Des anglicans reviennent au bercail (archive)

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Des anglicans reviennent au bercail (archive)

Messagepar Pat » 04/10/2011 - 14:15

Des anglicans reviennent au bercail (archive)

Le schisme déclenché en Angleterre au XVIe siècle va-t-il disparaître ? Confrontés aux outrances de certaines communautés, près de 400 000 chrétiens anglicans ont demandé à rejoindre l'Église catholique. Le 4 novembre, Benoît XVI a dévoilé les modalités de ce retour au bercail.
Le pape Benoît XVI a décidé d'ouvrir tout grands les bras à plusieurs groupes d'anglicans ayant exprimé le désir de rejoindre le catholicisme. Allons-nous voir disparaître un jour le schisme déclenché en Angleterre au XVIe siècle, pour des raisons plus politiques que théologiques, par le roi Henri VIII ? Celui-ci, après s'être montré pourtant hostile aux théories de Martin Luther, se sépara bruyamment de Rome quand en 1530 le pape Clément VII eut refusé d'annuler son mariage avec Catherine d'Aragon, qui ne lui avait donné qu'une fille. En fait le roi était pressé d'épouser sa maîtresse Anne Boleyn, dame d'honneur de la reine...
Un accueil plein de charité
Tandis qu'Henri, bientôt lassé de cette nouvelle épouse et l'ayant fait décapiter, s'embarquait dans une vie sentimentale tumultueuse aux allures d'hécatombe (ses quatre autres femmes successives eurent des destins tragiques), il embarquait du même coup son royaume dans une aventure schismatique dont les conséquences politiques et diplomatiques allaient bouleverser l'Europe. Car bien que se disant "catholiques réformés", ou "catholiques non romains", les anglicans n'en firent pas moins bien souvent cause commune avec les protestants. Si la messe anglicane ressemble dans la forme à la messe catholique, la doctrine de la transsubstantiation (présence corporelle du Christ dans les espèces du pain et du vin) n'y est pas aussi nettement affirmée. Quant à la succession apostolique, le pape Léon XIII a précisé en 1896 (encyclique Apostolicae Curae) qu'elle ne perdurait pas dans l'Église anglicane.
En fait le monde anglican n'a pas de réelle unité. Si, pour tous les territoires anglais, américains ou africains, la reine Elizabeth II en est aujourd'hui le gouverneur symbolique et si l'archevêque de Cantorbery, Rowan Williams, en est le primat, plusieurs Églises anglicanes en font un peu à leur tête, notamment en acceptant d'ordonner des femmes prêtres, voire en reconnaissant aux États-Unis pour évêque un homosexuel notoire...
Anglicanorum coetibus
C'est assurément ces outrances qui ont amené certaines communautés à se poser quelques questions. Ainsi a-t-on vu ces derniers mois, des membres du "Traditional Anglican Communion" (TAC), puis le mouvement "Forward in Faith", puis l'évêque de Fulham (responsable de plusieurs paroisses de Londres) et une paroisse épiscopalienne de Philadelphie, entre autres, demander à retourner dans le giron de l'Église catholique. Le 4 novembre dernier, jour de la fête de saint Charles Borromée, auteur du Catéchisme du concile de Trente - et c'est là tout un programme ! - le pape Benoît XVI a préparé l'accueil de ces brebis revenant au bercail en publiant la constitution apostolique Anglicanorum coetibus, manifestant ainsi le désir « pour garantir l'unité de l'épiscopat et sauvegarder la communion universelle de toutes les Églises » de mettre à leur disposition les moyens nécessaires pour les recevoir.
Il est précisé que des ordinariats personnels seront érigés par la Congrégation de la Doctrine de la foi. Yves Daoudal, qui étudie le document sur son blog, note l'extrême charité qui a inspiré la décision pontificale et précise que l'ordinariat prévu « est en tout point comparable à un diocèse : l'ordinaire fait partie de la conférence épiscopale, admet les jeunes gens au sacerdoce, a le pouvoir d'incardiner des prêtres, d'ériger des paroisses, des instituts religieux... »
Les évêques
Quant aux évêques anglicans, ils ne pourront pas devenir évêques catholiques, s'ils sont mariés : « Ils peuvent demander au Saint-Siège le droit de porter leurs insignes épiscopaux, et ils peuvent être invités aux réunions de la conférence épiscopale avec le rang d'évêque retiré. » Les ministres du culte anglican pourront être acceptés par l'ordinaire, précise la constitution, « comme candidats aux ordres dans l'Église catholique ». La situation de ceux d'entre eux qui sont mariés sera examinée au cas par cas « de manière à ne pas porter pour autant préjudice à la discipline actuelle en matière de célibat ». La question des livres liturgiques pouvant être approuvés par le Saint-Siège sera aussi examinée attentivement.
La Rome éternelle
La bonne nouvelle de ce retour dans l'Église de près de 400 000 chrétiens séparés eût réjoui Maurras. Il avait dans les années vingt observé avec intérêt les rapprochements esquissés lors des conférences de Malines entre des représentants de la High Church anglicane et le cardinal Mercier, primat de Belgique. Il écrivait dans L'Action Française du 8 avril 1924 : « Aux abords de cette matière sacrée, est-ce qu'un profane, un simple citoyen de la France et du monde, n'a pas le droit de dire du point de vue civique et humain qu'un pas, un très grand pas vers la Paix, vers une longue paix, serait peut-être fait lorsque les peuples d'outremer, en grande partie Bretons et Celtes de race, longtemps disciplinés par le catholicisme et l'esprit helléno-latin, reviendraient à l'ordre, aux méthodes, au langage oecuménique du Pape romain ? [...] L'intelligence pacifiée pourrait se remettre au service des bonnes volontés ! Les grands axes de la civilisation générale seraient rétablis. De Londres à Bruxelles, de Bruxelles à Paris, c'est à Rome, Roma pulcherrima rerum, que l'axe nécessaire serait rembranché, raffermi, sans doute pour de longs siècles. »
Ajoutons que Benoît XVI s'apprête à béatifier le 2 mai 2010, dans la cathédrale de Birmingham, le cardinal John Henry Newman, grand théologien britannique anglican converti au catholicisme en 1845. Ce n'est évidemment pas un hasard. Le Saint Père veut mettre ce grand retour sous l'égide de l'un des plus grands guides spirituels des temps modernes.
MICHEL FROMENTOUX L’ACTION FRANÇAISE 2000 du 19 novembre au 2 décembre 2009
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Que les hommes d'arme bataillent et que Dieu donne la victoire! (Jeanne d'Arc) Patriotiquement votre.

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