TRAITÉ SIMPLIFIÉ EUROPÉEN : la classe politique complice

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Pat
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TRAITÉ SIMPLIFIÉ EUROPÉEN : la classe politique complice

Messagepar Pat » 29/07/2007 - 20:01

Il n' y aura pas de Constitution européenne mais un traité simplifié débarrassé des signes extérieurs de fédéralisme trop visibles. Mais pour ses partisans, l'objectif reste le même:
la construction par étapes et sans l'aval des peuples, d'une Europe supranationale.


A l' arraché. Au bout de la nuit, l'Allemagne a fini par mettre d'accord ses 26 partenaires avant de passer le flambeau de la présidence européenne au Portugal. Le 22 juin 2007, l'Europe des gouvernants s'est offert un nouveau traité sur le dos des peuples.
Exit la Constitution rejetée en 2005 par deux pays majeurs de l'Union européenne, remplacée par un traité simplifié ou mini traité, qui est en définitive "un petit manuel de tromperie des électeurs, puisqu'on y réintroduit la totalité de la Constitution" (Bruno Gollnisch).
Tout aura été parfaitement planifié dans les moindres détails. De cette réunion à Madrid en janvier 2007, des pays partisans de la Constitution (sans que cela ne choque à l'époque le candidat Sarkozy) au Conseil européen du 21 et 22 juin qui s'est emparé du sujet au motif que "si les quatre cinquièmes des États membres ont ratifié ledit traité et qu'un ou plusieurs États membres ont rencontré des difficultés pour procéder à leur ratification, le Conseil européen se saisit de la question". Or le refus d'autoriser la ratification par deux peuples souverains ne peut être considéré comme une "difficulté". C'est l'expression de la souveraineté du peuple définie par la Constitution française comme étant exclusive.
Contrairement à ce qui a été affirmé depuis le printemps 2005, les Non français et néerlandais n'ont pas ouvert une "crise en Europe", ni empêché l'Europe de fonctionner ou d'adopter des textes législatifs d'une importance capitale comme la directive "Services", le règlement "Reach", les perspectives financières 2007-2013 ou encore la réforme de la réglementation sur les marchés publics.

Contre les peuples

Mais pour la première fois, l'Europe fédérale qui se veut démocratique aura délibérément tourné le dos aux peuples et ignoré leur souveraineté.
L'escroquerie politique que constitue le traité simplifié est une marche en avant sans l'aval des nations, vers une Europe supranationale. Pour preuve, comme le souligne Bruno Gollnisch, "cette recommandation écrite de la chancelière allemande, Angela Merkel, aux chefs d'État et de gouvernement qui stipulait: gardons sa substance et changeons le vocabulaire".
Et, de fait, le texte adopté par le Conseil européen est un succédané de la Constitution rejetée par la France et les Pays-Bas en 2005.
On y retrouve les mesures tant décriées par les peuples: un président élu pour deux ans et demi qui remplacera la présidence tournante de six mois confiée à chaque nation et affirmera un peu plus la fédéralisation du pouvoir, la nomination au Conseil européen d'un "Haut représentant pour les Affaires étrangères et la Sécurité", appelé à devenir un super ministre des Affaires étrangères et qui mira vocation, comme le souhaite l'Allemagne, d'occuper le siège détenu par la France au Conseil de sécurité des Nations unies.
La Charte des droits fondamentaux (regroupant 54 articles sur les droits politiques et sociaux) conservera son caractère juridiquement contraignant et le champ des décisions prises à la majorité qualifiée sera étendu à une quarantaine de nouveaux domaines à l'instar de la coopération judiciaire et policière (porte ouverte à une police fédérale), relevant jusqu'à présent des pouvoirs régaliens de chaque État. Enfin, si le texte renforce en apparence les pouvoirs des Parlements nationaux (ces derniers disposeront désormais de huit semaines pour s'opposer à des actes européens empiétant sur leurs compétences), le traité simplifié réaffirme la supériorité de la législation européenne sur les législations nationales, consacrant la voie fédérale choisie par les dirigeants européens, Nicolas Sarkozy en tête.

FdA n°429 Août 2007
Dernière édition par Pat le 17/11/2007 - 21:32, édité 2 fois.
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Candide
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Messagepar Candide » 29/07/2007 - 20:21

Escroquerie politique ? Même pas en fait.

