Pour Monsanto et ses semblables le Forum de Davos, c’est le pactole
« Ceux qui parmi nous ont eu affaire au Forum pendant quelques années savent quel formidable effet de levier est exercé par cette puissante plateforme » Muthar A. Kent, président de Coca-Cola.
« Il y aura une autre crise », prophétisait à Davos Robert Zoellick, ancien dirigeant de Gold-man-Sachs et président de la Banque Mondiale. Jetant ainsi un froid sur une assemblée qui depuis trois jours tentait de se persuader que le pire était passé. Si toutefois nul ne cachait l'inquiétude suscitée par la flambée des prix alimentaires due au coût du baril de pétrole et à la boulimie des pays en développement. Avec, faute d'une extension des productions et des stocks, cette épée de Damoclès des colères sociales allumées par l'explosion du prix des denrées de base.
Lors de sa précédente édition, le Forum Economique de Davos (WEF), convaincu que le projet mondialiste pourrait être mis en péril par la colère des populations affamées, un nouveau et ambitieux programme baptisé « Une nouvelle Vision pour l'Agriculture » avait été mis sur les rails. Le maître d'œuvre en est la Communauté des Industries de Consommation qui est un appendice du WEF. Outre l'agriculture, cette communauté supervise trois domaines : la consommation dite durable, l'aménagement des futurs besoins hydrauliques et la santé dans le monde. Lesquels se déclinent en six agendas essentiels à l'avenir de nos sociétés : maladies chroniques, sécurité alimentaire, nutrition, sécurité de l'accès à l'eau, consommation durable et gouvernance des océans. 26 des plus grosses multinationales de l'alimentation, de l'agro-alimentaire, de la grande distribution, de la chimie et des bio-technologies, c'est-à-dire toutes celles qui ont un intérêt financier et économique majeur dans les opérations menées par la Communauté des Industries de Consommation, sont ses partenaires.
La moitié de ces multinationales se sont par ailleurs investies dans la « Nouvelle Vision pour l'Agriculture » et au cours de l'année 2010 ont participé activement à l'élaboration de ce programme. Ces 17 sociétés méritent d'être citées, ne serait-ce que pour mieux préciser les contours de l'opération en train de se dérouler sous les grandes envolées lyriques et les promesses d'un « monde meilleur »… et durable ! Il s'agit donc de Archer Daniels Midlands (ADM), Bunge et Cargill, les principaux conglomérats céréaliers américains, BASF, DuPont, Monsanto, Syngenta, géants agro-chimiques, Yara International, premier distributeur mondial de nutriments et engrais azotés, Métro AG, Wal Mart pour la grande distribution, et les géants de l'alimentation industrielle Nestlé, Coca-Cola, Pepsi-Cola, Kraft, General Mills, Unilever, SAB Miller, le Sud-Africain, deuxième brassier du monde.
Cette Nouvelle Vision pour l'Agriculture, qui prétend doubler la production agricole mondiale dans les quarante prochaines années afin de satisfaire la demande de 9 milliards de tubes digestifs et les intérêts bien compris des humanistes cités plus haut, est probablement une des plus belles fumisteries que la Mondialisation ait produite à ce jour. Ses promoteurs ne faisant pas mystère d'y parvenir par une « seconde révolution verte » en tout point aussi néfaste que la première, la seule différence étant que les OGM remplaceront l'hybridation.
Une stratégie à trois “piliers”, supposés être menés de front, permet de satisfaire tout le monde. Le premier traite de la sécurité alimentaire et des besoins nutritionnels du monde. Le second du respect de l'environnement. Le troisième de l'accession au pouvoir économique, notamment dans les pays pauvres.
LA NOUVELLE VISION POUR L'AGRICULTURE DE MONSANTO
L'homme qui a été désigné pour présider Nouvelle Vision pour l'Agriculture s'appelle Jerry Steiner. Il est président exécutif de Monsanto, chargé du Développement Durable. Ancien vice-président de Celera Genomics, spécialisée dans le séquençage du génome, il préside également le Conseil Stratégique Biotechnique de Croplife International, qui regroupe 7 sociétés, les « Big Ag » : BASF, Bayer, Dow AgroSciences, DuPont, FMC, géant de la chimie, Monsanto, Sumitomo, conglomérat industriel japonais majeur, Syngenta, spécialiste des OGM. Successivement appelé Groupement International des Associations Nationales de Fabricants de Produits Agrochimiques, puis Fédération en Charge de la Protection des Récoltes, Croplife affirme « se consacrer à la défense de l'agriculture durable par l'innovation dans la protection des récoltes, la biotechnologie des plantes et la production de semences ».
Jerry Steiner est également président du Council of Biotechnology Information (CBI) composé de BASF, Bayer, Dow, DuPont, Monsanto et Syngenta. Le CBI dispense « une information scientifique sur les avantages et la sécurité offerts par les biotechnologies agricoles et leurs contributions au développement durable ». En réalité une rapide visite sur son site Internet montre qu'il se consacre à peu près exclusivement à la défense des OGM.
Présidant donc aux destinées de Vision d'Avenir pour l'Agriculture, il explique sur le site de Monsanto Produire plus pour Conserver plus : « Ce sur quoi nous avons travaillé en prévision de Davos est la mise au point d'une stratégie qui permettrait de répondre aux défis associés au doublement de la demande prévu pour 2050. Et le faire de manière… que l'agriculture satisfasse les besoins de sécurité alimentaire et nutritionnelle du monde, ce qui signifie à la fois produire suffisamment globalement tout en augmentant la production là où elle n'est pas suffisante. On atteindra ces 80 à 100 % d'augmentation d'ici 2050 en accroissant la productivité dans ces lieux où la pénurie se fait dramatiquement sentir ».
C'est ce que ces gens appellent la « seconde révolution verte ». Leur cœur de cible se trouvera en Inde et en Afrique, qui, pour leur plus grand profit, seront appelées à multiplier les apports d'engrais chimiques et de pesticides, à développer l'irrigation et la mécanisation, à généraliser les bio-technologies et singulièrement les OGM.
La « première révolution verte », si elle a fait la fortune de Monsanto et des autres, a abouti au fiasco écologique désormais observable partout dans le monde avec la stérilisation des terres arables par les engrais chimiques, l'empoisonnement par les pesticides des eaux souterraines, la déstructuration des sols par l'irrigation et la mécanisation et les graves atteintes à la biodiversité animale et végétale dont est responsable le développement massif de l'hybridation. Encore cette hybridation faisait-elle appel à des principes respectant l'ordre naturel des choses. Ce qui n'est nullement le cas des Organismes Génétiquement Modifiés, où l'on mélange les gènes des différents règnes et dont en dépit des affirmations des scientifiques non seulement on ne dispose d'aucune preuve de leur innocuité mais on commence à percevoir de mieux en mieux leur dangerosité. D'autant que l'essentiel de la démarche OGM en agriculture consiste à renforcer les auto-défenses de la plante trafiquée afin de permettre un épandage massif des pesticides qui ont, et cela on le sait parfaitement, des effets absolument catastrophiques sur l'environnement.
Ainsi les média peuvent autant qu'ils veulent représenter le Forum de Davos comme une réunion sympathique du Gotha mondial politique et industriel. Il est aussi autre chose : là où ceux qui empestent ce monde se retrouvent dans la clandestinité des cabinets afin de mettre au point leurs petites saloperies.
Petrus AGRICOLA 11 FEVRIER 2011 - RIVAROL
Monsanto propriétaire de la plus grande armée privée du monde
- Pat
- Administrateur délégué
- Messages : 25476
- Inscription : 03/12/2006 - 23:46
- Localisation : Les Alleuds dans le 49
- Contact :
Re: Pour Monsanto et ses semblables le Forum de Davos, c’est le
Campagne anti-bio orchestrée par l’agro-business avec la complicité d’une grande université américaine: Stanford
Cargill et d’autres acteurs à l’origine d’une étude anti-bio intitulée “StanfordStudy”
Ladite “étude” anti-bio n’est pas de l’information, mais plutôt une campagne de propagande organisée.
par Tony Cartalucci Le 5 Septembre 2012,
url de l’article original: http://landdestroyer.blogspot.fr/2012/0 ... ganic.html
~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~
Harry Wallop du London Telegraph termine son éditorial contre l’alimentation bio par la phrase suivante:
“Demain, bébé recevra une autre bonne cuillerée de carottes arrosées de pesticides.”
Que H. Wallop ait l’esprit aussi embrouillé qu’il en a l’air ou pas, le but de son éditorial est d’encourager une attitude similaire chez les lecteurs du Telegraph, en essayant de manipuler la perception du public à la suite d’une “étude” récente conduite par l’Université de Stanford sur les aliments biologiques.
Image: Conflit d’intérêts ? Étrange que l’Université de Stanford travaille en partenariat avec le géant agricole Cargill, et qu’elle vienne juste de publier une étude suggérant que les produits bios ne sont pas meilleurs que leurs concurrents issus de l’agriculture industrielle. Selon l’Université de Stanford, Cargill aurait fait don à cette dernière d’au moins 5 millions de dollars destinés à la création d’un Centre pour la Sécurité alimentaire et pour l’Environnement (N.d.T. “Center on Food Security and the Environment”ou “FSE” en anglais). Le site Web de Cargill contient une page qui décrit son partenariat avec Stanford, et qui peut être consultée ici http://www.cargill.com/corporate-respon ... /index.jsp .Dans son Rapport annuel de 2011, l’Université de Stanford cite comme donateurs Cargill et bien d’autres (page 38, .pdf).
….
Il reste à voir si les lecteurs du Telegraph accepteront de mettre leur propre santé et celle de leurs enfants en péril juste pour préserver les profits des agriculteurs industriels et le paradigme branlant selon lequel les produits issus de l’agriculture industrielle peuvent être consommés par les humains sans aucun risque, simplement parce que Harry Wallop pense qu’il est bon de nourrir son bébé avec des carottes arrosées de pesticides.
Le London Telegraph, lorsqu’il n’est pas occupé à fabriquer des nouvelles soutenant les dernières aventures impériales de l’Angleterre à l’étranger, se trouve au premier plan de nombreuses grandes campagnes de lobbying financées par des corporations. Récemment, quelqu’un a dépensé de l’argent, beaucoup d’argent, dans la création d’un lobby anti-bio basé sur une étude douteuse réalisée parStanford.
Une “étude” biaisée
Quand des cycles d’information entiers sont dominés par de gros titres fondés sur une étude universitaire unique, avec des éditoriaux tentant de nous enfoncer dans le crâne des arguments propres à l’agriculture industrielle, un lobby est clairement à l’oeuvre.
Deux cycles dInformation ont déjà été consacrés au dénigrement de la nourriture bio. Les produits biologiques sont exempts de pesticides et de manipulations génétiques, lesquels ont tous deux été prouvés comme étant la cause de troubles de l’apprentissage, d’une diminution du Q.I., de stérilité, et d’une foule d’autres problèmes de santé comprenant un grand nombre de cancers.
Cette très récente campagne anti-bio a commencé par une étude de Stanford(et ici) issue de son Center for Health Policy (une filiale du Freeman Spogli Institute for International Studies de Stanford), qui avait pour objectif d’examiner et de comparer les valeurs nutritionnelles des produits bios et non-bios. Cette étude montrait que des aliments couverts de pesticides avaient presque la même valeur nutritionnelle que ceux issus de l’agriculture biologique –éludant complètement tout l’intérêt de manger bio.
En effet, les valeurs nutritionnelles peuvent être identiques – cependant, on ne mange pas des produits bio pour leur valeur nutritionnelle largement supérieure, mais parce que leur consommation permet d’éviter la consommation des “plus”liés aux aliments issus des entreprises de l’agro-industriel.
L’étude de Stanford ignore volontairement les préoccupations liées à la présence de pesticides en déclarant que leur quantité se trouvait dans les normes autorisées par l’État. Aucun débat ne fut mené quant à savoir si les marges autorisées étaient synonymes de sécurité. On ne mentionna pas non plus les effets néfastes des organismes génétiquement modifiés (OGM) ni ceux d’autres additifs alimentaires controversés que contiennent les aliments non-bio.
Alors pourquoi cet argument de paille ?
Une “étude” sponsorisée par des corporations
Le Stanford Center for Health Policy affirme ce qui suit sur son propre site Web:
“Le Freeman Spogli Institute for International Studies (FSI) dépend du soutien de ses amis, aussi bien que de celui de fondations et de corporations tant nationales qu’internationales, pour le financement ses activités de recherche, d’enseignement et de vulgarisation.”
Le Center for Health Policy est une filiale du Freeman Spogli Institute for International Studies (FSI). Alors qui sont ces “amis”, ces fondations et corporations nationales et internationales qui financent les recherches du FSI et de sa filiale, le Stanford Center for Health Policy?
Image: Sur le site officiel http://healthpolicy.stanford.edu/docs/supporting_fsi du Stanford Center for Health Policy, ce dernier reconnaît que “des fondations et des corporations, tant nationales qu’internationales” financent ses recherches et ses “activités de vulgarisation.”Voici qui confirme les soupçons d’un public de mieux en mieux informé, qui a perçu l’ “étude” comme étant biaisée, contraire aussi bien à la logique qu’à l’éthique, et le résultat d’un financement industriel insidieux.
….
D’après le Rapport annuel 2011 du FSI (page 38, .pdf), le géant agricole Cargill, British Petroleum (BP), la Fondation Bill &Malinda Gates (ayant fait des investissements massifs à la fois dans Cargill et le géant de l’agriculture industrielle Monsanto), la Fondation Ford, Google, Goldman Sachs, la Fondation Smith Richardson, et bien d’autres entreprises reprises par la liste Fortune 500aux intérêts spécifiquement industriels. (N.d.T. La liste Fortune 500 est un classement des 500 plus grandes entreprises des États-Unis d’Amérique, effectué annuellement en fonction du chiffre d’affaire et des résultats nets de chacune d’entre elles.)
Image: Dans le Rapport annuel 2011 du FSI de Stanford (page 38, .pdf), dont le Center for Health Policy est une filiale, on apprend que ce dernier est financé par Cargill, la Fondation Bill &Malinda Gates (qui a massivement investi à la fois dans Cargill et le géant de l’agriculture industrielle Monstanto),et un tas d’autres entreprises figurant dans la liste Fortune 50 aux intérêts spécifiquement industriels. En apparence, le rapport a l’air de faire une propagande inoffensive, mais son financement révèle des efforts plus calculés, plus sournois faits pour manipuler la perception du public – des efforts s’étendant même au domaine universitaire, aux médias de masse, au gouvernement, et au gros commerce industriel. (Pour agrandir l’image, cliquezdessus.)
Le fait que rien de tout cela ne soit mentionné, ainsi que le manque d’indépendance et de transparence associé à l’étude, nuisent totalement à la crédibilité de Stanford et de la machine médiatique occidentale, qui a gavé le public de ses résultats avec tant d’empressement. Si l’on ajoute à cela le fait que l’étude elle-même est biaisée, et qu’elle est présentée au public de manière concertée et malhonnête, il devient évident qu’une campagne de relations publiques préméditée, commandée et payée par les sponsors du FSI de Stanford – en particulier par Cargill et la Fondation Bill &Malinda Gates Foundation, est en train d’être menée.
Que faut-il faire ?
De toute évidence, il faut continuer à manger bio. De plus, la fourberie dont font preuve le monde universitaire, les médias de masse, et les grands intérêts industriels qui les dirigent toutes les deux ouvertement, exige de nous un redoublement d’efforts quant à la mise en place de boycotts étendus visant tous les grands agriculteurs industriels, ainsi que d’autres corporations monopolistes reprises dans le classement Fortune 500 – ce qui inclut d’autres fabricants de produits tout préparés comme Pepsi et Coca-Cola, Kraft, et leurs innombrables filières.
Nous devrions aussi faire davantage d’efforts pour soutenir les fermiers locaux, assister et contribuer à leurs marchés de producteurs (NdT: soutien des AMAP en France par exemple), et nous renseigner sur l’éventualité de cultiver, ne serait-ce qu’un petit pourcentage, de nos herbes, fruits et légumes.
Liberté et autodétermination requièrent d’avoir au préalable une certaine indépendance économique, d’être autonome et autosuffisant. La façon la plus simple de devenir économiquement indépendant est de disposer de ressources alimentaires sûres, saines et locales, mises en place par les gens et pour les gens, et appartenant à ces derniers. Consolider ce modèle émergent, en dépit d’éditoriaux lourds d’ignorance, puérils et même criminellement irresponsables comme celui de Harry Wallop dans le Telegraph, et d’ “études” de plusieurs millions de dollars subventionnées par Cargill et par la Fondation Bill &Malinda Gates, est le premier pas vers l’expansion de ce changement de paradigme à d’autres domaines nécessaires au maintien et au progrès de la civilisation moderne.
http://resistance71.wordpress.com/
Cargill et d’autres acteurs à l’origine d’une étude anti-bio intitulée “StanfordStudy”
Ladite “étude” anti-bio n’est pas de l’information, mais plutôt une campagne de propagande organisée.
par Tony Cartalucci Le 5 Septembre 2012,
url de l’article original: http://landdestroyer.blogspot.fr/2012/0 ... ganic.html
~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~
Harry Wallop du London Telegraph termine son éditorial contre l’alimentation bio par la phrase suivante:
“Demain, bébé recevra une autre bonne cuillerée de carottes arrosées de pesticides.”
Que H. Wallop ait l’esprit aussi embrouillé qu’il en a l’air ou pas, le but de son éditorial est d’encourager une attitude similaire chez les lecteurs du Telegraph, en essayant de manipuler la perception du public à la suite d’une “étude” récente conduite par l’Université de Stanford sur les aliments biologiques.
Image: Conflit d’intérêts ? Étrange que l’Université de Stanford travaille en partenariat avec le géant agricole Cargill, et qu’elle vienne juste de publier une étude suggérant que les produits bios ne sont pas meilleurs que leurs concurrents issus de l’agriculture industrielle. Selon l’Université de Stanford, Cargill aurait fait don à cette dernière d’au moins 5 millions de dollars destinés à la création d’un Centre pour la Sécurité alimentaire et pour l’Environnement (N.d.T. “Center on Food Security and the Environment”ou “FSE” en anglais). Le site Web de Cargill contient une page qui décrit son partenariat avec Stanford, et qui peut être consultée ici http://www.cargill.com/corporate-respon ... /index.jsp .Dans son Rapport annuel de 2011, l’Université de Stanford cite comme donateurs Cargill et bien d’autres (page 38, .pdf).
….
Il reste à voir si les lecteurs du Telegraph accepteront de mettre leur propre santé et celle de leurs enfants en péril juste pour préserver les profits des agriculteurs industriels et le paradigme branlant selon lequel les produits issus de l’agriculture industrielle peuvent être consommés par les humains sans aucun risque, simplement parce que Harry Wallop pense qu’il est bon de nourrir son bébé avec des carottes arrosées de pesticides.
Le London Telegraph, lorsqu’il n’est pas occupé à fabriquer des nouvelles soutenant les dernières aventures impériales de l’Angleterre à l’étranger, se trouve au premier plan de nombreuses grandes campagnes de lobbying financées par des corporations. Récemment, quelqu’un a dépensé de l’argent, beaucoup d’argent, dans la création d’un lobby anti-bio basé sur une étude douteuse réalisée parStanford.
Une “étude” biaisée
Quand des cycles d’information entiers sont dominés par de gros titres fondés sur une étude universitaire unique, avec des éditoriaux tentant de nous enfoncer dans le crâne des arguments propres à l’agriculture industrielle, un lobby est clairement à l’oeuvre.
Deux cycles dInformation ont déjà été consacrés au dénigrement de la nourriture bio. Les produits biologiques sont exempts de pesticides et de manipulations génétiques, lesquels ont tous deux été prouvés comme étant la cause de troubles de l’apprentissage, d’une diminution du Q.I., de stérilité, et d’une foule d’autres problèmes de santé comprenant un grand nombre de cancers.
Cette très récente campagne anti-bio a commencé par une étude de Stanford(et ici) issue de son Center for Health Policy (une filiale du Freeman Spogli Institute for International Studies de Stanford), qui avait pour objectif d’examiner et de comparer les valeurs nutritionnelles des produits bios et non-bios. Cette étude montrait que des aliments couverts de pesticides avaient presque la même valeur nutritionnelle que ceux issus de l’agriculture biologique –éludant complètement tout l’intérêt de manger bio.
En effet, les valeurs nutritionnelles peuvent être identiques – cependant, on ne mange pas des produits bio pour leur valeur nutritionnelle largement supérieure, mais parce que leur consommation permet d’éviter la consommation des “plus”liés aux aliments issus des entreprises de l’agro-industriel.
L’étude de Stanford ignore volontairement les préoccupations liées à la présence de pesticides en déclarant que leur quantité se trouvait dans les normes autorisées par l’État. Aucun débat ne fut mené quant à savoir si les marges autorisées étaient synonymes de sécurité. On ne mentionna pas non plus les effets néfastes des organismes génétiquement modifiés (OGM) ni ceux d’autres additifs alimentaires controversés que contiennent les aliments non-bio.
Alors pourquoi cet argument de paille ?
Une “étude” sponsorisée par des corporations
Le Stanford Center for Health Policy affirme ce qui suit sur son propre site Web:
“Le Freeman Spogli Institute for International Studies (FSI) dépend du soutien de ses amis, aussi bien que de celui de fondations et de corporations tant nationales qu’internationales, pour le financement ses activités de recherche, d’enseignement et de vulgarisation.”
Le Center for Health Policy est une filiale du Freeman Spogli Institute for International Studies (FSI). Alors qui sont ces “amis”, ces fondations et corporations nationales et internationales qui financent les recherches du FSI et de sa filiale, le Stanford Center for Health Policy?
Image: Sur le site officiel http://healthpolicy.stanford.edu/docs/supporting_fsi du Stanford Center for Health Policy, ce dernier reconnaît que “des fondations et des corporations, tant nationales qu’internationales” financent ses recherches et ses “activités de vulgarisation.”Voici qui confirme les soupçons d’un public de mieux en mieux informé, qui a perçu l’ “étude” comme étant biaisée, contraire aussi bien à la logique qu’à l’éthique, et le résultat d’un financement industriel insidieux.
….
D’après le Rapport annuel 2011 du FSI (page 38, .pdf), le géant agricole Cargill, British Petroleum (BP), la Fondation Bill &Malinda Gates (ayant fait des investissements massifs à la fois dans Cargill et le géant de l’agriculture industrielle Monsanto), la Fondation Ford, Google, Goldman Sachs, la Fondation Smith Richardson, et bien d’autres entreprises reprises par la liste Fortune 500aux intérêts spécifiquement industriels. (N.d.T. La liste Fortune 500 est un classement des 500 plus grandes entreprises des États-Unis d’Amérique, effectué annuellement en fonction du chiffre d’affaire et des résultats nets de chacune d’entre elles.)
Image: Dans le Rapport annuel 2011 du FSI de Stanford (page 38, .pdf), dont le Center for Health Policy est une filiale, on apprend que ce dernier est financé par Cargill, la Fondation Bill &Malinda Gates (qui a massivement investi à la fois dans Cargill et le géant de l’agriculture industrielle Monstanto),et un tas d’autres entreprises figurant dans la liste Fortune 50 aux intérêts spécifiquement industriels. En apparence, le rapport a l’air de faire une propagande inoffensive, mais son financement révèle des efforts plus calculés, plus sournois faits pour manipuler la perception du public – des efforts s’étendant même au domaine universitaire, aux médias de masse, au gouvernement, et au gros commerce industriel. (Pour agrandir l’image, cliquezdessus.)
Le fait que rien de tout cela ne soit mentionné, ainsi que le manque d’indépendance et de transparence associé à l’étude, nuisent totalement à la crédibilité de Stanford et de la machine médiatique occidentale, qui a gavé le public de ses résultats avec tant d’empressement. Si l’on ajoute à cela le fait que l’étude elle-même est biaisée, et qu’elle est présentée au public de manière concertée et malhonnête, il devient évident qu’une campagne de relations publiques préméditée, commandée et payée par les sponsors du FSI de Stanford – en particulier par Cargill et la Fondation Bill &Malinda Gates Foundation, est en train d’être menée.
Que faut-il faire ?
De toute évidence, il faut continuer à manger bio. De plus, la fourberie dont font preuve le monde universitaire, les médias de masse, et les grands intérêts industriels qui les dirigent toutes les deux ouvertement, exige de nous un redoublement d’efforts quant à la mise en place de boycotts étendus visant tous les grands agriculteurs industriels, ainsi que d’autres corporations monopolistes reprises dans le classement Fortune 500 – ce qui inclut d’autres fabricants de produits tout préparés comme Pepsi et Coca-Cola, Kraft, et leurs innombrables filières.
Nous devrions aussi faire davantage d’efforts pour soutenir les fermiers locaux, assister et contribuer à leurs marchés de producteurs (NdT: soutien des AMAP en France par exemple), et nous renseigner sur l’éventualité de cultiver, ne serait-ce qu’un petit pourcentage, de nos herbes, fruits et légumes.
Liberté et autodétermination requièrent d’avoir au préalable une certaine indépendance économique, d’être autonome et autosuffisant. La façon la plus simple de devenir économiquement indépendant est de disposer de ressources alimentaires sûres, saines et locales, mises en place par les gens et pour les gens, et appartenant à ces derniers. Consolider ce modèle émergent, en dépit d’éditoriaux lourds d’ignorance, puérils et même criminellement irresponsables comme celui de Harry Wallop dans le Telegraph, et d’ “études” de plusieurs millions de dollars subventionnées par Cargill et par la Fondation Bill &Malinda Gates, est le premier pas vers l’expansion de ce changement de paradigme à d’autres domaines nécessaires au maintien et au progrès de la civilisation moderne.
http://resistance71.wordpress.com/
-
françois-joseph
- Nouveau
- Messages : 26
- Inscription : 22/03/2013 - 20:33
Quand Monsanto se planque pour mieux avancer
Merci à Jean-Paul Guyomarc’h, qui a déniché l’information, et me l’a transmise. Vu le titre que j’ai trouvé, le suspense ne sera pas bien grand, mais faisons comme si. Et commençons par la lecture d’un site internet , qui nous annonce une bien grande nouvelle : la société Scotts France « lance son appli jardin ». Certes, cela peut paraître modeste, mais c’est tout de même bien joli. Disponible sur les smartphones, cette nouveauté « propose un diagnostic complet des maladies et des nuisibles rencontrés dans un jardin et détermine le traitement adéquat ». C’est gratos, c’est sur le téléphone, c’est hyperpratique et hypramoderne, cela devrait donc faire fureur. Ne compte-t-on pas 17 millions de jardiniers en France, ainsi que 12 millions de smartphones à la fin de 2011 ? Si.
Insistons sur un point digne d’intérêt : il s’agit de proposer un traitement. Car l’application magique recense, en sa banque d’images, 110 maladies et « nuisibles » de la plante. C’est la guerre, voyez-vous, mais les armes de destruction massive sont à portée de pulvérisateur. Elles s’appellent KB, Carré Vert, Fertiligène et Naturen. En « géolocalisant » les magasins qui produisent ces excellents biocides, puis en établissant un itinéraire grâce à Google Map, on court les acheter les yeux fermés. Et si par malheur l’agressé ne trouve pas l’agresseur dans la liste des 110, eh bien, il lui reste la possibilité d’appeler un expert. Un expert de chez Scotts, la noble société qui offre ainsi ses si admirables services.
Poursuivons. Pour en savoir plus sur l’application gratuite, il est conseillé de se rendre sur un autre site appelé La pause jardin . Un tel nom donne confiance, je trouve. Surtout qu’on vous annonce de suite qu’on « n’a jamais été aussi bien dans son jardin ». Pour celui qui a envie de jouer à l’ombre de son figuier, « un grand concours Agriculture biologique », qui peut permettre de gagner un kayak. Quantité de braves gens dont on ne connaîtra que le doux prénom - Nathalie, par exemple - répondent à nos questions, tandis qu’un gentil organisateur offre un voyage virtuel dans la magnifique bambouseraie d’Anduze, dans le Gard. « C’est les vacances », « Découvrez le Land’art », « Jardinez à l’ombre » : tout est à ce point sympathique qu’on a envie de tirer une chaise, et de s’asseoir en si bonne compagnie. Il faut vraiment être une vilaine engeance pour se concentrer sur les discrètes mentions concernant les bons produits de la maison, qui ont nom Substral, Fertiligène, KK, etc.
Et d’ailleurs, quel est donc le propriétaire de ces marques, dites-moi ? La page ne signale rien qui permette de comprendre qui est qui. Il faut aller aux toutes dernières lignes, et se munir d’une loupe binoculaire pour découvrir ceci : « Vous êtes sur le site Scotts France destiné aux produits grand public ». Et nous voilà bien avancés, car qui est donc Scotts France ? Vous connaissez peut-être, mais en ce cas, vous faites partie d’une minuscule cohorte. Oui, qui est Scotts France ? Patience. C’est en tout cas une entreprise fortement « citoyenne », pour reprendre un mot si galvaudé qu’il en est devenu obscène. Regardez plutôt ce film d’une minute où l’on voit le directeur de Scotts France parler de ses relations avec les parcs naturels régionaux : .
Il n’est que temps de parler du round-up, désherbant le plus vendu en France, et dans le monde. La très belle association Eau et Rivières de Bretagne a mené un homérique combat judiciaire de six années - tribunal correctionnel, cour d’appel de Lyon, Cour de cassation - contre le fabricant du round-up, c’est-à-dire Son Altesse Monsanto Elle-Même. Et elle a gagné de façon spectaculaire : lire ici. Monsanto a été condamnée pour publicité mensongère. Sans état d’âme, la transnationale plaquait sur ses flacons : 100 % biodégradable ou encore Respecte l’environnement. Plaisantins, va !
Mais Monsanto n’était pas la seule entreprise poursuivie. Car si la marque fabriquait, une autre commercialisait. Et cette autre a pour nom, mais vous l’aurez sans doute deviné, Scotts France. Quels sont les liens entre les deux ? Bonne question, que je vous remercie de me poser à distance. Ce n’est pas si clair. Des documents présentent Scotts France comme une « division » de Monsanto, mais je n’y crois guère. Les sources les plus sérieuses que j’ai pu lire indiquent que Scotts Miracle-Gro est une entreprise américaine qui a passé des accords exclusifs avec Monsanto. Il n’est pas exclu que des liens plus discrets existent entre les deux, mais en ce cas, j’en ignore tout.
La question du jour est de savoir pourquoi Monsanto a renoncé à commercialiser sous son nom l’un de ses produits-phares, le round-up. Les explications sont sûrement nombreuses, mais je vais vous proposer la mienne, exceptionnellement optimiste : le nom de Monsanto est associé à tant de saloperies que la firme étasunienne aura préféré cacher ce nom devenu synonyme de crime. En confiant le bébé à une boîte totalement inconnue, Scotts, elle aurait réussi à gagner un peu de temps et à tromper un peu plus les pauvres nigauds que nous sommes tous.
Je le reconnais, ce n’est qu’hypothèse. Mais voyez comment font les entreprises malades de leur nom et de la réputation associée. Dans les années 80 et 90 du siècle passé, le marché de l’eau, en France, a permis d’apprendre beaucoup sur la corruption des élus locaux, qui est grande. Qu’est donc devenue la Lyonnaise des Eaux, créée en 1880 ? Entre 1980 et 2000, son président s’appelait Jérôme Monod, qui fut aussi un des plus grands pontes du RPR de Chirac. Et c’est sous son règne qu’Alain Carignon, jadis maire de Grenoble et toujours ami proche de Sarkozy, fut envoyé en taule pour avoir signé un « pacte de corruption » avec la Lyonnaise. Je vois que la police est bien faite : si vous tapez Lyonnaise des Eaux sur Google, vous verrez comme moi combien Wikipédia sait se montrer miséricordieux avec les crapules.
Je m’éloigne. La Lyonnaise est désormais noyée - oui, c’est un mauvais jeu de mots - dans le groupe Suez Environnement et distribue tranquillement de l’eau à près de 20 % des Français. On a enterré le passé avec l’ancien nom : bien joué. Et la Compagnie générale des Eaux, fondée elle en 1853, vous voyez ? Si oui, quelle chance ! Extrait du journal Libération du 10 octobre 1996 : « Au troisième jour du procès, les deux hauts dirigeants de la
Compagnie générale des eaux (CGE) ont craqué. « Nous voulons vous dire exactement comment les choses se sont passées », a déclaré Jean-Dominique Deschamps, hier matin, à la reprise de l’audience, devant le tribunal correctionnel de Saint-Denis de la Réunion. Son collègue à la direction générale de la CGE, Jean-Pierre Tardieu, a embrayé pour reconnaître qu’une commission « de 4 millions de francs, dont la moitié devait être versée autour de la première année, avait été convenue » avec la mairie de Saint-Denis, alors dirigée par le socialiste Gilbert Annette ».
Mais où est passée la Générale ? Après avoir été confiée au vertueux Jean-Marie Messier, si proche conseiller d’Édouard Balladur, alors ministre des Finances - 1987 -, elle se transforme ensuite, par un coup de baguette magique, en Vivendi Environnement. Ni vu ni connu, j’t'embrouille. Un autre coup de chiffon, et la voilà devenue Veolia, ripolinée de manière à tenir au moins le siècle : elle emploie plus de 330 000 salariés et se présente en toute modestie comme « leader mondial des services collectifs ». Pfuit ! Plus aucune odeur, plus aucun relent d’égout.
Je ne dresse pas la liste interminable de ces astucieux changements. Vous en connaissez probablement vous-même, en France ou à l’étranger. Un dernier mot : dans l’indépassable 1984, la bataille des mots et de la mémoire est centrale. Décisive. L’Angsoc, qui règne de la manière qu’on sait, repose sur un triptyque audacieux : « La guerre, c’est la paix », « La liberté, c’est l’esclavage » et « L’ignorance, c’est la force ». À côté de l’anglais classique, bien trop proche de la vérité, est apparu le newspeak, que nous avons traduit par novlangue. Monsanto a bien mérité de la patrie orwellienne.
Insistons sur un point digne d’intérêt : il s’agit de proposer un traitement. Car l’application magique recense, en sa banque d’images, 110 maladies et « nuisibles » de la plante. C’est la guerre, voyez-vous, mais les armes de destruction massive sont à portée de pulvérisateur. Elles s’appellent KB, Carré Vert, Fertiligène et Naturen. En « géolocalisant » les magasins qui produisent ces excellents biocides, puis en établissant un itinéraire grâce à Google Map, on court les acheter les yeux fermés. Et si par malheur l’agressé ne trouve pas l’agresseur dans la liste des 110, eh bien, il lui reste la possibilité d’appeler un expert. Un expert de chez Scotts, la noble société qui offre ainsi ses si admirables services.
Poursuivons. Pour en savoir plus sur l’application gratuite, il est conseillé de se rendre sur un autre site appelé La pause jardin . Un tel nom donne confiance, je trouve. Surtout qu’on vous annonce de suite qu’on « n’a jamais été aussi bien dans son jardin ». Pour celui qui a envie de jouer à l’ombre de son figuier, « un grand concours Agriculture biologique », qui peut permettre de gagner un kayak. Quantité de braves gens dont on ne connaîtra que le doux prénom - Nathalie, par exemple - répondent à nos questions, tandis qu’un gentil organisateur offre un voyage virtuel dans la magnifique bambouseraie d’Anduze, dans le Gard. « C’est les vacances », « Découvrez le Land’art », « Jardinez à l’ombre » : tout est à ce point sympathique qu’on a envie de tirer une chaise, et de s’asseoir en si bonne compagnie. Il faut vraiment être une vilaine engeance pour se concentrer sur les discrètes mentions concernant les bons produits de la maison, qui ont nom Substral, Fertiligène, KK, etc.
Et d’ailleurs, quel est donc le propriétaire de ces marques, dites-moi ? La page ne signale rien qui permette de comprendre qui est qui. Il faut aller aux toutes dernières lignes, et se munir d’une loupe binoculaire pour découvrir ceci : « Vous êtes sur le site Scotts France destiné aux produits grand public ». Et nous voilà bien avancés, car qui est donc Scotts France ? Vous connaissez peut-être, mais en ce cas, vous faites partie d’une minuscule cohorte. Oui, qui est Scotts France ? Patience. C’est en tout cas une entreprise fortement « citoyenne », pour reprendre un mot si galvaudé qu’il en est devenu obscène. Regardez plutôt ce film d’une minute où l’on voit le directeur de Scotts France parler de ses relations avec les parcs naturels régionaux : .
Il n’est que temps de parler du round-up, désherbant le plus vendu en France, et dans le monde. La très belle association Eau et Rivières de Bretagne a mené un homérique combat judiciaire de six années - tribunal correctionnel, cour d’appel de Lyon, Cour de cassation - contre le fabricant du round-up, c’est-à-dire Son Altesse Monsanto Elle-Même. Et elle a gagné de façon spectaculaire : lire ici. Monsanto a été condamnée pour publicité mensongère. Sans état d’âme, la transnationale plaquait sur ses flacons : 100 % biodégradable ou encore Respecte l’environnement. Plaisantins, va !
Mais Monsanto n’était pas la seule entreprise poursuivie. Car si la marque fabriquait, une autre commercialisait. Et cette autre a pour nom, mais vous l’aurez sans doute deviné, Scotts France. Quels sont les liens entre les deux ? Bonne question, que je vous remercie de me poser à distance. Ce n’est pas si clair. Des documents présentent Scotts France comme une « division » de Monsanto, mais je n’y crois guère. Les sources les plus sérieuses que j’ai pu lire indiquent que Scotts Miracle-Gro est une entreprise américaine qui a passé des accords exclusifs avec Monsanto. Il n’est pas exclu que des liens plus discrets existent entre les deux, mais en ce cas, j’en ignore tout.
La question du jour est de savoir pourquoi Monsanto a renoncé à commercialiser sous son nom l’un de ses produits-phares, le round-up. Les explications sont sûrement nombreuses, mais je vais vous proposer la mienne, exceptionnellement optimiste : le nom de Monsanto est associé à tant de saloperies que la firme étasunienne aura préféré cacher ce nom devenu synonyme de crime. En confiant le bébé à une boîte totalement inconnue, Scotts, elle aurait réussi à gagner un peu de temps et à tromper un peu plus les pauvres nigauds que nous sommes tous.
Je le reconnais, ce n’est qu’hypothèse. Mais voyez comment font les entreprises malades de leur nom et de la réputation associée. Dans les années 80 et 90 du siècle passé, le marché de l’eau, en France, a permis d’apprendre beaucoup sur la corruption des élus locaux, qui est grande. Qu’est donc devenue la Lyonnaise des Eaux, créée en 1880 ? Entre 1980 et 2000, son président s’appelait Jérôme Monod, qui fut aussi un des plus grands pontes du RPR de Chirac. Et c’est sous son règne qu’Alain Carignon, jadis maire de Grenoble et toujours ami proche de Sarkozy, fut envoyé en taule pour avoir signé un « pacte de corruption » avec la Lyonnaise. Je vois que la police est bien faite : si vous tapez Lyonnaise des Eaux sur Google, vous verrez comme moi combien Wikipédia sait se montrer miséricordieux avec les crapules.
Je m’éloigne. La Lyonnaise est désormais noyée - oui, c’est un mauvais jeu de mots - dans le groupe Suez Environnement et distribue tranquillement de l’eau à près de 20 % des Français. On a enterré le passé avec l’ancien nom : bien joué. Et la Compagnie générale des Eaux, fondée elle en 1853, vous voyez ? Si oui, quelle chance ! Extrait du journal Libération du 10 octobre 1996 : « Au troisième jour du procès, les deux hauts dirigeants de la
Compagnie générale des eaux (CGE) ont craqué. « Nous voulons vous dire exactement comment les choses se sont passées », a déclaré Jean-Dominique Deschamps, hier matin, à la reprise de l’audience, devant le tribunal correctionnel de Saint-Denis de la Réunion. Son collègue à la direction générale de la CGE, Jean-Pierre Tardieu, a embrayé pour reconnaître qu’une commission « de 4 millions de francs, dont la moitié devait être versée autour de la première année, avait été convenue » avec la mairie de Saint-Denis, alors dirigée par le socialiste Gilbert Annette ».
Mais où est passée la Générale ? Après avoir été confiée au vertueux Jean-Marie Messier, si proche conseiller d’Édouard Balladur, alors ministre des Finances - 1987 -, elle se transforme ensuite, par un coup de baguette magique, en Vivendi Environnement. Ni vu ni connu, j’t'embrouille. Un autre coup de chiffon, et la voilà devenue Veolia, ripolinée de manière à tenir au moins le siècle : elle emploie plus de 330 000 salariés et se présente en toute modestie comme « leader mondial des services collectifs ». Pfuit ! Plus aucune odeur, plus aucun relent d’égout.
Je ne dresse pas la liste interminable de ces astucieux changements. Vous en connaissez probablement vous-même, en France ou à l’étranger. Un dernier mot : dans l’indépassable 1984, la bataille des mots et de la mémoire est centrale. Décisive. L’Angsoc, qui règne de la manière qu’on sait, repose sur un triptyque audacieux : « La guerre, c’est la paix », « La liberté, c’est l’esclavage » et « L’ignorance, c’est la force ». À côté de l’anglais classique, bien trop proche de la vérité, est apparu le newspeak, que nous avons traduit par novlangue. Monsanto a bien mérité de la patrie orwellienne.
- Pat
- Administrateur délégué
- Messages : 25476
- Inscription : 03/12/2006 - 23:46
- Localisation : Les Alleuds dans le 49
- Contact :
Re: Pour Monsanto et ses semblables le Forum de Davos, c’est le
Le “Monsanto act” met les OGM au-dessus de la loi aux Etats-Unis
C’est un amendement discret glissé dans une loi budgétaire pour l’agriculture aux Etats-Unis, mais il provoque scandale et stupéfaction chez les défenseurs de l’environnement et les ennemis des OGM : la justice américaine ne pourra plus s’opposer aux mises en culture de plantes génétiquement modifiées, même si elles n’ont pas reçu d’homologation et sont de ce fait illégales.
Que dit l’article 735 de ce texte de loi, affublé du surnom de “Monsanto Protection Act” et désormais voté par le Congrès et approuvé par le président Barack Obama ? Que “dans le cas où une décision [d'autorisation de culture] est ou a été invalidée ou annulée, le ministère de l’agriculture doit (…), sur simple demande d’un cultivateur, d’un exploitant agricole ou d’un producteur, accorder immédiatement une autorisation ou une dérogation temporaire.” Ce dans le but de “s’assurer que les cultivateurs ou d’autres acteurs sont en mesure de déplacer, planter, cultiver, introduire dans le commerce” les semences en question et les cultures qui en sont issues.
Pour Greenpeace Canada, “la signature de cette loi par le président Obama ne permettra plus aux tribunaux américains d’empêcher la vente et la plantation de plantes OGM même si elles n’ont pas été approuvées par le processus pourtant déjà laxiste des autorisations et quelles que soient les conséquences pour l’environnement ou la santé”.
Les ONG soupçonnent le sénateur républicain du Missouri, Roy Blunt, décrit par le magazine Mother Jones, le 4 avril, comme “l’homme de Monsanto à Washington”, d’être l’auteur de cet amendement. D’autres élus ont tenté de s’opposer au texte, comme le sénateur démocrate du Monatana Jon Tester. Selon lui, par cette loi, le gouvernement contraint son propre ministère de l’agriculture à “ignorer une décision d’un tribunal qui interdise la plantation de cultures OGM parce qu’elles sont illégales”. Une autre sénatrice démocrate, Barbara Mikulski (Maryland), a présenté des excuses publiques pour l’adoption de cette loi.
LA CRAINTE D’UN DANGEREUX PRÉCÉDENT
La mesure a révolté les milieux démocrates et écologistes – une pétition baptisée “Food Democracy Now” a déjà recueilli 250 000 signatures. Mais le très droitier Tea Party a lui aussi fait part de sa colère face à une opération de lobbying qui fausse la libre concurrence. Les entreprises devraient “respecter les règles du libre-marché comme tout le monde, au lieu de recruter des lobbyistes pour réécrire les règles à leur profit à Washington”, écrit ainsi le think tank conservateur Freedom Works.
Le “Monsanto Protection Act” est censé n’être que provisoire : la loi dans laquelle il s’inscrit expire en principe au mois de septembre. Mais les défenseurs de l’environnement craignent que la décision ne crée un dangereux précédent.
Cette affaire intervient alors que Monsanto, dont les semences alimentent 93% du soja, 88% du coton et 86% du maïs aux Etats-Unis, a annoncé, mercredi 3 avril, une hausse de 22% de ses bénéfices au deuxième trimestre. Et au moment où les Etats-Unis font pression sur l’Europe, dans le cadre de la négociation d’un accord de libre-échange, pour que les Vingt-Sept simplifient leur réglementation en matière d’importation de produits OGM, jugée “inapplicable” et “lourde”, lundi 1er avril par le Bureau au commerce extérieur américain dans un rapport sur les mesures sanitaires dans le monde.
lemonde.fr http://fortune.fdesouche.com/
C’est un amendement discret glissé dans une loi budgétaire pour l’agriculture aux Etats-Unis, mais il provoque scandale et stupéfaction chez les défenseurs de l’environnement et les ennemis des OGM : la justice américaine ne pourra plus s’opposer aux mises en culture de plantes génétiquement modifiées, même si elles n’ont pas reçu d’homologation et sont de ce fait illégales.
Que dit l’article 735 de ce texte de loi, affublé du surnom de “Monsanto Protection Act” et désormais voté par le Congrès et approuvé par le président Barack Obama ? Que “dans le cas où une décision [d'autorisation de culture] est ou a été invalidée ou annulée, le ministère de l’agriculture doit (…), sur simple demande d’un cultivateur, d’un exploitant agricole ou d’un producteur, accorder immédiatement une autorisation ou une dérogation temporaire.” Ce dans le but de “s’assurer que les cultivateurs ou d’autres acteurs sont en mesure de déplacer, planter, cultiver, introduire dans le commerce” les semences en question et les cultures qui en sont issues.
Pour Greenpeace Canada, “la signature de cette loi par le président Obama ne permettra plus aux tribunaux américains d’empêcher la vente et la plantation de plantes OGM même si elles n’ont pas été approuvées par le processus pourtant déjà laxiste des autorisations et quelles que soient les conséquences pour l’environnement ou la santé”.
Les ONG soupçonnent le sénateur républicain du Missouri, Roy Blunt, décrit par le magazine Mother Jones, le 4 avril, comme “l’homme de Monsanto à Washington”, d’être l’auteur de cet amendement. D’autres élus ont tenté de s’opposer au texte, comme le sénateur démocrate du Monatana Jon Tester. Selon lui, par cette loi, le gouvernement contraint son propre ministère de l’agriculture à “ignorer une décision d’un tribunal qui interdise la plantation de cultures OGM parce qu’elles sont illégales”. Une autre sénatrice démocrate, Barbara Mikulski (Maryland), a présenté des excuses publiques pour l’adoption de cette loi.
LA CRAINTE D’UN DANGEREUX PRÉCÉDENT
La mesure a révolté les milieux démocrates et écologistes – une pétition baptisée “Food Democracy Now” a déjà recueilli 250 000 signatures. Mais le très droitier Tea Party a lui aussi fait part de sa colère face à une opération de lobbying qui fausse la libre concurrence. Les entreprises devraient “respecter les règles du libre-marché comme tout le monde, au lieu de recruter des lobbyistes pour réécrire les règles à leur profit à Washington”, écrit ainsi le think tank conservateur Freedom Works.
Le “Monsanto Protection Act” est censé n’être que provisoire : la loi dans laquelle il s’inscrit expire en principe au mois de septembre. Mais les défenseurs de l’environnement craignent que la décision ne crée un dangereux précédent.
Cette affaire intervient alors que Monsanto, dont les semences alimentent 93% du soja, 88% du coton et 86% du maïs aux Etats-Unis, a annoncé, mercredi 3 avril, une hausse de 22% de ses bénéfices au deuxième trimestre. Et au moment où les Etats-Unis font pression sur l’Europe, dans le cadre de la négociation d’un accord de libre-échange, pour que les Vingt-Sept simplifient leur réglementation en matière d’importation de produits OGM, jugée “inapplicable” et “lourde”, lundi 1er avril par le Bureau au commerce extérieur américain dans un rapport sur les mesures sanitaires dans le monde.
lemonde.fr http://fortune.fdesouche.com/
Monsanto propriétaire de la plus grande armée privée du monde
La firme agroalimentaire tentaculaire criminelle Monsanto (de l’agent Orange aux OGM) vient d’acheter la société de mercenaires criminels Blackwater (aujourd’hui appelée Xe Services) !
La Pravda en anglais, Silvia Ribeiro, 14 octobre 2010
Un article de Jeremy Scahill, Blackwater’s Black Ops (Les opérations secrètes des Blackwater), paru dans The Nation le 15 septembre 2010, a révélé que la plus grande armée de mercenaires du monde, la compagnie de services clandestins d’intelligence Blackwater (aujourd’hui appelée Xe Services) a été vendue à la multinationale Monsanto. Blackwater a été rebaptisée en 2009, après que de nombreux rapports de débordements, dont des massacres de civils, en Irak l’aient rendue célèbre dans le monde. Elle reste le plus grand prestataire privé de « services de sécurité » du ministère des Affaires étrangères zunien à pratiquer le terrorisme d’État, offrant ainsi au gouvernement la possibilité de nier sa pratique.
De nombreux militaires et anciens officiers de la CIA travaillent pour Blackwater ou des entreprises assimilées ou créées pour détourner l’attention de leur mauvaise réputation et rendre plus lucrative la vente à d’autres gouvernements, banques et compagnies multinationales de leurs infâmes services, allant de l’information et du renseignement à l’infiltration, en passant par le lobbying politique et la formation paramilitaire. Selon Scahill, les affaires avec les multinationales comme Monsanto et Chevron, et des géants de la Finance tels que Barclays et Deutsche Bank, sont conduites par deux sociétés appartenant à Erik Prince, le propriétaire de Blackwater : Total Intelligence Solutions et Terrorism Research Center. Leurs fonctionnaires et administrateurs ont en commun Blackwater.
L’un d’eux, Cofer Black, l’un des directeurs de la CIA connu pour sa brutalité, est celui qui, en tant que directeur de Total Intelligence, a pris contact avec Monsanto en 2008 pour conclure un contrat avec la compagnie pour espionner et infiltrer les organisations de militants des droits des animaux et des anti-OGM, et accomplir les autres sales boulots du géant de la biotechnologie.
Contacté par Scahill, Kevin Wilson, un cadre de Monsanto, a refusé de commenter, mais a confirmé plus tard à The Nation qu’ils avaient engagé Total Intelligence en 2008 et 2009, seulement, selon lui, pour garder une trace des « révélations » de leurs opposants. Il a aussi indiqué que Total Intelligence est une « entité totalement distincte de Blackwater. »
Pourtant, Scahill possède des copies de courriels de Cofer Black après sa rencontre avec Wilson pour Monsanto, où il explique à d’autres anciens agents de la CIA, en utilisant leurs adresses de courriels chez Blackwater, que la discussion avec Wilson était que Total Intelligence est devenu « l’organe de renseignement de Monsanto, » pour l’espionnage des militants et d’autres actions, incluant « l’intégration légale de nos gens dans ces groupes. » Monsanto a payé Total Intelligence 127.000 dollars en 2008 et 105.000 dollars en 2009.
Il n’étonnera guère qu’une compagnie engagée dans la « science de la mort » comme Monsanto, dédiée dès l’origine à créer des poisons toxiques à répandre, de l’Agent Orange aux BPC (biphényles polychlorés), des pesticides, des hormones et des semences génétiquement modifiées, est associée à une autre compagnie de voyous.
Quasi simultanément à la publication de cet article dans The Nation, Via Campesina a signalé l’achat de 500.000 actions de Monsanto, pour plus de 23 millions de dollars, par la Fondation Bill et Melinda Gates, qui, avec cette action, a complètement jeté le masque de la « philanthropie. » Encore une association qui ne surprendra guère.
Il s’agit d’un mariage entre deux monopoles des plus cyniques de l’histoire de l’industrialisme : Bill Gates contrôle plus de 90 pour cent de part du marché de l’informatique propriétaire et Monsanto environ 90 pour cent du marché mondial des semences transgéniques et la majorité des semences commerciales du monde. Il n’existe aucun autre monopole aussi vaste de secteurs industriels. Leur l’existence même est une négation du fameux principe du capitalisme de « concurrence de marché. » Gates et Monsanto sont tous deux très agressifs dans la défense de leurs monopoles mal acquis.
Bien que Bill Gates puisse être tenté de dire que sa Fondation n’a aucun rapport avec son entreprise, tout prouve le contraire : la plupart de ses dons finissent par favoriser les investissements commerciaux du magnat. Quoi que ce soit, ce ne sont pas vraiment des « dons, » puisque au lieu de payer des impôts à l’État, la Fondation investit ses bénéfices là où c’est favorable économiquement, y compris dans la propagande sur ses bonnes intentions présumées. Ses « dons » financent au contraire des projets aussi destructeurs que la géo-ingénierie ou le remplacement des médicaments de la communauté naturelle par des médicaments brevetés de haute technologie dans les régions les plus pauvres du monde. Quelle coïncidence ! L’ancien ministre [mexicain] à la Santé Julio Frenk et [l'ancien président du Mexique] Ernesto Zedillo sont des conseillers de la Fondation.
Comme Monsanto, Gates est aussi engagé dans une tentative de destruction de l’agriculture rurale dans le monde, principalement à travers l’« Alliance pour une révolution verte en Afrique » (AGRA). Il fait office de cheval de Troie dans le but de déposséder les agriculteurs pauvres africains de leurs semences traditionnelles, afin de les remplacer d’abord par des semences de leurs compagnies, et ensuite par des semences génétiquement modifiées. À cette fin, en 2006 la Fondation a embauché Robert Horsch, le directeur de Monsanto. Gates expose maintenant des bénéfices importants, directement revenus à leur source.
Blackwater, Monsanto et Gates sont les trois faces d’un même calcul, la machine de guerre contre la planète et la plupart des gens qui l’habitent : les paysans, les communautés autochtones, les gens qui veulent partager les informations et les connaissances ou tous ceux qui ne veulent pas être sous l’égide du profit et du pouvoir destructeur du capitalisme.
L’auteur, Silvia Ribeiro, est chercheuse à l’ETC Group. Cet article, paru à l’origine dans le journal mexicain La Jornado, a été traduit de l’espagnol pour La Pravda en anglais par Lisa Karpova.
Source : english.pravda.ru/business/companies/14-10-2010/115363-machines_of_war_blackwater_monsanto_billgates-0/
Traduction copyleft de Pétrus Lombard 14 octobre 2010
Source http://www.lepost.fr
Url de cet article: internationalnews.fr via terresacree.org
La Pravda en anglais, Silvia Ribeiro, 14 octobre 2010
Un article de Jeremy Scahill, Blackwater’s Black Ops (Les opérations secrètes des Blackwater), paru dans The Nation le 15 septembre 2010, a révélé que la plus grande armée de mercenaires du monde, la compagnie de services clandestins d’intelligence Blackwater (aujourd’hui appelée Xe Services) a été vendue à la multinationale Monsanto. Blackwater a été rebaptisée en 2009, après que de nombreux rapports de débordements, dont des massacres de civils, en Irak l’aient rendue célèbre dans le monde. Elle reste le plus grand prestataire privé de « services de sécurité » du ministère des Affaires étrangères zunien à pratiquer le terrorisme d’État, offrant ainsi au gouvernement la possibilité de nier sa pratique.
De nombreux militaires et anciens officiers de la CIA travaillent pour Blackwater ou des entreprises assimilées ou créées pour détourner l’attention de leur mauvaise réputation et rendre plus lucrative la vente à d’autres gouvernements, banques et compagnies multinationales de leurs infâmes services, allant de l’information et du renseignement à l’infiltration, en passant par le lobbying politique et la formation paramilitaire. Selon Scahill, les affaires avec les multinationales comme Monsanto et Chevron, et des géants de la Finance tels que Barclays et Deutsche Bank, sont conduites par deux sociétés appartenant à Erik Prince, le propriétaire de Blackwater : Total Intelligence Solutions et Terrorism Research Center. Leurs fonctionnaires et administrateurs ont en commun Blackwater.
L’un d’eux, Cofer Black, l’un des directeurs de la CIA connu pour sa brutalité, est celui qui, en tant que directeur de Total Intelligence, a pris contact avec Monsanto en 2008 pour conclure un contrat avec la compagnie pour espionner et infiltrer les organisations de militants des droits des animaux et des anti-OGM, et accomplir les autres sales boulots du géant de la biotechnologie.
Contacté par Scahill, Kevin Wilson, un cadre de Monsanto, a refusé de commenter, mais a confirmé plus tard à The Nation qu’ils avaient engagé Total Intelligence en 2008 et 2009, seulement, selon lui, pour garder une trace des « révélations » de leurs opposants. Il a aussi indiqué que Total Intelligence est une « entité totalement distincte de Blackwater. »
Pourtant, Scahill possède des copies de courriels de Cofer Black après sa rencontre avec Wilson pour Monsanto, où il explique à d’autres anciens agents de la CIA, en utilisant leurs adresses de courriels chez Blackwater, que la discussion avec Wilson était que Total Intelligence est devenu « l’organe de renseignement de Monsanto, » pour l’espionnage des militants et d’autres actions, incluant « l’intégration légale de nos gens dans ces groupes. » Monsanto a payé Total Intelligence 127.000 dollars en 2008 et 105.000 dollars en 2009.
Il n’étonnera guère qu’une compagnie engagée dans la « science de la mort » comme Monsanto, dédiée dès l’origine à créer des poisons toxiques à répandre, de l’Agent Orange aux BPC (biphényles polychlorés), des pesticides, des hormones et des semences génétiquement modifiées, est associée à une autre compagnie de voyous.
Quasi simultanément à la publication de cet article dans The Nation, Via Campesina a signalé l’achat de 500.000 actions de Monsanto, pour plus de 23 millions de dollars, par la Fondation Bill et Melinda Gates, qui, avec cette action, a complètement jeté le masque de la « philanthropie. » Encore une association qui ne surprendra guère.
Il s’agit d’un mariage entre deux monopoles des plus cyniques de l’histoire de l’industrialisme : Bill Gates contrôle plus de 90 pour cent de part du marché de l’informatique propriétaire et Monsanto environ 90 pour cent du marché mondial des semences transgéniques et la majorité des semences commerciales du monde. Il n’existe aucun autre monopole aussi vaste de secteurs industriels. Leur l’existence même est une négation du fameux principe du capitalisme de « concurrence de marché. » Gates et Monsanto sont tous deux très agressifs dans la défense de leurs monopoles mal acquis.
Bien que Bill Gates puisse être tenté de dire que sa Fondation n’a aucun rapport avec son entreprise, tout prouve le contraire : la plupart de ses dons finissent par favoriser les investissements commerciaux du magnat. Quoi que ce soit, ce ne sont pas vraiment des « dons, » puisque au lieu de payer des impôts à l’État, la Fondation investit ses bénéfices là où c’est favorable économiquement, y compris dans la propagande sur ses bonnes intentions présumées. Ses « dons » financent au contraire des projets aussi destructeurs que la géo-ingénierie ou le remplacement des médicaments de la communauté naturelle par des médicaments brevetés de haute technologie dans les régions les plus pauvres du monde. Quelle coïncidence ! L’ancien ministre [mexicain] à la Santé Julio Frenk et [l'ancien président du Mexique] Ernesto Zedillo sont des conseillers de la Fondation.
Comme Monsanto, Gates est aussi engagé dans une tentative de destruction de l’agriculture rurale dans le monde, principalement à travers l’« Alliance pour une révolution verte en Afrique » (AGRA). Il fait office de cheval de Troie dans le but de déposséder les agriculteurs pauvres africains de leurs semences traditionnelles, afin de les remplacer d’abord par des semences de leurs compagnies, et ensuite par des semences génétiquement modifiées. À cette fin, en 2006 la Fondation a embauché Robert Horsch, le directeur de Monsanto. Gates expose maintenant des bénéfices importants, directement revenus à leur source.
Blackwater, Monsanto et Gates sont les trois faces d’un même calcul, la machine de guerre contre la planète et la plupart des gens qui l’habitent : les paysans, les communautés autochtones, les gens qui veulent partager les informations et les connaissances ou tous ceux qui ne veulent pas être sous l’égide du profit et du pouvoir destructeur du capitalisme.
L’auteur, Silvia Ribeiro, est chercheuse à l’ETC Group. Cet article, paru à l’origine dans le journal mexicain La Jornado, a été traduit de l’espagnol pour La Pravda en anglais par Lisa Karpova.
Source : english.pravda.ru/business/companies/14-10-2010/115363-machines_of_war_blackwater_monsanto_billgates-0/
Traduction copyleft de Pétrus Lombard 14 octobre 2010
Source http://www.lepost.fr
Url de cet article: internationalnews.fr via terresacree.org
Je chante pour mon vallon en souhaitant que dans chaque vallon un coq en fasse autant.( Edmond Rostand)


Re: Monsanto propriétaire de la plus grande armée privée du monde
Complètement écoeurant!! S'il y a bien des multinationales à irradiquer en premier c'est bien ceux là!!
QUE DES POURRITURES!!!!!!

QUE DES POURRITURES!!!!!! Je chante pour mon vallon en souhaitant que dans chaque vallon un coq en fasse autant.( Edmond Rostand)


-
supergaulois
- Membre d'honneur
- Messages : 12128
- Inscription : 01/10/2014 - 13:26
Re: Monsanto propriétaire de la plus grande armée privée du monde
merci pour l'info, c'est à faire partager
Revenir vers « Ecologie et environnement »
Qui est en ligne ?
Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 1 invité
