Regards chrétiens sur l'économie

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Regards chrétiens sur l'économie

Messagepar Prodeo » 24/03/2010 - 15:12

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Dossier : Regards chrétiens sur l'économie

Sur les ruines de ce que fut la chrétienté, nous voyons aujourd’hui s’accumuler de gros nuages noirs. L’économie moderne se trouve actuellement sous la domination d’un pays foncièrement païen qui, à lui seul, représente près de la moitié des richesses mondiales et asservit le reste du monde à ses propres intérêts. Sous couvert d’ouverture et de mondialisme obligatoire, les dirigeants des autres pays acceptent cette situation comme allant de soi. L’admiration du plus fort et l’espoir de recevoir les miettes du festin entretiennent une docilité malsaine. Nous sentons bien que nous ne devons pas subir passivement. Mais la complexité du monde porte à réfléchir : que faire ?

En raison de l’importance prise par l’économie à notre époque, constituer un dossier de quelques pages sur le sujet était probablement, pour Civitas Entreprise, une gageure ou une folle prétention. Nous l’avons tenté en jetant un « regard chrétien sur l’économie » car il fallait bien commencer de dérouler, pour les lecteurs de la revue, le fil conducteur selon lequel se développent les réflexions que nous avons décidé de poursuivre en réponse aux encouragements reçus.

Nous n’avons pas cherché à être exhaustifs, mais plutôt à esquisser le cadre de notre démarche :

En premier lieu, nous donnons un éclairage catholique, dans la ligne désormais bien connue de l’Institut Civitas, sur l’activité économique en nous référant à l’histoire, aux Écritures, et à la Doctrine Sociale de l’Église. Ces principes et finalité se sont concrétisés dans les siècles chrétiens et ont vécu dans nos institutions. Il en reste encore quelques traces avec le corporatisme et le mutualisme.

Nous verrons ensuite comment la révolution a joué son rôle destructeur. D’abord, en désorganisant la monnaie permettant à un seul pays de dominer le monde. Il s’impose comme le plus gros prêteur et le plus gros emprunteur, dictant ainsi sa loi. Il règne par sa monnaie, même déconnectée de l’économie réelle. La consolidation de cette hégémonie se manifeste par ce qu’on désigne sous le vocable de « mondialisation ». Pour parachever l’édifice, il suffisait de construire une philosophie qui remplace la religion, la politique, la morale, l’art… Le professeur Rousseau nous explique cette nouvelle philosophie de l’économisme.

Enfin, après le tableau de ce que peut faire une humanité désireuse de se débrouiller toute seule sans référence à son créateur et à son rédempteur, nous verrons que nous ne devons pas croiser les bras. Il existe encore des espaces de liberté dans les petites entreprises, où se garde la notion de métier. De même, pour ceux qui travaillent dans de grandes entreprises ou des administrations, des actions vraiment catholiques peuvent être menées à partir d’une réforme spirituelle et morale.

Ce dossier est réalisé par l'équipe de Civitas Entreprise et d'autres suivront. Nous remercions les auteurs amis qui nous apporté leur soutien concret en nous confiant des articles.

Cette page en pdf.

Source : Civitas.
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« Vae caecis ducentibus, vae caecis sequentibus !
[Malheur aux aveugles qui mènent ! Malheur aux aveugles qui suivent !] » Saint Augustin.
« On sait par quelle fatalité les grands talents sont, pour l’ordinaire, plus rivaux qu’amis ; ils croissent et brillent séparés, de peur de se faire ombrage : les moutons s’attroupent, et les lions s’isolent. » Comte A. de Rivarol.

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Re: Regards chrétiens sur l'économie

Messagepar Prodeo » 24/03/2010 - 15:22

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Présentation du travail et de l’orientation de Civitas entreprise

Tout comme Civitas Institut, Civitas Entreprise a pour but de collaborer à l’instauration du règne social de Notre Seigneur Jésus-Christ. Notre réflexion sur le monde du travail part des interrogations suivantes : quelles sont les causes de la déchristianisation actuelle de notre société ? Comment en est-on venu à parler d’apostasie silencieuse ?


L’esprit technique

Nous examinons l’entreprise dans son environnement économique. Notre analyse s’effectue suivant la doctrine sociale de l’Eglise. Notre monde, dominé par la science et par la technique porte à croire que la direction et l’organisation des entreprises n’est qu’une affaire technique, voire scientifique. Que viennent donc faire les préoccupations morales et religieuses dans la science et dans la technique ? Aux obligations morales, l’homme moderne, jaloux de son indépendance, attaché à l’autonomie de sa conscience, préfère la Science, la Technique ou l’Economie, qu’il écrit avec des majuscules. « La grande misère de l’ordre social, disait Pie XII [1], est qu’il n’est ni profondément chrétien, ni réellement humain, mais uniquement technique et économique et qu’il ne repose nullement sur ce qui devrait être sa base, et le fondement solide de son unité, c’est à dire le caractère commun d’hommes par la nature et de fils de Dieu par la grâce de l’adoption divine. »


En fait, ni le travail ni l’économie ne peuvent échapper aux obligations morales, dans la mesure où l’homme n’a pas seulement des besoins matériels à satisfaire. Il est en même sujet de droits et de devoirs : nécessité de tirer de son travail sa subsistance, mais devoir de faire vivre et d’élever sa famille. Devoir d’accomplir le travail auquel il s’engage, mais droit de recevoir une juste rémunération en retour etc. La question morale ne saurait être éludée : elle se présente comme un ordre à établir, à maintenir ou à perfectionner. C’est une question pratique qui se préoccupe du pourquoi. En revanche, la technique ou la science moderne se penchent sur le comment.

L’entreprise pense sa production sous forme de process qui cherchent à maîtriser l’enchaînement des tâches. Pour autant, les théories de management ne sont pas neutres vis à vis de l’homme comme peuvent l’être les sciences qui étudient les lois de l’optique ou de l’électricité. Les courants d’organisation des entreprises traduisent différentes conceptions de l’homme et de la société. Ils présupposent des « normes » comportementales qui correspondent bien aux impératifs de développement des entreprises tels qu’ils les conçoivent, mais ces impératifs coïncident-ils assurément avec les préceptes religieux et moraux enseignés par l’Eglise ? L’organisation des entreprises ne peut s’abstraire de la morale car l’entreprise est bien obligée de tenir compte non seulement de ses engagements envers ses salariés et ses partenaires, mais aussi de ses obligations envers la société en inscrivant son activité dans le cadre du bien commun. Qu’en est-il dans les faits ?

Qu’il s’agisse du taylorisme, qui transforme le sujet humain en objet technique, ou du management moderne prônant un homme autonome, nous ne trouvons pas la doctrine de l’Eglise.


L’autonomie de l’homme

Dans l’entreprise, le désir d’autonomie de l’homme s’est traduit par le productivisme : l’homme prouvait ainsi qu’il tirait tout de son propre fonds. Cette fausse autonomie est la véritable pierre d’achoppement : l’homme dépend de Dieu. Le fait qu’il puisse se nourrir grâce aux dons que lui procure la création et grâce à la technique – qui vient de Dieu – ne l’exonère pas de ses devoirs envers le Créateur et ne change pas sa nature : l’homme ne peut aller vers son bien que s’il observe les règles morales. C’est pourquoi nous faisons notre le constat que dressait Pie XII [2] : « La contrefaçon des desseins de Dieu s’est opérée à la racine même, en déformant la divine image de l’homme. A sa véritable figure de créature, ayant origine et destin en Dieu, a été substitué le faux portrait d’un homme autonome dans sa conscience, législateur incontrôlable de lui-même, irresponsable envers ses semblables et envers le groupe social, sans autre destin hors de la terre, sans autre loi que celle du fait accompli et de l’assouvissement indiscipliné de ses désirs. »

Le travail salarié implique une acceptation des buts de l’entreprise ainsi que des moyens mis en œuvre. L’organisation des entreprises propose à la conscience de chacun, des normes comportementales et sociales. De proche en proche se forgent des cadres de références, des hiérarchies de valeurs que les hommes intériorisent au cours d’une longue pratique. Un catholique ne peut se laisser modeler ainsi sans examen critique préalable. L’étude des courants d’organisation répond donc à un enjeu important. Le regard que nous portons est critique. Redisons ici, afin d’éviter de regrettables malentendus, que nous ne confondons pas le travail avec les théories sur le travail, ni les entreprises, qui font ce qu’elles peuvent, avec les théories d’organisation. Notre propos n’est pas de juger telle ou telle entreprise et encore moins les hommes d’entreprise. Nous voulons d’abord inventorier ce qui fait obstacle à la doctrine sociale de l’Eglise. Nous voulons d’abord expliquer pourquoi le monde du travail est totalement déchristianisé et moralement agnostique. L’explication se trouve dans le contenu des théories de management et bien sûr dans l’influence qu’elles exercent.


L’étude des écoles d’organisation

Le travail de Civitas Entreprise s’est d’abord concentré sur le taylorisme, apparu au début du XXe siècle et qui n’est pas mort aujourd’hui. Il s’agit de cette philosophie de l’organisation qui regarde toutes les activités de l’entreprise et de l’homme au travail comme un processus technique. Elle part d’une vision mécanique de la production, qui sépare l’organisation d’une part et l’exécution d’autre part, conception en amont et réalisation en aval. Le travail humain fait partie du processus. L’homme est inséré dans l’organisation comme un robot ou n’importe quel outil. Il dépend de la machine. Le taylorisme c’est le travail à la chaîne, la production en série, les concentrations capitalistiques, les masses ouvrières, le travail dépersonnalisé.

