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Le cheval de Troie du logement social

Publié : 20/10/2007 - 20:03
par Pat
« Tuez moi, tuez-moi tout de suite! » C'est en hurlant ces mots jusque dans la salle des pas perdus que la mère des deux prévenus mineurs, une femme de couleur, accueillit les huit ans de réclusion frappant son fils Cédric, 15 ans, pour l'incendie de l'autobus 32, le 28 octobre 2006 à Marseille.

La mère de Béchir, 16 ans, également condamné à 8 ans, réagissait aussi vivement: évanouie entre les travées, elle sera évacuée sur un brancard. Leur émotion posait les criminels juvéniles en victimes, à la satisfaction des avocats. C'est en vain que la vraie victime: l'étudiante sénégalaise Marna Galledou qui, glissant dans l'essence en feu, fut brûlée à 62 %, avait demandé aux deux mineurs: « Pourquoi avez-vous incendié le bus sans attendre son évacuation? Pourquoi m' avez-vous laissée brûler? ». Les deux mineurs ne soufflaient mot. Un mutisme que la mère du plus jeune traduira ainsi: « Dans notre quartier, tout le monde veut nous faire notre fête. Qu'est-ce qu'on peut faire? ». Nous verrons "ce qu'on peut faire" plus loin. Mais la question en appelle une autre: la France peut-elle rester le pays, le seul au monde, où 45 000 voitures sont annuellement incendiées? Impunément! Comment l'autobus serait-il respecté quand les autos ne le sont pas? Une justice doit passer: celle des bandes ou celle de la France. Pour l'heure, le message n'est pas reçu . Avant même le verdict, alors que le procureur réclamait 12 ans de réclusion criminelle pour les deux plus jeunes incendiaires de l'autobus de Marseille, un autre bus, plein de lycéens, brûlait entièrement le 27 septembre à Chalon-sur-Saône. Et, seule, la rapidité de l'évacuation, activée par le conducteur, évita à Chalon la tragédie de Marseille, multipliée par dix. Jeunes et familles craignent les bandes plus que la justice.

La bande de Marseille a simplement relevé le défi des banlieues parisiennes en prenant part, selon le mot de Bernard Tapie, au « championnat de France des incendies d'autobus ». Pour les suites, les caïds ont confiance dans la terreur qu'ils inspirent, ils savent que les témoins feront partout défaut à la justice, alors qu'ils pourront susciter un "témoignage" contre elle. Comme celui de la "passante" qui permit, le 7 septembre, au tribunal d'Evry de relaxer celui qui donna le coup d'envoi de ce "championnat" en incendiant un bus à la Grande Borne, à Grigny dans l'Essonne: Sofiane, 19 ans, juste sorti de prison. Le conducteur de ce premier bus incendié était pourtant formel: « l'ai bien vu le visage des trois garçons qui ont incendié mon bus. C'est le jeune homme ici présent qui y est monté avec un bidon d'essence. »

Quelles que soient les peines infligées aux six aînés de la bande de Marseille, jugés en cour d'assises à Aix à partir du 3 décembre, les bandes savent bien que l'affaire de Marseille a été distinguée en raison de l'origine sénégalaise de la victime. Cette discrimination en faveur de l'immigration les rassure. Comme les rassurent les pôles anti-discrimination de Rachida Dati et le tollé contre le recours à l'ADN pour détecter les abus du regroupement familial. A-t-on arrêté l'assassin du retraité qui brava les incendiaires en éteignant un feu de poubelle au pied de son immeuble, lors de l'embrasement de l'automne 2005? A-t-on recherché les incendiaires organisés du massif des Maures, durant l'été 2003 ? Construit -on des prisons à l'échelle des bandes? Pour les petits caïds, la jurisprudence à retenir est la relaxe d'Evry.

