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Un évêque dit la vérité sur l’islam au synode

Publié : 23/10/2010 - 18:09
par Pat
Il est extrêmement rare qu’un évêque d’un pays arabe ose dire publiquement la vérité sur l’islam. Les raisons sont évidentes et il n’est pas besoin de les rappeler. Aussi doit-on saluer le courage de Mgr Raboula Antoine Beylouni, archevêque titulaire de Mardin des Syriens, évêque de Curie d'Antioche des Syriens (à Beyrouth), qui, dans une intervention écrite au synode, a dit ce que les évêques occidentaux ne disent jamais, alors qu’ils ne risquent rien. On notera que Mgr Beylouni a le titre d’archevêque de Mardin : il s’agit d’une ville turque qui fut autrefois une ville et un archevêché de chrétiens « assyriens », et qui a été le théâtre du génocide assyrien vers 1915. Le texte de Mgr Beylouni étant en français, aucune question ne peut se poser sur la traduction de ses propos.

On les complètera utilement avec une autre intervention écrite (également en français), d’un autre évêque de la curie d’Antioche des Syriens, Mgr Flavien Joseph Melki, évêque titulaire de Dara des Syriens (Dara, aujourd’hui Oguz, se trouve près de Mardin), qui répond à l’appel de l’instrumentum laboris « à mettre tout en œuvre, de concert avec les musulmans modérés et éclairés, afin de parvenir à instaurer dans les États islamiques, où ils vivent, une “laïcité positive” qui garantirait l'égalité de tous les citoyens reconnaissant le rôle bénéfique des religions. Cette réforme du régime politique et théocratique de nos pays, “faciliterait la promotion d'une démocratie saine”. »

- S. Exc. Mgr Raboula Antoine BEYLOUNI, Archevêque titulaire de Mardin des Syriens, Évêque de Curie d'Antioche des Syriens (LIBAN)

Nous avons au Liban un comité national de dialogue islamo-chrétien et cela depuis plusieurs années. Il y avait aussi une commission épiscopale issue de l'Assemblée des Patriarches et Évêques Catholiques au Liban chargée du dialogue islamo-chrétien. Elle a été supprimée pour donner plus d'importance à l'autre comité, d'autant plus qu'il n'y avait pas de résultat sensible.

Il y a parfois des dialogues ici ou là, dans des pays arabes, comme au Qatar, où l'Émir lui-même invite à ses frais, des personnalités de différents pays et des trois religions: chrétienne, musulmane et juive. Au Liban, sur la chaîne Télé-lumière et Noursat, et sur d'autres chaînes de télévision, on donne parfois des programmes de dialogue islamo-chrétien. Souvent on choisit un thème, et chaque parti l'explique ou l'interprète selon sa religion. Ces programmes sont d'ordinaire très instructifs.

J’ai voulu par cette intervention, attirer l'attention sur les points qui rendent ces rencontres ou dialogues difficiles et souvent privés d’effectivité. Il est clair qu'on ne discute pas sur les dogmes. Mais même les autres sujets d'ordre pratique et social sont difficilement abordables lorsque le Coran ou la Sunna les a abordés. Voici quelques difficultés que l’on doit affronter.

Le Coran inculque au musulman la fierté d'avoir la seule religion vraie et complète, religion enseignée par le plus grand prophète, car il est le dernier venu. Le musulman fait partie de la nation privilégiée, et parle la langue de Dieu, la langue du paradis, la langue arabe. C'est pourquoi, il vient au dialogue avec cette supériorité et avec l'assurance d'être victorieux.

Le Coran, supposé écrit par Dieu lui-même d'un bout à l'autre, donne la même valeur à tout ce qui y est écrit : le dogme comme n'importe quelle loi ou pratique.

Dans le Coran, il n'y a pas d'égalité entre l'homme et la femme, ni dans le mariage lui-même où l’homme peut prendre plusieurs femmes et peut en divorcer à sa guise; ni en matière d’héritage où l’homme a une double part; ni dans le témoignage devant les juges où la voix de l’homme égale la voix de deux femmes, etc …

Le Coran permet au musulman de cacher la vérité au chrétien et de parler et agir contrairement à ce qu'il pense et croit.

Dans le Coran, il y a des versets contradictoires et des versets annulés par d'autres, ce qui donne au musulman la possibilité d'utiliser l’un ou l’autre selon son avantage et ainsi il peut dire du chrétien qu’il est humble et pieux et croyant en Dieu, comme il peut le traiter d'impie, d'apostat et d'idolâtre.

Le Coran donne au musulman le droit de juger les chrétiens et de les tuer par la djihad (guerre sainte). Il ordonne d'imposer la religion par la force, par l’épée. L’histoire des invasions en est témoin. C’est pourquoi les musulmans ne reconnaissent pas la liberté religieuse, ni pour eux ni pour les autres. Et il n’est pas étonnant de voir tous les pays arabes et musulmans refuser d’appliquer en entier les “Droits de l'homme”institués par les Nations Unies.