L’actualité de cette étude réside dans le fait que le taylorisme n’est pas mort. Quoiqu’on en pense, l’informatique ou les procédures qualités engendrent une dépersonnalisation du travail et rendent l’homme dépendant d’un système mécanique impersonnel. Certes, elles pourraient ne pas le faire, mais, par le statut qu’on leur accorde, elles le font. Le facteur humain est remplacé par le facteur technique [3]. « Des conceptions d’inspiration nettement matérialiste détruisent consciemment la personnalité humaine et tendent à faire de l’individu un élément de masse, en utilisant pour atteindre leur but, sans considération d’aucune sorte, la situation technique, économique et sociale. »

La conception chrétienne du travail dit que l’homme est sujet de son travail, sujet de l’organisation et non « objet » qu’on organise, sujet de l’économie et non simplement facteur de consommation et de production.


En contrepoint du taylorisme vient le courant humaniste, inauguré dans le management par Elton Mayo. Cet australien découvre dans le monde du travail l’importance du facteur humain. Mais ses observations tendent à majorer l’importance des facteurs affectifs. C’est au niveau des sentiments qu’il porte son attention. Pour lui, les attributs essentiels de l’âme humaine ne sont ni l’intelligence, ni la volonté, mais plutôt des besoins. Besoin d’être reconnu, de jouer un rôle dans un groupe ; besoin de considération, d’être consulté sur les conditions de travail, (quelles que soient d’ailleurs les décisions prises après consultation).


Reste que F.W. Taylor et E. Mayo, en faisant apparaître une dimension technique et une dimension humaine dans l’organisation du travail, ont fourni aux réflexions sur le management une matrice utilisée encore de nos jours. S’y sont appliqués Blake et Mouton, Rensis Likert, Hersey et Blanchard. Les schémas qui en sont sortis pèchent tous par deux erreurs. La première, est de situer l’autorité dans la dimension technique, alors que l’autorité est une vertu morale dont le propre est de promouvoir et de défendre le Bien commun. La deuxième est de confondre la dimension humaine avec la sensibilité, les sentiments, la subjectivité. Tout se passe comme si l’intelligence n’était que technique. Au total, la morale n’est nulle part.

Démonstration est faite, s’il en était besoin, qu’on ne peut bâtir de morale à partir d’erreurs en série sur la nature humaine.


L’homme n’est ni uniquement ni même principalement, tel l’animal, un être de besoins

Se développent dans la deuxième moitié du XXe siècle, des théories sur les besoins de l’homme au travail. Douglas Mc Gregor, Abraham Maslow, Frédérick Herzberg sont les auteurs les plus connus. Ils répondent à un besoin spécifique de l’après-guerre (1945). A l’époque de la guerre froide, le marxisme attaquait le monde libéral principalement par une critique des entreprises qu’il réputait être des lieux d’exploitation et d’aliénation. La réponse des Etats-Unis a été (et est encore) de présenter l’entreprise comme un lieu d’épa-nouissement, où l’homme peut satisfaire ses besoins fondamentaux. L’entreprise est décrite dans une perspective fonctionnaliste, c’est à dire qu’on assigne au management la tâche de trouver l’organisation qui satisfera le mieux les besoins des hommes. En outre, la satisfaction des besoins est un facteur de productivité. Tout est donc pour le mieux : tout le monde y gagne. De nos jours encore, il est difficile de se défaire de la séduction de ces théories. F. Herzberg, en particulier, emporte l’adhésion des tenants du management participatif. Il a laissé son empreinte par le développement des groupes autonomes ou semi-autonomes et par la notion d’enrichissement des tâches.

Si tout était faux dans ces théories, elles n’auraient jamais eu aucun succès. Il faut nous interroger sur la conception de l’homme qu’elles proposent. Pour elles, l’homme est un être de besoins. Soit, mais les plantes et les animaux ont également toutes sortes de besoins. Ces théories ne cernent pas l’essentiel. Le terme de «besoin» est par ailleurs beaucoup trop imprécis pour ne donner qu’une seule théorie claire et univoque. Les besoins sont au management ce que les droits de l’homme sont à la politique. La charge idéologique est importante. C’est ainsi que Mc Gregor et A. Maslow en arrivent a présenter les besoins fondamentaux dans une perspective évolutionniste progressiste, recoupant les âges de l’humanité. Bien sûr, l’âge le plus avancé correspond à l’individualisme américain. F. Herzberg est dans la même mouvance. Qu’on y regarde bien : les facteurs (ou besoins) sociaux recensés par Herzberg ne sont que des « facteurs d’hygiène », dont la puissance de satisfaction est relativement modeste. Au contraire, les facteurs valorisants (intérêt du travail en lui-même, responsabilité, progrès personnel, promotion) se trouvent sur un registre individualiste. Les théories des besoins révèlent une tragique méconnaissance du rôle social des hiérarchies, de la société et singulièrement une insouciance totale vis à vis du bien commun.


La faiblesse de ces théories est d’accorder aux besoins le statut d’éléments essentiels constitutifs de la nature humaine. C’est vouer l’homme à la recherche éperdue de soi, c’est l’approcher dangereusement de l’animal dominé par ses instincts, c’est refuser à l’intelligence et à la volonté leur place prépondérante, c’est détruire les bases de la loi naturelle, c’est brouiller les pistes et abîmer l’homme créé à l’image de Dieu.


Les stratégies d’entreprises et le management participatif

On doit à Alfred Chandler la mise en évidence des stratégies d’entreprises. Cet historien s’est principalement attaché à étudier les structures et les stratégies d’entreprise en observant les grandes sociétés américaines entre 1850 et 1920. Sont mises en évidence, les correspondances entre le produit d’une entreprise, sa place sur le marché, son mode de diffusion, sa structure (centralisée ou décentralisée) et finalement sa politique de relations humaines, ses valeurs et ses croyances.

C’est dans la perspective de la stratégie d’entreprise que nous avons étudié le management participatif, objet de tant d’illusions et de tant d’équivoques. Nous avons rappelé ses origines douteuses Carl Rogers, Moreno, chantres de la dynamique de groupe. Certes le management participatif prône la décentralisation, la direction par objectif, la délégation, la responsabilisation des acteurs. Tout cela peut convenir à une conception chrétienne de l’homme qui semble enfin reconnu comme un être capable de poser des actes intelligents et responsables. Mais, dans le même temps, le management participatif exprime une défiance vis à vis de la hiérarchie, ce qui dénote toujours la même incompréhension de l’organisation sociale et de la nécessité de promouvoir le bien commun). Le mangement participatif favorise le travail d’équipe, mais combat en même temps la notion de communauté de travail en prônant le changement et l’instabilité. Sa conception de l’homme est celle d’un individu autonome, c’est à dire sans liens ni attaches sociales, d’un individu rationnel, qui travaille pour satisfaire ses besoins.

Une des formes les plus extrêmes et les plus instables du management participatif est illustrée par le Reengineering.

Cette forme d’organisation est motivée par l’observation (vraie) que les services et les fonctions d’un organigramme présentent une fâcheuse tendance à cloisonner, à saucissonner l’entreprise. Pour pallier l’inconvénient, le reengineering diminue ou supprime les fonctions classiques et organise le travail de l’entreprise selon des processus de base tels que le lancement de nouveaux produits, l’amélioration du cycle financier, la réponse aux besoins des clients, etc. C’est ce qu’on appelle travailler en «structures plates» ou encore en « structures transverses ». Cette organisation cherche en fait à traiter techniquement le problème moral numéro un de toute collectivité, de toute communauté : comment décloisonner, c’est à dire comment travailler en évitant les comportements égoïstes individualistes, ou étroitement corporatistes. La réponse est aisée : en mettant en évidence le bien commun et en mobilisant la hiérarchie pour cela. Mais au lieu d’en revenir aux considérations morales de base, le management préfère une «technique d’organisation». Or la technique ne remplace jamais le sens moral.


Les théories de communication et de relations dans l’entreprise

Comme mentionné plus haut, les théories de management ne sont pas moralement ou humainement neutres. Elles se fondent sur une vision de l’homme et de la société souvent incompatible avec l’enseignement de l’Eglise. Cette impossibilité à se maintenir dans lune attitude neutre est prouvé par l’usage abondant de méthodes de communication telles que l’analyse transactionnelle (A.T) ou la Programmation Neuro-Linguisituqe (PNL).

Le premier outil de l’Analyse transactionnelle résulte de la présentation structurale du moi en trois parties : le Moi-Parent :siège de l’Appris, des comportements inculqués, des prescriptions morales ; le Moi-Adulte : siège de la pensée et du raisonnement ; le Moi-Enfant : siège du senti, des impulsions, de la vitalité.

Cette présentation (qu’on appelle le P.A.E.) suffit à montrer ce qui sépare l’analyse transactionnelle de la conception chrétienne de l’homme. En effet, pour un catholique, la morale naturelle, qui est écrite dans le cœur de l’homme, a une valeur transcendante, universelle. Elle ne résulte pas de l’éducation. Elle peut et elle doit s’appliquer sous tous les climats. L’éducation permet l’observance de préceptes. Elle ne les décide pas. La morale guide l’homme vers son bien véritable. Mais la morale ne se réduit pas à l’observation d’un code prédéterminé. L’intelligence intervient pour discerner ce qui est bien. Ce qu’il convient de faire dans une situation donnée apparaît dans la conscience par un jugement, sous la forme de l’obligation morale.

