précision : on est le seul pays d'Europe à avoir des syndicalistes avec une mentalité de mai 68, mentalité soviétique, la voilà l'explication pourquoi la retraite est toujours à 60 ans, les autres vivent au XXIe siècle.
Re: La faillite des retraites
Publié : 24/03/2010 - 7:46
par Pat
Réforme des retraites : les fonctionnaires avantagés
L'ouverture des discussions sur la réforme des retraites ne devrait pas bousculer les régimes spéciaux dont bénéficie le secteur public.
Le chef de l'Etat a fait preuve, lors de son entretien télévisé du 26 janvier dernier, d'une extrême prudence quant au retour à l'équité des retraites entre agents du secteur public et salariés du secteur privé. A la question de la journaliste Laurence Ferrari qui lui demandait s'il allait « changer l'âge légal du départ à la retraite ? », Nicolas Sarkozy répondit : « Je ne veux pas ouvrir le débat et en même temps le conclure. Ce que je peux dire aux Français, c'est qu'avant la fin de l'année nous aurons pris les décisions qu'il faut. » A la question « Vous ferez l'équité entre le privé et le public ? », posée par la même Laurence Ferrari, Nicolas Sarkozy, nullement avare de promesses vagues, répondit derechef : « Il faudra. On ne peut pas dire aux gens : quand on est dans le privé on travaille plus longtemps que quand on est dans le public. » Pourtant, l'âge de la retraite reste de 55 ans, voire de 50 ans, pour 30 % des fonctionnaires dits «actifs», alors qu'il est de 60 ans (et peut-être bientôt 61 ans) pour les salariés du privé.
Le scandale des régimes spéciaux Cette prudence, et même, comme on va le voir, ce double discours de l'exécutif, s'explique essentiellement par les garanties données depuis l'élection de 2007 aux syndicats, dont le gros des troupes provient, en France, de la fonction publique, En effet, comme le rappelle volontiers l'association Sauvegarde retraites*, le Premier ministre François Fillon a gravé dans le marbre en octobre 2007, dans un document d'orientation relatif à la réforme des régimes spéciaux de retraite, que « le gouvernement n'entend pas remettre en cause l'existence des régimes spéciaux de retraite mais au contraire garantir leur viabilité financière et donc leur pérennité ». C'est un aveu très clair d'impuissance et de lâcheté politique, destiné à rassurer à tout prix les syndicats quant à la pérennité de ces aberrations sociales que constituent les régimes spéciaux. Cette pérennité des régimes spéciaux de retraites qui profite surtout aux fonctionnaires (mais aussi aux élus... ) constitue pourtant, depuis des années, un véritable scandale économique et social. Rappelons que les pensions de retraite des fonctionnaires correspondent à 75 % de la moyenne de leurs six derniers mois de salaire, alors que pour les retraites des salariés du privé, ce taux ne cesse de chuter et se voit calculé sur les 25 dernières années de cotisation. D'autre part, alors qu'un effort toujours plus important est demandé aux salariés du privé et aux entreprises, les fonctionnaires voient depuis vingt ans leur taux de cotisation limité à 7,85 %, S'il est probable que les fonctionnaires ne descendront pas dans la rue, satisfaits des nouvelles garanties, c'est que Nicolas Sarkozy aura maintenu leurs privilèges. Il aura effectivement ouvert le débat, mais pour mieux le refermer et l'enterrer. Seules les pensions du privé seront donc touchées par la réforme annoncée, avec une nouvelle baisse prévisible des pensions et du pouvoir d'achat des retraités du privé. Encore est-on là dans le court terme. Sur le long terme, l'absence de véritable politique familiale plombe notre démographie. Quant au recours à l'immigration pour financer nos retraites, on sait depuis longtemps ce qu'il en coûte en terme de dépenses sociales afférentes... Réformer en profondeur le système des retraites français pour l'adapter aux nouvelles contraintes économiques sans toucher aux régimes spéciaux et aux avantages des fonctionnaires ? C'est la gageure du président de la République et du gouvernement Fillon. On peut donc redouter que, comme dans tant d'autres domaines, la réforme annoncée soit limitée et inadaptée, voire injuste. Comme en matière scolaire, fiscale ou d'immigration, on n'avance pas d'un pouce depuis l'entrée dans l'ère Sarkozy. C'est une énième preuve de l'impuissance de notre classe politique à gouverner le pays et à se projeter dans l'avenir. Il est vrai que les promesses électorales n'engagent que ceux qui y croient... Jacques Cognerais monde et vie février 2010 1) Site internet : www.sauvergarde-retraites.org
Re: La faillite des retraites
Publié : 24/03/2010 - 16:47
par marcau
supergaulois a écrit :précision : on est le seul pays d'Europe à avoir des syndicalistes avec une mentalité de mai 68, mentalité soviétique, la voilà l'explication pourquoi la retraite est toujours à 60 ans, les autres vivent au XXIe siecle
syndicalistes vous avez dit syndicalistes ces guss qui vont bouffer à l'Élysée, ils se couchent, des pourris je vous dis.
"avant quand il y avait une grève cela se voyait"
Re: La faillite des retraites
Publié : 25/03/2010 - 20:19
par JCL31
marcau a écrit :
supergaulois a écrit :précision : on est le seul pays d'Europe à avoir des syndicalistes avec une mentalité de mai 68, mentalité soviétique, la voilà l'explication pourquoi la retraite est toujours à 60 ans, les autres vivent au XXIe siècle
syndicalistes vous avez dit syndicalistes ces guss qui vont bouffer à l'Élysée, ils se couchent, des pourris je vous dis !
"avant quand il y avait une grève cela se voyait"
Cette phrase tristement célèbre n'a pas été envoyée pour rien. C'était le message de Sarkonade pour dire aux syndicats qu'il valait mieux continuer à la fermer. Ils ont aboyé pour le fun, pour faire croire que, et sont repartis direct à la niche ronger l'os des subventions donner gracieusement pas Sir Cozy sur le dos du contribuable. Quand on se pose un peu, on se rend compte à quel point notre Patrie est la pompe à finance d'un trop grand nombre de parvenus.
Re: La faillite des retraites
Publié : 02/04/2010 - 22:12
par Pat
Une caisse publique prise la main dans la caisse des retraites du privé
Les caisses de retraite complémentaire du privé vont être siphonnées pour alimenter l'Ircantec, la complémentaire des fonctionnaires non statutaires et des élus locaux. Avec la complicité de l'Etat.
6 milliards d'euros : c'est le montant du pompage que l'Ircantec, institution de retraite complémentaire des fonctionnaires et des élus locaux, s'apprête à réaliser, par le biais d'une « soulte », dans les caisse de retraite complémentaire des salariés du privé (Agirc-Arrco). Ce véritable fric-frac, réalisé avec le plein accord de l'Etat et des syndicats, se serait opéré dans la plus parfaite discrétion si l'association Sauvegarde-Retraites et l'hebdomadaire Le Point n'avaient pas dénoncé le scandale. Le ministre de l'Industrie, Christian Estrosi, l'avait pourtant annoncé le 8 novembre dernier à l'Assemblée nationale : « L' Agirc-Arrco versera à l'Ircantec une soulte dont le montant n'est pas encore déterminé. Des travaux sont en cours sur le sujet, sachant que ces calculs sont toujours longs. En l'occurrence, il est question de milliards d'euros et de projections démographiques à cinquante ans. Nous ne prenons pas une décision pour les six mois ou les cinq ans qui viennent ! Nous parlons d'une échéance de cinquante ans ! »
Absolument personne pour défendre les intérêts du privé L'opération est censée se justifier par la transformation de La Poste en société anonyme : à compter du 1er janvier 2010, les nouveaux agents recrutés seront affiliés à l'Agirc-Arrco. A en croire Jean-Paul Thivolie, président du Conseil d'administration de l'Ircantec, le manque à gagner qui s'ensuivra placerait l'Ircantec dans une situation ingérable. « Les 1 253 000 retraités, anciens salariés et salariés actuels de La Poste voient donc leurs droits à retraite conservés à l'Ircantec au lieu d'être transférés à l' Agirc-Arrco. La "soulte" évoquée par Christian Estrosi correspond donc à la contribution destinée à compenser cette charge actuelle et future supportée par l'Ircantec qui va progressivement perdre les cotisants au profit de l'Agirc-Arrco. » La position de l'Ircantec est claire : elle n' entend pas créer un déséquilibre injuste à son profit mais simplement garantir les droits des affiliés dans le respect des règles fondamentales de la répartition. Reste que Jean-Paul Thivolie arrange quelque peu la réalité à son avantage. Sans euphémisme, on peut même dire qu'il ment effrontément. Ainsi ne voit-on pas très bien où il prend le million de retraités auxquels l'Ircantec serait condamnée, selon lui, à verser des pensions. En réalité, l'institution de retraite des fonctionnaires ne gère que les carrières des personnels de La Poste recrutés entre 1990, date à laquelle l'entreprise publique est devenue un EPIC (établissement public industriel et commercial) et le 1er janvier 2010, date où La Poste a de nouveau changé de statut pour devenir une SA à capital 100 % public. Les agents recrutés avant 1990, soit plus de la moitié des effectifs de La poste, ont un statut de fonctionnaires et relèvent du code des pensions civiles et militaires - leurs retraites sont donc directement payées par l'Etat. Ceux qui seront recrutés à partir de 2010 relèveront de l'Agirc-Arrco pour leurs retraites complémentaires (et de la Sécurité sociale pour leur retraite de base). Ne restent à l'Ircantec que ceux qui ont été embauchés entre ces deux périodes. Non seulement on est - heureusement - très loin des chiffres avancés par Jean-Paul Thivolie, mais, comme on le souligne du côté de Sauvegarde-Retraites, la plupart des intéressés sont toujours en activité : l'Ircantec n'a donc eu que très peu de pensions à payer jusqu'à aujourd'hui. Elle aurait donc pu provisionner de quoi payer les pensions de ses futurs retraités, qui continuent d'ailleurs à cotiser chez elle. En revanche, souligne l'association dans son étude, les postiers n'étant évidemment pas ses seuls « clients », elle a bénéficié au cours de ces dernières années de l'apport de 643 000 nouveaux cotisants, sans partager avec quiconque les surplus de recettes qu'elle en a retirés. Pourquoi les caisses des salariés du privé seraient-elles tenues de le faire ? Ce serait d'autant plus injuste, insiste Sauvegarde-Retraites, que le régime spécial de l'Ircantec « offre un rendement près de deux fois supérieur à celui de l' Agirc-Arrco pour des cotisations inférieures de 41 %. Il est alors vraiment inique, dans ces conditions, de ponctionner des régimes plus "pauvres" pour garantir les intérêts d'un régime plus "riche". » Il n'y a donc pas de raison que l'Ircantec se prévale de droits imaginaires sur des futurs cotisants qui, souligne Sauvegarde retraites, ne sont peut -être même pas encore nés - la soulte devant, comme l'a expressément déclaré le ministre de l'Industrie, s'étendre sur pas moins d'un demi-siècle ! Reste à savoir pourquoi les différentes parties de l'affaire ont avalisé ce montage scandaleux. C'est que chacun y trouve son compte, explique l'étude de Sauvegarde-Retraites. L'Etat, d'abord, s'est engagé à l'automne 2008 à sécuriser le régime de retraite Ircantec. Vu l'ampleur de son déficit, on comprend qu'il préfère voir les caisses du privé faire les frais de cette « sécurisation ». Les syndicats, dirigés par des agents du secteur public, ont pour principale clientèle les agents du secteur public. Il est donc dans leur intérêt de protéger ceux de ces derniers, fût-ce au détriment des salariés du privé : « Ainsi, par exemple, on serait en droit d'attendre que la CFE-CGC (syndicat des cadres) réagisse pour défendre les intérêts de l'Agirc (retraite complémentaire des cadres, mais c'est sans compter sur le fait que la CFE-CGC assure la présidence de l'Ircantec », remarque Sauvegarde-Retraites. Quant aux sénateurs, ils sont élus par les élus locaux, tous affiliés à l'Ircantec... On comprend moins bien pourquoi l'Agirc et l'Arrco elles-mêmes ne se défendent pas mieux. Dans un communiqué ambigu, les caisses du privé admettent étrangement les prétentions de l'Ircantec. Tout au plus précisent-elles que le besoin de financement de l'Ircantec « n'est pas immédiat » et que par ailleurs, « les partenaires sociaux gestionnaires des régimes de retraite complémentaire veilleront à ce que les solutions qui seront arrêtées dans le cadre de cette convention financière ne portent pas atteinte aux intérêts des ressortissants des régimes Agirc et Arrco. » Un vœu pieux ? Hervé Bizien monde et vie 20 février 2010
Re: La faillite des retraites
Publié : 03/04/2010 - 9:57
par Prodeo
. Un jour, il faudra bien demander des comptes à ces voleurs institutionnels. Rendez l'argent !