Les moutons savent. Rien n'a été caché par les satrapes qu'ils ont mis au pouvoir.

C'est la fleur au fusil qu'ils vont à l'abattoir.

En résumé, les peuples ne veulent pas de cette Europe, mais les groupes de pressions la veulent.

Ces derniers l'emporteront probablement après avoir bien abruti les électeurs et c... Qui paient.

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Messagepar Pat » 15/11/2007 - 16:58

Le traité qui ignore le non de 2005

« Il n'y aura pas de constitution nouvelle», avait promis le président Sarkozy. Mais alors qu'à la tribune du "sommet " européen de Lisbonne, il se donnait les gants de tirer l'Union européenne de « dix ans d'imbroglio institutionnel », '' l'eurocratie '' soupesait avec satisfaction son traité simplifié pour constater avec Jean-Louis Bourlanges: « toute la constitution est là; il n'y manque rien » .

Simplifié vraiment? Je compte 3000 pages. Ce texte reprend l'essentiel de la constitution giscardienne. Le compromis annoncé n'existe pas. Aucune concession n'est faite aux peuples français et néerlandais qui ont repoussé la constitution européenne. Aucune aux souverainistes en dépit de la contre-offensive du pouvoir polonais, défenseur de la vie contre la "culture de mort " dénoncée par Jean-Paul II. La pompe seule a disparu: drapeau repris de la Médaille miraculeuse et hymne à la Joie. Plus de referendum! Les majorités hostiles sont ignorées. S'affirmant comme l'homme qui contourne l'obstacle (celui des peuples), le président Sarkozy espère faire de la France le premier pays à ratifier ce « traité simplifié » par le seul Parlement, « en décembre 2007 » avant de le mettre en application en prenant la présidence de l'Union au 2e semestre 2008. Le tour de passe-passe comble Bruxelles, qui se demande toutefois comment il s'iruposera à lui-même les règles qu'il viole allègrement en renvoyant à 2012, à Paris, (2010 à Bruxelles) la réduction de nos multiples déficits et de l'endettement qu'ils génèrent. Le « traité siruplifié » dont il revendique la paternité sera pour lui, à l'évidence, d'une application difficile. Ce texte fait de l'Union européenne une fédération à laquelle les puissances véritables imposeront des dispositions qui nous engageront. Il transformera en ambassades de cette puissance supposée les 118 bureaux de l'Union européenne (DE) dans le monde. Il donnera au vice-président de la Commission européenne, institué Haut représentant de l'Union pour la politique étrangère, le moyen de faire appliquer le titre V du traité de Maastricht qui fait obligation aux Etats de « veiller à la conformité de leurs politiques nationales avec les positions communes » .

Le compromis de Luxembourg est enterré. La règle de l'unanimité abandonnée, les décisions seront prises à la« majorité qualifiée» dans 70 domaines, dont 51 nouveaux parmi lesquels figure celui de l'énergie. Cela alors que nous dépendons de l'électricité nucléaire, que nous exportons cette forme d'énergie et les moyens de la produire. N'en déplaise aux ayatollahs de notre" Grenelle de l'Environnement ", c'est la seule alternative aux carburants fossiles en attendant la fusion contrôlée de l'atome. Le « traité siruplifié » met cette capacité à la merci de commissaires sensibles aux nombreux ennemis de l'atome au sein de l'Union.

Sarkozy: l'homme qui contourne l'obstacle des peuples

Le danger est tout aussi grave dans le domaine militaire, car nous sommes le seul des 27 membres à disposer d'une dissuasion nucléaire autonome. Elle tombera dans l'obsolescence si nous perdons la possibilité de poursuivre avec les Etats-Unis la coopération qui vise à la mise au point de têtes nucléaires à puissance variable, les seules susceptibles d'emploi, donc d'assurer une dissuasion effective à l'avantage de tous. L'Amérique ne peut partager ce secret avec autant de partenaires, dont beaucoup hostiles à l'atome. Et une arme dont l'emploi suppose l'accord de 27 États perd d'avance toute valeur dissuasive.