Dire que la morale est la résultante de l’appris, alors que l’intelligence se trouve dans l’instance «adulte», c’est donner à la morale un jour sans intelligence, bêtement conservateur, irrationnel. C’est présupposer que la morale n’a que le statut précaire de l’imitation, de l’habitude non remise en question, du psittacisme. Alors que pour un catholique, l’homme, par sa propre intelligence, est capable de découvrir, et à tout le moins capable de juger ce qui est bon. Certes, l’éducation joue un grand rôle, mais justement, cette éducation éveille l’intelligence en apprenant à faire le bien et à éviter le mal.

Dans la même perspective, nous étudions également la sœur jumelle de l’A.T. : la Programmation Neuro Linguistique


Le management à l’âge de la mondialisation

La stratégie actuelle des organisations mondiales préconise l’organisation en réseaux. Ce mode de fonctionnement implique une plus grande flexibilité et une nouvelle définition de la relation de travail. Cette organisation doit être évaluée non seulement sous l’aspect technique, mais également sous le triple aspect relationnel des hommes entre eux, des entreprises entre elles et de l’entreprise avec l’Etat et la société.

A très peu près, tout le monde s’accorde à voir dans l’évolution actuelle une diminution ou même une élimination des Etats-nations dans le domaine économique au profit des entreprises et de la loi du marché. Ce ne sont plus les Etats qui décident d’une politique économique, mais les entreprises qui régulent et dictent leurs conditions aux Etats. Elles en arrivent à influencer d’autres domaines connexes à l’économie tels que la culture, la démographie, l’université, etc. Il s’ensuit une confusion entre politique et économie. L’économie, par essence est de caractère privé (initiative de la production, caractère privé de la consommation), tandis que la politique, par essence, se préoccupe de ce qui est public. Pie XII [4], intervenant sur la question, enseignait : « toute l’activité politique et économique de l’Etat est ordonnée à la réalisation durable du bien commun, à savoir la réalisation des conditions extérieures nécessaires à l’ensemble des citoyens pour développer leurs qualités, leurs fonctions, leur vie matérielle intellectuelle et religieuse. »

La réflexion morale principale porte sur le problème suivant : la politique a pour finalité le bien commun. Les entreprises aux intérêts divergents, prises dans une concurrence très forte, ne peuvent se préoccuper du bien commun de la collectivité. Si le politique est soumis à l’économique, que devient le bien commun ?

Antoine-Marie Paganelli


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Source : Civitas.

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[1] Allocution du 31 janvier 1952
[2] Radio message du 23 décembre 1950
[3] (Pie XII Lettre à la Présidente de la Fédération des femmes catholiques allemandes 17 juillet 1952)
[4] Radio message 24 décembre 1942
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« Vae caecis ducentibus, vae caecis sequentibus !

[Malheur aux aveugles qui mènent ! Malheur aux aveugles qui suivent !] » Saint Augustin.

« On sait par quelle fatalité les grands talents sont, pour l’ordinaire, plus rivaux qu’amis ; ils croissent et brillent séparés, de peur de se faire ombrage : les moutons s’attroupent, et les lions s’isolent. » Comte A. de Rivarol.

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Re: Regards chrétiens sur l'économie

Messagepar Miroir » 24/03/2010 - 19:07

Il est exact que les auteurs de ce texte n'écrivent pas les mêmes conneries que les autres, mais ils en écrivent tout autant, hélas! :roll:
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Re: Regards chrétiens sur l'économie

Messagepar Prodeo » 24/03/2010 - 19:20

Miroir a écrit :Il est exact que les auteurs de ce texte n'écrivent pas les mêmes conneries que les autres, mais ils en écrivent tout autant, hélas! :roll:

Vas-y raconte et développe ! C'est intéressant.

:wink:
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« Vae caecis ducentibus, vae caecis sequentibus !

[Malheur aux aveugles qui mènent ! Malheur aux aveugles qui suivent !] » Saint Augustin.

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Re: Regards chrétiens sur l'économie

Messagepar Prodeo » 24/03/2010 - 19:31

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L'économie selon le droit naturel et chrétien

Étymologiquement, l’économie est la science de la « bonne administration de la maison ». En philosophie, l’économie est la « science » qui s’intéresse à la recherche des conditions matérielles du bonheur. Développons ces notions.

Notions premières d’économie

Commençons par rappeler quelques notions. Les principaux acteurs de la vie économique sont les entreprises, les ménages, les administrations. Les fonctions de ces acteurs de la vie économique sont variées et complémentaires :

Les entreprises, les administrations produisent des biens et des services, par l’action combinée du travailleur (le facteur travail), et de ses outils, (le facteur Capital). Il en résulte une production.

Les ménages et les collectivités en général, (les communautés religieuses comme les autres d’ailleurs) ont une activité économique qui consiste à consommer. La consommation peut être immédiate ou différée. Dans ce dernier cas, la consommation est appelée épargne. Dans les entreprises et les administrations l’épargne est généralement placée et sert à financer le développement et le renouvellement des outils de production. On parle alors d’investissement.

Dans leur activité, les entreprises et administrations consomment des biens et services achetés à d’autres entreprises et administrations. On appelle cela des consommations intermédiaires.

Ces termes élémentaires recouvrent des réalités économiques dont la finalité est de concourir au bonheur matériel des hommes en répondant à leurs besoins. Mais ces mêmes réalités, lorsqu’elles sont introduites dans le désordre ou vécues de manière anarchique sur la scène du monde, peuvent constituer la source de drames, de guerres ou de révolutions. Rien n’est neutre en économie. Il est pernicieux de faire croire que les échanges économiques échappent à la morale et ne peuvent qu’apporter la paix aux hommes : tout dépend de la finalité qu’on assigne à l’économie et de l’équilibre qu’on peut réaliser entre ses différentes composantes.

Conception naturelle et chrétienne de l’économie

L’ordre et l’équilibre doivent donc être au nombre des préoccupations économiques.

Selon le Droit Naturel : pourvoir à ses besoins par la consommation

L’économie a pour but de favoriser matériellement le bonheur. « Celui-là est heureux qui a ce qu’il veut, et qui ne veut rien de mal » nous dit saint Augustin (De Trinitate) En économie cela se traduit par la consommation. Citons Rerum novarum « Travailler, c’est exercer son activité dans le but de se procurer ce qui est requis pour les divers besoins de la vie, mais surtout pour l’entretien de la vie elle-même ».

Expliquons-nous. Seul sur son île, Robinson a commencé par se procurer ce dont il avait besoin pour vivre et par manger ce qu’il trouvait. Certes, par la suite, il a fabriqué des outils, labouré, construit des canaux d’irrigation. Ce sont des activités productives d’investissement dans l’outil de production, de constitution de capital productif, d’une production dont il épargnait une partie pour les jours d’hiver ou de sécheresse. Nous ne connaîtrions pas son histoire s’il avait vécu comme une cigale. Mais la production, la constitution d’outils, l’épargne etc. étaient destinées à sécuriser sa consommation. Il pourvoyait ainsi à l’entretien de sa vie elle-même.

La finalité est la consommation. On peut encore le démontrer par l’absurde. L’économie soviétique s’enorgueillissait d’obtenir des productions supérieures aux prévisions du Plan. Ainsi, dans les forêts d’Asie centrale s’amoncelaient des tas de bois coupé qui pourrissaient sur place pendant que le pays entier souffrait du froid car il n’y avait pas les infrastructures pour les acheminer sur les lieux de consommation. Une surproduction ou même une production suffisante peut cohabiter avec la misère et le gaspillage. En y réfléchissant bien, une inversion des fins analogue existe dans l’économie libérale quand celle-ci met sa finalité dans l’appât du gain par la spéculation sans créer de richesses ou quand elle dope par la publicité et le crédit une consommation inutile et disproportionnée qui met plus d’un ménage en difficulté.

Selon la Révélation

Personne n’a trouvé dans la Révélation de Traité d’Économie. Pourtant cette préoccupation est présente dès l’origine.

Dieu a dit : « Faisons l’homme à notre image » (Gn. I, 26). Dieu a aussi dit à l’homme, avant la chute, « croissez, multipliez, dominez toute la terre » (Gn. I, 27-28). Le travail est l’un des modes d’action qui réalise l’aspect créateur de l’image de Dieu que l’homme a reçu à sa création. La chute originelle n’a pas anéanti la nature humaine. Elle l’a gravement blessée, mais elle ne l’a pas détruite. De là vient que nous pouvons trouver dans le travail un certain bonheur et du plaisir à créer ou simplement à contribuer à la réalisation de quelque chose. Voilà pourquoi nous cherchons à sortir de la routine et à nous dépasser dans le travail. Nous devons exercer un métier (et non occuper un job ou nous occuper dans un job). Les hommes revêtus de la dignité d’enfants de Dieu, la seule vraie dignité, exercent un métier. Le désordre actuel de la multiplication des petits boulots précaires atteste que notre société s’éloigne de la norme.

