre indien depuis le 22 mai 2004, Manmohan Singh avait favorisé dans les années 1990 la libéralisation et l’ouverture économiques et commerciales mondiales de l’Inde.
Renforcement des échanges commerciaux entre l’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud (IBAS)
Fondé en 2003, IBAS est une structure informelle composée de l’Inde, du Brésil et de l’Afrique du Sud. Remarquons qu’avec la Russie et la Chine, l’Inde et le Brésil sont membres du BRIC. L’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud totalisent 1,4 milliard d’habitants et combinent un PIB de 3.200 milliards $. Actuellement, les échanges commerciaux annuels entre ces trois pays émergents s’élèvent à 10 milliards $.
Lors de la 6e commission ministérielle de l’IBAS organisée le 1er septembre 2009, les ministres des Affaires étrangères indien, brésilien et sud-africain ont décidé de lancer des négociations afin d’augmenter le volume des échanges commerciaux à 25 milliards $ d’ici 2015.
Seulement, ces négociations commerciales ne se déroulent pas uniquement entre représentants de nations souveraines mais avec deux organismes économiques supranationaux : le MERCOSUR (Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay) et le SACU (Union Douanière de l’Afrique Australe avec l’Afrique du Sud, la Namibie, le Botswana, le Lesotho et le Swaziland). Avec l’imbrication progressive de ces deux ensembles, il s’agit d’une nouvelle étape vers l’établissement du Nouvel Ordre Mondial.
Le processus est d’ailleurs en marche puisque des négociations commerciales sont déjà en cours entre l’Inde et le SACU. Mentionnons la présence ancienne d’une forte minorité indienne en Afrique du Sud et notamment dans la ville portuaire de Durban.
Lors de cette commission tripartite, les trois ministres des Affaires étrangères ont approuvé des accords commerciaux préférentiels entre l’Inde et le MERCOSUR ainsi qu’entre le SACU et le MERCOSUR.
Brève présentation du SACU
L’Afrique du Sud se détacha du Royaume-Uni le 31 mai 1910. Constitué dès 1910 entre l’Afrique du Sud, les territoires de Bechuanaland, Basutoland et Swaziland, le SACU constitue la plus ancienne union douanière mondiale. Néanmoins, le SACU revêtit sa forme actuelle le 11 décembre 1969 avec l’accession à l’indépendance du Botswana (30 septembre 1966), du Lesotho (4 octobre 1966) et du Swaziland (6 septembre 1968). Le SACU opéra officiellement le 1er mars 1970. Détachée et de l’Afrique du Sud et devenue indépendante le 21 mars 1990, la Namibie en constitue son cinquième membre.
En 2004, le SACU et le MERCOSUR se sont rapprochés dans le cadre d’une zone de libre-échange (FTA, Free Trade Agreement).
Le 1er juillet 2006, le SACU s’est intégré à une Zone de libre-échange avec l’Association européenne de libre-échange (AELE). La Convention de Stockholm fut signé le 4 janvier 1960 par sept pays désireux de former un bloc commercial alternatif à la CEE (Communauté Économique Européenne). Entré en vigueur le 3 mai 1960, l’AELE ne comprend plus que quatre membres (Islande depuis le 1er janvier 1970, le Liechtenstein depuis le 1er janvier 1991, la Suisse et la Norvège restant les seuls membres fondateurs). Avec l’adhésion de la Suède à l’Union Européenne (UE) le 1er janvier 1995, la Convention de Vaduz s’est substituée à celle de Stockholm.
En revanche, les négociations de libre-échange entre les USA et le SACU furent ajournés le 8 janvier 2008.
Brève présentation du MERCOSUR
Le 26 mars 1991, le Brésil, l’Argentine, le Paraguay et l’Uruguay signent le traité d’Asuncion, qui donne naissance au MERCOSUR (Marché commun de l’Amérique latine). Le MERCOSUR forme le troisième marché intégré mondial après l’UE des 27 et l’ALENA (zone de libre-échange nord-américaine entre les USA, le Canada et le Mexique). Le MERCOSUR possède son siège général à Montevideo (capitale de l’Uruguay).