_
Re: La faillite des retraites
Publié : 13/04/2010 - 13:40
par Pat
RETRAITES, LES CHIFFRES
Revoici les retraites et nous en parlerons souvent tant les légendes propagées par les médias officiels sont présentes. Nicolas Sarkozy a promis de réanimer la grande parlotte sur ces retraites et de cette parlotte il ne sortira rien de nouveau, sinon l'habituel bricolage entre les durées de départ à la retraite, les cotisations et le niveau des pensions. Rien ne sera résolu et la patate chaude sera passée aux suivants qui seront d'ailleurs peut-être les mêmes.
Tous les financiers et économistes savent que la retraite par capitalisation améliore d'une façon spectaculaire les perspectives. Nous avions nous-mêmes établi les calculs pour un smicard et le résultat était étonnant.
Le fait nouveau est que le Figaro vient de donner des chiffres concernant les cadres supérieurs. C'est intéressant car très souvent ce journal, très attentif aux ventes d'avions, donne des informations inexactes pour être simplement dans le sens de la propagande gouvernementale.
Le journaliste qui cite ces chiffres est Yves de Kerdrel. Voici le résultat du calcul d'ailleurs relativement simple à faire.
« Un cadre qui commence sa carrière autour de 25 ans sur la base d'un salaire de 40.000 € peut estimer la terminer à 65 ans avec une rémunération de 200.000 €. Pendant ces 40 années de travail lui et son employeur ont versé des cotisations Agircc-Arrco qui devraient à terme lui assurer une pension plus décente que celle que promise par la sécurité sociale. On estime à 30.000 € par an en moyenne le montant ainsi délivrés à ces organismes. Il recevra sur les bases actuelles de la part de ces organismes de retraite complémentaire une pension de 60.000 € par an lorsqu'il aura liquidé ses droits.
Imaginons maintenant que ces 30.000 € de cotisation annuelle aient abondé dans un fonds de capitalisation le plus prudent qui existe par exemple un fonds placé en obligations d'État à 4 %. Difficile dans ce cas de parler de spéculation. Au bout de 40 années de cotisation, il aurait droit à un capital de 2.850.000 €. Placé de nouveau à 4 % ce capital assurerait une rente annuelle de 114.000 € soit près du double du montant versé par les régimes de retraite complémentaire »
Le journaliste remarque que non seulement ce cadre aurait une retraite bien plus importante mais qu'en plus il aurait fait fortune, observation qui s'applique aussi avec des chiffres différents à un smicard.
La démonstration est spectaculaire. Voyons maintenant quelques compléments.
Si beaucoup de ces personnes acceptaient librement de prendre certains risques capitalistiques en gérant bien ces risques, l'accumulation de leur richesse serait encore plus grande. En outre la société tout entière en tirerait des bénéfices très élevés car l'effet richesse sur l'ensemble de l'économie serait tout à fait considérable par le développement des investissements productifs.
Et, si l'on allait plus loin, les bénéfices pour tous s'amplifieraient davantage. Aller plus loin cela veut dire libérer complètement l'épargne qui devrait pouvoir s'investir où elle veut hors impôts et charges sociales. Il y aurait des placements diversifiés en dehors des fonds de pension comme par exemple les commerces, les immeubles, les brevets, etc.
Tout le monde étant bien au courant, une question fondamentale se pose ; comment de telles évidences énoncées à présent par un grand journal ne sont-elles pas reconnues par les pouvoirs publics ? En effet, ces derniers se refusent de les voir et d'agir en conséquence.
Il y a plusieurs explications. L'une d'entre elles est que le président Sarkozy a donné à maintes reprises plein pouvoirs aux chef syndicalistes. Si ceux-ci refusent la vérité, c'est qu'ils tirent gloire et richesse du malheur des autres.
Michel de Poncins
Re: La faillite des retraites
Publié : 15/04/2010 - 13:05
par Prodeo
Pat a écrit :(...) Tout le monde étant bien au courant, une question fondamentale se pose ; comment de telles évidences énoncées à présent par un grand journal ne sont-elles pas reconnues par les pouvoirs publics ? En effet, ces derniers se refusent de les voir et d'agir en conséquence.
Il y a plusieurs explications. L'une d'entre elles est que le président Sarkozy a donné à maintes reprises plein pouvoirs aux chef syndicalistes. Si ceux-ci refusent la vérité, c'est qu'ils tirent gloire et richesse du malheur des autres. (...)
Tant que les bobos seront satisfaits d'être tondus comme des moutons au bénéfice des parasites du système, il ne faut pas espérer un grand changement. D'autant qu'ils espèrent tous finir en parasites privilégiés. Au besoin, ils forceront leur allégeance au politiquement correct pour espérer obtenir une bonne place dans la redistribution. Allez leur dire que ce système est pernicieux et que s'il y a beaucoup d'appelés, il y aura peu d'élus est au-dessus de leur compréhension. L'idéologie étant plus forte que le bon sens et la prise en considération de l'intérêt général. _
Dans une étude intitulée « Agirc-Arrco : main basse sur nos retraites », vous venez de lever un lièvre incroyable : l’État s’apprête à « piquer » dans la caisse des retraités du privé pour alimenter celle du public. Pouvez-vous nous en dire plus ?
C’est un pillage en règle. L’opération doit consister à siphonner plusieurs milliards d’euros dans les caisses complémentaires des salariés du privé (Agirc-Arrco), pour alimenter le régime des fonctionnaires contractuels et des élus (Ircantec). Alors que les prestations servies par l’Ircantec sont près de deux fois meilleures que celles des régimes de droit commun, Agirc et Arrco, à cotisation égale. Pour reprendre l’expression, très juste, du journaliste de l’hebdomadaire « Le Point » qui a repris l’étude de Sauvegarde Retraites, « c’est Robin des bois à l’envers » : on vole aux pauvres pour donner aux riches !
L’Ircantec est-elle en si mauvaise situation financière ? Pour mettre en œuvre ce plan honteux, l’État prétexte du changement de statut de La Poste qui devient une société anonyme (SA). Les nouveaux embauchés de cette entreprise publique vont être affiliés, non plus à l’Ircantec, mais à l’Agirc-Arrco. Or, les administrateurs de l’Ircantec estiment avoir un droit de propriété sur les futurs embauchés de La Poste pendant 50 ans – un demi-siècle ! Entendez bien : « un droit de propriété sur des cotisants » dont, au surplus, beaucoup ne sont pas encore nés ! Bien que l’Ircantec ait eu la chance, au cours des dix dernières années, de recueillir 643 000 nouveaux cotisants, cette caisse est incapable, aujourd’hui, d’assumer financièrement le niveau des prestations qu’elle accorde à ses affiliés. Pour préserver coûte que coûte ces avantages, la solution de facilité consiste alors à puiser, à pleines mains, dans les autres caisses de retraite…
Et comment expliquez-vous que personne n’ait réagi ? Cela paraît effectivement invraisemblable et c’est la question que nous nous sommes posée. Pour autant, quand on regarde de plus près, on s’aperçoit que tous les protagonistes de cette affaire y trouvent un intérêt. L’État s’est engagé à « sécuriser » le régime de retraite Ircantec auquel est affiliée une partie des fonctionnaires. Dans ce contexte, la ponction opérée dans les caisses Agirc-Arrco lui apporte un ballon d’oxygène. Les syndicats sont majoritairement dirigés par des fonctionnaires. Leur priorité est donc de préserver les avantages des agents publics, même au détriment des salariés du privé. Par exemple, on serait en droit d’attendre que le syndicat des cadres, la CFE-CGC, réagisse pour défendre les intérêts de l’Agirc, c’est-à-dire la retraite complémentaire des cadres. Mais c’est sans compter sur le fait que la CFE-CGC assure la présidence de l’Ircantec ! Enfin, le principe même de cette ponction a été voté et donc validé au Sénat par le biais d’un amendement déposé lors des dernières discussions sur la loi relative au changement de statut de La Poste. Ce n’est pas un hasard : la Haute assemblée est élue au suffrage universel indirect par les élus locaux. Élus qui sont tous, en tant que tels, affiliés à l’Ircantec… Au bout du compte, tous se sont mis d’accord pour nous tondre la laine sur le dos !
