Or l'adhésion de l'un des plus vastes pays musulmans d'Asie Mineure et la Constitution européiste sont les deux avatars de la pensée fédéraliste. Il n'est pas innocent que le texte soumis au référendum précède celui - beaucoup plus incertain - qui devra avaliser l'adhésion turque dans dix ou quinze ans.
Constitution euro-turque
En effet, la Constitution, que ses inspirateurs appellent européenne, est d'abord une Constitution euro-turque. Rédigée sur mesure pour faciliter l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne. On y a gommé toutes références aux racines chrétiennes de l'Europe pour permettre l'adhésion de la Turquie, et demain celle des pays du Maghreb. Un préambule qui s'apparente déjà à un renoncement face à des nations musulmanes qui refusent, elles, de renoncer à leur héritage religieux et culturel. On y encourage l'islamisation rampante des sociétés européennes en donnant à "chacun le droit de manifester sa religion individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par le culte, l'enseignement, les pratiques, l'accomplissement des rites" (article 11-70). On supprime la notion de frontières géographiques, levant ainsi l'obstacle à l'adhésion d'un pays dont 95 % du territoire se trouve en Asie Mineure. Dans une Union qui abandonne la règle de l'unanimité pour la majorité qualifiée (1), on offre à la Turquie un poids politique prépondérant en donnant aux pays les plus peuplés un rôle majeur dans les institutions européennes. Dans l'Europe de Chirac, Ankara pourra bloquer 75,6 % des décisions au Conseil européen contre seulement 55,7 % pour la France.
La Turquie associée
Pas étonnant dès lors que le Premier ministre turc Recep Tayep Erdogan ait signé des deux mains l'Acte final d'une Constitution qui déroule à son pays un véritable tapis rouge pour l'adhésion à l'Union européenne.
Rien n'aura été laissé au hasard. Pas même la symbolique historique avec le choix chiraquien du 29 mai pour la tenue du référendum. Il y a près de six siècles, le 29 mai 1453, Constantinople, qui avait résisté à deux sièges tombait aux mains du sultan ottoman Mehmet II. Dans la foulée, la cathédrale Sainte-Sophie était transformée en mosquée et une partie de l'Europe passait sous domination ottomane.
NON à la constitution = NON à la Turquie
Contrairement à ce qu'affirment les européistes pour rassurer l'opinion, l'adoption de la Constitution européenne reste indissociable de l'adhésion turque et le processus deviendra irréversible si les Français =nc1enchent l'infernale mécanique d'implosion des nations européennes en votant OUI le 29 mai prochain.
Il faut garder à l'esprit que chaque fois que des négociations ont été ouvertes entre l'Union européenne et des États candidats, elles ont systématiquement abouti à l'adhésion des pays candidats. La Turquie ne dérogera pas à la règle. La Constitution lui offre toutes les garanties qu'elle avait exigées, à savoir ne renoncer ni à ses racines musulmanes ni à ses traditions ni à son héritage en entrant dans un magma fédéraliste qui, lui, a abdiqué sa souveraineté, sa liberté et son identité.
Pas d'abstention!
Les Français qui seraient tentés de s'abstenir le 29 mai seraient bien inspirés d'y réfléchir à deux fois. Si la Constitution européenne est adoptée, ils devront faire face à une immigration massive que rend possible l'article 1-4 qui consacre le droit des ressortissants des pays de l'Union européenne à s'installer librement où ils veulent.
Pour toutes ces raisons qui engagent l'avenir de la France en tant que nation libre et souveraine, le vote NON doit être un vote réflexe. En rejetant la Constitution européenne, les Français rejetteront l'adhésion de la Turquie. C'est tout le sens du référendum du 29 mai.
Éric Domard
(1) Pour qu'une décision soit adoptée à la majorité qualifiée, il suffira qu'elle recueille l'approbation de 55 % des États représentant 65 % de la population de l'Union européenne.


Ce qu'en pense Jean-Marie Le Pen
Le 29 septembre 2004, lors d'une conférence de presse au Parlement européen,Jean-Marie Le Pen a rappelé son opposition à l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne et a dénoncé la nocivité d'une Constitution adaptée aux exigences ottomanes.
"(...) En plus des raisons d'ordre historique, géographique, culturel, moral ou religieux, il y a une raison d'ordre constitutionnel qui plaide contre l'adhésion de la Turquie. Il est facile de comprendre qu'un pays qui a aujourd'hui 70 millions d'habitants et qui en aura 100 millions dans vingt ans sera un acteur majeur dans l'Europe de demain ; en effet son poids politique sera proportionnel à son importance démographique puisqu'avec la nouvelle Constitution européenne (si elle est adoptée, ce qu'à Dieu ne plaise !) les droits de vote seront alignés sur la population et la Turquie aura 20 % des voix au Conseil, loin devant la France; il en ira de même au Parlement européen où le nombre de sièges attribués à la Turquie dépassera celui de l' Allemagne. Au Conseil des ministres, la Turquie pourra facilement constituer une minorité de blocage avec trois autres pays et l'on peut prévoir un axe Berlin-Londres-Ankara sur lequel viendront se greffer un certain nombre de pays satellites.
La France sera alors hors-jeu et tenue pour quantité négligeable. Sa seule "ambition" sera de contribuer au financement du budget communautaire et au développement économique de l'Anatolie.
Voilà les conséquences politiques et institutionnelles de l'élargissement de l'Union européenne à la Turquie"
avril 2005 - Français d' Abord