Concurrent direct de l’ALENA, le MERCOSUR favorise la libre-circulation des biens, services, facteurs de productions, le rapprochement des politiques économiques et l’harmonisation des législations de ses quatre états membres. Néanmoins, le MERCOSUR est plombé par les incessantes rivalités politiques et économiques entre le Brésil et l’Argentine, mais surtout par des inégalités territoriales. Même si les échanges commerciaux internes progressèrent spectaculairement entre 1991 et 2007 (de 4 à 30 milliards $), les économies paraguayenne et uruguayenne ont peu bénéficié du MERCOSUR.
La Bolivie et le Chili devinrent en 1996 des membres associés du MERCOSUR, tandis que le Chili acquit ce statut d’association en 2003.
Organisé le 17 décembre 2004 dans la ville brésilienne de Ouro Preto (Minas Gerais), le 27e Sommet du MERCOSUR officialise les adhésions de l’Équateur, de la Colombie et du Venezuela comme membres associés. Lors du même sommet, le Mexique (membre de l’ALENA) et Panama annoncent officiellement leur intention de devenir de futurs membres du MERCOSUR.
Membre associé depuis le 17 décembre 2004, le Venezuela signa le 17 juin 2006 un premier accord afin de devenir un membre à part entière du MERCOSUR. Le 4 juillet 2006, le protocole d’adhésion du Venezuela fut officiellement approuvé à Caracas par les quatre pays fondateurs (Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay). Les parlements de ces quatre pays doivent impérativement ratifier le protocole d’adhésion de Caracas, afin que le Venezuela s’intègre pleinement au sein du MERCOSUR. Actuellement, le Venezuela reste un membre associé du MERCOSUR puisque seuls les parlements d’Argentine et du Paraguay ont ratifié le protocole d’adhésion tandis que les parlements du Brésil et de l’Uruguay ne se sont toujours pas prononcés sur les accords de Caracas.
Lors du Sommet de Rio de Janeiro organisé en janvier 2007, l’Équateur et la Bolivie annoncèrent leur intention de devenir des membres à part entière du Mercosur. En revanche, le Sommet d’Asuncion du 29 juin 2007 fut particulièrement houleux et évita d’extrême justesse la dissolution de l’organisation, fragilisée par des dissensions récurrentes entre ses divers partenaires.
MERCOSUR : tournant mondialiste en 2004
Le 25 janvier 2004, l’Inde signa officiellement avec le MERCOSUR des accords de préférence douanière concernant 800 produits dans les secteurs agricole, chimique, pharmaceutique et automobile.
Signé le 15 décembre 1995 entre l’UE et le MERCOSUR, un accord de coopération économique initie le processus de rapprochement de ces deux blocs supranationaux, décidés à former une future Zone de libre-échange (FTA).
Outre le rapprochement commercial avec le SACU en 2004, le MERCOSUR signa en 2007 un accord de libre-échange avec Israël.
Le premier rapprochement entre les blocs supranationaux du MERCOSUR et de l’ASEAN (Association des Nations de l’Asie du sud-est, 10 pays, fondation à Bangkok le 8 août 1967, siège général à Jakarta) fut effectué à Brasilia en novembre 2008. Les échanges commerciaux bilatéraux entre le MERCOSUR et l’ASEAN s’élevaient à 12 milliards de $ en 2008. Lors de sa première visite d’État au Brésil entre les 22 et 25 juin 2008, la présidente philippine Gloria Macapagal Arroyo rencontra son homologue Luiz Iniacio Lula Da Silva. Outre la signature d’accords bilatéraux dans les domaines agricole et des énergies propres, les deux chefs d’État ont solennellement décidé de renforcer les relations commerciales et la coopération économique entre le MERCOSUR et l’ASEAN (Birmanie, Thaïlande, Cambodge, Laos, Viet-Nam, Philippines, Malaisie, Brunei, Singapour, Indonésie).
Comme on le constate concrètement, le MERCOSUR favorise le libre-échangisme au niveau mondial et se rapproche progressivement d’une union économique similaire à l’UE des 27.
MERCOSUR : futur fusion au sein de l’UNASUR ?
