Samedi 24 septembre 1994 mort de Pierre Durand

En souvenir de nos amis disparus.
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Samedi 24 septembre 1994 mort de Pierre Durand

Messagepar Pat » 28/12/2008 - 22:30

PIERRE DURAND EST MORT
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Pierre Durand nous a quittés samedi. Il était âgé de soixante et un ans et de presque un demi-siècle de militantisme dans les rangs des nationaux. Monarchiste dans son adolescence, il rejoint les Jeunes indépendants de Paris, puis le mouvement Poujade dont il est devenu le secrétaire administratif. Il a rencontré sur son chemin, un soir de bagarre avec les bolchos, son aîné Jean-Marie Le Pen qui l'a tiré des mains de ses adversaires. Désormais inséparables, ils vont lancer ensemble le Cercle du Panthéon et Durand, au sein du Comité Tixier, anime la propagande. Vient la création de la SERP Pierre Durand est responsable de la réussite de cette société d'édition de disques - puis de vidéo-cassettes - historiques et nationalistes avant de devenir le directeur administratif de Présent en 1983. Tout naturellement en 1972, il est membre fondateur du Front national et, depuis, candidat à de nombreuses reprises en même temps que l'ordonnateur de la plupart de ses manifestations de masse.
Elu conseiller régional d'Île-de-France en 1986, trésorier de la dernière campagne présidentielle de Jean-Marie Le Pen, suppléant de Jean-Baptiste Biaggi à Paris lors des dernières élections sénatoriales, il demeurait attaché à son Midi puisqu'il avait été candidat dans la 1ere circonscription du Gard aux législatives et tête de liste à Nîmes lors des dernières municipales. C'est à Anduze qu'il sera inhumé le vendredi 28 après des Obsèques célébrées à 11 h à Saint-Nicolas du Chardonnet.
National Hebdo, ou il comptait de nombreux amis, présente à ses proches ses plus vives condoléances


J'avais un camarade
Pierre Durand, notre camarade, notre ami, est mort samedi 24 septembre dans l'après-midi, des complications d'une péritonite aiguë, conséquence d'un ulcère perforant du duodénum.
Ni les soins intensifs prodigués à l'hôpital Laennec, ni les prières de ses très nombreux amis n'ont pu l'arracher à l'issue funeste.
Que sa femme Marie-France, sa jeune fille Hortense, sa tante, Mme Marcelin, qui fut pour lui une autre maman, ses collègues de Présent et leur directeur Jean Madiran, les conseillers régionaux FN d'Île-de-France, les membres du Bureau politique et du Comité central, et plus généralement ses amis du Front et d'au-delà le Front, me permettent, en leur nom à tous, de rendre dans les colonnes de National Hebdo, un dernier, sincère et affectueux hommage à Pierre Durand, notre camarade, notre copain, notre ami et pour moi, mon frère.
Beaucoup diront ses mérites et loueront ses qualités d'intelligence, de culture, de délicatesse, de discrétion et d'humour aussi. C'est de sa qualité exceptionnelle de militant politique que je voudrais parler ici. Celle de toute une vie consacrée au service de la France et de la Droite nationale.
Pierre était né à Anduze, en 1933, dans le Gard, dans ces Cévennes où s'affrontaient encore naguère, protestants et catholiques héritiers de nos guerres de religion.
Cinquante ans plus tard, secrétaire départemental du Gard, il saura les unir ainsi que les pieds-noirs rapatriés dans un même élan au service du pays.
Ma première rencontre avec Pierre se situe en 1949. J'avais dégagé, sur le boulevard Saint-Michel, à grands horions un adolescent ensanglanté que brutalisaient quelques nervis trotskistes. Je ne savais pas que je venais de me faire, et pour quarante-cinq ans, l'ami le plus sûr, le plus fidèle, le plus intime, le frère que je n'avais pas eu.
Depuis cette date, Pierre a été, et au plus haut niveau, de toutes les étapes de reconstruction du mouvement national, pendant près d'un demi-siècle.
Il faisait partie au Quartier latin de ces Jeunes indépendants de Paris qu'animait alors Jean Bourdier et qui me demandèrent d'être leur président à mon retour d'Indochine. Ce sont eux qui, après mon élection au Parlement le 2 janvier 1956, fondèrent avec moi l'Union de défense de la jeunesse française dont le bureau national paya si cher en Algérie le prix de son engagement patriotique. Tombés au champ d'honneur comme Olivier Evrard, Jacques Martin et Bernard Le Monnyer, grièvement blessés comme Alain Jamet. Pierre fut lui, deux fois rapatrié sanitaire d'Hussein Dey après de graves atteintes d'hépatite virale.
Membre du Bureau du Front national des combattants qui organisa en 1957 la caravane Algérie française, il sera avec moi au départ du Comité TV qui naquit à la SERP de nos deux premiers billets de cent francs. A la SERP, où nous fûmes associés depuis 1963 et où nous travaillerons de concert pendant vingt ans à populariser les documents sonores de l'Histoire.
Pierre fut un des fondateurs du Front national en 1972 avec François Brigneau, Georges Bidault, Roger Holeindre, Jean-Pierre Reveau, Dominique Chaboche et moi-même.
Son dévouement n'avait d'égal que son courage physique et politique.
Il fut auprès de moi, le témoin de ma vie. Celui qui encourage les jours de cafard, qui console les jours de peine, et Dieu sait si nous en eûmes au cours de l'agonie de l'Algérie française.
Pèle-mêle me reviennent en mémoire les souvenirs des bons et des mauvais jours, les visages de nos camarades disparus, jeunes et anciens, nos fêtes familiales et amicales, les longues et interminables discussions littéraires et historiques avec les hussards du Pont-Royal : la traversée du désert, la misère de nos finances, les succès aussi, qui ouvraient la voie aux campagnes d'injures, de diffamation, de boycott médiatique qui me visaient. Pierre en souffrait plus que moi-même. « Nos cœurs d'un même battement ont battu », souvent, dans l'allégresse et le chagrin, au fur et à mesure que s'éloignaient les images de notre jeunesse au Quartier latin et à Montparnasse.
Le hasard ou plutôt la Providence avait voulu que ses parents viennent habiter Villa Poirier, en face de chez moi, et c'est chez sa tante que nous nous refugiâmes, le matin où une bombe fit exploser l'immeuble où nous dormions, ma famille, dont Yann sa filleule, et moi-même.
Quand vendredi midi, sur le parvis de Saint-Nicolas du Chardonnet, je lui dirai un dernier adieu au nom de ses milliers d'amis, une petite musique à bouche fermée, celle qui l'émouvait le plus, l'accompagnera « J'avais un camarade ».
Jean-Marie Le PEN National Hebdo Semaine du 27 octobre au 2 novembre 1994
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Re: Samedi 24 septembre 1994 mort de Pierre Durand