Ce n’est qu’après la chute que le travail a trouvé son caractère de pénitence et de peine. En tant que punition, il est fatigant, voire harassant. (Genèse III, 17 « A l’homme Dieu dit « Parce que tu as écouté la voix de ta femme et que tu as mangé de l’arbre dont je t’avais interdit de manger, maudit soit le sol à cause de toi ! À force de peine tu tireras subsistance tous les jours de ta vie. Il produira pour toi épines et chardons et tu mangeras l’herbe des champs. À la sueur de ton visage tu mangeras ton pain jusqu’à ce que tu retournes au sol puisque tu en fus tiré. ») Nous devons accomplir le travail dans un esprit de pénitence, soumettre notre corps et nos sentiments à notre esprit et notre esprit à Dieu. L’ordre des choses implique donc un équilibre : que nous n’en fassions ni trop ni trop peu. En effet le sacrifice dans le travail ne doit pas aller contre notre obligation première d’honorer, louer, servir Dieu ni contre nos autres devoirs d’état envers notre famille et la cité. Ces deux dimensions caractérisent le travail humain.

La vie laborieuse est le lot des hommes. C’est pourquoi le travail engendre des droits qui nous permettent d’accomplir nos devoirs. L’État et les entreprises se doivent d’aménager les conditions qui nous permettent d’exercer un métier. Le bien commun, qui justifie la société, ne peut pas être assuré sans le travail.

Respect des finalités : condition de l’équilibre économique

Nous avons vu que la finalité économique est la consommation. Encore faut-il préciser ce dont il s’agit : consommation raisonnable, et non gaspillage, voire pillage de la planète au mépris des générations passées et surtout futures. Il s’agit d’une consommation réglée par les besoins réels de la vie et non par des besoins fantaisistes, artificiels ou dépravés qui dégradent et compromettent la vie. (Cf. Rerum novarum op. cit.)

La production, la distribution, l’épargne, l’investissement sont des activités économiques importantes, certes, mais au service de la consommation. Ce ne sont pas des finalités de l’économie. L’ignorer engendre des désordres. Si nous en faisons des finalités, nous nous trouvons en situation d’inversion des causes et des effets, avec de nombreuses conséquences perverses. Mais revenons aux principes pour clarifier notre propos.

Le lien de subordination

Il est important de noter un premier désordre : la folie destructrice de la loi Le Chapelier supprimant les corporations et donc le contrat collectif. L’esprit productiviste était déjà à l’œuvre. Depuis cette époque, le contrat de travail est un contrat de subordination et nous vivons toujours sur ces principes. Rien n’est moins catholique.

Bien sûr, dans l’organisation d’un travail il faut définir qui fait quoi, comment se prennent les décisions, pour qui on travaille, à qui on « rapporte ». Mais de là à mettre les employés en régime de subordination, il y a un pas que nous ne franchissons pas. Le lien de subordination, qui est le principe du contrat de travail, ignore la véritable nature humaine. L’être humain est doté d’intelligence et de volonté. Il est donc capable de poser des actes responsables où sa volonté agit librement. La subordination ne se conçoit que par rapport au bien commun social, au respect dû aux responsabilités exercées par d’autres personnes. Elle se conçoit donc relativement à une collectivité (à une association) et non dans un contrat à caractère commercial, conclu de personne à personne, de gré à gré, comme c’est actuellement le cas. Contrairement aux affirmations du droit révolutionnaire, le travail humain n’est pas une marchandise ordinaire. On ne peut réduire l’homme à une machine qui loue ses services. (Les enfants du bon Dieu ne sont pas des canards sauvages). Dans les corporations, il y avait un statut d’associations professionnelles. Les contrats étaient signés entre les donneurs d’ouvrage et les corporations. Les métiers étaient organisés pour éviter les conflits et les abus tant de la part des patrons que de la part des ouvriers. Ces contrats collectifs respectaient le bien commun beaucoup plus que les contrats de travail actuels. On reconstruira une société chrétienne dans le travail en réintégrant la dimension collective de métier et en concevant un contrat respectueux du bien commun.

En attendant nous pouvons vivre en chrétien dans nos relations de travail, en oubliant le contrat de subordination et en vivant en associés. Soutenons les initiatives qui vont dans ce sens : syndicats chrétiens (lorsqu’ils suivent la doctrine sociale), participation, intéressement au résultat de l’entreprise, organisation du dialogue social etc… Sur ces sujets nous devons avoir l’initiative.

L’appât du gain

Deuxième désordre : nombre d’entreprises tentent de satisfaire leur ambition de gagner toujours plus en créant des besoins superflus, par la publicité à outrance, afin d’écouler des biens et services superflus ou inutiles. On aura recours à des moyens malhonnêtes ou retors pour provoquer des achats non réfléchis : publicités mensongères à supports passionnels plutôt que rationnels, faisant appel à la sensualité plutôt qu’à la raison, donnant des informations trop légères au sens propre et au sens figuré.

On entend dire que le marketing vise à découvrir les besoins des clients pour créer des produits adaptés. Catholiques, nous ne pouvons qu’être d’accord. Là où le bât blesse, c’est que, dans la pratique, l’hédonisme, l’orgueil, l’esprit matérialiste prennent le pas sur la vie.

L’épargne

L’Épargne est une bonne chose en soi : c’est de la consommation différée. Si je ne consomme pas tout mon revenu tout de suite c’est que je me prépare à une dépense future importante. Mais, pour tirer avantage à courte vue de l’avarice qui sommeille au fond du cœur humain déchu, la science économique distingue trois épargnes : au-delà de l’Épargne de précaution, sur laquelle nous sommes d’accord, existe (est-ce indispensable ?) une épargne de thésaurisation (celle de l’avare qui prive tout le monde, lui et les autres, de son bien) et l’épargne de spéculation (celle de celui qui va profiter de toutes les fluctuations bonnes et mauvaises de la valeur des biens et chercher éventuellement à la manipuler). Recouverts du vocable distingué d’épargne de précaution, thésaurisation ou spéculation l’ivraie se mélange au bon grain… et se vend bien sûr au prix du bon grain.

Investissements

Quant aux investissements, l’esprit de domination, l’amour désordonné du pouvoir ou au contraire des investissements trop rapidement désuets sont sources de gaspillage, d’effort d’assujettissement d’une partie des acteurs aux autres. Par exemple de l’État sur les individus dans les économies socialistes, des plus riches sur les plus faibles dans les économies « libérales ». Mais in fine, dans une lecture catholique tout converge malgré les apparences. Dans les deux types d’économie, les plus vénaux mettront la main sur les rouages de l’État pour faire évoluer les choses dans leur intérêt. Et le Bien commun dans tout cela ?

Ces désordres créent des déséquilibres économiques et engendrent des distorsions et des crises. Les remèdes, qui ne reviennent pas aux finalités ne font qu’accentuer et perpétuer les crises : crises du logement, du bâtiment, du textile, de la sidérurgie, de l’emploi, crise monétaire, crise mondiale Nord – Sud, etc. Les mesures prises pour corriger un déséquilibre provoquent de nouveaux déséquilibres. C’est la même situation qu’en médecine, lorsqu’on soigne les gens avec de la pharmacie qui, étymologiquement, veut dire poison. On ne fait que déplacer les déséquilibres. On ne soigne que ce qui est suffisant pour faire durer.

Les champs d’action

Nous avons abordé rapidement quelques sujets économiques en nous efforçant d’y porter un regard chrétien. Ce regard est à l’inverse de ce que propose le Monde. La Foi et la Révélation nous donnent un regard lucide et réaliste. Cela comporte plusieurs conséquences majeures.

En tant que baptisés et confirmés, nous sommes dans le monde, et non du monde. Nous rejetons ses pompes et ses œuvres mais le bon grain et l’ivraie (la zizania dit l’Évangile) poussent ensemble. Le paradis terrestre est perdu, nous ne le referons pas. Faire croire le contraire, c’est la grande tromperie de l’esprit mondain qui fait bien rire l’ennemi de l’homme, car Satan connaît son camp. Le progrès de l’Homme n’existe pas. C’est un bobard lancé par les impies pour asservir des gens simples, ou des imbéciles, des tièdes et des politiquement corrects qui se satisfont d’être asservis (Du pain et des jeux). Il n’empêche que nous avons la certitude que maintenant comme toujours, nous avons beaucoup de choses à faire en économie pour le Royaume de Dieu.

Rappelons simplement quelques éléments de la doctrine sociale

La parabole « regardez les lys des champs et les oiseaux du ciel », (Mt VI, 25-30) n’est pas une invitation à ne rien faire mais à garder la mesure dans l’activité de production qui précède notre consommation. Nous connaissons tous les conséquences d’une surproduction : gaspillage et chute des cours. La punition immanente fait que nous travaillons plus pour gagner autant, voire moins.

La parabole de l’homme qui construit une tour (Luc XIV, 28-31) et doit s’asseoir pour calculer la dépense, pour éviter… que les passants ne rient de lui, nous indique bien que nous devons être prévoyants dans notre activité économique et adapter les moyens au but poursuivi. Ce qui requiert une démarche prévisionnelle, une réflexion tenant compte d’autrui et de la sanction que peut apporter la société. Être sérieux, professionnel dans la vie économique est un devoir. La conception catholique du contrôle de gestion et de la conduite de projet trouve là leur fondement.

Justice vis-à-vis des autres hommes, des générations futures et passées : « ne faites pas aux autres ce que vous ne voulez pas qu’on vous fasse » saint Paul.

Devoir de Charité, (et non de solidarité humanitaire intéressée et obligatoire) vis-à-vis des plus jeunes, des plus anciens, des plus faibles. « Vous aurez toujours des pauvres ». Les responsables ont un devoir de protection. Que les plus faibles soient obligés de revendiquer est un désordre consécutif aux injustices.

