Le Conseil étranger du culte musulman
Créé en 2003 dans l'esprit du Grand Sanhédrin convoqué par Napoléon, le Conseil français du culte musulman était censé faire émerger un islam de France autonome, libéré de la tutelle des pays d'origine. Las ! Sur fond de querelles de minarets, il n'a fait que renforcer l'influence des consulats étrangers.
La première grande rencontre de la France avec l'islam comme religion territoriale remonte à la prise d'Alger, en 1830. A la différence des autres conquêtes coloniales, l'Algérie a été rapidement départementalisée, mais sans soumettre l'islam aux règles qui régissaient les autres cultes, l'administration coloniale choisissant même de confisquer les biens de mainmorte du clergé musulman et des confréries, et l'argent des donations pieuses. Par là, elle ôtait à l'islam tout moyen de puissance. Faute politique qui ne sera pas sans conséquence le moment venu.
Tocqueville nous avait pourtant prévenus. En 1847, il écrivait dans son Rapport sur l'Algérie, en guise de mise en garde d'hier à aujourd'hui : "Laissez disparaître les interprètes naturels et réguliers de la religion, vous ne supprimerez pas les passions, vous en livrerez la discipline à des furieux ou des imposteurs. " L'avertissement de Tocqueville, conforté par l'histoire coloniale, se vérifie plus encore dans le contexte contemporain. A cent soixante-dix ans de distance, il vaudrait mieux ne pas l'oublier pour que ne se développe pas un islam systématiquement anti-français.
S'il faut concéder un mérite à la loi de 1905 sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat, c'est celui d'avoir reconnu la Conférence des évêques, le Consistoire israélite et la Fédération protestante de France. Rien de tel pour l'islam. Faute d'interlocuteurs musulmans légitimes, le centre symbolique de l'islam en France a longtemps été la Grande Mosquée de Paris, construite en hommage aux combattants musulmans morts pendant la Grande guerre.
Quatorze ans pour accoucher d'une coquille vide
Mais en 1981, l'élargissement aux résidents étrangers de la loi de 1901 sur les associations a mis fin à son monopole. L'Union des organisations islamiques de France (UOIF) voit le jour en 1983, la Fédération nationale des musulmans de France (FNMF) en 1985. Avec le réseau de la Grande Mosquée de Paris, elles constitueront à elles trois le noyau dur de ce qui deviendra le Conseil français du culte musulman (CFCM) en 2003.
En 1989, Pierre Joxe, ministre de l'Intérieur, lance le Crif, Conseil de réflexion de l'islam en France, organe consultatif largement ouvert qui posera les premiers jalons d'une gestion commune du culte. L'arrivée de Charles Pasqua à l'Intérieur replacera la Grande Mosquée de Paris au centre des discussions, sur fond de guerre civile en Algérie et d'attentats en France (1995). Le projet de Pasqua était voué à l'échec, la Mosquée de Paris représentant un islam trop algérianisé. Jean-Pierre Chevènement relancera en 1999 le processus de consultation, duquel sortira le futur CFCM. Il sera officiellement intronisé le 3 mai 2003. Nicolas Sarkozy en encaissera tous les dividendes médiatiques. Ne restait plus qu'à mettre en route l'élection de ses représentants.
Ce sera fait les 6 et 13 avril 2003. L'unité de compte électoral retenu est le mètre carré. Le nombre de délégués (votants) est en effet proportionnel à la superficie des lieux de culte. De tels lieux sont pourtant à l'heure actuelle précaires ou provisoires. Ce sont souvent des bâtiments réaménagés, de taille moyenne (on parlait hier d'islam des caves, aujourd'hui d'islam des pavillons). En 2006, on dénombrait en France 2 150 lieux de prière (mosquées, salles de prière, salles de foyer). Parmi eux, une vingtaine capable d'accueillir 1 000 fidèles et une cinquantaine entre 500 et 1 000. Les trois quarts de ces lieux de culte sont gérés par des associations loi 1901, condition de leur participation à l'élection.
Des querelles de géomètre sur la taille des mosquées
En 2003, 995 lieux de culte (1 221 en 2005) ont dépêché 4 000 délégués. Notons au passage que le CFCM combine élection et désignation, dans le double souci de faire barrage aux islamistes et d'introduire en son sein des chercheurs et des théologiens. Deux tiers des membres sont élus, un tiers est nommé ou coopté.
Pour son baptême électoral, la FNMF (proche du Maroc) est arrivée en tête, suivie par l'UOIF. Malgré l'échec de sa liste, Dalil Boubakeur, recteur de la Grande Mosquée de Paris, prend la tête de l'institution.
Le CFCM est lancé en fanfare, Sarkozy à la baguette, mais l'enthousiasme retombe vite. Si le Conseil n'existait pas, il faudrait assurément l'inventer. C'est là pour ainsi dire son principal mérite. Il est plus symbolique que réel. Le paradoxe, c'est que supposé représenter les musulmans pratiquants, il en est venu, par la nature même de sa procédure électorale, à ne les représenter que sous la forme des lieux de culte. Ce qui a entraîné dès le départ des querelles d'ingénieur-géomètre sur la taille des mosquées. Querelles poursuivies dans les commissions où les questions relatives à la réglementation du culte sont devenues des prétextes à des guerres de pouvoir.
