IRAK : LES CHRÉTIENS ASSASSINÉS UN À UN A MOSSOUL
Publié : 02/06/2010 - 14:39
Les meurtres de chrétiens à Mossoul, la grande ville du nord de l'Irak, se sont dramatiquement accélérés depuis le début de l'année.
Le 12 janvier, un commerçant chrétien en fruits et légumes, Hikmat Sleiman, a été tué par balles.
Le 17 janvier, un autre commerçant en fruits et légumes, Saadallah Youssif Jorjis, syro-catholique, a été tué de la même façon.
Le 18 janvier, un épicier syro-catholique, Amjad Hamid Abdullahad, a également été tué par balles. Selon l'agence AsiaNews, plusieurs témoins ont rapporté que « l'assassinat a eu lieu devant les forces de sécurité, qui ont assisté à toutes les phases de l'attaque mais ne sont pas intervenues ».
Des sources de l'agence ont expliqué que « le gouvernement attribue ces attaques aux fondamentalistes d'Al Qaïda », mais qu'en réalité la communauté chrétienne est victime « de la lutte entre groupes de pouvoir » arabes et kurdes, surtout à l'approche des élections : « La tactique est d'assassiner les chrétiens, parce que les médias n'en parlent pas. » Sic.
Le 14 février, un chaldéen marchand de kebbé, Rayan Salem Elias, a été abattu devant chez lui, dans l'est de la ville.
Le 15 février, un marchand de primeurs syro-catholique, Mounir Fatoukhi, a été tué par des inconnus qui ont ouvert le feu à partir d'une voiture sur son magasin dans le quartier de Sahaba.
Le 16 février, dans le quartier d'Hay al Arabi, un homme est sorti d'une voiture et a tiré à l'arme automatique sur deux étudiants chrétiens qui se rendaient à la faculté. L'un d'eux a été tué et l'autre grièvement blessé. Le tueur a pu s'enfuir dans une voiture où l'attendaient deux complices.
Le 17 février, le corps d'un chrétien, Wissam George, 20 ans, a été découvert dans un quartier du sud de Mossoul. Le jeune homme « avait disparu tôt le matin alors qu'il se rendait à son école de formation des maîtres. Son corps portait plusieurs impacts de balles », a indiqué la police.
Le 20 février, on a découvert le corps d'Adnane al-Dahan, chrétien orthodoxe originaire de Syrie, qui avait été enlevé une semaine auparavant devant son épicerie du quartier d'Al-Habda. Le cadavre présente des traces de balles à la tête.
Le 23 février, un syro-catholique, Aishoua Maroki, et ses deux fils Mokhlas et Bassem, ont été tués par balles dans leur maison.
Ce jour-là, les trois archevêques de Mossoul, Mgr Georges Casmoussa, syro-catholique, Mgr Gregorios Saliba, syro-orthodoxe, et Mgr Émile Nona, chaldéen (successeur de Mgr Faraj Rahho, atrocement torturé et assassiné en 2008), remettaient au gouvernement local un appel commun :
« Ces actes répétés nous font croire que nous ne sommes pas désirés dans la ville, qui est pourtant notre patrie.
Les chrétiens ont participé directement et avec grande efficacité à l'édification de Mossoul et de toute la région, en offrant une contribution féconde dans l'art, la culture, la pensée, la créativité, ainsi qu'au plan économique et social. Ils sont reconnus de tous comme des éléments pacifiques et constructifs dans la société. C'est donc de cette manière que nous sommes récompensés ? Par une mise au ban de la ville, par une marginalisation dans la vie publique, par l'expulsion de nos terres ? Le sang de nos enfants, qui sont fils de l'Irak, le sang de nos évêques et de nos prêtres continuera à être versé impunément, sans aucune recherche des assassins ? L'État restera-t-il indifférent ? Pour cette raison, nous demandons au gouvernement de Mossoul et au gouvernement central à Bagdad d'assumer leur pleine responsabilité, d'œuvrer pour la sécurité des citoyens, spécialement pour les fidèles des minorités chrétiennes, qui sont les plus vulnérables et les plus pacifiques parmi les pacifiques ».