La propriété est un droit dans la mesure où elle est un moyen d’accomplir nos devoirs envers Dieu, envers soi-même et envers le prochain « La propriété privée (…) est pour l’homme de droit naturel ; l’exercice de ce droit est chose non seulement permise, surtout à qui vit en société, mais encore absolument nécessaire. Maintenant, si l’on demande en quoi il faut faire consister l’usage des biens, l’Église répond sans hésitation : sous ce rapport, l’homme ne doit pas tenir les choses extérieures pour privées, mais bien pour communes, de telle sorte qu’il en fasse part facilement aux autres dans leurs nécessités. (Rerum novarum 19)

Christian Lajoinie.

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Re: Regards chrétiens sur l'économie

Messagepar Prodeo » 24/03/2010 - 23:53

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Institutions chrétiennes en économie

L’économie, servante d’une société chrétienne, a existé. Elle a été possible, elle peut le redevenir. Rien n’est à inventer. Tout est à restaurer.

La vie économique peut-elle être chrétienne ? Assurément, répondons-nous. L’histoire nous en fournit la preuve. Les institutions chrétiennes ont promu et régulé dans la société l’application des principes de la vie chrétienne sous la bienveillante sollicitude de l’Église.

Il nous faut remonter aux siècles de chrétienté. Beaucoup ont déjà écrit sur les corporations et l’ont certainement fait mieux que nous ne pourrons le faire dans le cadre de cet article. Mais notre propos se limite à glaner, dans un survol historique rapide, les éléments fondamentaux de la doctrine sociale de l’Église. Pour ce survol nous nous inspirons largement d’anciens cahiers de Notre avenir français et particulièrement d’articles signés Jacques Guilbert.

Dès la fin du bas empire romain, au moment des invasions barbares, les artisans se réfugièrent près des monastères fortifiés et formèrent parfois des « collèges de métiers ». Les moines eux-mêmes étaient du reste très souvent des gens de métier (métallurgistes chez les Chartreux, agriculteurs chez les Bénédictins). Ces divers « collèges » se dénommaient « fraternité », « charités » ou « confréries ». Remarquons déjà : leur appartenance à la religion catholique était claire ; ils bénéficiaient du soutien ecclésiastique, l’apparition de ces institutions chrétiennes – et c’est là le trait essentiel le plus important – n’a pas eu lieu quand tout allait bien ; au contraire, tout allait mal : environnement païen, absence d’État, insécurité. Seuls subsistaient des îlots de Foi et de chrétienté. La situation d’alors n’est pas sans rappeler celle que nous vivons aujourd’hui. Certaines « Charités » et autres « confréries » remontent à Charlemagne.

Appartenance catholique

Dans la société chrétienne de l’Ancien Régime, les confréries prévoyaient que maîtres, apprentis et compagnons accomplissaient en commun leur devoir religieux. Ainsi s’explique que la hiérarchie de métier coexistait avec la solidarité et la bonne entente, comme en témoignent les nombreuses caisses d’entraide. On s’abstenait de travailler le dimanche et les fêtes religieuses, ainsi que la veille des fêtes et l’on festoyait ensemble. Cela faisait l’équivalent de presque 6 semaines de congés annuels. La semaine de congés payés finalement octroyée en 1936 a bonne mine…. Toutes sortes de mesures limitaient en fait le « droit au travail » : interdiction de certains travaux aux femmes et aux enfants, les seigneurs ne travaillaient pas, etc. L’économie était tenue à son rang.

Esprit de solidarité et d’amitié

Au fil des générations et sous l’inspiration chrétienne, ces organisations professionnelles développent une protection sociale. Les cotisations, les dons de toutes sortes servent à organiser l’aide aux malades, aux vieillards, aux veuves, aux orphelins. Les caisses permettent également d’assurer les frais d’enterrement des membres de la confrérie ou de leur famille. La confrérie des orfèvres (évidemment plus riche), fonde même un hôpital à Paris en 1399. Elle ne fut pas la seule.

De cet aspect retenons la solidarité, qui instaure une plus grande stabilité, une certaine sécurité. Ce n’est pas un mot ou un sentiment : elle se traduit dans les faits. Dans l’Ancien Régime, jamais aucun patron n’obtient du pouvoir royal le droit à l’embauche et le droit de licencier. Jacques Guilbert nous dit, dans Notre avenir français (Décembre-Janvier 1977) « Seuls les rôleurs » élus par la majorité des membres de chaque corporation, (et de ce fait, totalement libres de leurs décisions vis-à-vis du patronat), demeurèrent habilités à présenter aux entreprises recherchant de la main d’œuvre, les travailleurs dont elles avaient besoin, et ceci aux conditions fixées par la corporation elle-même ». Les entreprises des maîtres d’alors constituaient bien des communautés de destin. Le travail ne s’exerçait pas au détriment de la famille ; au contraire, il l’aidait en pourvoyant directement à certains de ses besoins. Cette sécurité sociale se développera jusqu’au 18e siècle et il faudra attendre plus d’un siècle après la révolution pour que les professions puissent à nouveau bénéficier de retraites, allocations familiales, allocation maladie et assurance décès.

Il serait faux de croire que les confréries ne s’occupaient que de pompes funèbres… elles organisaient également de nombreuses festivités à l’occasion de baptêmes, noces, etc. La visite de seigneurs était également l’occasion de tournées de cabarets – qui parfois dégénéraient en beuveries… La convivialité pouvait aller trop loin. C’est la raison pour laquelle un édit de Charles VI (1383) précise que ces manifestations « sous couvert de charité ébranlent la discipline et favorisent les occasions de débauche et d’ivrognerie ». Remarquons l’action du prince qui veille au bien commun en encourageant la bonne vertu et en condamnant les mœurs dépravées.

Respect des hiérarchies et unité

Patrons et ouvriers coexistaient dans une même confrérie. Des degrés hiérarchiques existaient : apprentis, compagnons et maîtres. Certaines confréries voulurent opérer une scission en leur sein et tentèrent de fonder une section patronale et une section ouvrière. Ces tentatives étaient totalement en contradiction avec l’esprit de communauté chrétienne demandant l’entente et la solidarité entre tous les membres de la confrérie. Entre 1500 et 1580 de nombreux édits empêchent de telles divisions à l’intérieur d’un même métier. Le fait est important : l’opposition patron / ouvriers aurait pu se manifester. Elle en a été empêchée par le prince. Les organismes professionnels d’alors sont des instruments de concorde sociale. Les Papes ont maintes fois rappelé ce principe directeur. Pie XII disait lors d’une allocution aux membres de l’Union Internationale des Associations Patronales Catholiques le 7 mai 1949 : « Dans le domaine économique, il y a communauté d’activité et d’intérêts entre chefs d’entreprise et ouvriers. Méconnaître ce lien réciproque, travailler à le briser, ne peut être que le fait d’une prétention de despotisme aveugle et déraisonnable. Chefs d’entreprise et ouvriers ne sont pas antagonistes inconciliables. Ils sont coopérateurs dans une œuvre commune. Ils mangent, pour ainsi dire, à la même table, puisqu’ils vivent, en fin de compte, du bénéfice net et global de l’économie nationale ». Patrons et ouvriers sont actuellement dans des organisations distinctes dont le rôle est de s’opposer. (C’est la théorie, au mieux, du « contre-pouvoir » ; au pire, de « la lutte des classes »).

Pie XII appelait de ses vœux la réunification sociale et la disparition de ces structures funestes. Dans un message au Katholikentag allemand, le 4 septembre 1949, il écrivait : « L’Église ne laisse pas d’intervenir activement pour que l’opposition apparente entre capital et travail, entre patrons et employés, se résolve en une unité supérieure, en une coopération des deux parties indiquée par la nature, suivant les entreprises et les secteurs économiques, en groupements corporatifs ». Quelques lignes plus bas, le Pape précisait sa pensée sur l’organisation syndicale actuelle : « Puisse le jour n’être plus éloigné où toutes les organisations d’autodéfense rendues nécessaires par les faiblesses du système économique actuel et surtout par le manque d’esprit chrétien, pourront cesser leur activité ».

Propriété du métier

Ne pas croire non plus que tout était toujours rose et que l’entente entre corporations allait de soi. Des disputes surgissaient à propos des attributions, prérogatives et droits de chacune d’entre elles. Le procès des charcutiers et des pâtissiers pour savoir qui des deux pouvait faire le pâté en croûte est demeuré célèbre. La corporation des fripiers s’opposa à celle des tailleurs pendant 24 ans ! La question était de savoir si les tailleurs ne portaient pas atteinte au droit des fripiers lorsqu’ils effectuaient des réparations sur les vêtements. Bien avant ces procès, les litiges étaient courants au Moyen âge. Saint Louis demanda qu’on enregistrât les statuts de chaque corps de métier (1268). Les activités professionnelles de chacun une fois bien précisées, une loi leur octroyât l’exclusivité de l’exercice du métier. Cette législation privée est ce que l’on appelle « les privilèges » – et c’est ce qu’on supprime la nuit du 4 août 1789, sous l’inspiration (il faut tout dire) du duc d’Aiguillon et du vicomte de Noailles. Ce qui prouve bien que la révolution n’aurait jamais eu lieu si la hiérarchie sociale de la France n’avait par été corrompue. Mais elle l’était. La révolution eut donc lieu et déploya ses effets principalement contre l’Église, contre son clergé et contre le peuple. Les privilèges s’étendaient à bien d’autres aspects de la vie sociale et dépassaient le cadre économique. Mais en ce qui concerne l’économie, les privilèges donnèrent aux producteurs la propriété de leur métier et par voie de conséquence la propriété du marché correspondant. La concurrence pouvait cependant exister entre plusieurs artisans d’une même corporation. Les Maîtres jouissaient du droit d’établissement et ils étaient indépendants. Toutefois la concurrence était maintenue dans d’étroites imites.