Lors d’un Sommet présidentiel organisé en 2004, le MERCOSUR décida de se doter d’un Parlement à l’image de celui de l’Union Européenne (UE). Composé de 18 députés par pays membres, ce Parlement entrerait en vigueur après 2010. Ses futurs membres seraient d’abord nommés puis élus. On assiste donc à une progressive intégration politique du MERCOSUR.
Signée le 8 décembre 2004 à Cuzco (ville andine du Pérou), la « Déclaration de Cuzco » prévoit la création progressive d’un bloc politique, économique et monétaire de l’ensemble de l’Amérique latine. S’inspirant directement de l’UE des 27, la funeste « Déclaration de Cuzco » a décidé de créer la Communauté sud-américaine des nations (CSN) en fusionnant le MERCOSUR, la Communauté andine (CAN, Colombie, Pérou, Équateur, Bolivie depuis le 26 mai 1969) et en intégrant le Chili, le Surinam, le Guyana.
Lors du premier sommet énergétique latino-américain organisé mi-avril 2007 au Venezuela, cette communauté fut rebaptisée Union des Nations Sud-Américaines (UNASUR). Composé des douze pays de l’Amérique latine, l’UNASUR fut officiellement créé le 23 mai 2008 lors du Sommet de Brasilia. Son siège général est situé à Quito (capitale de l’Équateur), son Parlement est fixé dans la ville bolivienne de Cochabamba et sa banque centrale siège à Caracas. La présidente socialiste du Chili Michelle Bachelet exerça durant 1 ans la première présidence temporaire. Le président équatorien Rafael Correa assure en 2009 la présidence temporaire de l’UNASUR.
Il s’agit d’un véritable « copier-coller » de l’UE des 27 puisque cette future Union prévoit à terme une monnaie commune, une citoyenneté et un passeport communs, un Parlement commun.
Si cette Union politique, économique et monétaire se concrétisait pleinement, elle formerait le plus grand bloc intégré au niveau mondial avec une superficie de 17 millions de km2 et une population de 360 millions d’habitants.
Antichambre et marchepied du Nouvel Ordre Mondial, l’UE des 27 constitue un modèle pour tous les politiciens et économistes, acquis au mondialisme apatride, au libre-échangisme ultralibéral et à l’établissement progressif d’un gouvernement mondial. Malgré l’échec patent de la technocratie européiste, la bureaucratie de l’UNASUR est directement calquée sur celle des eurocrates de Bruxelles. Même si l’UNASUR constitue encore une structure supranationale embryonnaire, les mondialistes prévoient à terme la fusion de tous ces blocs supranationaux (ALENA, MERCOSUR, UE des 27, UA, ASEAN …).
Cette brève présentation illustre la pertinence des ouvrages du géopolitologue et visionnaire Pierre Hillard (La marche irrésistible du Nouvel Ordre Mondial et La Fondation Bertelsmann et la gouvernance mondiale).
http://www.nationspresse.info
Posté par jeromemoreno : le 9 septembre 2009
Dans un précédent article, nous avons évoqué les prévisions de croissance de la Chine pour 2009 et 2010 ainsi que la consolidation de ses échanges commerciaux avec l’Amérique latine, malgré les effets néfastes de la crise systémique globale. Il s’agissait d’échanges commerciaux bilatéraux entre nations souveraines du continent latino-américain.
Dans la deuxième partie, nous évoquerons l’Inde qui renoue avec la croissance économique (6,1 % lors du second trimestre de 2009 contre 5,8 % le trimestre précédent). Lors d’une commission inter-étatique organisée mardi 1er septembre 2009, l’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud (IBAS) ont décidé d’augmenter leurs échanges commerciaux annuels à 25 milliards $ d’ici 2015. Dans ce cadre, il s’agit de consolider des relations commerciales entre trois nations souveraines. Seulement les négociations se dérouleront mutuellement entre l’Inde et deux blocs supranationaux (MERCOSUR latino-américain et le SACU, union douanière de l’Afrique australe). En réalité, nous assistons à une imbrication progressive de grands ensembles économiques supranationaux, qui préfigurent l’amorce du Nouvel Ordre Mondial évoquée dans plusieurs ouvrages du géopolitologue Pierre Hillard.
