Les points communs entre le sommet de l'OMC à Hong -Kong et celui de l'Union européenne à Bruxelles sont bien visibles, et peuvent se résumer très simplement : dans l'un comme dans l'autre cas, on a abouti à un accord pour éviter d'assumer un nouvel échec. Le contenu de l'accord importe peu, si tant est qu'on puisse y trouver un contenu, mais à Bruxelles il fallait absolument terminer l'année (et la présidence britannique) sur une décision positive qui gomme un peu le désastre de la Constitution européenne ; et à Hong Kong il fallait absolument éviter que ne se reproduise le désastre de Cancun.
Les commentaires s'arrêtent trop souvent à ce constat. Or il ne sert à rien de gloser sur le verre à moitié plein et le verre à moitié vide, ou sur les réactions très mesurées des principaux dirigeants, qui tranchent en effet sur les déclarations lyriques que l'on entend généralement en de telles circonstances. Il y a un point commun qui passe inaperçu, et qui est pourtant essentiel. Il s'agit d'une date, et cette date c'est 2013. Il se confirme qu'il s'agit de la date de l'acte final du génocide paysan.
L'autosuffisance alimentaire à la trappe
A Hong Kong, les 149 membres de l'OMC (rappelons que l'un de ces membres s'appelle "Union européenne" ,et donc que la France n'y existe pas en tant que telle, malgré l'agitation médiatique de certains ministres ) ont décidé que les subventions agricoles à l'exportation seraient totalement supprimées en 2013. La date initiale était 2010, et elle figure toujours dans le texte, mais comme un vœu pieux : une part « substantielle » des subventions devront être supprimées dès 2010, mais comme dit le commissaire à l'Agriculture, il reste à définir ce que veut dire "substantiel". Tandis que 2013 est la date couperet, que l'Union européenne a fait accepter.
La portée directe de cette décision est en fait très limitée. Les aides européennes aux exportations agricoles ne représentent plus que 5 % du montant total des subventions agricoles européennes, contre 25 % en 1992. Le seul élément :notable est donc la date de 2013. Il se trouve que c'est aussi celle que l'on trouve dans l'accord de Bruxelles: le but était de définir le budget européen 2007-2013. Or l'année 2013 est, d'autre part, la dernière année pour laquelle le budget de la PAC est prévu : la politique agricole commune, dans sa version "réformée" de 2003, s'arrête à 2013.
On a un peu l'impression d'une secte , annonçant une date précise et proche pour la fin du monde. Et il s'agit bien : de la fin du monde agricole. Du monde paysan, dont la disparition est programmée depuis le début de la construction européenne avec la complicité des organisations syndicales.
Pour les idéologues mondialistes, il faut que les produits agricoles soient comme les autres produits, soumis aux même règles de concurrence. Mais c'est une aberration. Le bœuf charolais ne peut pas être mis sur le même plan que le lecteur DVD japonais. De façon plus fondamentale, la production agricole vivrière doit être considérée comme un trésor national. Dénonçant précisément les manigances de l'OMC, le président de la chambre d'agriculture de Bretagne déclarait tout récemment: « On ne peut pas faire du tout libéral en matière alimentaire. L'autosuffisance alimentaire est totalement indispensable.»
Jeudi dernier, Jean-Marie Le Pen faisait sienne cette déclaration, qui correspond à ce qu'il a toujours dit sur la nécessité absolue, et qui devrait être évidente pour tout le monde, de l'autosuffisance alimentaire de la nation. C'était dans le communiqué par lequel il commentait la baisse de 10 %, en 2005, du revenu agricole moyen. Cette annonce de la chute du revenu agricole, intervenant précisément au moment des négociations de l'OMC, et à la veille du sommet européen, venait « rappeler aux distraits que se poursuit le génocide paysan », soulignait le président du Front national, ajoutant : « Rarement aura été aussi visible, aux yeux de tous, le fossé entre l'Europe d'en haut, celle des agents et des clients de la finance internationale; et la France d'en bas, celle des travailleurs qui font vivre leur peuple. »
A Bruxelles et à Hong Kong, l'année 2013 a été tranquillement définie, par les agents et les clients politiques de la finance internationale, comme la date satisfaisante d'un crime contre l'humanité.
Les peuples pris en tenaille
Pour les vrais idéologues du mondialisme, toutefois, ce retard est inadmissible. Il faudrait en finir tout de suite, une fois pour toutes. Il est significatif que le seul éditorial un peu virulent, dans les quotidiens français, ait été celui du journal économique La Tribune, dénonçant les « égoïsmes nationaux »qui ont « une nouvelle fois triomphé » à Bruxelles, et la « bataille d'égoïsmes »qui a eu lieu à Hong Kong, entre « l'égoïsme des pays riches »et« l'égoïsme des grands producteurs agricoles comme l'Australie, le Brésil ou le Canada ». On a oublié la solidarité qu'on évoque si souvent, et l'on« prive d'espoir les deux milliards d'êtres humains les plus démunis ».