Le message se terminait ainsi : « Nous exigeons que les hommes du gouvernement donnent la priorité au respect de la loi et de l'État, en protégeant la sécurité et la confiance des citoyens. Nous demandons que les gouvernements ne gaspillent pas leurs forces dans des luttes partisanes pour le pouvoir et pour l'hégémonie », mais que « les actions criminelles soient poursuivies et que ceux qui ordonnent et que ceux qui exécutent les violences soient conduits devant la justice ».
Car les assassins ne sont jamais retrouvés, et les chrétiens recommencent de fuir Mossoul. Du temps de Saddam Hussein, ils étaient plus de 20 000. Ils sont aujourd'hui moins de 10 000. Mgr Casmoussa ajoutait à l'agence Fides : « Les autorités doivent assumer la pleine responsabilité pour sauvegarder la présence chrétienne à Mossoul. Nous avons besoin d'une intervention internationale pour pousser le gouvernement central et local à agir immédiatement. »
Le dimanche 28 février, quelques centaines de chrétiens ont osé manifester, non pas à Mossoul, mais à Hamdaniyeh, à 35 km de là, pour exiger la protection des autorités et la poursuite en justice des auteurs des meurtres de chrétiens. Une manifestation a eu lieu également à Bagdad, avec notamment l'évêque auxiliaire de l'archidiocèse chaldéen, Mgr Chlimoune Wardouni.
Ce dimanche-là, à Rome, le pape Benoît XVI faisait part de sa « profonde tristesse » devant « les nouvelles tragiques des récents meurtres de chrétiens dans la ville de Mossoul », et en appelait aux autorités civiles « pour qu'elles fassent tous les efforts possibles pour redonner la sécurité à la population et, en particulier, aux minorités religieuses les plus vulnérables ». Il ajoutait : « Je souhaite que l'on ne cède pas à la tentation de faire prévaloir les intérêts temporaires et partisans sur la protection et les droits fondamentaux de chaque citoyen. »
Quant au patriarche syro-catholique Mar Ignatius III Joseph Younan, il écrivait une lettre très ferme au Premier ministre Nouri al-Maliki, accusant les autorités irakiennes de ne rien faire pour arrêter le bain de sang à Mossoul et d'en être complices :
« Alors que nous vous écrivons, notre cœur saigne pour les nouvelles dramatiques qui nous arrivent chaque jour de Mossoul ou les chrétiens sont la cible permanente de criminels «inconnus». Ils sont tués, massacrés, harcelés dans les rues, dans les écoles et également chez eux, uniquement parce qu'ils appartiennent à une religion différente de celle de la majorité des habitants de la ville.
« Au cours des dix derniers jours, la ville de Mossoul à été le théâtre de l'assassinat d'au moins huit chrétiens. Le dernier meurtre à eu lieu le 23 février lorsqu'un commando armé a fait irruption dans la maison d'un chrétien tuant le père et ses deux fils sous les yeux de sa femme et de sa fille, épargnés par les criminels.
« Pire encore, personne ne cherche à rendre justice, ni ne pose la question du droit, tout comme personne ne punit les agresseurs. Croyez-nous : trop, c'est trop !
« Aucune conscience humaine ne peut accepter cette absence de sécurité à Mossoul, où il est devenu légal de tuer des innocents sans défense. Nous sommes surpris par les raisons des fonctionnaires du gouvernement et par leur échec ; nous ne pouvons qu'en déduire une complicité dans le processus de vider la ville de Mossoul des chrétiens qui vivent là depuis des siècles et où les pierres elles-mêmes sont imprégnées de la sueur de leurs ancêtres.
« Nous élevons notre voix et nous nous demandons : si les forces de sécurité en Irak n'ont pas pu protéger des citoyens innocents et vulnérables, pourquoi au nom de Dieu, ne donne-t-on pas aux innocents des armes pour se défendre plutôt que de les envoyer à l'abattoir comme des animaux ?
« Personne, ni aucune raison, ni élections, ni fonctions, ni conflits entre partis ne peut justifier ce qui arrive à Mossoul.