A l'usage, le seul terrain où le CFCM n'a pas fait valoir de mésententes, ce sont les grands débats de société. Là, il a pu parler d'une seule voix. En 2003, s'appuyant sur l'avis du Conseil d'Etat, il légitimera le port du voile (infléchissant ensuite sa position après le vote de la loi sur les signes religieux ostensibles). Il en sera de même en septembre 2004. Un CFCM unanime enverra à Bagdad une délégation des trois grandes fédérations pour faciliter la libération des journalistes Christian Chesnot et Georges Malbrunot Les caricatures de Mahomet lui donneront l'occasion de serrer à nouveau les rangs et de présenter une unité de façade.
Mais derrière ces opérations médiatiques, le CFCM se révèle être un organisme divisé, bloqué, comme avorté. Une coquille vide. Tariq Ramadan a justement fait remarquer qu'il avait été conçu pour ne pas fonctionner. On n'a pas été déçu. Né en panne, il l'est resté.
Les commissions en charge de formuler des propositions aux différents ministères fonctionnent au ralenti, sans moyens, sans coordination, sans objectif. C'est le cœur de la mission du CFCM qui s'en trouve paralysé. Enseignement du fait religieux à l'école, abattage rituel pour la fête de l'Aïd, organisation du pèlerinage à La Mecque, Fondation pour les œuvres de l'islam (qui vise à rendre transparent l'argent étranger), autant de dossiers qui n'ont pas ou guère avancé.
Enjeu primordial pour le CFCM, la question du recrutement et de la formation des imams. Elle aussi, restée en suspens. A une écrasante majorité, les imams restent des étrangers, très mal formés aux réalités françaises. Un tiers d'entre eux seulement parle un français correct. Dans le nombre, une cinquantaine a été expulsée.
Il y a eu reconnaissance, il n'y a pas eu allégeance
Censé asseoir l'islam de France, le CFCM aura au contraire contribué à réintroduire massivement les consulats et à renforcer la mainmise du Maroc, de l'Algérie et de la Turquie. Autant les chancelleries étrangères s'étaient peu impliquées dans l'élection de 2003, autant celle de 2005 les verra prendre en main les fédérations, le Maroc en tête, qui souhaite contrôler, via la FNMF, d'au plus près ses ressortissants, pour éviter que des Marocains soient de nouveau impliqués comme dans les attentats de Madrid ou l'assassinat du cinéaste Theo Van Gogh aux Pays-Bas (2004).
Il ne sera pas déçu du résultat. Sur les quarante-trois élus du conseil d'administration, dix-neuf seront de la FNMF (ou apparentés) ; les Algériens, véritable vainqueur de cette seconde élection, gagneront trois élus, ce qui portera la représentation de la Mosquée de Paris à dix sièges, et un second mandat pour le recteur Boubakeur ; et dix sièges pour l'UOIF, le grand perdant de cette élection. Perçue comme fondamentaliste par les médias, assurément ambiguë, l'UOIF est pourtant la seule organisation à promouvoir un islam de France, sinon français.
Dans ce tableau gris, le seul point positif, c'est le travail accompli par les centres régionaux du culte musulman, au nombre de vingt-cinq. Ils négocient au cas par cas avec les collectivités locales, qu'il s'agisse de la construction de mosquées, des carrés musulmans dans les cimetières, de la nomination d'aumôniers dans les écoles, les prisons ou les hôpitaux.
Pour le reste, le CFCM brille par son inertie et se signale par ses continuelles dissensions. Les contentieux sont souvent portés devant les tribunaux. On menace en permanence de démissionner. On claque la porte, on revient, comme dans un vaudeville. Certains ne reviennent pas. Ainsi Dounia Bouzar, auteur de Monsieur Islam n'existe pas (Hachette, 2004), seule femme du CFCM. " Pendant vingt ans, a-t-elle écrit, on a demandé aux musulmans de laisser l'islam à la frontière pour s'intégrer. Aujourd'hui, on veut les définir uniquement par la référence musulmane. "
Dounia Bouzar s'est également alarmée du clivage entre les deuxième et troisième générations, nées en France, absentes des instances, et les anciens qui font prévaloir une vision clanique de l'islam. Laquelle arrange les chancelleries et Nicolas Sarkozy, qui entretient avec le CFCM des relations de clientélisme. Il attend de lui, à défaut de soumission, une certaine complaisance. A ce jour, il a eu plus qu'il n'en pouvait attendre.
Le CFCM avait en charge d'accoucher d'un islam français, dans le sillage d'une intégration réussie. Pareil chemin avait déjà été emprunté, il y a deux siècles, par les juifs avec la convocation du Grand Sanhédrin par Napoléon, qui a conduit à la création du Consistoire. La reconnaissance en échange de l'allégeance. Mais le chemin est encore long pour les musulmans. En fait de bilan, le CFCM aura surtout renforcé l'islam des notables et des consulats. Sur représentation des Marocains, renforcement des Algériens, affaiblissement de l'UOIF. Le statu quo arrange tout le monde, sauf le premier concerné: l'embryonnaire islam français.