Quand la CGT fait la leçon à l'Eglise

Comment la France en est-elle arrivée à cette situation? A court de haine dans un Occident dont la société de consommation embourgeoisait le prolétariat, les nostalgiques du bolchevisme se sont tournés vers « les peuples prolétaires » selon Lénine. Léonid Brejnev ouvrit à leur usage des centres de transit à Berlin-Est et Sofia afin de « noyer l'Occident dans le chômage et la criminalité ». Et il appuya la demande de regroupement familial présentée à l'Elysée, en juillet 1975, par le président algérien Boumediene, qui appelait « les peuples du Sud» à la conquête « du Nord ». Depuis 32 ans, une quarantaine d'allocations et primes appellent ainsi en France une vaste immigration d'assistance (93 % du total) à l'abri de lois "antiracistes" qui permettent à la gauche de diviser les droites pour régner à leur place. Dans ce contexte, trois éléments concourent à la formation des bandes:

1. Le décrochage scolaire de 40 % des élèves, obtenu dès l'école primaire par le maintien obstiné de la "méthode globale" qui ne permet d'apprendre à lire qu'aux enfants assistés par leurs parents (il donne une base culturelle à la "lutte des classes", ainsi restaurée en dépit de l'évolution contraire de l'économie),

2. La PJJ (Protection judiciaire de la jeunesse, ex-direction de l'Education surveillée au ministère de la Justice) dont la lecture marxiste de l'ordonnance de 1945 permet à cette jeunesse déscolarisée (15 % des mineurs) de se tourner librement vers la délinquance, semant le désordre dans collèges et lycées, puis dans la société,

3. Le logement social, colonisé par une économie parallèle qui tue de proche en proche l'économie licite en s'appuyant sur la jeunesse déscolarisée, pour chasser de ses "cités" les ayants-droit et en faire le repaire des trafics de drogue et de voitures.

Au nom d'une "solidarité" unilatérale, priorité est donnée à l'immigration d'assistance dans le logement social. Avec l'aide d'une insécurité qu'au nom de la "mixité socÜlle", nos naufrageurs veulent étendre à tout le pays. C'est le but d'une loi SRU (de Solidarité et rénovation urbaine) inspirée par le ministre communiste Jean-Claude Gayssot, qui prétend imposer aux 36 000 communes de France le cheval de Troie de 20 % d'HLM. Le président Chirac la défendit contre sa majorité. Christine Boutin, ministre du président Sarkozy, entend l'appliquer. Elle se fait fort de construire en France, dès 2009, 500000 logements par an, dont 120000 HLM. Un gouvernement après l'autre jongle avec les centaines de milliers de logements, construits et abattus. Lionel Jospin en voua 300000 à la démolition, irrécupérables parce que vandalisés et pillés. L'épargne des petits revenus (livret A) ne doit plus être dilapidée ainsi, non plus que son bénéfice, détourné d'eux. Bornonsnous à financer la construction de logements d'urgence (l'exigence initiale de l'abbé Pierre, reprise par Augustin Legrand) en vendant, comme discrètement amorcé, les logements sociaux en état. Supprimons par ailleurs, avec les allocations qui creusent nos déficits, l'appât qui cause tant de naufrages sur la route du mirage. Notre endettement nous y obligera. Per.pétuer cet appât est criminel. Dans l'esprit de la restauration de la valeur travail, chère au président Sarkozy, laissons venir à nous, en foyer, les travailleurs utiles au BTP au lieu de les expulser. C'était la seule revendication des jeunes Soninké cherchant à gagner de quoi se marier chez eux. Mettre fin au regroupement familial, séquelle d'un calcul et de l'influence soviétiques, est de l'intérêt des familles africaines, désolées de voir les bandes de nos cités dévoyer leurs enfants.

Peinant à rassembler les travailleurs pour la défense des abus dont elle vit (comme le prouve le renvoi de la "journée d'action" d'octobre), la CGT se tourne vers les assistés d'outre-mer. C'est ainsi qu'un collectif CGT occupe Saint-Paul, église de Massy, dans l'Essonne, avec 506 "sans papiers" musulmans. Cela depuis avril! L'évêque d'Evry a fini par demander leur expulsion. Menacé d'une grève des cheminots, comme celle qui eut raison d'Alain Juppé aux prises avec les régimes spéciaux de retraite, le gouvernement gagnait du temps. Devant la cour, 17 avocats firent la leçon à l'Eglise, opposant à son droit de propriété« le droit d'asile du moyen âge ». Son avenir obscurci, la gauche cherche ses références dans le passé!
Bernard Cabanes : Monde&Vie octobre 2007