Les Français paient trop d'impôts. Ils devraient en payer davantage avec le possible lancement de la 71i4 sociale qui n'est rien moins qu'un impôt déguisé consistant à faire payer aux contribuables le financement de la Sécurité sociale.
"Une idée pas simple" et qui après le coup des franchises médicales, soulève bien des interrogations sur la rupture en matière de fiscalisme prônée par le nouvel exécutif.
Lancé par François Fillon, confié de l'aveu même du Premier ministre à des "économistes de droite et de gauche"
- les mêmes qui depuis des années concoctent les politiques économiques et sociales qui ont apporté les preuves de leur inefficacité - ce nouvel impôt qui ne dit pas son nom, vise à faire basculer des entreprises vers les ménages une partie du financement de la Sécurité sociale, en diminuant les cotisations patronales et en augmentant la taxe sur la valeur ajoutée. Appliquée à tous les biens et services, la TVA est actuellement de 19,6 % pour le taux normal et de 5,5 % pour le taux réduit (denrées alimentaires, logement social, travaux de rénovation notamment).
Le gouvernement envisage d'augmenter d'ici à 2009 ce taux de 5 points pour le porter à 25 %.
Le but de l'opération vise d'une part à obtenir des entreprises une baisse de leur prix de vente, en contrepartie de la baisse de leurs cotisations, et ce pour compenser l'impact de la hausse de la TVA pour les consommateurs. Et d'autre part à insuffler un effet "antidélocalisation" en réduisant le coût du travail.
Un impôt déguisé
Derrière les principes d'apparence prometteurs, la réalité est tout autre. Même si le Premier ministre se refuse à prononcer le mot, la TVA sociale est bien un impôt déguisé, le meilleur moyen -de ponctionner les contribuables puisqu'il est "inenvisageable d'augmenter l'impôt sur le revenu, l'ISF ou le taux de la CSG", comme le reconnaît Jean Arthuis, président UDF de la Commission des finances du Sénat.
La piste privilégiée par l'exécutif illustre surtout la marche arrière du gouvernement sur l'abandon des 35 heures promise par Nicolas Sarkozy pendant la campagne. Nombre d'études économiques l'ont démontré : cette mesure socialiste imposée sous la mandature Jospin a fortement pénalisé les entreprises françaises dans une économie mondialisée régentée par la concurrence. En effet, la réduction du temps de travail n'étant pas compensée par une réduction du coût du travail a conduit à une hausse des prix de vente et à une baisse de la compétitivité. Créer une TVA sociale permettrait de ne pas supprimer les 35 heures dont François Fillon, alors ministre du Travail et des Affaires sociales, considérait en 2003 qu'elles constituaient un "acquis social".
Les partisans de cette nouvelle TVA plaident par ailleurs l'effet "antidélocalisation" qu'elle provoquerait en réduisant le coût du travail par un allégement des cotisations patronales. L'approche paraît là aussi trompeuse. Outre que rien ne garantit que les entreprises diminuent leur prix de vente, la principale cause de l'anémie de l'économie française réside dans la politique de l'euro fort qui pénalise les entreprises exportatrices dont les produits se renchérissent par rapport à ceux de la zone dollar ou asiatique et les pousse à délocaliser hors de la zone euro pour rester compétitives.
À l'instar des 35 heures, l'euro reste un dogme auquel le gouvernement n'entend pas s'attaquer si ce n'est aux marges, préférant les artifices législatifs dont la TVA sociale est le dernier exemple.
Éric Domard National Hebdo
Shot at 2007-06-30