La question n'est pourtant plus de savoir si on veut ou non de l'islam en France. Il est bel et bien là. Certes, rien n'interdit de s'y opposer. Mais la question tient plutôt dans la forme et l'identité que l'on souhaite lui donner. Autrement dit, veut-on un islam français ou sous influence étrangère ? Sarkozy a choisi la seconde option. Une fois de plus sont soulignées les ambiguïtés de sa politique. Sous couvert d'institutionnaliser l'islam, il le communautarise de facto. "Sous influence étrangère" est le sceau de sa politique. On le vérifie sur tous les fronts, de Washington à Rabat, Alger et Ankara. Comme si la France avait décidé de ne plus heurter les puissances dominantes. D'aujourd'hui ou de demain. Fortes de leur dynamique propre. Ou seulement de nos propres faiblesses.
François Bousquet Le Choc du Mois - Novembre 2007 -
A lire : les Musulmans en France, par Bernard Godard et Sylvie Taussig, Robert Laffont, 2007.
Toujours pas d'« islam français »
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Entretien avec Bernard Anthony
« L'islam n'est pas simplement une religion, mais une idéologie »
Bernard Antony est président du Centre Henri et André Charlier, du mouvement Chrétienté Solidarité (1) et de l'Alliance générale pour le respect de l'identité française et chrétienne (Agrif) (2). Il a siégé au Parlement européen de 1984 à 1999. Il est l'auteur de l'ouvrage L'Islam sans complaisance (3).
Le Choc du mois: La présence de plus en plus importante de musulmans en France vous inquiète. Pourtant, comme beaucoup de personnes à droite, vous étiez partisan de l'Algérie française. Si celle-ci avait perduré, nous aurions aujourd'hui 50 millions de musulmans français. N'y a-t-il pas une contradiction entre votre combat passé et votre engagement actuel?
Bernard Antony: J'avais entre quatorze et dix-huit ans lorsque, de 1958 à 1962, je militais pour l'Algérie Française dans l'OAS, ce que je ne regrette pas du tout. Naturellement, j'ai longuement réfléchi ensuite sur ce que signifiait cet idéal et très vite, disons autour de mes vingt ans, au contact des maîtres de la pensée nationale, je compris que l'on n'aurait pas pu garder l'Algérie dans le modèle jacobin, qu'il eût fallu la doter d'une large autonomie, voire créer une République française d'Algérie confédérée à la métropole. Peut-être aussi, cela fut envisagé, pouvait-on prôner une partition à l'israélienne. Quoi qu'il en soit, la pire, la plus déshonorante des solutions fut celle qu'imposa ignoblement le général De Gaulle, un retrait précipité, la mise l'arme au pied de notre armée et l'abandon de nos compatriotes pieds-noirs, juifs ou musulmans n'ayant hélas même pas pour beaucoup le choix de la valise ou du cercueil.
Et le pire c'est que cette débâcle voulue, imposée par l'Etat gaulliste, ne s'accompagna pas d'un choix préférentiel pour l'accueil et l'intégration des musulmans fidèles à la France, les harkis, rescapés du génocide commis par les fellaghas. Cette population-là, on aurait dû, on aurait pu tout faire pour l'intégrer. Au lieu de cela, on les parqua longuement dans des camps d'hébergement sordides alors que l'effondrement de l'économie algérienne, durablement ruinée par le départ des pieds-noirs, l'incompétence des nouveaux maîtres et leur idéologie socialiste, allaient entraîner vers la France un afflux d'immigrés regrettant pour beaucoup l'Algérie française mais constituant au fil des années une France algérienne comme on le voit lors des matchs de foot à Marseille.
C'est donc je crois très inexact de croire qu'avec l'Algérie française nous aurions aujourd'hui cinquante millions de musulmans en France ! Bien au contraire, quelle que soit la formule de l'Algérie nouvelle, fédérée ou confédérée, voire partagée, l'économie algérienne avec son formidable potentiel de ressources équivalent à celui de la Californie - le pétrole en plus ! - aurait eu sans doute besoin pour quelque temps encore de cadres métropolitains. Mais naturellement il eut fallu poursuivre un grand effort de promotion des populations indigènes et aussi leur rendre attirantes les valeurs fondamentales de notre civilisation, C'est sans doute cela qui aurait été le plus difficile à mener dans le contexte actuel de déchristianisation.
A vrai dire, le grand échec de la France en Algérie fut d'avoir méprisé par idéologie maçonnique l'avertissement prophétique du père de Foucauld sur le Maghreb : " Ces peuples seront chrétiens ou nous chasseront. "
Les mosquées sont des « territoires de l'islam »
La France se veut une nation laïque ne privilégiant aucun culte par rapport à un autre. On peut regretter cette situation, mais on ne peut pas l'ignorer. Comment, dans ce cas, accepter que les chrétiens aient des églises et des écoles catholiques, sous contrat avec l'Etat ou hors contrat, et refuser que les musulmans aient des mosquées et des écoles coraniques ?
