Jamais deux sans trois. Après les descentes judiciaires à la recherche des « bizarreries » du Comité d'Entreprise d'EDF, la curieuse gestion commerciale des ventes à bord des bâtiments de la SNCM, la CGT, pour la troisième fois en 2005, patauge dans les eaux fangeuses de pratiques peu claires, cette fois celles du Comité d'entreprise d'Air France. Et, à nouveau, on constate l'étonnant manque de curiosité de la direction de l'entreprise, comme dans les deux cas précédents, ainsi que l'évidente tolérance, frôlant la complicité, du gouvernement Villepin, pas du tout intéressé à ce que la vérité éclate.
Le Comité central d'entreprise d' Air France n'est pas une mince affaire, avec ses 180 salariés La CGT le contrôle, mais les autres syndicats la contestent à propos de son « efficacité », et des CE de secteurs opérationnels lui échappent. Le peu de transparence de la gestion cégétiste est devenu inacceptable courant décembre, le CCE étant en cessation de paiement de ses fournisseurs, et accusant un trou de 8 millions d'euros. Aussitôt, la direction d'Air France a décidé de combler le déficit, en le couvrant par des versements anticipés sur 2006. Pas la moindre plainte n'a été déposée, et le silence de la direction de la compagnie aérienne, pourtant responsable légal, pose problème. En réalité, celle-ci compte sur les concurrents syndicaux de la CGT, le syndicat Air France Alpa en tête, pour redresser la situation. L'information était gardée secrète, mais elle est devenue publique (sans démenti de la CGT) grâce au quotidien Aujourd'hui-la France.
Comment en est-on arrivé là? Les symptômes sont identiques à ceux constatés à la CCAS d'EDF. Le CCE Air France travaille comme par hasard avec Touristra, un bureau de voyages « proche du PCF », qui a la satisfaction de voir ses prestations payées: par avance à 80 %. Lesdites prestations ne seraient pas en rapport avec les factures réclamées. Les séjours proposés par la structure dépendant directement du CCE sont grevés par des frais de fonctionnement du service anormalement élevés. La restauration collective du personnel d'Air France, quand elle est assurée par le CCE, revient au double du prix de la restauration de CE échappant à la CGT, avec « une qualité inférieure », d'après un spécialiste syndical. Etc ...
Ce nouveau scandale devrait être enterré Comme d'ordinaire, si les autres syndicats ne persistent pas dans leur volonté d'en finir avec le coulage permanent. Air France Alpa, (qui regroupe des pilotes, hôtesses et mécaniciens) est déterminé aller jusqu'au bout, les autres organisations cherchant, elles, à trouver un accord avec la CGT. Laquelle prépare sa contre-offensive face aux 60000 salariés. Pour les permanents cégétistes d'Air France, les fêtes de fin d'année vont avoir des relents de gueule de bois, et le champagne n'y sera pour rien.
Alexandre MARTIN National Hebdo semaine du 29 décembre 2005 au 4 janvier 2006
TROU D'AIR AU COMITÉ D'ENTREPRISE D'AIR FRANCE
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