Que peut-on faire pour empêcher ce hold-up d’État ? On ne peut pas rester les bras croisés. Maintenant, que l’information a été dévoilée, il faut absolument la diffuser. À Sauvegarde Retraites, nous avons lancé une campagne auprès de tous les médias. L’hebdomadaire « Le Point » a déjà relayé l’information et ce n’est qu’un début. Nous nous sommes également adressés directement au Président de la République, au Premier ministre, au ministre de l’Industrie, Christian Estrosi, qui a manigancé, en bonne partie, cette opération. Nous avons également interpellé tous les parlementaires, les 577 députés et les 331 sénateurs, les administrateurs des caisses de retraite, pour qu’ils renoncent à cette funeste entreprise. Les 87 000 membres de Sauvegarde Retraites vont être mobilisés, nous allons lancer une pétition nationale par courrier et par Internet. Enfin, il faut que chacun, à son échelle, informe ses proches et ses connaissances de ce scandale. Nous ne devons négliger aucun moyen d’action. Nous pouvons réussir. Si un tel scandale éclate au grand jour, je doute que nos politiques puissent l’assumer électoralement…
supergaulois a écrit :précision : on est le sul pays d'europe a avoir des syndicalistes avec une mentalité de mai 68, mentalité soviétique, la voila l'explication pourquoi la retraite est toujours a 60 ans, les autres vivent au 21 eme siecle
syndicalistes vous avez dit syndicalistes ces guss qui vont bouffer a l'Élysée, ils se couchent, des pourris je vous dit
avant quand il y avait une grève cela ce voyait
l 'étiquette droite ou gauche en France ne veut rien dire, ça je le sais bien et puis la politique désastreuse depuis 40 ans c'est de la faute a tous ceux qui sont au pouvoir et donc aussi les syndicalistes
Re: La faillite des retraites
Publié : 03/05/2010 - 13:43
par Pat
RETRAITES, HISTORIQUE
En matière de retraites trois dates permettent de cerner l’évolution de nos pratiques et la montée des risques associés au vieillissement : 1910, 1945 et 2005. 1910, c’est la date de la loi sur les retraites ouvrières et paysannes. À l’époque, les pouvoirs publics veulent contraindre les ouvriers et paysans à capitaliser en vue de la retraite. Une partie de la gauche s’y oppose au motif que le texte oblige les employés à cotiser en vue d’une hypothétique retraite à 65 ans, âge auquel nombre d’ouvriers et de paysans seront morts. D’autres, réunis autour de Jean Jaurès, fondateur du Parti socialiste français, voient dans la capitalisation l’opportunité de donner plus de pouvoir aux ouvriers et paysans qui, actionnaires, contrôleraient une partie de l’économie. 1945-46, c’est la mise en place de la répartition dans le secteur privé. Exit le capital. La retraite n’est plus une question d’épargne puisque les pensions seront distribuées grâce aux cotisations prélevées sur les actifs. Introduite dans les faits en droit français dès 1941, la répartition offre l’avantage politique de permettre de distribuer immédiatement des pensions. Elle rend plus tolérable la situation de générations de rentiers et petits rentiers, ruinés par la politique monétaire des pouvoirs publics français. Ces derniers, faute de pouvoir honorer leurs dettes, avaient cédé aux sirènes de l’inflation, réalisant « l’euthanasie des rentiers » chère à Keynes. À l’époque, la natalité était favorable, les pensions et l’espérance de vie étaient plus faibles qu’aujourd’hui. La répartition apparaissait la solution idéale même si certains ne manquaient pas de rappeler que le vieillissement était inéluctable… 2005, c’est le contre choc du Baby boom, avec le départ à la retraite des générations de l’après-guerre. Comme prévu la Caisse nationale d’assurance vieillesse (CNAV) devient incapable d’équilibrer son budget. Elle cesse de fonctionner intégralement en répartition puisque les cotisations prélevées sur les actifs ne permettent plus de financer intégralement les prestations retraite. On inaugure une nouvelle ère, avec une répartition des dettes sur les générations futures. Le risque étant de leur faire supporter une « charge indue », comme l’expose la Cour des comptes dans son dernier rapport. De moins en moins de capital, de plus en plus de dettes. Si rien ne change, l’avenir des retraites sera encore plus sombre qu’en 1945-46. À cette époque, la natalité et la croissance redémarraient, le chômage était faible et les bénéficiaires de la répartition se contentaient de pensions modestes. Aujourd’hui la situation est radicalement différente. Le chômage et les déficits n’ont jamais été résorbés depuis une trentaine d’années et nombre de français n’ont pas eu l’opportunité de se constituer une épargne retraite. Faute de réformes profondes, qui libéreraient l’activité et le marché du travail, il est à craindre que le niveau de vie des retraités ne cesse de se dégrader. Information communiquée par Nicolas Marques, chercheur associé à l’Institut économique Molinari. http://www.libeco.net/magazine.htm
Re: La faillite des retraites
Publié : 04/05/2010 - 12:22
par JCL31
LA REPARTITION EN FAILLITE
Ne pas toucher à la répartition
Quand ils abordent le problème de la réforme des retraites, hommes politiques et partenaires sociaux (y compris les organisations patronales) sont unanimes : il ne faut pas toucher à la répartition, base du système actuel. Certes quelques-uns évoquent la possibilité de doubler la répartition d’un système complémentaire faisant plus ou moins appel à la capitalisation. Cependant, la répartition mériterait d’être sauvée, pour des raisons tant financières que morales.
Un système de plombier
En réalité ce que l’on appelle « répartition » ne désigne qu’un système de plombier : le robinet remplit la baignoire, mais la bonde la vide au fur et à mesure. Le débit du robinet (cotisations) doit donc être au moins égal à celui de la bonde (pensions) si l’on veut que le niveau de la baignoire ne baisse pas. A cette heure, les réformes intervenues dans ce système ont consisté tantôt à ouvrir davantage le robinet (davantage de cotisations) tantôt à fermer la bonde (moins de pensions). Le réglage du robinet se fait en agissant sur le taux des cotisations, la durée des cotisations ou en faisant appel à des branchements extérieurs. Le réglage de la bonde est le montant des pensions, combiné au travail des seniors. L’âge de la retraite agit sur les flux entrants (on cotise plus longtemps) et sortants (les pensions sont versées moins longtemps). Le niveau de la baignoire mesure le taux de remplacement (proportion entre la pension et le revenu que percevait le retraité quand il était en activité). Il est en train de baisser inexorablement, et très vite.
La faillite annoncée
Les déficits du système par répartition ne cessent de se creuser. Il y a une composante démographique aujourd’hui inévitable : le vieillissement de la population. C’est moins de jeunes en activité, et plus de retraités vivant plus longtemps. En 1960, il y avait 4 cotisants pour 1 retraité, il n’y en a plus que 1,4 aujourd’hui. La tendance ne pourrait s’inverser qu’au prix d’une relance spectaculaire de la natalité (mais il faudrait attendre une vingtaine d’années) ou d’une immigration massive (qui pose d’autres problèmes). Il y a une composante institutionnelle : la durée de la vie active, qui dépend de l’âge du premier emploi, et de l’âge de la retraite. Il y a enfin une composante économique : avec une croissance très forte la masse des cotisations, calculées sur le niveau des salaires, s’accroîtrait. Mais la croissance est elle-même ralentie par le poids des charges sociales. Il n’y a donc aucune issue de secours ; tel qu’il est, par sa constitution même, le système court à la faillite. Répartition et solidarité
Les inconditionnels de la répartition font valoir un argument d’ordre moral : la répartition met en jeu la solidarité entre Français, notamment entre les générations. Après avoir aidé les enfants, n’est-il pas moral que les parents soient pris en charge par les enfants ? C’est ce qui s’est passé pendant des siècles : avoir une famille nombreuse était une assurance vieillesse véritable. Mais dans le système actuel la famille se trouve élargie au niveau de la nation, sans le consentement véritable de ses membres. Ensuite la solidarité intergénérationnelle, elle aussi non choisie, fait peser une charge croissante et maintenant intolérable sur les jeunes. Ils payent et devront payer la dette sociale contractée par leurs aînés, au moins aussi lourde que la dette publique.
La vraie solidarité consiste à ne pas reporter sur les autres les dettes que l’on a contractées, et au contraire de participer au bien-être commun à travers son activité. La capitalisation met de l’argent frais à la disposition de l’investissement, donc de l’emploi et de la croissance. En divisant les risques, en organisant la couverture mutuelle, les assureurs créent une vraie communauté de destin. Au contraire de la capitalisation, la répartition ne propose qu’une solidarité : celle de la ruine générale dans l’irresponsabilité et l’incurie.
Le débat sur les retraites est important parce qu’il engage l’avenir d’un système de solidarité entre les générations auquel les Français sont légitimement attachés. Malheureusement, du fait de Nicolas Sarkozy, il s’organise dans des conditions qui limitent la qualité des discussions et laissent présager une réforme à la fois inefficace, injuste et rejetée par le peuple.
D’abord, le gouvernement instrumentalise un contexte anxiogène (crise de l’euro et crainte d’une rétrogradation de la France par les agences de notation) pour justifier l’urgence de la réforme. En réalité, agissant sous la pression des marchés financiers, il ne cherche pas à pérenniser le système de retraites par répartition mais simplement à donner des gages à ceux dont il accepte de subir le diktat. Les Français méritent mieux que cette gestion hâtive et mensongère.
Ensuite, ce débat n’en est pas un : chacun sait que les grandes lignes de la réforme sont déjà arrêtées. Il s’agira au final d’imposer aux Français de travailler plus tard (jusqu’à 63, 65 ans ?), ce qui reviendra à accroître le taux de chômage des travailleurs séniors et à baisser le niveau des retraites, la plupart des actifs se voyant en effet privés d’emploi aux alentours de 55 ans (rappelons que le taux d’activité des 55-64 ans en France n’est que de 39 %). Ce que l’on décidera, ce sera évidemment la solution qu’impose l’urgence financière dans laquelle s’est placé le gouvernement (et celle défendue depuis des années par la Commission de Bruxelles et le Medef).
