Il suffit de consulter Google, le célèbre moteur de recherche, pour constater que l'avalanche médiatique anti-pape est aujourd'hui d'une ampleur inouïe, Pour la qualifier, le proverbe s'impose : « Quand on veut tuer son chien, on dit qu'il a la rage »...
A voir « le courage de ne pas se laisser intimider par les potins des opinions dominantes » ! Conscient plus que quiconque dans l'Église « des souillures »(1) dont des prêtres l'ont accablée, Benoît XVI, lors de son homélie du dimanche 28 mars, indique, par cette phrase être prêt à affronter la campagne sans précédent que le monde mène contre l'Église et sa gestion personnelle dans ces affaires abominables d'abus sexuels de membres du clergé sur des mineurs.
Jour après jour, vague après vague, les médias révèlent, suggèrent ou manipulent de nouveaux scandales. S'il ne s'agissait que de faire éclater la vérité, nous n'aurions rien à leur objecter : l'Église n'a pas à craindre de la vérité même si elle est dérangeante ou affligeante car « rien n'est voilé qui ne sera révélé, rien de caché qui ne sera connu » comme dit le Christ. L'étalage sur la place publique des turpitudes de prêtres, de la gestion parfois pitoyable de ces affaires par des évêques et même par Rome, ne doit pas être un motif d'effroi mais être reçu comme une "épreuve", au sens le plus strict, destinée à purifier.
Toutefois, on voudra bien admettre que l'intention subjective des médias du monde n'est évidemment pas de nous purifier - même si, objectivement, ils peuvent paradoxalement y contribuer -, mais de nous «intimider» et de nous terrasser : « Les chrétiens aux lions ! ». C'est pour cela que la riposte catholique doit s'organiser et qu'elle commence à se manifester.
Les coups majeurs de la presse internationale notamment américaine et allemande - se sont concentrés sur la personne de Joseph Ratzinger comme archevêque de Munich, comme préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi et comme pape.
Joseph Ratzinger fut nommé archevêque de Munich et Freising le 24 mars 1977, une fonction qu'il occupa jusqu'au 15 février 1982, ayant été nommé le 25 novembre précédent préfet du Saint Office.
En septembre 1979, un prêtre pédophile avéré du diocèse d'Essen, en Allemagne, est suspendu de son ministère et transféré en décembre suivant vers l'archidiocèse de Munich pour y subir un traitement psychiatrique approuvé par l'archevêque Ratzinger. Le prêtre délinquant étant guéri, selon les thérapeutes, le vicaire général de Munich (et non l'archevêque lui-même) décide de redonner un ministère à ce prêtre qui, quelques années plus tard, sous l'archevêque successeur de Joseph Ratzinger, récidivera. C'est la preuve, pour le New York Times, que le pape fut complice, comme archevêque de Munich, des crimes pédophiliques de ce prêtre. Absurde. Si quelqu'un peut être tenu pour responsable, c'est le psychiatre qui l'estima guéri, et sur la foi duquel on remit, bien imprudemment, ce prêtre en activité : mais, dans ces années-là, c'est ce qui se pratiquait partout dans les sociétés occidentales - et qui continue à se pratiquer (voyez les cas des violeurs multirécidivistes aujourd'hui... ).
Dans un autre article, ce même New York Times affirme que le cardinal Ratzinger était « responsable de l'examen des cas d'abus sexuel pour le Vatican » sous Jean-Paul II. Faux. Jusqu'au motu proprio Sacramentorum sanctitatis tutela de Jean-Paul II du 30 avril 2001, la plupart des cas d'abus sexuels du clergé étant traités directement par les évêques diocésains, ceux qui remontaient à Rome étaient pris en charge par les tribunaux de l'Église, jamais par la Congrégation pour la doctrine de la foi. Le cardinal Ratzinger n'eut donc rien à voir, jusqu'à cette date, avec les dossiers d'abus sexuels de prêtres.