Le traité de CED (Communauté européenne de Défense) tenta jadis de tirer l'Europe de l' impuissance; le « traité simplifié» de Lisbonne l'y enfonce. C'est une situation paradoxale! L'Union ne fait pas toujours la force. Unir peut signifier neutraliser. Ce n'est pas nous ramener «dans le cadre de l'OTAN» que de nous priver de la liberté de coopérer avec les Etats-Unis, de façon autonome, où nous avons seuls la capacité de le faire. Le Premier ministre britannique, Gordon Brown, obtint à Lisbonne la série de dérogations exceptionnelles qu'il jugeait utiles. Le président Sarkozy n'en a demandé aucune! On peut craindre qu'il ne sacrifie l'avenir du pays à un succès personnel qui lui permette de faire avaler à l'Union un budget peu conforme à nos engagements.

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Messagepar Pat » 17/11/2007 - 22:00

Traité simplifié : la classe politique complice de Sarkozy !

ON LE sait, Nicolas Sarkozy entend refourguer au plus vite au pays son traité simplifié, clone de la Constitution européenne giscardienne. Ayant signé le 19 octobre ce pseudo mini-traité qui doit être solennellement entériné par les Vingt-sept pays de l'UE le 14 décembre, le successeur de Chirac veut le faire ratifier au plus vite par le Congrès réuni à Versailles afin que la France soit le premier pays à approuver le texte, en début d'année prochaine. On parle de fin janvier ou de début février 2008.

L'AVEU DE VGE

Et l'ex-maire de Neuilly n'a, hélas, guère de soucis à se faire puisque la quasi-totalité des forces politiques représentées à l'Assemblée nationale et au Sénat sont favorables à ce traité simplifié qui, de l'aveu même de Valéry Giscard d'Estaing, est une copie conforme de la Constitution rejetée par les Français et les Néerlandais au printemps 2005. Dans une tribune à The Independent le 30 octobre, l'ancien président écrit qu'entre son texte et celui de 2007, il existe « une différence d'approche plus que de contenu », que « les propositions originelles du traité constitutionnel sont pratiquement inchangées », qu'« elles ont simplement été dispersées dans les anciens traités sous la forme d'amendements ». Et VGE d'avouer le cynisme des auteurs du traité simplifié: « Pourquoi ce changement subtil? Avant tout pour éloigner toute menace de référendums en évitant de recourir à une quelconque forme de vocabulaire constitutionnel. » Peut-on dire plus clairement que l'on se moque des peuples?
Cela n'empêche pas l'UMP de saluer une « très grande victoire de la France et de Nicolas Sarkozy ». Ce qui est d'ailleurs un mensonge: il n'y a que nos media pour faire accroire que le locataire de l'Elysée est à l'origine du nouveau texte dont Angela Merkel a été le maître d' œuvre comme on le reconnaît partout ailleurs en Europe. C'est dire la capacité qu'a le président français, grâce à ses puissants relais médiatiques, de se hausser du col et de donner à croire ce qui n'est pas! Tout cela n'empêchera pas l'UMP de voter comme un seul homme le texte, la plupart de ceux qui avaient fait profession d'euroscepticisme étant rentrés dans le rang. Il faut dire que les élus issus du gaullisme ont, depuis la trahison de l'Algérie française, une tradition de godillots que renforce la logique de l'élection présidentielle au suffrage universel. Et de toute façon il y a belle lurette que le RPR hier, l'UMP aujourd'hui ont renoncé au combat pour l'indépendance et la souveraineté nationales.