Inde : croissance de 6,1 % au second trimestre 2009
Selon l’Organisation Centrale des Statistiques (CSO), l’Inde a enregistré une croissance de 6,1 % lors du second trimestre 2009. Il s’agit d’une légère progression du PIB indien par rapport au trimestre précédent (5,8 %, soit +0,3 %). Affecté par la crise systémique mondiale, l’Inde semble renouer avec la croissance économique. La baisse de la consommation mondiale avait provoqué une sérieuse chute des exportations commerciales indiennes vers ses habituels débouchés.
Au premier abord, une croissance de 6,1 % apparait comme une contre-performance économique par rapport au second trimestre de 2008 (7,8 %, soit -1,7 %). Actuellement, l’Inde se trouve dans une phase transitoire vers une reprise normale puis durable de sa croissance économique. La crise systémique globale n’est pas entièrement responsable de ces chiffres mitigés. Provoquée par une insuffisance des habituelles pluies de mousson, une sécheresse très marquée a plombé le secteur agricole dont la croissance tomba à 2,4 %. Dans le même temps, le secteur des services a enregistré une croissance supérieure à 8 %.
Premier ministre indien depuis le 22 mai 2004, Manmohan Singh avait favorisé dans les années 1990 la libéralisation et l’ouverture économiques et commerciales mondiales de l’Inde.
Renforcement des échanges commerciaux entre l’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud (IBAS)
Fondé en 2003, IBAS est une structure informelle composée de l’Inde, du Brésil et de l’Afrique du Sud. Remarquons qu’avec la Russie et la Chine, l’Inde et le Brésil sont membres du BRIC. L’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud totalisent 1,4 milliard d’habitants et combinent un PIB de 3.200 milliards $. Actuellement, les échanges commerciaux annuels entre ces trois pays émergents s’élèvent à 10 milliards $.
Lors de la 6e commission ministérielle de l’IBAS organisée le 1er septembre 2009, les ministres des Affaires étrangères indien, brésilien et sud-africain ont décidé de lancer des négociations afin d’augmenter le volume des échanges commerciaux à 25 milliards $ d’ici 2015.
Seulement, ces négociations commerciales ne se déroulent pas uniquement entre représentants de nations souveraines mais avec deux organismes économiques supranationaux : le MERCOSUR (Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay) et le SACU (Union Douanière de l’Afrique Australe avec l’Afrique du Sud, la Namibie, le Botswana, le Lesotho et le Swaziland). Avec l’imbrication progressive de ces deux ensembles, il s’agit d’une nouvelle étape vers l’établissement du Nouvel Ordre Mondial.
Le processus est d’ailleurs en marche puisque des négociations commerciales sont déjà en cours entre l’Inde et le SACU. Mentionnons la présence ancienne d’une forte minorité indienne en Afrique du Sud et notamment dans la ville portuaire de Durban.
Lors de cette commission tripartite, les trois ministres des Affaires étrangères ont approuvé des accords commerciaux préférentiels entre l’Inde et le MERCOSUR ainsi qu’entre le SACU et le MERCOSUR.
Brève présentation du SACU
L’Afrique du Sud se détacha du Royaume-Uni le 31 mai 1910. Constitué dès 1910 entre l’Afrique du Sud, les territoires de Bechuanaland, Basutoland et Swaziland, le SACU constitue la plus ancienne union douanière mondiale. Néanmoins, le SACU revêtit sa forme actuelle le 11 décembre 1969 avec l’accession à l’indépendance du Botswana (30 septembre 1966), du Lesotho (4 octobre 1966) et du Swaziland (6 septembre 1968). Le SACU opéra officiellement le 1er mars 1970. Détachée et de l’Afrique du Sud et devenue indépendante le 21 mars 1990, la Namibie en constitue son cinquième membre.
En 2004, le SACU et le MERCOSUR se sont rapprochés dans le cadre d’une zone de libre-échange (FTA, Free Trade Agreement).
