Dans la seule ville d'Orléans, plus de 2000 lycéens ont défilé le 7 mai 2008 soi-disant pour lutter contre la suppression de postes dans l'éducation nationale. Multipliés dans toute la France, ces défilés ont peut-être atteint 50 000 ou lycéens, sinon davantage. La presse « officielle », et toute la presse est plus ou moins officielle, n'a pas dénoncé le caractère vraiment insupportable de ces défilés : c'est la « prétendue » grève des menteurs et des ignorants, voire des paresseux.
En avril 2007, nous avons eu à Marseille la grève des riches. GDF avait besoin de cinq ouvriers très qualifiés pour travailler à un nouveau terminal gazier et la CGT désirait que ce personnel soit pris dans les effectifs du Port Autonome de Marseille. D’où une grève de 18 jours bloquant 50 navires et menaçant d’une pénurie de pétrole toute la région avoisinante. Le pouvoir de l’époque s’empressa de capituler une nouvelle fois et GDF s’est débrouillé autrement. Les dégâts en millions d’euros furent considérables mais, en plus, l’image de marque de Marseille-par rapport aux grands ports concurrents comme Rotterdam ou Trieste- s’est trouvée à nouveau écornée. Cette grève des riches vient de se reproduire encore à Marseille avec pour motif la nécessaire réforme des ports français.
Nous avons souvent parlé de la véritable guerre déclenchée -avec un succès qui ne se dément pas- par les cheminots contre le peuple français et en particulier, contre les habitants des banlieues de Paris qui ne peuvent absolument pas compter sur la régularité des trains et sont atteints gravement dans leur droit de circuler librement, lequel, pourtant, devrait être incontestablement supérieur au droit de grève.
En avril 2005, une grève très étendue rassembla la fine fleur des branches mortes de la nation : poste, l’EDF-GDF, Sncf, Education Nationale et un ensemble d'autres fonctionnaires. La quasi certitude de l’emploi à vie est une immense richesse en soi. Mais il est bien d’autres richesses dans la fonction publique et parapublique. Il y a très longtemps, il était admis que les fonctionnaires et quasi-fonctionnaires étaient moins payés que les privés. La situation est totalement inversée pour la majorité d’entre eux. Les augmentations annuelles, le jeu de l’ancienneté et des avancements automatiques ont eu pour résultat des progressions importantes, alors que beaucoup de privés voient leurs salaires stagner. Les salaires sont en moyenne de 13 % plus élevés que ceux du privé. S’ajoutent les 27 ou 32 heures éventuelles par semaine, les retraites fastueuses et bien d’autres avantages : qui parle de la « journée valise », car partir en congé est tellement exténuant qu’il faut une journée pour faire ses valises ? C’est pourquoi, c’était une grève de riches, la vraie France subissant en victime impuissante et, jusqu’à présent, malheureusement consentante.
La « grève des lycéens », faisant suite à ces faits absolument extravagants, est l'occasion de reparler du droit de grève et de son application éventuelle. Nous savons qu'il est inscrit dans la Constitution et, de ce fait malheureusement, il semble se situer dans la propagande à un niveau supérieur à tous les autres droits. Or, il devrait leur être inférieur et subordonné aux droits naturels essentiels, comme le droit de circuler, celui de travailler, celui d’étudier, de se soigner, de se distraire et bien d’autres. Une bonne réforme constitutionnelle devrait rayer le droit de grève de la constitution.
Historiquement, sa justification repose sur l'idée que l'exercice de la grève aurait été l'une des sources des progrès sociaux, notamment au 19° siècle. Si ce vrai tabou n'existait pas, des recherches attentives et honnêtes montreraient que les progrès sociaux ont été bien davantage le résultat de progrès techniques sous l'aiguillon du marché, ces progrès ayant suscité l'amélioration considérable et rapide de la condition économique de toute la population.
Le droit de grève est la rupture d'un contrat de travail par une seule des parties et est donc contraire au droit naturel qui doit assurer la sécurité des contrats. Dans une économie peu diversifiée -comme elle existait encore il y a de très nombreuses années- le conflit social ne touchait pratiquement que les patrons, sans que le reste de la population n'en souffre davantage.
Dans l'économie extraordinairement enchevêtrée et diversifiée que nous connaissons actuellement, le droit de grève, surtout quand il est utilisé dans des noeuds économiques, touche des milliers ou des millions de personnes. Les grèves des contrôleurs aériens perturbent toute la circulation aérienne dans une partie du continent européen !
En revanche, dans les PME et les TPE, les grèves sont fort rares, le personnel étant solidaire des patrons et sachant fort bien que la richesse de l'entreprise conduit à la richesse de tous. Indépendamment des conséquences propres à chaque type de grève, le rôle de la multiplicité des grèves dans l’appauvrissement visible de la France est considérable.
Devant cette situation, quelle est l'attitude des politiques ? Elle va de la politique de l'autruche (plutôt à gauche) jusqu’à l'idée d'un service minimum qui semble être celle du nouveau Président. Nous savons que cette dernière idée est tout à fait insuffisante, et que même si elle se réalisait elle ne porterait pas remède à la paupérisation de la France et à la baisse du pouvoir d’achat général. De nombreux exemples à l'étranger montrent que l'on peut se passer du droit de grève « à la française ». Au Japon les ouvriers grévistes mettent un brassard pour signaler qu'ils sont grévistes. En Suisse et en Autriche, il n’y a jamais de grève. Le droit de grève est un tabou de plus à ajouter dans la liste de ceux qu’il faut faire tomber.
Revenons à la prétendue grève des lycéens.
Ce n'est pas du toute une grève car il n'y a pas de contrats de travail ; les lycéens ont uniquement la chance extrême de pouvoir étudier et, ceci, malgré la paupérisation du peuple français. Il y a donc un mensonge à la base.
C’est aussi la grève des ignorants : ce n’est pas parce que l’on ajoutera des maîtres que leur formation sera meilleure. Ceux qui les instrumentalisent, c'est-à-dire les chefs syndicaux, sont gravement coupables.
Heureusement nous savons que la grande majorité des lycéens ne suit pas ces mouvements délétères et préfèrent sagement travailler en vue de préparer leur avenir.
Le vrai drame est qu'au sommet de l'État, il n’y a pas de pilote capable de dire la vérité aux Français et à ceux qui manipulent les lycéens.
Michel de Poncins
GREVE DES LYCEENS
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Tout le monde gaucho essaye de faire démarrer un nouveau mai 68. C'est tout ce qui leur reste pour se prouver qu'ils existent.
Mais des 68, il n'y en aura plus. Le pouvoir le sait très bien. Il n'y en aura plus car plus personne ne peut se permettre de rester un mois sans paie.
La société de consommation est passée par là.
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Mais des 68, il n'y en aura plus. Le pouvoir le sait très bien. Il n'y en aura plus car plus personne ne peut se permettre de rester un mois sans paie.La société de consommation est passée par là.
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