« Nous savons tous que les chrétiens irakiens n'ont jamais eu l'ambition du pouvoir, n'ont jamais agressé personne, et ne se sont jamais vengés contre les coupables. Le moment n'est-il pas venu pour votre gouvernement dans un État de droit de frapper d'une manière décisive et de punir les criminels et leurs complices à Mossoul ?
« Nous nous rendons compte, et vous disons clairement que la douleur qui opprime le cœur des chrétiens en Irak se transformera en colère bien au-delà du pays, où l'on assistera à des manifestations devant toutes les ambassades irakiennes pour condamner l'état d'insécurité ou se trouvent les chrétiens innocents de Mossoul.
« Confiant dans votre sagesse et votre impartialité, nous vous remercions. »
Mais on ne voit guère de manifestations devant les ambassades... Les chrétiens d'Irak, comme les coptes d'Égypte, sont les grands oubliés des défenseurs patentés des droits de l'homme...
Et l'on n'a pas entendu non plus la moindre réaction de la part des gouvernements occidentaux. Sauf un, le gouvernement italien, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, qui (une fois encore), sauve l'honneur- et montre ce qu'est la vraie laïcité.
Franco Frattini a en effet publié un communiqué où il exprime sa « profonde préoccupation face à la violation des droits et de la dignité de la communauté chrétienne ».
En fait, il réagit d'abord à « la déplorable diffusion, en Inde, dans un livre destiné aux écoles élémentaires, puis sur d'autres médias, d'un portrait blasphématoire de Jésus », qui a été suivie par des agressions visant « quelques jeunes chrétiens ». Il s'agit d'une image du Sacré-Cœur où le Christ tient d'une main une canette de bière et de l'autre une cigarette, découverte dans un livre adressé aux élèves d'écoles primaires dirigées par l'Église catholique de l'État de Meghalaya, en majorité chrétien. Le pire que cette image était utilisée pour illustrer le «i» du mot « idole » ...
Mais Franco Frattini citait également « les récents événements qui ont touché les minorités chrétiennes à Mossoul en Irak », et il invitait « les autorités locales à prendre toutes les initiatives possibles pour assurer la protection » de ces communautés.
Il concluait : « La liberté religieuse représente un droit fondamental que l'Italie ne cessera jamais de promouvoir et de défendre. »
YVES DAOUDAL RECONQUÊTE mars 2010
Le 12 janvier, un commerçant chrétien en fruits et légumes, Hikmat Sleiman, a été tué par balles.
Le 17 janvier, un autre commerçant en fruits et légumes, Saadallah Youssif Jorjis, syro-catholique, a été tué de la même façon.
Le 18 janvier, un épicier syro-catholique, Amjad Hamid Abdullahad, a également été tué par balles. Selon l'agence AsiaNews, plusieurs témoins ont rapporté que « l'assassinat a eu lieu devant les forces de sécurité, qui ont assisté à toutes les phases de l'attaque mais ne sont pas intervenues ».
Des sources de l'agence ont expliqué que « le gouvernement attribue ces attaques aux fondamentalistes d'Al Qaïda », mais qu'en réalité la communauté chrétienne est victime « de la lutte entre groupes de pouvoir » arabes et kurdes, surtout à l'approche des élections : « La tactique est d'assassiner les chrétiens, parce que les médias n'en parlent pas. » Sic.
Le 14 février, un chaldéen marchand de kebbé, Rayan Salem Elias, a été abattu devant chez lui, dans l'est de la ville.
Le 15 février, un marchand de primeurs syro-catholique, Mounir Fatoukhi, a été tué par des inconnus qui ont ouvert le feu à partir d'une voiture sur son magasin dans le quartier de Sahaba.
Le 16 février, dans le quartier d'Hay al Arabi, un homme est sorti d'une voiture et a tiré à l'arme automatique sur deux étudiants chrétiens qui se rendaient à la faculté. L'un d'eux a été tué et l'autre grièvement blessé. Le tueur a pu s'enfuir dans une voiture où l'attendaient deux complices.
Le 17 février, le corps d'un chrétien, Wissam George, 20 ans, a été découvert dans un quartier du sud de Mossoul. Le jeune homme « avait disparu tôt le matin alors qu'il se rendait à son école de formation des maîtres. Son corps portait plusieurs impacts de balles », a indiqué la police.