En enfermant d’emblée le débat dans le triptyque infernal « baisse des pensions – hausse des cotisations – report de l’âge de départ », on se prive de toute réflexion sur la réalité du problème (quels besoins de financement, pendant combien de temps ?), sur sa connexion avec d’autres questions (les véritables raisons de la dégradation de nos comptes publics et sociaux, la variété des sources de financement disponibles) et on restreint considérablement le champ des possibles. Pire, on développe des arguments fallacieux, qui ont l’apparence de l’évidence, mais qui relèvent pourtant davantage de l’idéologique que de la logique : pourquoi l’allongement de la durée de la vie devrait-il forcément se traduire par un allongement en conséquence du temps passé au travail ? C’est oublier une donnée fondamentale : la progression continue de la productivité des travailleurs, qui explique qu’une heure de travail aujourd’hui vaut bien plus qu’une heure il y a 50 ans.
Enfin, ces discussions sont orientées de la même manière que tous les faux débats auxquels nous a habitués le gouvernement : seule compte la communication, et il s’agit uniquement de donner l’impression que Nicolas Sarkozy avance, qu’il fait preuve de « volontarisme », quand bien même les décisions prises ne règlent rien et créent de nouvelles injustices. Enfumer pour mieux plumer, c’est la technique sarkozyste encore une fois à l’œuvre.
Une réforme des retraites digne de ce nom, c’est-à-dire efficace pour assurer un équilibre financier durable du système et un niveau de pension décent pour tous, doit s’inscrire en rupture avec ce schéma conformiste. Loin de la dramatisation volontairement organisée par le gouvernement, et relayée par des médias aux ordres, elle doit partir du réel : notre système de retraites est confronté provisoirement à des difficultés financières, en raison de l’arrivée à la retraite des cohortes nombreuses du baby-boom. Nous ne sommes donc pas dans une situation appelée à empirer indéfiniment, mais face à un problème passager que la collectivité nationale doit être à même d’affronter si l’on veut maintenir la solidarité intergénérationnelle.
Il est possible de passer le cap des années difficiles sans saccager notre système de retraites et sans réduire le pouvoir d’achat des futurs pensionnés. Cela suppose d’agir à deux niveaux : - dans l’immédiat, en réformant en profondeur le financement des retraites ; - à plus long terme, en garantissant l’équilibre général du système via le retour au plein-emploi et une politique nataliste vigoureuse.
Une révision du financement des retraites suppose d’agir dans deux directions complémentaires et indissociables.
Au niveau des dépenses d’abord, il faut enfin se donner les moyens de faire des économies substantielles sur les charges inutiles. Qui sait par exemple que chaque année l’Union européenne nous prélève 19 milliards d’euros, pour nous en rendre 12, aides agricoles comprises ? Au regard des très maigres bienfaits de l’Europe et de ses énormes désavantages, ces 7 milliards de différence ne seraient-ils pas plus utiles dans nos caisses de retraites ? Des économies sont également immédiatement possibles sur l’immigration, dont le coût est évalué à 60 milliards d’euros par an, la décentralisation (l’Etat verse chaque année 55 milliards d’euros, une somme en constante augmentation) et la fraude sociale (qui aura le courage de faire le ménage parmi les 10 millions de cartes vitales qui circulent sans justification ?).
Au niveau des recettes, il est nocif de faire peser l’intégralité de la charge des retraites sur les seuls actifs et sur le seul travail. Il n’y a pas de raison que les revenus du capital et de la spéculation échappent au devoir de solidarité nationale : une contribution substantielle doit leur être demandée (loin des écrans de fumée du gouvernement qui tente de faire croire à une réforme équilibrée, alors que ce sont les salariés qui en supporteront les conséquences), dans un esprit de justice et d’allégement nécessaire du coût du travail. Par ailleurs, il faut réfléchir à la mise en place de droits de douane sociaux et environnementaux sur les produits qui concurrencent de façon déloyale notre production nationale. En rupture avec l’obsession du libre-échange, cette mesure aurait le triple avantage de protéger nos emplois, de dynamiser notre économie et de constituer une source de financement des pensions.
Remarquons qu’en refusant de s’interroger sur les sources d’économies et en se focalisant sur l’augmentation des recettes, le PS marche sur une seule jambe et propose un alourdissement considérable des prélèvements obligatoires ainsi qu’une hausse des cotisations, ce qui n’est pas acceptable et sera sans effets.
Enfin, pour pérenniser nos retraites et assurer un maximum de justice, deux mesures de bon sens nous paraissent indispensables : instaurer une vraie retraite minimum et une retraite maximum (au nom de quoi la nation devrait-elle assurer le financement de retraites astronomiques ?). Aujourd’hui, 10 % des retraités français vivent avec moins de 900 euros par mois ! Ce n’est pas acceptable, et cela démontre s’il le fallait l’ampleur de la trahison sarkozyste à l’égard des personnes âgées les plus précaires. La pénibilité des métiers doit aussi être prise en compte, via la création d’un « bonus pénibilité », financé par une taxation spécifique des retraites-chapeaux indécentes (souvenons-nous des 13 millions d’euros de Monsieur Proglio l’an dernier !), et qui permettrait à ses bénéficiaires de partir un peu plus tôt ou de profiter d’un complément de pension.
De façon plus structurelle, l’équilibre général du système devra aussi être assuré par le retour au plein-emploi, qui suppose une rupture complète de politique économique avec les choix désastreux de l’UMP et du PS depuis plusieurs décennies, et une relance vigoureuse de la politique nataliste plutôt que le recours incontrôlé à une immigration qui nous appauvrit et attaque les fondements de notre société. Article paru dans le numéro 5 de Nations Presse Magazine. Pour vous y abonner, c’estici => http://npmag.info/abonnement.php http://www.nationspresse.info
Re: La faillite des retraites
Publié : 26/06/2010 - 22:21
par Pat
Retraites : une réforme au « goutte-à-goutte » quand il faudrait opérer en toute urgence
La réforme des retraites continue d'être dévoilée « au rythme des fuites successives ». Des fuites sans doute organisées, qui ressemblent à autant de ballons d'essais : Après l'âge légal, le gouvernement laisse donc transparaître la possibilité de la hausse des cotisations des fonctionnaires et la taxation «provisoire» de revenus supérieurs à 11 000 euros par mois. Chiffre d'ailleurs arbitraire dont on ne sait pas trop qui l'a lancé. Tout cela sous forme de rumeurs, que Bercy se garde bien d'infirmer ou de confirmer. Le projet gouvernemental, qui sera présenté le 15 juin prochain, inclurait également (toujours au conditionnel) une évolution du mode de calcul des allégements de cotisations sociales des entreprises. Voilà en tout cas les grands axes autour desquels s'élaborera, sous une forme encore indéfinie, la réforme gouvernementale. « L' équité » public-privé de la réforme, qui sert d'enseigne lumineuse au gouvernement, passerait donc par une hausse du taux des cotisations retraite des fonctionnaires, qui s'élève à 7,35 % contre 10,65 % dans le privé, plutôt que par une évolution du mode de calcul des pensions dans la Fonction publique ? Cette hausse des cotisations, déplorent les syndicats, sera synonyme d'une baisse du pouvoir d'achat. Certains d'entre eux estiment qu'elle reviendrait « en moyenne à une journée de salaire par mois en moins » pour les fonctionnaires, alors même « qu'elle ne rapportera rien en termes d'amélioration pour les retraites des salariés du privé ». La CFDT s'inquiète « pour le pouvoir d'achat des fonctionnaires, qui sont déjà à la diète depuis plusieurs années », D'autant qu'Eric Woerth a déclaré lundi qu'on n'était plus « dans une période où l'on augmente les salaires de fonctionnaires tous les jours, à vitesse grand V, comme si on était dans une situation de progression économique », Nous sommes même, en effet, dam une période de grande régression économique. D'autre part, le ministre du travail n'a pas exclu mercredi, devant l'Assemblée, d'utiliser- à court terme le fonds de réserve des retraites (FRR). De quoi s'agit-il ? Ce fonds avait été instauré en 1999, en pleine cohabitation Jospino-chiraquienne, pour « faire face au choc démographique attendu après 2020 ». La crise, ainsi que la mauvaise gestion, l'imprévoyance et la prodigalité de nos responsables politiques, ont largement brûlé les étapes. Question déficit, nous sommes déjà, avec dix ans d'avance, en 2020. Ce fonds accumule et place des réserves financières. Il est alimenté par un prélèvement social sur les revenus du patrimoine et de placement, et ses actifs représentent actuellement une valeur de plus de 30 milliards d'euros. Pour le député socialiste Alain Vidalies, dont le parti est opposé à une utilisation anticipée du FRR, « le gouvernement et la majorité veulent se servir de ce fonds immédiatement pour éponger le déficit des retraites (...). Ils sont comme des enfants devant un pot de confiture ». A quoi Woerth rétorque : « C'est un sujet technique, ce n'est pas un sujet politique. » Un peu quand même. Il faut dire, pour reprendre la métaphore du pot de confiture, que les socialo-mitterrandistes, avec leur retraite à 60 ans, ont mis les Français dans une foutue marmelade. Et que ceux-ci se demandent aujourd'hui comment demain ils vont beurrer leurs tartines ... Jean-Louis Malys, chargé du dossier des retraites à la CFDT, dit son exaspération : « J'en ai assez de cette réforme au goutte-à-goutte ... » Le goutte-à-goutte, quand il faudrait en effet trancher dans le vif et opérer ce corps malade de toute urgence. Chaque retard ne faisant qu' aggraver l'état d'un patient qui a déjà beaucoup trop patienté. Mais si le gouvernement fait ainsi du bricolage de façon pusillanime et velléitaire, la faute à qui ? D'abord aux élections, qui exigent du pouvoir en place, de ne pas prendre de décision trop douloureuse, même quand celles-ci sont indispensables, en période électorale. Et comme en démocratie on se trouve toujours entre deux périodes électorales, voyez le problème. La faute ensuite à une gauche française particulièrement irresponsable, qui n'arrête pas de mentir sur le dossier des retraites d'une façon éhontée et démagogique, affirmant, contre toute vraisemblance, que l'on peut préserver la retraite à 60 ans et plus généralement « tous les avantages acquis ». Dont bien sûr les 35 heures, l'accoucheuse de cette mesure imbécile briguant désormais ouvertement l'Elysée. Comment les alchimistes à chapeaux pointus du PS comptent-ils s'y prendre pour remplir des caisses tragiquement vides, ne contenant plus que des reconnaissances de dettes? Oh ! ils ne font pas mystère de leur recette miracle. Toujours la même depuis le Front populaire : d'abord faire payer les riches. On va ponctionner les 200 familles, leur faire cracher leurs picaillons planqués dans des paradis fiscaux. Ou peut-être dans des lessiveuses cachées dans les caves ou dans les greniers de leurs châteaux ? Et puis, plus sérieusement, en multipliant les emplois et en augmentant les salaires. Voilà : en trois traits de plumes et une bonne dose de potion magique, l'affaire est réglée. Comme l'écrit Luc Ferry dans Le Figaro de jeudi : « À un détail près, mais si secondaire : l'emploi dépend, non de l'Etat, mais des carnets de commandes des entreprises et l'augmentation massive du SMIC plongerait à coup sûr dans la faillite des dizaines de milliers d'entre elles, faisant en retour exploser le chômage. » Ce qui bien sûr contribuerait à sauver nos retraites. En les réduisant, comme peau de chagrin, à des clopinettes ? La gauche devrait dans ce cas rajouter à son programme à dormir debout, une mesure supplémentaire : la soupe populaire pour tous ... JEAN COCHET Présent 11 juin 2010
"Pour moi Israël c'est plus important que les retraites". Éric Raoult démission ?