Vous avez bien lu. Le quotidien capitaliste, qui appartient au groupe de luxe LVMH, se préoccupe du sort des pauvres. Non pas des paysans français et européens les plus pauvres, qu'il faut au contraire éliminer au plus vite, mais des plus démunis de l'hémisphère sud. Il le fait avec les mêmes mots que les altermondialistes, et se fait en quelque sorte leur porte-parole.
Ce n'est pas une surprise. Pour rester dans le domaine agricole, on peut constater Gomment une multinationale comme Monsanto bâtit de la même façon sa propagande pour les OGM, en expliquant que ses inventions vont permettre à des millions et des millions de malheureux de pouvoir enfin manger à leur faim, alors qu'il s'agit simplement de prendre le contrôle des semences mondiales et de faire des paysans du tiers monde, donc de leurs Etats respectifs, des clients obligés et permanents de la firme (car ces semences ne sont pas réutilisables).
Les altermondialistes critiquent sévèrement cette politique de Monsanto, mais appuient de toutes leurs forces le processus de libéralisation du commerce mondial, en faisant semblant de ne pas voir le lien.
Ainsi fait-on une synthèse, hypocrite et mensongère, entre le libéralisme le plus débridé et le tiers-mondisme le plus marxiste. C'est le fruit de la dialectique des forums théoriquement antagonistes de Davos et Porto Alegre, le "mondialiste" et l"'altermondialiste", dont les appellations suffisent à montrer qu'il s'agit des deux faces d'une même idéologie. Ce sont en fait les deux bras d'une même tenaille destinée à broyer les peuples. Ceux du tiers monde comme ceux d'Europe. Au nom de la solidarité. Bien sûr.
Y.D. daoudal@fr.oleane.com National Hebdo février 2005
le génocide de 2013
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POUR LES PAYSANS, LE PIRE EST À VENIR!
La commission européenne a annoncé ses projets " d'aménagement" de la trop fameuse PAC_Politique Agricole Commune, responsable de la destructions de très nombreuses exploitations françaises. Les mesures envisagées sonneraient, en cas de mise en oeuvre, le glas de la paysannerie française. Au point que même Michel Barnier, le ministre de l'Agriculture de Sarkozy, européiste zélé, s'est cru obligé de prendre ses distances avec elle.
La Commission de Bruxelles a examiné l'avenir de la PAC le 20 novembre. En fait de réforme, il ne s'agit que de l'extension des mesures de 2003. Les aspects techniques du dossier, mis en avant et fort complexes, masquent la réalité des erreurs colossales des eurocrates.
Dans un contexte mondial de hausse permanente des cours des produits alimentaires et de pénurie dans certains secteurs, comme en France, on attendait des mesures d'urgence, par exemple la suppression des jachères, un non-sens dangereux en soi, devenues paradoxalement une nécessité au fil des ans pour une partie de notre ruralité, du fait des subventions.
Au nom de« l'environnement », les jachères seront sans doute supprimées, mais par paliers, « de manière graduelle », vers 2015 ou plus.
Le manque de lait ? Les quotas_ seront certes augmentés, mais pas supprimés, et cela se fera à un train de sénateur, là aussi à l'horizon 2015, dans sept ans, alors qu'il y a urgence.
Subventions et primes en diminution
Même les céréaliers français, soutiens électoraux du RPR, puis de l'UMP, jusqu'ici épargnés dans l'ensemble par l'Europe verte, ont du souci à ce faire. Les « découplages » vont croître, ce qui signifie, lorsqu'on parvient à percer le fatras des dispositions byzantines, que les subventions et autres primes vont diminuer de façon drastique.
Autre disposition très grave, la décision de principe de supprimer tous les droits de douane à l'entrée en Europe pour les céréales exotiques. Au prix nettement plus bas que nos productions. D'où un double effet de ciseau : d'une part, l'exportation de nos céréales se réduira, et de l'àutre, elles seront concurrencées sur notre marché intérieur.
Face à de telles propositions, Barnier a été contraint de réagir verbalement. Derrière des propos énergiques, sa prise de position reprenait en fait toutes les suggestions de la Commission pour une agriculture plus « environnementale »que de production. A des questions précises sur les quotas laitiers, le ministre a répondu par des considérations sur les fluctuations du climat.
Profondes divergences
Les syndicats agricoles, sous l'emprise de décennies de subventions, ont affirmé leur opposition à la Commission, sans définir une autre politique, nécessairement nationale, surtout depuis l'extension à 27 pays de l'Union européenne.
Le 26 novembre, les ministres de l'Agriculture de l'UE ont étalé de profondes divergences, dissimulées par des propos lénifiants en direction de l'opinion. Un constat s'est dégagé : la ligne nouvelle des eurocrates implique de morceler les grandes exploitations, après près d'un demi-siècle de concentration. Or, les paysans sont partout devenus rares.