Comment être choqué que les cantines scolaires ne servent plus de porc tout en leur demandant de conserver la tradition du poisson le vendredi ?
C'est que comparaison n'est pas raison. D'abord mettre sur le même plan l'islam et le christianisme qui a modelé pendant des siècles l'identité de la France n'est pas acceptable, même. je le crois et je le vérifie souvent, pour des agnostiques conscients de leur patrimoine civilisationnel. Ce ne l'est pas parce que l'islam n'est pas simplement une religion mais une idéologie.
Monsieur Tariq Ramadan n'écrit-il pas: " De nombreux orientalistes ont relevé que l'une des spécificités de l'islam était la priorité donnée, dès l'origine, à la réflexion juridique plutôt qu'aux considérations théologiques pures parce que dans son essence, l'islam mariait la sphère privée et la sphère publique et qu'une recherche des réponses concrètes s'imposait. Ainsi, l'islam entre difficilement dans les limites de l'acception du mot "religion" ". Et son frère Bani : "L'islam touche autant l'espace public que la sphère privée. Il est religion et Etat, foi et loi, doctrine et mode de vie ; il comprend dans son système les principes d'un gouvernement et aussi des prescriptions de guerre appelant les croyants au combat pour défendre leurs droits. "
Et bien sûr, les écoles coraniques dispensent une vision du monde conforme au Coran et à la Sunna du prophète. Cela signifie que pour les petits musulmans, tous les non-musulmans iront en enfer. Cette croyance n'est pas sans modeler les psychismes et les comportements de beaucoup. On leur enseigne que le monde est divisé fondamentalement entre " Dar el-Islam" (territoire de la soumission) et "Dar el-Harb " (territoire de la guerre). Entre les deux, est possible provisoirement le "Dar el-Kofr" (territoire de la trêve)... On leur apprend que lorsque l'islam s'apprête à dominer, on réserve le choix aux " gens du Livre " (juifs, chrétiens, zoroastriens) entre le Jihad (guerre sainte jusqu'à la mort ou la soumission) et la dhimmitude (statut de sujet protégé mais statut inférieur et toujours aléatoire). Enfin il ne saurait y avoir de place pour l'expression de l'incroyance.
Pour ce qui est des mosquées, prenons garde au fait qu'il ne s'agit pas seulement de lieux de prière mais de territoires de l'islam, anticipant une extension territoriale de sa domination. le pire, c'est que pour beaucoup de "laïques ", anticatholiques forcenés, il vaut mieux toujours et encore, en France, encourager les mosquées, comme encore une fois le fit la IIIe République en Algérie. Ainsi l'ancien ministre de l'Agriculture, Jean Glavany, déclarant : "Aujourd'hui être un bon laïque, c'est encourager la construction de mosquées en France. "
Pour ce qui est des prescriptions alimentaires, je crois d'abord que l'interdiction permanente du porc dans bien des cantines l'a simplement emporté sur la prescription du maigre le vendredi.
En terre d'islam, la charia règne presque partout
Les anciens harkis et leurs enfants sont musulmans. Vous ne contestez pas leur qualité de Français à part entière. Vous vouez une grande admiration pour le bachaga Boualem. Vous avez présenté en 1985 la candidature FN dans le canton de Graulhet, dans le Tarn, d'une musulmane, Zora Krouk. Cela veut-il dire que vous admettez qu'on puisse être français et aimer la France tout en étant musulman et qu'il n'y a donc pas d'incompatibilité entre la France et l'islam ?
Je crois qu'il faut bien distinguer" l'islam" et"les musulmans" comme l'a développé le père Antoine Moussali (4) qui en fut un très grand connaisseur. Pour faire court, on peut dialoguer avec les musulmans mais pas avec l'islam qui proscrit absolument toute analyse critique du Coran puisqu'il est de toute éternité la parole de Dieu.
Le bachaga Boualem fut un grand Français et dix-sept des siens furent assassinés pour leur fidélité à la France. Il nous avertissait de nous garder de "cet islam qui oscille sans cesse entre le fatalisme et le fanatisme ".
J'ai en effet présenté Zora Krouk, issue d'une famille de harkis que je connais bien. Elle était une jeune infirmière militante du Front national, allait épouser un Français portant un nom à particule. la France était son combat, pas l'islam.
Je crois qu'il y a certes des musulmans se sentant et se voulant français. Mais si un jour la majorité des Français se soumet à la foi et à la loi de l'islam, alors ce ne sera plus la France, ni celle de saint louis ni celle de Voltaire. J'adhère à ces paroles de ce très grand et quelquefois agaçant écrivain que fut le père Bruckberger dans Tu finiras sur l'échafaud: " L'islam est par excellence absence de contestation intérieure, c'est sa force et sa faiblesse. En son sein, la possibilité même d'une contestation est blasphématoire. C'est un système sphérique parfait, hermétiquement clos sur lui-même. Il ne laisse au contestataire d'autre choix que d'être conquis et assimilé ou de se battre. Charles Marlel est la seule réponse adéquate à l'islam, A coups de masse d'armes, Charles Martel a sauvé l'Occident, il a rendu possible tout le développement ultérieur de l'Occident, non seulement Abélard et saint Thomas d'Aquin, Bossuet et Pascal mais aussi bien - car on ne fait pas sa part à la liberté de l'esprit -les grands hérésiarques du XVI, et Voltaire et Renan. "
Que pensez-vous de la distinction faite entre musulmans modérés et islamistes ?
