Maastricht, c'est l'arme absolue des Américains.JC Martinez

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Maastricht, c'est l'arme absolue des Américains.JC Martinez

Messagepar Pat » 03/06/2008 - 19:36

« Maastricht, c'est l'arme absolue des Américains pour liquider l'économie européenne. »
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Le spécialiste des questions agricoles au groupe des Droites européennes explique comment les mécanismes technocratiques mis en place sous couleur de « construire l'Europe » démolissent, les unes après les autres, toutes les productions, engendrant le chômage.

National Hebdo - Rien de ce qui relève de la construction européenne ne semble trouver grâce à vos yeux. C'est également vrai pour feu le Marché commun?
Jean-Claude Martlnez - Je ne sais pas si le Marché commun était une bonne idée. Mais ce dont je suis sûr, c'est qu'il n'a produit que des effets catastrophiques. Les premiers accords, qui remontent à 1951, relatifs au charbon et à l'acier et qui devaient en harmoniser la production et le commerce, n'ont fait que conduire à la fermeture des puits de charbon et à la disparition de la sidérurgie française. Moyennant quoi, nous devons aujourd'hui importer du charbon australien et vietnamien, de l'acier américain où de l'Europe de l'Est.

- Et pour ce qui est de l'agriculture ?
- C'est encore pire. En 1962, suite au Traité de Rome, l'Europe a défini sa PAC, la fameuse politique agricole commune. Résultat des courses : de dérive en dérive, douze millions de paysans ont disparu en Europe, dont trois millions en France. Dans notre pays, une ferme disparaît toutes les quinze minutes. Et je ne parle même pas du désastre écologique auquel nous assistons : la mort de centaines de végétaux, la disparition de la moitié des abeilles qui compromet gravement le processus de « pollinisation ». Sans compter les élevages concentrationnaires, où l'on arrache le bec des poules afin d'éviter qu'elles ne s'entretuent, les quarante-cinq millions de poussins mâles qu'on broie vivants chaque année parce que l'on préfère garder les femelles à cause des œufs, la désertification des campagnes, etc.

- Pour ce qui est de l'agriculture, nous assistons à une 'espèce de spirale infernale voulant que l'on produise de plus en plus avec de moins en moins de gens. Ce processus est-il inéluctable ?
- Non. Rien n'est jamais inéluctable. Il suffirait d'appliquer le Traité de Rome qui avait institué le principe de préférence communautaire. Ça nous éviterait de voir les États-Unis d'exporter, chaque année, trois millions de tonnes de maïs vers l'Espagne et le Portugal, ou la Nouvelle-Zélande de faire de même avec deux cent milles tonnes de mouton, alors que nos élevages sont à l'agonie. Ça nous éviterait surtout d'avoir une agriculture totalement dépendante de l'Amérique du Nord ...

- C'est-à-dire ?
- C'est-à-dire que, à l'heure actuelle, les multinationales américaines détiennent le quasi-monopole des PSC, les produits de substitution céréaliers qui servent à nourrir le bétail européen. De plus, cette « nourriture », à base de résidus de maïs fermenté, a une haute teneur en alcool. Ce qui fait qu'en moins de dix ans révolus, nos vaches et nos bœufs sont littéralement alcooliques et qu'ils nous faut les abattre avant que la cirrhose du foie ne s'en charge. Mais le plus grave est qu'en cas de crise diplomatique avec les États-Unis suivie d'un embargo, l'Europe ne disposerait, en tout et pour tout, que de cinquante jours d'autonomie. Ça laisse rêveur quant à notre indépendance alimentaire !

- Cette situation surréaliste, on en impute souvent la responsabilité à la technocratie européenne. A Juste titre ?
- Oui, quand elle décrète qu'en l'an 2 000, l'Europe produira cent soixante-dix-huit millions d'hectolitres de vin et qu'à raison d'une baisse de deux pour cent annuelle de la consommation, nous aurons donc trente-cinq millions d'hectolitres en trop. Tout ça parce que cette moyenne a été calculée d'après l'année des meilleures récoltes, sans tenir compte des autres ! Toujours est-il que forts de ces conclusions, ils préconisent d'arracher sept cent mille hectares de vigne. Vous savez, moi qui suis du Languedoc-Roussillon, le plus grand vignoble du monde avec trois cent mille hectares, cela signifierait que mon département serait quasiment transformé en désert. Cela dit, arrêtons un peu avec cette obsession de la Commission de Bruxelles. Après tout, ils ne sont jamais que vingt-trois mille, ce n'est qu'un rideau de fumée permettant aux hommes politiques de ne pas assumer leurs responsabilités.

- Justement, ces politiques, on les sent quelque peu aveuglés par leur « monomanie » européenne. Quelle explication donnez-vous à cet aveuglement ?
- Tout d'abord, je pense que la première est d'ordre sentimental. La génération des pionniers de l'Europe a connu la Seconde Guerre mondiale, d'où le besoin de fonder un système susceptible d'éviter le renouvellement de tels massacres. Ce sentiment était bien évidemment légitime. Mais ce n'est pas la seule explication, surtout pour la nouvelle génération d'européistes qui n'a pas connu les affres de ce conflit. La raison, je crois qu'il faut aller la chercher du côté des États-Unis, qui avaient intérêt à ce que l'Europe s'ouvre au libre-échangisme, à ce qu'elle s'ouvre il leurs marchés tout en nous prenant les notres.

