L’ENRICHISSEMENT PERSONNEL DES CHEFS SYNDICALISTES (EPI)
Campagne iFRAP 2007-2012
Un golden parachute pour syndicaliste
"Qui trop embrasse mal étreint", c’est par ce vieux dicton populaire que nous aimerions commencer à évoquer le mécanisme bien rôdé de la mise à disposition de certains fonctionnaires puis de leur réintégration dans leur corps d’origine au terme de l’exercice de leurs fonctions syndicales. L’actualité nous offre en la matière un sujet d’étude particulièrement intéressant ; qu’on en juge : Monsieur Le Duigou, fonctionnaire des impôts et détaché de l’administration des finances depuis 1978 auprès du syndicat CGT dont il est aujourd’hui encore le numéro deux, a sollicité sa réintégration dans son corps d’origine à l’approche de la retraite.
En cela pourrions nous dire, rien de bien nouveau, même si sur le plan même des principes, et en dépit de l’incontestable utilité de ces détachements qui permettent à un minimum de 40 000 fonctionnaires d’exercer leurs talents au service de la cause syndicale, il semble choquant que le principe de transparence ne soit pas véritablement appliqué. Quid en effet du corollaire nécessaire du détachement, à savoir le remboursement de l’activité de ces fonctionnaires que les syndicats doivent verser aux administrations concernées ? L’opacité règne.
Que penser encore du principe suivant lequel la retraite d’un fonctionnaire se calculant sur les six derniers mois de traitement, rompt ostensiblement le principe d’égalité avec le secteur privé où ce sont les 25 meilleures années qui sont prises en compte ? Là encore, l’aspect dérogatoire des règles de la fonction publique ne manque pas d’être mis en avant.
Mais c’est lorsque l’on découvre le poste qu’occupera notre syndicaliste lors de ses derniers mois d’activité, que l’équation personnelle de Monsieur Le Duigou prend tout son sens : Il sera en effet nommé conservateur des hypothèques de Corbeil (91). La fonction, il faut le dire, est fort rémunératrice, 4500 € environ de traitement mensuel que les différentes primes et indemnités pourront porter à 10 000 € (représentant une retraite de 3275 €). Survivance de l’Ancien régime, le conservateur des hypothèques est chargé de la tenue à jour des droits assis sur les immeubles de son ressort et de la publication des actes qui s’y rattachent. En somme, une sinécure compte tenu de l’informatisation des services.
Plus opaque toutefois est la structure de ces rémunérations : le traitement se divise en deux parties : une rémunération fixe mais susceptible de variations en fonction des demandes de renseignements déposées. Une rémunération proportionnelle calculée à partir de la valeur brute des immeubles enregistrés au taux de 0.05%. Le tout pouvant atteindre même si des plafonnements existent la somme de 185 000 € annuels (l’Express mars 2005).
Enfin et pour achever de faciliter la situation de Monsieur Le Duigou, la main visible de l’Etat en la personne du secrétaire général de l’Elysée Claude Guéant l’a dispensé d’exercer physiquement cette dernière activité. Il restera finalement auprès de Bernard Thibault pour le seconder. En somme un véritable statut ad hoc… constitutif d’un golden parachute pour syndicaliste. D’ailleurs, des voix s’élèvent à la CGT pour dénoncer le statut quo et remarquer qu’en trente ans, les permanents de la centrale ont été multipliés par cinq alors que le nombre d’adhérents, lui, a été divisé par 2,5.
Samuel-Frédéric Servière source : Tocqueville magazine
L’ENRICHISSEMENT PERSONNEL DES CHEFS SYNDICALISTES
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