Re: La faillite des retraites
Publié : 15/07/2010 - 22:39
par Pat
Retraites : le symbole d'une austérité généralisée Alors que les affaires Amara, Boutin, Joyandet, Blanc, Estrosi et du fiston Bachelot sont les écrans de fumée de l'affaire Woerth-Bettencourt-Sarkozy, elle-même écran de fumée de l'énorme scandale des rétro-commissions de Karachi, et qu'une atmosphère de décomposition générale et de délabrement moral devient chaque jour un peu plus étouffante, et n'est pas sans rappeler l'odeur pestilentielle qui régnait en 1993 sous Mitterrand avant la dérouillée historique subie par la gauche aux législatives, la droite des affaires poursuit le programme qui est le sien depuis 2007 : "Défaire méthodiquement le programme du CNR" (Denis Kessler). En plus de ce "programme", le gouvernement Sarko-Fillon n'hésite pas à aller au devant des exigences du FMI de DSK, des marchés financiers et des agences de notation. Pour le plus grand malheur de la France. Fin juin, Eric Woerth a présenté son plan gouvernemental sur les retraites. Et il est fort peu de dire que ce plan constitue une régression sociale grave. Les principales mesures de cette contre-réforme sont connues, mais il n'est pas inutile d'y regarder de plus près. Tout d'abord le report de l'âge légal de départ à la retraite à 62 ans en 2018 en l'augmentant chaque année de quatre mois. Et ceci alors que la pression au travail ne cesse de s'accroître et que six salariés sur dix ne sont plus dans le monde de l'emploi à 59 ans (invalidité, chômage, pré-retraite). Il faut noter également, une chose trop peu soulignée, le report en parallèle à 67 ans de l'âge d'annulation de la décote, dont il est très facile de mesurer les conséquences financières : deux ans de travail supplémentaires afin d'éviter ladite décote. Autre point : la poursuite du relèvement de la durée de cotisations de 40,5 annuités jusqu'à 41,5 annuités en 2020 va faire encore baisser le niveau moyen des pensions. Les mesures concernant la prise en compte de la pénibilité renvoient au cas d'incapacité physique supérieure ou égale à 20% ou bien à une situation appréciée individuellement sur avis médical, ce qui va évidemment à l'encontre du principe de tout droit collectif. Les fonctionnaires semblent être aussi particulièrement dans le viseur de ce projet. L'augmentation du taux de cotisation de 7,85% à 10,55% étalée sur dix ans est évoquée. Ce qui représenterait la bagatelle d'une perte de salaire d'environ 3% à terme. Inacceptable également : la liquidation pure et simple du dispositif de départ anticipé pour les parents de trois enfants ayant quinze ans de service à compter de 2012. Un choix qui frappera plus durement les mères de famille (environ 10% des départs actuellement dans la fonction publique d'Etat relèvent de ce dispositif). Et après cela, ce gouvernement osera faire croire qu'il se préoccupe du sort des familles ! Au-delà, le gouvernement veut s'attaquer au Code des Pensions. Les menaces sont réelles de calculer le montant des pensions, non plus sur les 6 derniers mois mais sur les 20 dernières années. Enfin, on peut aussi signaler l'alignement sur le privé du minimum garanti (pour les personnes ayant tous leurs trimestres ou atteignant 67 ans). Dans ce contexte, le prélèvement de 1% sur la dernière tranche de l'impôt sur le revenu ressemble à une tromperie. Il n'a pour seul et unique que de faire croire en un plan juste et équitable. Pas certain, que les salariés soient tous dupes. D'autant que d'après des calculs effectués par des organisations syndicales, ce prélèvement ne rapportera que 230 millions d'euros. Il est donc clair que le poids de cette réforme pèsera essentiellement sur les ouvriers, les salariés du privé, les fonctionnaires et la classe moyenne. On estime d'ores et déjà à 19 milliards les sommes qui seront ponctionnées sur l'ensemble de ces catégories via le report de l'âge légal et toutes les mesures annexes. Le gouvernement veut faire adopter son projet au conseil des ministres du 13 juillet pour le présenter à l'Assemblée Nationale dès le 7 septembre. Il n'est pas insensé de dire que ce projet Sarkozy-Woerth-Fillon sur les retraites s'inscrit dans un plan d'austérité généralisé dont on peut citer ici quelques tristes exemples : - les fonctionnaires vont voir la valeur du point d'indice gelée - les dépenses d'intervention de l'Etat vont diminuer de 4 milliards d'euros. Des allocations sociales vont baisser. "Nous supprimons la possibilité donnée aux étudiants et à leurs parents de cumuler l'aide personnalisée au logement (APL) et la demi-part fiscale pour enfant à charge", annonce le ministre Baroin. Et le même d'ajouter : l'allocation aux adultes handicapées "sera revalorisée de 3% l'an prochain au lieu des 4,5% prévus". - des coupes de 2,3 milliards d'euros dans les dépenses de santé (remise en cause du 100% pour l'hyeprtension si cette maladie n'est pas accompagnée d'un autre facteur de risque, renvoi de certains cancéreux dans leur foyer dans le cadre du processus de "déshospitalisation" et des chimiothérapies à domicile avec pour conséquence la fermeture de 54 hôpitaux, enfin, d'après Les Echos des arrêts de travail à la demi-journée ou moins sont préconisés par la direction de l'assurance maladie). A ces sinistres projets et pour que le tableau soit complet, il faut rajouter le plan HPST (Hôpital, patients, santé, territoire) de l'ineffable Roselyne Bachelot. Dont l'une des conséquences directes est la création des agences régionales de santé (ARS) qui vont devoir donner leur avis sur la fermeture de services de chirurgie pratiquant moins de 1500 interventions annuelles. 182 blocs opératoires sont directement menacés. "Cette norme de 1500 va souffrir un certain nombre d'exceptions" a cependant précisé Roselyne Bachelot. Nous voilà donc rassurés... Autre scandale politique et moral très peu abordé : le projet de loi sur le dialogue social dans les très petites entreprises (TPE) est arrivé en débat à l'Assemblée Nationale le 7 juillet, il a été amputé de son article 6 qui instituait un droit de représentation syndicale par la création de commissions paritaires. Ce projet de loi est en fait un complément législatif de la loi du 20 août 2008. C'est le Medef et la CGPME en s'appuyant sur Jean-François Copé qui ont réussi à "faire sauter" l'article de loi qui aurait permis une représentation syndicale dans les TPE (près de quatre millions de travailleurs). Pourtant Eric Woerth, les syndicats et l'organisation patronale UPA (union professionnelle artisanale) étaient parvenus à trouver un terrain d'entente. Le Sénat avait déjà passablement raboté cette mesure en la rendant facultative, l'exécutant Copé et ses commanditaires du Medef et de la CGPME ont fini par avoir sa peau. Rappelons au passage que Jean-François Copé ne fait pas mystère de ses ambitions présidentielles pour 2017... Cure d'austérité généralisée, plan de rigueur, guerre anti-syndicale, la droite d'affaires ne se cache décidément plus. A tel point, qu'il est d'une extrême urgence de réagir. Un bon début serait une grève reconductible réunissant la fonction publique et les salariés du privé. D'autres modes d'actions devront sans-doute être envisagés mais la "grève générale reconductible" est devenue incontournable. Les puissances d'argent et leurs multiples porte-flingues ne laissent plus d'autre choix au peuple français Maurice Gendrehttp://www.scriptoblog.com
Re: La faillite des retraites
Publié : 17/07/2010 - 8:04
par Yann
chris84 a écrit :Un véritable scandale passé inaperçu...
