La croix et le croissant : La saine laïcité contre l'Allahïcité ! (sept 2009)
Ancien journaliste au Corriere della Sera, actuellement député européen, Magdi Allam, cet ancien musulman baptisé Cristiano par Benoît XVI à Pâques 2008 au grand dam médiatique, a réagi à la prise de position des évêques suisses pour les minarets (Présent du 16 septembre) dans un texte éclairant qu'on peut lire notamment sur le site Eucharistie miséricordieuse. Occasion de revenir sur la différence spécifique qui existe entre le christianisme et l'islamisme et que nie aussi bien la malsaine laïcité ouverte des évêque suisses que l'odieux laïcisme fermé des anticléricaux...
« Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » (Matt. 12, 21). C'est en vertu de ce principe de distinction apporté par le Christ que le Conseil d'État italien, qui avait dû statuer sur la demande d'une finlandaise qui exigeait qu'on enlève les crucifix dans l'école fréquentée par ses enfants, a pu formuler cet arrêt que nous rappelle Daoudal Hebdo :
« Comme à tout symbole, on peut attribuer au crucifix diverses significations, parfois contradictoires. Mais un crucifix exposé dans une salle de classe ne doit pas être considéré comme une décoration ou un objet de culte, mais plutôt comme un symbole pour exprimer le fondement des valeurs civiles qui définissent la laïcité dans les actuelles institutions de l'État. »
Cette expression tout à fait remarquable mériterait d'être reprise par le magistère de l'Église, commente Yves Daoudal, qui, dans un numéro suivant, donne l'exposé des motifs du référendum d'initiative populaire organisé (le 20 novembre prochain) en Suisse par l'UDC contre la construction de minarets :
« Celui qui, comme c'est le cas dans l'islam, place la religion au-dessus de l'État, donc qui donne aux instructions religieuses une importance plus grande qu'au régime légal institué par l'État de droit, se place forcément en contradiction avec la Constitution. Cette contradiction est impossible à éviter. Le minaret est précisément le symbole extérieur de cette revendication de pouvoir politico-religieuse qui remet en question certains droits fondamentaux garantis par la Constitution. »
On pourrait croire de prime abord qu'il s'agit d'une réclamation du laïcisme (négatif) de stricte observance, analogue à celle de notre Finlandaise ou à la fameuse formule chiraquienne : Non à une loi qui primerait la loi civile. » Autrement dit : « Rendez à César ce qui est à César. Et tout est à César ! », comme disait Clemenceau. Mais le contexte de cette votation suisse et la distinction rappelée ci-dessus, apportée par le christianisme et constitutive de nos mœurs occidentales (comme le souligne avec pertinence le Conseil d'État italien) nous incite à penser qu'il s'agit plutôt d'une opposition, non pas à l'influence sociale de la religion (a fortiori de la religion historique du pays), mais à la contradiction envahissante de la théocratie islamique : « Rendez à Allah ce qui est à Allah. Et tout est à Allah ! »
C'est en même temps une condamnation de la laïcité positive à la Sarkozy qui est celle, hélas, aujourd'hui prônée également par les évêques (français ou suisses) partisans des minarets. Car autant « la saine et légitime laïcité de l'État » selon Pie XII (fondée sur Matthieu 12-21 et reconnue par le Conseil d'État italien) n'empêche pas une double et bienfaisante souveraineté du pouvoir temporel et spirituel (chacun dans leur ordre et non sans une certaine subordination), autant la laïcité positive, ouverte sans restrictions à l'islam, vient tôt ou tard étouffer cette distinction harmonieuse (avec l'autonomie de chaque ordre) dans un totalitarisme plus ou moins sournois, tout comme le fait en sens inverse le laïcisme de stricte observance. Le Salon beige a bien raison de surnommer « l'Allahïcité à la française » le but désastreux où mène ce laïcisme positif qui finira par ôter nos symboles chrétiens tout autant sinon mieux que le laïcisme négatif, comme s'en alarme également Magdi Cristiano Allam. On en a un sérieux avertissement avec les grands magasins qui se mettent à l'heure du Ramadan et des produits hallal (dans cette collusion entre le libéralisme et l'islam que nous dénoncions mercredi dernier) alors qu'Os s'ouvrent désormais le jour du Seigneur !
À nos évêques oublieux de la doctrine sociale du Christ-Roi et incapables de voir ces tristes signes du temps, on rappellera, avec Daoudal, le poème qu'affectionne tant le Premier ministre turc Erdogan, candidat à l'entrée de son pays islamique dans l'Union européenne : « Les mosquées sont nos casernes, les coupoles nos casques, les minarets nos baïonnettes, les croyants nos soldats. » Halte à l'Allahïcité : finissons-en avec l'islamiquement correct !
Rémi Fontaine PRÉSENT du 23 septembre 2009
La croix et le croissant : La saine laïcité contre l'Allahïc
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