Le 20 février, on a découvert le corps d'Adnane al-Dahan, chrétien orthodoxe originaire de Syrie, qui avait été enlevé une semaine auparavant devant son épicerie du quartier d'Al-Habda. Le cadavre présente des traces de balles à la tête.
Le 23 février, un syro-catholique, Aishoua Maroki, et ses deux fils Mokhlas et Bassem, ont été tués par balles dans leur maison.
Ce jour-là, les trois archevêques de Mossoul, Mgr Georges Casmoussa, syro-catholique, Mgr Gregorios Saliba, syro-orthodoxe, et Mgr Émile Nona, chaldéen (successeur de Mgr Faraj Rahho, atrocement torturé et assassiné en 2008), remettaient au gouvernement local un appel commun :
« Ces actes répétés nous font croire que nous ne sommes pas désirés dans la ville, qui est pourtant notre patrie.
Les chrétiens ont participé directement et avec grande efficacité à l'édification de Mossoul et de toute la région, en offrant une contribution féconde dans l'art, la culture, la pensée, la créativité, ainsi qu'au plan économique et social. Ils sont reconnus de tous comme des éléments pacifiques et constructifs dans la société. C'est donc de cette manière que nous sommes récompensés ? Par une mise au ban de la ville, par une marginalisation dans la vie publique, par l'expulsion de nos terres ? Le sang de nos enfants, qui sont fils de l'Irak, le sang de nos évêques et de nos prêtres continuera à être versé impunément, sans aucune recherche des assassins ? L'État restera-t-il indifférent ? Pour cette raison, nous demandons au gouvernement de Mossoul et au gouvernement central à Bagdad d'assumer leur pleine responsabilité, d'œuvrer pour la sécurité des citoyens, spécialement pour les fidèles des minorités chrétiennes, qui sont les plus vulnérables et les plus pacifiques parmi les pacifiques ».
Le message se terminait ainsi : « Nous exigeons que les hommes du gouvernement donnent la priorité au respect de la loi et de l'État, en protégeant la sécurité et la confiance des citoyens. Nous demandons que les gouvernements ne gaspillent pas leurs forces dans des luttes partisanes pour le pouvoir et pour l'hégémonie », mais que « les actions criminelles soient poursuivies et que ceux qui ordonnent et que ceux qui exécutent les violences soient conduits devant la justice ».
Car les assassins ne sont jamais retrouvés, et les chrétiens recommencent de fuir Mossoul. Du temps de Saddam Hussein, ils étaient plus de 20 000. Ils sont aujourd'hui moins de 10 000. Mgr Casmoussa ajoutait à l'agence Fides : « Les autorités doivent assumer la pleine responsabilité pour sauvegarder la présence chrétienne à Mossoul. Nous avons besoin d'une intervention internationale pour pousser le gouvernement central et local à agir immédiatement. »
Le dimanche 28 février, quelques centaines de chrétiens ont osé manifester, non pas à Mossoul, mais à Hamdaniyeh, à 35 km de là, pour exiger la protection des autorités et la poursuite en justice des auteurs des meurtres de chrétiens. Une manifestation a eu lieu également à Bagdad, avec notamment l'évêque auxiliaire de l'archidiocèse chaldéen, Mgr Chlimoune Wardouni.
Ce dimanche-là, à Rome, le pape Benoît XVI faisait part de sa « profonde tristesse » devant « les nouvelles tragiques des récents meurtres de chrétiens dans la ville de Mossoul », et en appelait aux autorités civiles « pour qu'elles fassent tous les efforts possibles pour redonner la sécurité à la population et, en particulier, aux minorités religieuses les plus vulnérables ». Il ajoutait : « Je souhaite que l'on ne cède pas à la tentation de faire prévaloir les intérêts temporaires et partisans sur la protection et les droits fondamentaux de chaque citoyen. »
Quant au patriarche syro-catholique Mar Ignatius III Joseph Younan, il écrivait une lettre très ferme au Premier ministre Nouri al-Maliki, accusant les autorités irakiennes de ne rien faire pour arrêter le bain de sang à Mossoul et d'en être complices :
« Alors que nous vous écrivons, notre cœur saigne pour les nouvelles dramatiques qui nous arrivent chaque jour de Mossoul ou les chrétiens sont la cible permanente de criminels «inconnus». Ils sont tués, massacrés, harcelés dans les rues, dans les écoles et également chez eux, uniquement parce qu'ils appartiennent à une religion différente de celle de la majorité des habitants de la ville.