Le gouvernement a donc accordé jeudi un temps de prolongation pour une « concertation express avec les partenaires sociaux » afin de « finaliser » son projet de réforme dévoilé la veille. Négociations très limitées puisque le ministre du Travail a prévenu que le gouvernement ne toucherait pas à sa mesure phare : le recul de l'âge légal du départ à la retraite repoussé de 60 à 62 ans. « Nous ne reviendrons pas sur les mesures d'âge parce qu'elles sont sérieuses. Elles sont aussi socialement tout à fait acceptables. Si on retire le projet, il n'y a plus de système de retraite. » Les négociations devaient donc concerner la pénibilité ou les « carrières longues ». Ce qui n'intéresse pas les syndicats. François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, déclarait après l'annonce du ministre du Travail : « Pour moi c'est terminé. Prochaine étape le 24 juin, ce sera une journée décisive. » Le bras de fer entre l'opposition politique et syndicaliste d'un côté, et le gouvernement de l'autre se poursuivra donc désormais dans la rue. Pour le patron de la CGT, Bernard Thibault : « Il faut une réaction à la hauteur de l'attaque. » CGT et CFDT, désormais sur la même longueur d'ondes de choc, ont donc décidé de boycotter les nouvelles discussions proposées par Eric Woerth. « Le ministre a dit clairement qu'il ne reviendrait pas sur la philosophie du texte. Or nous, c'est tout le texte que l'on veut changer. Si c'est pour discuter des centimètres derrière la virgule, ce n'est pas la peine. » Une réforme que le sénateur de la Mayenne Jean Arthuis juge, lui, insuffisante. L'ex-ministre des Finances du gouvernement Juppé émet des doutes sur l'adéquation des mesures annoncées par le gouvernement avec les besoins de financement du système des retraites. « Cette réforme va dans le bon sens, mais elle n'est pas à la hauteur des enjeux. » Le président de l'Alliance Centriste trouve les prévisions du gouvernement beaucoup trop optimistes. « L'impact financier du passage à 62 ans est surévalué de plusieurs milliards d'euros. Le basculement des cotisations chômage sur les régimes de retraites suppose une forte baisse du chômage loin d'être acquise.» L'annonce d'un « retour à l'équilibre en 2018 » relève donc de l'hypothèse exagérément optimiste. Voire fantaisiste. Pour Jean Arthuis, « le projet reste au milieu du gué ». « La situation alarmante des comptes publics et des régimes de retraite en particulier, exige un discours de vérité. » De vérité ... Comme si, à deux ans de l'élection présidentielle, les prétendants à l'Elysée pouvaient tenir un tel discours. Comme le constate Eric Woerth : « La gauche prépare les primaires de l'élection présidentielle, pas la réforme des retraites. » Pour gagner ces primaires et afin de ne pas se couper de l'extrême gauche, Martine Aubry ne songe qu'à peaufiner son image de première opposante à Nicolas Sarkozy. La « mère tape dur » comme la surnomment certains apparatchiks du PS, cogne donc à coups redoublés : « Faire payer les riches », martèle-t-elle dans chacune de ses interventions. Et puis, c'est juré, craché, si la gauche revient au pouvoir « elle ramènera l'âge légal de départ à la retraite à 60 ans ». La gauche avait jadis ses tricoteuses. Avec Aubry elle a maintenant sa détricoteuse. Hollande abonde désormais dans ce sens. « Il est normal que, lorsque l'espérance de vie s'allonge, la durée de travail s'allonge elle aussi, sans qu'il y ait besoin de toucher à l'âge légal de 60 ans. » Suffit pour cela de trouver des « recettes supplémentaires ». Où compte-t-il les trouver ? Dans la poche des contribuables, tout simplement. L'impéritie de nos politiciens La gauche prépare donc les primaires. La présidentielle d'abord ! Mais à droite Sarkozy prépare également sa réélection. D'où cette réforme miniature, avec laquelle il essaie de faire croire aux électeurs que le compte y est, alors que nous en sommes loin. Très, très loin ... L'économiste Jacques Bichot constate que les « causes réelles du problème des retraites en France » ne sont jamais soulignées. « Les difficultés françaises viennent de ce qu'on a confondu avec une situation démographique ordinaire, celle qui a prévalu de 1970 à 2005. Il y avait alors beaucoup de salariés de 20 à 60 ans, en raison du baby-boom et du fait de la faible natalité qui prévalut de la Belle Epoque jusqu'à la Libération. Cet âge d'or des retraites a été mis à profit par nos dirigeants pour distribuer de plus en plus à des retraités de plus en plus jeunes, sans pour autant prélever sur les actifs au-delà du supportable. Cette générosité n'aurait pas trop tiré à conséquence si ces dirigeants avaient écouté Alfred Sauvy : "Nous ne préparons pas nos futures pensions par nos cotisations vieillesse, mais par la mise au monde et l'éducation de nos enfants" . » Un langage de vérité que les cigales qui nous gouvernent sont bien incapables, une fois de plus, d'entendre. Et encore moins de l'expliquer à leurs électeurs. JEAN COCHET PRESENT du 19 juin 2010
Re: La faillite des retraites
Publié : 13/08/2010 - 18:24
par Pat
Retraites : rien n'est réglé
Alors que les Français ne le revendiquaient pas, pour donner de l'attrait à sa candidature et assurer son élection en 1981, François Mitterrand avait promis de reporter de 65 à 60 ans l'âge de la retraite. L'allongement de l'espérance de vie, la pyramide des âges et la situation de l'économie française qui subissait depuis quelques années déjà les conséquences de la mondialisation, ne justifiaient pas cette décision électoraliste. Quant à Lionel Jospin, à l'examen des chiffres du Conseil d'orientation des retraites récemment créé, il a immédiatement renoncé à traiter le sujet sensible des retraites. C'est cette démagogique « avancée sociale » et le "réalisme" politique du PS, que les Français paient aujourd'hui, comme ils paient les « trente cinq heures » imaginées et mises en place par le duo Strauss-Kahn/Aubry, mais également les mirifiques promesses de l'Europe, de sa monnaie, de son dogme du libre-échangisme et de sa Constitution auxquelles le PS et les Verts sont aussi attachés que l'UMP, le Nouveau Centre et le Modem, et plus tragiquement encore, l'absence de politique nataliste à laquelle est préférée l'immigration aux conséquences ruineuses et irréversibles. Mais faut-il plaindre nos compatriotes, ne s'obstinent-ils pas à accorder aveuglément leur confiance à des candidats dont les partis qu'ils représentent ont à tour de rôle détenu le pouvoir, pour des résultats affligeants ?
Faisant d'une pierre deux coups, avec la réforme des retraites présentée par Eric Woerth, thème qui ne figurait pas dans le programme du candidat Sarkozy, l'espoir du président et du gouvernement est que, s'ajoutant à l'annonce des 100 milliards que Fillon s'est engagé à économiser en trois ans pour revenir à 3 % de déficit public, celle de la remise des comptes à l'équilibre d'ici à 2018 produise un effet anesthésiant immédiat sur les marchés et les agences de notation qui scrutent la dette et les déficits français. Rien ne serait pire en effet que la perte de la note 3A. Cela signifierait, au minimum, une hausse immédiate des taux d'intérêts qui s'appliqueraient aux nouveaux emprunts sollicités et négociés par la Direction du Trésor, et donc une augmentation de la charge de la dette, sans compter les effets collatéraux sur l'euro.
Pour autant, comme le démontre Jérôme Bourbon dans l'éditorial de RIVAROL du 11 juin, « Retraites : l'impossible statu quo », le gouvernement devait absolument entreprendre des réformes en vue de sauvegarder le principe du système des retraites par répartition en tenant compte de la démographie, c'est-à-dire du nombre de cotisants actifs par rapport à celui des retraités et de l'allongement de la durée de vie, de la situation économique et donc de l'emploi, et bien entendu rechercher les financements indispensables afin, dans un premier temps, de réduire les déficits annuels - selon les scénarii ils se chiffreraient à 38 ou 40 milliards en 2015 - puis, en huit ans, en 2018, de retrouver l'équilibre. Provisoirement, faut-il le souligner.
LE TRÈS OBSCUR "EFFORT DE L'ÉTAT" Les premiers effets de la réforme, en particulier celui du report de l'âge légal de la retraite - quatre mois par an à partir de juillet 2011 - pour le porter de 60 à 62 ans en six ans, représentant une recette supplémentaire de 9,5 milliards, ne seront sensibles qu'en 2015. D'ici là et jusqu'en 2018, les 35 milliards d'actifs et les 1,4 milliard de recettes annuelles du Fonds de réserve des retraites seront liquidés pour éponger les déficits qui subsisteront jusque-là. Un très important mais obscur « effort de l'État » de 15,6 milliards gonfle des mesures financières dont le montant, après déduction des impôts et taxes affectant les ménages et les entreprises et l'alignement au terme de dix ans de "sacrifice" du taux de cotisation des fonctionnaires sur celui du privé, respectivement 4,4 et 4 milliards en 2018, est marginal. Ce sont en effet l'impact du report de l'âge légal, 18,6 milliards, et l'énigmatique « effort de l'État », 15,6 milliards, qui constituent l'essentiel des 42,3 milliards de déficit ainsi provisoirement épongés.
Or, l'explication sur l'origine des 15,6 milliards provenant de « l'effort de l'État» est particulièrement vaseuse. Il s'agirait du montant que l'État consacrera chaque année au paiement des retraites de ses anciens fonctionnaires en plus de ce qu'il versait déjà en 2000... Pure convention prise par le Conseil d'orientation des retraites (COR) pour faciliter (sic) les comparaisons entre les différentes prévisions effectuées au fil du temps... Le gouvernement vise à maintenir son "effort" à son niveau actuel, soit 15,6 milliards, au lieu des 24 prévus. Incompréhensible ! Nuage de fumée ? Tour de passe-passe ? Comment peut-on transformer une dépense en économie ? Mais, et quoi qu'il en soit, l'État, c'est le contribuable !
Jusqu'à cette réforme, c'étaient les entreprises, y compris l'État et les Collectivités publiques employeurs, les salariés du privé et les fonctionnaires - ces derniers moins sollicités que les salariés du privé, pour un niveau de pension supérieur - qui assuraient le financement des retraites. Même si le nombre des actifs ne cesse de diminuer alors que celui des retraités ne cesse d'augmenter, ne fallait-il pas continuer à trouver le financement des pensions dans l'activité économique, État et Collectivités étant des cas à part les pensions ne pouvant être financées que par l'impôt et par les cotisations des fonctionnaires ? Il est profondément anormal et malsain que les entreprises continuent à bénéficier d'exonérations de charges sociales sur les bas salaires ; outre que la vérité et la transparence des coûts de revient sont une exigence minimum, ces exonérations tirent ou maintiennent les salaires à des niveaux toujours plus bas. Salaires qui ne seront néanmoins jamais assez bas pour concurrencer ceux imposés par exemple aux ouvriers chinois, nouveaux esclaves au service d'un certain capitalisme occidental sans foi ni loi indifférent aux ravages qu'il crée dans les économies occidentales où les industries disparaissent inéluctablement.
Il est clair que le passage de la dernière tranche d'impôt sur le revenu de 40 à 41 %, les mesures affectant l'imposition des plus-values et le prélèvement libératoire sur les dividendes, enfin la suppression du crédit d'impôt sur les dividendes ne sont que des mesures cosmétiques, sans rendement autre que démagogique, mais qui affecteront les épargnants les plus modestes.
Il faut cesser de dire et de croire que la France est riche, et que les riches paieront. Si les Français veulent continuer à prendre leur retraite à 60 ans, ils ont le choix de décider et de supporter de la financer avec des cotisations supplémentaires, uniquement salariales évidemment, ou sinon d'accepter une diminution constante des pensions. Quoi qu'il en soit, un nouveau rendez-vous, de nouvelles réformes seront indispensables dès 2020. Et les années passent très vite... Quant aux retraites complémentaires, alors que leur situation financière très dégradée, c'est un euphémisme, justifierait également un examen de leur avenir, elles n'ont pas été évoquées. Pierre PERALDI. Rivarol du 2 juillet 2010
Re: La faillite des retraites
Publié : 02/10/2010 - 18:51
par Eniotnar
Travailler bénévolement pour un membre de sa famille peut générer des trimestres pour sa retraite
* _ Papy-boom : 300.000 retraités en Basse-Normandie mercredi 06 octobre 2010
Avec le phénomène « papy-boom », les deux Normandie de 2022 compteront quelque 800.000 retraités. Ils sont aujourd'hui 627.000 que rejoignent 45.000 nouveaux retraités par an.
