De Charybde en Scylla, ou de Bush en Obama, la politique américaine à l'égard de la Turquie ne change pas : le nouveau président américain a répété début avril que cette nation musulmane et asiatique avait vocation à entrer dans l'Union européenne. Et si les Yankees se mêlaient de ce qui les regarde ?
Le concert universel de louanges ne pouvait durer toujours ! Populaire comme personne, car nul ne veut paraître bouder le premier homme de couleur élu à la présidence des États-Unis, le président Obama ne pouvait plaire à la fois à l'Europe et aux Turcs. Devant visiter Ankara après le G20 de Londres et le 60e anniversaire de l'OTAN à Strasbourg, il ne pouvait que plaider pour la candidature de la Turquie en rencontrant, le 5 avril à Prague, les membres de l'Union européenne. Il dut même le faire de façon appuyée pour arracher l'accord du premier ministre turc à la désignation de son homologue danois, Anders Fogh Rasmussen, comme secrétaire général de l'OTAN. Et insista encore le 6 avril devant le Parlement turc, qui l'ovationna : « Laissez-moi être clair : les États-Unis soutiennent fermement la candidature de la Turquie à l'UE. » Mais, compte tenu de l'opinion de leurs électeurs, pour les deux tiers hostiles à l'adhésion turque, les hôtes européens du président Obama ne pouvaient que réagir : « J'ai toujours été opposé à cette adhésion et je le reste », a rappelé le président Sarkozy. « La Turquie doit rester un partenaire privilégié », mais quant à son entrée dans l'Union, « C'est aux pays de l'UE d'en décider ».
Pourquoi le chef du gouvernement turc refusait-il le premier ministre danois ? Il lui reproche encore la publication de caricatures de Mahomet dans le Jyllandsposten. Une affaire ancienne, mais qui indigne toujours le monde musulman. L'incident souligne la situation fausse des Turcs au sein de l'OTAN. Il constitue un avertissement : leur admission dans l'Union européenne balaierait ce qui nous reste de liberté d'expression.
Comme si les États-Unis fusionnaient avec le Mexique
Précieux tant que subsista la menace d'une invasion soviétique de l'Europe, le concours de l'allié turc est la source d'un malaise croissant au sein de l'alliance depuis la fin de la guerre froide. Toutes les armées de l'OTAN, dont l'armée turque, de tradition laïque, font face au terrorisme islamiste, dont les États-Unis les appellent à combattre « la base » (el Qaïda) en Afghanistan. Il est de bon ton de nier que nous faisons face à un conflit de civilisations, en dépit du 11 septembre 2001 et de nombreux attentats, dont certains ont eu lieu en Turquie. Mais l'accès d'un parti islamiste au pouvoir dans la république laïque fondée par Ataturk a fait, à l'OTAN, l'effet d'une douche froide. Dans les bureaux de l'organisation du Traité de l'Atlantique Nord comme dans chacun de ses 38 comités, l'officiel turc est le personnage dont la présence éteint ou édulcore études et discussions. L'OTAN ne fait d'ailleurs que sauver les apparences depuis le jour de 2003 où la Turquie refusa aux forces américaines le passage vers Bagdad.
La Turquie n'occupe en Europe que des terres grecques envahies par ses forces en Thrace et à Chypre : une île dont elle s'obstine à occuper la partie Nord, ce qui augure mal de son comportement éventuel au sein de l'Union. Après la vague africaine déclenchée voici 32 ans pour complaire à Léonid Brejnev, l'admission de la Turquie amènerait en Europe une vague musulmane, asiatique cette fois, de nature à noyer l'Europe chrétienne. À bientôt 100 millions de Turcs d'Asie mineure, dont la jeunesse et les sans emploi se précipiteraient dans l'eldorado supposé de l'Europe, s'ajouteraient de nombreux migrants parmi les 200 millions de turcophones d'Asie centrale et orientale, à qui la constitution turque donne droit au passeport de la république turque. Appeler l'UE à s'ouvrir à ces populations équivaut à demander aux Etats-Unis de fusionner avec un Mexique qui offrirait son passeport à toute l'Amérique latine ! Encore la comparaison ne vaut-elle qu'au plan démographique, car les latino-américains, massivement chrétiens, ne posent pas du tout le même problème.
De surcroît, l'entrée de la Turquie dans l'UE nous couperait de la Russie, complémentaire de l'Union européenne et appelée à s'en rapprocher. Si Londres est favorable à l'admission de la Turquie, c'est clairement pour torpiller l'Union européenne et prévenir ce rapprochement. Est-ce aussi le calcul américain ? Le nouveau président des États-Unis voit dans la Turquie un problème plutôt qu'un auxiliaire. Il doit amadouer cet allié douteux, oppresseur des Kurdes et maître des eaux de la Mésopotamie, s'il entend se retirer en bon ordre d'Irak. Ce n'est pas à lui de lever l'ambiguïté. Elle durera autant que les négociations d'adhésion. Faut-il rappeler qui les conduit ? Deux anciens gauchistes, placés à la tête de l'exécutif et de la diplomatie de l'Union européenne par le président Clinton !
Bernard Cabanes monde & vie du 25 avril 2009
(avec l'aimable autorisation de monde & vie)
Turquie : Obama redessine l'Europe à la place des Européens
Re: Turquie : Obama redessine l'Europe à la place des Européens
Que ce mondialiste en chef s'occupe de ce qui se passe dans son pays et notamment de la multitude des miséreux qui s'y trouvent.
Nous savons, que sous la pression du lobise qui n'existe pas, il veut intégrer la Turquie à l'UE. Nous en connaissons aussi les raisons.
Nous ne sommes pas d'accord du tout et nous lui proposons de faire adhérer ce pays aux USA. Ca ne nous dérange pas du tout.
Obama: mêle toi de ce qui se passe chez toi et oublie nous.
Nous savons, que sous la pression du lobise qui n'existe pas, il veut intégrer la Turquie à l'UE. Nous en connaissons aussi les raisons.
Nous ne sommes pas d'accord du tout et nous lui proposons de faire adhérer ce pays aux USA. Ca ne nous dérange pas du tout.
Obama: mêle toi de ce qui se passe chez toi et oublie nous.
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