Devant tous ces interdits et d’autres semblables faut-il supprimer les dialogue? Non, certainement pas. Mais il faut choisir les thèmes abordables et des interlocuteurs chrétiens capables et bien formés, courageux et pieux, sages et prudents … qui disent la vérité avec clarté et conviction …

On déplore parfois certains dialogues à la télévision où l’interlocuteur chrétien n'est pas à la hauteur de la tâche et n'arrive pas à donner de la religion chrétienne toute sa beauté et sa spiritualité, ce qui scandalise les auditeurs. Pire encore, il y a parfois des interlocuteurs clercs, qui, dans le dialogue, pour gagner la sympathie du musulman, appellent Mahomet prophète et ajoutent l'invocation musulmane connue et toujours répétée “Salla lahou alayhi wa sallam” (Que la Paix et les Bénédictions de Dieu soient sur lui).

Pour finir je suggère ce qui suit :

Comme le Coran a bien parlé de la Vierge Marie, en insistant sur sa virginité perpétuelle et sa conception miraculeuse et unique en nous donnant le Christ; comme les musulmans la considèrent beaucoup et demandent son intercession, nous devons recourir à elle dans tout dialogue et dans toute rencontre avec les musulmans. Étant la Mère de tous, elle nous guidera dans nos rapports avec les musulmans pour leur montrer le vrai visage de son Fils Jésus, Rédempteur du genre humain.

Qu’il plaise à Dieu que la fête de l’Annonciation déclarée au Liban fête nationale pour les chrétiens et les musulmans, devienne aussi fête nationale dans d'autres pays arabes.

- S. Exc. Mgr Flavien Joseph MELKI, Évêque titulaire de Dara des Syriens, Évêque de Curie d'Antioche des Syriens (LIBAN)

Le paragraphe 25 de l'Instrumentum Laboris appelle les chrétiens du Moyen-Orient à mettre tout en oeuvre, de concert avec les musulmans modérés et éclairés, afin de parvenir à instaurer dans les États islamiques, où ils vivent, une “laïcité positive” qui garantirait l'égalité de tous les citoyens reconnaissant le rôle bénéfique des religions. Cette réforme du régime politique et théocratique de nos pays, “faciliterait la promotion d'une démocratie saine”.

Ces propositions, si souhaitables et légitimes qu'elles soient, ont-elles des chances d’être mises en application? Est-il pensable que les pays arabes du Moyen-Orient, où le fondamentalisme ne fait que durcir, accepteront, dans un avenir prochain, d’abandonner leurs régimes théocratiques fondés sur le Coran et la Charia qui comportent une discrimination flagrante envers les non musulmans? Cela me semble relever du domaine de l’utopie, pour des siècles à venir.

Mis à part le Liban, les chrétiens du Moyen-Orient, qui sont au nombre de 15.000.000 environ, sont depuis quatorze siècles, soumis à des formes de persécutions multiples, de massacres, de discriminations, d’exactions et d’humiliations. De nos jours encore, au IIIème millénaire, nous assistons impuissants, le coeur meurtri, à l’épreuve de nos frères d’Iraq et à leur exode massif.

Faudrait-il attendre la disparition des chrétiens du Moyen-Orient pour élever la voix et réclamer, avec force, liberté, égalité et justice pour ces minorités religieuses menacées dans leur existence. Le monde civilisé, assistera-t-il dans l’indifférence à leur extinction ?

Il faut donc agir, sans tarder, pour réformer ces régimes islamiques. Les chrétiens du Moyen-Orient ne sauraient, à eux seul, atteindre cet objectif. Ils doivent être aidés par l'Église universelle et les pays démocratiques.

1- Le Saint-Siège pourrait intervenir, en ce sens, auprès des pays avec lesquels il entretient des relations diplomatiques.

2- Les pays européens, les États-Unis et les pays respectueux des droits de l'homme devraient faire pression, à tous les niveaux, sur les régimes qui portent atteinte aux droits inaliénables de la personne humaine, afin de les amener à réformer leurs lois, s’inspirant de la Charia islamique, traitant les minorités religieuses en citoyens de seconde zone.

Et pourquoi ne pas demander aux instances internationales de plaider la cause des chrétiens, victimes de discriminations et exiger des pays islamiques de traiter leurs sujets chrétiens, à l'instar des États européens, qui accordent aux musulmans minoritaires, devenus citoyens, les mêmes droits que leurs habitants d'origine.

En mobilisant de la sorte l’opinion internationale, les chrétiens auraient des raisons d’espérer et retrouveraient leur dignité de citoyens à part entière, ce qui les retiendrait de s’expatrier.

Il faut réclamer, sans cesse, nos droits lésés et notre dignité méconnue et agir inlassablement à redresser cette situation anormale suivant la parole du Christ: “Demandez et l'on vous donnera, frappez et l'on vous ouvrira”. Ou encore, suivre l’exemple de la pauvre veuve de l’Évangile, sans moyen de défense, qui, à force d'insistance, a pu finalement obtenir d’un juge inique, sans foi et sans coeur, que justice lui soit rendue.

http://yvesdaoudal.hautetfort.com via http://fn49.unblog.fr/

Re: Un évêque dit la vérité sur l’islam au synode

Publié : 23/10/2010 - 23:44
par Prodeo
.
Voilà une information qui remet bien des choses en place et éclaire d'une lumière nouvelle bien des idées reçues.