Sens catholique de la propriété

Pour autant, il ne s’agissait pas d’organiser la production comme on l’entend de nos jours. Émile Coonaert, dans son livre Les corporations en France, est d’avis qu’il s’agissait pour les membres des corporations d’assurer entre eux l’égalité de leurs chances par leur solidarité, pour les pouvoirs publics d’assurer l’approvisionnement des villes dans la sécurité du commun, le tout dans une atmosphère de méfiance contre le profit facile. Aussi, une des fins essentielles du système corporatif – sa fin pourrait-on dire, d’un point de vue immédiatement pratique – était-elle d’empêcher ce qui s’appelait autrefois le « monopole », ce que nous appelons aujourd’hui l’accaparement des produits et du travail, cette fin elle-même n’étant qu’un moyen pour assurer l’ordre public par l’accord entre les producteurs d’abord, puis entre eux et les consommateurs ». La corporation concourait ainsi au bien commun. Chaque groupement de métier édictait des règles selon lesquelles devait s’effectuer le travail. C’étaient les règles de l’Art. Elles garantissaient la qualité. L’apprentissage était de rigueur pour franchir les grades. Des sanctions plus ou moins sévères punissaient les auteurs de malfaçons.

La révolution supprime la propriété du métier en instituant la liberté du travail. À titre d’exemple, chacun pu s’installer comme médecin. Le droit d’établissement était absolu. On alla même jusqu’à fermer la faculté de médecine, les diplômes n’étant plus nécessaires ! On dut bien vite mettre un frein à cette « liberté » qui n’engendrait que drames et désordres. On réouvrit la faculté de médecine et les diplômes furent de nouveau obligatoires.

La propriété de métier se traduisait encore par les « charges » que l’on devait acheter. On parlerait aujourd’hui de « droit d’exercer » ou de « licence ». Le système survit dans certaines professions. Par exemple, un chauffeur de taxi lyonnais doit acheter une licence, d’une valeur approximative de 75.000 € (490.000 F), qu’il peut revendre en fin d’activité. Les licences donnent le droit d’exercer sur un certain territoire et sont en nombre limité.

Enfin, la propriété du métier se traduisait par la possession des matériaux, outils et locaux afférents à la profession. La corporation pouvait y pourvoir. Après l’abolition des corporations, les matériaux, outils et locaux appartiendront à une entreprise et le travailleur ne possédera rien.

La propriété du métier était censée se diffuser. Tout compagnon pouvait accéder à la maîtrise et s’établir. Certes, le népotisme, tel qu’il s’est manifesté dans certaines corporations, est allé contre ce principe. Par exemple, les maîtres interdirent parfois aux compagnons, l’accès à la maîtrise : les fils succédèrent automatiquement à leur père. En 1637, la grande boucherie de Paris était entre les mains de quatre familles. L’expérience prouvait que trop de famille peut nuire au droit de propriété. De même qu’aujourd’hui trop de capitalisme conduit aux pires inégalités sociales.

Fin du régime corporatif

Il y aurait encore beaucoup à dire sur la dégradation de l’esprit chrétien dans la société et au sein même des corporations. Mais le régime économique évolua et se développa sur quelque mille ans. Ce qui veut dire que, pendant dix siècles, ces structures ont su évoluer et s’adapter aux découvertes de la science et des techniques nouvelles. Ce n’est pas rien… Cette longévité indique la pérennité et la validité des principes. À qui doit-on sa disparition ? À Turgot, sous Louis XVI encore roi. À l’abolition des privilèges le 4 août 1789, puis à l’article 7 de la loi des 2-17 mars 1791, instituant la liberté d’établissement, aux décrets du baron d’Allarde instaurant la liberté du commerce, et enfin à la Loi Isaac Le Chapelier (1791) interdisant les corporations. Ainsi fut décidée la fin du régime des institutions chrétiennes dans notre économie.

Points de doctrine

Ce regard historique rapide nous permet de mettre en exergue les points essentiels de la doctrine sociale de l’Église :

1°) Reconnaissance de la transcendance divine, affirmation claire de l’appartenance à l’Église catholique. Respect des fêtes et rites religieux (baptêmes, noces, enterrement). À cette époque chacun savait que l’homme devait connaître, aimer et servir Dieu et par ce moyen sauver son âme.

2°) Esprit chrétien d’entraide et de charité, se traduisant par l’organisation de multiples caisses de prévoyance et de secours.

3°) Solidarité effective de la profession (absence de droit de licenciement).

4°) Respect de la hiérarchie sociale et professionnelle se mariant avec une solidarité de métier fondée sur la notion de propriété.

5°) Propriété du métier – aspect essentiel à nos yeux. Mais cette propriété, dans un esprit chrétien, est orientée vers le bien commun (le travail ne s’opposait pas à la vie de famille : elle en était parfois le prolongement). Les Règles de l’Art et la discipline des corporations favorisaient la conscience professionnelle, la responsabilité personnelle (l’artisan signait ses œuvres) et la garantie de bonne qualité pour le consommateur.

6°) Application du principe de subsidiarité. Les corporations n’avaient pas à craindre l’intervention autoritaire des « pouvoirs publics ». Le pouvoir royal veillait cependant au bon exercice des droits de chacun, n’hésitait pas à interdire les mœurs dépravées et l’esprit de division.

Rien n’est à inventer. Tout est à redécouvrir. Aujourd’hui encore, l’application de la doctrine sociale de l’Église passe par ces points fondamentaux : reconnaissance du premier commandement du décalogue. Esprit de charité. Respect de la hiérarchie et du bien commun social. Organisation sociale aménageant la complémentarité des activités et respectant le principe anti-totalitaire de subsidiarité. Ex : famille d’abord ! Salut éternel d’abord ! Propriété du métier comprise dans un sens chrétien, concourant au bien commun.

Terminons sur cette pensée bien connue de saint Pie X si souvent rappelée, tirée de Notre charge apostolique – Lettre sur le Sillon :

« Non, Vénérables Frères, il faut le rappeler énergiquement dans ce temps d’anarchie sociale et intellectuelle, où chacun se pose en docteur et législateur – on ne bâtira pas la cité autrement que Dieu ne l’a bâtie ; on n’édifiera pas la société, si l’Église n’en jette les bases et ne dirige les travaux ; non la civilisation n’est plus à inventer, ni la cité nouvelle à bâtir dans les nuées. Elle a été, elle est ; c’est la civilisation chrétienne, c’est la cité catholique. Il ne s’agit que de l’instaurer et la restaurer sans cesse sur ses fondements naturels et divins contre les attaques toujours renaissantes de l’utopie malsaine, de la révolte et de l’impiété : omnia instaurare in Christo ».

Michel Tougne.

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« Vae caecis ducentibus, vae caecis sequentibus !

[Malheur aux aveugles qui mènent ! Malheur aux aveugles qui suivent !] » Saint Augustin.

« On sait par quelle fatalité les grands talents sont, pour l’ordinaire, plus rivaux qu’amis ; ils croissent et brillent séparés, de peur de se faire ombrage : les moutons s’attroupent, et les lions s’isolent. » Comte A. de Rivarol.

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Re: Regards chrétiens sur l'économie

Messagepar Prodeo » 25/03/2010 - 0:06

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L'économie des faux monnayeurs

L’étude de la situation monétaire mondiale révèle que les États ont renoncé à exercer leur rôle de régulateur et d’harmonisateur. Il en résulte que les plus forts créent leur monnaie en dehors de toute légalité. Le dollar est roi, dans un royaume de faux-monnayeurs.

Pie XII écrit dans Summi Pontificatus (20 octobre 1939) : « C’est la noble prérogative et la mission de l’État que de contrôler, aider et régler les activités privées et individuelles de la vie nationale, pour les faire converger harmonieusement vers le bien commun, lequel ne peut être déterminé par des conceptions arbitraires, ni trouver sa loi primordiale dans la prospérité matérielle de la société, mais bien plutôt dans le développement harmonieux et dans la perfection naturelle de l’homme, à qui le Créateur a destiné la Société en tant que moyen ».

Sur le plan économique, l’État doit donc veiller à maintenir en lumière une certaine vérité. Qu’est-ce à dire ? Il doit éviter que les tromperies et les illusions ne l’emportent. Il doit faire en sorte que les divers agents économiques tiennent compte de la réalité et ne vivent pas au-dessus de leurs moyens ; qu’ils tiennent leurs responsabilités et ne privatisent pas leurs bénéfices tout en comptant sur la collectivité pour éponger les pertes. L’État doit employer les moyens d’une politique visant l’équilibre et la stabilité. Nous voudrions, dans cet article, examiner l’économie actuelle sous son angle monétaire et montrer combien le retour aux principes de la doctrine sociale de l’Église est nécessaire.