627.000
C'est le nombre de retraités dans les deux Normandie pour 3,3 millions d'habitants. La Basse-Normandie compte 286.700 retraités pour une population d'1,460 million. « On se dirige vers les 780.000 retraités dans les deux régions en 2022 à raison de 45.000 nouveaux retraités par an », prévoit Jean-Yves Yvenat, directeur de la Carsat (Caisse d'assurance retraite et de la santé au travail), nouveau nom de la Cram qui gère les retraites des salariés du régime général, soit 80 %. Les autres retraités dépendent de la fonction publique et du régime agricole.
« Papy-boom »
La première génération des baby-boomers, enfants nés entre 1946 jusqu'au milieu des années 1960, arrive aujourd'hui à l'âge de 60 ans et à celui de la retraite. Ils créent ainsi un nouvel effet socio-économique, baptisé « papy-boom ». En Normandie (Haute et Basse) les nouveaux retraités chaque année ont bondi de 30.000 à 45.000 en 2006, soit une augmentation d'au moins 50%. Explication : des retraites anticipées prévues avec la réforme Fillon de 2003 et la possibilité pour les salariés ayant commencé à travailler jeunes de partir en retraite avant 60 ans. Ces derniers représentent 25% des nouveaux retraités en 2004 et 2005, 20% en 2006. Ceci bien sûr avant la réforme des retraites en cours qui repousserait l'âge du départ à 62 ans.
23 ans
Les Français gagnent deux à trois mois d'espérance de vie par an. La durée moyenne de la retraite est de 23 ans.
Nouveaux retraités
En Normandie, les nouveaux retraités étaient 30.245 en 2001 ; 35.102 en 2002 ; 32.742 en 2003 ; 38.578 en 2004 ; 40.249 en 2005 ; 45.992 en 2006, 46.000 en 2007 et 42.300 en 2009. Les prévisions pour 2010 sont de 42.000, pour 2015 de 42.800. Toujours avec une retraite à 60 ans. Une évolution plus modérée par rapport aux années 2004-2005, suite à la réforme Fillon.
Vieillissement des salariés
Aux calculs et paiement des retraites, la Carsac ajoute l'accompagnement des assurés malades, accidentés ou handicapés et la prévention des risques professionnels. Elle aide les malades et accidentés du travail à retrouver un emploi dans la même entreprise ou dans une autre éventuellement sur un nouveau poste. Avec le vieillissement des salariés, les risques de maladie et d'accidents au travail augmentent. Les assistants sociaux de la Carsat ont suivi 4.372 assurés en arrêt de travail de plus de 90 jours pour évoquer avec eux leur maintien ou non dans l'emploi.
Expositions professionnelles
La caisse établit également la « traçabilité » des expositions des salariés à des produits dangereux. Les deux Normandie ont été retenues avec quatre autres régions pour une expérimentation du suivi des salariés exposés aux agents CMR : cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques.
Pas inaperçu. La mairie du 16ème arrondissement de Claude Goasguen affiche un poster qui couvre une partie de l'entrée de la mairie. Impossible de passer sans le voir. En revanche, pas de poster de Français pauvres, patriotes qui font les poubelles à la fin des marchés pour survivre !
Re: La faillite des retraites
Publié : 08/10/2010 - 1:01
par Prodeo
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Re: La faillite des retraites
Publié : 24/11/2010 - 16:32
par Pat
Retraite, budget : les véritables injustices
POURQUOI diable Nicolas Sarkozy avait-il annoncé fin juin qu'il remanierait le gouvernement à l'automne ? Il lui fallait sans doute détourner l'attention de l'opinion de l'affaire Woerth-Bettencourt - qui pourrait l'éclabousser lui-même - et prouver que même dans les tréfonds des sondages, il restait seul maître du calendrier. Mais une telle annonce ne pouvait que fragiliser l'équipe du Premier ministre, et la Présidence elle-même, avant de périlleuses échéances. Après l'Assemblée nationale, le Sénat devait en effet examiner début octobre le nouveau projet de loi sur l'immigration (le cinquième depuis 2003 !) puis la réforme des retraites avant le débat qu'on prévoit également très animé sur la loi de finances 2011, dont les grandes lignes ont été définies le 29 septembre en Conseil des ministres. Des ministres singulièrement affaiblis puisque nul ne sait ce qu'il adviendra d'eux dans quelques semaines, la même incertitude régnant sur le sort de François Fillon. Qui, dans cette cruelle expectative - restera-t-il en place, succédera-t-il à Xavier Bertrand comme secrétaire général de l'UMP ou n'aura-t-il plus qu'à rentrer dans la Sarthe pour y faire tapisserie auprès de sa Pénélope d'épouse ? -, multiplie depuis quelques semaines les déclarations d'indépendance. Ainsi, en réponse à l'Elyséen qui le réduisait il y a deux ans au rôle de simple «collaborateur», le Premier ministre répète que « Sarkozy n'a jamais été [son] mentor » et que s'il appuya en 2007 sa candidature, c'est seulement parce qu'il l'estimait le mieux placé pour garder l'Elysée à la droite. Ou plutôt à ce bateau ivre, et penchant toujours plus à gauche, qu'il est convenu d'appeler - très abusivement - la droite .
C'est dans ce climat délétère que s'est déroulée la discussion de textes vitaux pour l'avenir de notre pays. On ne reviendra pas ici sur l'immigration qui faisait l'objet d'un dossier spécial dans notre livraison d'octobre, mais force est de constater que ce facteur influe sur tous les autres sujets.
Alors que l'espérance de vie va croissant - au moins provisoirement car l'agrochimie à l'origine de si nombreuses pathologies pourrait annihiler les progrès de la médecine -, il est difficile de nier la nécessité d'abolir l'imbécile dogme mitterrandien sur la « retraite pour tous à 60 ans '. La quasi-totalité des gouvernements européens ont relevé de manière spectaculaire le nombre des annuités indispensables pour être pensionné et l'âge de 62 ans fixé, d'ailleurs à terme, par la réforme Woerth, avec retraite à taux plein à 67 ans, semble bien optimiste, sinon dérisoire. Nonobstant, constatant la faiblesse du pouvoir, les syndicats et presque tous les élus de gauche rivalisent de démagogie pour stigmatiser cette réformette, multipliant les grèves et les manifestations (huit depuis le dépôt du projet de loi plus une nouvelle grève générale à partir du 12 octobre) pour le maintien des «acquis». « On arrête tout, on recommence, on met tout sur la table... Nous sommes tous conscients qu'il faut une réforme des retraites, mais il faut qu'elle soit juste et efficace » clamait par exemple Martine Aubry, premier secrétaire du Parti socialiste, au soir de la « mobilisation populaire » du 2 octobre ; Et, prenant le train en marche, François Bayrou exigeait lui aussi la remise à plat de cette « réforme injuste ».
Mais ces bonnes âmes se gardent bien, de même d'ailleurs que la fausse droite, de remarquer que les caisses de retraite seraient moins déficitaires sans la charge de centaines de milliers d'immigrés âgés bien décidés à rester « chez eux chez nous » jusqu'à leur mort, afin d'y bénéficier d'un suivi médical impossible au pays, et auxquels elles doivent désormais assurer au moins le minimum vieillesse. Bien que nombre d'entre eux aient fort peu cotisé, soit parce qu'ils ont longtemps travaillé au noir, soit parce qu'ils ont connu de longues périodes de chômage.
Et l'on pourrait en dire autant à propos du projet de budget dont l'objectif «intangible» - et surtout exigé par Bruxelles menaçant d'amendes les « États laxistes » - est de limiter le déficit (de 92 milliards d'euros pour 271 milliards de recettes fiscales, alors que notre Dette publique dépasse 1 591 milliards d'euros, soit 25 000 euros par Français, nouveau-né ou centenaire) à 6 % en 2011. Soit une « réduction historique », un effort « jamais réalisé depuis cinq ans », s'est enorgueilli le nouveau et juvénile ministre des Finances François Baroin, fils d'un défunt Grand Maître du Grand Orient de France et «premierministrable» souvent cité ces derniers temps.
N'empêche que cet effort sans précédent a été accueilli par une vague de critiques, à droite car le rabotage de vingt-deux niches fiscales se traduira en réalité par une augmentation des impôts ciblée sur les classes moyennes (avec par exemple la suppression prévue des 15 % d'exonération de cotisation sociale pour les emplois familiaux), et à gauche où l'on crie au contraire à l'« injustice fiscale » frappant les plus défavorisés et où l'on dénonce comme Martine Aubry, encore elle, un « plan de rigueur » stérilisant alors qu'il aurait fallu « un budget qui baisse les déficits mais qui n'empêche pas la croissance de redémarrer » et qui surtout épargne la fonction publique et les collectivités territoriales (presque toutes tenues, comme par hasard, par le PS).
Ainsi un fonctionnaire sur deux partant à la retraite ne sera pas remplacé, ce qui devrait conduire à la suppression sur trois ans (2011-2013) de 97 000 postes sur un effectif total de 2,3 millions de fonctionnaires d'Etat. La pléthorique Education nationale devrait perdre 16000 agents, le ministère de la Défense 8 250 postes, le ministère du Budget et des Comptes publics 3 127 postes - ce qui semble assez logique compte tenu de l'informatisation de ses services -, le ministère de I'Intérieur 1 595 - ce qui est à l'inverse contradictoire compte tenu des promesses présidentielles en matière de sécurité. Alors qu'avec moins de cent postes supprimés et un budget en hausse de 154 millions pour atteindre 7,5 milliards d'euros (+2,1 %), le ministère de la Culture détenu par le catastrophique Frédéric Mitterrand est, on se demande bien en vertu de quels critères (à moins qu'il ne faille y voir l'influence de la chanteuse Carla Bruni-Sarkozy), le grand gagnant du loto budgétaire. Est-ce parce qu'il avait été informé de la bonne nouvelle qu'à la Techno Parade du 26 septembre, les badauds stupéfaits ont pu voir l'Excellence se trémousser comme un ouistiti en une déshonorante exhibition ?
Si certains de nos compatriotes se félicitent de la pluie d'or (4,68 milliards d'euros) s'abattant sur les « industries culturelles » et la désinformation d'Etat (+3,9 % pour Radio France, +4,1 % pour Arte et +5,3 % pour l'audiovisuel extérieur de la France) sur lequel règne Mme Christine Ockrent-Kouchner), ils risquent de l'avoir mauvaise en revanche en apprenant la prochaine baisse du taux de remboursement des médicaments à service médical dit «modéré» (de 35 à 30 %) alors que ces médicaments sont, telle Vastarel contre le glaucome, indispensables aux patients, et la hausse du ticket modérateur sur les soins courants (médecins, kinésithérapeutes, etc.) et les soins hospitaliers. Ce qui entraînera fatalement une augmentation des tarifs des mutuelles.