Messagepar Pat » 28/12/2008 - 22:31

A mon frère Pierre

Souviens-toi, Pierre - mais tu étais de ceux qui n'oublient rien, et surtout pas les amis - la mort est venue très tôt rendre visite à notre groupe d'origine. A cette petite bande d'agités, n'ayons pas peur des mots, dont nous aurons été, toi et moi, parmi les derniers représentants. Déjà, la guerre d'Algérie s'était péremptoirement invitée à notre vingtième anniversaire ; Jacques Martin, Olivier Evrard et Bernard Le Monnyer ne revinrent pas de cette promenade au soleil.
« Mort pour la France »... Cela nous semblait presque normal ; dans nos simples familles françaises, on avait l'habitude de voir revenir ces croix de bois de génération en génération. Puis il y eut ton beau-frère, Jean de Brem, tué par la police gaulliste en poursuivant la même guerre. Cette guerre que nous savions juste mais qui, la lâcheté de nos compatriotes aidant, avait été déclarée illégale. Le dernier des imbéciles peut maintenant mesurer que nous avions raison, mais, à l'époque, le premier - et le plus grand par la taille - avait décidé que nous devions cesser d'importuner, avec notre conception dépassée des provinces françaises, tous les candidats à la consommation qui nous entouraient.
Je sais, Pierre, que j'ai l'air, au lieu de parler de toi, de ne parler que de la France et de ces quarante ans qui menacèrent de la défaire. Mais c'est précisément ton honneur qu'on ne puisse parler de l'un sans évoquer l'autre ; combattant de la première à la dernière heure, tu as tout vécu, passionnément, courageusement, douloureusement, souvent amèrement et rageusement. Le mal même qui devait t'emporter porte l'estampille « Made in Algeria ».
Je n'ai pas, ici, à résumer ta carrière et à énumérer tes titres ; d'autres s'en chargeront, qui ont sans doute, en ce moment, la tête un peu plus froide que la mienne.
Ils ont perdu un camarade, un compagnon, de lutte tenace, efficace et fidèle jusqu'à la tombe. Moi, j'ai perdu un frère. Le frère que ne j'ai jamais eu, mais que j'ai rencontré adolescent. Ce frère dont je connaissais mieux que personne sauf: évidemment, sa femme et sa fille, les dons réels et les multiples impatiences, la sensibilité maladive et l'incommensurable générosité, l'humour tranquille et l'immense liberté d'esprit sous le masque nécessaire de l'intransigeance.
Tu seras sans doute furieux que je révèle publiquement - mais nous réglerons nos comptes plus tard, ailleurs, quand nous nous retrouverons - qu'ayant lu tes poèmes d'enfant, la grande Colette t'avait trouvé des dons exceptionnels. Que de détours, dans ta vie, avant que tu décides à en tenir un peu, un tout petit peu, compte !
Mais rien, entre-temps, n'avait été gâché ni inutile. A défendre obstinément, sans jamais dévier ni se renier, les mêmes causes, avec l'admirable logique de ces Romains qui avaient tant marqué ta province et ton esprit, on fait beaucoup plus et beaucoup mieux que simplement résister ; on finit par construire, ne serait-ce que des fortifications. On plante des bornes et des jalons qui permettront aux autres, à ceux qui viennent maintenant et à ceux qui viendront ensuite, de retrouver les précieux contours du seul bien qui nous reste et que nous devons transmettre : notre civilisation.
Tout au long de ta vie, ce fut là ton premier combat. Tu avais dix-sept ans quand je t'ai connu, et déjà, quand tu parlais de Bach, de Mozart, de Jeanne d'Arc, de Dante ou du Titien, tes yeux se mettaient soudain à briller et ta voix prenait des inflexions plus musicales encore. Quarante-quatre ans plus tard, rien n'avait changé, Tu es parti tel quel. Comme un homme. Comme un frère.
Jean BOURDIER National Hebdo Semaine du 27 octobre au 2 novembre 1994
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