Au sens strict, l'islamiste est celui qui professe l'appartenance à l'islam. Mais le terme recouvre désormais une appartenance fanatique voire terroriste, Bien évidemment, la plupart des musulmans ne sont ni des fanatiques ni des terroristes. Alors on parle de musulmans " modérés ", ce qui signifierait au sens strict une certaine tiédeur, ce qui n'est pas un compliment.
La vérité c'est qu'il y a des musulmans intelligents, affables, tolérants dans leurs comportements, policés, mais il n'y a pas hélas de pays d'islam, sauf brèves exceptions, à accepter de renoncer à la charia et à la dialectique du Jihad et de la dhimmitude. L'islam n'est pas la somme des individus qui le compose mais une réalité communautaire englobant et transcendant toute autre appartenance, l'oumma.
Croyez-vous à une cohabitation harmonieuse entre les musulmans et les autres communautés religieuses ? Est-ce ce à quoi tend votre proposition en vue d'une politique de paix et de cohésion nationale par rapport à l'islam?
Je la souhaite bien sûr. Mais l'expérience au long des siècles dans tellement de nations en fait douter. Mais bien sûr, il ne faut désespérer de rien. Si l'islam avançait dans le constat de l'imam Bencheikh de Marseille selon lequel le Coran doit être interprété à la lumière de son époque, ce serait déjà un immense progrès.
Mais j'ai énoncé aussi ce que devrait être une politique responsable de l'Etat français par rapport à l'islam. Je l'ai développé dans plusieurs textes, notamment dans ma lettre à Nicolas Sarkozy sur la création du Conseil français du culte musulman et dans mes questions au docteur Dalil Boubakeur, recteur de la Grande Mosquée de Paris.
« Deux mots nous séparent de l'islam : Amour et Liberté »
Les musulmans sont respectueux de la famille. Ils sont stricts sur ce qui touche à la pornographie, l'homosexualité ou le relâchement des mœurs. De ce point de vue, ils sont proches des chrétiens. Ne faut-il donc pas les voir comme des alliés face aux promoteurs de ce que Jean Paul II appelait « la culture de mort» ?
N'idéalisons pas ! Chez les musulmans comme chez les chrétiens, il y a souvent une grande distance entre l'idéal et la réalité. Mais les affirmer " respectueux de la famille " est un peu rapide. Ce n'est pas de notre conception de la famille qu'il s'agit. la polygamie et la répudiation ne sont pas du tout condamnées dans la charia mais au contraire très codifiées. Et là, il ne s'agit pas de l'exception mais de la règle. Les déclarer" stricts " en général sur ce qui touche à " la pornographie, l'homosexualité ou le relâchement des moeurs ", c'est une franche plaisanterie ! il suffit par exemple de se promener à Aley un soir d'été sur les hauteurs de Beyrouth, villégiature très prisée de la clientèle arabe, pour s'en convaincre.
Surtout, il y a dans l'islam d'incroyables hypocrisies. Ainsi en Arabie saoudite, on coupe toujours les mains des voleurs, charia oblige, et, là et ailleurs dans l'islam, on lapide encore les femmes adultères. Mais en même temps, on peut toujours pratiquer, surtout dans le monde chiite, "le mariage de complaisance ". il suffit pour cela de voir un mollah qui, moyennant un tarif, délivre un certificat de mariage pour quelques heures. C'est ainsi, qu'en fait, Téhéran est peut-être aujourd'hui le plus grand lupanar organisé que le monde ait connu. Je préfère pour ma part la franche tradition des bourdeaux, chers à François Villon et que toléraient sans difficulté nos rois en général peu puritains.
En revanche il est certain que l'islam n'apprécie pas l'étalage de la pornographie, et pire encore de la pédopornocratie et de la pornographie blasphématoire. Sur cela au moins nous sommes en convergence.
Mais hélas, profondément, il y a deux mots qui nous séparent de l'islam. Le premier c'est celui du grain qui manque au chapelet musulman des 99 attributs de Dieu. Ce centième grain est pour nous le premier, il s'appelle "Amour ". Le second terme que l'on cherche en vain dans le Coran, c'est "Liberté ". Or pour nous chrétiens, Dieu nous a faits libres, au risque du mal et dans l'espérance de son pardon. Ce sont ces deux mots que nous souhaitons simplement apporter à ceux qui sont encore musulmans.