Le 1er juillet 2006, le SACU s’est intégré à une Zone de libre-échange avec l’Association européenne de libre-échange (AELE). La Convention de Stockholm fut signé le 4 janvier 1960 par sept pays désireux de former un bloc commercial alternatif à la CEE (Communauté Économique Européenne). Entré en vigueur le 3 mai 1960, l’AELE ne comprend plus que quatre membres (Islande depuis le 1er janvier 1970, le Liechtenstein depuis le 1er janvier 1991, la Suisse et la Norvège restant les seuls membres fondateurs). Avec l’adhésion de la Suède à l’Union Européenne (UE) le 1er janvier 1995, la Convention de Vaduz s’est substituée à celle de Stockholm.
En revanche, les négociations de libre-échange entre les USA et le SACU furent ajournés le 8 janvier 2008.
Brève présentation du MERCOSUR
Le 26 mars 1991, le Brésil, l’Argentine, le Paraguay et l’Uruguay signent le traité d’Asuncion, qui donne naissance au MERCOSUR (Marché commun de l’Amérique latine). Le MERCOSUR forme le troisième marché intégré mondial après l’UE des 27 et l’ALENA (zone de libre-échange nord-américaine entre les USA, le Canada et le Mexique). Le MERCOSUR possède son siège général à Montevideo (capitale de l’Uruguay).
Concurrent direct de l’ALENA, le MERCOSUR favorise la libre-circulation des biens, services, facteurs de productions, le rapprochement des politiques économiques et l’harmonisation des législations de ses quatre états membres. Néanmoins, le MERCOSUR est plombé par les incessantes rivalités politiques et économiques entre le Brésil et l’Argentine, mais surtout par des inégalités territoriales. Même si les échanges commerciaux internes progressèrent spectaculairement entre 1991 et 2007 (de 4 à 30 milliards $), les économies paraguayenne et uruguayenne ont peu bénéficié du MERCOSUR.
La Bolivie et le Chili devinrent en 1996 des membres associés du MERCOSUR, tandis que le Chili acquit ce statut d’association en 2003.
Organisé le 17 décembre 2004 dans la ville brésilienne de Ouro Preto (Minas Gerais), le 27e Sommet du MERCOSUR officialise les adhésions de l’Équateur, de la Colombie et du Venezuela comme membres associés. Lors du même sommet, le Mexique (membre de l’ALENA) et Panama annoncent officiellement leur intention de devenir de futurs membres du MERCOSUR.
Membre associé depuis le 17 décembre 2004, le Venezuela signa le 17 juin 2006 un premier accord afin de devenir un membre à part entière du MERCOSUR. Le 4 juillet 2006, le protocole d’adhésion du Venezuela fut officiellement approuvé à Caracas par les quatre pays fondateurs (Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay). Les parlements de ces quatre pays doivent impérativement ratifier le protocole d’adhésion de Caracas, afin que le Venezuela s’intègre pleinement au sein du MERCOSUR. Actuellement, le Venezuela reste un membre associé du MERCOSUR puisque seuls les parlements d’Argentine et du Paraguay ont ratifié le protocole d’adhésion tandis que les parlements du Brésil et de l’Uruguay ne se sont toujours pas prononcés sur les accords de Caracas.
Lors du Sommet de Rio de Janeiro organisé en janvier 2007, l’Équateur et la Bolivie annoncèrent leur intention de devenir des membres à part entière du Mercosur. En revanche, le Sommet d’Asuncion du 29 juin 2007 fut particulièrement houleux et évita d’extrême justesse la dissolution de l’organisation, fragilisée par des dissensions récurrentes entre ses divers partenaires.
MERCOSUR : tournant mondialiste en 2004
Le 25 janvier 2004, l’Inde signa officiellement avec le MERCOSUR des accords de préférence douanière concernant 800 produits dans les secteurs agricole, chimique, pharmaceutique et automobile.
Signé le 15 décembre 1995 entre l’UE et le MERCOSUR, un accord de coopération économique initie le processus de rapprochement de ces deux blocs supranationaux, décidés à former une future Zone de libre-échange (FTA).
Outre le rapprochement commercial avec le SACU en 2004, le MERCOSUR signa en 2007 un accord de libre-échange avec Israël.