- Soyez plus précis ...
- On a toujours présenté Jean Monnet, le père de l'Europe, comme un bon négociant en cognac, un homme du terroir ... On oublie plus souvent qu'il a commencé sa carrière en tant que directeur de la plus grande banque de San Francisco.
Comme on néglige le fait que ce n'est pas lui qui a lancé l'idée de la Communauté européenne. mais le général Marshall, lors d'une conférence donnée après-guerre à l'université de Harvard. Je pense, j'affirme même, que dans cette affaire, Jean Monnet n'a été que le jouet des Américains qui, dès 1339, intriguaient pour nous chasser de nos colonies et briser l'empire français. Jean Monnet, donc, arrive en France après la guerre doté de moyens financiers considérables.

- Dont il se sert pour ...
- ... Influencer les élites, leur instiller le «virus» européen. A l'époque, tout ce que la France comptait de démocrates-chrétiens et autres ancêtres des actuels CDS et UDF, ont été formés au siège de Jean Monnet, avenue Foch. A ce propos, je vais vous compter une anecdote. Maurice Duverger, député européen avec lequel j'entretiens des rapports de bon voisinage, m'a avoué qu'à l'époque où il était professeur à Bordeaux et qu'il venait enseigner à Sciences-politiques, il logeait au domicile parisien de Jean Monnet. Lequel lui prêtait même ses pyjamas ! C'est qu'il avait du flair, Jean Monnet, il avait repéré l'étoile montante, celle qui finirait éditorialiste au Monde, devenant ainsi l'un des plus ardents défenseurs de l'Europe de ... Jean Monnet. C'est ainsi que par capillarité, toutes les élites françaises ont, peu à peu, été conquises à l'euro-fédéralisme. Un temps, le parti gaulliste a résisté, le point d'orgue ayant été le fameux appel de l'hôpital Cochin lancé par Jacques Chirac. Mais c'était il y a longtemps. Depuis, le RPR a fini par céder aux sirènes européennes.

- Pourquoi ?
- Parce que rares sont les gens qui ont le courage de résister à la pression médiatique, à ces journalistes qui font passer pour archaïques tous ceux qui refusent le principe du libre échangisme mondial. N'oubliez pas que c'est une véritable guerre économique que les États-Unis nous ont déclarée. Ce qui est d'ailleurs intéressant, c'est que, à chaque fois, on peut observer les mêmes phénomènes. Quand, par exemple, dans les années 50, les Américains ont décidé de se lancer dans l'élevage intensif, ils ont obligé les dirigeants brésiliens, sur lesquels ils avaient l'influence que vous savez, à ensemencer du soja dans la partie sud de leur territoire. Le résultat, vous le connaissez : la désertification des campagnes, les paysans locaux ruinés, affamés, n'ayant d'autre choix que de se masser aux abords des grandes agglomérations pour survivre dans d'immondes bidonvilles. Une situation qui, vous l'avouerez, n'est pas si éloignée de celle que nous connaissons en France.

- Les Américains prônent l'ouverture des frontières pour les autres alors qu'ils sont les premiers à pratiquer un protectionnisme intransigeant. Pour autant, le libre-échangisme n'est-il pas inévitable ? Ne sommes-nous pas contents de vendre nos TGV, nos métros ou nos systèmes de communication ?
- Je répondrai à cette question par une autre question: est-il forcément nécessaire de vendre et de conquérir de nouveaux marchés. Est-ce vraiment un but pour un homme dont la vie ne compte que soixante-dix mille heures? Dans le fond, ne trouvez-vous pas tout ça un rien dérisoire? D'accord, nous avons conquis des marchés, mais pendant que nous en prenons aux autres, il y en a toujours d'autres qui nous en prennent. Est-ce intéressant pour la France de vendre un TGV à la Corée du Sud quand, dans le même temps, huit côtelettes de mouton sur dix viennent de Nouvelle-Zélande ? Et puis, il ne faut pas se leurrer: il chaque fois que l'on conquiert un marché à l'étranger, c'est à coups de subventions. Le TGV coréen, nous l'avons vendu en échange de transfert de technologie, et quand les Américains nous enlèvent le négoce du beurre et du lait en poudre dans le Maghreb, c'est tout aussi artificiel, c'est encore grâce à des subventions.

- Et les effets sur le chômage ?
- Mathématiques. En France, nous avons cinq millions de chômeurs réels. Et onze mille entreprises françaises salarient deux millions d'hommes à l'étranger par le biais des délocalisations. Cherchez l'erreur.
Propos recueillis par Éric LAYLA : National Hebdo du 26 mai au 1er juin 1994
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Que les hommes d'arme bataillent et que Dieu donne la victoire! (Jeanne d'Arc) Patriotiquement votre.

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