À l’origine, un État peut définir et mettre en œuvre une politique monétaire pour réguler la liquidité et assurer la stabilité de la monnaie :

Il peut agir sur l’offre de la monnaie. La Banque de France avait le privilège exclusif d’émission de la monnaie fiduciaire (billets de banque) et le Trésor, celui de la monnaie divisionnaire (pièces de monnaie). En ce qui concerne les monnaies créées par les banques (monnaie scripturale, celle qu’on écrit : les chèques, ou maintenant les lignes d’ordinateur) on ne parle pas d’émission mais de création.

L’État agit sur l’offre également – principalement par le système bancaire en définissant la politique du crédit.

La politique monétaire est orientée par la fiscalité qui encourage les investissements ou l’épargne dans divers secteurs.

Enfin, l’État agit par ses relations financières avec l’étranger : changement de parité, soutien des cours, etc.

Notre histoire récente se résume à l’abandon de la politique monétaire, dans un premier temps par une copie progressive du modèle américain par les différents États, et à « l’harmonisation » (?) vers laquelle nous pousse l’Europe. Dans un deuxième temps, par l’abandon pur et simple des principaux moyens de régulation de la monnaie. Corrélativement, ce renoncement progressif est accompagné de la mondialisation, mouvement qui revient sur le plan monétaire à la mainmise des USA sur la monnaie.

Pour imposer le dollar au monde entier il fallait faire tomber deux institutions :

La convertibilité des monnaies en or : on assiste à un premier essai au lendemain de la première guerre mondiale, puis à un second essai, plus conséquent, au lendemain de la seconde guerre mondiale.

Le privilège régalien des états de battre monnaie et de mener une politique monétaire. Cette seconde phase s’achève avec la création de l’euro.

Suppression de la convertibilité des monnaies en or

Tout se concrétise à la conférence de Gênes en 1922. Sous le prétexte que certains pays manquent d’or et qu’ils ne peuvent donc pas assurer la convertibilité en or, on leur offre la possibilité de convertir leurs billets en devises étrangères, elles-mêmes convertibles en or. C’est le système de l’étalon de change or. Ainsi se crée le mythe des devises or, que furent la livre sterling britannique et le dollar américain.

Le Gold Exchange Standard institué à Gênes intronise la livre et le dollar en tant que moyens de règlement des dettes entre pays. Pour autant, la convertibilité en or des monnaies nationales ne disparaît pas totalement. Elles continuent d’avoir une définition légale par rapport à l’or. Encore en 1944, le franc vaut 7,4 milligrammes d’or fin. Mais cette définition par rapport à l’or ne vaut pas convertibilité. Seules la livre et le dollar sont réputées convertibles en or.

Le rôle de monnaie de référence attire la confiance et renforce le pouvoir d’achat. Il suffit de prendre un exemple : si l’on vend un bien sur le marché international, on préfère être payé en dollars en yens ou dans une autre monnaie forte, qu’en dinars irakiens ou en leks d’Albanie. En ce domaine, la préférence entraîne l’exclusion des autres monnaies.

Dollar et livre sterling n’étaient pourtant pas à l’abri des crises et des fluctuations : les Britanniques dévaluent leur monnaie en 1931 ; le dollar plonge en 1933. Dès lors, pourquoi avoir accepté de les choisir comme monnaies de référence ? Moins pour des raisons techniques que pour des considérations politiques fondées sur le constat d’un rapport de forces.

Pour plus d’exactitude, ajoutons que la convertibilité du franc est partiellement rétablie par Poincaré (entre 1926 et 1933). Ne peuvent alors être échangées auprès de la banque centrale que des quantités de billets équivalant à 12,5 kg d’or. De plus, le gouvernement français (ainsi que le britannique) échangea des dollars contre l’or américain. D’où une fragilisation du dollar. Les premiers symptômes d’une crise apparaissent au printemps 1929.

Il serait faux de croire que la monnaie est l’élément déterminant de la crise survenue en 1929 et qui durera dix ans. Il y a un ensemble de causes, dont l’inadaptation d’un outil de production qui fabriquait des stocks d’invendus. Les prix chutent. Les crédits ne peuvent plus être remboursés. Le système bancaire américain est en faillite. L’Amérique connaît le chômage (8 millions en 1938). Le financement de l’effort de guerre par des bons du trésor rachetés par la Federal Reserve (Banque centrale américaine) permet de créer du travail. En 1941, le chômage était résorbé.

L’instabilité est la caractéristique du système économique actuel. Avant la seconde guerre mondiale, les États-Unis étaient pourtant déjà la première puissance économique. Les restrictions de souveraineté imposées aux autres états ne les concernaient pas. Ils avaient tous les moyens de conduire une politique économique. Ces moyens n’auront pas suffi: le déséquilibre les a surpris. D’où vient cette instabilité ? De l’alternance de situations de développement, financé par le crédit, avec les situations de récessions où l’économie est ralentie et génère crises, reconversion et chômage. La décennie de crise 1929-1939 aurait dû faire comprendre aux États que leur rôle était de prévoir, lutter, amortir cette alternance de situation et que, partant les États doivent utiliser des moyens de contrôle proportionnés. Mais l’idéologie libérale se heurte aux institutions et principalement aux États. C’est pourquoi, en 1944, la Conférence de Bretton-Woods revient sur la même politique. Cette conférence, qui réunit les puissances alliées, constate que le moribond américain des années 30 est en position hégémonique. Les U.S.A. possèdent 70 % des réserves mondiales d’or (80 % en 1945). La conférence entérine les principes du système monétaire international définis à Gênes en1922 et instaure définitivement la convertibilité des monnaies entre elles à une parité fixe. Ce qui signifie que les États perdent leur prérogative de fixer de manière indépendante la valeur de leur monnaie. Ils ne sont plus souverains en matière monétaire : ils dépendent du Fonds Monétaire International (F.M.I.) qui orchestre les paiements internationaux : les échanges commerciaux peuvent être réglés en or, ou en devises convertibles en or (dollar ou livre sterling).

Le dollar s’impose toujours plus en tant que monnaie internationale, du fait de l’importance de l’économie américaine, mais aussi du seul fait que le dollar est déclaré convertible en or (35$ l’once). Il devient, irrésistiblement, l’étalon des monnaies, le centre du système monétaire international, la monnaie de réserve (parce que assimilable à des réserves d’or).

La livre sterling, du fait de sa dette publique au lendemain de la guerre, n’a pas vraiment joué le rôle de monnaie de réserve. Quant au dollar, il y renonce sous Nixon, en1971. Voici pourquoi.

L’idée de convertibilité du dollar en or était fondée sur la puissance économique d’une Amérique riche, face aux pays européens exsangues d’après guerre. Les États-Unis possédaient un stock d’or de quelques 20 milliards de dollars destinés à couvrir 5 milliards de dollars en circulation à l’étranger. Mais, dès 1947 apparaît l’eurodollar. Le terme « euro » vient de la première banque qui a créé des eurodollars, la Banque Commerciale de l’Europe du Nord (code télex « Eurobanque »). Le mécanisme est le suivant : un exportateur européen vend des biens pour 10 millions de dollars à une firme américaine. L’exportateur dépose le paiement reçu sur un compte en dollars, dans une banque commerciale située à Londres ou ailleurs. À partir de ce dépôt, la banque peut accorder à n’importe qui un crédit en dollars. Ces dollars prêtés sont des eurodollars que rien ne distingue de dollars associés à une transaction « biens contre monnaie ». Pourtant, ces dollars sont créés sans contrepartie. L’erreur du public non averti est de croire que les dollars prêtés existaient réellement et physiquement dans les caisses de la banque. On croit, par exemple, que la banque, lorsqu’elle prête, débite un compte. Il n’en est rien. Elle crée, ex nihilo, de la monnaie. Les principaux demandeurs sont les établissements de crédit américains et les entreprises de taille internationale qui cherchent à échapper aux restrictions de crédit.

On l’aura compris : l’eurodollar est une création de monnaie hors de tout contrôle et de toute législation. La masse des eurodollars grimpe vertigineusement. En 1971, l’administration Richard Nixon voit que l’Amérique ne pourrait jamais convertir tous ces dollars en or, si jamais un État le réclamait (comme de Gaulle avait menacé de le faire quelques années plus tôt). Aussi, sans consulter personne, brusquement et unilatéralement, les États-Unis déclarent le 15 août 1971, que le dollar n’est plus convertible en or. Voilà un bel exemple historique du sens de la légalité internationale.

En décembre 1971, le dollar est dévalué une première fois, puis une seconde fois en 1973. Le système monétaire international s’effondre ; le dollar flotte au gré des vents.

Création de monnaie en dehors de toute légalité, renoncement général des États

L’eurodollar continue néanmoins sa carrière. Cette monnaie « monstrueuse et apatride » (comme le dit Jean Rémy), dépasse maintenant 4 000 milliards de dollars (soit environ quatre fois le Produit Intérieur Brut français). Ce simple constat montre à quel point les États ont renoncé à leur souveraineté. Ce sont des banques, hors de toute légalité, qui créent la monnaie internationale. Qui plus est : les États contractent des dettes en eurodollars.

Malgré toute la mise en scène « scientifique » comment parler de « maîtrise » des mécanismes économiques ? Comment parler de « progrès » économique ? Le système actuel se caractérise par l’instabilité, les retournements de conjoncture imprévisibles, les pratiques dangereuses qui ruinent les nations et les familles.