Au même moment, les querelles entre Etats européens s'exacerbent. L'Espagne attise les difficultés françaises de production de lait, en en achetant de grandes quantités, qui manquent sur le marché national. D'où des hausses substantielles à prévoir, en plus, pour les consommateurs français. L'affaire des OGM donne lieu par ailleurs à de sévères règlements de comptes à Bruxelles. Et ainsi de suite.
Ce n'est qu'en mai 2008 que les choses seront vraiment mises à plat devant la Commission au moment où la présidence de l'UE sera française.
On le sait, Barnier, et Sarkozy souhaitent un renforcement du centralisme bruxellois en matière agricole.
Le gâchis présent suggèrerait plutôt un retour le plus rapide possible au cadre national, pour des échanges internationaux équilibrés. Seul moyen de répondre aux besoins de nos concitoyens.
Alexandre MARTIN National Hebdo 6 décembre 2007
La commission européenne a annoncé ses projets " d'aménagement" de la trop fameuse PAC_Politique Agricole Commune, responsable de la destructions de très nombreuses exploitations françaises. Les mesures envisagées sonneraient, en cas de mise en oeuvre, le glas de la paysannerie française. Au point que même Michel Barnier, le ministre de l'Agriculture de Sarkozy, européiste zélé, s'est cru obligé de prendre ses distances avec elle.
La Commission de Bruxelles a examiné l'avenir de la PAC le 20 novembre. En fait de réforme, il ne s'agit que de l'extension des mesures de 2003. Les aspects techniques du dossier, mis en avant et fort complexes, masquent la réalité des erreurs colossales des eurocrates.
Dans un contexte mondial de hausse permanente des cours des produits alimentaires et de pénurie dans certains secteurs, comme en France, on attendait des mesures d'urgence, par exemple la suppression des jachères, un non-sens dangereux en soi, devenues paradoxalement une nécessité au fil des ans pour une partie de notre ruralité, du fait des subventions.
Au nom de« l'environnement », les jachères seront sans doute supprimées, mais par paliers, « de manière graduelle », vers 2015 ou plus.
Le manque de lait ? Les quotas_ seront certes augmentés, mais pas supprimés, et cela se fera à un train de sénateur, là aussi à l'horizon 2015, dans sept ans, alors qu'il y a urgence.
Subventions et primes en diminution
Même les céréaliers français, soutiens électoraux du RPR, puis de l'UMP, jusqu'ici épargnés dans l'ensemble par l'Europe verte, ont du souci à ce faire. Les « découplages » vont croître, ce qui signifie, lorsqu'on parvient à percer le fatras des dispositions byzantines, que les subventions et autres primes vont diminuer de façon drastique.
Autre disposition très grave, la décision de principe de supprimer tous les droits de douane à l'entrée en Europe pour les céréales exotiques. Au prix nettement plus bas que nos productions. D'où un double effet de ciseau : d'une part, l'exportation de nos céréales se réduira, et de l'àutre, elles seront concurrencées sur notre marché intérieur.
Face à de telles propositions, Barnier a été contraint de réagir verbalement. Derrière des propos énergiques, sa prise de position reprenait en fait toutes les suggestions de la Commission pour une agriculture plus « environnementale »que de production. A des questions précises sur les quotas laitiers, le ministre a répondu par des considérations sur les fluctuations du climat.
Profondes divergences
Les syndicats agricoles, sous l'emprise de décennies de subventions, ont affirmé leur opposition à la Commission, sans définir une autre politique, nécessairement nationale, surtout depuis l'extension à 27 pays de l'Union européenne.
Le 26 novembre, les ministres de l'Agriculture de l'UE ont étalé de profondes divergences, dissimulées par des propos lénifiants en direction de l'opinion. Un constat s'est dégagé : la ligne nouvelle des eurocrates implique de morceler les grandes exploitations, après près d'un demi-siècle de concentration. Or, les paysans sont partout devenus rares.
Au même moment, les querelles entre Etats européens s'exacerbent. L'Espagne attise les difficultés françaises de production de lait, en en achetant de grandes quantités, qui manquent sur le marché national. D'où des hausses substantielles à prévoir, en plus, pour les consommateurs français. L'affaire des OGM donne lieu par ailleurs à de sévères règlements de comptes à Bruxelles. Et ainsi de suite.
Ce n'est qu'en mai 2008 que les choses seront vraiment mises à plat devant la Commission au moment où la présidence de l'UE sera française.
On le sait, Barnier, et Sarkozy souhaitent un renforcement du centralisme bruxellois en matière agricole.
Le gâchis présent suggèrerait plutôt un retour le plus rapide possible au cadre national, pour des échanges internationaux équilibrés. Seul moyen de répondre aux besoins de nos concitoyens.
Alexandre MARTIN National Hebdo 6 décembre 2007
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