BRUNO GOLLNISCH « Maastricht dénature la démocratie. »

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Pat
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BRUNO GOLLNISCH « Maastricht dénature la démocratie. »

Messagepar Pat » 04/12/2008 - 11:45

Le vice-président chargé des affaires étrangères au Front national siège à Strasbourg : il analyse la façon dont cette assemblée empiète sur la souveraineté des nations, trahit les aspirations des peuples, rogne les libertés des élus qui ne se situent pas « dans la ligne » et se fourvoie, au bout du compte, dans une dérive idéologique qui mène au totalitarisme mou.
❏ National-Hebdo - On dit que 80 % des lois régissant la vie quotidienne des Français sont décidés par la Commission de Bruxelles. Pouvez-vous nous en dire plus ?
❍ Bruno Gollnisch -
C'est tout à fait exact : au cours de la dernière session du Parlement européen à Strasbourg, semaine du 2 au 6 mai, comparable en cela à toutes les prévisions de ce Parlement, on a adopté plus de 110 textes dont :
- Le rapport de M. Muntigh sur la conservation des oiseaux sauvages (corvidés) ;
- Le rapport Sarlis sur le jaugeage des citernes à ballast à bord des pétroliers à ballast séparés ;
- Le rapport de M. Lannoye sur la lutte contre les nuisances provoquées par les rayonnements non-ionisants ;
- Le rapport de Mme Belo sur les violations des droits de l'homme commises contre les femmes ;
- Le rapport Kühn sur la jouissance à temps partagé, (des biens immobiliers, en l'occurrence) ;
- Le rapport de Mme Jackson sur la sécurité des hôtels contre les risques d'incendie;
- Le rapport de M. Killiléa sur l'interaction entre les phoques et l'industrie de la pêche.
Et même, comble d'ironie, le rapport de M. Garcia Amigo sur la transparence du droit communautaire et la nécessité de sa codification... toutes choses qui relèvent, soit de la compétence nationale, soit du domaine de règlement administratif, présentées sous une forme confuse, absente, verbeuse.
L'Eurocratie assoiffée de pouvoir, aux mains des intérêts économiques multinationaux, prétend ainsi régir tous les aspects de la vie politique, économique, sociale, culturelle de nos nations, y compris dans ses aspects intimes ou moraux. Je devrais dire immoraux... !

❏ C'est-à-dire ?
N'a-t-on pas vu ce Parlement voter massivement pour le droit de chaque individu à choisir son sexe et à en changer, pour le mariage des homosexuels et l'adoption d'enfants par les pédophiles ? En une semaine à Strasbourg, on adopte plus de textes qu'en un an au Parlement français. Cela signifie que nous sommes dépossédés de notre souveraineté, terme abstrait, qui signifie notre liberté. On abuse encore les Français avec le décorum qui entoure les institutions parlementaires nationales. A chaque début de séance, les huissiers, en queue de pie et chaîne d'argent, viennent chercher le Président de l'Assemblée nationale dans l'Hôtel du marquis de Lassay. Entre une haie de gardes républicains, ils l'accompagnent jusqu'au «perchoir» tandis que roulent les tambours. Mais nous ne sommes plus que les détenteurs de 15 % du capital d'une société, anonyme dans tous les sens du terme, et de surcroît, en faillite.

❏ Cet état de fait, on le reproche souvent à l'influence grandissante des technocrates. Quand, et surtout comment, en sont-ils arrivés à prendre le pas sur les «politiques». Leur «triomphe» était-il inéluctable ?
Il faut être honnête. Ceux que j'appelle les «eurocrates» sont aussi nombreux et influents au Parlement qu'à la Commission. Il existe une espèce de micro-climat psychologique qui pousse nombre de députés européens à vouloir augmenter les compétences de l'Union européenne de façon illimitée, parce que cela augmente par contre-coup leur statut social et leur importance personnelle. Gustave Le Bon, dans son ouvrage célèbre, La psychologie des foules, avait consacré un chapitre aux Assemblées parlementaires. Il y aurait eu pour lui, à Strasbourg, un beau sujet d'observation ! Seuls, des hommes et des femmes animés d'une doctrine sûre, cohérente, et avertis des dangers de l'idéologie mondialiste, peuvent arrêter cette évolution. Je suis cependant optimiste : car, à l'instar de toute construction révolutionnaire qui fait violence à la réalité, la monstrueuse utopie maastrichienne est vouée à l'échec.

❏ La prépondérance de cette fameuse Commission vous paraît-elle inéluctable ?
Je suis favorable à la transformation de la Commission en un simple secrétariat du Conseil des ministres. Cela ne résoudrait pas tous les problèmes, mais ce serait un pas dans la bonne direction.

❏ En tant que député européen, à quelle occasion vous êtes-vous senti le plus utile à votre pays ?
Lorsque, à l'occasion d'une demande de levée de l'immunité parlementaire de Jean-Marie Le Pen, «coupable», selon le gouvernement socialiste, d'avoir dénoncé les machinations de Pierre Joxe dans l'infâme montage de Carpentras, j'ai dénoncé les principaux auteurs de ce complot, ainsi que les prétendus «intellectuels» antinationaux. Il fallait, je pense, que ces choses-là fussent dites.