« Au cours des dix derniers jours, la ville de Mossoul à été le théâtre de l'assassinat d'au moins huit chrétiens. Le dernier meurtre à eu lieu le 23 février lorsqu'un commando armé a fait irruption dans la maison d'un chrétien tuant le père et ses deux fils sous les yeux de sa femme et de sa fille, épargnés par les criminels.
« Pire encore, personne ne cherche à rendre justice, ni ne pose la question du droit, tout comme personne ne punit les agresseurs. Croyez-nous : trop, c'est trop !
« Aucune conscience humaine ne peut accepter cette absence de sécurité à Mossoul, où il est devenu légal de tuer des innocents sans défense. Nous sommes surpris par les raisons des fonctionnaires du gouvernement et par leur échec ; nous ne pouvons qu'en déduire une complicité dans le processus de vider la ville de Mossoul des chrétiens qui vivent là depuis des siècles et où les pierres elles-mêmes sont imprégnées de la sueur de leurs ancêtres.
« Nous élevons notre voix et nous nous demandons : si les forces de sécurité en Irak n'ont pas pu protéger des citoyens innocents et vulnérables, pourquoi au nom de Dieu, ne donne-t-on pas aux innocents des armes pour se défendre plutôt que de les envoyer à l'abattoir comme des animaux ?
« Personne, ni aucune raison, ni élections, ni fonctions, ni conflits entre partis ne peut justifier ce qui arrive à Mossoul.
« Nous savons tous que les chrétiens irakiens n'ont jamais eu l'ambition du pouvoir, n'ont jamais agressé personne, et ne se sont jamais vengés contre les coupables. Le moment n'est-il pas venu pour votre gouvernement dans un État de droit de frapper d'une manière décisive et de punir les criminels et leurs complices à Mossoul ?
« Nous nous rendons compte, et vous disons clairement que la douleur qui opprime le cœur des chrétiens en Irak se transformera en colère bien au-delà du pays, où l'on assistera à des manifestations devant toutes les ambassades irakiennes pour condamner l'état d'insécurité ou se trouvent les chrétiens innocents de Mossoul.
« Confiant dans votre sagesse et votre impartialité, nous vous remercions. »
Mais on ne voit guère de manifestations devant les ambassades... Les chrétiens d'Irak, comme les coptes d'Égypte, sont les grands oubliés des défenseurs patentés des droits de l'homme...
Et l'on n'a pas entendu non plus la moindre réaction de la part des gouvernements occidentaux. Sauf un, le gouvernement italien, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, qui (une fois encore), sauve l'honneur- et montre ce qu'est la vraie laïcité.
Franco Frattini a en effet publié un communiqué où il exprime sa « profonde préoccupation face à la violation des droits et de la dignité de la communauté chrétienne ».
En fait, il réagit d'abord à « la déplorable diffusion, en Inde, dans un livre destiné aux écoles élémentaires, puis sur d'autres médias, d'un portrait blasphématoire de Jésus », qui a été suivie par des agressions visant « quelques jeunes chrétiens ». Il s'agit d'une image du Sacré-Cœur où le Christ tient d'une main une canette de bière et de l'autre une cigarette, découverte dans un livre adressé aux élèves d'écoles primaires dirigées par l'Église catholique de l'État de Meghalaya, en majorité chrétien. Le pire que cette image était utilisée pour illustrer le «i» du mot « idole » ...
Mais Franco Frattini citait également « les récents événements qui ont touché les minorités chrétiennes à Mossoul en Irak », et il invitait « les autorités locales à prendre toutes les initiatives possibles pour assurer la protection » de ces communautés.
Il concluait : « La liberté religieuse représente un droit fondamental que l'Italie ne cessera jamais de promouvoir et de défendre. »
YVES DAOUDAL RECONQUÊTE mars 2010