Propos recueillis par Thierry Normand le Choc du Mois - Novembre 2007
1. Centre Henri et André Charlier, 70, boulevard Saint-Germain, 75005 Paris. Tél. ; 01 40 51 7407. Site : www.reconquete.fr
2. Agrif/la Griffe, 70, boulevard Saint-Germain, 75005 Paris. Tél. ; 01 40 46 96 31.
Site : www.agrif.fr
3. Editions Godefroy de Bouillon, 2005.
4. Le père Antoine Moussali 0921-2003) fut directeur des établissements scolaires lazaristes de Damas et a enseigné l'arabe à l'université d'Alger. il est notamment l'auteur de La Croix et le Croissant. Le Christianisme face à l'islam (1997), et de Musulmans, juifs et chrétiens au feu de la foi (2002), publiés aux éditions de Paris.
« L'islam n'est pas simplement une religion, mais une idéologie »
Bernard Antony est président du Centre Henri et André Charlier, du mouvement Chrétienté Solidarité (1) et de l'Alliance générale pour le respect de l'identité française et chrétienne (Agrif) (2). Il a siégé au Parlement européen de 1984 à 1999. Il est l'auteur de l'ouvrage L'Islam sans complaisance (3).
Le Choc du mois: La présence de plus en plus importante de musulmans en France vous inquiète. Pourtant, comme beaucoup de personnes à droite, vous étiez partisan de l'Algérie française. Si celle-ci avait perduré, nous aurions aujourd'hui 50 millions de musulmans français. N'y a-t-il pas une contradiction entre votre combat passé et votre engagement actuel?
Bernard Antony: J'avais entre quatorze et dix-huit ans lorsque, de 1958 à 1962, je militais pour l'Algérie Française dans l'OAS, ce que je ne regrette pas du tout. Naturellement, j'ai longuement réfléchi ensuite sur ce que signifiait cet idéal et très vite, disons autour de mes vingt ans, au contact des maîtres de la pensée nationale, je compris que l'on n'aurait pas pu garder l'Algérie dans le modèle jacobin, qu'il eût fallu la doter d'une large autonomie, voire créer une République française d'Algérie confédérée à la métropole. Peut-être aussi, cela fut envisagé, pouvait-on prôner une partition à l'israélienne. Quoi qu'il en soit, la pire, la plus déshonorante des solutions fut celle qu'imposa ignoblement le général De Gaulle, un retrait précipité, la mise l'arme au pied de notre armée et l'abandon de nos compatriotes pieds-noirs, juifs ou musulmans n'ayant hélas même pas pour beaucoup le choix de la valise ou du cercueil.
Et le pire c'est que cette débâcle voulue, imposée par l'Etat gaulliste, ne s'accompagna pas d'un choix préférentiel pour l'accueil et l'intégration des musulmans fidèles à la France, les harkis, rescapés du génocide commis par les fellaghas. Cette population-là, on aurait dû, on aurait pu tout faire pour l'intégrer. Au lieu de cela, on les parqua longuement dans des camps d'hébergement sordides alors que l'effondrement de l'économie algérienne, durablement ruinée par le départ des pieds-noirs, l'incompétence des nouveaux maîtres et leur idéologie socialiste, allaient entraîner vers la France un afflux d'immigrés regrettant pour beaucoup l'Algérie française mais constituant au fil des années une France algérienne comme on le voit lors des matchs de foot à Marseille.
C'est donc je crois très inexact de croire qu'avec l'Algérie française nous aurions aujourd'hui cinquante millions de musulmans en France ! Bien au contraire, quelle que soit la formule de l'Algérie nouvelle, fédérée ou confédérée, voire partagée, l'économie algérienne avec son formidable potentiel de ressources équivalent à celui de la Californie - le pétrole en plus ! - aurait eu sans doute besoin pour quelque temps encore de cadres métropolitains. Mais naturellement il eut fallu poursuivre un grand effort de promotion des populations indigènes et aussi leur rendre attirantes les valeurs fondamentales de notre civilisation, C'est sans doute cela qui aurait été le plus difficile à mener dans le contexte actuel de déchristianisation.
A vrai dire, le grand échec de la France en Algérie fut d'avoir méprisé par idéologie maçonnique l'avertissement prophétique du père de Foucauld sur le Maghreb : " Ces peuples seront chrétiens ou nous chasseront. "
Les mosquées sont des « territoires de l'islam »
La France se veut une nation laïque ne privilégiant aucun culte par rapport à un autre. On peut regretter cette situation, mais on ne peut pas l'ignorer. Comment, dans ce cas, accepter que les chrétiens aient des églises et des écoles catholiques, sous contrat avec l'Etat ou hors contrat, et refuser que les musulmans aient des mosquées et des écoles coraniques ?
Comment être choqué que les cantines scolaires ne servent plus de porc tout en leur demandant de conserver la tradition du poisson le vendredi ?
C'est que comparaison n'est pas raison. D'abord mettre sur le même plan l'islam et le christianisme qui a modelé pendant des siècles l'identité de la France n'est pas acceptable, même. je le crois et je le vérifie souvent, pour des agnostiques conscients de leur patrimoine civilisationnel. Ce ne l'est pas parce que l'islam n'est pas simplement une religion mais une idéologie.
