L'écoeurante cabale contre l'Église
Des accusations lancées outre-Atlantique ont traversé l'océan à la faveur de l'emballement médiatique.... Mais la souveraineté de l'Église catholique, « seule internationale qui tienne », est indispensable à l'équilibre politique du monde.
Dans l'Action Française du 2 février 1915, Charles Maurras défendait le pape Benoît XV à qui la presse républicaine reprochait de ne pas prendre parti pour la guerre "juste" des Alliés en condamnant l'Allemagne. Le maître du nationalisme français comprenait, lui, la position exceptionnelle de l'Église, « la seule internationale qui tienne ».
La manoeuvre part des États-Unis
Ces jours-ci, un juriste a demandé au gouvernement britannique d'arrêter le pape Benoît XVI lors de sa visite en septembre pour le déférer devant le Tribunal pénal international pour « crimes contre l'humanité ». Cet homme de loi appartient au système judiciaire de l'ONU chargé de faire jouer la responsabilité des membres officiels de l'organisation qui se rendraient coupables de corruption ou de fautes dans l'exercice de leurs fonctions.
Forte d'environ 2,3 millions de membres, près du quart des présidents américains étant sortis de ses rangs, l'Église épiscopale des États-Unis d'Amérique représente une branche autonome de l'anglicanisme fondée lors de la guerre d'Indépendance.
L'"évêque" Katharine Jefferts Schori la dirige depuis 2007. Elle est la première femme évêque à présider à ses destinées, ce qui n'est pas du goût de tous les fidèles. De graves conflits avaient déjà éclaté après la consécration d'un évêque ouvertement homosexuel, Gene Robinson, en 2003. Comme en Grande-Bretagne, nombre de prêtres et de fidèles se tournent vers le catholicisme. Discréditer la hiérarchie catholique, et jusqu'au Siège de Pierre, permettrait d'enrayer l'hémorragie.
Les prêtres sont des hommes comme les autres et participent des faiblesses de la pauvre humanité. Mais il est inadmissible de faire croire que le clergé recèle une concentration particulièrement élevée d'hommes pervers et que la hiérarchie ecclésiastique s'ingénie à étouffer les scandales.
Supprimer l’État pontifical ?
Qu'elle ne cherche pas à les étaler, c'est normal, l'exhibitionnisme n'étant une vertu qu'aux yeux de la presse vulgaire, mais il faudrait, pour être juste parler des affaires de moeurs dans les entreprises et dans les oeuvres laïques, écoles et colonies de vacances. Aux États-Unis, par exemple, les organisations protestantes sont plus touchées que l'Église catholique ; ne parlons pas des milliers de procès touchant aux moeurs intentés dans ce pays à des professeurs d'éducation physique. Ne faudrait-il pas avant tout mettre en cause une société qui a fait du sexe une idole, à côté du Veau d'or ?
Profitant du retrait de la garnison française lors de la guerre de 1870, le royaume d'Italie s'empara de force de la Ville éternelle et Pie IX se retrancha au Vatican. Les accords du Latran régularisèrent la situation. On parle aujourd'hui de retirer au Saint-Siège son statut d'État souverain en lui faisant perdre son statut d'observateur permanent à l'ONU. L'immunité du Vatican est déjà en cause devant la Cour suprême des États-Unis.
Déjà, à la mort de Pie IX, les grandes puissances avaient songé à faire pression sur le conclave pour ne plus avoir un pape "gênant" (1). Le mondialisme des "droits de l'Homme" qui range l'union libre, l'avortement et l'homosexualité parmi les valeurs de son éthique (2), verrait bien la chasteté au banc des accusés. Si les prêtres, déjà, étaient mariés... Mais cet argument imbécile jette la suspicion sur tous les célibataires, ravale la femme au rang d'un instrument, et ignore que la majorité des affaires de moeurs ont pour responsables des hommes mariés. C'est le célibat ecclésiastique qui est visé, ce célibat qui confère une autorité et un rayonnement à rendre jaloux pasteurs et autres muftis.
Les passages suivants sont tirés du Journal de Joseph Goebbels (1933-1939, Paris, Tallandier, 2007). 11 octobre 1936, Coblence : « Voilà bien l'Église catholique – une bande de pédérastes ! » (p. 327) 2 avril 1937 : « Appel téléphonique du Führer : il veut déclencher les hostilités contre le Vatican. Les procès de Coblence vont commencer. Là-dessus en guise d'ouverture, un horrible crime sexuel commis sur un jeune garçon dans un couvent belge. » (p. 404) 30 avril 1937 : « La presse s'en prend maintenant très violemment à la perversité dans les Églises. On emploie des arguments massues. Mon signal a donc déclenché le concert infernal. Ça commence à mal tourner pour les curés. Les procès dévoilent eux-mêmes les ignominies les plus atroces. C'est le pilori ! » (p. 409) 12 mai 1937 : « Il faut dissoudre les ordres religieux et retirer aux Églises l'autorisation d'enseigner. C'est ainsi seulement que nous les réduirons en quelques décennies. Ensuite, elles viendront nous manger dans la main. Reste que les procès constituent la première étape. Ils se déroulent selon le programme prévu et suscitent une attention considérable. Tout comme nous l'avions prévu. » (p. 414-415) Des textes édifiants, surtout pour ceux qui s'obstinent à croire, pour une raison ou une autre, que le nazisme représentait la droite et la tradition !
Un point de rencontre
« Quand elle commettrait en passant une erreur politique quelconque, l'Église avec son pape et sa hiérarchie offre à l'humanité un point de rencontre que rien ne remplacerait s'il venait à manquer. » Ainsi parlait Charles Maurras dans l'article de 1915 évoqué plus haut. La civilisation, si menacée aujourd'hui par la montée de forces barbares, a plus que jamais besoin de l'Église, d'une Église universelle et souveraine, dans le temps et hors du temps. Il y va du salut physique et métaphysique de l'humanité.
Gérard Bedel L’ACTION FRANÇAISE 2000 du 15 avril au 5 mai 2010
1 Cf. Ivan Gobry : Pie IX, le pape des tempêtes ; éd. Jean Picollec, 1999. L'initiative de cette démarche fut prussienne.
2 Le mot morale se trouve de moins en moins utilisé dans ce contexte.
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