Le premier rapprochement entre les blocs supranationaux du MERCOSUR et de l’ASEAN (Association des Nations de l’Asie du sud-est, 10 pays, fondation à Bangkok le 8 août 1967, siège général à Jakarta) fut effectué à Brasilia en novembre 2008. Les échanges commerciaux bilatéraux entre le MERCOSUR et l’ASEAN s’élevaient à 12 milliards de $ en 2008. Lors de sa première visite d’État au Brésil entre les 22 et 25 juin 2008, la présidente philippine Gloria Macapagal Arroyo rencontra son homologue Luiz Iniacio Lula Da Silva. Outre la signature d’accords bilatéraux dans les domaines agricole et des énergies propres, les deux chefs d’État ont solennellement décidé de renforcer les relations commerciales et la coopération économique entre le MERCOSUR et l’ASEAN (Birmanie, Thaïlande, Cambodge, Laos, Viet-Nam, Philippines, Malaisie, Brunei, Singapour, Indonésie).
Comme on le constate concrètement, le MERCOSUR favorise le libre-échangisme au niveau mondial et se rapproche progressivement d’une union économique similaire à l’UE des 27.
MERCOSUR : futur fusion au sein de l’UNASUR ?
Lors d’un Sommet présidentiel organisé en 2004, le MERCOSUR décida de se doter d’un Parlement à l’image de celui de l’Union Européenne (UE). Composé de 18 députés par pays membres, ce Parlement entrerait en vigueur après 2010. Ses futurs membres seraient d’abord nommés puis élus. On assiste donc à une progressive intégration politique du MERCOSUR.
Signée le 8 décembre 2004 à Cuzco (ville andine du Pérou), la « Déclaration de Cuzco » prévoit la création progressive d’un bloc politique, économique et monétaire de l’ensemble de l’Amérique latine. S’inspirant directement de l’UE des 27, la funeste « Déclaration de Cuzco » a décidé de créer la Communauté sud-américaine des nations (CSN) en fusionnant le MERCOSUR, la Communauté andine (CAN, Colombie, Pérou, Équateur, Bolivie depuis le 26 mai 1969) et en intégrant le Chili, le Surinam, le Guyana.
Lors du premier sommet énergétique latino-américain organisé mi-avril 2007 au Venezuela, cette communauté fut rebaptisée Union des Nations Sud-Américaines (UNASUR). Composé des douze pays de l’Amérique latine, l’UNASUR fut officiellement créé le 23 mai 2008 lors du Sommet de Brasilia. Son siège général est situé à Quito (capitale de l’Équateur), son Parlement est fixé dans la ville bolivienne de Cochabamba et sa banque centrale siège à Caracas. La présidente socialiste du Chili Michelle Bachelet exerça durant 1 ans la première présidence temporaire. Le président équatorien Rafael Correa assure en 2009 la présidence temporaire de l’UNASUR.
Il s’agit d’un véritable « copier-coller » de l’UE des 27 puisque cette future Union prévoit à terme une monnaie commune, une citoyenneté et un passeport communs, un Parlement commun.
Si cette Union politique, économique et monétaire se concrétisait pleinement, elle formerait le plus grand bloc intégré au niveau mondial avec une superficie de 17 millions de km2 et une population de 360 millions d’habitants.
Antichambre et marchepied du Nouvel Ordre Mondial, l’UE des 27 constitue un modèle pour tous les politiciens et économistes, acquis au mondialisme apatride, au libre-échangisme ultralibéral et à l’établissement progressif d’un gouvernement mondial. Malgré l’échec patent de la technocratie européiste, la bureaucratie de l’UNASUR est directement calquée sur celle des eurocrates de Bruxelles. Même si l’UNASUR constitue encore une structure supranationale embryonnaire, les mondialistes prévoient à terme la fusion de tous ces blocs supranationaux (ALENA, MERCOSUR, UE des 27, UA, ASEAN …).
Cette brève présentation illustre la pertinence des ouvrages du géopolitologue et visionnaire Pierre Hillard (La marche irrésistible du Nouvel Ordre Mondial et La Fondation Bertelsmann et la gouvernance mondiale).
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