Monsieur Tariq Ramadan n'écrit-il pas: " De nombreux orientalistes ont relevé que l'une des spécificités de l'islam était la priorité donnée, dès l'origine, à la réflexion juridique plutôt qu'aux considérations théologiques pures parce que dans son essence, l'islam mariait la sphère privée et la sphère publique et qu'une recherche des réponses concrètes s'imposait. Ainsi, l'islam entre difficilement dans les limites de l'acception du mot "religion" ". Et son frère Bani : "L'islam touche autant l'espace public que la sphère privée. Il est religion et Etat, foi et loi, doctrine et mode de vie ; il comprend dans son système les principes d'un gouvernement et aussi des prescriptions de guerre appelant les croyants au combat pour défendre leurs droits. "
Et bien sûr, les écoles coraniques dispensent une vision du monde conforme au Coran et à la Sunna du prophète. Cela signifie que pour les petits musulmans, tous les non-musulmans iront en enfer. Cette croyance n'est pas sans modeler les psychismes et les comportements de beaucoup. On leur enseigne que le monde est divisé fondamentalement entre " Dar el-Islam" (territoire de la soumission) et "Dar el-Harb " (territoire de la guerre). Entre les deux, est possible provisoirement le "Dar el-Kofr" (territoire de la trêve)... On leur apprend que lorsque l'islam s'apprête à dominer, on réserve le choix aux " gens du Livre " (juifs, chrétiens, zoroastriens) entre le Jihad (guerre sainte jusqu'à la mort ou la soumission) et la dhimmitude (statut de sujet protégé mais statut inférieur et toujours aléatoire). Enfin il ne saurait y avoir de place pour l'expression de l'incroyance.
Pour ce qui est des mosquées, prenons garde au fait qu'il ne s'agit pas seulement de lieux de prière mais de territoires de l'islam, anticipant une extension territoriale de sa domination. le pire, c'est que pour beaucoup de "laïques ", anticatholiques forcenés, il vaut mieux toujours et encore, en France, encourager les mosquées, comme encore une fois le fit la IIIe République en Algérie. Ainsi l'ancien ministre de l'Agriculture, Jean Glavany, déclarant : "Aujourd'hui être un bon laïque, c'est encourager la construction de mosquées en France. "
Pour ce qui est des prescriptions alimentaires, je crois d'abord que l'interdiction permanente du porc dans bien des cantines l'a simplement emporté sur la prescription du maigre le vendredi.
En terre d'islam, la charia règne presque partout
Les anciens harkis et leurs enfants sont musulmans. Vous ne contestez pas leur qualité de Français à part entière. Vous vouez une grande admiration pour le bachaga Boualem. Vous avez présenté en 1985 la candidature FN dans le canton de Graulhet, dans le Tarn, d'une musulmane, Zora Krouk. Cela veut-il dire que vous admettez qu'on puisse être français et aimer la France tout en étant musulman et qu'il n'y a donc pas d'incompatibilité entre la France et l'islam ?
Je crois qu'il faut bien distinguer" l'islam" et"les musulmans" comme l'a développé le père Antoine Moussali (4) qui en fut un très grand connaisseur. Pour faire court, on peut dialoguer avec les musulmans mais pas avec l'islam qui proscrit absolument toute analyse critique du Coran puisqu'il est de toute éternité la parole de Dieu.
Le bachaga Boualem fut un grand Français et dix-sept des siens furent assassinés pour leur fidélité à la France. Il nous avertissait de nous garder de "cet islam qui oscille sans cesse entre le fatalisme et le fanatisme ".
J'ai en effet présenté Zora Krouk, issue d'une famille de harkis que je connais bien. Elle était une jeune infirmière militante du Front national, allait épouser un Français portant un nom à particule. la France était son combat, pas l'islam.
Je crois qu'il y a certes des musulmans se sentant et se voulant français. Mais si un jour la majorité des Français se soumet à la foi et à la loi de l'islam, alors ce ne sera plus la France, ni celle de saint louis ni celle de Voltaire. J'adhère à ces paroles de ce très grand et quelquefois agaçant écrivain que fut le père Bruckberger dans Tu finiras sur l'échafaud: " L'islam est par excellence absence de contestation intérieure, c'est sa force et sa faiblesse. En son sein, la possibilité même d'une contestation est blasphématoire. C'est un système sphérique parfait, hermétiquement clos sur lui-même. Il ne laisse au contestataire d'autre choix que d'être conquis et assimilé ou de se battre. Charles Marlel est la seule réponse adéquate à l'islam, A coups de masse d'armes, Charles Martel a sauvé l'Occident, il a rendu possible tout le développement ultérieur de l'Occident, non seulement Abélard et saint Thomas d'Aquin, Bossuet et Pascal mais aussi bien - car on ne fait pas sa part à la liberté de l'esprit -les grands hérésiarques du XVI, et Voltaire et Renan. "
Que pensez-vous de la distinction faite entre musulmans modérés et islamistes ?