ALLIANCE OBJECTIVE DE L'UMP ET DU PS

Le Nouveau centre d'Hervé Morin et de François Sauvadet, transfuges de l'UDF ralliés à Sarkozy, voteront également en faveur de ce nouveau traité européiste. Quant à Bayrou, bien que très critique sur la conception du pouvoir de l'Elyséen, conformément à son européisme de toujours, il « votera ce traité », ainsi que ses compagnons du MoDem, tout en considérant « qu'on a laissé en route des choses essentielles pour l'avenir, l'idéal européen ».
C'est donc la quasi-totalité du centre et de la droite parlementaire qui est acquise au traité simplifié. Seul Nicolas Dupont-Aignan, qui a quitté l'UMP et qui entend monter des listes aux européennes de 2009, votera non. Ainsi que les quelques élus MPF, même si Villiers qui avait mené une campagne très active en 2005, se fait très discret ces temps-ci. Il faut dire qu'après tous ses revirements stratégiques, il lui est difficile d'être audible! D'autant qu'en appelant à voter Sarkozy le 6 mai dernier, le vicomte ne pouvait ignorer que l'ex-ministre de l'Intérieur allait passer par la voie parlementaire puisqu'il avait prévenu de son intention pendant la campagne présidentielle.
Non seulement le président de la République n'aura pas d'opposition dans son camp mais il peut compter sur le soutien du PS qui, lors de son bureau national du 6 novembre, a opté pour le oui à une large majorité (36 voix pour l'adoption du traité, 20 voix contre, 2 abstentions et une non-participation) au grand dam de Laurent Fabius qui réclame à cor et à cri un référendum de Henri Emmanuelli (lequel souhaitait que le PS ne participât pas au vote en disant simplement: « Nous n'avons pas à nous substituer au peuple français ») et de Jean-Luc Mélenchon, seule personnalité socialiste à avoir clairement pris position pour le non avec Paul Quilès et Marie-Noëlle Lienemann qui rappellent utilement que si plus des 2/5e du Parlement exprimait un vote négatif, « Sarkozy serait alors contraint d'organiser un nouveau référendum ».
A l'évidence, et comme en 2005 au moment du débat sur la Constitution européenne, le PS est loin d'être unanime et Sarkozy peut se réjouir de voir les socialistes se crêper à nouveau le chignon. Avant même la réunion du bureau national, le premier secrétaire François Hollande avait annoncé qu'à titre personnel il voterait oui au texte, comme Bertrand Delanoë, Ségolène Royal, Vincent Peillon (noniste en 2005) ou Pierre Moscovici, partisan d'un « oui critique » (on se demande ce que cela veut dire !) La prise de position officielle du PS montre de manière éclatante qu'il n'est aucune différence de fond entre la droite et la gauche du Système, ce qui explique pourquoi Sarkozy a eu tant de facilités à rallier des personnalités du PS. Qui a oublié la fameuse photo en une de Paris-Match où l'on voyait côte à côte Hollande et Sarkozy juchés sur deux tabourets se prononcer pour le oui à la Constitution européenne ?
Les Verts, à la tradition frénétiquement antinationale et euromondialiste, sont eux aussi logiquement favorables au oui, comme ils l'étaient en 2005, même si la direction du parti dénonce dans le traité simplifié un "bricolage" qui « ne relance nullement » l'Europe et appelle à un référendum. Mais qu'on se rassure, Noël Mamère a affirmé que son parti voterait en faveur d'un texte offrant « quelques progrès démocratiques ». Là encore, on se demande bien lesquels. Quant à Jean-Pierre Chevènement du Mouvement républicain et citoyen, il a parlé de « viol de la souveraineté populaire » mais est-il le mieux placé, lui qui a soutenu l'européiste Ségolène Royal à la présidentielle ?

LE NON DE LA GAUCHE RADICALE
ET DE LA DROITE NATIONALE


A la gauche de la gauche comme il y a deux ans, le PCF, les antilibéraux, la LCR et toute la galaxie altermondialiste sont pour le non et réclament un référendum. MarieGeorge Buffet, lors de son entretien le 8 novembre à l'Elysée avec Sarkozy, devait « exiger une consultation démocratique des Français ». Cependant, cette gauche du non qui a été incapable de se mettre d'accord sur le principe d'une candidature unitaire à la présidentielle et qui a subi un revers aux législatives est bien moins fringante qu'en 2005 et ne jouera pas le rôle important qu'elle avait pu exercer à l'époque. On se souvient de la campagne active et très argumentée qu'avait menée Attac contre quantité de dispositions de la Constitution européenne. Seul un référendum aurait pu redonner une voix à cette gauche dite antilibérale mais Sarkozy se gardera bien d'interroger directement les Français.
Même problème pour la droite nationale qui, pour se relancer politiquement et faire connaître son argumentaire, aurait eu tout intérêt à une consultation référendaire. JeanMarie Le Pen et Bruno Mégret ont clairement dénoncé le traité simplifié, le président du Front national parlant même d"'infamie" et d' « insulte à la nation» à propos du refus de l'Elyséen de donner la parole au peuple. D'après un sondage CSA pour Le Parisien, 61 % des Français souhaiteraient pourtant le recours au référendum. Il est en effet curieux pour des hommes politiques se gargarisant des mots démocratie et suffrage universel que l'on se satisfasse de la réunion du Parlement en Congrès pour contredire ce que le peuple français a dit, à près de 55 %, le 29 mai 2005.

