Shakespeare, les disputes des hommes et le changement climat

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Shakespeare, les disputes des hommes et le changement climat

Messagepar Pat » 03/04/2012 - 12:35

Shakespeare, les disputes des hommes et le changement climatique

Sur le changement climatique, et que cela déçoive ou non les catastrophistes dont j’ai toujours été, il faut d’abord rappeler qu’il a des conséquences infiniment moins graves que jadis, quand il tuait la moitié de la population des Flandres après les pluies de 1315-1317 ou qu’il éliminait trois millions de Français sur vingt à la fin du règne de Louis XIV, du fait des grands froids, famines et autres disettes. On rappellera qu’en 1846 encore, l’Irlande compte huit millions d’habitants, avant de voir sa population ramenée à trois seulement.

En vérité nous sommes des enfants très gâtés avec nos sécheresses, inondations et autres tsunami qui en d’autres temps, et non sous d’autres cieux, auraient éliminé un dixième ou mieux de notre population. Il faut donc remercier la science et la technologie même si elles ont créé un monde où l’on s’ennuie. Mais n’est-ce pas le propre d’un privilégié, que de s’ennuyer ? Les temps modernes en améliorant les conditions ont vulgarisé l’ennui, apanage aristocratique des temps jadis. Pour le reste, dites-vous que payer 10 ou 50 centimes d’euro de plus la baguette de pain ou la douzaine d’oeufs n’est pas grand-chose à côté des avanies des bons vieux temps.

Mais j’en reviens au changement climatique.

Dans le "Songe d’une nuit d’été", Shakespeare rend compte par la bouche de Titania d’un lien entre les agissements des nymphes et des faunes et même des humains, et des transformations climatiques. Il n’incrimine pas le BTP ou le pétrole, mais les « forgeries de la jalousie », que le fils Hugo rend par « impostures ». Je reviendrai un jour sur le fait oublié que tout le lexique de la grande industrie et même du capitalisme entrepreneurial, vient de la magie et de l’enfer miltonien.

Dans l’acte II scène 1 de sa splendide pièce, le plus grand génie de l’humanité, traduit par le charment et désuet François-Victor Hugo, écrit que :

« Aussi les vents, nous ayant en vain accompagnés de leur zéphyr, - ont-ils, comme pour se venger, aspiré de la mer - des brouillards contagieux qui, tombant sur la campagne, - ont à ce point gonflé d’orgueil les plus chétives rivières, - qu’elles ont franchi leurs digues. »

Pour le mot "digue" Shakespeare utilise le terme anglais de "continent", dont on retirera ce qu’on voudra. On appréciera la personnification des brouillards toujours sujets de terreur dans nos cultures, des heures les plus sombres de notre histoire à la cinématographie de John Carpenter. S’agissant des rivières, on semble découvrir à notre époque très stupide qu’elles peuvent déborder, par exemple en hiver, quand les crues des fleuves chinois pouvaient en finir avec la vie de millions d’hommes du temps de l’âge d’or...

Tout le monde se plaint du climat qui change, et de l’humidité, et de ses rhumatismes ; et même moi avec mon coup de vieux. Comme s’il entendait des retraités parler du temps à la caisse d’un supermarché, le vieux Will ajoute que :

« Les mortels humains ne reconnaissent plus leur hiver : - ils ne sanctifient plus les soirées par des hymnes ou des noëls. - Aussi la lune, cette souveraine des flots (governess of floods), - pâle de colère, remplit l’air d’humidité, - si bien que les rhumes (rheumatic diseases) abondent. »

J’ignore pourquoi Hugo fils préfère "flots" à "tempêtes" ou "inondations", mais c’est ainsi...

Bien entendu il n’y a plus de saisons, et Shakespeare remarque que les saisons sont interverties ou perdent leur caractère :

« - Grâce à cette intempérie, nous voyons - les saisons changer... l’automne fécond, l’hiver chagrin échangent - leur livrée habituelle : et le monde effaré - ne sait plus les reconnaître à leurs produits. »

Enfin les responsabilités. Comme s’il prévoyait que l’attribution de ces responsabilités allait motiver des congrès où l’on paierait pour s’insulter des suites 5 000 euros et des taxis 2 000 (comme à Copenhague), Shakespeare les attribue non à l’effet de serre et à l’industrie (le mot en vieux français signifie l’habileté manoeuvrière) mais à la mésentente humaine ; il utilise d’ailleurs des mots français, langue qu’il écrit très bien, et drôlement (dans "Henry V"). J’ai rappelé avant la signification première des transports notamment chez Racine. Mais Shakespeare écrit :

« Ce qui engendre ces maux, - ce sont nos débats et nos dissensions : - nous en sommes les auteurs et l’origine. »

L’idée, et je terminerai là, que les problèmes climatiques puissent avoir leur source non tant dans l’activité industrielle que dans les angoisses de l’homme, ou sa folie dialectique, idée si chrétienne en soi, me laisse pantois ; d’ailleurs dans les grands classiques hollywoodiens on associe toujours l’orage ou la pluie battante à la crise ou la rupture amoureuse. Je laisse mon lecteur juge et m’en retourne lire "Roméo et Juliette" où il y a d’excellentes allusions sur les liens entre l’amour et les phénomènes cosmiques.
par Nicolas Bonnal http://www.france-courtoise.info
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Que les hommes d'arme bataillent et que Dieu donne la victoire! (Jeanne d'Arc) Patriotiquement votre.

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