Au sens strict, l'islamiste est celui qui professe l'appartenance à l'islam. Mais le terme recouvre désormais une appartenance fanatique voire terroriste, Bien évidemment, la plupart des musulmans ne sont ni des fanatiques ni des terroristes. Alors on parle de musulmans " modérés ", ce qui signifierait au sens strict une certaine tiédeur, ce qui n'est pas un compliment.
La vérité c'est qu'il y a des musulmans intelligents, affables, tolérants dans leurs comportements, policés, mais il n'y a pas hélas de pays d'islam, sauf brèves exceptions, à accepter de renoncer à la charia et à la dialectique du Jihad et de la dhimmitude. L'islam n'est pas la somme des individus qui le compose mais une réalité communautaire englobant et transcendant toute autre appartenance, l'oumma.
Croyez-vous à une cohabitation harmonieuse entre les musulmans et les autres communautés religieuses ? Est-ce ce à quoi tend votre proposition en vue d'une politique de paix et de cohésion nationale par rapport à l'islam?
Je la souhaite bien sûr. Mais l'expérience au long des siècles dans tellement de nations en fait douter. Mais bien sûr, il ne faut désespérer de rien. Si l'islam avançait dans le constat de l'imam Bencheikh de Marseille selon lequel le Coran doit être interprété à la lumière de son époque, ce serait déjà un immense progrès.
Mais j'ai énoncé aussi ce que devrait être une politique responsable de l'Etat français par rapport à l'islam. Je l'ai développé dans plusieurs textes, notamment dans ma lettre à Nicolas Sarkozy sur la création du Conseil français du culte musulman et dans mes questions au docteur Dalil Boubakeur, recteur de la Grande Mosquée de Paris.
« Deux mots nous séparent de l'islam : Amour et Liberté »
Les musulmans sont respectueux de la famille. Ils sont stricts sur ce qui touche à la pornographie, l'homosexualité ou le relâchement des mœurs. De ce point de vue, ils sont proches des chrétiens. Ne faut-il donc pas les voir comme des alliés face aux promoteurs de ce que Jean Paul II appelait « la culture de mort» ?
N'idéalisons pas ! Chez les musulmans comme chez les chrétiens, il y a souvent une grande distance entre l'idéal et la réalité. Mais les affirmer " respectueux de la famille " est un peu rapide. Ce n'est pas de notre conception de la famille qu'il s'agit. la polygamie et la répudiation ne sont pas du tout condamnées dans la charia mais au contraire très codifiées. Et là, il ne s'agit pas de l'exception mais de la règle. Les déclarer" stricts " en général sur ce qui touche à " la pornographie, l'homosexualité ou le relâchement des moeurs ", c'est une franche plaisanterie ! il suffit par exemple de se promener à Aley un soir d'été sur les hauteurs de Beyrouth, villégiature très prisée de la clientèle arabe, pour s'en convaincre.
Surtout, il y a dans l'islam d'incroyables hypocrisies. Ainsi en Arabie saoudite, on coupe toujours les mains des voleurs, charia oblige, et, là et ailleurs dans l'islam, on lapide encore les femmes adultères. Mais en même temps, on peut toujours pratiquer, surtout dans le monde chiite, "le mariage de complaisance ". il suffit pour cela de voir un mollah qui, moyennant un tarif, délivre un certificat de mariage pour quelques heures. C'est ainsi, qu'en fait, Téhéran est peut-être aujourd'hui le plus grand lupanar organisé que le monde ait connu. Je préfère pour ma part la franche tradition des bourdeaux, chers à François Villon et que toléraient sans difficulté nos rois en général peu puritains.
En revanche il est certain que l'islam n'apprécie pas l'étalage de la pornographie, et pire encore de la pédopornocratie et de la pornographie blasphématoire. Sur cela au moins nous sommes en convergence.
Mais hélas, profondément, il y a deux mots qui nous séparent de l'islam. Le premier c'est celui du grain qui manque au chapelet musulman des 99 attributs de Dieu. Ce centième grain est pour nous le premier, il s'appelle "Amour ". Le second terme que l'on cherche en vain dans le Coran, c'est "Liberté ". Or pour nous chrétiens, Dieu nous a faits libres, au risque du mal et dans l'espérance de son pardon. Ce sont ces deux mots que nous souhaitons simplement apporter à ceux qui sont encore musulmans.
Propos recueillis par Thierry Normand le Choc du Mois - Novembre 2007
1. Centre Henri et André Charlier, 70, boulevard Saint-Germain, 75005 Paris. Tél. ; 01 40 51 7407. Site : www.reconquete.fr
2. Agrif/la Griffe, 70, boulevard Saint-Germain, 75005 Paris. Tél. ; 01 40 46 96 31.
Site : www.agrif.fr
3. Editions Godefroy de Bouillon, 2005.
4. Le père Antoine Moussali 0921-2003) fut directeur des établissements scolaires lazaristes de Damas et a enseigné l'arabe à l'université d'Alger. il est notamment l'auteur de La Croix et le Croissant. Le Christianisme face à l'islam (1997), et de Musulmans, juifs et chrétiens au feu de la foi (2002), publiés aux éditions de Paris.
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