De nouveau dans le New York Times, deux autres articles l'accusent d'avoir « ignoré les mises en garde répétées, d'avoir détourné les yeux » puis d'avoir refusé de «défroquer» un prêtre américain coupable d'avoir violenté « 200 garçons sourds ». C'est typiquement de la surinterprétation. Le cas de ce prêtre est bien documenté. Directeur d'une école archidiocésaine pour les jeunes sourds de Milwaukee (Wisconsin), de 1963 à 1974, certains de ses abus sexuels furent dénoncés aux autorités civiles en 1973, mais il n'y eut aucune suite judiciaire. L'archevêque le releva de ses fonctions en 1974, lui accorda un « congé maladie » et le déplaça dans un autre diocèse... En 1993, vingt ans plus tard, le nouvel archevêque - depuis 1977 - fit procéder à une enquête sur ce prêtre au cours de laquelle il reconnut avoir abusé sexuellement dix-neuf garçons. L'archevêque ne fit rien jusqu'en 1996 où, soupçonnant chez ce prêtre le crime de « sollicitation au péché » lors d'une confession (canon 1387), il dut déférer le cas au Saint Office en vertu des dispositions de l'instruction Crimen Sollicitationis de 1962, et entama des démarches pour un procès civil. Le prêtre écrivit à la Congrégation en janvier 1998 évoquant la prescription des faits et demandant l'arrêt des poursuites, demande refusée en avril par la Congrégation : les cas de sollicitations étant imprescriptibles. Une réunion à Rome, le 30 mai 1998, entre l'archevêque de Milwaukee et le secrétaire de la Congrégation, Tarcisio Bertone alors archevêque, conclut que la prescription, selon les lois du Wisconsin, ne permettait plus un procès civil, que les éléments manquaient pour un procès canonique mais que l'archevêché devait priver le prêtre de toute célébration eucharistique et le condamner à « des peines médicinales » (entendues au sens canonique suspens ou autres). Le 19 août, l'archevêque écrivit à Tarcisio Bertone pour préciser les mesures qu'il s'apprêtait à prendre, mais le prêtre indigne décéda de mort naturelle deux jours plus tard. L'affaire était classée.
Le motu proprio de Jean-Paul II réservant désormais les cas d'abus sexuels de prêtres au Saint Office, le cardinal Ratzinger adressa à tous les évêques du monde, le 18 mai 2001, sa lettre De delictis gravioribus rappelant son attribution de compétence, les types de délits qui en relèvent et la procédure à suivre pour les évêques : le tout évidemment sujet au « secreto pontificio » non pas pour "cacher" les choses - rien n'est disposé dans la lettre prohibant de déférer le prêtre délinquant à l'autorité civile - mais pour garantir les droits des témoins, des victimes comme des prévenus (certains s' étant révélés innocents des allégations d'abus sexuels).
Avant le Motu proprio et la lettre du cardinal, personne à Rome n'assumait, volens nolens, la responsabilité de ce type de dossiers qui allaient engendrer une véritable crise, en janvier 2002, avec l'explosion du premier scandale majeur : celui des « prêtres pédophiles » aux États-Unis. Non seulement le cardinal Ratzinger a pris personnellement en charge l'étude de chacun de ces dossiers (environ 3000 - dont la plupart remontent aux années 1950-1970), mais il est devenu le meilleur connaisseur dans l'Église de ce problème, et il a mis en œuvre les réponses disciplinaires et canoniques qui s'imposaient avec une vigueur sans précédent non seulement dans l'Église mais dans toutes les institutions civiles de nos sociétés. Devenu pape, on comprend dès lors mieux la méthode expéditive qu'il a appliquée au cas du fondateur des Légionnaires du Christ, l'abominable P. Maciel et à celui du scandale irlandais...
Daniel Hamiche monde et vie : 3 avril 2010
(1). Chemin de Croix du Vendredi saint 25 mars 2005, une semaine avant la mort de Jean-Paul II.
Benoît XVI face aux hyènes
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