Du rififi chez les écolos par Éric Pinel Président de F.E.E

Comment sauver la planète.
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Pat
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Du rififi chez les écolos par Éric Pinel Président de F.E.E

Messagepar Pat » 11/05/2008 - 9:18

Parle à mon culte, ma Terre est malade
Du rififi chez les écolos
par Éric Pinel Président de France-Écologie-Environnement

Une polémique dans certains milieux écologistes vient de s'engager autour de la réalité et de l'ampleur des problèmes environnementaux qui menacent la planète. Effet de serre, couche d'ozone, disparition des forêts tropicales, chute de la biodiversité ... et si tout n'allait pas si mal? A l'origine de ce schisme, un "ancien membre" de la section danoise de Greenpeace. Mais tout est-il bien clair au royaume du Danemark?

LA THÈSE: L'Apocalypse est pour demain
Depuis 1984, un dénommé Lester Brown, à la tête du Worldwatch Institute, publie tous les ans "L' état de la planète", un ouvrage de 500 pages qui se veut, comme son nom l'indique, la référence en matière de bilan des menaces environnementales qui pèsent sur notre pauvre monde. On pourrait donc s'attendre à une sorte de "Quid de l'Environnement", un catalogue rassemblant avec précision la multitude de données chiffrées qui seules permettraient, moyennant une grande rigueur quant à leur fiabilité, de rendre compte de la (mauvaise) santé de notre planète. Cet ouvrage, pour être crédible, devrait accessoirement faire preuve d'une certaine neutralité idéologique. En vérité, on en est loin.
D'abord, les données chiffrées sont relativement peu fournies, et sont l'objet d'interprétations statistiques toujours discutables. Ensuite, le caractère environnemental initialement affiché laisse parfois place à des considérations qui n'ont rien à y faire. À titre d'exemple, l'édition de 1991 consacrait un chapitre entier à la promotion d'une légalisation de l'avortement à l'échelle mondiale!
Quant à l'objectivité, ne la cherchez pas: tout dans cet ouvrage est idéologique, au fil de longues phrases souvent lénifiantes qui, au bout du compte, plaident pour le culte du "nouvel ordre mondial". Pour Brown, "la guerre entre l'homme et la Terre est engagée. La planète ne résistera pas au rythme effréné de la croissance démographique". Et il est en outre, bien sûr, hostile à toute idée de nation, source de pollution, de compétition, de destruction.

L'ANTITHÈSE: Tout va bien ... ou presque
C'est là qu'intervient Björn Lomborg, directeur jusque-là obscur d'une société danoise spécialisée dans les statistiques. Prenant le parfait contre-pied de ce qui précède, il publie en 1998 un ouvrage qui vient seulement d'être traduit en français, "L'écologiste sceptique", qui se plait à démonter point par point les arguments de Lester Brown avec un certain talent. Ce qui n'empêche pas les perles: page 205, par exemple, où l'on apprend qu""un tiers des terres immergées sont encore boisées"!
Mais le succès initial s'appuie sur un coup de pub: la supposée volte-face d'un militant de Greenpeace. Or, Lomborg a certes cotisé quelques temps à cet organisme, mais de loin. De militantisme, point: personne ne le connaît dans les milieux environnementalistes. Il s'agissait donc d'un bluff publicitaire. La préface de Claude Allègre, l'ancien mInistre socialiste courageux mais maladroit, productiviste invétéré ami du très nucléophile Georges Charpak, n'est pas pour rassurer.
Pour le reste et pour résumer, avec plus de données chiffrées (apparemment pas toujours très fiables), l'auteur fait d'abord le constat d'une prospérité sans précédent, d'une hausse continue de l' espérance de vie partout dans le monde (ce qui n'est pas contestable), puis il nie (ce qui l'est plus) les extinctions nombreuses d'espèces animales, le risque de crise alimentaire, ne voit pas d'urgence à développer les énergies renouvelables, considère que la pollution, toutes formes comprises "a diminué de manière spectaculaire dans les pays développés", mais trouverait coûteux de trop diminuer l'usage des pesticides, peu cancérigènes, d'après lui. L'effet de serre? Il vaudrait mieux consacrer l'argent à s'adapter au réchauffement planétaire plutôt qu'à le contrer (tant pis pour les courants marins, le climat, les villes côtières, etc ... ).
Bref, l'esprit du livre est clair: continuons à produire, ne remettons pas en cause, sinon à la marge, nos systèmes de vie, la nature sera d'autant mieux défendue que nos sociétés seront prospères. Voilà une vision qui a au moins l'avantage de nous redonner de l'optimisme, mais l'inconvénient de déculpabiliser tout le monde et de laisser se développer à nouveau une insouciance qui a fait tant de mal dans le passé.

LA SYNTHÈSE: Elle reste à écrire ...
Alors, où se trouve la vérité? Selon toute vraisemblance entre ces deux extrêmes. La synthèse finale, c'est l'Histoire qui l'écrira puisque - on doit s'en étonner et s'en indigner - nous ne disposons pas des données précises et incontestables qui nous permettraient de déterminer l'état acluel de la santé de notre Terre, et a fortiori l'état à venir.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que ce débat de "spécialistes", ou soi-disant tels, laisse perplexe, et pour plusieurs raisons. Comme il fallait s'y attendre, on fait dire aux chiffres ce que l'on veut Là réside le principal point fort du livre de Björn Lomborg: il permet de ne pas prendre pour argent comptant les "vérités" avancées par tels ou tels, bref, de développer l'esprit critique. Mais, du coup, nous faut-il prendre avec la même réserve ses propres démonstrations statisques, et ne plus savoir à quel saint se vouer.
Cette querelle de chiffres cache mal un autre duel beaucoup plus idéologique celui-là, entre écolo-mondialo-gauchistes et crypto-productivistes, ces derniers n'ayant pour idéal que le vert des dollars.
Le plus triste, c'est que les médias ont tout fait depuis dix ans pour marginaliser la seule véritable écologie: celle des terroirs de nos nations, celle des racines culturelles de nos peuples riches de leur diversité et de leurs savoir-faire ancestraux. Parce que les causes du productivisme outrancier qui ronge actuellement notre globe se nomment collectivisme, mondialisme et ultralibéralisme.
Comme l'aurais peut-être dit Molière: il faut produire pour vivre et non pas vivre pour produire.
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Candide
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Messagepar Candide » 11/05/2008 - 9:25

Les tenants du communisme moribond se sont rabattus sur une nouvelle poire pour la soif: l'écologie.

On voit bien que cette (indispensable et respectable) science est complètement contaminée par la gauche.


Nous avions déjà le coup de la résistance qui n'aurait été que de gauche, et nous avons maintenant l'écologie qui ne serait également que de gauche.

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Prodeo
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Messagepar Prodeo » 13/07/2008 - 3:22

Candide a écrit :Les tenants du communisme moribond se sont rabattus sur une nouvelle poire pour la soif: l'écologie.

avec cette poire nous avons toujours des pépins.

:wink:
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