Merci Pat, pour tes infatigables recherches !

:wink:

Re: Un évêque dit la vérité sur l’islam au synode

Publié : 24/10/2010 - 9:54
par coq
Bonjour,
je rajoute cet article : source France soir http://www.francesoir.fr/etranger-relig ... tion.43060

« On ne peut pas se baser sur le thème de la Terre promise pour justifier le retour des juifs en Israël et l'expatriation des Palestiniens », a dit le président grec-melkite de la commission pour le message du synode pour le Moyen-Orient lors d'une conférence de presse.

Dans ce message, rendu public samedi, les évêques et patriarches orientaux affirment qu'il « n'est pas permis de recourir à des positions bibliques et théologiques pour en faire un instrument pour justifier les injustices ».
« Il n'y a plus de peuple préféré »

« Pour nous, chrétiens, on ne peut plus parler de Terre promise au peuple juif », terme qui figure dans l'Ancien testament, car cette « promesse » a été « abolie par la présence du Christ ».

Après la venue du Jésus, « nous parlons de Terre promise comme étant le royaume de Dieu », qui couvre la Terre entière, et est un « royaume de paix, d'amour, d'égalité (et) de justice », a-t-il expliqué.

« Il n'y a plus de peuple préféré, de peuple choisi, tous les hommes et toutes les femmes de tous les pays sont devenus le peuple choisi », a ajouté le prélat.

Il a par ailleurs mis en avant deux problèmes dans la solution préconisée par la communauté internationale et le Vatican d'instituer un Etat juif et un Etat palestinien pour résoudre le conflit au Proche-Orient.
Le problème du retour des déplacés palestiniens

Dans le cadre d'un Etat juif, il s'est inquiété du risque d'exclusion « d'un million et demi de citoyens israéliens qui ne sont pas juifs mais arabes musulmans et chrétiens ». Pour lui, il vaudrait mieux parler d'« un Etat à majorité juive ».

La question du « retour des déplacés palestiniens » est « aussi très grave », a-t-il ajouté. « Quand on va créer deux Etats, il va falloir résoudre ce problème », a affirmé Mgr Bustros.

Re: Un évêque dit la vérité sur l’islam au synode

Publié : 24/10/2010 - 10:08
par coq
Je rajoute la déclaration du Pape:
source : le point http://www.lepoint.fr/monde/synode-moye ... 661_24.php

Le pape Benoît XVI a dénoncé dimanche "les conflits, les guerres, la violence et le terrorisme" au Moyen-Orient, en clôturant officiellement le synode pour le Moyen-Orient réuni au Vatican, soulignant que "la paix est possible et urgente".

"Les conflits, les guerres, la violence et le terrorisme durent depuis trop longtemps au Moyen-Orient. La paix, qui est un don de Dieu, est également le résultat des efforts des hommes de bonne volonté, des institutions nationales et internationales, en particulier des Etats les plus impliqués dans la recherche d'une solution aux conflits", a-t-il dit au cours de son homélie prononcée en la basilique Saint-Pierre.

"Il ne faut jamais se résigner à l'absence de paix. La paix est possible. La paix est urgente. La paix est la condition indispensable pour une vie digne de la personnes humaine et de la société".

Son homélie a été précédée d'une procession solennelle dans la basilique réunissant les quelque 180 religieux en provenance du Moyen-Orient qui ont participé au synode et ont prié dans leurs langues respectives, en italien et latin, mais aussi en arabe, turc, hébreu ou farsi.

Le pape a invité à prier "pour la paix au Moyen-Orient", assurant que ses pensées vont vers "les nombreux frères et soeurs qui vivent dans la région du Moyen-Orient et se trouvent dans des situations difficiles (...) que ce soit pour des problèmes économique, par découragement, en raison de la tension et parfois de la peur".

Dans ce contexte, "les chrétiens (...) peuvent et doivent donner leur contribution (...) devenant constructeurs de paix et apôtres de la réconciliation au bénéfice de toute la société".

Le pape a également plaidé pour la liberté religieuse, estimant qu'"une autre contribution que les chrétiens peuvent apporter à la société est la promotion d'une authentique liberté religieuse et de conscience, un des droits fondamentaux que chaque Etat devrait toujours respecter".

Cette liberté "pourrait devenir l'objet d'un dialogue entre chrétiens et musulmans, un dialogue dont le caractère urgent et utile a été réitéré" par les participants aux synode, a ajouté Benoît XVI.

Le synode, qui a duré deux semaines, a achevé ses travaux samedi en demandant la fin de l'occupation israélienne "des différents territoires arabes" et affirmant que l'Etat hébreu ne peut pas s'appuyer sur la bible pour justifier une politique de colonisation.

Benoît XVI a par ailleurs annoncé à la fin de son homélie que le prochain synode général ordinaire aurait lieu en 2012 et que son sujet serait "la nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne".