Prodeo a écrit :Miroir a écrit :Reprenons donc maintenant tes questions
1) Pourquoi est-ce que dans le Paradis terrestre, Adam et Eve ne devaient pas toucher aux fruits de l'arbre de la connaissance ? Pourquoi c'était interdit ?
Parce que s’ils mangeaient ces fruits ils seraient sur le point de devenir des dieux, ce que leur créateur craignait, pour on ne sait quelle raison. Il ne leur a d’ailleurs pas donné la raison de cette interdiction, c’est le serpent qui la leur a donnée.
Voyons Miroir ! Fais moins marcher ta raison que ta sensibilité si tu veux espérer comprendre ce processus. Notre petite raison et donc nos connaissances ne seront jamais égales à celles de Dieu (heureusement ! sans Dieu unique ce serait un sacré bazar !), mais avoir goûter ne serait qu'un tout petit peu à cette connaissance change l'état mental de l'homme. Pour faire court, il pense et raisonne au lieu d'aimer. Tout est là ! Est-ce si dur à comprendre ? Je ne me rends plus bien compte à la longue.
C’est tout de même marrant qu’on arrive à peu près au même résultat, non ?
Tout dépend de ce que tu entends par le terme « amour ». Si c’est une acceptation inconditionnelle de l’être dans son essence, nous sommes d’accord. Ce texte ne peut être compris qu’au niveau symbolique, pris littéralement il est absurde.
Prodeo a écrit :Miroir a écrit :2) Si Eve n'avait pas mangé la pomme, est-ce que nous serions là ? Cette question est sans objet puisque Eve ne pouvait pas ne pas manger la « pomme », ce n’était qu’une question de temps. Ce qui tend d’ailleurs à montrer que ce créateur omniscient manque de prévoyance…
Si Eve n'avait pas mangé la pomme, elle serait encore au paradis sans convoiter les connaissances de Dieu.
Avec des si… Seulement elle ne pouvait faire autrement, elle n’a fait que réaliser son destin. Et puis les « si », avec les personnages mythiques…
D’après le verset 28 du chapitre 1, elle aurait quand même procréé.
Prodeo a écrit :Miroir a écrit :Tes questions sont particulièrement intéressantes parce qu’on ne connait pas l’origine de l’histoire du péché originel.
Ben si ! L'origine est dans la Génèse. Que veux-tu de plus pour comprendre ? Tout y est. Ce n'est que ta faculté de comprendre qui fera la différence.
Je te parle de l’origine du texte, pas de l’origine du péché !
Prodeo a écrit :Miroir a écrit :La compréhension de la bible a énormément progressé lors du dernier siècle. Toutes les disciplines scientifiques, ou presque, ont été mises à contribution. De nombreux passages dont le sens avait été perdu sont maintenant compréhensibles. La chronologie de la rédaction, notamment, est maintenant connue.
Lis-tu la Bible à la lumière du Da Vinci Code ? Ne crois-tu pas que les premiers chrétiens qui étaient contemporains du Christ ne connaissaient pas mieux que nous les Ecritures ? Ils avaient même Dieu lui-même en chair et en os pour les éclairer.
Je n’ai lu ni ne lirai ce roman.
Nous savons de façon certaine qu’il y a 2000 ans cela faisait déjà longtemps que la signification de certaines parties de la bible avait été perdue, on se contentait de transmettre fidèlement ces textes en essayant de leur trouver une signification, sans y parvenir. En effet les textes étaient écrits pour les contemporains de l’auteur, qui connaissaient parfaitement le contexte, lequel n’était généralement pas expliqué. Le même texte, quelques siècles plus tard, était devenu totalement incompréhensible.
Par exemple, connais-tu Habaquq 2-4 ?
Voici, son âme s'est enflée, elle n'est pas droite en lui; Mais le juste vivra par sa foi.
Cette citation est surtout connue parce que Paul s’en est servi pour construire sa théologie de la foi. Il est d’ailleurs intéressant de constater ici que Louis Segond, tout comme Paul, s’est basé sur la version en langue grecque dite « Septante » puisque toutes les versions en hébreu disent que le juste vivra par la fidélité. Paul ne savait-il pas lire l’hébreu ?
Le texte d’Habaquq était tellement incompréhensible que les ermites de Qumran, respectueux des Ecritures s’il en fût, l’ont modifié (d’une consonne) pour lui donner un sens. Jamais ils ne se seraient permis cela si le texte avait été compréhensible. Merci aux archéologues pour avoir lis au jour et identifié ce témoignage indirect.
Nous savons maintenant, grâce au remarquable travail combiné des historiens et des linguistes, que ce texte est basé sur un jeu de mots sur les noms des deux premiers souverains de la dynastie assyrienne qui opprimait Israël à cette époque. C’était évident pour un lecteur de cette époque, quelques siècles plus tard c’était totalement obscur.
De nombreux autres passages sont tout aussi incompréhensibles si on ne tient pas compte du contexte de l’époque où ils ont été écrits et donc de la culture du lecteur ou de l’auditeur.
Et ce contexte, seule la science moderne peut nous permettre, dans beaucoup de cas, de le retrouver.
Prodeo a écrit :D'ou peu bien venir cet orgueil omniprésent qui veut que la science va expliquer Dieu. Même à notre époque les sciences sont des naines à l'échelle de Dieu. Dans bien des sciences nous en sommes même encore à des théories qui s'opposent ou des conjectures qui peuvent changer.
L’essence même de la science est de progresser vers la vérité, un scientifique ne devrait jamais prétendre qu’il la connait, juste qu’il s’en approche autant que les connaissances de son temps le permettent.
Nous n’avons pas d’outil plus performant que la science pour comprendre ce qui est de son domaine, c'est-à-dire le monde matériel. Pour ce qui est du spirituel, elle ne peut apporter que la seule science dont les lois sont indépendantes de tout contexte, la logique, laquelle, selon certains talmudistes, préexistait même à la création du monde.
Prodeo a écrit :Miroir a écrit :Le premier récit de la genèse, celui d’un monde aquatique qui s’assèche, a été rapporté de la captivité à Babylone, tout comme le récit du déluge (tiré de l’épopée de Gilgamesh).
Le second récit de la genèse, celui du monde désertique sur lequel la pluie va arriver, est plus ancien puisque tiré des croyances des cananéens que les hébreux vont exterminer en arrivant d’Egypte. Ils ont juste remplacé les différents dieux qui interviennent dans l’histoire cananéenne par un dieu unique, le leur.
Je ne savais pas qu'il y avait deux Génèses. Depuis quand ?
Voudrais-tu, mon ami, prendre la peine de lire ce que j’ai écrit avant de faire des remarques? Si tu lis la bible avec autant de soin que mes messages, je crains…
J’ai écrit qu’il y a deux récits de la création du monde dans la Genèse, pas qu’il y a deux Genèses !
Le premier récit va du début du chapitre 1 au verset 3 ou 4, difficile à dire, du chapitre 2. Celui qui a découpé en chapitres ne devait pas le savoir.
Chapitre 1
1. Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre.
2. La terre était informe et vide: il y avait des ténèbres à la surface de l'abîme, et l'esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux.
3. Dieu dit: Que la lumière soit! Et la lumière fut.
4. Dieu vit que la lumière était bonne; et Dieu sépara la lumière d'avec les ténèbres.
5. Dieu appela la lumière jour, et il appela les ténèbres nuit. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin: ce fut le premier jour.
6. Dieu dit: Qu'il y ait une étendue entre les eaux, et qu'elle sépare les eaux d'avec les eaux.
7. Et Dieu fit l'étendue, et il sépara les eaux qui sont au-dessous de l'étendue d'avec les eaux qui sont au-dessus de l'étendue. Et cela fut ainsi.
8. Dieu appela l'étendue ciel. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin: ce fut le second jour.
9. Dieu dit: Que les eaux qui sont au-dessous du ciel se rassemblent en un seul lieu, et que le sec paraisse. Et cela fut ainsi.
10. Dieu appela le sec terre, et il appela l'amas des eaux mers. Dieu vit que cela était bon.
11. Puis Dieu dit: Que la terre produise de la verdure, de l'herbe portant de la semence, des arbres fruitiers donnant du fruit selon leur espèce et ayant en eux leur semence sur la terre. Et cela fut ainsi.
12. La terre produisit de la verdure, de l'herbe portant de la semence selon son espèce, et des arbres donnant du fruit et ayant en eux leur semence selon leur espèce. Dieu vit que cela était bon.
13. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin: ce fut le troisième jour.
14. Dieu dit: Qu'il y ait des luminaires dans l'étendue du ciel, pour séparer le jour d'avec la nuit; que ce soient des signes pour marquer les époques, les jours et les années;
15. et qu'ils servent de luminaires dans l'étendue du ciel, pour éclairer la terre. Et cela fut ainsi.
16. Dieu fit les deux grands luminaires, le plus grand luminaire pour présider au jour, et le plus petit luminaire pour présider à la nuit; il fit aussi les étoiles.
17. Dieu les plaça dans l'étendue du ciel, pour éclairer la terre,
18. pour présider au jour et à la nuit, et pour séparer la lumière d'avec les ténèbres. Dieu vit que cela était bon.
19. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin: ce fut le quatrième jour.
20. Dieu dit: Que les eaux produisent en abondance des animaux vivants, et que des oiseaux volent sur la terre vers l'étendue du ciel.
21. Dieu créa les grands poissons et tous les animaux vivants qui se meuvent, et que les eaux produisirent en abondance selon leur espèce; il créa aussi tout oiseau ailé selon son espèce. Dieu vit que cela était bon.
22. Dieu les bénit, en disant: Soyez féconds, multipliez, et remplissez les eaux des mers; et que les oiseaux multiplient sur la terre.
23. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin: ce fut le cinquième jour.
24. Dieu dit: Que la terre produise des animaux vivants selon leur espèce, du bétail, des reptiles et des animaux terrestres, selon leur espèce. Et cela fut ainsi.
25. Dieu fit les animaux de la terre selon leur espèce, le bétail selon son espèce, et tous les reptiles de la terre selon leur espèce. Dieu vit que cela était bon.
26. Puis Dieu dit: Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu'il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre, et sur tous les reptiles qui rampent sur la terre.
27. Dieu créa l'homme à son image, il le créa à l'image de Dieu, il créa l'homme et la femme.
28. Dieu les bénit, et Dieu leur dit: Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, et l'assujettissez; et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre.
29. Et Dieu dit: Voici, je vous donne toute herbe portant de la semence et qui est à la surface de toute la terre, et tout arbre ayant en lui du fruit d'arbre et portant de la semence: ce sera votre nourriture.
30. Et à tout animal de la terre, à tout oiseau du ciel, et à tout ce qui se meut sur la terre, ayant en soi un souffle de vie, je donne toute herbe verte pour nourriture. Et cela fut ainsi.
31. Dieu vit tout ce qu'il avait fait et voici, cela était très bon. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin: ce fut le sixième jour.
[ Début ]
Chapitre 2
1. Ainsi furent achevés les cieux et la terre, et toute leur armée.
2. Dieu acheva au septième jour son oeuvre, qu'il avait faite: et il se reposa au septième jour de
toute son oeuvre, qu'il avait faite.
3. Dieu bénit le septième jour, et il le sanctifia, parce qu'en ce jour il se reposa de toute son
oeuvre qu'il avait créée en la faisant.
4. Voici les origines des cieux et de la terre, quand ils furent créés.
Le deuxième récit part du verset 4 ou 5 du deuxième chapitre et va jusqu’au verset 24 du même chapitre.
5. Lorsque l'Éternel Dieu fit une terre et des cieux, aucun arbuste des champs n'était encore sur
la terre, et aucune herbe des champs ne germait encore: car l'Éternel Dieu n'avait pas fait
pleuvoir sur la terre, et il n'y avait point d'homme pour cultiver le sol.
6. Mais une vapeur s'éleva de la terre, et arrosa toute la surface du sol.
7. L'Éternel Dieu forma l'homme de la poussière de la terre, il souffla dans ses narines un
souffle de vie et l'homme devint un être vivant.
8. Puis l'Éternel Dieu planta un jardin en Éden, du côté de l'orient, et il y mit l'homme qu'il avait
formé.
9. L'Éternel Dieu fit pousser du sol des arbres de toute espèce, agréables à voir et bons à
manger, et l'arbre de la vie au milieu du jardin, et l'arbre de la connaissance du bien et du mal.
10. Un fleuve sortait d'Éden pour arroser le jardin, et de là il se divisait en quatre bras.
11. Le nom du premier est Pischon; c'est celui qui entoure tout le pays de Havila, où se trouve l'or.
12. L'or de ce pays est pur; on y trouve aussi le bdellium et la pierre d'onyx.
13. Le nom du second fleuve est Guihon; c'est celui qui entoure tout le pays de Cusch.
14. Le nom du troisième est Hiddékel; c'est celui qui coule à l'orient de l'Assyrie. Le quatrième
fleuve, c'est l'Euphrate.
15. L'Éternel Dieu prit l'homme, et le plaça dans le jardin d'Éden pour le cultiver et pour le garder.
16. L'Éternel Dieu donna cet ordre à l'homme: Tu pourras manger de tous les arbres du jardin;
17. mais tu ne mangeras pas de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en
mangeras, tu mourras.
18. L'Éternel Dieu dit: Il n'est pas bon que l'homme soit seul; je lui ferai une aide semblable à lui.
19. L'Éternel Dieu forma de la terre tous les animaux des champs et tous les oiseaux du ciel, et il
les fit venir vers l'homme, pour voir comment il les appellerait, et afin que tout être vivant
portât le nom que lui donnerait l'homme.
20. Et l'homme donna des noms à tout le bétail, aux oiseaux du ciel et à tous les animaux des
champs; mais, pour l'homme, il ne trouva point d'aide semblable à lui.
21. Alors l'Éternel Dieu fit tomber un profond sommeil sur l'homme, qui s'endormit; il prit une de
ses côtes, et referma la chair à sa place.
22. L'Éternel Dieu forma une femme de la côte qu'il avait prise de l'homme, et il l'amena vers
l'homme.
23. Et l'homme dit: Voici cette fois celle qui est os de mes os et chair de ma chair! on l'appellera
femme, parce qu'elle a été prise de l'homme.
24. C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, et s'attachera à sa femme, et ils
deviendront une seule chair.
Relis-les attentivement, et tu constateras que l’ordre dans lequel les éléments sont créés est différent et même souvent inversé.
Prodeo a écrit :Miroir a écrit :Mais le récit du péché originel ne vient d’aucune de ces deux sources, et c’est pourquoi il est généralement attribué aux hébreux eux-mêmes. J’ai un sérieux doute, dû à ce pluriel indiquant plusieurs dieux, et même la possibilité d’en avoir de nouveaux en mangeant des fruits de deux arbres, un peu comme le nectar et l’ambroisie que consommaient les dieux grecs.
Si tu veux faire un travail d'érudition, il te faut devenir un exégète. C'est le travail de toute une vie.
« Rappelez-vous que c’est une même Parole de Dieu qui s’étend dans toutes les Écritures, que c’est un même Verbe qui résonne dans la bouche de tous les écrivains sacrés, lui qui, étant au commencement Dieu auprès de Dieu, n’y a pas besoin de syllabes parce qu’il n’y est pas soumis au temps. » (S. Augustin, Psal. 103, 4, 1 : PL 37, 1378).
C’est en effet extrêmement long si on veut faire dire aux textes autre chose que ce que leurs auteurs voulaient leur faire dire. Si on essaie de comprendre le contexte pour saisir comment c’était compris à l’époque où c’était écrit, ça nécessite beaucoup moins de gymnastique
Ces textes ont été écrits pour leurs contemporains, pas pour des exégètes
Il faut juste se renseigner auprès de ceux qui peuvent retrouver le contexte historique, c'est-à-dire les scientifiques…
Prodeo a écrit :Miroir a écrit :Quoi qu’il en soit, une lecture littérale du texte aboutit à la description d’un comportement absurde de la part de cette divinité. Je comprends mieux après cette réflexion pourquoi les premiers chrétiens d’Alexandrie (des habiroux convertis, comme tous les premiers chrétiens) considéraient que Yahweh était un dieu lamentable, aigri, tordu, qui avait créé le monde et notamment l’homme pour se venger. Pour eux, c’était déjà Jésus qui était intervenu sous la forme du serpent pour tenter d’aider Adam et Eve et il était revenu pour essayer de nouveau de nous tirer des griffes de Yahweh.
Je n’ai d’ailleurs jamais trouvé où il serait écrit que le serpent aurait en fait été Satan, comme on le dit habituellement.
Je ne sais pas où tu vas chercher toute cette pollution qui n'a rien à voir avec l'enseignement du Christ.
Ai-je parlé de l’enseignement du christ ?
Je suis dans la Genèse, donc dans l’ancien testament.
N’est-ce pas toi qui conseille de se fier à son ressenti plutôt qu’au raisonnement ? Eh bien c’est ce que j’ai fait, quand je suis arrivé au bout de la reconstitution de la scène, j’ai senti remonter le souvenir de cette croyance de la communauté d’Alexandrie, qui m’avait parue très étrange sur le coup, et que je comprends beaucoup mieux s’ils ont lu le récit de la façon dont je l’ai expliqué.
Prodeo a écrit :Miroir a écrit :Et si ce texte ne décrit pas une vérité historique, ce qui est une préoccupation très récente, personne dans l’Antiquité ne se préoccupant de la vérité historique, les symboles étant pour eux bien plus importants, quel peut être son sens réel ???
Mais la vérité historique n'est pas nécessaire pour comprendre et connaître La Vérité de Dieu. Cette Vérité est en toi, pas dans un livre. Si tu sais aimer tu peux comprendre Dieu. Dans le cas contraire, cela me paraît très difficile, sinon impossible (peut-être que des exceptions existent).
Merci mon ami d’avoir confirmé une nouvelle fois que nous sommes d’accord : il n’est pas question de vérité historique dans ce texte.