BENOÎT XVI AU PILORI

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BENOÎT XVI AU PILORI

Messagepar Pat » 14/04/2008 - 18:09

Elle est significative, cette exclamation indignée d'un éditorialiste à propos des premières allocutions de Benoît XVI à Cologne :« Ainsi donc il ne pourrait exister de salut, d'alternative, de pensée substitutive ailleurs que chez les catholiques ? Il n'y aurait qu'un seul chemin, qu'une seule école, qu'une seule raison. C'est à un retour au bon vieux dogme bien bétonné que nous convie Benoît XVI. » Autrement dit : comment le chef de l'Eglise catholique peut-il être borné au point de croire ce que professe son Eglise ? Voilà qui est évidemment insupportable pour tout folliculaire libéral, de droite comme de gauche, puisque, comme le disait Léon Daudet,« le libéral est celui qui pense que son adversaire a raison ».
Deux semaines avant son départ pour les JMJ, le pape avait déjà fait l'objet d'une attaque en règle, parce qu'il avait promulgué un décret par lequel il accordait des indulgences spéciales aux participants des JMJ (et à tout fidèle qui prierait pour les participants). « La guerre des indulgences risque de rebondir entre catholiques et protestants, et en Allemagne, soit au pays de Martin Luther qui, au XVIe siècle, avait fait des indulgences son cheval de bataille contre la papauté », disait Le Monde. Quant au Figaro, il titrait carrément : « Avant les JMJ, Benoît XVI crée la discorde avec les protestants », et se demandait gravement s'il s'agissait d'une« provocation »ou d'une « maladresse » du nouveau pape au moment où il se rend « dans la patrie de Luther ».
On veut bien reconnaître que Jean-Paul II avait « relancé les indulgences dans la perspective de l'an 2000 », comme disait l'AFP, mais il faut savoir, lisait-on dans Le Monde, que« les protestants, qui croyaient définitivement abolie cette tradition, s'étaient à nouveau indignés ». A nouveau, c'est-à-dire, comme du temps de Luther.

La nouvelle affaire des indulgences

Et chacun de reprendre ces fables sans rien vérifier. Or ce n'est pas Jean-Paul II qui a «relancé les indulgences », mais Paul VI, le pape du concile Vatican II. Il 'a fait précisément juste après le concile, par la constitution apostolique Indulgentiarum doctrina, dans laquelle il rappelait la doctrine catholique en la matière et recentrait sa pratique sur l'essentiel (abandonnant notamment le décompte en jours, qui n'était plus compris). Cela aboutit en 1969 à l'édition d'un nouveau manuel des indulgences. Dont Jean-Paul II promulgua la quatrième édition en 1999, effectivement dans la perspective du grand jubilé de l'an 2000.
Benoît XVI ne peut donc pas «créer» la discorde avec les protestants en s'inscrivant dans cette tradition immémoriale confirmée par tous les papes et par Vatican II. En outre, la formulation est absurde. Car, historiquement, ce sont les protestants qui ont «créé la discorde», comme l'indique le mot de «protestant».
Et où est la discorde ainsi «créée» par Benoît XVI? L'agence Associated Press est allée demander l'avis d'un célèbre théologien protestant, Thies Gundlach, membre du conseil supérieur de l'Eglise évangélique luthérienne d'Allemagne et coauteur d'un Dictionnaire de la foi pour la jeunesse.« C'est une idée étrange pour les luthériens que l'Eglise puisse émettre des indulgences pour les péchés des gens », dit-il. Mais les protestants reconnaissent qu'il s'agit d'une tradition de l'Eglise catholique et la respectent, ajoute-t-il, et il enfonce le clou: « Il n 'y a pas de raison de se sentir provoqué sur la terre de la Réforme par l'émission d'indulgences pour les Journées mondiales de la jeunesse. »
Ce sont donc les médias de la pensée unique qui inventent que le pape crée la discorde, qu'il joue les provocateurs ou se montre pour le moins maladroit.
En réalité, tour est prétexte pour tirer à boulets rouges sur un pape dont on sait qu'il ne sacrifiera rien sur l'autel de la pensée unique, car il a été pendant longtemps le gardien de la foi et ne connaît que l'autel du sacrifice eucharistique. On retrouve là l'attitude définie ouvertement par le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, lors de la polémique sur un attentat que Benoît XVI avait« omis »de condamner.
Du temps de Jean-Paul II, disait-il, Israël avait protesté, discrètement contre ces omissions répétées, mais le gouvernement a décidé de rendre désormais public son mécontentement :« Maintenant qu'il y a un nouveau pape, nous avons décidé de nous en occuper. »
Cette phrase est en filigrane de nombre de commentaires sur Benoît XVI. La figure de Jean-Paul II était très médiatique. Les médias ne s'attaquent pas brutalement et constamment à une figure médiatique : ce serait contre leur intérêt. Mais maintenant qu'il y a un nouveau pape, qui n'a pas l'aura médiatique de son prédécesseur, et qui prétend continuer à prêcher la foi catholique, on va s'en occuper...

Comment un pape peut-il être catholique ?


Ainsi, à son arrivée à Cologne, Benoît XVI a prononcé trois discours, au long desquels il a célébré le patrimoine catholique de l'Allemagne, le culte des reliques (des rois mages !), et des saints de Cologne. Il ne parlait pas de la «patrie de Luther», mais de celle de sainte Ursule, de saint Albert le Grand professeur de saint Thomas d'Aquin, de sainte Thérése-Bénédicte de la Croix (Edith Stein) et du bienheureux Adolphe Kolping, figure du christianisme social au XIXe siècle. Aussitôt, l'AFP a souligné que le pape évoquait« une institution de l'Eglise que ne reconnaissent pas les protestants et qui est susceptible de les irriter », et qu'il n'hésitait pas à mentionner Edith Stein, « béatifiée par Jean-Paul Il en dépit des protestations de certaines organisations juives ». Enfin, concluait l'agence de presse,« parlant du «très riche patrimoine culturel et spirituel» de l'Allemagne, il n'a pas mentionné la période sombre des douze ans de national-socialisme ».
L'AFP savait pourtant que dès le lendemain Benoît XVI allait à la synagogue de Cologne et qu'il ne manquerait pas de stigmatiser le nazisme et de faire mémoire de la Shoah. Mais ce n'est pas suffisant (d'autant qu'il a alors souligné qu'il s'agissait d'une idéologie néo-païenne, et qu'il en a profité pour faire l'apologie du Décalogue ... ). Le « pape allemand »devait arriver la corde au cou, reconnaître le protestantisme (à la cathédrale de Cologne !), faire repentance pour le nazisme, et abandonner tout ce qui fait la spécificité catholique... .
Jamais les médias ne traitent ainsi un dignitaire juif ou musulman. Seul le pape est l'objet d'une telle vindicte. Mais pour les catholiques, c'est un hommage qu'on lui rend : il est bel et bien signe de contradiction, conformément à l'Evangile.
Yves Daoudal National Hebdo du 25 au 31 août 2005
daoudal@fr.oleane.com
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Que les hommes d'arme bataillent et que Dieu donne la victoire! (Jeanne d'Arc) Patriotiquement votre.

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