Au premier rang de ces pratiques détestables est le recours au crédit. En période faste, quelques entreprises empruntent pour investir et grossir plus vite afin d’acquérir le plus grand nombre possible de parts de marché. Mais elles ne sont pas les seules à avoir vu l’opportunité : d’autres entreprises s’engouffrent dans le mouvement. Ce qui était jouable à deux ou trois, ne l’est plus à cinq ou six. La concurrence fait rage. Comme le note Pie XI dans Quadragesimo anno : « à la liberté du marché a succédé une dictature économique. L’appétit du gain a fait place à une ambition effrénée de dominer. Toute la vie économique est devenue horriblement dure, implacable, cruelle ». Les entreprises baissent leur prix pour vendre plus vite. Les marges diminuent, voire deviennent négatives. Certaines entreprises décrochent, licencient : chômage, faillite, dettes impayées, etc.

Les banques en retour, restreignent le crédit et accentuent le malaise par la diminution de la masse monétaire. À l’euphorie succèdent les désillusions et le désordre. C’est ce qui s’est passé à Mexico : phase I : arrivage massif de capitaux. Les banques prêtent à tout va. Les dépôts permettent des prêts qui, à leur tour, permettent des prêts etc. Phase II : l’endettement des entreprises et des particuliers devient déraisonnable. La spéculation s’installe (années 70). Phase III : plus personne ne peut rembourser personne (1982). Les facilités accordées accroissent l’endettement. Des plans de conversion ou carrément de suppression de la dette permettent de ramener tant bien que mal la situation à un équilibre approximatif en 1987. En fait, dans ce mécanisme, ce sont les banques centrales qui, au final, remboursent les banques créancières (via l’impôt). Nous avons appliqué ce principe en France encore récemment avec l’ardoise du Crédit Lyonnais.

Afin de mieux saisir l’importance de l’encadrement du crédit et de ne pas le laisser à la fantaisie des banques, revenons au mécanisme de la création de monnaie. Supposons une banque qui reçoit un dépôt de 25 000 €. Ce dépôt est à vue, mais les statistiques et la pratique montrent que 20 % des sommes déposées suffisent à satisfaire les demandes de retrait. La banque va donc prêter les 20.000 € restants. Mais ces 20.000 € à l’origine faisaient partie du crédit ; ils se transforment, dans une autre banque en un nouveau dépôt. À leur tour ils génèrent un nouveau crédit de 16 000 €, etc. Les 25 000 € de départ ont généré 36 000 € nouveaux dont la contrepartie n’existe peut-être pas. Le « multiplicateur de crédit » est le résultat de ce processus. Sans intervention de l’État, ce multiplicateur est illimité.

L’endettement de la France

Notre économie vit sur le crédit (ou sur l’endettement, ce qui est la même chose). L’endettement de l’État est un phénomène endémique. La dette publique atteignait en 1999, 5 179 milliards de francs, soit 86 000 Francs par habitant ! Mais l’endettement intérieur total, (comprenant l’État, les ménages, les sociétés et diverses administrations publiques) s’élevait à quelque 12.725 milliards de francs (1 940 milliards d’euros). On parle beaucoup, ces temps-ci, des 14 milliards € de déficit de la sécurité sociale. Qu’est-ce que 14 milliards € à côté de 1 940 milliards €. Le prétexte à une réforme ? Avant même d’avoir étudié la situation on affirme vouloir « sauver le régime ». (Le vrai est que la sécurité sociale actuelle est une structure de déséquilibre.) – Que ne faudrait-il pas dire de l’État qui ne cesse d’accroître sa dette annuellement par un déficit de 3 % du PIB ? (soit plus de 30 milliards €).

À ce stade, formulons quelques remarques rapides : l’État a recours au crédit parce qu’il a renoncé à l’émission de monnaie ; l’État ne joue plus son rôle de régulateur, mais se trouve soumis au système qui incite à la course au crédit ; enfin, l’État ne peut contrôler le crédit, alors qu’il en est le premier demandeur.

Les États-Unis remportent la médaille d’or du déficit

C’est par l’endettement que nous ressemblons le plus aux Américains. Nous pensons comme eux, nous vivons comme eux, nous mourrons comme eux. En effet, le pays battant tous les records mondiaux d’endettement reste les États-Unis d’Amérique. L’endettement moyen des habitants y est de l’ordre de 90 % de leur revenu. Son déficit commercial par mois était en 1999 de 24,6 milliards de dollars (Financial Times, vendredi 20 août 1999).

Le déficit d’une balance commerciale résulte du déficit des exportations de marchandises et des services par rapport aux importations. Toutefois, les mouvements de capitaux peuvent annuler ce déficit et contribuer à l’équilibre de la balance des paiements. Dans le cas américain, le solde des mouvements de capitaux a toujours été déficitaire, du fait de leurs investissements à l’étranger. Il aggrave le déficit commercial. Mais les Américains n’ont aucune envie de changer de système. C’est consciemment et volontairement que la loi américaine et sa fiscalité favorisent l’investissement à l’étranger. Le déficit commercial s’est installé depuis 1971. Il traduit la perte de compétitivité de l’industrie américaine sur l’Asie et l’Europe en particulier. L’investissement à l’étranger compense en partie cette baisse relative de compétitivité.

On ne comprend pas comment le pays le plus endetté peut dominer la planète, si on ne perçoit pas que la seule chance de survie du système repose sur l’adoption des mêmes principes par tout le monde. Qui osera demander à l’Amérique de rendre compte de la valeur du dollar, alors que les économies européennes, asiatiques et du tiers-monde reposent sur les dettes ? et pour une bonne part sur des dettes en dollars ? Qui dénoncera le système de l’économie à crédit alors que la planète entière vit à crédit ?

Il nous faut conclure : Le crédit correspond, dans notre économie moderne, à la création de moyens de paiement. Les milliers de milliards de dettes finissent par correspondre simplement à l’argent facile. Les obligations de rentabilité et de compétitivité ne s’appliquent pas à tous. Certains sont dispensés de veiller à ne dépenser qu’à bon escient. L’État peut vivre au-dessus de ses moyens ; la sécurité sociale peut creuser son trou ; les banques continuent de prêter. L’inflation qui pourrait en résulter est jugulée par la baisse des salaires (compensée par les crédits à la consommation). Notre économie est un tissu de mesures et de contre-mesures. La vie économique perd son sens à mesure que le sens des responsabilités disparaît et que le pouvoir est confié à des personnes qui ne subissent pas les conséquences de leurs décisions. Les « mesures techniques » ne remplaceront jamais la morale. L’homme doit pouvoir être perçu comme cause responsable de ses actes. L’organisation sociale doit respecter ce principe qui est un des principes premiers de la doctrine sociale de l’Église.

La mondialisation correspond à la globalisation des principes de l’économie fondée sur l’endettement qui engendre l’irresponsabilité. Les Américains sont les leaders. Pour ne pas être contestés, ils exportent leur idéologie économique et forcent peu ou prou les autres pays à faire comme eux. Pour ce faire, ils n’hésitent pas à employer la force. L’Europe, loin de faire « contrepoids », adopte les mêmes principes et correspond à cette modélisation. Dans ce contexte, les États ne décident de rien. Ils s’efforcent simplement de ressembler à leur maître américain et de faire durer le système le plus longtemps possible. Jusqu’à quand ?

Michel Tougne

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Source : Civitas.
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Re: Regards chrétiens sur l'économie

Messagepar Miroir » 25/03/2010 - 11:02

Prodeo a écrit :
Miroir a écrit :Il est exact que les auteurs de ce texte n'écrivent pas les mêmes conneries que les autres, mais ils en écrivent tout autant, hélas! :roll:

Vas-y raconte et développe ! C'est intéressant.

:wink:
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Leur acharnement à condamner tout ce qui ne contient pas la doctrine sociale de l'église les rend aveugles et sourds.
Reprocher aux outils comme la PNL ou l'AT de ne pas contenir cette doctrine équivaut à reprocher au marteau ou au tournevis de ne pas contenir la maison qu'ils servent à fabriquer.
Ils confondent les buts et les outils, et aussi, comme on dit en PNL la structure et le contenu.
Quant à leur affirmation selon laquelle l'AT et la PNL seraient soeurs jumelles, elle ne montre que leur ignorance crasse du sujet.
L'AT est issue de la psychanalyse, modèle théorique de fonctionnement de l'homme, elle en a déduit un modèle simplifié de comportement qui a permis la création de quelques outils utiles.
La PNL, aux antipodes de la psychanalyse, observe ce qui fonctionne dans les relations humaines et en déduit des règles de comportement qui permettent le plus souvent de s'approcher des objectifs recherchés, quels que soient ces objectifs. La PNL n'a pas et ne veut pas avoir de théorie car toute théorie est une simplification de la réalité et la réalité de l'être humain est si complexe qu'une théorie ne peut être valide que dans un contexte très restreint.
Je connais un peu l'AT, qui ne me séduit guère même si je trouve certains de ses outils parfois utiles.
Je connais beaucoup mieux la PNL et sa soeur jumelle (la vraie) qui est l'hypnose éricksonienne puisque je pratique les deux.
Au lieu de s'attaquer à ce qu'ils ne comprennent pas ces auteurs feraient bien mieux de chercher comment ils pourraient utiliser ces outils pour atteindre les buts qui sont les leurs.
Errare humanum est, perseverare diabolicum.

"Ce qui doit tomber, il ne faut pas le retenir. Il faut encore le pousser." Nietzsche

"Le problème de la plupart des gens n'est pas qu'ils se fixent des objectifs trop hauts,
c'est qu'ils se fixent des objectifs trop bas et qu'ils les atteignent." Léonard de Vinci


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