Messagepar criquette92 » 10/03/2010 - 21:26
Hubert Reeves nous explique qu'il est devenu possible de créer des univers en modélisant le big-bang;
"les paramètres physiques de notre univers (forces fondamentales et constantes physiques) ont des valeurs qui permettent la formation des atomes, puis leur assemblage en étoiles, galaxies et planètes, pour enfin aboutir à une chimie organique et à la naissance d’êtres biologiques de plus en plus complexes (sur Terre, et peut-être sur une exoplanète ou même une exolune).
Trivial, n’est-ce pas? Pas nécessairement parce que les physiciens pensent que d’autres univers auraient probablement des lois différentes. Or, un changement, même très faible, des propriétés fondamentales de la matière aurait pu empêcher toute la complexité de se développer.
Dans cette optique, il semble donc raisonnable de se demander si notre propre univers n’aurait pas quelque chose de particulier et d’unique. Quelques audacieux avancent même que les lois de notre univers semblent être précisément «ajustées» pour que la vie puisse y apparaître.
Écoutons Hubert Reeves à ce propos. Dans la vidéo suivante, l’astrophysicien signale qu’on peut «créer» des univers en modélisant le Big Bang – l’explosion primordiale qui aurait donné naissance à l’univers – avec des superordinateurs, et simuler l’évolution de la matière avec des lois de la physique légèrement différentes de celles qu’on connaît. Cette approche est légitime car les physiciens ne trouvent pas de raisons pour justifier que les lois d’un autre univers seraient nécessairement identiques à celles du nôtre.
Donc, si on modifie la valeur des forces et constantes de la nature (gravitation, électricité, vitesse de la lumière, constante de Planck, charge élémentaire, etc.) de seulement 1 ou 2%, explique Hubert Reeves, alors les univers évoluent, en moyenne, de la même façon que le nôtre mais, dans le détail, la complexité n’y apparaît pas.
En parlant de ces autres univers simulés qui possèdent des lois légèrement différentes de celles qu’on connaît dans notre univers, Hubert Reeves indique que:
«Dans la quasi totalité des cas, aucune complexité n’y apparaît. Il n’y a pas d’atomes, il n’y a pas de molécules, il n’y a pas d’êtres vivants. Ce sont des univers stériles qui se refroidissent sans que jamais n’apparaissent des systèmes complexes, sans que jamais n’apparaissent des êtres intelligents qui se posent des questions pour savoir comment cela se passe.»