UN DÉBAT VOLONTAIREMENT ESCAMOTÉ

Jusqu' à présent, on faisait revoter les peuples qui avaient dit non jusqu'à ce qu'ils changent d'avis. Ce fut le cas au Danemark à propos du traité de Maastricht et en Irlande au sujet du traité de Nice. Sarkozy fait encore plus fort puisqu'il demande à des députés et sénateurs de s'opposer à ce que le suffrage universel a édicté deux ans plus tôt. Et le président français n'est pas le seul à agir ainsi. Les Néerlandais, qui avaient voté non à plus de 60 % le 1er juin 2005, ne seront pas non plus consultés cette fois-ci. Des Vingt-sept pays de l'Union, seule l'Irlande organisera un référendum à l'été 2008 sur le nouveau traité, sa constitution contraignant les pouvoirs publics à agir ainsi. C'est dire à quel point cette Union européenne méprise les peuples dont l'avis n'est respecté que s'il est conforme aux desiderata de l'établissement. Or, il est évident qu'en ne sollicitant que l'avis des Parlements, les européistes sont sûrs que le oui l'emportera partout à une très large majorité, ces assemblées élues n'étant guère représentatives. On se souvient que 93 % des parlementaires français avaient voté oui à la Constitution européenne quand 54,7 % du peuple s'y opposait. Peut-on imaginer pire distorsion entre ce que Maurras appelait le pays légal et le pays réel ?
Certes les sondages indiquent que si le référendum avait lieu ce dimanche, 68 % de nos compatriotes seraient acquis au oui. Mais la Constitution européenne obtenait exactement les mêmes scores dans les enquêtes d'opinion au début de la campagne référendaire. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle Jacques Chirac s'était décidé à prendre ce risque. Un débat télévisé catastrophique avec des jeunes sur le plateau de TF1, l'usure du pouvoir, le rejet grandissant par les Français d'une mondialisation dont l'Union européenne est le marchepied et le cheval de Troie, toutes ces raisons avaient fini par changer la donne. Se souvenant de cet échec qui avait marqué la fin du règne du Corrézien, l'empêchant de briguer à nouveau la magistrature suprême, Sarkozy a choisi, lui, la prudence. Les difficultés qu'il commence à rencontrer (grèves syndicales, crise conjugale, atonie de l'économie, réserves de sa majorité sur les projets de réforme constitutionnelle proposés par la commission Balladur, effet désastreux de l'exorbitante augmentation de son salaire mensuel) pourraient parfaitement, dans une longue campagne référendaire, lui être fatales. On peut donc être sûr qu'il se contentera de la très tranquille voie parlementaire.

UN TEXTE INACCEPTABLE

Mais il faudra tout faire pour dénoncer ce tour de passe-passe et en informer les citoyens. Car, on ne le dira jamais assez, ce prétendu traité simplifié n'est rien d'autre que la Constitution européenne. La seule différence, c'est qu'il ne porte pas le nom de Constitution et que l'article sur les symboles de l'Union a disparu, ce qui n'empêche pas ses symboles d'exister (pour sa photo officielle, Sarkozy s'affiche même devant le drapeau bleu à étoiles) tandis que le ministre européen des Affaires étrangères a simplement changé de nom mais conserve les mêmes prérogatives. Pour le reste, on retrouve les mêmes poisons atlantistes (l'OTAN encadre la politique des Etats membres), ultralibéraux (dogme du libre-échangisme, confirmation de l'indépendance de la Banque centrale européenne, absence de toute mesure permettant de lutter contre les délocalisations et les importations sauvages des pays émergents), technocratiques (le monopole d'initiative de la Commission de Bruxelles est maintenu). L'escroquerie est totale!

J. B., < jeromebourbon@aol.com >. RIVAROL Nov 2007
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