Je ne me considère justement pas grand chimiste et pas assez sage pour parler de gouvernement.
Je suis encore élève et jamais je ne me considérerais encore maître de la question, ni même celui qui détient la raison du savoir ; raison pour laquelle je m'appuie sur des philosophes qui, eux, ont accédé après des dizaines d'années de réflexion à ce savoir suprême qu'est l'art de la philosophie.
Par ailleurs il est quelque peu étrange de citer Aristote comme argument nationaliste : si effectivement il avait une profonde affection pour le peuple grec, il ne considérait pas la Grèce Nationaliste et fermée aux cultures étrangères, mais plutôt la Grèce comme étant supérieure - par l'esprit - à toute autre civilisation ; ce qui était à son époque plutôt vrai et ce qui ne peut par conséquent se calquer sur notre société actuelle.
Rappelons tout de même la doctrine de Aristote avant qu'on se perde dans des interprétations faussées, je cite son ouvrage
La Politique :
L'unification de la société étant par trop poussée, de cité elle deviendra famille, et de famille individu : en effet, nous pouvons affirmer que la famille est plus une que la Cité, et l’individu plus un que la famille. Par conséquent, en supposant même qu’on soit en mesure d’opérer cette unification, on doit se garder de le faire car ce serait conduire la cité à sa ruine. La cité est composée non seulement d’une pluralité d’individus, mais encore d’éléments spécifiquement distincts.
Platon se rapprochait plus d'un sentiment nationaliste, de par son sentiment que l'individu est relié analogiquement à sa "cité".
Toutefois, Platon, Aristote, Euripide, Epicure, Hérodote, Thuricide (un qui rejoint les idées du Front) puis plus tard, Hobbes, Voltaire, Rousseau, Spinoza, Hegel etc. méprisaient le peuple - et froidement - car ils estimaient tous que la politique n'était qu'affaire de philosophes et ils prônaient un gouvernement éclairé, illuminé - pour les Lumières - par la philosophie. Platon s'est d'ailleurs fait condamner à la cigüe pour avoir influencé la jeunesse par cette doctrine. Le peuple ne pouvait réfléchir par lui-même car "trop occupé par l'ouvrage auquel on l'a assigné".
Ce qui est à la fois vrai et faux : vrai parce que, sans conteste, tout individu ne maîtrise pas du tout les enjeux qui gravitent autour de lui, faux parce que c'est de sa communauté dont il est question et que tout individu "éclairé" peut à chaque instant récupérer le pouvoir pour son propre compte.
Ma pensée politique n'est ni socialiste ni capitaliste, ni frontiste. En vérité, si mes affinités me rapprochent du socialisme, c'est parce que ma conviction ultime est que l'État ne doit rester État. L'État devrait œuvrer à sa propre destruction, dans le sens où il devrait contribuer à ne plus être nécessaire - le mal nécessaire de Rousseau.
Son rôle serait par conséquent d'oeuvrer pour le multi-culturisme à outrance : mélanger les peuples et désamorcer tout sentiment d'appartenance, pour que seul l'individualité persiste. Que les hommes vivent entre eux, par des liens sociologiques forts et par un multi-culturalisme omniprésent : l'absence de possession et d'appartenance annule le conflit. Tout est construit dans un but commun.
Bien entendu, cette pensée pourrait se rapprocher du communisme - voire très fortement - mais son application serait nettement différente ; puisque nous l'avons constaté, le communisme dans le monde n'a que très peu réussi dans les pays où il a été instauré ;).
Ce qui fait que cette pensée est une utopie et que je me retranche donc au socialisme, c'est que l'individu est un être fainéant : sa raison est débile (dans le sens de faible). Si elle a les moyens de réfléchir, tous les individus ne la développeront pas pour le bien commun ; et nous le constatons avec le nationalisme ou encore, avec les fonctionnaires de l'ex-URSS.
Mais, pour moi, l'État doit se conduire vers sa destruction - ou du moins, à sa disparition progressive pour de simples interventions exclusives.
FN-vite, tu verras que très peu d'intellectuels se sont encore réellement penchés sur la question, si ce n'est Tolstoï (et ce dernier a finalement opté pour une démarche communiste en préférant un Etat qui consolidait les liens sociaux entre les individus, pour justement éviter le caractère débile de l'individu).
Je vous vois cependant venir à grands pas avec des pancartes : ANARCHISTE.
Non, je ne fais pas non plus partie de ceux là. Ces derniers souhaitent la même finalité mais par d'autres moyens ; et tout bon théoricien sait que ce n'est pas la finalité qui compte mais le processus appliqué.
Eux voient la fin de l'État par sa destruction immédiate et perpétrée par le peuple. Moi, je vois la destruction progressive de l'État par l'État lui-même, ce qui est un poil différent, dans une logique de construction sociologique et identitaire.
Mais encore une fois, il serait très malvenu d'exposer mon propre point de vue sur la question. Si je cite les philosophes et les grands penseurs, parce que ce sont eux justement qui ont constitué le multi-culturisme et c'est encore eux, par exemple, que nous retrouvons dans notre culture qui se voudrait uniquement française. Pourtant nous avons le suisse Rousseau qui a œuvré pour cette culture, comme l'hollandais Spinoza est aujourd'hui le père de notre chrétienté moderne.
C'est encore une fois ce multi-culturisme qui fait ce que nous sommes ; le rejeter reviendrait à dire de rompre tous les liens qui nous attachent aux autres individus et donc de retomber dans un état sauvage.