Dénonçant elle aussi le projet de budget, Marine Le Pen, vice-présidente du Front national, l'accusait de « sacrifier le peuple à un dogme, qui est le dogme ultralibéral et le dogme de la libre circulation ». En particulier des immigrés, clandestins compris.
Car les Français qui paieront plus cher leurs médicaments doivent savoir qu'il n'est absolument pas question de réduire les crédits débloqués pour l'AME, Aide Médicale d'Etat mise en place sous Jospin le 1er janvier 2000 par Bernard Kouchner et Martine Aubry pour prendre en charge à 100 pour 100 les étrangers incapables de fournir le moindre document d'identité. Bénéficiant en 2001 à 125 400 allogènes, à 153000 en 2002 et à 170 000 en 2003, elle se soldait alors par une facture annuelle de 579 millions d'euros, qui a atteint en 2008 quelque 800 millions d'euros selon le député parisien Claude Coasguen, auteur d'une question écrite à ce sujet, les allocataires étant alors plus de 197000. Sans doute sont-ils aujourd'hui bien plus de 200 000, et le cap du milliard d'euros dépensé pour leur petite santé a été franchi, au détriment des Français de souche, des Néo-Français ou d'ailleurs des immigrés en situation régulière. Ministre de la Santé, Roselyne Bachelot a d'ailleurs avoué que l'AME constituait 30% de la ligne budgétaire de son ministère.
La formidable injustice, n'est-elle pas là ? Mais ne comptez pas sur la gauche, ni sur la droite courbe, pour dénoncer cette «niche» si obstinément dissimulée aux importuns. C'est pour mettre fin à de tels abus, à des discriminations si criantes, que Nicolas Sarkozy avait été élu en 2007. Loin de les faire disparaître, il les a pérennisés et aggravés. Qu'il ne s'en prenne qu'à lui si, à seize mois de l'horizon 2012, sa fin de mandat a des remugles de fin de règne. Camille GALIC, Ecrits de Paris novembre 2010 < camille.ggalic@orange·fr >.
Re: La faillite des retraites
Publié : 03/12/2010 - 19:43
par Pat
Les hypocrisies de la réforme des retraites
Il paraît que la réforme des retraites a été arrachée par le gouvernement aux syndicats à la force du poignée. En réalité la foire d'empoigne était truquée. Voici pourquoi.
Certains journalistes, comme Françoise Fressoz, chef du service politique du Monde. en font « le grand gagnant » de la réforme des retraites. L'intéressé, lui, déclare avec une fausse modestie pateline : « Dans cette affaire, il n'y a qu'un seul vainqueur, la Sécurité sociale ». Mais pour être vainqueur, encore faut-il avoir livré bataille. Contrairement aux apparences, c'est ce que n'a pas fait Nicolas Sarkozy, ni son gouvernement. Et c'est aussi pourquoi le président de la République ment lorsqu'il affirme : «Tous ceux qui partiront à la retraite dans les années qui viennent sauront que le système français de Sécurité sociale, fondé sur la solidarité entre les générations, fonctionne. »
Il est vrai qu'il n'est pas seul, dans cette affaire de retraites, à prendre les Français pour des dupes. Les syndicats ne mentent pas moins, c'est même ce qui donne à penser que le gouvernement est de mèche avec eux et qu'à défaut d'accord réel, existe au moins entre eux une entente tacite. Les syndicats, impliqués dans la gestion des caisses, n'ignorent pas plus que le gouvernement qu'une réforme du système de retraite est inévitable. Finalement, le baroud d'honneur auquel ils se sont livrés, aussi spectaculaire et coûteux qu'il ait été - manifestations, grèves, transports bloqués, dépôts d'essence à sec, immobilisation partielle du pays, grèves des dockers, des aiguilleurs du ciel, des éboueurs, etc. - a prêté à la réformette gouvernementale une consistance qu'elle n'a pas, permis au gouvernement de paraître à son avantage aux yeux de son électorat, convaincu qu'il a « tenu bon », et permis aux syndicats de mobiliser suffisamment leurs troupes pour dissuader de futurs réformateurs de toucher à l'essentiel.
L'essentiel, pour les syndicats, ce sont les avantages acquis de ceux qui représentent leur cœur de cible et qui font le gros de leurs adhérents, à savoir les bénéficiaires des régimes spéciaux, fonctionnaires compris. Nous n'avons pas l'intention ici de montrer du doigt les agents publics, qui n'y sont pas pour grand chose et ne comprennent d'ailleurs pas plus la question des retraites que l'ensemble de nos compatriotes, mais de dénoncer les hypocrisies et de révéler les non-dits des responsables gouvernementaux et syndicaux, qui, eux, connaissent parfaitement le sujet.
La première hypocrisie consiste à faire croire aux Français qu'il s'agit de sauver la retraite par répartition, alors que les bénéficiaires des régimes spéciaux qui ont fourni le gros des récentes manifestations - fonctionnaires, cheminots, agents de la RATP, électriciens et gaziers, etc., soit un Français sur quatre selon l'association Sauvegarde Retraites -, ne sont pas concernés par la répartition.
En principe, en effet, dans un système de retraite par répartition, les pensions des retraités sont finances par les cotisations des actifs. Si les recettes tirées de ces cotisations baissent, il est impossible de maintenir le niveau des pensions, à moins de relever celui des cotisations.
Rien de tel dans le cas des régimes spéciaux, dont les pensions sont garanties à 100 % par l'État.
Il importe peu, par conséquent, que les cotisation baissent ou que le nombre des cotisants diminue : les pensions ne sont pas financées par ces recettes, mais par le budget de l'État, autrement dit par l'impôt prélevé sur l'ensemble des contribuables. C'est si vrai que, comme le souligne par ailleurs Sauvegarde Retraites, les fonctionnaires de l'État n'ont même pas de caisse de retraite.
Cela signifie, accessoirement, que les autres Français paient deux fois : une fois par les cotisations (bien réelles, celles-là) qui sont prélevées sur les revenus de leur travail pour alimenter leurs propres caisses de retraite ; et une deuxième fois en tant que contribuables pour financer les retraites de la fonction publique et des régimes spéciaux.
Deuxième hypocrisie : la réforme gouvernementale prévoit d'aligner le taux de cotisation du secteur public (7,85 %) sur celui du privé (10,55 %). Or, non seulement les fonctionnaires d'État n'ont pas de caisses de retraites, mais les cotisations qui figurent sur leurs fiches de paie sont fictives, comme l'avait montré en 2003 Pascal Gobry, alors administrateur de l'Insee, dans son livre La Grande Duperie. Puisqu'il s'agit d'écriture fictives, il revient au même de relever le taux de cotisation à 10,55 %, ou à 75 %, ou au contraire de le réduire à zéro.
Troisième hypocrisie : il est faux de prétendre que le relèvement de l'âge de la retraite à 62 ans était inéluctable. En tout cas, il est faux de le prétendre avant d'avoir tout mis en œuvre pour éviter d'en arriver là, notamment en plaçant le public et le privé sur un pied d'égalité devant la retraite, en créant une caisse de retraite pour les fonctionnaires d'État (la réforme prévoit très prudemment qu'un rapport sera ultérieurement consacré à cet épineux sujet et présenté aux parlementaires) et en supprimant progressivement les régimes spéciaux (y compris celui... des parlementaires), pour les harmoniser sur le régime du secteur privé.
Il est impossible, à l'heure actuelle, de savoir précisément combien coûtent lesdits régimes spéciaux, en particulier ceux des trois fonctions publiques. Mais les économies qui pourraient être dégagées se comptent en milliards d'euros : les subventions versées par l'État aux régimes spéciaux hors fonction publique atteignent à elles seules environ 8 milliards d'euros - or l'économie attendue du passage de la retraite à 62 ans s'élève à une vingtaine de milliards d'euros en 2020.
Il n'est donc pas interdit de penser que l'abolition des régimes spéciaux aurait suffi à éviter le relèvement de l'âge de la retraite. C'est assez cocasse, si l'on songe que bon nombre des manifestants qui défilaient contre la retraite à 62 ans sont eux-mêmes affiliés à ces régimes et pourront partir à 52 ou 57 ans. La retraite aurait pu être maintenue à 60 ans pour tout le monde... à condition qu'ils aient eux-mêmes consenti à partir à cet âge !
Ces hypocrisies et ces non-dits ont été partagés par le gouvernement et par les syndicats, l'un comme les autres sachant pertinemment que la réforme défendue par Eric Woerth ne règle rien. À l'inverse de ce que prétend Nicolas Sarkozy, le système de Sécurité sociale ne fonctionnera pas mieux qu'avant et la solidarité entre les générations a été sacrifiée.
C'est d'ailleurs la quatrième hypocrisie, et la pire: on a convaincu les gamins des lycées de défiler dans la rue sans leur dire qu'ils seront appelés à financer la dépendance de leurs grands-parents - ce qui est normal - et les grandes vacances de leurs parents ce qui ne l'est pas -, en remboursant la dette colossale que l'on continue à laisser filer. C'est une nouvelle version du fameux principe : « les parents boivent, les enfants trinquent ». L'essentiel, pour Nicolas Sarkozy, est d'arriver à l'échéance de 2012 en pouvant affirmer à son électorat, la main sur le cœur et les yeux dans les yeux, qu'il a réalisé une grande réforme. Et pour les syndicats, d'avoir fait sentir leur force, dans la perspective du prochain round, qui se livrera inéluctablement d'ici 2018 : le rendez-vous est déjà pris. Leur message est clair : parlez d'équité tant que vous voudrez, amusez la galerie tant que vous pourrez, mais pas touche aux régimes spéciaux ! Nous venons de vous montrer que, si d'aventure vous vouliez y toucher, nous aurions les moyens de bloquer la France aussi sérieusement et aussi longtemps que nous l'avons fait en 1995.
Ce qui signifie que, malgré les apparences, ils sont les vrais vainqueurs du faux bras de fer auquel nous avons assisté, en otages plus qu'en spectateurs. Mais chut ! Cela, ni le gouvernement, ni les syndicats n'en conviendront. Jean-Pierre Nomen monde & vie 22 novembre 2010