❏ Et à quelle occasion vous êtes-vous senti le plus inutile ?
Lors de l'adoption des résolutions « contre la montée du racisme, du fascisme, de l'antisémitisme, de la xénophobie en Europe, etc, etc. » Il régna alors en cette enceinte, une atmosphère de tribunal révolutionnaire. La lâcheté vola au secours de l'abjection. Dans l'espoir de se dédouaner, les centristes « démocrates-chrétiens », les conservateurs, les libéraux, en rajoutèrent même sur la gauche.

❏ Malgré les divergences politiques, il se dessine en France une espèce de « cartel anti-technocratique ». Est-il à même de renverser la tendance actuelle et quelle part le Front national compte-t-il y prendre ?
Il faudrait le demander à ceux que vous incluez dans ce «cartel». Veulent-ils vraiment combattre le Système comme nous le faisons, ou ont-ils pour mission de donner à certains des électeurs de droite ou de gauche, une satisfaction ponctuelle, tout en les gardant à l'intérieur de ce Système ? C'est une question dont ni Jean-Pierre Chevènement ni Philippe de Villiers ne pourront faire l'économie. Mais je considère comme fondamentalement sain le fait que les thèmes du Front national soient au centre du débat. Nos adversaires le savent et s'en inquiètent.

❏ Pour parler vrai et pratique, quelle est, au Parlement européen, la marge de manœuvre du Groupe des droites européennes en général, et du Front national en particulier ?
En certaines circonstances, nous avons fait pencher la balance en faveur de nos paysans et de nos vignerons. Ce fut surtout le rôle de Jean-Claude Martinez, par exemple. Sur d'autres questions, moins controversées, on nous a reconnu une compétence débordant du cadre des clivages politiques traditionnels. Je pense à l'action de Jacques Tauran pour la protection des animaux. Il est par ailleurs certain que notre Président ou nos amis, Bruno Mégret, Yvan Blot en matière budgétaire, Martine Lehideux sur la famille et tant d'autres thèmes de société, Jean-Marie Le Chevallier sur l'immigration, Bernard Antony sur les grandes questions internationales, ou moi-même, plus modestement sur le respect du règlement, avons été la Vox clamens in deserto. La voix qui crie dans le désert. Mais n'est-ce pas celle de saint Jean-Baptiste, que les chrétiens d'Orient appellent le «Précurseur» ? L'hostilité de nos adversaires, qui ne pouvaient être gênés par notre petit nombre, montre bien à quel point ils détestaient que nous soyons là pour dire: « Le Roi est nu ! »

❏ Que vous inspire le succès de l'Alliance nationale en Italie, qui est parvenue à briser « l'encerclement médiatique » et devenir un parti de gouvernement. Serait-ce un exemple à suivre pour le Front national ?
Le succès de l'Alliance nationale - dont la principale composante est le Mouvement social italien - démontre, une fois de plus, qu'en politique, « le désespoir est une sottise absolue. » Il y a deux ans, il ne représentait pas plus de 4 % des voix. La « démocratie chrétienne », qui n'a d'ailleurs de chrétienne que le nom, et de démocrate que l'aspect maffieux, paraissait indestructible. Aujourd'hui, l'Alliance nationale a cinq ministres, et la démocratie chrétienne a été balayée par le scrutin majoritaire qu'elle avait mis en place pour éliminer ses adversaires. Je suis persuadé que la même chose se produira en France, plus tôt peut-être que ne le croient même nos amis !

❏ Quels seront vos rapports avec les prochains députés de l'Alliance nationale, alors qu'aujourd'hui, le « post-fascisme » semble plutôt regarder du côté du RPR que du FN ?
L'Alliance nationale fait partie d'une coalition. Elle doit donc tenir compte des exigences de ses partenaires. Je ne puis donc décrire avec certitude ce que seront, ou ne seront pas nos relations officielles. Mais pour ce qui est de nos relations personnelles, elles sont très bonnes, et je suis persuadé que le parcours de l'Alliance nationale - qui reste très difficile - contribue objectivement à briser l'encerclement idéologique que la gauche avait tenté d'édifier contre les droites nationales en Europe.
✍ Propos recueillis par Éric LAYLA National Hebdo du 2 au 8 juin 1994
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Re: BRUNO GOLLNISCH « Maastricht dénature la démocratie. »

Messagepar Candide » 05/12/2008 - 7:51

Très instructif sur le fonctionnement de la pieuvre mondialiste au niveau de l'UE. Toujours aussi excellent Monsieur BRUNO GOLLNISCH. Bravo.

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Re: BRUNO GOLLNISCH « Maastricht dénature la démocratie. »

Messagepar Prodeo » 26/12/2009 - 2:05

Pat a écrit :(...) Gustave Le Bon, dans son ouvrage célèbre, La psychologie des foules, avait consacré un chapitre aux Assemblées parlementaires. Il y aurait eu pour lui, à Strasbourg, un beau sujet d'observation ! (...)

Ce livre est gratuitement à votre disposition : ICI.
:wink:
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Re: BRUNO GOLLNISCH « Maastricht dénature la démocratie. »

Messagepar Miroir » 26/12/2009 - 10:02

Prodeo a écrit :
Pat a écrit :(...) Gustave Le Bon, dans son ouvrage célèbre, La psychologie des foules, avait consacré un chapitre aux Assemblées parlementaires. Il y aurait eu pour lui, à Strasbourg, un beau sujet d'observation ! (...)

Ce livre est gratuitement à votre disposition : ICI.
:wink:
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